(Municicaqs #15) – Nantes, à bâbord toute !

Après Lille, Dijon, Toulouse ou encore Montpellier, CAQS maintient le cap vers l’Ouest pour ce tour de France des municipales. À Nantes, Johanna Rolland brigue un second mandat, dimanche 28 juin, après être arrivée largement en tête au premier tour (31,36 %). Pour ces élections municipales, la jeune maire socialiste a misé sa stratégie sur une alliance avec les Verts, comme en 2014. Si certains désaccords persistent entre les deux partis, la gauche fait plus que jamais barrage face à la menace républicaine.

La maire sortante Johanna Rolland (PS) est arrivée largement en tête au soir du 1er tour avec 31,36% des voix à Nantes. La socialiste affrontera dimanche prochain sa rivale de droite Laurence Garnier (19,93%) et la marcheuse Valérie Oppelt (13%), qui n’ont pas réussi à s’entendre durant l’entre-deux tours. Car oui, une alliance a été proposée par la républicaine avec la candidate LREM pour faire front face au bastion de la gauche. Mais les deux candidates ne sont pas parvenues à trouver un terrain d’entente, laissant à la gauche une autoroute devant elle pour aborder le second tour de ces municipales le plus sereinement possible. Une avance qui s’est notamment creusée grâce à la mise en place d’une alliance entre le Parti Socialiste et Europe Écologie Les Verts le 15 mars dernier. Le parti écologique qui avait notamment recueilli 19,58% des voix.

Une alliance naturelle…

Des insoumis aux écologistes en passant par les socialistes aux listes alternatives, la gauche se présente dans diverses configurations pour ces élections municipales. À Nantes, elle est plus unie que jamais. Comme il y a six ans, le Parti socialiste et Europe Écologie Les Verts porteront une liste commune pour le second tour des élections municipales dans la cité des Ducs. À 77%, les militants se sont exprimés pour cet accord. Johanna Rolland et Julie Laernoes ne nient en aucun cas les divergences entre leurs programmes respectifs, mais cette alliance s’inscrit dans une volonté de se concentrer sur leurs valeurs partagées. Les deux candidates comptent bel-et-bien faire front face à Laurence Garnier (LR) et son programme libéral en rassemblant leurs votes et leurs convictions dans un projet commun. La candidate écologiste Julie Laernoes avait rebondi en juin dernier sur la précédente alliance entre le PS et Les Verts en garantissant que celle-ci serait inédite. « Au vu de nos échanges de ces derniers jours, j’ai la conviction que la majorité de demain ne sera pas celle d’hier. C’est une nouvelle génération de l’union écologistes-socialistes : plus équilibrée entre nous et plus volontariste dans l’action contre le changement climatique », avait t-elle réagi dans un communiqué.

… Mais mouvementée

Ça, c’est ce qui est vendu sur le papier. Mais la réalité est bien plus contrastée. Pendant la campagne, Julie Laernoes avait vivement critiqué certains choix de la majorité municipale dont elle faisait pourtant partie. La candidate est en désaccord avec la socialiste sur cinq points (L’arbre aux Hérons, la vidéo-protection, l’hypothèse d’un nouveau franchissement de la Loire, la création de places de stationnement pour la gare et le nouveau CHU). Concernant ce dernier, l’objectif est de fonder un nouvel hôpital sur l’île de Nantes qui prévoit le regroupement de l’Hôtel-Dieu et de l’hôpital Nord-Laënnec. Mais ce projet fait débat. Julie Laernoes (EELV) n’a pas manqué de critiquer et de souligner les trop faibles capacités du futur CHU avec ses 350 lits en moins : « Nous ne pouvons l’accepter » a-t-elle déclaré. La candidate LR Laurence Garnier arrivée seconde au premier tour partage également cet avis.

Johanna Rolland est quant à elle moins radicale sur la question et privilégie un dialogue avec le personnel de santé avant de prendre une décision. « Sur la question du manque de lits, la première chose à faire serait d’échanger sur ce point avec les médecins, les infirmiers, etc ». Sur tous ces dossiers, les colistiers de Julie Laernoes pourront voter à l’encontre des choix de la majorité, mais se sont engagés à voter le budget général de la ville. C’était le deal pour que cette alliance puisse voir le jour. Julie Laernoes se serait sinon retrouvée à choisir entre maintenir une liste autonome ou fusionner avec Margot Medkour, la tête de liste de Nantes en commun qui ne s’est finalement pas qualifiée pour le second tour. Une alliance donc fragile, mais qui survit grâce à des intérêts communs.

