(Municicaqs #14) – Montpellier, la cité des clowns

Après Bordeaux, Lille, Perpignan et bien d’autres, CAQS part dans une des villes les plus ensoleillées de France : Montpellier. Le bon vivre de la 7ème ville de France ne s’est pas illustré à travers les élections. Entre alliances surprenantes et arrogances collectives, la ville saura-t-elle retrouver la voie du bon sens ?

Geroges Frêche aurait-il approuvé la situation politique dans laquelle se trouve Montpellier ? Probablement pas. Avant le premier tour, la campagne électorale était dénuée de sens. 14 candidats, un milliardaire, un youtubeur, un maire hospitalisé, des écologistes qui se font la guerre. De quoi détonner dans la capitale de la médecine. Et les résultats électoraux du premier tour en sont pour preuves. Avec une abstention de plus de 65% (un record, notamment à cause du Covid-19), le maire sortant arrive en tête avec… 19,11% des voix. Deux autres candidats sont qualifiés pour le second tour : la tête de liste du PS Michaël Delafosse (16,66%), et le milliardaire Mohed Altrad avec 13,30% des voix.

Au début de la campagne, le maire sortant Philippe Saurel s’est peu impliqué dans la course à son second mandat. Mais avec la crise sanitaire, le maire s’est régulièrement exprimé. Il a appelé le président à reporter le 1er tour des élections quelques jours avant le 15 mars. Sa légitimité en tant que professionnel de santé l’a poussé à s’exprimer régulièrement sur la crise pendant le confinement. En avril, il appelle à ne pas rouvrir les écoles pour seulement quelques semaines de classe avant les vacances d’été. Ces interventions régulières sur des médias nationaux agacent au Parti socialiste. Le candidat PS Michael Delafosse a reproché au maire de se servir de la crise pour redorer son image.

Alliances et arrangements politiques

Dès la fin du confinement le 11 mai, les discussions entre candidats éliminés et candidats qualifiés pour le second tour ont repris. Très vite, Michael Delafosse a su rallier à lui la candidate EELV Coralie Mantion. Rien de surprenant, les écologistes s’alliant régulièrement au PS. Mais c’est du côté de Mohed Altrad que l’incompréhension se fait sentir. Candidat libéral, chef d’entreprise, autrefois en recherche de l’étiquette LR puis LREM, le milliardaire a trouvé un accord avec Rémi Gaillard (Youtubeur, 4ème au premier tour avec plus de 9% des voix), Clothilde Ollier (infirmière syndiquée CGT et ancienne candidate EELV) et Alenka Doulain, autrefois soutenue par LFI. 

Suite à cette alliance aux allures d’arrangements politiciens, Mohed Altrad a promis plusieurs sièges au conseil municipal à ces nouveaux alliés, mais surtout la place de président de la métropole de Montpellier à Alenka Doulain elle-même. 

Les montpelliérains sceptiques se questionnent : « Comment gérer une ville avec LFI, les écolos et un milliardaire à la tête de la ville ? »

Face à ces arrangements, il reste le maire sortant. Des discussions, oui. Mais aucune alliance. Le maire fait cavalier seul et garde la même liste qu’au premier tour. Son objectif : réussir une nouvelle fois l’exploit de 2014.

Cette année-là, le candidat PS Jean-Pierre Moure est ultra favori pour devenir le maire de Montpellier. Mais c’est le dissident Philippe Saurel, contre toute attente, qui ira braquer la maison PS se voyant déjà installée dans le fauteuil de la mairie de Montpellier.

Sécurité, nouvelle inquiétude des montpelliérains

Montpellier est le théâtre de nombreuses tueries et règlements de compte ces derniers mois. Ces faits divers poussent les candidats à faire des propositions sur les questions sécuritaires.

Philippe Saurel veut augmenter les effectifs de la police municipale (100 policiers supplémentaires) et mettre en place une brigade des transports. Pour les grands événements, il est favorable à un système de vidéo surveillance. Pour les quartiers dits « sensibles » comme la Mosson, le maire sortant souhaite la création d’un poste de police nationale dans ce quartier. 

Michael Delafosse propose de créer une police des transports de 30 agents. Le candidat PS veut aussi un nouveau poste de police municipale et nationale dans le secteur Paillade-Celleneuve-Alco. 

Pour Mohed Altrad, les policiers municipaux doivent être 125 de plus d’ici la fin du mandat. Il veut élargir les horaires d’ouverture des postes de police et mutualistes avec la police nationale. Il veut également plus de police de proximité et mettre des gardiens dans les résidences.

Redonner du pouvoir d’achat aux montpelliérains

Michael Delafosse veut 0% d’augmentation des taux d’impôts des familles et tarifer l’eau avec 3 mètres cubes d’eau gratuits par personne et par an pour les familles les plus en difficultés. 

Le candidat Altrad veut donner 1000€ aux familles les plus touchées par la crise. Il souhaite soutenir les associations qui remplissent des missions d’intérêt général en doublant les subventions.

Philippe Saurel veut mettre en place un chèque-ressource pour l’eau et l’énergie et réduire le prix de la restauration scolaire à 1€ pour les faibles revenus. 

La lutte pour la propreté dans la ville : un combat immortel 

Depuis toujours, Montpellier est souvent qualifiée de sale. Les habitants sont parfois peu civilisés pour respecter la propreté dans l’espace public.

