StopCovid, le fiasco du gouvernement

Depuis son lancement, l’application de traçage de contacts qui a pour but de limiter la propagation du coronavirus montre une efficacité relative. Malgré un bilan mitigé, le gouvernement reste confiant sur son fonctionnement. 

Alors que l’épidémie de coronavirus refait surface dans certaines régions de France métropolitaine ainsi qu’en Guyane, le secrétaire d’État chargé du Numérique, Cédric O, a fait un point sur l’application StopCovid après 3 semaines de déploiement. Lancée le 2 juin dernier, StopCovid permet de prévenir les personnes qui ont été à proximité d’une personne testée positive au coronavirus, afin que celles-ci puissent être prises en charge le plus tôt possible. Mais voilà, tout n’est pas si rose. Moins d’un mois après son lancement, seulement 1,9 million de personnes ont téléchargé l’application sur iOS et Android, avec 1,8 million d’activations, soit plus de 2 % de la population.

Selon les chiffres du gouvernement, 460.000 personnes auraient également désinstallé l’application, soit près d’une personne sur quatre. Autre « déception », le nombre de notifications envoyées par StopCovid à des utilisateurs pour les alerter d’un contact prolongé avec un malade du Covid-19. Seulement 14 alertes ont ainsi été envoyées. 68 personnes se sont déclarées positives au coronavirus dans l’application qui ont permis de remonter un total de 205 autres utilisateurs. « On continue cette dernière semaine à avoir un rythme régulier d’enregistrements d’utilisateurs en hausse, avec près de 190.000 personnes. On constate aussi une évolution de la désinstallation, à hauteur de quelques dizaines de milliers par jour… Ce que nous expliquons probablement par la baisse de l’inquiétude relative à l’épidémie » a commenté Cédric O.

Afin de connaître la répartition sur le territoire et les méthodes d’utilisation, des enquêtes de terrain (sondages) seront réalisées dans toute la France dans les semaines à venir.

Cédric O, Secrétaire d’État en charge du numérique lors de la conférence de presse du 23 juin 2020 ©Rédaction CAQS

Un outil pour collecter des données ?

Ce faible taux de téléchargements et d’utilisations traduit la méfiance des français envers le partage de leurs données numériques. Dès le lancement de l’application, certains se sont dits retissants à l’idée d’informer l’État sur leur localisation et leurs contacts et ont donc boycotté StopCovid.

Il y a quelques jours, le chercheur en cybersécurité Gaëtan Leurent, de l’Inria, reprochait à l’application de collecter plus de données que prévues initialement. Dans les faits, l’application collecterait les identifiants de toutes les personnes rencontrées. Même si vous gardez une distance de plus d’un mètre et que vous restez pendant moins de 15 minutes à proximité. 

Lors de cette conférence, Cédric O s’est voulu rassurant. « L’application fonctionne de manière satisfaisante. Nous n’avons pas eu de problèmes de confidentialité et de vie privée. Toutes les craintes qui avaient pu se faire jour lors du développement de l’application : les craintes de fuites de données, de ré identification des personnes malades ou de leurs contacts n’ont pas été avérées à ce jour » a expliqué le ministre. Il a rappelé que l’application a obtenu de nombreuses validations dont celle de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) le 25 mai 2020. Des audits sont également en cours par la CNIL elle-même, qui devraient faire lumière sur cette histoire. 

À noter également que lors de conférence de presse, le secrétaire d’État chargé du Numérique a rappelé que « jusqu’au 2 juin l’État n’a pas déboursé un centime » pour Stop Covid contrairement à ses voisins européens. Le coût de l’application allemande Corona-Warn-App est estimé à 20 millions d’euros et 3,8 millions de livres sterlings pour la version britannique. Il a également abordé les coûts de fonctionnement de l’application pour les mois qui suivent. D’après les estimations du gouvernement, les dépenses d’hébergement, de maintenance et de développement s’élèvent à 100.000 euros par mois jusqu’en août 2020 puis 120.000 euros mensuels jusqu’en décembre 2020. Un montant qui « pourrait évoluer en cas de deuxième vague » précise Cédric O. 

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Sécurité sociale : un budget en hausse, le handicap prioritaire ?

Alors que la trésorerie de la Sécurité Sociale fait face à de fortes tensions liées à la pandémie du coronavirus, le ministre de la Santé a affirmé que la sécurité sociale serait dotée d’un milliard d’euros supplémentaire pour soutenir la création d’une cinquième branche dès cet automne.

Lors de son allocution durant l’examen d’un projet de loi d’alourdissement du déficit de la sécurité sociale et de la création d’une cinquième branche, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé hier soir devant l’Assemblée nationale vouloir débloquer « au moins un milliard », d’euros supplémentaire pour financer la perte d’autonomie des personnes âgées et des handicapés.

