(PODCAST VIDÉO) : comment se déroule le déconfinement dans les pays européens ?

Depuis lundi 13 avril, les Français le savent, le 11 mai prochain, le déconfinement progressif aura lieu. La réouverture des crèches, des écoles et des lycées est envisagée si les règles de confinement imposées le 16 mars continuent d’être respectées. Cette hypothèse du retour à l’école pour un grand nombre d’élèves fait débat. Mais comment se déroule cette étape de déconfinement en Europe ?

→ En Italie, pays d’Europe le plus touché par le covid-19 avec plus de 21 000 décès enregistrés. Le confinement est prolongé jusqu’au 3 mai. Giuseppe Conte, Premier ministre italien accompagné d’un comité scientifique a décidé d’assouplir le confinement. Depuis le 14 avril, les librairies, les laveries, les papeteries, les commerces pour les nouveau-nés et l’exploitation forestière ont repris leurs activités. Cependant ces mesures ne sont pas pris en compte, dans les régions du nord du pays, soit les plus touchés : la Lombardie, le Piémont, le Trentin-Haut-Adige et Campanie où les commerces restent fermés. Le sujet de l’éducation est toujours mis à l’écart en Italie, aucune décision n’a été évoquée pour l’instant.

L’Espagne, après 2 semaines d’hibernation économique, soit l’arrêt de tous les secteurs non essentiels a repris le 13 avril. Ces secteurs concernent : l’industrie et la construction, domaines où le télétravail est impossible. Dans le 3e pays le plus touché du monde par le covid-19, le gouvernement relance ses activités tout en essayant de préserver ses citoyens. 10 millions de masques sont donnés par la police et des volontaires à la sortie des métros et des gares depuis la reprise du travail. Même si certains secteurs ont recommencé à travailler, Pedro Sanchez, président espagnol, a annoncé que le confinement durera jusqu’au 9 mai.

→ En Autriche, le chancelier Sebastien Kurz a annoncé le déconfinement progressif.  Depuis le 15 avril, les enseignes de bricolage, de matériaux de construction et les jardineries sont autorisés à ouvrir leurs portes. Cette mesure concerne uniquement les 14 000 commerces qui ne dépassent pas les 400m2 de superficie. Le gouvernement autrichien définit cette étape comme la « première pour un retour à la vie normale ». Port du masque obligatoire et limitation des clients dans les magasins, le gouvernement autrichien surveille l’évolution de l’épidémie et prévoit un retour à l’école en mai.

Avec un total de 309 décès et 6 700 personnes contaminées, le Danemark, réouvre les crèches et les écoles le 15 avril. La Première ministre Mette Frederiksen avait pris la décision, le 6 avril dernier. Seulement 35% des établissements de Copenhague sont autorisés à accueillir les élèves. Mais ce retour en classe oblige le respect des gestes barrières. Dans chaque classe, la distance des bureaux est de 2 mètres et le gel hydroalcoolique est obligatoire. Concernant les lycéens, c’est seulement le 10 mai qu’ils retourneront dans leur établissement.

Le déconfinement débute de différentes façons dans les pays européens. Toutes ces décisions politiques, interpellent l’Organisation Mondiale de la Santé qui rappelle que l’Europe reste « dans l’oeil de cyclone » et qu’il ne faut pas « baisser la garde ».

(Podcast) : L’Union européenne face au coronavirus

Depuis le début du mois de mars, qu’est-ce qu’a fait l’Union européenne pour soutenir les pays membres ? Retour sur les dates phares de cette crise.

 

Le 10 mars 2020 : réunion du conseil européen à l’initiative d’Emmanuel Macron. À l’issue de cette réunion, la Commission et le Conseil européen annoncent débloquer 25 milliards d’euros pour l’économie et les différents systèmes de santé des pays membres, ainsi que la proposition d’assouplir les contraintes budgétaires imposées par le pacte de stabilité et de croissance pour que tous les états puissent financer des mesures exceptionnelles pour leur propre économie. 

La Banque centrale européenne prend les mesures les 12 et 19 mars. Pour les entreprises, elle prévoit le rallongement de programmes massifs de rachat de titres de dettes pour soulager la trésorerie des petites entreprises et ainsi l’allègement de la règle qui oblige les banques à conserver un montant minimum de liquidités dans leurs trésoreries. Toutes ces mesures représentent l’injection de 1050 milliards € pour soutenir les États membres.

Le 17 mars, l’Union européenne ferme ses frontières extérieures pour 30 jours reconductibles et décide de limiter les exportations du matériel médical hors de ses frontières pour le partager entre les pays membres. 10 jours après avoir annoncé l’assouplissement des règles budgétaires, la Commission européenne décide d’appliquer cette nouvelle mesure. 

Ainsi les pays peuvent débloquer de l’argent sans être contraint de respecter les limites imposées : 3% du PIB pour le déficit public et 60% du PIB pour la dette. Cette décision est validée par les ministres des finances des pays le 23 mars. Une première dans l’histoire de l’Union européenne. 

Le 26 mars, les eurodéputés se sont réunis pour la première fois en visioconférence avec un système de vote numérique. Ils ont voté pour 3 nouvelles mesures :

  • 37 milliards d’euros pour soutenir l’économie des pays touchés.
  • L’extension du fonds de solidarités de l’Union européenne qui consiste à débloquer 800 millions d’euros pour les urgences de santé publique
  • La suspension du règlement européen qui concerne les créneaux horaires dans les aéroports pour mettre fin aux vols « fantômes » pendant cette période. 

Il existe un différent entre les pays du Nord comme l’Allemagne, les Pays-bas, qui ont pour la plupart des finances publiques saines et les pays du Sud comme l’Italie, l’Espagne et la France qui sont accusés de laxisme budgétaire. C’est pour cette raison que malgré toutes les mesures prises, on peut constater que l’Union européenne a surement réagi tard face à la pandémie.