Pour Philippe Saurel, il faut augmenter la fréquence des ramassages des poubelles jaunes et favoriser l’économie circulaire pour des chantiers propres.

Michael Delafosse parle lui d’une tarification incitative pour réduire les déchets. Il souhaite augmenter les fréquences de la collecte du tri sélectif dans le centre historique et redéployer des agents sur les missions de nettoiement. 

Qui sera le prochain maire de Montpellier ? Réponse le 28 juin à l’issue d’un scrutin serré.

Crédit photo : Fred Romero

(Muncicaqs #10) – Perpignan, l’extrême droite aux portes du pouvoir

Après Nîmes, Rennes, Lille et d’autres villes, nous continuons notre tour de France à Perpignan. Le candidat RN Louis Aliot est arrivé en tête du premier tour des élections municipales. Le maire sortant va tenter de le devancer une nouvelle fois après un scénario similaire en 2014.

C’est l’une des grandes villes de France qui connaît un vote important pour le Rassemblement national. Malgré une abstention de plus de 60%, Louis Aliot arrive en tête avec 35,6% des voix, loin derrière le maire sortant, Jean-Marc Pujol. 4 candidats pouvaient se qualifier pour le second tour : Agnès Langevine (EELV) avec ses 14,5% et Romain Grau (LREM), qui a récolté 13,2% des suffrages.

Front républicain contre Louis Aliot

Louis Aliot a besoin d’un report de voix de seulement 15 points pour devenir maire de Perpignan. Un scénario similaire à celui de 2014 puisque le candidat d’extrême droite avait déjà récolté 34% des voix au premier tour. Mais à l’époque, Jean-Marc Pujol avait réalisé un score de 30,7% au premier tour.

Avec 18,4% en 2020, le maire sortant a une chance de rester à la mairie grâce aux désistements des candidats EELV et LREM. Un front républicain assumé, mais incompris par Louis Aliot : « les deux candidats ont tapé sur le bilan du maire sortant pendant toute la campagne mais maintenant ils accordent leurs soutiens ».

Pour la candidate EELV Agnès Langevine, désormais soutien de Jean-Marc Pujol, elle reconnaît « avoir peur de voir les Perpignais.es orienter leur colère et leur rage vers un choix mortel. Celui du déclin de la ville, du repli identitaire et du déconfinement de la haine« .

Selon une simulation du second tour réalisée par le site madeinperpignan.com, Louis Aliot serait élu maire avec 54,05% des voix. Jean-Marc Pujol serait ainsi à 45,95%.

Pas de bilan mais des points sensibles

Pour Louis Aliot, qui peut se targuer d’une très bonne réputation dans la ville, certains oublient que le candidat et député RN a été mis en examen pour détournement de fonds publics dans l’affaire « des assistants parlementaires européens ». L’équipe du maire tente de justifier cette bonne image. « La compétence s’acquiert par les études, le travail, l’expérience. Monsieur Aliot sait qu’il pèche dans ce domaine. Il lui faut apprendre avant de vouloir. Cela suppose qu’il remplisse effectivement et complètement son rôle d’élu communal. Il n’est pas certain, à la lumière de ses absences régulières au Conseil Municipal de Perpignan et de sa méconnaissance des dossiers, qu’il en ait véritablement envie » s’interrogent-ils.

Perpignan va-t-elle devenir la vitrine du Rassemblement national ? Réponse le 28 juin prochain.

Source image : Louis Aliot

Le tennis de retour à compter du 14 août

Les tournois de tennis sont à l’arrêt depuis mars dernier. Après l’annulation de Wimbledon, de toute la saison sur terre battue et de la saison sur gazon, l’ATP et d’autres compétitions ont (enfin) annoncé une date officielle de retour à la compétition.

Ce sera le 14 août. Après 5 mois sans tournois officiels, le tennis reprendra progressivement. Depuis le déconfinement, des tournois amicaux se disputent dans différents pays. Le plus connu est celui organisé par Novak Djokovic. Depuis la semaine dernière, le n°1 mondial a commencé une tournée chez lui, dans tous les pays des balkans, avec des adversaires de prestige comme Dominic Thiem, Alexander Zverev et Gregor Dimitrov.

Mais cette fois-ci, l’ATP a annoncé le retour à la compétition officielle pour le 14 août. Le tournoi de Washington aura lieu durant la première semaine de la reprise. Le Masters 1000 Western & Southern Open sera délocalisé à New York (au lieu de Cincinnati). Sur les mêmes cours aura lieu le tournoi de l’US Open le 31 août.

Saison sur terre battue improvisée

Afin de laisser une place à la terre battue, complètement annulée en raison du confinement, les Masters 1000 de Madrid et de Rome auront lieu en septembre. Ces deux tournois précèderont le 3ème et dernier grand chelem de l’année : Roland Garros.

Il reste désormais à savoir si les joueurs de tennis auront la confiance nécessaire pour voyager dans le monde entier avec le risque d’attraper le Covid-19. Novak Djokovic a fait part de ses réserves dernièrement concernant la tenue de l’US Open, privilégiant ainsi le tournoi de Roland Garros 3 semaines plus tard. Un avis partagé par de nombreux joueurs.