« Dans le cadre du prochain budget de la Sécurité sociale, présenté à l’automne pour l’année 2021, il y aura au moins un milliard d’euros de financement qui sera identifié pour aller abonder la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie et donc payer des dépenses dans le champ de la perte d’autonomie », a précisé le ministre. 

Pour les associations venant en aide aux personnes en situation de handicap, cette annonce est une bonne nouvelle. Mais certaines interrogations persistent. « Dès 2003, nous demandions cette prise en charge. Mais à quelle hauteur ? À quelles conditions ? Y aura t-il des barrières d’âge ou pas ? (…) Ce sont des questions qui doivent être posées, tranchées et débattues en concertation avec les acteurs du secteur », ajoute le Collectif Handicaps. Pour les associations, prendre en charge la perte d’autonomie et de mobilité est essentielle. La France compte aujourd’hui 2,5 millions de personnes âgées en perte d’autonomie, et elles seraient le double en 2050. L’enjeu est également financier. « Cette somme parait insuffisante au regard du rapport Libault, qui prévoit un besoin de financement public en 2024 à hauteur de 6 milliards d’euros et de 9 milliards d’euros pour 2030 », ajoute le Collectif Handicaps. 

Avec la crise du Covid-19, le déficit de la sécurité sociale a atteint 52 milliards d’euros. Les députés ont également approuvé lundi soir l’ajout de 136 milliards d’euros de dettes au « trou de la Sécu », que les Français rembourseront jusqu’en 2033, soit neuf années de plus que prévu. Le retour à l’équilibre prévu l’année dernière pour 2020, n’est donc pas pour tout de suite.

Une nouvelle branche « autonomie » pour la sécurité sociale

Cette annonce s’inscrit dans le principe de la création d’une cinquième branche votée dans la nuit de lundi à mardi par l’Assemblée nationale. Si celle-ci est instaurée, cette nouvelle branche couvrira les risques de la vie liés à la perte de l’autonomie et au handicap. Elle viendra en complément aux quatre existantes : maladie, vieillesse, famille, accidents du travail. Petit couac dénoncé par l’opposition, les 2,3 milliards d’euros de CSG depuis la Caisse d’amortissement de la dette sociale (cades) ne devrait pas être transférée vers la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) qui gère les fonds dédiés à la dépendance et au handicap avant 2024. En réponse à ses critiques, Olivier Véran a répondu que « Personne n’a jamais dit » que les 2,3 milliards prévus à partir de 2024 «étaient pour solde de tout compte ». Le projet de loi doit maintenant être examiné par le Sénat. 

Les modalités et le financement de cette réforme seront remis au Premier ministre à la mi-septembre.

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La baisse de la TVA, une piste écartée par le gouvernement

Parmi les nombreux scénarios étudiés par le gouvernement français pour faire face à la crise économique actuelle, celui de la baisse de la TVA revient sur le devant de la scène. Une mesure qui fait débat au sein de l’Assemblée nationale.

Pendant ces deux mois de confinement, les Français ont accumulé près de 100 milliards d’euros d’épargne, un record. Le gouvernement cherche désormais à profiter de cette ressource disponible pour relancer la consommation, mise à mal depuis le début du mois de mars. La consommation des ménages a chuté de plus d’un tiers (34,1 %) en avril dernier, par rapport à avril 2019 selon l’Insee (l’institut national de la statistique et des études économiques). 

Pour remettre l’économie française post-confinement sur pied, les députés ont fait de nombreuses propositions : hausse d’impôts, baisse des salaires, suppression des jours de congés, mais également la baisse de la taxe sur la valeur ajoutée. Lors de la séance du 11 juin 2020, Brigitte Kuster des Républicains a ainsi proposé à l’Assemblé d’alléger la TVA applicable au secteur de l’hôtellerie-restauration en la faisant passer de 10% à 5,5%. Pour justifier cette mesure, elle a rappelé qu’« avec 90% de l’activité à l’arrêt, il s’agit, avec le monde de la culture, de la partie du tissu économique la plus touchée ». 

La République en marche dit non à une baisse de la TVA

Après un vote, l’Assemblée nationale a rejeté cette proposition. Pour le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, Olivier Dussopt, cette mesure est superflue. « Le secteur de l’Hotellerie et de la Restauration bénéficie déja d’un taux réduit de 10%, soit la moitié du taux normal, pour un coût en termes de dépenses fiscales de 4 milliards d’euros » a t-il précisé. Le Gouvernement, mise plutôt sur les dispositifs mis en place pendant la crise sanitaire, comme le recours massif au chômage partiel, les prêts garantis par l’État, mais aussi sur le fond de solidarité. 