Des compromis pour mieux s’entendre

Pour régler les points de divergence, une liberté de vote a été donnée à EELV, qui disposera de 10 postes d’adjoints sur 26 en cas de victoire. En cas de victoire de la liste, Julie Laernoes se verrait confier la vice-présidence à l’énergie, au climat, et à la transition alimentaire. Johanna Rolland a accepté d’intégrer à la liste plusieurs propsitions des Verts comme la création d’une coopérative alimentaire, un moratoire sur la 5G en attendant un débat, l’organisation d’un dimanche sans voiture par mois, ou la création de centres pluridisciplinaires de santé dans les quartiers visant à désengorger les urgences. Des victoires pour Julie Laernoes mais qui devra aussi composer avec le recrutement de 70 policiers municipaux ou encore avec la gratuité des transports le week-end, des propositions fortes de Johanna Rolland qui ne satisfont pas forcément l’écologiste.

Mais c’est bel et bien la maire socialiste Johanna Rolland qui a dû mettre de l’eau dans son vin pour permettre à cette alliance de voir le jour et éviter que Les Verts se tournent vers la liste « Nantes en commun » de Margot Medkour. La membre du PS a dû renoncer à certains de ses projets. Par exemple, elle compte mettre en suspens le projet d’extension de la Cité des congrès ou encore la réalisation des parkings souterrains à la Petite-Hollande, cette place autrefois colonisée par les voitures et qui accueillera en cas de victoire de grandes pelouses et des gradins donnant sur la Loire. L’agrandissement de la Cathédrale est également compromis.

« Je respecte la démocratie, c’est un choix assumé »

Johanna Rolland est également parvenue à collaborer avec ses détracteurs comme les colistiers Christophe Jouin et Florian Le Teuff, parfois très virulents envers la socialiste. Ils figurent bel et bien sur la liste d’union, et il est même promis au deuxième une place d’adjoint, parmi les dix postes sur 26 qui reviendront aux « écolos », en cas de victoire. « La liste a été constituée en fonction du vote des Nantais et du résultat du premier tour, indique Johanna Rolland. Je respecte la démocratie. C’est un choix assumé. » Elle confie également à Julie Laernoes la responsabilité de veiller sur l’évolution de certains projets de la ville comme la création de Yellopark, le nouveau stade de la ville qui délogerait le Football Club de Nantes de son mythique stade de la Beaujoire.  « La crise sociale et écologique ne peut pas attendre. Être ici est un moyen de les concrétiser, et même avec des désaccords. Les défis sont énormes. Il faut s’engager collectivement pour faire bouger les choses. » a déclaré la jeune écologiste.

Malgré certaines frictions entre les deux parties, sur différents points, la gauche est favorite pour ce second tour à Nantes et cette alliance pourrait s’avérer comme un pari gagnant de la part de Johanna Rolland pour contrer la républicaine Laurence Garnier. Réponse dimanche prochain en Loire-Atlantique.

Crédit photo : Wikimedia Commons

Une Ligue 1 à 22, désormais plus que probable ?

C’est officiel, le Conseil d’État vient d’annoncer la suspension des relégations d’Amiens et Toulouse pour la saison à venir. On pourrait donc avoir 22 équipes en Ligue 1 la saison prochaine en prenant compte des montées de Lorient et Lens, les promus.

C’était jusqu’ici qu’une simple hypothèse, mais celle-ci pourrait se transformer en réalité. Le Conseil d’État a certes entériné le classement de la Ligue 1 pour la saison actuelle mais il a également suspendu les relégations d’Amiens et Toulouse. On pourrait ainsi se diriger vers une ligue 1 à 22 clubs dès la saison prochaine. Les deux clubs initialement destinés à rejoindre la Ligue 2 ont évidemment reçu la nouvelle le sourire aux lèvres, et notamment le président de l’ASC Bernard Joannin qui considérait cette relégation comme une « injustice totale » car son club avait « une véritable chance de se sauver. »

En revanche, pas sûr que tout le monde soit favorable à cette initiative. À commencer par le consultant de Canal+ Pierre Ménès qui a manifesté son désarroi sur le réseau social Twitter.

Un impact économique

Une ligue 1 à 22 clubs, c’est 4 matchs supplémentaires par équipe, c’est 42 journées au lieu de 38 actuellement, c’est une densité sportive augmentée, c’est plus de rencontres étalées dans le temps. Les risques de blessures seraient donc augmenté, des risques qui ne satisfont pas l’UNFP, le syndicat des joueurs, qui s’était opposé à cette idée-là. Une ligue 1 à 22 inquiétait également les clubs de l’élite d’un point de vue économique. Il était prévu que les équipes de ligue 1 reçoivent chacune un chèque de 20 millions d’euros pour les droits TV. Sauf qu’à 22, les règles changent et le chèque tomberait à 18 millions d’euros, soit 2 millions en moins pour chaque participant.

Ceci étant dit, qui dit plus d’équipes dit plus de matchs et aussi potentiellement plus de spectacles à offrir aux amateurs de la Ligue 1. Quoi qu’il en soit, c’est une décision qui n’est pas à prendre à la légère, et qui impliquerait, forcément, des conséquences auxquelles les acteurs de la ligue 1 ne sont pas habitués.

Crédit photo : Twitter / compte officiel de la Ligue 1

Donald Trump veut relancer l’économie, simple stratégie ou réel optimisme ?

