Municicacqs : Les résultats en Nouvelle-Aquitaine

Les résultats sont tombés dans la plus vaste région de France. Les 4314 communes de la Nouvelle-Aquitaine ont élu leur maire à l’issue d’une campagne municipale marquée des conditions exceptionnelles liées au Covid-19. Tour d’horizon dans les plus grandes villes de la région.

Bordeaux

Dans la ville de Bordeaux (33000) dans le département de la Gironde, les habitants ont élu Pierre Hurmic (Union de la gauche). Il l’emporte avec 46,48 % des voix contre Nicolas Florian (DVC) qui obtient 44,12 % des suffrages exprimés et Philippe Poutou (EXTG) qui cumule 9,39 % des voix pour ce second tour.

Le taux d’abstention est historiquement fort avec 61,67 %. Les votes blancs et nuls représentent quant à eux 1,68 %.

Limoges


En Haute-Vienne à Limoges (87000), 58,97 % des voix sont attribuées à Emile Roger Lombertie de la liste LR. Le maire élu est suivi par Thierry Miguel (Union de la gauche) avec 41,03 % des voix.

65,92 % des habitants de la ville de Limoges ne se sont pas rendus aux urnes. Les votes blancs et nuls représentent 4,45 %.

Poitiers


À Poitiers du côté de la Vienne (86000), Leonore Moncond’huy est élue maire (DVG) avec 42,83 % des voix. La tête de liste du PS Alain Claeys se place derrière la candidate avec 35,60 % des suffrages exprimés. En troisième position se place Anthony Brottier (LREM) qui obtient 21,56 %.

Le taux de participation s’élève à 33,19% % pour Poitiers. Votes blancs et nuls représentent 3,51 %.

PAU

À Pau dans les Pyrénées-Atlantiques (64000), François Bayron (DVC) cumule 55,47 % des voix, faisant de lui un maire réélu une nouvelle fois. Il est suivi de Jérôme Marbot qui totalise 44,53 % des voix.

38,35% de participation a été relevé. Les votes blancs et nuls s’élèvent à 3,92 % des voix.

LA ROCHELLE

La ville de La Rochelle en Charente-Maritime (17000) voit Jean-François Fountaine (DVG) retourner à sa mairie avec 41,97 % des voix. 41,11 % des suffrages sont attribués à Olivier Falorni (DVG) qui talonne en seconde position. Jean-Marc Soubeste récolte 16,92 % des voix, le plaçant troisième dans le classement.

Le taux de participation est de 41,44% tandis que les votes blancs et nuls représentent 1,99 % des voix.

BAYONNE

À Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques (64100), c’est Jean-René Etchegaray qui reprendra la mairie ces six prochaines années. Élu à 53,81 % des voix, il est suivi de Henri Etcheto qui cumule 46,19 % des suffrages exprimés.

Le taux d’abstention pour la ville de Bayonne est de 56,57 %. Les votes blancs et nuls représentent 3,51 % des voix.

Municicaqs : découvrez les résultats en Occitanie

Vous les attendiez, les résultats des élections municipales sont tombés. Après le premier tour, qui a vu certains maires élus à la majorité dans les grandes villes d’Occitanie, le scrutin du deuxième tour a réservé quelques surprises…

TOULOUSE

Pour ce second tour des municipales 2020, les électeurs de Toulouse (31000) du département de la Haute-Garonne ont placé en tête Jean-Luc Moudenc, tête de liste sur la liste DVD avec 51,98 % des voix (55826 voix). Antoine Maurice, tête de liste sur la liste DVG recueille 48,02 % des voix (51564 voix).

Le taux de participation s’élève à 44,85 % pour ce scrutin à Toulouse. Les bulletins blancs et nuls représentent quant à eux 2,27 %.

MONTPELLIER

La ville de Montpellier (34000) dans le département de l’Hérault a choisi Michaël Delafosse (Union de la gauche) qui totalise 47,23 % des voix pour ce second tour. Le maire sortant Philippe Saurel (DVG) arrive second avec 34,65 %. Mohed Altrad (SE) récolte 18,12 % des voix.

34,44% : c’est le pourcentage de participation pour ce scrutin dans la ville de Montpellier. Les bulletins blancs et nuls représentent 3,81 %.

NÎMES

Dans le Gard, pour la ville de Nîmes (30000), les habitants ont choisi Jean-Paul Fournier (LR) élu avec 41,91 % des voix. Vincent Bouget (DVG), quant à lui, totalise 26,48 % des suffrages exprimés. Yvan Lachaud arrive troisième avec 18,63 % des suffrages exprimés. Yoann Gillet est placé en dernière position avec 12,93 %.

Avec un taux de participation de 32,33 %, les bulletins blancs et nuls représentent 2,41 %.

PERPIGNAN

La surprise attendue ? Louis Aliot représentera Perpignan (66000) dans les Pyrénées-Orientales ces six prochaines années. Première ville aux mains du Rassemblement national, le candidat, pourtant sans étiquette, a été élu avec 53,09 % des voix. Il précède le candidat et maire sortant Jean-Marc Pujol (46,91 % des voix).

52,77 % des Perpignanais ne sont pas allés voter pour ce scrutin. 6,27 % des bulletins sont soit blancs, soit nuls.

MONTAUBAN

À Montauban (82000), dans le Tarn et Garonne, c’est la maire sortante Brigitte Bareges qui l’emporte avec 54,46 % des voix. Arnaud Hilion termine à la seconde place en cumulant 45,54 % des voix.

39,37 % des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes à Montauban. Les bulletins blancs et nuls représentent 3,66 %.

