Le Brésil, pays d’Amérique latine où la police tue plus d’afro-descendants qu’aux États-Unis…

Aux États-Unis, la mort de George Floyd a non seulement mis le feu aux poudres dans « the land of freedom » comme au Brésil, pays où le racisme et la brutalité policière sont aussi un grave problème. 

#VidasNegrasImportam : le Black Lives Matter Brésilien

Le meurtre de George Floyd a déclenché des discussions sur la férocité des forces de l’ordre aux États-Unis et dans d’autres pays tels que le Brésil. Il n’existe pas de données suffisamment consistantes sur le nombre de personnes qui perdent la vie lors d’interventions policières tant au Brésil qu’aux États-Unis. Des données officielles sont difficiles à obtenir : il s’agit d’un sujet extrêmement délicat pouvant mettre en question l’action des pouvoirs publics.  Mais des bases de données ont malgré tout été constituées. Selon la Fatal Force — le décompte des décès imputables aux policiers aux États-Unis établi par le Washington Post — entre 2015 et 2019, les Afro-Américains représentaient 26,4 % de l’ensemble des décès. 

Cela signifie qu’un citoyen de descendance africaine est deux fois plus susceptible de mourir à la suite d’une action policière que tout autre citoyen étasunien. Et le risque est encore plus grand si on le compare uniquement à la population blanche. Cependant, la situation au Brésil semble être encore plus alarmante qu’aux États-Unis. La police tue beaucoup plus de personnes d’origine africaine qu’aux États-Unis, tant en termes absolus que proportionnels. 

« Bien qu’ils représentent 55 % de la population brésilienne, les noirs représentent 75,4 % des personnes tuées par la police », peut-on lire dans l’édition 2019 de l’annuaire de la sécurité publique brésilienne du Forum brésilien pour la sécurité publique (FBSP). Étant donné que la police brésilienne tue beaucoup plus de personnes que la police étasunienne — environ 18 personnes par jour, soit 10,8 % de tous les homicides dans le pays — la différence en chiffres absolus est également frappante. 

Au Brésil, la police est beaucoup plus meurtrière qu’aux États-Unis. Elle serait responsable d’environ 6 000 décès par an contre 1000 décès annuels. Ainsi, selon le décompte du Washington Post, aux États-Unis, le nombre de décès dûs à la police en 2018 s’élève à 998, dont 229 Afro-Américains. Cette même année, le FBSP a recensé 6 220 décès lors d’opérations de police, dont 4 991 décès de descendants africains. 

« Impossible donc de nier le préjugé racial qui compose la violence au Brésil ; il s’agit de l’expression la plus évidente du racisme dans notre pays »

« Les blancs représentent 44,2 % de la population (du Brésil), mais ne sont que 24,4 % de ceux qui sont victimes de la létalité policière », note également l’annuaire de la FBSP. 

« Impossible donc de nier le préjugé racial qui compose la violence au Brésil ; il s’agit de l’expression la plus évidente du racisme dans notre pays », lit-on encore dans le document. 

Les violences policières au Brésil : une question de racisme et de discrimination sociale

La question de la race au Brésil est bien sûr un élément très important. Mais il y a aussi la question de la pauvreté. La plupart des victimes d’homicide vivent dans les quartiers les plus pauvres ou les favelas. Ainsi, au Brésil, la plupart des personnes qui sont tuées par la police sont non seulement d’origine africaine, mais ils sont aussi pauvres. Tout comme dans l’Amérique latine, les forces de l’ordre au Brésil adoptent une logique très violente : celle de la confrontation. Mais la société en général croit aussi que « le bon bandit est celui qui est mort. », si on prend un dicton brésilien fortement répandu parmi l’ensemble des Brésiliens.

Il y a donc cette conviction assez diffuse parmi l’ensemble de la société que pour que la justice soit faite, il faut tuer certaines personnes. Mais c’est précisément là que le racisme explique la plus grande vulnérabilité de la population noire. Lorsqu’un policier brésilien agit avec une personne d’origine africaine, il voit souvent un criminel. Pourquoi ? Parce qu’il existe un ensemble de travaux soi-disant scientifiques, produits dès la fin du XIXe siècle, qui montrent que les personnes d’origine africaine auraient une plus grande propension à la criminalité.