Les États-Unis viennent de franchir le cap des 70 000 décès liés au coronavirus et pourraient atteindre celui des 100 000 avant le début du mois de juin. Le taux de chômage est à un niveau historique, il a atteint 14,7%, soit le taux le plus élevé depuis juin 1940. 20,5 millions d’emplois ont été perdus au mois d’avril, une baisse record en si peu de temps. Pourtant, la communication de Donald Trump laisse croire que la situation est parfaitement gérée. A-t-on à faire à une stratégie de campagne ou à une réelle maitrise des évènements de la part du président américain ?

Une « pause » du plan d’aide

Adoptant un ton résolument optimiste, il a annoncé une année 2021 « incroyable » sur le plan économique, en promettant que les emplois perdus reviendront. Il a également déclaré vendredi qu’il n’était « pas pressé » de trouver un accord avec les démocrates concernant un nouveau plan d’aide aux Américains touchés par la crise du coronavirus. « Nous avons eu ce dont nous avions besoin » dans les précédents accords, a-t-il estimé. En mars, le Congrès avait approuvé un plan de relance historique de 2.200 milliards de dollars, promulgué par Donald Trump. Il comprenait notamment la distribution de chèques aux Américains, et 349 milliards pour un fonds dédié aux petites et moyennes entreprises. Un deuxième plan d’aide de près de 500 milliards de dollars avait suivi fin avril.

Mais ces aides n’ont pas eu l’effet escompté puisque le taux de chômage a atteint 14,7%, soit le taux le plus élevé depuis juin 1940, et 20,5 millions d’emplois ont été perdus au mois d’avril. Malgré ces nouvelles alarmantes, les responsables républicains et la Maison-Blanche ont plaidé pour une « pause » avant de reprendre de nouvelles mesures. Donald Trump a ainsi annulé les aides financières, estimant que celles-ci n’étaient pas la clé de la solution. On pourrait aussi se demander si le magnat de l’immobilier a-t-il pris les mesures nécessaires pour endiguer la propagation du virus et permettre un retour à la normale. Pour le démocrate Joe Biden, la réponse ne fait aucun doute.

« Un désastre économique »

« C’est un désastre économique pire que tous ceux que nous avons connus depuis des décennies et c’est d’autant plus grave qu’il ne devait pas en être ainsi. Donald Trump n’a absolument pas su se préparer à cette pandémie et a tardé à prendre les mesures nécessaires pour protéger notre pays contre le scénario économique proche du pire que nous vivons actuellement. Le Covid-19 a provoqué un défi économique de taille. Mais cette crise nous a frappé plus durement, et durera plus longtemps, car Donald Trump a passé les trois dernières années à saper les piliers fondamentaux de notre force économique » a-t-il déclaré.

Au lieu de proposer un chèque de 2.000 dollars chaque mois à une majorité d’Américains pour toute la durée de la crise comme le suggère les sénateurs américains, Donald Trump maintient sa politique de préparer l’après-confinement. L’urgence ne serait-elle pas de gérer le cas présent ? Assis à côté de l’imposante statue d’Abraham Lincoln dimanche dernier lors d’une interview, il a défendu avec force tous ses choix, refusant toute autocritique sur ses atermoiements initiaux. « Je pense que nous avons sauvé des millions de vies », a lancé l’hôte de la Maison-Blanche lors cet échange retransmis en direct sur Fox News. Était-il convaincu par ce qu’il disait ou était-ce sa façon de dire « je ne peux pas faire plus » ? Le chef d’État a continué à se montrer confiant en affirmant cette fois-ci qu’un vaccin contre le coronavirus sera trouvé d’ici la fin d’année.

En campagne pour sa réélection, comme depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump n’a cessé de louer ses qualités. En affirmant que l’économie va se relancer et qu’un vaccin sera bien trouvé, le président américain ne soigne-t-il pas avant tout son image au lieu de mettre tous les moyens en œuvre pour venir en aide à son pays ?

« Into the Night », la première série belge de Netflix, vaut-elle le détour ?

La plateforme de streaming a lancé vendredi 1er mai, sa première série belge originale. L’histoire ? Un soleil qui tue, les passagers d’un avion qui le fuit… Mesdames et messieurs, veuillez attacher vos ceintures, le décollage pour « Into the Night » est imminent.

Cette fiction façon blockbuster international et au pitch accrocheur raconte la fuite effrénée d’une dizaine de personnages à bord d’un avion, qui tentent d’éviter les rayons d’un soleil devenu mortel. Un thriller dont le contre-la-montre apocalyptique dans les airs maintient le spectateur en haleine, mais qui fait également preuve de facilités scénaristiques…

« Tin tin tintin tiiiiiiiin », du suspens, en veux-tu ? En voilà !

