(Municicaqs #16) Lyon passe au vert ?

Après Toulouse, Montpellier ou Nantes, CAQS s’arrête, le temps d’un article, à Lyon, troisième plus grande ville de France. Gérard Collomb maire depuis 2001, n’a pas su convaincre pour ce premier tour des élections municipales. Alors qui prendra sa place à la mairie ?

Ce premier tour a recensé 61% taux d’abstention. À Lyon, le mouvement EELV se place largement en tête du premier tour. Grégory Doucet remporte 28,46% des voix, avec une avance de 11% sur le précédent candidat, Etienne Blanc, candidat LR avec 17% de voix. Dans la ville, on vote par arrondissement, seul un n’a pas voté EELV. Les verts sont favoris à Lyon.

Les trois têtes de listes

Grégory Doucet, 46 ans, aucun mandat, jamais élu. Liste écologiste en tête au premier tour et le favori de cette élection. Pour le second tour il décide de fusionner avec les deux listes de gauche, la France Insoumise et le Parti Communiste. Il est jugé « extrémiste » par ses adversaires du second tour, car il ne défend que l’écologie.

Yann Cucherat, 40 ans, est depuis 2014 l’adjoint aux sports, au tourisme et aux grands événements de Gérard Collomb qui souhaiteraient bien le voir à sa place. Il se présente sous l’étiquette politique de la République en marche. Eric Blanc, candidat des Républicains, deuxième avec 17% des voix, a décidé de se rallier avec le candidat marcheur, avec 14,92% des voix.

Yann Cucherat, candidat LREM crédit photo : DufournetY

Georges Képénékian, 70 ans, a été maire de Lyon quand Gérard Collomb était ministre de l’intérieur. À son retour il est devenu premier adjoint. Malgré les alliances de ses adversaires, il a décidé de continuer le second tour seul, mais avec 121 colistiers. Pour le candidat, Yann Cucherat, « Georges est trop centré sur un intérêt personnel pour pouvoir faire équipe pour la cause des Lyonnais. Selon lui la relation interpersonnelle de Georges et Gérard a joué « .

crédit photo : ctuaLitté, George Képénékian, candidat à la mairie de Lyon

Tourisme divisé

Les enjeux pour ses élections sont la relance économique, principalement, et le tourisme. Lyon a reçu 6,5 millions de touristes, 30% de la clientèle est étrangère, principalement américaine. Avec la crise et l’arrêt des activités professionnelles (restauration, culturelle), la perte est d’environ 2 milliards d’euros. Puis il y a la question culturelle et les grands événements. Cette ville à fort potentiel connait une chute du tourisme conséquente.

Pour le candidat EELV, il faut limiter les transports aériens car 75% des touristes viennent à Lyon sont des Français. « Nous devons aller vers un tourisme plus responsable. Investir dans les trains de nuit, développer le tourisme à vélo, d’abord pour le marché intérieur mais qui soit plus responsables.« 

Pour Yann Cucherat, la ville doit continuer et développer le tourisme en attirant la clientèle étrangère, « cela rendra la ville plus agréable« . Il n’est pas d’accord avec l’idée des trains de nuit, comme le propose Grégory Doucet.

« Il y a déjà longtemps, Lyon a choisi un tourisme qualitatif et non de masse. Il ne faut pas bouger trop vite, les petits commerces, la restauration, ont besoin d’être soutenue. Le tourisme c’est aussi des taxes qui viennent enrichir les caisses de la ville. » déclare Georges Képénékian. Il n’est pas pour une augmentation des taxes pour des projets plus grands : « Doucet augmenterait les taxes pour réaliser des projets aussi ambitieux. On ne peut pas passer d’un bord à l’autre aussi radicalement.« 

Lyon est la ville de province la plus chère, 4 979 euros le m2. Le prix du m² a augmenté de 10% en 2019. Le dossier AirbnB est rentré en jeu dans le débat. Il faut d’après G.Doucet : « faire appliquer la réglementation. Pas besoin dinterdire Airbnb mais seulement respecter la réglementation. » Georges Képénékian trouve une forme d’injustice :  » AirbnB enlève la location aux autres. »

Difficulté de se loger ?