La majorité, quant à elle, évoque une mesure trop rigide. « Il y a une baisse d’agilité dans la baisse de la TVA qui, moi, même me gêne », a répondu le rapporteur général du Budget et député de la République En Marche (LREM), Laurent Saint-Martin. Le Ministre de l’Économie, Bruno Le Maire a lui affirmé fermement son refus vis-à-vis de cette mesure « Il faut maintenir la TVA à 10% et nous n’y toucherons pas ».  

La baisse de la TVA, un outil de crise

La baisse de la TVA est un outil régulièrement évoqué en situation de crise notamment en décembre dernier avec le mouvement des « gilets jeunes ». Ces derniers souhaitaient une taxe à 1% sur les produits alimentaires, sans succès. En 2009, l’instauration d’une TVA à taux réduit dans la restauration avait été jugée par certains davantage bénéfique aux restaurateurs qu’aux clients. Les entreprises en avaient profité pour augmenter leurs marges plutôt que de baisser leurs prix. 

Mais pour les Républicains, cette mesure aurait été différente de celle décidée durant la présidence de Nicolas Sarkozy. Selon eux, elle aurait complété des mesures mises en place par le gouvernement et aurait permis d’améliorer la trésorerie des restaurateurs et hôteliers devant faire face à de nouvelles dépenses dues aux règles de distanciations. À l’inverse de la baisse de TVA pour les restaurateurs de 2009, aucune compensation n’aurait été exigée, c’est-à-dire sans une obligation de création d’emplois et ni de répercussion de la baisse de TVA sur certains produits.

Un débat clos par ce rejet, mais alimenté par la décision de l’Outre-Rhin. L’Allemagne a annoncé la baisse temporaire de sa TVA du 1er juin au 31 décembre 2020. Cette taxe va passer de 19 % à 16 % pour le taux normal, et de 7 % à 5 % pour le taux réduit. Pour un semestre, la mesure coûtera 20 milliards d’euros à l’État allemand.

Crédit : APCMA France

Quand une cheffe parisienne cuisine « anti-gaspi »

Une fois par mois, Cécile Fourdrinoy organise des ateliers de cuisine 100 % récup. Avec elle tout se récupère et se transforme, rien ne se jette.

Dans la cuisine de la brasserie solidaire La Trockette dans le 11e arrondissement de Paris, des topinambours crépitent dans la poêle. Mais contrairement à la majorité des chefs, Cécile Fourdrinoy ne s’approvisionne pas sur les marchés ou à Rungis. Les trois cagettes de topinambours viennent des invendus récupérés la veille dans les supermarchés des alentours. Étant donné qu’il lui en reste quelques kilos, au menu ce soir de l’atelier de cuisine anti-gaspi : velouté de topinambours et pour le dessert gâteau au chocolat aux topinambours. Ce soir, quatre apprentis cuisiniers, seront sous les ordres de Cécile pour préparer ce dîner. L’assemblée, exclusivement féminine, se partage la préparation du dîner. Malgré leurs provenances, les produits sont cuisinés avec une attention toute particulière. « Ne remue pas trop ton chocolat, il est prêt » prévient Cécile. En effet, une douce et agréable odeur de chocolat se dégage de la casserole.

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La Trockette propose une fois par mois un atelier de cuisine zéro déchet ©LudivineCanard

Créativité, le maître mot de la cuisine zéro déchet

De nombreux ateliers ont été mis en place depuis septembre et ont lieu une fois par mois « On a de plus en plus de monde qui s’inscrivent à ces cours, c’est super », s’enthousiasme Cécile. Pour 15 euros par personne, les participants profitent des précieux conseils pour apprendre à utiliser les ingrédients dans leur intégralité et réduire au maximum leurs déchets alimentaires. Chaque année, les Français jettent en moyenne 20 kg de nourritures par personne, dont 7 kg de produits alimentaires encore emballés. « Je veux sortir de mes plats surgelés Picard. Je fais déjà mon propre maquillage et je souhaiterais passer au zéro déchet dans ma cuisine », explique Sandrine, 29 ans, qui participe pour la première fois à un atelier de cuisine zéro déchet. Cet atelier est aussi un retour en enfance et aux fondamentaux. 

« Ça me rappelle la cuisine que faisait ma grand-mère avec les restes  » lance Christiane, une autre participante.

Même si elles ne se connaissent pas, l’alchimie se crée et une réelle complicité anime la cuisine.

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Le velouté de topinambour et le gâteau chocolat topinambour en préparation. ©LudivineCanard

Après deux heures de préparation, personne ne pourrait deviner que les ingrédients utilisés viennent des invendus des supermarchés des alentours. La brasserie solidaire s’approvisionne dans trois points de collecte plusieurs fois par semaine. « On récupère principalement des fruits et légumes qui sont un peu abîmés, mais il y a toujours moyen de les transformer et d’en faire quelque chose. On fait aussi un complément pour les produits plus compliqués à trouver, comme les oeufs et le beurre » ajoute Cécile. Les secrets de la jeune femme sont : l’improvisation, l’adaptabilité et la créativité. C’est l’heure de la dégustation. C’est un franc succès pour le velouté mais l’avis sur le gâteau est quant à lui mitigé. 