Nombreux sont ceux qui s’accordent à dire qu’au Brésil, le problème s’est aggravé sous l’administration de Jair Bolsonaro. L’une des propositions électorales de celui-ci était que la police pourrait et devrait tuer davantage pour des questions sécuritaires.

Le président du Brésil encourage ainsi la violence policière. Ses propositions au nom de la sécurité sont un encouragement pour la police à utiliser ses armes. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que la violence policière se développe. En 2014, le nombre moyen de décès quotidiens aux mains de la police était de six, et quatre ans plus tard, il est passé à 18. Des chiffres très inquiétants pour la société brésilienne !

© Getty Images

Christo : « Il avait l’art de susciter la controverse »

L’artiste plasticien Christo, était connu pour « emballer » les grands monuments du monde comme le Pont-Neuf à Paris et le Reichstag à Berlin. Voici le parcours qui retrace sa carrière de son pays natal la Bulgarie, à la ville de New York, où il résidait pendant 54 ans.

L’ART D’EMBALLER SON MONDE

L’artiste, né Christo Vladimirov Javacheff, en Bulgarie, « est mort de causes naturelles le 31 mai 2020 chez lui à New York », selon un message de son bureau publié sur son compte officiel de Facebook.

Il était l’un des artistes contemporains les plus célèbres au monde, connu pour ses grandes interventions artistiques qui suscitaient autant de controverses que d’admirateurs.

« Christo a vécu sa vie au maximum, non seulement en rêvant de ce qui lui semblait impossible, mais en le réalisant. Son travail et celui de Jeanne-Claude a rassemblé des gens lors d’expériences communes à travers le monde et il continue à vivre dans nos cœurs et nos mémoires », peut-on y lire.

Selon les informations, Christo et sa femme, Jeanne-Claude, ont toujours exprimé l’intention de poursuivre leur travail après leur respective mort.

UNE DÉSACRALISATION FLAGRANTE DES LIEUX ET DES MONUMENTS

Pour cette raison, répondant à un souhait de l’artiste, la mise en scène de l’œuvre « L’Arc de Triomphe, enveloppé », à Paris, reste prévue du 18 septembre au 3 octobre 2021.

Une exposition sur l’œuvre et l’époque où Christo et Jeanne-Claude ont vécu à Paris sera présentée cette année, du 1er juillet au 19 octobre, au Centre Georges Pompidou, dans la capitale française.

Dès 1994, les œuvres de plus grande envergure de Christo et Jeanne-Claude étaient signées par le duo. Celui-ci a notamment enveloppé le Pont Neuf à Paris. Christo et Jeanne-Claude ont par ailleurs réalisé le Valley Curtain aux États-Unis, un rideau de tissu orange de plus de 18 000 mètres carrés, suspendu entre deux montagnes du Colorado !

Aperçu des oeuvres de Christo et Jeanne-Claude

LE FOUGUEUX DUO, CHRISTO ET JEANNE-CLAUDE

Lorsqu’il a rencontré sa future épouse en 1958, Jeanne-Claude Denat de Guillebon, Christo était un réfugié bulgare qui venait d’arriver à Paris. Pour survivre, il a peint des portraits à l’huile, principalement de femmes et d’enfants.

Certains coiffeurs l’ont recommandé à des clientes fortunées. Une de ces dames vivant dans un château lui commande un portrait. C’est ainsi que le garçon qui peignait des portraits et l’une des filles à qui on faisait des portraits se sont rencontrés et tombés amoureux.

Ils ont fini par rester ensemble. D’abord contre la volonté de la famille de la jeune fille puis ont vécu et travaillé en duo jusqu’en 2009, date à laquelle Jeanne-Claude est décédée. Ils ont par la suite déménagé à New York où ils y vécurent pendant 56 ans.

À travers leurs projets monumentaux en plein air, Christo et Jeanne-Claude ont « emballé » des monuments dans différentes parties du monde.

Le monde de la musique uni pour George Floyd et contre le racisme

Un certain nombre de labels discographiques et de personnalités de l’industrie de la musique organisent un black-out mardi 2 juin, en hommage à George Floyd et la communauté afro-américaine contre le racisme.