La question a été posée très clairement aux candidats : comment faire aujourd’hui pour les gens qui n’ont plus les moyens de vivre à Lyon ? Construire et contrôler le foncier c’est les choix et engagements des trois candidats.

Yann Cucherat propose :

  • construire des logements supplémentaires pour répondre à la demande.
  • maitriser le foncier c’est contrôler le prix de sortie de la location ou de l’achat.
  • Ville pas très haute, on peut imaginer construire un petit peu plus haut.
  • Travailler sur la mixité sociale. Dans un même appartement on peut trouver des logements sociaux, intermédiaires et primo.
  • Propositions de 500 logements par an dans le mandat.

Le candidat écologiste favori, Grégory Doucet suggère :

  • Rééquilibrer entre la construction de bureau et de logements.
  • Limiter la construction de bureaux pour faire de ce quartier un quartier à vivre.
  • Rajouter des espaces de fraicheurs avec les canicules à venir, besoin d’enlever du bitume pour y planter des arbres.
  • Investir dans la qualité de vie.
  • Investir dans la rénovation des bâtiments pour faire baisser la facture de chauffage pour les propriétaires, pour les locataires.

Pour Georges Képénékian : « Il y a une concurrence entre la disponibilité du foncier et la demande des gens qui viennent. Construire pour avoir une part de logements sociaux, une part d’accès priorité et négocier en s’appropriant du foncier pour qu’on en retrouve sa maîtrise ».

Le Parti écologiste a fait l’unanimité dans les arrondissements de la troisième plus grande ville. La plupart des électeurs veulent plus de verdure dans leur ville.

(ÉDITO) Djihadisme : les enfants innocents

Dix enfants résidant en Syrie ont été expatriés en France hier. Depuis la chute de l’État islamique seulement 28 enfants franco-syriens ont été rapatriés, alors qu’on en recense 250. La France tente de se racheter une conscience politique et humaine en « sauvant » des enfants syriens d’origine française.

Aimeriez-vous qu’on vous définisse constamment aux paroles et aux actes de vos parents en vous rappelant sans cesse « tu es l’enfant de… » ? Pourquoi le faire avec ces enfants syriens ? Je n’emploierai pas l’expression « enfants de djihadiste », ce serait les condamner à de la haine, à du mépris et à de la méfiance. Ils n’ont pas eu cette chance de naître au bon endroit, ni au bon moment. La famille n’est pas choisie, mais subie. Alors pourquoi leur faire porter le chapeau ?

Ces enfants à part entière ne sont pas des terroristes, ni même des bombes à retardement, comme certains se cantonnent à l’exprimer. Caractériser des enfants qui s’endorment sous la menace des bombes, sous le bruit assourdissant provoqué par le fracas de la destruction est immoral et condamnable dans les instances du bon sens. 

Envie de devenir

En France, malgré les tourments quotidiens de chacun, nous avons le choix de nos vies et surtout, le plus important, de notre devenir. Si nous ramenons ces futurs adultes sans arrêt à cette étiquette, on les stigmatise à tel point que leur identité ne leur appartient plus, elle est sous l’emprise de ceux qui les rejettent, les jugent. L’entité humaine ignore l’envie de devenir de ses enfants. Nous ne connaissons ni leurs passions, ni leurs envies, ni leurs peurs, ni leurs rêves. Donnons leur une chance de sortir du carcan de leurs parents endoctrinés par une croyance morbide. 

Accueillir ou non ?

Le 16 janvier 2020, le rapatriement de ces enfants en Syrie est demandé par l’ONU.  Une commission d’enquête indépendante a été créée en 2001 par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU pour alerter que ces enfants sont dans une grande précarité et ne possèdent pas de document d’identité. La commission priorise les enfants orphelins.  «Les États ont des obligations bien définies de protéger les enfants, y compris contre l’apatridie. Ne pas respecter ces principes fondamentaux constituerait une dérogation claire à cette obligation», a déclaré Hanny Megally, membre de la Commission. Ce rapport annonce aussi que «les mères devraient être rapatriées avec leurs enfants pour garantir le respect du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant». 