Tou-doum ! La série démarre. Premier épisode, un inconnu déambule dans l’aéroport de Bruxelles, cherchant désespérément à prendre un vol vers l’ouest, peu importe la destination. Paniqué, il pénètre de force à bord d’un avion qui s’apprête à décoller pour Moscou. Selon lui, les rayons du soleil sont devenus mortels. Il ordonne aux passagers d’obéir en pointant une arme. Il veut que l’appareil s’en aille immédiatement, direction l’ouest, pour rester dans la zone terrestre nocturne. Into the Night vous attrape et ne vous lâche plus grâce à son rythme effréné, sa mise en scène redoutable d’efficacité et ses rebondissements dignes d’un film hollywoodien.

Que va-t-il se passer pour ces passagers pris au piège dans un Airbus, et visiblement coursés par un soleil sulfureux ? Cette série déjoue les pronostics en jouant la carte de la modestie et du divertissement à tout prix. Elle aurait sans aucun doute eu sa place sur une grande chaîne en prime-time. Mais justement, peut-elle prétendre à une autre fonction que celle de simplement divertir ?

Objectif divertissement

À première vue, « Into the Night » vaut le détour pour son suspens maitrisé et son scénario apocalyptique. On peut aussi se dire qu’une fois les enjeux posés, cette série manque de personnalité et ressemble à d’autres séries-thrillers à bord d’un avion comme Flight Plan avec Jodie Foster ou Non-Stop avec Liam Neeson. En choisissant un format de 6 épisodes de 40 minutes, c’est de toute évidence l’efficacité qui a été privilégiée, quitte à faire l’impasse sur la vraisemblance et l’écriture des personnages.

Alors oui, une introspection de chaque personnage est faite à chaque début d’épisode mais cela n’est peut-être pas suffisant. Le réalisme de la série peut aussi être remis en question. Évitez de trop vous casser la tête à chercher un sous-texte philosophique, politique, une étude sociologique et encore moins une vérité scientifique. La série s’impose en divertissement captivant où tout va à 100 à l’heure. Difficile d’en dire plus.

Dix ans après, la Grèce replonge-t-elle dans une crise économique majeure ?

Dix ans après avoir sombré dans une des pires crises économiques de son histoire, la Grèce s’apprête à replonger dans le calvaire d’une récession profonde après le confinement.

C’est un triste anniversaire. Il y a dix ans, jour pour jour, Athènes, étranglée par la dette, signait en pleine crise financière un pacte avec l’Union européenne pour sortir de sa crise économique. Malheureusement, après avoir relevé les bras, la Grèce « ne va pas faire exception à la récession très profonde prévue mondialement », a averti, mardi, le premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis. La crise sanitaire du coronavirus va replonger la Grèce dans une récession dont le pays se serait bien passé. Pour le comprendre, des chiffres sont à l’appui. Alors que le pays était sur une croissance de 2,4% pour 2020, le confinement général imposé depuis six semaines pour endiguer la pandémie devrait entraîner un recul du produit intérieur brut (PIB) de 10% en 2020, avant une reprise de 5,5% en 2021, d’après le fonds monétaire international.  Le FMI, créancier de la Grèce avec l’Union européenne et la Banque centrale européenne, estime aussi que l’industrie du tourisme, moteur de l’économie grecque avec 12% du PIB, va encaisser des pertes considérables. L’État grec seul pourrait perdre entre 8 et 10 milliards d’euros de revenus cette année, selon le Premier ministre. 

2010, un lointain cauchemar ou bis repetita ?

Le 3 mai 2010, la Grèce, prise au piège dans une crise financière inédite et étranglée par une dette publique devenue insoutenable, était acculée à la signature d’un premier accord avec ses créanciers. Si le pays reste aujourd’hui très endetté, cet accord signait le début de la guérison. Mais cette crise économique est entrée depuis, dans la mémoire collective de la population grecque. Cette dernière vit toujours avec la crainte que le navire recoule. Mais Panayotis Petrakis, professeur d’économie à l’Université d’Athènes a rassuré tout le monde en expliquant que « la crise actuelle n’inquiète pas autant que celle de 2010, qui avait des caractéristiques différentes ». Le pays avait alors perdu un quart de son PIB et le chômage avait explosé à plus de 27%, avant de s’établir aujourd’hui à 16%, toujours le plus élevé de la zone euro. « La nouvelle récession va affecter le chômage mais pas le coût des obligations grecques » poursuit-il. Une situation qui fait notamment paniquer les autres pays européens.

Si la nouvelle crise économique qui menace aujourd’hui la Grèce n’est visiblement pas aussi virulente que la précédente, elle reste cependant dangereuse. Les Grecs ont appris à vivre avec les termes « coût d’emprunt », « excédent budgétaire » ou « dette publique » qui suivent le va-et-vient dans les ministères des représentants de la « troïka ». Une étude de l’Eurobank prévoit de nouvelles pressions sur les banques. De nombreux employés du secteur privé ont été mis au chômage partiel et craignent désormais leur licenciement. « Ne mettez pas les droits de travailleurs en quarantaine », proclamait mardi une banderole lors d’une manifestation de livreurs à Athènes.  