Le meurtre de l’afro-américain George Floyd par un policier a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Un black-out est prévu demain, le 2 juin. Celui-ci réunit plusieurs maisons de discographie et des personnalités importantes de l’industrie musicale. Cette initiative est une façon de montrer la solidarité avec George Floyd et l’union avec la communauté afro-américaine contre le racisme systémique de la société américaine. 

« Le spectacle doit s’arrêter », tel est le slogan de l’initiative

Des labels discographiques tels que Warner, Universal, Sony, Columbia Records, le label britannique Dirty Hit, entre autres, se sont joints à la manifestation de solidarité contre le racisme. 

Dans un message publié sur les réseaux sociaux au nom de certains de ces labels, on peut lire qu’il s’agit d’une « action nécessaire afin de promouvoir la responsabilité et le changement. » « En tant que gardiens de la culture », lit-on, « il est de notre responsabilité de nous rassembler non seulement pour célébrer les victoires, mais aussi pour nous soutenir les uns les autres lors des défaites. » Le message se termine par le hashtag « le spectacle doit être arrêté. »

Columbia Records a été l’un des premiers labels à réagir contre la brutalité de la mort de George Floyd, décédé le 25 mai aux mains de la police, avec la publication d’un message à la fin de la semaine dernière : « Nous sommes avec la communauté noire et contre toute forme de racisme, de fanatisme et de violence. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons utiliser nos voix pour nous exprimer et contester les injustices qui nous entourent ». 

« Nos amis noirs ne vont pas bien, nos familles noires ne vont pas bien, et nous ne sommes pas, et ne pouvons pas être, OK », lit-on dans le compte Instagram du distributeur Caroline. Le groupe Universal a quant à lui opté pour une phrase de Martin Luther King : « Le temps est venu où le silence est une trahison. »

Floyd, une figure du rap à Minneapolis

À Minneapolis, George Floyd travaillait comme agent de sécurité dans un bar de la ville. Mais ses amis le connaissaient aussi comme rappeur. George Floyd a lui aussi été un artiste. Il appartenait au groupe, la Screwed Up Click, et a été également à l’origine d’un label, Screwed Up Records.

Le rap connaît ses origines dans la dénonciation des violences policières et raciales. La mort de Big Floyd, son nom d’artiste, a touché de plein fouet la communauté musicale de Minneapolis, florissante depuis longtemps. De nombreux artistes locaux ont réagi à cette affaire, surtout beaucoup de membres de la communauté hip hop.

Ice Cube par exemple, l’un des très grands auteurs du rap gangsta, qui s’est exprimé ces jours-ci, racontait déjà cette même histoire avec le groupe NWA. Notamment sur le morceau Niggaz 4 life, sorti le 28 mai 1991 : 29 ans presque jour pour jour avant la mort de George Floyd.

De Bon Iver à Billie Eilish, les artistes révoltés contre le meurtre de Floyd

Ces derniers jours, de nombreuses voix du monde de la musique se sont élevées pour demander justice pour George Floyd, l’une des dernières victimes des violences policières aux États-Unis.

Alors que d’immenses manifestations ont lieu depuis l’assassinat de Floyd et que plus de 4100 personnes ont été détenues, des artistes se sont également engagés dans cette lutte pour la justice. Nombreux sont ceux qui ont exprimé leur colère et leur soutien à la cause des Afro-Américains, dans la rue ou à travers les réseaux. 

Taylor Swift a critiqué les interventions du président Trump qui appelait à la violence contre les manifestants. Bon Iver a fait un don de 30 000 dollars au fonds commémoratif de George Floyd. De Cardi B à Lady Gaga, de Dr Dre à Rihanna ou Billie Eilish, beaucoup ont été les voix de la musique populaire à se faire entendre. 

Beyoncé a partagé une vidéo où elle affirme qu’il ne faut surtout pas « normaliser la douleur » qui est ressentie face à l’injuste meurtre de George Floyd.