La mairie de Narbonne (11100), dans le département de l’Aude, verra à sa tête Didier Mouly (DVD) qui l’emporte avec 43,57 % des voix, suivi par Nicolas Sainte-Cluque (DVG) qui s’est vu octroyer 34,43 % des suffrages. Arrivée troisième, Viviane Thivent (EELV) récolte 13,12 %. Jean-François Daraud du Rassemblement national ferme la marche avec 8,88 %.

À Narbonne, le taux de participation s’élève à 37,64 %. Les bulletins blancs et nuls représentent eux 3,38 %.

ALBI

La ville d’Albi (81000) dans le Tarn a choisi comme maire Stéphanie Guiraud-Chaumeil (DVC) qui obtient 49,95 % des voix. Nathalie Ferrand-Lefranc (Union de la gauche) se place en seconde position avec 39,89 % des voix. Frédéric Cabrolier termine 3ème avec 10,17 %.

Les bulletins blancs et nuls représentent 2,35 % pour un taux de participation de 38,30 %.

Carcassonne

Dans l’Aude, Carcassonne (11000) sera conduite pendant les six prochaines années par la maire sortant Gérard Larrat (DVD), qui gagne avec 47,20 % des voix. Tamara Rivel (Union de la gauche) obtient 37,42 % des voix et termine en deuxième position. Enfin, Edgar Montagné (RN) arrive troisième avec 15,38 %.

Le taux de participation s’élève à 43,21 % à Carcassonne. Les bulletins blancs et nuls représentent 3,78 % des électeurs.

(Municicaqs #13) – Toulouse, match serré dans la capitale du rugby

À Toulouse, la course à l’écharpe tricolore annonce un face à face serré. À droite, le maire sortant Jean-Luc Moudenc investi par LREM et LR refusant de céder les clés du Capitole. À gauche, talonnant le bourgmestre, l’écologiste Antoine Maurice peut créer la surprise.

Après Saint-Denis, Dijon, Nîmes, Le Havre, Saint-Étienne, Rennes, Lille, Bordeaux, Strasbourg, Perpignan et Villeurbanne, CAQS pose ses valises dans la ville rose. À Toulouse, le maire sortant Jean-Luc Moudenc (investi LR/LREM) se place en tête du premier tour avec la liste « Aimer Toulouse » avec 36,18% des suffrages exprimées. « Archipel Citoyen » arrive en seconde position avec 27,57%, sa tête de liste Antoine Maurice est d’ailleurs donnée gagnante par un récent sondage (BVA pour La Tribune et Europe 1). La candidate Nadia Pellefigue (PS, PRG, PCF) qui avait réalisé un score de 18,53 % au premier tour, s’est retirée de la course évoquant l’absence de « convergences suffisantes pour réaliser le rassemblement. ». Fermant la marche du premier tour, l’ancien maire et tête de liste de « Pour la Cohésion » Pierre Cohen (DVG) a été crédité à 5,66% des voix, seuil de voix nécessaire pour une alliance avec une autre liste pour le deuxième tour, chose faite avec la liste de l’écologiste Antoine Maurice.

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« Archipel Citoyen » en passe de créer la rupture ?

Les incertitudes planent tandis que l’écart se resserre pour les deux candidats. 51% des intentions de vote contre 49% donnent Antoine Maurice gagnant pour ce second tour dans un sondage BVA. Commandé par Archipel à l’IFOP, un précédent sondage annonçait déjà 52% des intentions de vote contre 48% appliqués à Jean-Luc Moudenc. L’optimisme qui se présente alors s’ajoute à la volonté de rompre avec la continuité défendue par Jean-Luc Moudenc.

La concrétisation « d’une alternative sociale, et démocratique » s’est poursuivie pendant la campagne et au-delà de la crise sanitaire. L’ancien élu municipale se démarque de ses adversaires dès le dépôt des listes en proposant un projet « politico-démocratique ». Citoyens et citoyennes de Toulouse venus de tout parti confondu (EELV, France Insoumise, Place Publique, Parti Occitan, Parti Pirate, Toulouse Idées neuves, Nouvelle Donne, Ensemble) s’accordent selon le principe d’une démocratie participative sous la dénomination « Archipel Citoyen ». Le premier tour a eu raison des différents détracteurs de l’écologiste ne voyant à ce projet qu’un échec cuisant. « L’imbattable » Jean-Luc Moudenc se place à seulement 7609 voix de son adversaire. C’est sans compter sur les 63,34 % des administrés qui ne se sont pas exprimés lors du premier tour. « Archipel Citoyen » compte désormais sur le « réservoir de voix écologistes » absent au premier tour ainsi que sur les différents partisans du rassemblement de la gauche unissant Pierre Cohen et Antoine Maurice.

Des « politiques à la hauteur de la transition écologique et social »

La campagne se retrouve dans le rassemblement des idées qui touchent l’écologie et le social. Face à la crise écologique et au risque climatique, le sondage BVA indique Antoine Maurice comme étant le plus à même de pouvoir y faire face (40% contre 34% pour Jean-Luc Moudenc). Face à la crise économique, le challenge pour le candidat de l’union de la gauche est d’appliquer la révision de l’équilibre budgétaire tout en conciliant les enjeux économiques que la crise sanitaire a fait naitre. Dans le reste du programme l’encadrement des loyers, la mise en place d’une « caution solidaire universelle », l’accroissement des places d’accueil pour les personnes âgées dépendantes, la suppression du controversé « arrêté anti-bivouac » mis en place par Jean-Luc Moudenc etc… Les aides sociales comme point d’attache de cette campagne sont présentées comme réponse à « l’urgence » et aux inégalités déjà très présentes et accentuées par la crise de la Covid-19.


