(Municicaqs #1) – Saint-Denis, terre de fusion

Il y a plus de deux mois, nous quittions Ericka Bareigts, Didier Robert et Nassimah Dindar, les trois candidats qualifiés au second tour des municipales de Saint-Denis (Île de la Réunion). Le temps a passé, et nous voilà à quelques semaines des urnes du second tour. Candidats encore en liste et candidats déchus, alliance nouvelle et enjeux majeurs, tout ce qu’il faut savoir avant de se rendre aux bureaux de vote le 28 juin prochain.

La date du 28 juin 2020 est tombée​. ​Date du second tour des municipales, jusqu’à présent en ‘“stand-by” à cause du Covid-19. Il est temps désormais de se replonger dans l’actualité politique de sa ville, entre candidats encore en liste et candidats éliminés, programmes et promesses.

Les candidats à retrouver au second tour

À Saint-Denis, capitale de La Réunion, en plus du taux d’abstentions terriblement élevé (59.46%), c’est Ericka Bareigts qui a marqué les esprits. Avec 42,7% des voix, la candidate députée socialiste, qui reprend le flambeau de Gilbert Annette – maire actuel de la capitale -, s’impose et prend la tête des municipales. Son programme reposant sur la solidarité, la durabilité et la jeunesse a su conquérir les votes des Dionysiens.

Didier Robert, le président du conseil régional de La Réunion, s’accapare la seconde place avec 24,9% des voix. Le candidat se présentant comme “​le libérateur de Saint-Denis​” promettant “​d’apaiser la misère​” ne s’avoue pas pour autant vaincu. “​Le vent du changement souffle incontestablement sur Saint-Denis”, ​affirme-t-il à la suite des résultats de ce premier tour.

À leurs côtés se tient Nassimah Dindar, sénatrice UDI soutenue par LREM, avec 13% de voix recueillies. Son programme centré sur la lutte contre la pauvreté et sur l’aménagement d’une ville sécurisée et propre n’a pas réussi à la faire arriver en tête. La place de troisième lui revient donc à la fin de ce premier tour.

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Les candidats éliminés au premier tour

Vanessa Payet, bien que populaire avec son programme faisant de la sécurité, de l’éducation, et des transports, une priorité, n’arrive pas à se hisser au deuxième tour et est éliminé avec 7,5% de voix.

Alain Armand n’a lui pas réussi à se démarquer. Malgré ses nombreuses apparitions publiques, le candidat n’a pas réussi à atteindre la barre des 4%, avec 3,9% des voix.

La candidate Autre écolo Yvette Duchemann, le candidat RN Sonny Welmant, et la candidate GJ Magaly Onesio se suivent dans le classement, avoisinant les 2% de voix.

En fin de classement, nous retrouvons les candidats Rémy Massain et Eric Beeharry, avec respectivement 0,54% et 0,20% des voix.

Une alliance naissante

La triangulaire Erika Bareigts, Didier Robert et Nassimah Dindar prend une tout autre forme lorsque, le 1e juin dernier, les deux candidates encore en liste annoncent leur alliance.

“​Nous avons voulu trouver cet équilibre pour nos électeurs, nous sommes tombées d’accord et nous avons décidé ensemble de fusionner nos listes et faire une seule et même liste pour le second tour​”, a annoncé Ericka Bareigts, candidate en tête.

Bien que Nassimah Dindar soit en position non éligible sur cette nouvelle liste de rassemblement pour les municipales​, en 55e et dernière position, ce sont de nombreux points de convergences entre les deux candidates qui ont donné naissance à cette alliance. On retient notamment leur lutte commune contre la pauvreté, ou encore la priorité à l’écologie.

Une alliance contre Didier Robert, qui ne manque plus qu’à faire ses preuves le 28 juin prochain.

Des enjeux non négligeables

Ces municipales arrivent en temps de crises, où enjeux sociaux, économiques et politiques pèsent plus que jamais dans la balance des votes.

Transport, jeunesse, participation citoyenne, écologie, pauvreté… autant de problématique qui reviennent et que ne demandent qu’à être traité.

Rendez-vous le 28 juin prochain aux urnes afin de décider qui des trois finalistes redorera la ville de Saint-Denis.

Lamya Essemlali : « 600 dauphins ont été tués en France durant le confinement »

Lamya Essemlali, présidente de l’ONG « Sea Shepherd France » détaille l’impact du coronavirus sur l’environnement. Selon elle, cette pandémie n’est que l’un des symptômes d’une crise écologique bien plus profonde.