Crédit photo mise en avant : Pixabay

(Municicaqs #3) – Nîmes, le maire sortant favori et une alliance inédite

Après Saint Denis et Dijon, CAQS continue son tour de France à l’occasion du second tour des élections municipales. Nîmes, 3ème plus grande ville d’Occitanie après Toulouse et Montpellier, est le théâtre d’alliances inattendues et de projets qui n’ont pas les mêmes priorités. Tour d’horizon dans la ville romaine.

Le 1er tour faussé par l’abstention 

Comme dans beaucoup de villes, le Covid19 a eu un impact fort sur l’abstention dans les urnes. À Nîmes, plus de 67% des administrés ne sont pas allés voter. Mais à l’issue d’un dimanche inédit, le maire sortant Jean-Paul Fournier (LR) est arrivé en tête avec 34,3% des voix. 

En seconde position vient le président de la métropole Yvan Lachaud, soutenu par LREM, le MoDem et l’UDI, avec 15,7% des voix. L’écologiste Daniel Richard soutenu par EELV, le PS, LFI et le PRG suit avec 12,2% du scrutin. Le candidat communiste soutenu par certaines personnalités locales de gauche Vincent Bouget se qualifie pour le second tour avec 15,7% des voix. Un 5ème candidat accède au 2nd tour, le candidat RN Yoann Gillet avec 14,3%.

Une alliance inédite

Seul favori de cette élection le soir du 1er tour, Jean-Paul Fournier peut désormais redouter d’une concurrence plus poussée. L’alliance entre Yvan Lachaud (15,7%) et Daniel Richard (12,2%) a été actée au moment de déposer les listes pour le 2nd tour. Une surprise alors que le président de la métropole Yvan Lachaud a longtemps travaillé main dans la main avec le maire de Nîmes Jean-Paul Fournier. Nîmes va devoir faire face à une quadrangulaire. Les résultats du 1er tour restent cependant faussés par l’abstention : plus de 2 électeurs sur 3 n’ont pas voté le 15 mars. 

Cette alliance entre le candidat écologiste et le président de la métropole nîmoise , soutenu notamment par le parti d’Emmanuel Macron a provoqué de nombreux désaccords. La numéro 2 et ancienne cheffe de file EELV est en désaccord avec le candidat Daniel Richard : « Nous avions signé un accord qui stipulait qu’il n’y avait aucune alliance possible au second tour avec une liste du RN, de la droite ou d’En Marche ».

Face à cette nouvelle liste LREM/EELV, 3 autres candidats sont aussi présents au 2nd tour. Tous n’ont pas les mêmes priorités différentes.

Jean-Paul Fournier, cap sur le centre ville

Le maire sortant axe son programme sur le centre ville. Il souhaite le réaménagement de la Salamandre, de la place Jean-Robert et de la place du château. Il veut piétonnier la rue Guizot et étendre l’OPAH Richelieu (la rénovation de l’habitat avec une aide financière accordée aux propriétaires). 

Pour les commerces du centre ville, Jean-Paul Fournier propose de faciliter la reprise du centre commercial de la Coupole par un entrepreneur. Si aucune reprise n’est faite, la ville rachètera la zone. Véritable coeur de ville, les halles seront vitrées au rez-de-chaussée vers l’extérieur. La restauration se fera à l’intérieur et une charte pour l’aspect esthétique des étals devra être signée par les marchands.

Pour l’éducation, le candidat LR veut ouvrir de nouvelles écoles au mas Lombard, à Pissevin, et reconstruire à Leo-Roussin au Clos d’Orville. Le maire sortant veut aussi un nouvel éco-quartier sur Hoche côté Sernam. Ce serait le deuxième éco-quartier de la ville. Afin de rendre plus sûre la ville, Jean-Paul Fournier veut équiper Nîmes de 600 caméras de vidéo-surveillance. Il veut créer deux nouveaux postes de police à Pissevin et créer un conseil municipal des séniors.

Yvan Lachaud, éducation et écologie

Le candidat LREM, allié désormais avec EELV, donne une place importante à l’éducation. Il souhaite que Nîmes soit la ville de 30.000 étudiants en 2030 (contre 15.000 en 2020). Il veut investir dans les écoles chaque année, surtout les plus défavorisées, à hauteur de 2 à 5 millions d’euros. Pour loger les étudiants, Nîmes se verrait dotée d’un campus universitaire de 40.000m2 autour du site Hoche-Sernam. 

Le candidat laissait une grande place à l’écologie dans son programme, mais elle est encore plus importante maintenant avec Daniel Richard. Plantation de 10.000 arbres, forêt « générationnelle » près de l’aérodrome Nîmes-Courbessac, ombrières installées dans le centre ville. À ces propositions s’ajoute un parc urbanisme de 14 hectares englobant les anciennes pépinières Pichon et le bois de Noyers. 

Enfin, Yvan Lachaud est partisan de ceux qui souhaitent préserver le parc Meynier de Salinelles en centre ville.

Yoann Gillet, sécurité et traditions 

La candidat RN, déjà 2ème aux précédentes élections municipales à Nîmes de 2014, veut sécuriser la ville. Il souhaite doubler les effectifs de la police municipale (passer de 150 à 300). Il veut installer 200 caméras supplémentaires dès la première année et augmenter le nombre d’agents au centre de surveillance.

Pour les quartiers sensibles, il souhaite ouvrir des postes de police et créer une brigade de sécurité dans les transports en commun. 

Pour le centre ville, Yoann Gillet propose d’acheter ou de louer les actuels locaux vacants pour les sous-louer à un tarif préférentiel (-30%) aux nouveaux commerçants les deux premières années. Il est partisan du gel de la création de nouvelles surfaces commerciales dans le Plan local d’urbanisme.