Éviter le scénario catastrophe pour « Aimer Toulouse »

« Voici le Capitole, j’y arrête mes pas », Jean-Luc Moudenc compte bien suivre les paroles du célèbre chanteur toulousain Claude Nougaro à la lettre, et y rester six ans de plus. Hors de question de « perdre les bases du succès toulousain » pour l’ancien député. Les ambitions de l’actuel maire se résume dans un rassemblement citoyen contre « la monté des populistes » ainsi que dans la redynamisation d’une ville « qui bouge ». La ligne directrice de son projet pour ce scrutin s’inscrit dans la continuité́ du précédent. Investi au début de la campagne par La République en marche et son parti Les Républicains, le maire de Toulouse entendait élargir son électorat potentiel. L’idée étant de se préserver d’un clivage gauche-droite.


Force de passion pour la politique, Jean-Luc Moudenc confie vouloir se mettre au service des toulousains une fois de plus, se positionnant en « candidat de l’expérience », il ambitionne à nouveau de remporter ce mandat municipal. Cependant, le maire de la quatrième ville de France ne tarit pas de ses adversaires et ce, depuis le premier tour, jugeant des programmes « vide de sens ».

« Je vois fleurir des propositions dont le niveau m’afflige. Elles font preuve d’un grand amateurisme »

Jean-Luc Moudenc

Cette méfiance envers « l’extrême gauche en force » grandit dans les rangs du camp Moudenc. La croissance des inquiétudes « appelle à la mobilisation », un enjeu décisif pour l’emporter de justesse. Face à la crainte d’un relatif échec et d’un abstentionnisme aussi élevé qu’au premier tour (63,34%, NDRL) « tous les soutiens sont les bienvenues ».

« Ma conviction, c’est que nous sommes une majorité de Toulousains à refuser de donner les clés du Capitole à un assemblage anarchique incluant des professionnels du désordre et de la désobéissance aux lois de la République. » – Jean-Luc Moudenc

156 personnalités de la ville rose ont récemment répondu à cet appel. « L’appel des 150 », un document paru vendredi 19 juin et signé par des commerçants, des sportifs, des restaurateurs… Les monuments du rugby français : Guy Novès, Vincent Clerc, Maxime Médard ; l’ancien boxeur Sofiane Oumiha, le footballeur Alain Giresse… ont répondu présent aux côtés de Jean-Luc Moudenc décrit comme « le candidat le plus en mesure de protéger la ville face à la crise économique et au chômage ». Le sondage BVA indique Jean-Luc Moudenc comme étant le plus à même de faire face aux défis de la crise économique (45% contre 28%) pour Antoine Maurice et de protéger la ville face à la crise sanitaire (44% contre 27%).

Auprès des citoyens de la ville rose, il apporte ses réponses à la précarité, aux questions environnementales et sans oublier la jeunesse toulousaine en s’investissant sur de nouveaux projets et en voulant terminer ceux déjà entamés. Parmi elles, retrouvons la politique sur la sécurité déjà amorcée, le projet pharaonique de la troisième ligne de métro, la défense des commerçants indépendants et des artisans qui passe par l’interdiction des manifestations du samedi. Des points phares de cette campagne pour la liste « Aimer Toulouse » qui s’inscrivent dans les priorités envers les toulousains, soit « protéger leurs emplois, protéger l’ordre public, protéger leur santé »

À côté de propositions « extrêmement différentes » que combat le bourgmestre, des convergences existent, à l’image des problématiques environnementales discutées par des politiques bien différentes entre candidats. À seulement quelques jours du second tour, la campagne se durcit pour le maire sans étiquette, investi par la république en marche qui se retrouve en seconde position dans les sondages.

Image mise en avant : Aeimen Benallouche, le Capitole, Toulouse, Novembre 2019

(Municicaqs #8) – Bordeaux, pas de quadrangulaire au second tour

À la veille du second tour des municipales, les incertitudes planent toujours pour Bordeaux. Alors qu’aucune majorité ne se dessine, l’espoir s’invite aux côtés de Pierre Hurmic. Le candidat des Verts et de la gauche s’est placé à seulement 96 voix du maire sortant Nicolas Florian. Après 75 ans au pouvoir, la donne va-t-elle changer pour la droite bordelaise ? 

Après Saint-Denis, Dijon, Nîmes, Le Havre, Saint-Étienne et Lille, tour d’horizon à Bordeaux pour la dernière ligne droite des municipales. Un écart de 96 voix séparait, le 15 mars au soir, le bourgmestre actuel et la liste « Bordeaux Respire » de Pierre Hurmic (EELV, PS, PC, PRG, PP et ND). Nicolas Florian, tête de liste de « l’Union pour Bordeaux » (LR, Modem, UDI, Agir et LREM) qui succède Alain Juppé, démissionnaire en 2019, ramène la course aux municipales à trois candidats après une alliance avec le candidat LREM Thomas Cazenave, qui avait tout de même été qualifié au second tour avec 12,69 % des voix. Pour résumer les résultats de ce premier tour, Nicolas Florian, en tête avec 35,56 %, est suivi du candidat écologiste et socialiste qui cumule 34,38 % des voix. S’y ajoute Thomas Cazenave (12,69 %, 6.976 voix). Philippe Poutou de la liste « Bordeaux en Luttes » (NPA et FI) rallie 6.470 sympathisants soit 11,77 % des votants.

Un taux d’abstention fortement élevé en raison du Covid-19 : 63 % des électeurs n’ont pas voté. C’est 56.000 votants sur 151.000 électeurs inscrits. La tranche d’âge 18-34 ans, plébiscitée notamment par la liste « Bordeaux Respire » de Pierre Hurmic (EELV, PS, PC, PRG, PP et ND) n’était pas au rendez-vous. Un choix de la part des votants qui ne confortent pas les logiques des alliances et du contexte actuel.