L’Inde au défi du déconfinement

Le deuxième pays le plus peuplé au monde commence lentement à sortir du coma artificiel. Après un arrêt total de 6 semaines, le déconfinement dessine une carte rouge et verte de l’Inde. Une décision précoce qui semble minimiser la gravité de la situation au profit de l’économie.

C’est une Inde fractionnée qui se dessine depuis le 4 mai, date de début du déconfinement progressif. Calquant ses couleurs rouges et vertes sur la météo, suggérant le beau et le mauvais temps, le Premier ministre Indien libère les habitants par régions. Celles qui sont les moins touchées par le virus sont peintes en vert, symbolisant la délivrance. Les habitants sont libres de flâner dans les rues et les magasins rouvrent leurs portes.

Alors que le bilan officiel au 5 mai est de 1300 morts pour 40 000 cas dépistés, le gouvernement indien tient un discours positif et rassurant, encourageant le déconfinement progressif du pays. Un élan de positivité qui se veut bien loin de la cruelle réalité des faits qui en minimise l’impact de la pandémie.

« Si on a de la fièvre, les hôpitaux refusent de nous voir »

À quelques kilomètres de la frontière Népalaise, dans la région contestée du Kashmir, Prem est inquiet pour sa famille et sa santé. Timide, il prend une grande inspiration et se lance : « je lis la presse locale tous les jours. Selon eux tout se passe bien. Soi-disant, il y a peu de cas et les hôpitaux sont en mesure de gérer la crise. Mais s’il y a si peu de cas c’est qu’il n’y a presque pas de tests et que les malades ne sont pas pris en charge. Ici, quand on a de la fièvre, peu importe la gravité de sa maladie, personne ne nous vient en aide. L’hôpital ne veut pas nous recevoir ».

Pour éviter de contracter le virus, les citoyens sont encouragés à utiliser des masques et à respecter les mesures barrières. Un discours théorique qui se heurte à une réalité bien différente dans les régions défavorisées du pays. « Les politiques ont-ils déjà mis les pieds dans une ville Indienne ? » se questionne Prem.

« Des masques ? Non. Mais on a ça… »

Un turban en guise de masque @alexisgilli

Les traits fatigués, un turban sur le visage, Shankar Singh raconte ses conditions de vie. L’homme d’environ 30 ans – il ne connaît pas sa date de naissance car les pauvres n’ont pas de papiers d’identité – est guide touristique dans la région de Pushkar, dans le Nord-Ouest de l’Inde.

Pour lui, le gouvernement tient un double discours. D’un côté rendant obligatoire le port du masque, mais de l’autre n’ayant pas de dotation suffisante : « à Pushkar c’est difficile. Les hôpitaux sont pleins alors qu’officiellement on est dans une région verte. Si on sort, les policiers nous attrapent et nous mettent dans des salles isolées, dans le noir, pendant 15 jours, des fois sans nourriture. Dans les grandes villes comme Delhi ou Chennai, c’est la catastrophe. L’Inde est sale, tout le monde vit dans des bidonvilles. Imaginer qu’on aura des masques et qu’on pourra s’éloigner les uns des autres, c’est inconcevable » explique-t-il une larme à l’œil.

Aux problèmes de santé s’ajoute une autre contrainte : se nourrir. Sans touristes, les locaux n’ont presque aucun revenus, et en Inde, sans revenus, c’est la famine.

Le rôle primordial des ONG

Distribution de nourriture dans l’Uttard Pradesh @AINAWUP

Pour pallier le déficit financier engendré par la pandémie, le gouvernement a décidé de venir en aide aux plus pauvres. Le montant astronomique de cette aide ? 24 euros. Heureusement, des ONG amènent leur pierre à l’édifice : « nous distribuons des milliers de rations de nourriture chaque jour. Cela permet à de nombreuses personnes démunies de survivre. Si nous pouvons faire ça, c’est grâce aux donations. On en a eu beaucoup heureusement » explique Kamaldev, présidente de l’ONG indienne AINAWUP lors d’une interview accordée à CAQS.

Les régions les plus impactées par le Covid-19 seront soumises à un confinement strict pour encore 2 semaines. C’est notamment le cas de Bangalore et Mumbay qui recensent, chaque jour, des centaines de cas supplémentaires.