Rihanna exprime son ahurissement face au « regard de pure joie et de plaisir sur le visage de ce fanatique, assassin, voyou, porc », celui de Derek Chauvin, le policier qui s’est agenouillé lourdement sur le cou de Floyd pendant plusieurs minutes. L’ « ambulancier qui vérifie si Floyd respire toujours ne tente même pas d’empêcher [Derek Chauvin] de poursuivre son agression ! » Cela choque Rihanna et n’importe quelle personne qui regarde ces longues minutes d’agonie face à l’indifférence non seulement de professionnels du maintien de l’ordre mais aussi de la santé.

De son côté, Billie Eilish a également utilisé Instagram afin de montrer son exaspération face aux personnes adeptes du « All Lives Matter« , dans un long texte engagé. 

« Si j’entends une autre personne blanche dire « All Lives Matter » une nouvelle putain de fois, je vais perdre ma putain de raison. Allez-vous fermer votre putain de gueule ? […] Arrêtez de tout ramener à vous. Vous n’êtes pas dans le besoin. Vous n’êtes pas en danger. […] Si toutes les vies se valent, pourquoi les personnes noires sont-elles tuées uniquement parce qu’elles sont noires ? […] Nous devons nous occuper du problème de centaines d’années d’oppression des personnes noires. »

Des messages qui doivent nous rappeler qu’en France, aussi, il y a des violences policières. Camélia Jordana a d’ailleurs récemment dénoncé les violences policières sur le plateau de ONPC suscitant une vive polémique. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner condamne un propos « mensonger ».

Le meurtre de George Floyd et les manifestations de Minneapolis : visualisez la chronologie des faits

L’officier Derek Chauvin a tué George Floyd lundi 25 mai à Minneapolis, aux États-Unis. Le pays tout entier n’arrivait plus à respirer suite à ce tragique évènement. Désormais, la population crie en signe de protestation.

Lundi, un homme noir non armé a été tué à Minneapolis lorsqu’un officier qui l’avait arrêté s’est agenouillé sur son cou pendant plus de huit minutes après avoir été appelé au sujet d’une contrefaçon présumée. Vendredi, la ville était en flammes et le président Donald Trump a pris pour cible à la fois les manifestants et Twitter – dénonçant les premiers comme des « voyous » et les seconds comme étant des propagandistes.

Comment les États-Unis en sont arrivés là ? Non seulement ils sont en pleine pandémie internationale comme ils sont en année électorale. Même lors du confinement, le meurtre de citoyens noirs non armés persiste. 

En février, Ahmaud Arbery, 25 ans, a été tué par deux hommes blancs alors qu’il faisait son jogging en Géorgie. Une vidéo de sa mort a fait surface en mai pour que les hommes soient arrêtés. En mars, l’ambulancière Breonna Taylor a reçu au moins huit balles lorsque la police a pénétré de force dans son appartement pour un mandat d’arrêt dans le cadre d’une enquête sur les stupéfiants. Depuis, la famille de Taylor a intenté une action en justice contre les officiers de police en question pour mort par négligence, force excessive et négligence grave. Il n’y avait pas de drogue dans l’appartement.

George Floyd, 46 ans, est le dernier afro-américain à avoir été tué par la police – une mort qui a déclenché un véritable incendie à Minneapolis, où il est mort. Nous avons compilé ci-dessous une chronologie de ce que l’on sait de sa mort, ainsi que des manifestations qui ont eu lieu depuis.

Lundi 25 mai 2020

Un utilisateur de Facebook publie une vidéo dans laquelle George Floyd, 46 ans, est assassiné par la police devant le magasin de proximité de Cup Foods à Minneapolis : « Ils l’ont tué juste en face de Cup Foods, au sud de la 38e et de Chicago ! Aucun type de sympathie. »

La vidéo montre un agent de police blanc agenouillé sur le cou d’un homme noir au milieu de l’arrestation. L’homme, M. Floyd, dit à plusieurs reprises au policier qu’il ne peut pas respirer. Au bout de quelques minutes, l’homme cesse de bouger, mais le policier continue de s’appuyer longuement sur son cou. Des spectateurs demandent à l’officier de le relâcher. « Il ne résiste même pas à l’arrestation, mon frère », dit l’un d’entre eux, tandis qu’un autre informe l’officier que Floyd saigne du nez et qu’il semble s’évanouir.