À droite, « éclaircir le paysage politique »

Le 1er juin marque la signature d’un accord de liste commune entre le maire sortant Nicolas Florian et le candidat LREM Thomas Cazenave. Un rapprochement qui n’a rien de surprenant selon Philippe Poutou qui parle d’un « non-évenement ». Les discussions ont déjà été entamées depuis un moment. L’alliance qui naît de la difficulté du premier tour de se retrouver face au candidat socialiste et écologiste marque également une alliance des projets. Cette dernière d’autant plus nécessaire pour le candidat LREM qui indique que « la crise que nous traversons appelle à unir les compétences. », s’agissant ainsi de « dépasser les clivages et répondre à l’urgence de la situation ». Une alliance surprenante qui dépasse l’incompatibilité politique initiale avec le maire sortant : « je veux atteindre le niveau le plus élevé » avait-il annoncé après le premier tour.  La fusion défendue par Cazenave laisse place à un nouvel accord électoral mal vu par certains électeurs mais également par l’opposition accusant « des moeurs politiques d’une autre époque ». Dans son communiqué, le candidat LREM défend la fusion des deux listes en indiquant « qu’aborder le second tour de l’élection municipale sans rien changer est aujourd’hui inconcevable ».

Cette liste du rassemblement menée par Nicolas Florian doit intégrer 17 colistiers de Thomas Cazenave issu de la liste « Renouveau Bordeaux » dont 13 membres en position éligible. Créant la surprise en début d’année, Benoit Simian, député LREM du Médoc et colistier de Nicolas Florian cède sa place. Cazenave devrait occuper le poste d’adjoint au maire ainsi que la vice-présidence à Bordeaux Métropole.

Les priorités évoluent mais le fond reste le même

Depuis juin, la campagne bat à nouveau son plein. La crise sanitaire fait évoluer les programmes, les candidats se sont adaptés proposant de nouvelles priorités sociales et économiques.

L’union à gauche (EELV, PS, PC, Générations, Nouvelle Donne etc,…) menée par l’écologiste Pierre Hurmic maintient sa volonté de rupture tout en reconnaissant à Alain Juppé un bilan positif en 24 ans. Avec l’objectif d’un « modèle écologique, solidaire et résilient » s’ajoutent les enjeux économiques et sociaux désormais prioritaires dans un programme qui s’adapte au contexte. Augmenter la part des emplois non délocalisables, concevoir une ville autour des services publics, soutenir les associations… Autant de propositions qui tendent vers un modèle « vertueux » afin de « réinventer Bordeaux ». Au projet s’ajoute la lutte contre l’abstentionnisme, clé de ce second tour. La mobilisation n’était pas au rendez-vous. Pour ce second tour, l’argument du vote utile s’invite dans les débats. La liste « Bordeaux respire » compte sur les électeurs de la liste de Thomas Cazenave « Renouveau Bordeaux » et le scepticisme laissé par la fusion avec Nicolas Florian.

Le candidat n’est pas en reste et le fossé reste tout de même étroit. 96 votes seulement derrière le maire sortant et un optimisme à toute épreuve qui donne de l’espoir à l’écologiste.

« Ça ne fait qu’accroître ma détermination, ma combativité, pour remplacer ce pouvoir conservateur qui est prêt à tout pour conserver précisément le pouvoir à Bordeaux. » – Pierre Hurmic

Aux côtés des présidents socialistes de la région Nouvelle-Aquitaine et de la Gironde, Alain Rousset et Jean-Luc Gleyze apportent un soutien de taille. Hurmic se dit vouloir donner l’image « d’un maire écologiste, apaisant, sobre et de proximité. ».

Outsider du premier tour, Philippe Poutou ferme la marche avec 11,77 % des suffrages exprimés. Le chef de file de la liste « Bordeaux en luttes » maintient ses positions en étant catégoriquement opposé à une alliance avec Pierre Hurmic. Face à « une droite libérale » d’un côté et « une gauche libérale EELV/PS » jugée « inapte » sur le terrain national, Philippe Poutou, fidèle à ses convictions se présente comment seul véritable candidat de l’opposition. Pointant du doigt la fusion LR-LREM, il indique que « « Bordeaux en luttes » sera là pour faire entendre la colère sociale… » dans un tweet, peu après l’annonce de la coalition. Mécontentement qui s’exprime également au lendemain du déconfinement en rappelant que la contestation sociale ne s’est pas éteinte à laquelle s’ajoute l’embrasement lié aux violences policières.

Le programme intègre une démocratie dite « participative », entendant la parole des Gilets jaunes. Il propose la mise en place d’un référendum d’initiative communale ou encore un encadrement des loyers… des propositions tirées de « l’exigence d’un autre monde ». La crise sanitaire forge la détermination du candidat de la gauche qui pointe du doigt la mauvaise gestion de la crise et les inégalités qui en découlent. Dans la dernière ligne droite les objectifs s’affichent clairement : dépasser les chiffres du premier tour et entrer au conseil municipal. « L’heure est à la mobilisation » pour l’anticapitaliste qui espère continuer sur sa lancée après le 28 juin.

Image mise en avant : Livio Ferrero – Hotel de ville, Bordeaux, 2020

« L’histoire cessera-t-elle de se répéter ? » : le cri de rage de Spike Lee

Les réactions n’ont pas tardé à se faire sentir sur les réseaux sociaux : indignation, tristesse, soutien inconditionnelle précédé du hashtag #Blacklivesmatter. La mort de George Floyd le 25 mai dernier à Minneapolis inspire 3 Brothers – Radio Raheem, Eric Garner And George Floyd, un court-métrage signé Spike Lee aux parallèles glaçants.

Pendant 8 minutes 46, la scène reste insoutenable. Sous le poids du policier Derek Chauvin, qui risque aujourd’hui 40 ans de prison, l’Afro-américain George Floyd clame sa souffrance, peinant à respirer sous les yeux impuissants de nombreux témoins, avant de succomber. À travers tout le pays, s’élève une vague de colère au lendemain de sa mort, déclenchant plusieurs manifestations et émeutes dans les plus grandes villes. Les personnalités n’ont pas tardé à réagir à l’instar du réalisateur Spike Lee. 