Le droit fondamental de l’enfant dit : « Les enfants qui ont dû fuir leur pays, à cause de la guerre ou d’une catastrophe naturelle, ont le droit d’être protégés par le droit International, qu’il soient seuls ou accompagnés. Les États doivent subvenir à leurs besoins alimentaires et sanitaires, les protéger et les aider à retrouver leur famille ».

Ces enfants sont pris en charge par les services sociaux afin d’établir un suivi psychologique conséquent, dû aux nombreux traumatismes de guerre. Un endoctrinement est établi chez ces enfants, mais en fonction de l’âge, les conséquences sont diverses. Un enfant de 3 ans n’aura pas la même prise en charge qu’un enfant de 13 ans sur le plan psychologique.

La France, pays des droits de l’homme, est obligée d’accueillir ces enfants. Ils ont vécu la guerre, la souffrance, la peur, la violence. La France fraternelle doit abriter ces enfants traumatisés. Ils n’y sont pour rien dans la bêtise humaine.

Aucun enfant ne devrait subir de violences, morales ou physiques. Le monde politicard ne sait ce que ses enfants endurent. Aucun ne tente de les sauver, de leur donner une vie meilleure en les accueillant. Voilà la complicité du monde. Ne pas les secourir, c’est les condamner à suivre le chemin de leurs parents. Les politicards ne font pas de différenciation. Ils rendent coupables les enfants, innocents, des actes haineux de leurs parents.

En 2017, suite à la crise migratoire, le monde entier était face à Aylan, 3 ans, mort échoué sur la plage. Les Hommes criaient « plus jamais ça ». L’innocence noyée par l’absurdité des « grands hommes » avides de pouvoir. Où en est-on de cette conscience humaine aujourd’hui, quand les politiques voudront instaurer un quota de rapatriement ? Certaines vies valent plus que d’autres.

(Municicaqs #11) – Villeurbanne : le changement ? C’est maintenant !

Dans 7 jours, Villeurbanne connaîtra le visage de son nouveau maire. Après Lille, Bordeaux, Strasbourg et Perpignan, CAQS continue son tour de France en s’arrêtant, le temps d’un article, dans la vingtième plus grande ville de l’hexagone. Dans cette banlieue lyonnaise, le maire depuis 2001 ne se représentera pas. Son « Dauphin » prendra-t-il sa place ?

Depuis 1947, Villeurbanne, plus grande banlieue de France, est sous l’étiquette socialiste. Cela ne risque pas de changer avec ces nouvelles élections municipales. Jean-Paul Bret, maire de la ville gratte-ciel, depuis 2001, ne se représentera pas pour les municipales. Il laisse donc sa place au candidat socialiste Cédric Van Styvendael. Cet inconnu des villeurbannais est le « dauphin » du maire actuel. Au premier tour des municipales, le taux d’abstention s’élève à 30,80% et le scrutin recense 0,80% de vote blanc. Cédric Van Styvendael est en tête avec 33% des voix au premier tour, il passe devant le parti EELV avec 27,48%. Une alliance entre les verts et les socialistes? C’est signé pour le second tour. 

Une alliance inédite

La gauche et Les Verts s’unissent pour prendre la tête de la banlieue lyonnaise. Face à cette alliance, le candidat de la République en marche Prosper Kabalo a réuni 14,70% des votes. Un deuxième tour sans grande surprise, avec de fortes chances que l’alliance (PS-EELV) menée par Cedric Van Styvendael et Béatrice Vessiller sorte vainqueur.  

Les trois têtes de liste qualifiées

Le candidat socialiste Cédric Van Styvendael, inconnu de tous est arrivé en tête du premier tour à Villeurbanne. Ce novice de la politique a 46 ans et habite la ville depuis 15 ans. Il a su rallier toutes les tendances de la gauche. Pour le second tour, il va s’allier avec Les Verts (EELV). Il a occupé le poste de directeur d’Est Métropole Habitat (EMH). 