Avec moins de 150 victimes du coronavirus, le déconfinement débute lundi en Grèce avec la réouverture des petits commerces. Les restaurants et les cafés ne rouvriront que le 1er juin prochain. Si le pays semble éviter une crise de la même ampleur que celle de 2008, il est cependant confronté à des dommages économiques qui sont pour l’instant irréparables.

Bureau des légendes : « Nous allons décaler des tournages et revoir des budgets »

Alex Berger, producteur du Bureau des légendes, la série mythique de Canal +, se confie pour CAQS sur son confinement et l’impact sur ses projets et notamment sur la gestion de la série.

À quoi ressemble le quotidien d’un producteur pendant le confinement ?

Alex Berger : À celui de tout le monde, à savoir que nous sommes confinés et faisons du télétravail. En ce qui me concerne, le travail est beaucoup plus conséquent et fatiguant car je suis « au bureau » et en direct via des visio-conférences avec les équipes de TOP (Société de production : NDLR). Sans oublier d’autres rendez-vous qui durent au moins 5 h et pouvant aller jusqu’à 8 h par jour. C’est épuisant car l’attention que l’on doit porter à son écran et le rythme des visioconférences demandent une concentration plus forte et les durées sont plus longues. Il faut continuer à faire ce que l’on fait, gérer une entreprise, des collaborateurs, des partenaires et surtout beaucoup de projets, dont la sortie et la diffusion de la 5ème saison du Bureau des légendes. 

Vous m’avez devancé, vous êtes connu pour être le producteur du bureau des légendes, une série Canal +. Une série « Made in France », diffusée dans 100 pays. La saison 5 est sortie début avril, comment avez-vous préparé la sortie de cette saison très attendue tout en étant confiné ?

Alex Berger : Nous avons dû tout changer. Dès le mois de février, j’ai demandé aux équipes de PMDC (Promo-Marketing-Digital-Communication) de prévoir avec les équipes de Canal+, un plan B, c’est-à-dire, passer en tout digital. Nous avons réorganisé la post-production des derniers épisodes en mixage final avec une équipe réduite et les deux derniers épisodes avec trois techniciens. Cela paraît simple à écrire mais évidemment ça a été très dur, surtout pour nos techniciens très courageux. Évidemment, il n’y a aucune avant première physique, ni en France ni à l’étranger.

Vous semblez très bien organisé ! Justement, pensez-vous qu’il est plus facile pour un producteur de préparer ses projets et exercer son métier pendant le confinement par rapport à d’autres métiers du monde du cinéma, comme les acteurs par exemple, qui sont dans l’incapacité de tourner ?

Alex Berger : Nous développons beaucoup de projets, nous en profitons pour les pitcher à des diffuseurs partout dans le monde. Je pense que la télévision est forcément plus facile que le cinéma, puisque le passage par la salle compromet toute la chaine d’exposition. La diffusion est une autre économie. Nous allons décaler des tournages et revoir des budgets, comprendre ce que nous allons pouvoir faire ou pas, comment assurer des tournages. On avance à vue pour le moment mais nous organisons les développements et on essaye de planifier, surtout que nous tournons dans le monde entier, les autorités locales n’ont pas encore évoqué le déconfinement. 

Quel a été l’impact économique du confinement sur votre métier de producteur ?

Alex Berger : La société de production a eu beaucoup de chance car nous n’étions plus en tournage. Cela a rajouté des coûts pour la gestion de la post-production. Nous sommes passés tout juste, à quelques semaines, cela aurait été dramatique pour la post-production puisque le tournage s’est terminé en octobre 2019. Nous sommes en train de travailler sur l’écriture des autres séries, nous ne sommes, pour le moment, pas trop affectés économiquement dès lors que nos deals sont honorés.

Appréhendez-vous la sortie du confinement ?

Alex Berger : Je pense qu’il faut en profiter pour avancer sur les discussions des règles et normes pour la fiction en France, c’est une priorité. Cela va être encore plus important avec une filière lourdement touchée économiquement. 

Coronavirus : pourquoi le don de Greta Thunberg à l’Unicef fait-il polémique ?

La militante a décidé, via sa fondation, de remettre à l’Unicef un don de 100 000 dollars pour protéger les enfants contre la pandémie du Covid-19 comme l’explique un communiqué publié jeudi 30 avril par l’agence onusienne. Cependant, la nouvelle a suscité de vives critiques sur les réseaux sociaux.

Greta Thunberg a décidé, via sa fondation, de donner 100 000 dollars à l’Unicef. Argent qui lui a été récemment attribué par l’ONG danoise Human Act. Cette ONG qui a elle aussi donné 100 000 dollars pour se joindre à l’initiative visant à soutenir l’Unicef. Le don de la jeune Suédoise servira dans les domaines « alimentaires, sanitaires, dans la lutte contre la violence et le recul de l’éducation » peut-on lire dans le communiqué. « Comme la crise du climat, la pandémie de coronavirus est une crise pour les droits des enfants. J’appelle tout le monde à réagir et à me rejoindre dans le soutien au travail vital de l’Unicef pour sauver des vies d’enfants, pour protéger leur santé et poursuivre leur éducation » a fait savoir la militante de 17 ans.