 

« C’est la même histoire encore et encore et encore… L’attaque des corps noirs a toujours existé »

Conscient des maux de la société actuelle, la question « raciale » est récurrente dans les œuvres du réalisateur.  En 2018, sortait le biopic BlacKkKlansman :  J’ai infiltré le Ku Klux Klan, une adaptation de de l’histoire vraie de Ron Stallworth, le premier officier de police afro-américain de Colorado Springs à s’être infiltré dans l’organisation du Ku Klux Klan. Une dénonciation du racisme systémique à l’époque du suprémacisme blanc scénarisé intelligemment et se concluant par un parallèle effroyablement glaçant avec les évènements ayant eu lieu à Charlottesville en 2017. « L’histoire cessera-t-elle de se répéter ? » : La question se pose pour le réalisateur militant et le combat reste les même deux ans plus tard.

Conscient des maux de la société actuelle, la question « raciale » est récurrente dans les œuvres du réalisateur. L’année 1989 avec la sortie de Do The Right Thing. Un cinéma dramatique traçant les contours de ce que l’histoire ethnosociologique des États-Unis appelle le quotidien d’un racisme ordinaire. Les émeutes de quartier et la violence raciste d’un quartier noir de Brooklyn y sont racontées à travers la mort du personnage de Radio Raheem, incarné par l’acteur Bill Nunn. Reprenant des scènes du film, le parallèle est indéniable dans la vidéo qui dure 1minutes 35 postée le 1er juin sur son compte Twitter accompagnée du titre « 3 Brothers-Radio Raheem, Eric Garner And George Floyd. ». Un cri de rage et un soutien inconditionnel pour rallier la cause #blacklivesmatter et protester contre les violences policières.

Image à la une : Image d’ouverture de la vidéo « 3 Brothers-Radio Raheem, Eric Garner And George Floyd. ».

Lire aussi : Le meurtre de George Floyd et les manifestations de Minneapolis : visualisez la chronologie des faits

30 mai 1431/1943 : de Jeanne d’Arc au Chant des partisans

Un 30 mai, Jeanne d’Arc brulait vive en 1431 pendant que le chant des partisans résonnait sur les ondes de la BBC, 512 ans plus tard. Symboles politiques de la lutte contre l’ennemi et pour la liberté, leur intemporalité sert, aujourd’hui, encore la lutte contre l’oppression.

Après un procès inique, Jeanne d’Arc est brûlée vive, sur la place du Vieux-Marché, à Rouen le 30 mai 1431. Un an et sept jours plus tôt, elle est capturée par les Bourguignons au siège de Compiègne et livrée aux Anglais. Décrédibiliser le roi Charles VII, pour lequel elle servait avec diligence, animait la hâte des Anglais souhaitant faire condamner celle que l’on surnomme la pucelle d’Orléans. Enfermée initialement à Crotoy, c’est peu de temps avant Noël qu’elle est emprisonnée au château du Bouvreuil à Rouen. Ce n’est que le 9 février 1431 que le procès s’ouvre. Le tribunal d’Église est présidé par Pierre Cauchon, théologien et évêque de Beauvais, qui pour bien se faire voir par les Anglais arrange un procès en hérésie sur concours du vicaire de l’inquisiteur en France.

Le doute pèse sur les ecclésiastiques quant à l’adresse de Dieu à une fille du peuple. Seuls les habitants témoignent favorablement sur l’enquête qui est menée à Domrémy embarrassant l’église qui s’empresse de détruire les rapports. Face à la difficulté de faire céder l’accusée la procédure est accélérée et les accusations se succèdent, lui reprochant ses fausses visions ou d’avoir revêtu des habits d’hommes. Force de caractère, la jeune fille est menacée, conduite au cimetière de l’abbatiale de Saint-Ouen où a été préparé un bûcher. Tout est prêt pour une condamnation à mort. Seuls, sa rétractation et son renoncement à ses habits masculins lui feront échapper à la mort.

Face à l’épuisement, elle cède, se soumettant à l’église et aux habits de femme. La sentence à mort fait place à un an d’emprisonnement. Mais, de retour dans sa cellule, au grand mécontentement des Anglais, ses vêtements sont subtilisés. Surprise dans des vêtements d’homme, elle est condamnée au bûcher, accusée d’être retombée dans l’hérésie.

Récupération politique et symbole national

Figure du patriotisme elle fut celle qui libéra la France de l’envahisseur Anglais et aida Charles VII à accéder au trône. Sa popularité gagne en même temps que la montée du patriotisme. Déclaré nul en 1456 par l’église, son procès et sa condamnation laissent place à la réhabilitation. Symbole du revanchisme français, l’héroïne est béatifiée en 1909 avant d’être canonisée en 1920 par le pape Benoît XV.

Incarnation de la résistance du peuple de France contre l’oppresseur, Jeanne d’Arc est utilisée et reprise par les républicains à l’instar de Jules Michelet jusqu’à Emmanuel Macron déclarant vouloir “rattacher Jeanne d’Arc, sainte catholique, souvent courtisée par l’extrême droite, à l’idéal républicain”.

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Emmanuel Frémiet, Statue équestre de Jeanne d’Arc, place des Pyramides, Paris, 1874

La « paysanne de France abandonnée par son roi et brûlée par l’Église » prend place dans les discours du Parti communiste de Maurice Thorez. Une réinterprétation historique de la légende de Jeanne d’Arc a été nécessaire pour intégrer la pucelle dans le patrimoine communiste. Passant évidemment par une mise à l’écart de la « dimension religieuse ». Pour la gauche, Jeanne d’Arc représente la fille du peuple et l’oppression induite par les nobles et l’Église.