Crédit photo : Le candidat socialiste d’union des gauches, Cedric Van Styvendael, le 22 janvier à Villeurbanne (Rhône). ALEX MARTIN / AFP

Béatrice Vessiller, candidate EELV, vice-présidente de la Métropole et conseillère municipale d’opposition. Elle est aussi ingénieure et enseigne à l’ENTPE. Elle a rejoint la liste de Cédric Van Styvendael, Villeurbanne en commun. Elle devient la numéro deux de la liste. Elle peut offrir 12 à 13 places éligibles à ses équipes. 

Crédit photo : Béatrice Vessiller – LyonMag

Face à cette équipe favorite, le candidat de la République en marche, Prosper Kabalo. « Je suis arrivé à Villeurbanne à 12 ans, je n’en suis plus jamais parti. C’est dire si je connais bien cette ville où j’ai grandi, travaillé, fondé ma famille ». 

Cinquante ans qu’il habite l’agglomération lyonnaise, âgé de 64 ans il est adjoint au maire depuis 2001. Doyen de l’élection municipale, il est aussi conseiller métropolitain depuis 2008 et plus récemment, en 2017, vice-président de la Métropole. Sa liste a réuni le Modem et l’UDI en plus des marcheurs. 

« La sécurité doit être une priorité absolue des pouvoirs publics », estime Prosper Kabalo, au lendemain de la fusillade survenue au Tonkin. Photo d’archives Progrès/Jerome MORIN

Des enjeux sociaux

Avant de fleurir et arborer ses rues, cette vingtième ville de France doit combattre l’inflation du prix du m2 et l’insécurité provoquée par le trafic de stupéfiant. Dans cette grande banlieue, comment les candidats comptent-ils s’y prendre pour lutter contre les inégalités sociales ?

Villeurbanne connaît une augmentation de plus de 13 000 habitants sur ses dix dernières années. Elle est donc la banlieue la plus peuplée, en plus d’être la plus grande, avec presque 150 000 habitants. Le taux de pauvreté accroit et atteint aujourd’hui 19%.

Le logement est un enjeu prioritaire pour le prochain maire. D’après le site immobilier seloger.com, le prix a augmenté de 12,7% en 2019, soit 3 450 euros le m². Un record en métropole. Pour toutes nouvelles constructions, les candidats se divisent, certains sont pour une accélération et d’autres pour un ralentissement d’obtention des permis de construire. Il y a une croissance de 12 499 logements en résidence principale, passant de 64 535 à 77 034, entre 2006 et 2018. 

Encadrement des loyers : « fausse bonne idée » ? 

Villeurbanne compte un quart de logements sociaux dans toute la ville. Point de vue divergent pour les têtes de liste : ralentir la construction ou bien la continuer. 

Pour Béatrice Vessiller, elle prône le ralentissement des sorties de terre, « ce qui doit être construit soit à des prix accessibles ». Elle souhaite aussi laisser des espaces verts pour la qualité de vie des villeurbannais. La hausse des loyers est un combat pour le futur maire, une proposition pour la candidate : « l’encadrement des loyers pour le parc locatif est indispensable pour que ce soit accessible. Cela permettra aux locataires d’avoir des loyers abordables ». Une mesure soutenue par le candidat de gauche, Cédric Van  Styvendael. Pour défendre l’encadrement des loyers, qui rend sceptique ses adversaires, il ajoute au propos de la militante écologique : « cette mesure ne concerne que les loyers qui dépasse 20% du prix sur une zone bien précise. Elle vise juste à limiter les excès, c’est 10 à 15% des logements de Villeurbanne ». L’adversaire Prosper Kabalo considère que l’encadrement des loyers est un échec, « suffit de voir l’exemple parisien».

Sécurité : «  Évidemment, on ira combattre les points de deal »

À Villeurbanne, les autorités recensent une cinquantaine de points de deal, connus de toutes et tous. Un problème majeur qui est un point clé de la campagne des municipales. L’insécurité de la ville inquiète les habitants. La police municipale est armée depuis 2017, la ville compte 52 policiers municipaux et 107 caméras de vidéo protection. 