L’atelier est également l’occasion de faire découvrir le fonctionnement de la brasserie. Chaque midi, la Trockette propose une entrée, un plat et un dessert pour 10 euros, également préparés avec des invendus. Une quarantaine de repas sont servis tous les jours par cinq bénévoles. Depuis son ouverture en octobre 2014, la brasserie a sauvé de la poubelle près de 5 tonnes d’aliments. 

La CFDT, le syndicat pivot de la retraite

Depuis plusieurs années, la CFDT est un allié de taille du gouvernement dans la refonte du régime des retraites, mais fragilisé par des tensions internes majeures. Retour sur l’implication du syndicat lors des différentes réformes des retraites.

La Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT) est depuis quelques jours au cœur des débats médiatiques. Après quarante-trois jours de grève nationale, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger a salué le retrait provisoire de l’âge pivot de 64 ans du projet de réforme des retraites. Il a déclaré dans le Journal du Dimanche que ce retrait était « une victoire pour tous les salariés ». Cette mesure était la ligne rouge du patron de la CFDT. En effet, après une entrevue vendredi dernier avec l’intersyndicale à Matignon, Édouard Philippe a annoncé dans une lettre aux partenaires sociaux être « disposé à retirer », sous conditions l’âge pivot de 64 ans du projet de loi sur la réforme des retraites. Le Premier ministre souhaite toutefois conserver le principe d’un âge d’équilibre dans le futur système. 

Seule contre tous

Après s’être félicitée de cette avancée dans le conflit, la CGDT fait face à de vives critiques de la part des autres syndicats. Depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, le syndicat est au cœur d’une intox. La fille de Brigitte Macron, Tiphaine Auzière serait avocate à la CFDT. Cette fausse information, qui selon la CFDT, aurait été orchestrée par les opposants de la réforme, mais sans toutefois déstabiliser le premier syndicat de France depuis 2017, qui revendique à ce jour 623 802 syndiqués. 

La CFDT est un partenaire historique du gouvernement. Créée en 1919 sous le nom de Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC), le syndicat a depuis mis de côté la religion. Les différents présidents de la CFDT ont soutenu de nombreuses réformes mises en place par l’État. Lors des grèves de décembre 1995, c’est un interlocuteur privilégié du projet de réforme de la Sécurité Sociale engagé par Alain Juppé alors Premier ministre. La CFDT obtiendra dans ce contexte la gestion de la Caisse nationale d’assurance-maladie des travailleurs salariés (CNAM) et de l’Unédic. Cet accord passe mal auprès d’une minorité de syndiqués. La CFDT, s’isole peu à peu des autres syndicats et les opposants internes rejoignent la CGT ou Sud.

2003 et 2010 : l’impasse

Rebelote en 2003, la CFDT continue de négocier aux côtés des autres organisations syndicales la réforme des retraites souhaitée par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Mais l’unité syndicale ne tient pas, et la coalition CFDT- CFE-CGC, est la seule à soutenir le projet. Les autres organisations la considèrent comme une régression sociale. Cette prise de position a des conséquences internes pour la CFDT qui perd près de 10 % de ses adhérents en trois ans. Passant de 889 000, fin 2002 à 807 000 en 2005. Cette baisse des effectifs est due à un non-renouvellement d’adhésions individuelles au profit de nouvelles organisations syndicales. 

Lors de son mandat, Nicolas Sarkozy avait, à l’image d’Emmanuel Macron, tenté de reformer les retraites. La CFDT faisait partie des huit syndicats organisateurs des huit grandes manifestations lors des grèves contre la réforme française des retraites de 2010. L’objectif de cette réforme était de remettre sur pied les finances publiques, alors déficitaires. Cette mobilisation a mis en échec cette nouvelle tentative de réforme. 

Dix ans plus tard, la problématique des retraites reste entière. Après de nombreux compromis sur les différents paramètres intervenant dans le calcul de la retraite, c’est désormais le financement de la réforme qui est au centre des débats. Les syndicats qui le souhaitent ont jusqu’à fin avril faire part au gouvernement de leurs propositions garantissant la pérennité financière de ce nouveau régime. Un concept soufflé le 5 janvier par Laurent Berger.

Manifestation à Versailles contre la réforme de retraites

En cette troisième journée de grève nationale, la mobilisation des syndicats et des collectifs était une nouvelle fois au rendez-vous. Ce mardi 17 décembre, 200 personnes ont manifesté dans les rues de Versailles pour demander le retrait de la réforme des retraites.