Pour la droite, l’incarnation du nationalisme et de l’identitaire établissent les caractéristiques de celle-ci sont célébrées chaque année depuis 1988. Le combat contre l’oppresseur régit les discours, tandis que Jeanne d’Arc repousse l’envahisseur anglais, les contemporains doivent faire face aux oppresseurs étrangers. Le rendez-vous est donné chaque deuxième dimanche du mois de mai pour les sympathisants royalistes et de l’extrême droite, un défilé est organisé en hommage à celle qui a libéré la ville d’Orléans.

 

La « Marseillaise de la Libération »

Hymne à la libération, en 2019 le « chant des partisans » fait l’objet d’une exposition temporaire au musée de l’Ordre de la Libération à Paris. Son histoire reste à ce jour encore méconnue tandis que les cérémonies officielles et les différentes reprises ont popularisé le chant des résistants qui a son tour devient un symbole politique et social.

L’histoire prend ses racines en 1941 avec la guitariste et chanteuse Anna Marly, une aristocrate née Anna Betoulinsky en 1917 en Russie dans la ville de Pétrograd en pleine révolution d’Octobre et exilée en France peu après. Contrainte à s’exiler à nouveau à cause de la guerre, en Angleterre cette fois, elle côtoie les Forces françaises libres et les cercles russophones résistants. La bataille de Smolensk et le rôle des Partisans soviétiques ouvre la porte à la composition de La Marche des partisans. Une prise de conscience patriotique pose les mots d’une chanson russe à succès.

Séduit par une mélodie facilement identifiable et des paroles fortes, le journaliste Emmanuel d’Astier de la Vigerie repère la compositrice et le potentiel de la chanson lors d’une soirée. Il en fait part en mai 1943 au résistant et animateur radio André Gillois qui cherche un indicatif pour son émission dont il est figure de proue Honneur et Patrie, diffusée par la BBC. Joseph Kessel et son neveu Maurice Druon sont appelés à collaborer avec Anna Marly pour écrire une version française, La Marche des partisans devient le chant des partisans.

Voyage à travers le temps : des Russes blancs aux Gilets Jaunes

Puissance des mots, popularité et patriotisme ont rythmé le siècle. D’émission en émission la chanson est reprise par les plus grands : Les choeurs de l’Armée rouge, Johnny Hallyday, Claude Nougaro, Zebda, Noir Désir et bien d’autres. À l’instar du symbole intemporel de Jeanne d’Arc, le chant des partisans inspire les classes politiques à résister contre l’oppression. Le groupe Zebda a remis au goût du jour la chanson populaire sur fond de lutte sociale et fraternel appelant à combattre les discriminations, un « hymne contre l’oppression du peuple par un autre » qui prend le titre de « Motivé – Le Chant des partisans » en 1997.


Plus récemment les paroles ont pris un sens politico-social contestataire vis-à-vis d’une politique « violente, injuste et insupportable ». Le mouvement des gilets jaunes qui a, au fil des 16 derniers mois a cristallisé le mécontentent social s’est également re approprié les paroles de l’œuvre lors des manifestations sur l’ensemble du territoire français.

« Ami, entends-tu le vol noir de la finance sur nos payes » ; « Macron, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ? »

Aujourd’hui classé « Monument historique » depuis 2006, le manuscrit original de l’œuvre devenu propriété de l’État est conservé à Paris musée de la Légion d’honneur.

Crédit photo : Image à la Une : @leo.jeje Jeanne d’Arc présentée à la Vierge et l’enfant Jésus (détail), Sainte Catherine d’Alexandrie et sainte Barbe, Domrémy-La-Pucelle

21 mai 1871 : Paris brûle, Paris saigne

Le « 28 janvier 1871, Paris affamé capitulait », laissant derrière elle l’Alsace, la Lorraine et le goût amer de la défaite face aux Prussiens. Le gouvernement d’Adolphe Thiers s’exile à Versailles laissant derrière lui un peuple révolté. La « Commune de Paris »  est née avec ses barricades et assume le pouvoir dans la Capitale. Le 21 mai 1871 seulement, l’assaut est lancé, sonnant le glas d’un des épisodes les plus sombres du mouvement révolutionnaire : la semaine sanglante.

« Les secousses politiques qui depuis 60 ans ne cessent d’ébranler la France, lui ont donné profondément à réfléchir sur l’influence que Paris a exercée jusqu’ici sur ses destinées. Elle paraît désormais bien décidée à ne plus courber son front devant les tribuns ambitieux et la petite armée d’émeutiers qui ont placé le centre de leur propagande au sein de la capitale, afin d’exploiter à leur profit l’influence morale et légitime qu’elle exerce sur tout le reste du pays. Cependant, se maintenir en possession de la capitale sera toujours le but le plus important du gouvernement. Si la politique ne le lui demandait pas, l’honneur et l’humanité lui en feraient une loi impérieuse, il ne pourrait pas abandonner sans crime la grande cité à l’affreuse tyrannie de l’émeute. Il faut donc se mettre en mesure par tous les moyens que peut suggérer l’art et la prévoyance, de rester maître de Paris. ».

Le général Bugeaud, « L’homme de la rue Transnonain », écrit ce texte en 1849. Explicite au plus haut point sur la lutte contre le prolétariat, l’État français décide d’en empêcher sa publication. La fin d’une perspective révolutionnaire résonnait dans l’idéal d’Adolphe Thiers, s’agissant de « jeter le drapeau rouge aux oubliettes de l’histoire. L’objectif était de mettre fin à la dangerosité de la classe prolétaire qui se manifestait bien trop impétueusement depuis 1789 » écrivait en 2013 le groupe « prolétaires internationalistes ».