Concernant les événements pour la ville, le candidat veut multiplier les fêtes populaires gratuites avec notamment le retour d’encierros et abrivados afin de retrouver l’esprit de village. La proposition qui aura fait le plus de bruit restera celle d’installer une « crèche provençale » à l’Hotel de ville. 

Vincent Bouget, transports gratuits et tri sélectif

Le seul candidat à Nîmes se présentant comme le représentant de l’Union de la gauche locale fait des propositions clés. Il souhaite créer une assemblée citoyenne indépendante qui veillera à la réalisation du programme et de la mise en place de commissions extra-municipales. 

Pour les transports en commun, l’objectif de Vincent Bouget est de les rendre gratuits pour tous et de baisser immédiatement l’abonnement scolaire annuel (de 160€ à 70€). En plus de doter Nîmes d’une brigade de la propreté, le candidat de gauche est partisan de l’étendue du tri sélectif à tous les quartiers, notamment dans ceux où ces actions de recyclage sont les moins présentes : à Pissevin et Vadegour.  Le second tour élections municipales auront lieu le dimanche 28 juin prochain. 

Crédit photo : site de Weekendesk

George Floyd : le passé douloureux du pays resurgit dans l’Amérique de Trump

George Floyd est mort la semaine dernière à cause de violences policières. Ce destin tragique, c’est l’illustration d’un pays vivant avec les fantômes de son passé. 

George Floyd : mort pour un faux billet 

« I can’t breathe ». C’est avec ces quelques mots sortis sur son dernier souffle que George Floyd a tenté de manifester sa détresse au policier qui faisait pression sur lui. Pourtant au sol et ne montrant aucun signe de protestation, la charge du policier n’a pas cessé.

Interpellé par un policier à cause d’une simple suspicion de payer avec un faux billet de 20 dollars dans une épicerie, le policier s’est permis de le plaquer au sol, de le mettre sur le ventre et d’appuyer son genou sur son cou jusqu’à ce qu’il perde connaissance. 

Cet événement a réveillé le démon américain. Dans le Minnesota, la colère d’un peuple gronde. La communauté afro-américaine montre sa solidarité depuis plusieurs jours dans les rues à George Floyd. Cet événement tragique, c’est aussi celui qui fait ressurgir le passé douloureux des États-Unis. 

Les discriminations d’aujourd’hui, conséquences de l’esclavage d’hier

Au XVIIème siècle, pour cultiver les terres et notamment le tabac, les anglais font venir dans leurs colonies américaines des africains. C’est le début du commerce dit « triangulaire ». Les européens font venir en Amérique des africains pour les faire travailler. Ce commerce s’intensifie pour atteindre 300.000 arrivées d’esclaves à la fin du XVIIIème siècle.

Les afro-américains montrent leur importance dans les pays colonisés dès la guerre d’indépendance des États-Unis entre 1775 et 1783. Des soldats noirs se battent pour l’indépendance du pays. Ces engagements libèreront certains d’entre eux de leur maître. 5.000 esclaves seront affranchis après la guerre. 

Parrallèlement, des états comme le Vermont et la Virginie vont abolir l’esclavage (1777-1778). Le président américain de l’époque Thomas Jefferson ignore la question de la traite de l’esclavage dans son traité de la Déclaration d’Indépendance Américaine. En 1787, dans la constitution américaine, le président ne prend pas position. Chaque état sera libre de décider ou non de continuer l’esclavage. Seule certitude, les noirs (et les amérindiens) n’auront pas le droit de vote. 

XIXème siècle : Abraham Lincoln, guerre de sécession et Ku Klux Klan

 

L’esclavage est officiellement abolie en 1808. Mais le pays se divise. Des courants abolitionnistes se développent, les églises se divisent. Abraham Lincoln promet l’abolition réelle de l’esclavage s’il est élu. Dès son arrivée à la Maison Blanche en 1861, les états du sud, partisans de l’esclavage, demande sécession. Le refus de Washington entraîna la guerre de sécession (1861-1865).

À la fin de la guerre, l’esclavage est aboli. Des milliers de noirs se retrouvent sans travail et des planteurs font faillite. Rejetés par les blancs, les noirs se regroupent dans des quartiers : Harlem à New York, Roxbury à Boston. Face à cette défaite, le Ku Klux Klan apparaît dans le sud du pays.

En 1883, le congrès donne le droit de vote aux noirs, une citoyenneté créant une égalité civique dans le pays à travers le Civil Rights Act. Mais la cour suprême fait reculer le combat de l’égalité. 2 ans plus tard, le Civil Rights Act est jugé inconstitutionnel. Les institutions ne peuvent interdire la pratique de la ségrégation par les états d’Amérique. Ils peuvent donc interdire l’accès de certains lieux aux noirs comme les transports en commun, les restaurants ou les théâtres. 

XXème siècle :  le nouvelle Amérique révoltée pour l’égalité 

Au début du XXème siècle, les tensions entre les populations se font sentir. En 1910, Booker T. Washington, Marcus Garvey et William Edward Burghardt Du Bois créent la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP). Le but majeur de cette association est de défendre les droits civiques. 