Selon une déclaration du département de police de Minneapolis, des agents ont été appelés à Cup Foods pour enquêter sur une possible contrefaçon. Floyd — qui était soupçonné d’avoir donner un faux billet de 20 dollars — était dans sa voiture lorsque la police est arrivée et lui a ordonné de sortir du véhicule. Selon le porte-parole de la police, John Elder, Floyd a « résisté physiquement aux agents ». Les policiers ont réussi à mettre les menottes au suspect. Floyd a par la suite été emmené à l’hôpital et a fini par mourir.´

Mardi 26 mai 2020

Le FBI et le Minnesota Bureau of Criminal Apprehension commencent à enquêter sur l’incident, et les quatre officiers impliqués ont été licenciés. « C’est la bonne décision », a déclaré le maire de Minneapolis, Jacob Frey, sur Twitter. « Être noir en Amérique ne devrait pas être une condamnation à mort », a-t-il écrit sur Facebook. « Pendant cinq minutes, nous avons regardé un officier blanc enfoncer son genou dans le cou d’un homme noir. Cinq minutes. Quand vous entendez quelqu’un appeler à l’aide, vous êtes censé l’aider. Cet officier a échoué dans le sens le plus élémentaire et le plus humain du terme. Ce qui s’est passé à Chicago et sur la 38e hier soir est horrible. C’était traumatisant. Cela nous rappelle jusqu’où nous devons aller. »

La cousine de Floyd, Tera Brown, a demandé que les quatre policiers licenciés impliqués dans l’affaire soient inculpés de meurtre.

Ce soir-là, les manifestants se sont rassemblés dans les rues de Minneapolis en scandant « Je ne peux pas respirer. »

Mercredi 27 mai 2020

Le département de police de Minneapolis a révélé les noms des agents licenciés après l’incident : Derek Chauvin, Thomas Lane, Tou Thao, et J. Alexander Kueng (par l’intermédiaire du New York Times). Lors d’une conférence de presse, le maire Frey a demandé aux procureurs de porter des accusations fédérales contre ces hommes. « Je veux qu’une accusation soit portée », a-t-il déclaré. « Je veux que justice soit faite pour George Floyd. »

Jeudi 28 mai 2020

Les procureurs ont continué à enquêter pour savoir s’il fallait ou non inculper Derek Chauvin, l’officier qui a tué Floyd. L’absence d’action des autorités a cependant accéléré les protestations près du troisième commissariat de police de Minneapolis. Les participants ont finalement mis le feu au poste de police, selon le New York Times. Des protestations ont également éclaté à New York, Denver, Phoenix Columbus et Ohio. Des manifestants se sont également réunis à Louisville, dans le Kentucky, pour protester contre la mort de Breonna Taylor, une femme noire qui a été abattue par la police alors qu’elle se trouvait dans sa propre maison en mars.

Vendredi 29 mai 2020

Le président Donald Trump dénonce les manifestants, en tweetant : « Ces MALFRATS déshonorent la mémoire de George Floyd, et je ne laisserai pas cela se produire. Il vient de parler au gouverneur Tim Walz et lui a dit que les militaires sont avec lui jusqu’au bout. Face à toute difficulté et nous reprenons contrôle mais, quand les pillages commencent, les tirs commencent ». Twitter signale le tweet avec la lecture d’un message : « Ce tweet a violé les règles de Twitter concernant la glorification de la violence. Cependant, Twitter a déterminé qu’il pourrait être dans l’intérêt du public que le Tweet reste accessible ». 

C’est la première fois que Twitter signale un des tweets du président comme étant contestable. Cette décision intervient quelques jours après que la plateforme ait ajouté une option de vérification des faits à certains des tweets de M. Trump qui diffusent de fausses informations concernant le vote par correspondance, l’incitant à menacer de fermer Twitter. Par répercussion, M. Trump signe un décret visant à renforcer la capacité du gouvernement à réguler les sites de médias sociaux.