 

« Paris sera soumise à la puissance de l’État »

 

À la fois une réaction à la défaite française de la guerre franco-prussienne de 1870 et au siège de la capitale, la Commune de Paris marque la scission entre une majorité monarchiste à l’Assemblée nationale et le « rouge »  du Paris républicain. La répression résonne dans les paroles conservatrices dès le début du soulèvement. « M. Thiers ne veut rien faire qui contrarie les rouges (…) Saint Thiers a pour ces abominables scélérats des tendresses paternelles » écrivait la Comtesse de Ségur. Pour marquer la fin de cette insurrection, le massacre s’engage, apaisant ainsi les maux des élites conservatrices appelant à écraser la  « vermine rouge ». « Il reste à M. Thiers une tâche importante : celle de purger Paris. Jamais occasion pareille ne se présentera (…) Allons, honnêtes gens, un coup de main pour en finir avec la vermine démocratique et sociale, nous devons traquer comme des bêtes fauves ceux qui se cachent » pouvait-on lire dans un article du Figaro.

« Paris sera soumise à la puissance de l’État comme un hameau de cent habitants ! » – Adolphe Thiers

Dimanche 21 mai 1871, entre 14 heures et 15 heures, Paris, sur la rive droite en aval de la Seine, se situe la porte du Point-du-Jour. Jules Ducatel, piqueur des ponts et chaussées et indicateur de l’armée républicaine, alerte les troupes régulières versaillaises. Le point d’accès n’est plus gardé, totalement à l’abandon, l’occasion parfaite pour lancer le siège. L’ordre est donné par Adolphe Thiers référé par le général Douay, lui-même informé par le capitaine de frégate Auguste Trève. La division Vergé est alors guidée par Jules Ducatel, jusque-là sous haute surveillance. Les troupes craignant une ruse des fédérés. Direction le Trocadéro sous commande du colonel Piquemal. L’armée prend à revers les principaux points de révolte, à savoir les barricades, afin d’encercler la Capitale.
L’occupation avance, passant par Passy, Auteuil… Les quelques 100 000 Versaillais de  Mac Mahon sont pour la plupart jeunes et inexpérimentés. Mais les Communards, sous l’aile républicaine de Louis Charles Delescluze, ne font pas le poids face aux quelques soixante-dix mille Versaillais qui infiltre la petite ceinture. Des tribunaux sont construits à la hâte, on les appelle « cours prévôtales ». Ils prennent place au Châtelet, dans les prisons et autres institutions, à l’image de l’École polytechnique.

 

« On traque, on enchaîne, on fusille tous ceux qu’on ramasse au hasard. »

 

Écrite en 1871 à Paris pendant les combats de la Commune de Paris, « La Semaine sanglante » est une chanson révolutionnaire de Jean Baptiste Clément. Riche de référence, la terreur de Robespierre en prend pour son grade. Si elle a bien eu lieu un siècle plus tôt, une répression aussi sanglante et un monarchisme tyrannique de même ampleur couvrent la critique qui se glisse dans les vers de la chanson. Ce dimanche de mai, annonce les prémices d’une « terreur tricolore ». Les maisons sont fouillées, les arrestations s’enchaînent. Les premiers massacres sont perpétrés par la Garde nationale de l’Ordre, policiers et gendarmes. Des personnes fichées sont parquées dans des endroits perquisitionnés pour y être fusillés.

Plusieurs femmes défendant la barricade de la place Blanche
La Prise de Paris, Lithographie, musée Carnavalet, Paris.

Une semaine, c’est ce qu’il aura fallu à l’armée versaillaise pour reprendre Paris. Elle se termine le dimanche, au Père Lachaise au corps à corps. On estime qu’un peu plus de 20.000 personnes ont perdu la vie lors des affrontements, environ 40 000 ont été arrêtés, s’en suivra environ 50.000 jugements. Niveau matériel, plusieurs bâtiments partent en fumée, parmi lesquels le palais des Tuileries, le palais de Justice gothique, l’Hôtel de Ville hérité de la Renaissance, le Palais-Royal et le palais d’Orsay.

Du dimanche 21 mai au dimanche 28, la semaine sanglante fut la réponse de l’État se soldant par l’écrasement de la révolte. Cet événement terni l’image du chef de l’exécutif Adolphe Thiers à tout jamais. Clémenceau écrivait à son sujet : « Thiers, le type même du bourgeois cruel et borné, qui s’enfonce sans broncher dans le sang ».

Image mise en avant : Henri Félix Emmanuel Philippoteaux, Bataille du cimetière du Père-Lachaise (1871), Bordeaux, musée d’Aquitaine.

Star Wars : The Mandalorian, un space western épique

Les aventures de Jango et Boba Fett racontaient les péripéties des deux chasseurs de primes les plus célèbres de la galaxie. Ils laissent aujourd’hui place au nouveau héros, un Mandalorien surnommé Mando. C’est un tueur à gages, plutôt solitaire et personnage culte. L’intrigue nous envoie après la chute de l’Empire et avant la naissance du Premier Ordre (5 ans après Le Retour du Jedi et 25 ans avant Le Réveil de la Force). La série suit le mercenaire, qui appartient à une confrérie (la Guilde) dans les confins de la galaxie loin de l’autorité de La Nouvelle République. Pas de nom ni de visage pour le héros précédé par sa réputation.

Dans ce monde, le métier de chasseurs de primes ne paye plus. Le Mandalorien accepte un contrat non officiel avec une prime conséquente à la clé. Son objectif : retrouver et ramener un être de 50 ans. Malgré cet âge, Mando découvre que l’être en question n’est autre qu’un enfant, de la même espèce que Yoda, pouvant vivre plusieurs siècles. Disney+ nous propose huit épisodes, au travers desquels la figure héroïque du personnage questionne le sens de la justice accordée par ses actes. L’équilibre et la paix, recherchés par Mando, brisent la linéarité manichéenne tant présente dans l’univers Star Wars.