Comme toute personne engagée médiatiquement, Greta Thunberg est sous le feu des projecteurs, et donc exposée aux critiques. Son geste n’a effectivement pas été apprécié de tous. Sur le réseau social Twitter, le député du Rassemblement National, Nicolas Meizonnet, s’est moqué de la militante en ironisant sur son manque de vécu en la qualifiant de « marionnette » avant de supprimer son message. Un autre internaute est allé en ce sens en comparant le geste de la Suédoise à celui d’un ancien soldat.

Les termes « marionnette » ou encore « mascotte » sont revenus à plusieurs reprises pour critiquer l’initiative de la jeune femme.

D’autres pointent du doigt l’inutilité du geste

Ces réactions ont toutefois révolté d’autres internautes qui soutiennent l’action de Greta Thunberg, ne comprenant pas cet acharnement à son encontre. Y compris ceux qui n’éprouvent pas spécifiquement de sympathie pour la militante.

Malgré les critiques, Greta Thunberg poursuit son combat climatique, en plus de son geste pour lutter contre la crise sanitaire que nous traversons actuellement. Le 24 avril dernier, elle organisait une grève mondiale en ligne pour dénoncer «les failles sociales, économiques, environnementales et sanitaires de notre système» par l’intermédiaire de son mouvement «Fridays for Future».

Pourquoi vous devez regarder « The Last Dance », le documentaire sur Michael Jordan

Diffusé sur ESPN et disponible sur Netflix depuis le 20 avril, le documentaire « The Last Dance » dresse le portrait de la légende du basket Michael Jordan et revient sur sa dernière saison avec les Chicago Bulls (1997-1998).

Pour les amateurs du ballon orange, la légende Michael Jordan est aussi belle à voir sur les parquets qu’à l’écran. Dans un documentaire inédit, la star de la NBA des années 1990 revient sur sa carrière en dix épisodes, face caméra. Les quatre premiers ont déjà été diffusés, et la chaine sportive ESPN a rapporté que « Le nombre de téléspectateurs sur ces quatre premiers épisodes a atteint en moyenne 6 millions de téléspectateurs ». Ils étaient déjà plus de 6 millions de téléspectateurs pour le lancement de la série, le 20 avril, avec la diffusion des deux premiers épisodes ce jour-là.

Une carrière gargantuesque

« Je m’appelle Michael Jordan, j’ai joué pour les Chicago Bulls de 1984 à 1998 ». C’est bel et bien de cette façon-là que débute le documentaire. De quoi donner des frissons à ceux qui l’ont déjà vu jouer. Pour les autres, on vous retrace brièvement sa carrière. Si Larry Bird, Magic Johnson et Shaquille O’Neal sont toujours considérés aujourd’hui comme des légendes vivantes du basket, Michael Jordan est quant à lui l’équivalent de Dieu dans cette profession. Il a remporté cinq trophées de meilleur joueur de la saison, dix sélections dans l’équipe première des meilleurs joueurs de la ligue, neuf dans l’équipe première des meilleurs défenseurs de la ligue et quatorze apparitions lors des matchs des All-Star. Mais une légende se construit aussi sur le plan collectif : le numéro 23 des Bulls a remporté six titres de NBA avec la franchise (1991 à 1993, 1996 à 1998) et deux médailles d’or olympique avec les États-Unis en 1992 et 1996.

« The Last Dance », c’est l’occasion de se remémorer ses plus grands matchs et ses plus belles actions comme ses 63 points contre les Celtics en playoffs 1986 ou lorsqu’il donne le titre à North Carolina, son équipe universitaire en 1982, grâce à un shoot de dernière minute. Un documentaire qui fait prendre conscience au téléspectateur à quel point Michael Jordan a révolutionné son sport, que ce soit par ses dribbles déroutants, ses interceptions autoritaires, ses paniers millimétrés ou encore ses envolées spectaculaires pour aller claquer des dunks dont lui seul a le secret. Sans oublier, son sens du spectacle et son comportement de guerrier sur le terrain. La NBA d’aujourd’hui lui doit tout, ou presque. Pour le comprendre, une équipe de tournage a obtenu un accès quasi-total dans les coulisses de l’équipe des Chicago Bulls pendant la saison 1997-1998, la dernière de Michael Jordan.