Sans se décourager, le président a passé la matinée à tourner en dérision Twitter et toute cette situation. Il tweete : « La Garde nationale est arrivée sur les lieux. Ils sont à Minneapolis et tout à fait prêts. George Floyd ne sera pas mort en vain. Respectez sa mémoire !!! »

Pendant ce temps, une équipe de reporters de CNN a été arrêtée alors qu’elle couvrait les manifestations de Minneapolis. Le correspondant Omar Jimenez, le producteur Bill Kirkos et le cameraman Leonel Mendez ont été arrêtés par la police d’État du Minnesota alors qu’ils couvraient les fermetures de rues. Les journalistes ont été libérés vendredi matin, peu après leur arrestation. Le gouverneur du Minnesota, M. Walz, aurait présenté ses excuses au président de CNN, Jeff Zucker. Jimenez a repris l’antenne peu après sa libération, notant que les forces de l’ordre n’ont « pas été violentes » avec lui, et que l’un des officiers lui a dit qu’ils « suivaient simplement les ordres ».

Dans l’après-midi, Chauvin a été mis en détention par les autorités. Le policier a été accusé de meurtre au troisième degré et d’homicide involontaire. M. Frey, le maire, a mis en place un couvre-feu le vendredi à partir de 20 heures, heure locale, qui s’est étendu sur tout le week-end. L’avocat de la famille de George Floyd, Benjamin Crump, a déclaré à CNN qu’ils attendent les résultats définitifs de l’autopsie du bureau du médecin légiste mais qu’ils « lui donneront des funérailles correctes et aussi une autopsie indépendante car ils ne font pas confiance… à la ville de Minneapolis ».

Samedi 30 mai 2020

Les principaux comptes Twitter des hackers Anonymous ont promis de divulguer les « nombreux crimes » des policiers de Minneapolis. Le site web du commissariat a aussi été piraté : Anonymous est là aussi suspecté. À New York, deux voitures de police ont avancé dans une foule de manifestants qui protestait contre les violences policières. Des manifestants ont été projetés au sol mais il n’y a pas eu de blessés, selon les médias américains.

Dimanche 31 mai 2020

Les manifestations suite à la mort de George Floyd se poursuivent dans l’ensemble du territoire américain et l’armée a été déployée dans plusieurs villes. Des affrontements ont eu lieu près de la Maison-Blanche à Washington DC, et Donald Trump a dû se réfugier dans un bunker souterrain. Une page Facebook se revendiquant du collectif de hackers « Anonymous » a posté une vidéo menaçant la police de Minneapolis. Certains internautes leur ont attribué l’attaque des sites internet de la ville et de la police, qui étaient inaccessibles samedi.

Lundi 01 juin 2020

Les tweets de M. Trump concernant les « Antifa » répandent encore plus le chaos. En réponse aux nombreuses protestations, le président Trump a tweeté que les États-Unis désigneront les Antifa comme une organisation terroriste. L’Antifa, qui signifie antifasciste, est un groupe large et décentralisé de personnes ayant des convictions libérales qui ne sont pas conformes à la plate-forme traditionnelle du Parti démocrate. 

Cette décision par l’administration Trump pose plusieurs problèmes. Certains responsables gouvernementaux anciens et actuels ont déclaré qu’il serait inconstitutionnel de qualifier de terrorisme une activité protégée par le premier amendement aux États-Unis. De nombreux experts considèrent que la revendication du président est davantage une prise de position qu’une mesure politique. Des policiers se sont agenouillés en signe de solidarité avec les manifestants dans plusieurs villes américaines.

Mardi 02 juin 2020

Les protestations se poursuivent le septième jour consécutif, à travers les Etats-Unis. Les manifestants affirment que l’accusation de meurtre au troisième degré et d’homicide involontaire concernant M. Chauvin ne va pas assez loin, et demandent que les autres officiers impliqués soient également inculpés. Un certain nombre de labels discographiques et de personnalités de l’industrie de la musique se sont organisés pour un black-out aujourd’hui.

Au moins 40 villes ont imposé des couvre-feux et des membres de la Garde nationale ont été activés dans au moins 23 États et à Washington DC. Dans la capitale, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants pacifiques près de la Maison Blanche, peu avant que le président Trump ne se rende dans une église voisine et ne prenne une photo.

Une autopsie indépendante a révélé que Floyd était mort d’ « asphyxie due à une pression soutenue », tandis que le médecin légiste du comté de Hennepin n’a trouvé « aucune constatation physique » permettant de « confirmer un diagnostic d’asphyxie traumatique ou de strangulation ».

Suivi continu.