Après la première guerre mondiale a lieu le massacre de Tulsa, en 1921. 300 personnes parmi la population noire de la ville sont tuées au cours de 2 jours d’attaques et de mises à mort expéditives. Les émeutes font en outre 8.000 sans-abris en raison des incendies. Aucun des responsables de l’attaque n’est poursuivi. Mais plusieurs noirs accusés d’avoir provoqué les violences sont condamnés. La plupart des survivants doivent déménager.

Fin du XXème siècle : une lente amélioration de la traite des noirs américains 

Les guerres soudent les nations. 700.000 soldats noirs composent l’armée américaine pendant la seconde guerre mondiale. Après la guerre, des événements et des faits divers se succèdent. Rosa Parks refusant de céder sa place dans un bus pour un blanc en 1955. L’intervention de la police dans une école de l’Arkansas parce qu’on lance des tomates sur des jeunes noirs voulant entrer dans une école pour blancs en 1957. Le démantèlement du Ku Klux Klan en 1960.

Des visages incarnent désormais la lutte pour l’égalité. Martin Luther King, organisant la Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté en 1963. Malcolm X, luttant pour un État noir indépendant. 

En 1965, le président Jonhson et le congrès américain mettent en place la discrimination positive dans les universités. Un nouveau Civil Rights Act sera (enfin) voté et cette fois, accepté par la cour suprême. Cet acte, contenant notamment l’accès au droit de vote pour les noirs, met définitivement fin à la ségrégation. 

Pourtant, depuis 50 ans, les inégalités n’ont pourtant pas disparu aux États-Unis. Des minorités comme les afro américains ou les hispaniques sont plus vulnérables lors de crises économiques ou d’épidémies. Certains groupes de population se montrent toujours aussi hostiles envers les noirs. Les violences policières à leur encontre ont eu lieu des dizaines de fois depuis le Civil Rights Act. Il faudra attendre 2008 pour qu’un noir devienne président (Barack Obama). Mais depuis 2016, le président Trump ne cache pas son hostilité envers les afro-américains. Élu par un socle d’électeurs en parti d’extrême droite, le président américain n’a pas tenté empêché les tensions entre certains blancs et la communauté afro-américaine qui restent aujourd’hui très vives.

Déconfinement : objectif 700.000 tests virologiques

Olivier Véran a déclaré ce lundi que la France avait pour objectif de tester 700.000 personnes par semaine. Aux premiers jours du déconfinement, le compte n’y est pas.

« Oui, on est prêts à effectuer 700.000 tests par semaine », rassure Olivier Véran. Une déclaration qui laisse planer des doutes sur la réalité de la politique des tests dans le pays. Le 25 avril, le ministre de la santé avait déjà donné cet objectif chiffré pour le déconfinement. Mais à l’époque on ne faisait que 35.000 par jour, soit 245.000 tests par semaine. Sur la même période, l’Allemagne réalisait le double de tests, aujourd’hui, nous devons en faire le triple.

« On est même prêts en théorie à en faire plus que ça. On doit tester toutes les personnes qui doivent être testées. On est prêts à le faire. D’ici quelques jours on aura le nombre précis de tests faits et à partir de là on saura combien de personnes sont positives », a-t-il annoncé. Mais en réalité, le président de la République a lui-même ouvertement assumé que seuls les cas symptomatiques seront testés, ce qui limite le nombre de tests à faire sur des potentiels malades.

Dans le monde hospitalier, le personnel est sceptique. « Nous ne sommes pas assez équipés pour réaliser autant de tests. Cela nécessite du personnel mobilisé et une augmentation des machines qui contrôlent les tests. Mais le personnel est usé et les machines ne sont pas assez nombreuses » nous rétorque une infirmière du CHU de Montpellier.

Tests virologiques ou tests sérologiques ?

Selon le ministre de la Santé, Olivier Véran, la valeur médicale d’un test sérologique n’a pas prouvé son efficacité. Les tests évoqués seront donc des tests virologiques. Le seul problème est que ces tests répondent à la positivité d’un patient à l’instant précis seulement où il effectue le test. Le patient testé peut ainsi être négatif le jour du test et positif le lendemain.

Le conseil scientifique a quant à lui recommandé les tests sérologiques. Selon le Professeur et Chercheur Philippe Sansonetti : « cela pourrait être important à évaluer, au moins au niveau naso-pharyngé, dans Covid-19. Il semble que les sujets porteurs asymptomatiques ne montrent pas de trace de réponse nette d’anticorps, leur sérologie peut être faiblement positive, retardée ou négative. Il se pourrait pourtant que ces sujets aient développé une réponse muqueuse au moins protectrice au niveau de la porte d’entrée du virus, le rhino-pharynx ».

Plusieurs formes de tests sérologiques

Il existe 3 tests sérologiques :

  • Le Test de Diagnostic Rapide (TDR). Le résultat est connu en 10/30 minutes. Il peut utiliser une petite quantité de sang prélevé au bout du doigt, de la salive ou lors d’un écouvillonnage nasal. Pour le Covid-19, ils détectent les anticorps.
  • Enzyme-linked immunosorbent assay (ELISA). Le résultat sort en 1 à 5 heures. Il est révélé dans une seconde étape par une réaction enzymatique ou par fluorescence.
  • Tests de neutralisation. Le résultat est connu dans les 4 à 5 jours après avoir réalisé le test. Cela a été utilisé par l’Institut Pasteur à Crépy-en-Valois. Il est de réalisation plus complexe, car il démontre l’effet neutralisant de l’infection cellulaire par les anticorps spécifiques détectés par les méthodes précédentes.