Les Yvelinois et Yvelinoises sont en colère et le font savoir. Une vingtaine de syndicats et collectifs du département tel que Solidaires 78, la CGT 78 – Confédération Générale du Travail-, la CFDT78– Confédération française démocratique du travail-  se sont réunis à dix heures ce matin pour une grande assemblée générale à la porte de Buc à Versailles. Ils ont voté à l’unanimité la reconduction de la grève et une nouvelle journée de mobilisations prévue demain dans tout le département. La centaine de manifestants est ensuite partis de la porte de Buc vers onze heures pour rejoindre la préfecture des Yvelines. 

Des manifestants confiants et déterminés

En début de cortège, on retrouve la CGT avec les cheminots de Trappes, Rambouillet et Versailles. Même si une partie du syndicat est déjà en route pour Paris, ils sont une quarantaine à s’être déplacé pour manifester contre la réforme de retraites. Pour Mathieu Bolle-Reddat conducteur de train sur la ligne C du RER et secrétaire général de la CGT Cheminot de Versailles la motivation est toujours là. « Je préfère perdre mille euros en me mettant en grève qu’une fois à la retraite. Tant que Macron n’aura pas compris que sa réforme est bonne pour la poubelle, on sera dans la rue ». Quand on lui demande ce qu’il pense de l’obtention d’un régime exceptionnel pour les policiers, les gardiens de prison, les routiers, les soldats.. il a une certaine amertume. « Au début, on nous présentait une réforme, soi-disant universel et chaque jour il y a une nouvelle catégorie de personnel qui est finalement exemptée. On n’est pas jaloux, tant mieux pour eux, mais si on manifeste, c’est pour les retraites de tout le monde » ajoute Mathieu.

Une vingtaine d’électriciens et de gaziers manifestent à Versailles ©CanardLudivine

Juste derrière, la CGT Énergie. Ils sont une vingtaine à avoir fait le déplacement depuis le local de Maurepas. Cédric Cousin, responsable syndical de la CGT Énergie 78 revendique bien évidemment le retrait de la réforme qui devrait supprimer le régime spécial de l’énergie en place depuis 1946. « C’est le monde du travail qui est attaqué, qu’on soit dans le public ou le privé, on va tous être touché. Nous ne sommes est pas reconnu comme profession pénible pourtant on travaille dehors peu importe le temps, à n’importe quelle heure, parfois loin du local, la retraite à 64 ans pour nous c’est n’est pas possible ».

Même agacement plus loin, Marie travaille dans l’administration de l’Éducation Nationale, syndiquée à l’UNSA-Union nationale des syndicats autonomes. « On en a marre de ce gouvernement qui ne nous écoute pas. Pour venir manifester, j’ai perdu 1/30 ème de mon salaire brut soit plus de 100 euros ». Elle souhaiterait la revalorisation des salaires dans la fonction publique avec une application immédiate du PPCR- Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations– qui prévoit la revalorisation des grilles salariales.

Une réforme sur le grill

Les organisateurs se réjouissent de cette mobilisation, qu’ils estiment à plus de 200 manifestants. Ces derniers ont campé et organisé un barbecue devant la préfecture en attendant les bus. Les syndicats se mélangent et débattent entre eux sur fond de musiques rythmées et des slogans scandés au mégaphone. Bonne humeur et convivialité sont au rendez-vous.  

La CGT Énergie s’occupe du Barbecue ©LudivineCanard 

Cette manifestation est un « échauffement » avant celle de Paris en début de matinée. Ils partiront de la Place de la République à treize heures trente pour rejoindre la Place de la Nation. Midi trente, les dix bus affrétés pour aller à Paris arrivent un par un et se remplissent très rapidement. Il reste cinq places, qui vont vite trouver preneur. Tous les syndicats n’ont pas pu prendre leur place par manque de moyens. « C’est trop cher de louer un bus » s’indigne Laurence Picouleau, secrétaire de la section Sud Culture Versailles . « On préfère rester ici, pour interpeller les personnes directement. Aller sur Paris ne sert à rien » relativise-t -elle. Les collectifs ne pouvant pas se rendre sur Paris, ont manifesté devant le château de Versailles jusqu’en fin d’après-midi.  

Plus de 300 manifestants devant le château de Versailles cet après-midi ©GCTEnergie

Le Premier ministre, Édouard Philippe rencontrera demain les organisations syndicales et patronales à Matignon afin de trouver une issue au conflit qui dure déjà depuis treize jours.

Les étudiants manifestent le 17 décembre contre la réforme des retraites

Ils étaient déjà dans la rue contre la précarité étudiante fin novembre et ont décidé de rejoindre le mouvement de contestation contre la réforme des retraites. Les étudiants sont bien évidemment aux côtés des cheminots, infirmiers, pompiers pour faire entendre leurs revendications. 