The Mandalorian

Jon Favreau – qui réalise et scénarise l’oeuvre aux côtés de Dave Filoni, Kathleen Kennedy et Colin Wilson – a souhaité induire une ambiguïté à la moralité de la série en dépassant la frontière entre le bien et le mal. La personne se retrouve alors centrée dans cette séparation. Si le mercenaire cherche par ses missions, un intérêt purement lucratif, une quête initiatique semble se dégager au fur et à mesure des épisodes. L’empathie pour un personnage aussi énigmatique que familier, laisse perplexe le spectateur. Une part de mystère accordée aux codes du héros qui semble avoir son importance mais qui questionne également sur la direction que va prendre la série. Bien qu’elle soit une réussite sur de nombreux points, notamment esthétique, il est espéré que la saison 2 réponde à de nombreuses interrogations laissées en suspens. Même si le destin de l’enfant « Yoda » semble dessiné, on s’attend à une fin touchante et tout aussi jubilatoire que les épisodes de la première saison.

Du Star Wars sans être du Star Wars et loin des codes du cinéma actuel, The Mandolorian se concentre sur l’intrigue et sur les personnages dans un décor à couper le souffle produit grâce à la nouvelle technologie du « StageCraft ».

Une production ambitieuse au même niveau que son casting qui rassemble Pedro Pascal dans le rôle-titre, Gina Carano, Carl Weathers, Ming-Na Wen et Taika Waititi. La série est disponible depuis le 31 mars 2020, date du lancement de la plateforme en France. Difficile d’échapper à l’intrigue et aux personnages, partout sur les réseaux, alors pourquoi pas se lancer ?

Covid-19 : « donnez-moi un musée et je le remplirai »

Alors que la France entre dans sa phase de déconfinement, plusieurs établissements ont rouvert leur porte. Le ministre de la Culture, Franck Riester, avait annoncé que les « petits musées », qui n’impliquent pas « des déplacements importants en dehors d’un bassin de vie ou du département, pourraient rouvrir à partir du 11 mai ». Il ajoute que les propriétaires publics ou privés ont la responsabilité « de voir s’ils sont en capacité de respecter les préconisations ». Indissociable du respect des recommandations sanitaires, les musées et autres sites culturels font leur rentrée dans un contexte inédit.

 

« Redonner accès à la culture »

 

Se réinventer face à la crise et poser les grands principes de cette réouverture : des objectifs que ces quelques musées comptent bien appliquer. Au 98 rue Saint-Denis à Paris, le musée de l’illusion, en place depuis six mois, ouvre le bal. Initialement en capacité d’accueillir 200 personnes, l’affluence est désormais limitée à 70 visiteurs. Un sens de visite imposé, distanciation sociale, gel hydroalcoolique, réservation obligatoire, etc. Les expositions restent les mêmes mais les règles changent. Les panneaux indicatifs sont nombreux, nous pouvons y lire « pas plus de deux personnes en même temps dans cette pièce ! ».

Seulement trois jours d’ouverture mais les visiteurs sont au rendez-vous. Après deux mois de confinement, « les gens sont ravis de revenir, de renouer avec la culture, c’est un sentiment de liberté pour eux » nous indique Steven Carnel co-fondateur du musée. Un sentiment partagé par le personnel du musée « C’est d’autant plus agréable de pouvoir réguler les visites, il y a moins de monde ».

Du côté d’Épinal (42, quai de Dogneville), dans le département des Vosges, le musée de l’Image a également ouvert ses portes, mardi 12 mai, après deux mois de pause. Si le public est de nouveau autorisé à profiter des expositions, de nouvelles dispositions accompagnent cette réouverture. Sécurité oblige : les casques audio, les livrets de visites ainsi que les bornes d’accueil sont régulièrement désinfectés. Les salles d’expositions accueillent le public en fonction d’une jauge bien définie et du gel hydroalcoolique est mis à la disposition des visiteurs.

La situation apporte également son lot de contraintes, le musée a dû « annuler jusqu’à nouvel ordre : l’accueil des groupes, enfants et adultes, de 10 personnes et les visites commentées et ateliers pédagogiques » assure la directrice du musée, Christelle Rochette, dans un communiqué. Initialement prévue jusqu’au 30 mai, l’exposition « Loup ! Qui es-tu ? » du musée de l’Image, qui avait rencontré un vif succès, accueillera tous les visiteurs jusqu’au 20 septembre.

Il faudra attendre vendredi 15 mai pour découvrir ou redécouvrir les expositions de l’Institut Giacometti avec une « Charte du visiteur » à respecter. Le musée pose ses conditions : une distance physique d’1m50 minimum ou encore, la réservation obligatoire d’un créneau de visite en ligne. Le musée Soulages de Rodez, le domaine Pommery à Reims, le musée Fabre à Montpellier ou encore le musée des Beaux-Arts à Agen se préparent quant à eux à accueillir les visiteurs dans les prochains jours.

 

Incertitudes chez « les grands »

 

D’autres musées s’interrogent toujours sur les critères définissant les « petits musées », préférant repousser leur ouverture. Il faudra attendre début juin pour avoir la chance de contempler les expositions toujours en cours, à l’instar de « Cézanne » qui sera de nouveau accessible au musée parisien Marmottan Monet. Les monuments, sites et autres musées gérés par le Centre des monuments nationaux (CMN) gardent portes closes jusqu’à une éventuelle réouverture fin juin ou mi-juillet. Pour les plus grands (le Louvre, le musée d’Orsay, le Centre Pompidou, le Palais de Tokyo), il faut espérer une réouverture durant la période estivale et sous certaines conditions. Les annonces du Premier ministre Édouard Philippe, le 2 juin, confirmeront ou non, le calendrier prévisionnel.