Pour de nombreux médecins, l’État devra en venir aux tests sérologiques afin de pouvoir mieux maîtriser le Covid19 et sa contagion.

(L’Édito du samedi) : quand l’État se masque de ses responsabilités

La France peine à équiper sa population en masques. Véritable trésor pour faire face à cette pandémie, les masques n’ont jamais été autant demandés par la population. Seul problème, il y a largement plus de demande que d’offre. Comprenez, il y a beaucoup plus de personnes qui demandent des masques que ce que l’État est en capacité de fournir. À qui la faute ? Retour sur 10 ans de gestion de stocks de masques catastrophique.

2010 – 2012 : H1N1 et la peur de l’hécatombe

Xavier Bertrand, ministre de la Santé de novembre 2010 à mai 2012.

En 2010, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, décide de commander en masse des vaccins et des masques afin de pouvoir lutter contre la grippe H1N1. Cette grosse dépense s’élève à 32 millions d’euros. Mais la France n’a finalement pas connu une forte épidémie de grippe durant l’année 2010. Ces grands stocks de masques et de vaccins semblent alors inutiles. Certains reprochent même à la ministre de jouer le jeu des laboratoires en achetant des vaccins.

C’est alors que les stocks de masques commencent à fondre. En novembre 2010, Xavier Bertrand devient ministre de la Santé. Une note de la Direction générale de la Santé datant de juillet 2011, propose alors « le lissage du renouvellement des stocks », soit accepter la péremption de 25% du montant total des stocks.

Le nombre de masques commence donc à baisser, mais Xavier Bertrand l’affirme : « quand j’ai quitté mes fonctions, il y avait 1,4 milliard de masques en France ». Selon Europe 1, 600 millions de masques FFP2 et 800 millions de masques chirurgicaux étaient disponibles en France.

2013 – 2017 : Des masques qui prennent la poussière

Marisol Touraine, ministre de la Santé sous François Hollande

À l’arrivée de François Hollande en 2012, la politique des masques évolue. Le 16 mai 2013, le secrétariat général de La Défense et de la Sécurité nationale décide que l’État ne va plus s’occuper de la gestion des masques chirurgicaux aux employeurs des professions en contact avec le grand public. Selon le rapport du sénateur Francis Delattre, l’État ne s’occupera seulement que des masques FFP2.

Les années passent, le gouvernement utilise petit à petit le stock des masques sans le renouveler. « Pendant le quinquennat de François Hollande, la France était préparée. (…) Entre 2012 et 2017, les stocks de masques chirurgicaux ont régulièrement augmenté, et nous les avons reconstitués après les attentats : il y avait 730 millions de masques chirurgicaux en 2012, et 754 millions en 2016 et 2017. Et ce, conformément à la doctrine édictée en 2011 par le Haut conseil de santé publique, qui avait mis la priorité sur les masques chirurgicaux » se défend la ministre de la Santé de l’époque, Marisol Touraine.

Une déclaration à l’opposé de ce qu’a déclaré l’actuel ministre de la Santé Olivier Véran à l’Assemblée nationale le 19 mars dernier : « Nous disposons d’un stock d’État d’environ 150 millions de masques chirurgicaux et d’aucun stock de masques FFP2. Il avait été décidé, suite aux crises sanitaires précédentes – je remonte pour cela à 2011 et 2013 – qu’il n’y avait plus lieu de conserver des stocks massifs de masques dans le territoire considérant que les usines de production étaient capables d’être actives très rapidement, notamment en Chine. Seulement la crise sanitaire a commencé par toucher la Chine ».

Si la France ne semble avoir aucun stock de masques FFP2, cela fait suite à un autre changement de politique datant de 2013. Cette année-là, l’État décide que les masques FFP2 seront désormais à la charge de l’employeur. L’État ne fournira plus les personnels qui ont besoin de masques excepté le personnel hospitalier. « En 2013, il y a un avis du SGDN qui dit que chaque collectivité, entreprise ou établissement est responsable de ses stocks, car l’État ne peut pas tout stocker. C’est ce qu’a fait la mairie de Paris, ou le ministère de la Santé pour les urgences. Ce n’est pas un changement de doctrine, c’est une décentralisation », se défend Marisol Touraine.

Selon l’ancien sénateur Francis Delattre, auteur d’un rapport en 2015 intitulé : « l’Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (EPRUS) : comment investir dans la sécurité sanitaire de nos concitoyens ? », face à la production en masse de masques de la Chine, la France a baissé la garde. « Nous avons fait une confiance aveugle à la Chine au détriment de nos entreprises françaises. C’était une erreur ! » regrette-il, « on a tout simplement baissé la garde pour des raisons budgétaires. C’est la stratégie du court terme qui a prévalu ».

2017-2020 : la politique de l’autruche :

Olivier Véran prend la place d’Agnès Buzyn en février 2020.

Agnès Buzyn en début d’année, Olivier Véran en mars et Jérôme Salomon lors de ses premiers points presse quotidiens, ont tous rassuré le grand public en insistant sur le fait que la France avait un grand stock de masques qui nous protégerait si une soi-disant pandémie toucherait la France comme la Chine.

