StopCovid, le fiasco du gouvernement

Depuis son lancement, l’application de traçage de contacts qui a pour but de limiter la propagation du coronavirus montre une efficacité relative. Malgré un bilan mitigé, le gouvernement reste confiant sur son fonctionnement. 

Alors que l’épidémie de coronavirus refait surface dans certaines régions de France métropolitaine ainsi qu’en Guyane, le secrétaire d’État chargé du Numérique, Cédric O, a fait un point sur l’application StopCovid après 3 semaines de déploiement. Lancée le 2 juin dernier, StopCovid permet de prévenir les personnes qui ont été à proximité d’une personne testée positive au coronavirus, afin que celles-ci puissent être prises en charge le plus tôt possible. Mais voilà, tout n’est pas si rose. Moins d’un mois après son lancement, seulement 1,9 million de personnes ont téléchargé l’application sur iOS et Android, avec 1,8 million d’activations, soit plus de 2 % de la population.

Selon les chiffres du gouvernement, 460.000 personnes auraient également désinstallé l’application, soit près d’une personne sur quatre. Autre « déception », le nombre de notifications envoyées par StopCovid à des utilisateurs pour les alerter d’un contact prolongé avec un malade du Covid-19. Seulement 14 alertes ont ainsi été envoyées. 68 personnes se sont déclarées positives au coronavirus dans l’application qui ont permis de remonter un total de 205 autres utilisateurs. « On continue cette dernière semaine à avoir un rythme régulier d’enregistrements d’utilisateurs en hausse, avec près de 190.000 personnes. On constate aussi une évolution de la désinstallation, à hauteur de quelques dizaines de milliers par jour… Ce que nous expliquons probablement par la baisse de l’inquiétude relative à l’épidémie » a commenté Cédric O.

Afin de connaître la répartition sur le territoire et les méthodes d’utilisation, des enquêtes de terrain (sondages) seront réalisées dans toute la France dans les semaines à venir.

Cédric O, Secrétaire d’État en charge du numérique lors de la conférence de presse du 23 juin 2020 ©Rédaction CAQS

Un outil pour collecter des données ?

Ce faible taux de téléchargements et d’utilisations traduit la méfiance des français envers le partage de leurs données numériques. Dès le lancement de l’application, certains se sont dits retissants à l’idée d’informer l’État sur leur localisation et leurs contacts et ont donc boycotté StopCovid.

Il y a quelques jours, le chercheur en cybersécurité Gaëtan Leurent, de l’Inria, reprochait à l’application de collecter plus de données que prévues initialement. Dans les faits, l’application collecterait les identifiants de toutes les personnes rencontrées. Même si vous gardez une distance de plus d’un mètre et que vous restez pendant moins de 15 minutes à proximité. 

Lors de cette conférence, Cédric O s’est voulu rassurant. « L’application fonctionne de manière satisfaisante. Nous n’avons pas eu de problèmes de confidentialité et de vie privée. Toutes les craintes qui avaient pu se faire jour lors du développement de l’application : les craintes de fuites de données, de ré identification des personnes malades ou de leurs contacts n’ont pas été avérées à ce jour » a expliqué le ministre. Il a rappelé que l’application a obtenu de nombreuses validations dont celle de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) le 25 mai 2020. Des audits sont également en cours par la CNIL elle-même, qui devraient faire lumière sur cette histoire. 

À noter également que lors de conférence de presse, le secrétaire d’État chargé du Numérique a rappelé que « jusqu’au 2 juin l’État n’a pas déboursé un centime » pour Stop Covid contrairement à ses voisins européens. Le coût de l’application allemande Corona-Warn-App est estimé à 20 millions d’euros et 3,8 millions de livres sterlings pour la version britannique. Il a également abordé les coûts de fonctionnement de l’application pour les mois qui suivent. D’après les estimations du gouvernement, les dépenses d’hébergement, de maintenance et de développement s’élèvent à 100.000 euros par mois jusqu’en août 2020 puis 120.000 euros mensuels jusqu’en décembre 2020. Un montant qui « pourrait évoluer en cas de deuxième vague » précise Cédric O. 

Crédit photo à la une : Wikipedia

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