« Relevons la tête face à la réforme des retraites ». C’est le slogan des jeunes communistes des Yvelines -JC 78- lors de la manifestation cet après-midi à Paris. Ils partiront à treize heures trente de la Place de la République et rejoindront la Place de la Nation vers 18 heures. Les jeunes communistes n’ont pas hésité à sécher les cours pour être présent à cette troisième journée de mobilisation nationale. Vers dix heures, une trentaine de jeunes travailleurs, étudiants et lycéens se réuniront avec les organisations syndicales du département tel que la CGT 78 – Confédération générale du travail- ou FO 78 – Force Ouvrière- pour une grande assemblée générale. Suite à cette réunion, ils manifesteront de la gare de Versailles Chantiers jusqu’à la préfecture de Versailles dans le but d’interpeller le préfet des Yvelines : Jean-Jacques BROT. Ils rejoindront ensuite la manifestation de Paris en début d’après-midi. Des bus ont été affrétés pour l’occasion. 

Afin de mobiliser un maximum de monde pour la manifestation, les Jeunes Communistes des Yvelines ont multiplié les actions ces derniers jours. Hier matin, ils étaient présents au blocage du dépôt SQYBUS dès quatre heures trente à Trappes aux côtés des grévistes de la CGT. Ils ont brûlé des palettes devant la porte empêchant toute sortie ou entrée du dépôt. Le blocage a eu lieu entre cinq et huit heures du matin entrainant de fortes perturbations sur le trafic jusqu’en fin de matinée.

Les jeunes Communistes des Yvelines bloquent le dépôt de bus à Trappes avec la CGT. ©Facebook/ JeunesCommunistesYvelines 

Hier après-midi, ils étaient devant la Bibliothèque de l’Université à Saint-Quentin-en-Yvelines pour distribuer des tracts. Matthieu Bolzinger membre du groupe UVSQ contre la précarité et jeune communiste des Yvelines compte bien élargir le cortège.  « On essaye d’expliquer aux jeunes nos combats, nos actions, nos revendications et surtout pourquoi il est important de nous rejoindre et de venir manifester avec nous mardi ». « On demande le retrait pur et simple de la réforme qui est pour nous totalement inacceptable, c’est l’une des attaques les plus violentes contre le système solidaire de la retraite par répartition » s’indigne Arnault, membre du collectif. « On souhaiterait une amélioration du système actuelle de retraite avec un départ à la retraite à 60 ans avec une augmentation générale des pensions de retraite. On veut juste une retraite décente ».

Les jeunes communistes des Yvelines distribuant des tracts devant la Bibliothèque Universitaire de Saint-Quentin en Yvelines. Matthieu à droite et Arnault au centre. / ©CanardLudivine
Les jeunes communistes des Yvelines distribuant des tracts devant la Bibliothèque Universitaire de Saint-Quentin en Yvelines. Matthieu à droite et Arnault au centre. / © Canard Ludivine

Le groupe de 150 adhérents, ne s’est pas arrêté là. Dans la soirée, les jeunes communistes se sont réunis avec d’autres collectifs étudiants du groupe UVSQ contre la précarité comme Les Jeunes Génération.s-78, un groupe étudiants du parti Générations de Benoit Hamon. Ils se sont organisés en vue de la manifestation du 17 décembre. À l’ordre de la réunion : préparation des banderoles, impression des tracts, point sur la situation, préparation du trajet… Ils sont plus que prêt, et déterminés à faire valoir haut et fort leurs revendications.

Un « pacte vert » en demi-teinte pour Ursula von der Leyen

La présidente de la Commission européenne a dévoilé hier les propositions de son « green deal », qui doit mettre la transition écologique au cœur des politiques européennes. Mais celui-ci suscite déjà des critiques, de la part des conservateurs comme des écologistes.

La présidente de la Commission européenne voit la vie en vert. Alors qu’elle s’était donné un objectif de 100 jours après le début de son mandat seulement dix jours après sa prise de fonction, Ursula von der Leyen a présenté hier devant le Parlement européen , son très attendu « Green Deal », pacte Vert : une feuille de route vers la neutralité climatique destinée à devenir la « nouvelle stratégie de croissance » de l’Union Européenne (UE). La nouvelle cheffe de la Commission européenne, souhaite envoyer un message fort sur les volontés écologiques UE en pleine COP 25, à Madrid.

Deux objectifs clairs

Ce projet ambitieux a deux objectifs principaux : atteindre la neutralité carbone en 2050 soit d’être à un point d’équilibre entre la quantité d’émissions de gaz à effet de serre émise par l’UE et la capacité qu’elle a d’en retirer via les puits de carbones (forêts, prairies, océans…). Et deuxièmement, réduire des émissions carbones de 50 voire 55% d’ici 2030 actuellement à 40%. Ursula Van der Leyen a également dévoilé “50 actions pour 2050” :  une liste de propositions législatives, plans d’actions et stratégies, couvrant une grande diversité de secteurs : les transports, l’industrie, le commerce, le tourisme… afin d’atteindre ses deux buts. 