Et pourtant, dès 2017, Jérôme Salomon alerte… Emmanuel Macron lui-même. Parmi les révélations des Macron Leaks, on y retrouve l’actuel directeur général de la Santé, qui avait averti le futur président que la France n’était pas prête en cas d’épidémie. Et c’est là que cela prend une tournure d’affaire d’État. Lorsque l’épidémie commence à toucher sérieusement la France, il n’y a aucun masque FFP2. Début mars, Olivier Véran martèle que l’État est en capacité de protéger la population avec les masques mais tente de faire croire que les masques « ne servent à rien ». 2 mois plus tard, le ministre dit l’inverse, obligeant les Français à porter des masques dans les lieux très fréquentés (comme les transports en commun). L’exécutif aurait-il menti sur les stocks de masques ?

Il faut attendre la fin du confinement pour entendre des versions beaucoup plus réalistes. Tout commence avec le journal Le Monde qui révèle que l’État continuait de brûler ses stocks de masques à la fin du mois de mars 2020. Édouard Philippe est contraint de rendre des comptes. « un certain nombre de masques commandés, il y a fort longtemps, étaient stockés depuis très longtemps, et avaient vu leur date de péremption dépassée, parfois depuis très longtemps » s’explique-t-il.  « Quand vous les trouvez au printemps ou à l’hiver 2020 et qu’ils sont arrivés à péremption en 2019, vous pouvez vous dire qu’il est peut-être absurde de les détruire – ce qui normalement devrait être le cas – au lieu de les garder, de vérifier quand on peut les utiliser. Et si c’est le cas, de les utiliser. C’est ce que nous avons fait. Nous avons ainsi récupéré 75 millions de masques chirurgicaux utilisables », s’est-il félicité.

Face à une population de plus en plus défiante vis-à-vis de l’État, ce type de polémique renforce la défiance. Ironie du sort, le meilleur moyen pour les Français de trouver un masque, c’est de se le fabriquer.

Carte : ces départements qui risquent de rester confinés le 11 mai

Pour faire cette carte, CAQS a récolté les informations concernant le nombre de lits totaux en réanimation datant de 2018 (chiffres de Santé Publique France et DREES). Nous avons calculé le pourcentage du nombre de patients en réanimation dans chaque département en fonction des capacités d’accueil de chacun. Les départements les plus sous tensions sont en rouge foncé, les moins tendus en vert foncé.

Les départements où il y a plus de patients Covid que de lits recensés en 2018

  • Haute-Marne (52) : 225%
  • Seine-Saint-Denis (93) : 190%
  • Ardèche (07) : 187,5%
  • Vosges (88) : 175%
  • Seine-et-Marne (77) : 168,8%
  • Val d’Oise (95) : 168,3%
  • Meuse (55) : 162,5%
  • Essone (91) : 157,3%
  • Haut-Rhin (68) : 147,1%
  • Val-de-Marne (94) : 144,9%
  • Creuse (23) : 137,5%
  • Aube (10) : 133,3%
  • Hauts-de-Seine (92) :132,9%
  • Moselle (57) : 131,8%
  • Mayenne (53) : 125%
  • Yvelines (78) : 123,8%
  • Bas-Rhin (67) : 121,6%
  • Oise (60) : 119,4%
  • Aisne (02) : 117,6%
  • Territoire-de-Belfort : 116,7%
  • Jura (39) : 112,5%

Entre 80 et 100% : les départements au bord de la rupture

  • Loir-et-Cher (41) : 100%
  • Haute-Saône (70) : 100%
  • Paris (75) : 99,4%
  • Loire-Atlantique (45) : 98%
  • Drôme (26) : 95,8%
  • Doubs (25) : 95,3%
  • Eure-et-Loire (28) : 95%
  • Haute-Savoie (74) : 94,1%
  • Meurthe-et-Moselle : 92,6%
  • Saône-et-Loire (71) : 92,3%
  • Indre (36) : 86%
  • Hautes-Alpes (05) : 87,5%
  • Côte d’Or (21) : 85,7%
  • Eure (27) : 83,3%
  • Loire (42) : 82%
  • Vaucluse (84) : 81,3%

Entre 60% et 80% de lits occupés : les départements sous tension

  • Pas-de-Calais (62) : 76,5%
  • Yonne (89) : 76%
  • Ardennes (08) : 75%
  • Nord (59) : 73,6%
  • Rhône (69) : 73,4%
  • Corrèze (19) : 73,3%
  • Morbihan (56) : 72,7%
  • Ain (01) : 68,2%
  • Orne (61) : 62,5%
  • Somme (80) : 65,2%
  • Vendée (85) : 61,1%

Entre 40% et 60% de lits occupés : Un pied de chaque côté

  • Corse-du-Sud (2A) : 60%
  • Alpes-Maritimes (06) : 59,6%
  • Allier (03) : 58,3%
  • Bouches-du-Rhône (13) : 57,3%
  • Var (83) : 56,7%
  • Savoie (73) : 55,6%
  • Gard (30) : 55,1%
  • Marne (51) : 55%
  • Gers (32) : 50%
  • Nièvre (58) : 50%
  • Aude (11) : 43,75%
  • Sarthe (72) : 42,9%