Des archives exceptionnelles, un scénario hollywoodien

Le sport génère sa propre mythologie, et les scénaristes de « The Last Dance » l’ont parfaitement compris. Avec une bonne histoire, bien racontée et bien orchestrée, il est possible d’intéresser n’importe qui, y compris une personne qui ne serait initialement pas intéressée par le basket. Si les débuts sensationnels de Michael Jordan avec les Bulls démarrent en 1984, le documentaire s’attarde sur la saison 1997-1998, et plus globalement sur la manière dont l’équipe des Chicago Bulls est gérée à cette période-là. Il s’articule autour de ce dernier combat d’une équipe qui vient de faire rêver le monde en remportant à plusieurs reprises le titre de NBA sous l’impulsion de Michael Jordan.

Une dernière campagne dramatisée, avec une volonté d’insister sur la forte pression qui envahissait cette équipe, qui avait désormais tout à perdre. « The Last Dance » regroupe tous les éléments essentiels pour réussir un film ou une série. Des héros de l’ombre (Scottie Pippen, Dennis Rodman et Phil Jackson), des problèmes en interne (Jerry Krause), des adversités étouffantes (Les Celtics de Larry Bird, les Pistons d’Isaiah Thomas) et des anecdotes inconnues du grand public. Autrement dit, un scénario avec des personnages saisissants, des rebondissements et des scènes de joies, de tristesse, de fictions.

Pour ceux à qui le nom de Jordan n’évoque absolument rien, cette série de dix épisodes sera donc l’occasion pour vous de comprendre son histoire et celle de sa franchise, les Chicago Bulls. Pour les autres, voir Michael Jordan se livrer ainsi sur sa carrière est une chose inédite. À cette mise à nu du King, s’ajoutent des archives exceptionnelles qui rappelleront des souvenirs pour les plus passionnés.

Robert Herbin est décédé, le football français est en deuil

Robert Herbin, l’entraîneur emblématique des Verts, est décédé lundi soir à l’hôpital nord de Saint-Étienne. Il avait récemment été admis en réanimation en raison d’une grande fatigue liée à des problèmes cardiaques et pulmonaires.

Légende du football français et de l’histoire des Verts, Robert Herbin, celui qu’on surnommait « Le Sphynx » est décédé. Il souffrait de problèmes cardiaques et pulmonaires, sans lien avec la pandémie de Covid-19. Très affaibli physiquement, il avait été pris en charge en urgence par le CHU de Saint-Étienne.

Joueur d’un seul club et entraineur réputé

Adulé au Chaudron, Robert Herbin était le joueur d’un seul club, avant d’en devenir par trois fois son entraîneur. Il a permis à Saint-Étienne de gagner neuf de ses dix titres de champion et six Coupes de France. International français (vingt-trois sélections et trois buts), l’ancien milieu de terrain reconverti libéro a également disputé l’Euro 1960 et la Coupe du monde 1966 en Angleterre. Le football français se souvient surtout de lui en tant qu’entraineur à Saint Étienne, entre 1972 et 1983. Le club stéphanois a vécu les plus grandes heures de son histoire sous la direction du Sphynx. C’est notamment avec Robert Herbin que Saint-Etienne a disputé la finale de la Coupe des clubs champions face au Bayern Munich, le 12 mai 1976 (0-1) à Glasgow. Malgré la défaite, il avait été félicité et porté par ses joueurs, avant d’aller fêter cet incroyable parcours sur les Champs-Élysées à Paris le lendemain.

En 1983, il quitte les Verts pour aller entrainer le rival lyonnais, à l’agonie à cette période. Malgré de réels progrès en trois mois seulement, Robert Herbin ne peut éviter la relégation en deuxième division. Il quitte alors la capitale gauloise pour Valence, en 3ème division, avant de faire son grand retour à Saint-Étienne en 1987. La période faste des Verts est toutefois révolue quand il revient. Les titres ne sont plus d’actualité, ce qui le conduit à quitter l’ASSE en 1990. Il occupe ensuite plusieurs autres postes d’entraîneur, en Arabie saoudite en passant le RC Strasbourg et le Red Star. Il intègre ensuite la Fédération Française de Football et dirige le Conseil Fédéral, avant de s’éteindre en 2020 à cause de problèmes de santé.

« C’est grâce à lui qu’on a l’étoile sur le maillot »

Roland Romeyer, l’actuel co-président de l’AS Saint-Étienne, n’oublie pas tout ce que le club doit à Robert Herbin. « On a eu des grands entraîneurs, mais Herbin c’est le plus grand (…) C’est grâce à lui qu’on a l’étoile sur le maillot. Roby a été un guide pour tous les entraîneurs, il était précurseur dans sa manière de coacher (…) Robert Herbin a marqué l’histoire du club, si l’ASSE est mythique, c’est à lui qu’on le doit », a-t-il affirmé dans Le Progrès. Suite à l’annonce de cette tragique nouvelle, les témoignages affluent pour rendre hommage à un homme qui a redoré l’image du football français sur la scène européenne. On l’appelait « Le Sphynx » car il n’aimait pas s’exprimer, privilégiant le silence pour démontrer toute sa sagesse.

Et sinon, à quoi ressemble le quotidien d’un comédien confiné ?