L’UE ne représente que 9 % des émissions carbones sur la planète et pourtant Ursula von der Leyen veut en faire le premier continent à se fixer officiellement cet objectif de neutralité carbone. 

Un pacte qui ne fait pas l’unanimité

Alors qu’Ursula proposera en mars prochain une « loi climatique” pour inscrire la date de 2050 pour la neutralité carbone, le pacte fait déjà face à de vives critiques. Il lui est reproché par les conservateurs de créer des divergences entre la partie occidentale, plus verte du continent et l’est. Trois pays, encore très dépendants des énergies fossiles et en particulier du charbon, n’ont pas accepté cet accord : la Pologne, la Hongrie et la République Tchèque. Afin d’entamer leur transition écologique, ces derniers demandent une compensation financière. Une enveloppe de 100 milliards d’euros d’investissements est prévue pour venir en aide aux régions et les secteurs « les plus vulnérables ». 

Pour les écologistes et les ONG telle que la Fondation Nicolas Hulot, les sommes annoncées « ne couvriraient qu’un tiers des besoins » et déplore « l’absence d’une feuille de route pour mobiliser les investissements nationaux » explique Kévin Puisieux, responsable économie et finance à la Fondation Nicolas Hulot (FNH) au journal 20 minutes. Même constat pour Karima Delli, eurodéputée Europe Écologie Les Verts (EELV) et présidente de la commission des Transports et du Tourisme, qui désire des mesures plus fortes.  » La question des investissements, nécessaires à accompagner la transition écologique, n’est pas assez abordée. Sortir de la règle des 3% des investissements verts est une nécessité pour que les Etats Membres fassent leur part ». Elle se réjouit de » l’intégration du principe d’une plus forte taxation du secteur aérien, ainsi que du principe du pollueur-payeur dans le secteur maritime, et routier, » mais regrette « qu’une taxe kérosène, si nécessaire, ne soit pas clairement posée comme principe ».

La députée européenne souhaiterait également la mise en place d’une assemblée citoyenne pour s’assurer que le « Green Deal  » atteint ses objectifs.

Ursula von der Leyen présentera à nouveau son pacte vert en début d’après-midi devant le Conseil européen, le premier de cette nouvelle commission. L’occasion d’obtenir l’ adhésion des trois derniers pays récalcitrants à l’objectif de neutralité carbone en 2050. 

L’élection présidentielle algérienne menacée de boycott

À 24h de l’élection présidentielle algérienne, les manifestations se sont multipliées à Alger, la capitale. Les contestataires reprochent aux cinq candidats d’être tous des proches de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika.

Selon l’ANIE, l’Autorité Nationale Indépendante des Élections, 24,5 millions d’Algériens se rendront aux urnes afin d’élire un successeur au président déchu Abdelaziz Bouteflika. Après plusieurs reports, les 18 avril et 4 juillet, le 1er tour de l’élection présidentielle algérienne aura finalement lieu demain. Mais depuis l’annonce de la candidature de l’ancien président algérien en février, l’élection est menacée par des manifestations qui ont lieu chaque mardi et vendredi réunissant des milliers d’Algériens dans les rues de la capitale. Face à ces contestations violentes du mouvement citoyen « Hirak », Abdelaziz Bouteflika avait retiré sa candidature pour un cinquième mandat. Cela n’a pas pour autant apaisé les Algériens en colère. Ils demandent un vrai scrutin, libre et transparent et estiment qu’ils ne l’ont pas.

Tous les mêmes ?

Les 5 candidats en lice sont en effet tous des proches de Bouteflika, deux ont été ses premiers ministres et deux autres ses ministres. Leurs meetings attirent peu de monde et sont régulièrement la cible des manifestants. Outre leurs profils similaires, leurs revendications sont presque identiques. Les cinq « A», comme on les surnomme (car leurs prénoms commencent tous par un A) promettent de satisfaire les revendications du Hirak, de revoir la Constitution afin de renforcer la démocratie, et d’assurer l’indépendance de la justice.