Entre 20% et 40% : les départements qui maîtrisent l’épidémie

  • Charente-Maritime (17) : 40%
  • Seine-Maritime (76) : 39,8%
  • Indre-et-Loire (37) : 38,4%
  • Tarn (81) : 37,5%
  • Cantal (15) : 37,5%
  • Maine-et-Loire (49) : 36,4%
  • Côtes d’Armor (22) : 35,7%
  • Manche (50) : 35,7%
  • Isère (38) : 35,4%
  • Hautes-Pyrénées (65) : 33,3%
  • Tarn-et-Garonne (82) : 33,3%
  • Alpes-de-Hautes-de-Provence (04) : 33%
  • Loire-Atlantique (44) : 29,9%
  • Landes (40) : 28,6%
  • Calvados (14) : 27,3%
  • Haute-Garonne (31) : 27,3%
  • Lot-et-Garonne (47) : 27,2%
  • Gironde (33) : 25,1%
  • Deux-Sèvres (79) : 25%
  • Pyrénées-Orientales (66) : 25%
  • Lot (46) : 25%
  • Hérault (34) : 25%
  • Haute-Corse (2B) : 25%
  • Cher (18) : 25%
  • Haute-Vienne (87) : 23,1%
  • Île-et-Vilaine (35) : 22,7%
  • Finistère (29) : 20,3%

Moins de 20% : les départements épargnés par le Coronavirus

  • Aveyron (12) : 18,2%
  • Puy-de-Dôme (63) : 17,3%
  • Charente (16) : 16,7%
  • Vienne (86) : 16%
  • Dordogne (24) : 15,8%
  • Pyrénées-Atlantiques (64) : 13,5%
  • Haute-Loire (43) : 12,5%
  • Ariège (09) : 12,5%
  • Lozère (48) : 0%

Tout savoir sur les départements « déconfinables »

Édouard Philippe a annoncé mardi devant l’Assemblée nationale que certains départements pourraient ne pas sortir du confinement le 11 mai. Cette décision sera prise en accord avec le monde médical et les responsables politiques locaux et nationaux.

Quels critères pour pouvoir être déconfiné ?

Dès ce jeudi, une carte déterminera les départements déconfinables (verts ou rouges). Pour qu’un département se déconfine, il faut qu’il respecte les 3 critères suivants :

  • Un taux de cas nouveaux, dans la population, faible sur les 7 derniers jours. Si le département subit une grande hausse de contamination, il sera considéré comme zone de transmission active.
  • Des capacités hospitalières régionales qui ne sont pas sous tension. Si les hôpitaux de votre région sont saturés, avec peu de places en réanimation notamment, il sera peu probable que vous soyez déconfiné le 11 mai
  • La bonne préparation du système local. Pour que les services locaux soient bien préparés, il leur faut des tests aux normes afin de pouvoir détecter les nouveaux cas au plus vite et les isoler.

Évidemment, nous ne connaissons pas encore les chiffres précis sur le seuil d’acceptabilité de tension des hôpitaux, ni la limite pour qualifier un département « saturé » en matière de lits disponibles en réanimation.

Quand saurons-nous si notre département sera déconfiné le 11 mai ?

Dès ce soir, le directeur général de la Santé donnera, au cours de son point presse quotidien, la 1ère carte des départements confinés et déconfinables. Mais pour savoir lesquels seront déconfinés le 11 mai, il faudra attendre la carte du point presse du 7 mai, quatre jours avant le déconfinement. Dans les départements « verts », la circulation reprendra doucement, avec une possible ouverture des jardins et des parcs publics. Concernant les établissements scolaires, les collèges des départements verts ouvriront à nouveau en accueillant les classes de 6ème et 5ème.

Tocilizumab : ce médicament porteur d’espoir contre le Covid-19

L’APHP a communiqué en début de semaine ses espoirs au sujet du Tocilizumab. Cet anti-inflammatoire est en cours d’étude dans certains hôpitaux de Paris. Le personnel médical se montre confiant.

Une nouvelle piste pour un traitement efficace contre le Covid-19 se démarque des autres. Après la chloroquine au coeur du débat, c’est le Tocilizumab qui suscite de nombreux espoirs. Dans un communiqué, l’APHP annonce que ce médicament améliore « significativement le pronostic des patients avec pneumonie Covid moyenne ou sévère ». Une bonne nouvelle qui pourrait éviter de nombreux malades de passer en phase de réanimation et de soins intensifs.

Le Tocilizumab est un médicament anti-inflammatoire qui est utilisé dans la polyarthrite rhumatoïde. Il serait destiné à ceux qui sont dans un état grave. « Au bout de 8 à 10 jours, il se produit une sorte d’orage inflammatoire avec une production de certaines protéines en grande quantité qu’on appelle les cytokines. Ce médicament est une anti-cytokine, donc anti-inflammatoire. Il a été testé chez les gens qui avaient des pneumonies sévères. Ce qui a été montré, c’est que ça diminue le besoin d’aller en réanimation ou le risque de décès » explique le professeur Gabriel Steg, à Franceinfo, chargé de la recherche.

Un premier test avec 60 patients sous Tocilizumab s’est montré concluant. La comparaison avec 60 autres patients, qui n’ont pas pris ce médicament, a mis en lumière la différence de la gravité de la maladie. Mais pour que ce traitement soit fiable, il faut que d’autres études sur ce médicament concordent avec la première. « La recherche avance, il y a 12 essais en cours et 16 autres en préparation. Il y a une accélération phénoménale de la recherche », explique le Professeur Gabriel Steg.

Si le Tocilizumab ne semble avoir que des qualités grâce à son efficacité, il reste coûteux. Il faut compter 800€ pour une seule injection.