Le monde du spectacle est plus que jamais bouleversé par le confinement. Les pièces de théâtre sont annulées, les tournages sont reportés… Entre créativité et fatalisme, les intermittents du spectacle s’adaptent différemment face à la crise sanitaire liée au Covid-19.

Le Festival d’Avignon est annulé, celui de Cannes est reporté, les salles de cinéma et de théâtre sont fermées jusqu’à nouvel ordre et les tournages sont décalés à des dates inconnues… Le monde du spectacle vit un bouleversement sans précédent. Peut-il s’adapter et comment ?

« Je fais des conneries sur Instagram »

Vous avez peut-être déjà entendu parler du jeu « Questions pour un balcon » qui amuse beaucoup Internet depuis le début du confinement. Non ? Cela ne vous dit rien ? Il s’agit tout simplement d’une initiative prise par le comédien Noam Cartozo, qui a détourné le jeu « Questions pour un champion », en « Questions pour un balcon ». Dans le 11e arrondissement de Paris, depuis son balcon, il endosse le rôle du présentateur Samuel Étienne en posant des questions aux habitants de sa rue.

Un jeu qui cartonne sur les réseaux sociaux, un outil que Philippe Lelièvre, comédien lui aussi, a appris à maitriser pendant le confinement. « Je devais être au théâtre à la rentrée, mais évidemment cela ne se fera pas. En tant que comédien on n’a pas de perspective, alors j’en profite pour faire des conneries sur Instagram ». Philippe l’a compris, les réseaux sociaux sont un formidable outil pour garder une connexion avec le monde extérieur. « Je fais pousser du gel hydroalcoolique dans un bac à fleurs, je mange des gants…. Je fais rire, je fais mon métier finalement ». Heureusement pour le comédien, le ridicule ne tue pas. « Tout le monde se fout de ma gueule, mes fils trouvent que je suis un vieux con ! », raconte-il avec le sourire.

Le comédien appréhende cependant l’après-confinement. « Tourner avec des gestes barrières, ça me paraît compliqué… À moins de faire un film sur la haine, où tout le monde serait loin de l’autre ? », ironise-t-il. « Est-ce que les gens vont retourner facilement au théâtre ? Je n’ai pas la réponse à ça. Et puis nous ne sommes pas à l’abri d’une deuxième vague », dit-il avec inquiétude. L’aspect financier, c’est également un « problème » pour Philippe. « Les revenus sont très disparates dans ce métier. Mars-avril ça allait. Au-delà, ça n’ira pas ». Si son confinement se passe à merveille puisqu’il se repose et se détend en famille, Philippe reconnaît qu’il serait « plus heureux si les gens arrêtaient de mourir et que chacun retrouvait une vie normale ».

« Le théâtre, ça ne se fait pas confiner »

Marion Bierry est comédienne et metteur en scène de théâtre. « Je dirige un théâtre à Avignon et comme le festival est annulé, cela change beaucoup de choses. Les spectacles que l’on était censé accueillir ne se joueront que l’an prochain. En revanche, je monte une pièce qui va se jouer à Paris en janvier prochain au théâtre du Ranelagh. J’espère que cela ne sera pas remis en question ». Face à ces imprévus, profite-t-elle des réseaux sociaux comme Philippe Lelièvre pour animer son confinement ? « Non, pas d’écran pour moi ! Comme disait Nietzsche, ma récréation a toujours été de lire des livres. Ce n’est pas uniquement avec des représentations qu’on nourrit le théâtre. C’est aussi avec des bons bouquins : des romans, des essais, des poésies… Je lis beaucoup de poésies ! L’ordinateur ne fait pas partie de mon quotidien, ni les réseaux sociaux ». Eh oui, le confinement incite les gens à lire davantage. Le #ConfinementLecture est assez tendance sur le réseau social Twitter.

Marion Bierry perçoit le confinement comme un sérieux frein à l’épanouissement d’un comédien. « Les gens de ce métier ont toujours été habitués à ce que rien n’empêche une représentation. Pendant des siècles, les comédiens ont joué des pièces en étant malade. Alors oui, le confinement bouleverse notre métier et le spectacle vivant. Le théâtre, ça ne se fait pas confiner. On ne répète pas confiné. »

Et pourtant, en cette période de confinement, la Comédie Française a trouvé un moyen de maintenir un lien avec son public par l’intermédiaire de plusieurs activités interactives. Elle propose « des archives, des captations, des expériences de comédien et aussi des textes à répéter pour tous les amateurs de littérature et de théâtre ». L’acteur Denis Polalydès, sociétaire de la Comédie Française, est notamment très investi dans ce projet.

En Dordogne, le Théâtre de la Gargouille de Bergerac a mis en ligne des exercices ludiques et liés au théâtre à faire chez soi, comme le rapporte le Sud-Ouest. Vous voyez, le théâtre et l’humour ne sont pas morts, bien qu’ils soient confrontés à une situation historique et sans précédent, qui oblige comédiens et comédiennes à repousser leurs limites.