Ali Benflis, 75 ans qui a créé son parti « Avant-garde des libertés » est le plus connu. Il a été le Premier ministre de Bouteflika en 2000. C’est la troisième fois qu’il se présente aux élections présidentielles. Abdelmadjid Tebboune, 74 ans est membre du Comité Central du Front de Libération Nationale (FLN), l’ex parti de Bouteflika mais se présente sans étiquette. Lui aussi, Premier ministre de l’ancien président mais seulement pendant trois mois. Abdelkader Bengrina, 57 ans est quant à lui membre du parti El Binaa, un mouvement islamiste. C’est l’ancien ministre du Tourisme de 1997 à 1999 sous Bouteflika. Abdelaziz Belaïd, 56 ans, a également créé son parti FLM ( Front El Moustakbal). Il avait déjà été candidat en 2014 recueillant 3 % des suffrages exprimés. Enfin, Azzedine Mihoubi, 60 ans, ministre de la Culture sous Bouteflika, jusqu’au mois de mars. Il est actuellement secrétaire général du RND, un parti associé au FLN, le parti au pouvoir avec l‘armée, et fait figure de favori puisque le FLN le soutient.

Cette veille du scrutin coïncide avec la date anniversaire de la grande manifestation pour la libération de l’Algérie, en pleine guerre d’indépendance, le 11 décembre 1960. Des repères historiques qui font écho à la nouvelle indépendance dont rêvent les manifestants.

Sanna Marin, première ministre finlandaise à 34 ans

Malgré son jeune âge, Sanna Marin a connu une fulgurante ascension politique jusqu’à devenir première ministre de la Finlande à 34 ans, dimanche dernier. Elle devrait prêter serment devant le Parlement dans la journée. Portrait d’une jeune femme que rien ne prédestinait à diriger la Finlande.

Après un vote du parlement dimanche soir, Sanna Marin est devenue la nouvelle première ministre de la Finlande. À seulement 34 ans, elle succède au président du parti social-démocrate (SDP) Antti Rinne, qui avait démissionné mardi dernier. La jeune Finlandaise devient ainsi la plus jeune chef de gouvernement de son pays, mais également du monde devant le Premier ministre ukrainien, Oleksiï Gontcharouk, âgé de 35 ans. Mais pour elle, son âge n’est pas le plus important : « Je n’ai jamais pensé à mon âge ou à mon genre, je pense aux raisons pour lesquelles je me suis engagée en politique et ces choses grâce auxquelles nous avons gagné la confiance de l’électorat » a-t-elle déclaré à la presse dimanche après le vote. Elle prendra officiellement ses fonctions après avoir prêté serment devant le Parlement finlandais dans la journée.

Une Finlandaise « ordinaire »

Née en 1985 à Helsinki, Sanna Marin vient d’un milieu ouvrier « Je suis issue d’une famille qui a été démunie et je n’aurais pas eu les conditions pour réussir et aller de l’avant en l’absence du système éducatif finlandais », s’est elle exprimé auprès du Helsingin Sanomat, un quotidien finlandais. La nouvelle cheffe du gouvernement finlandais a grandi au sein d’une famille qu’elle appelle elle-même une « Rainbow family » : une famille arc-en-ciel, elle a été élevée par sa mère et sa conjointe. « Et cela, bien sûr, modifie ma vision de l’égalité des sexes, l’égalité en général et les droits humains sont donc très importants pour moi », a-t-elle ainsi précisé dans un magazine féminin en 2015. Élève médiocre au collège, elle rattrape doucement son retard au lycée. Elle est la première de sa famille à faire des études supérieures et décroche un master en sciences du management à l’université de Tampere ainsi qu’une maîtrise en sciences administratives. Sur le plan personnel, elle est en couple depuis 15 ans avec l’entrepreneur Markus Raikkonen, avec qui elle a eu une petite fille en janvier 2018. En tant que jeune maman et femme politique, elle est souvent comparée Jacinda Ardren, première ministre néo-zélandaise de 39 ans.

Sanna Marin devient la plus jeune cheffe de gouvernement en Finlande – Twitter / @MarinSanna

Un parcours accéléré en politique

Malgré son jeune âge, la jeune femme est loin d’être une novice en politique. À 27 ans, elle est élue au Conseil municipal de Tampere. Puis, à l’occasion des élections législatives de 2015, elle entre au parlement finlandais en tant que députée. Seulement deux ans plus tard, elle devient première vice-présidente du SDP. C’est la naissance de son ascension politique. Début 2019, elle remplace Antti Rinne en tant que Premier ministre, il la nomme par la suite en juin dernier ministre des Transports et des Communications. Le 8 décembre, cinq jours après la démission d’ Antti Rinne, Sanna Marin est désignée comme candidate du parti social démocrate (SDP) à la direction du gouvernement par le conseil du parti. Lors du vote dimanche, elle recueille 32 voix favorables, trois de plus que son adversaire Antti Lindmann jugé plus à droite. La jeune Première ministre est aujourd’hui à la tête d’une coalition dirigée par cinq femmes, dont quatre ont moins de 35 ans, incarnant un renouveau et une féminisation des élites politiques finlandaises.

Sanna Marin fera sa première apparition internationale lors du Sommet des chefs d’État et du gouvernement de l’Union européenne le 12 décembre prochain à Bruxelles.