L’équipe CAQS a regardé le débat des municipales organisé par France 3 région du premier tour, le 27 février. Pour la plupart des listes, les candidats veulent augmenter les effectifs de la police municipale. 

Pour le candidat LREM, Prosper Kabalo, élu pour le second tour face à Cédric Van Styvendael, il propose : 

  • Doubler l’effectif de la police municipale 
  • Installer des caméras de vidéo protection, « je la généraliserai et pas que dans le quartier gratte ciel« 
  • Mettre à disposition des policiers municipaux de proximité dans les quartiers, sur les terrains pour que la police viennent à la population et pas l’inverse 
  • Combattre directement sur le terrain les points de deal 

Pour Béatrice Vessiller, la tête de liste EELV, elle s’est ralliée au Dauphin de Jean-Paul Bret, elle propose quatre actions pour améliorer la sécurité : 

  • Augmenter le budget pour la sécurité d’un million d’euro, soit une hausse de 25% pour renforcer la présence humaine dans l’espace publique. 
  • Renforcer la collaboration avec le préfet et le commissariat pour les compétences qui relève de l’État.
  • Discuter avec les habitants, » car personne ne sait mieux qu’eux ou sont les problèmes ». 
  • Privilégier pour « les petites incivilités je mettrai des médiateurs à pieds, à vélo pour verbaliser« 

Cédric Van Styvendael, favori pour la mairie de Villeurbanne, est plus catégorique et ramène la lutte contre le trafic de drogue à l’échelle nationale : « le problème du trafic de drogue à Villeurbanne ne se réglera pas avec une augmentation des effectifs de la police municipale, mais avec une stratégie nationale donnée par le ministère de l’intérieur. Mais je suis pour une augmentation de 50% des effectifs de la police municipale. »

Et le vert ? 

Toutes les listes se présentant ont un programme pour l’écologie : embellir le cadre de vie et végétaliser la capitale rhonaise. La lutte contre la pollution est devenue un enjeu phare de toutes élections confondues. Droites, gauches… Tous unis pour le même constat et le même objectif : apporter plus de verdure en ville. 

Crédit photo : Karldupart

Municipales : le verdict du second tour divise les politiques

Le second tour des municipales serait prévu en juin pour toutes les communes sans élus. Le conseil scientifique a rendu son verdict ce lundi 18 mai au Premier ministre, avec une avance de 5 jours sur la date initiale du 23 mai. Les réactions politiques sont divisées après le rendu de la décision du conseil scientifique.

Le conseil scientifique a rendu un rapport de 13 pages au Premier ministre concernant la décision de l’organisation du second tour des élections municipales. Il préconise, 15 jours avant la date du scrutin, une mise au point sur la situation épidémiologique. Suite à ce rapport, l’exécutif se prépare à enclencher le processus pour le second tour.

Le conseil scientifique remarque une nette amélioration sur la situation sanitaire depuis le début du confinement. Le rapport émet des réserves en raison du risque sanitaire que représentent les municipales : « si des élections sont organisées, l’organisation de la campagne électorale devra être profondément modifiée ». Il sera difficile, reconnaît le rapport, de transformer les écoles en bureau de vote : « par ailleurs, d’éventuelles difficultés d’organisation du scrutin dans des écoles » se créeraient, pour cause, « des protocoles d’organisation sanitaire exigeants » sont déjà mis en place.

Comment va s’organiser le scrutin ?

Sur l’organisation du scrutin, le conseil scientifique donne des pistes pour le représentant de l’État, comme laisser s’organiser les collectivités locales, pour faire du cas par cas. Afin d’éviter les dépôts de candidatures, plusieurs dispositions sont proposées :

  • Organiser le dépôt de candidatures en sous-préfectures seulement.
  • Imposer aux candidats de prendre rendez-vous avant de se rendre en préfecture ou sous-préfecture.
  • Limiter le nombre de personnes déposant une candidature.
  • Rendre obligatoire le port du masque pour les candidats.
  • Limiter la durée des rendez-vous.

Pour les campagnes électorales, le respect des règles est très stricte : pas de rassemblement. La distanciation physique étant difficile à appliquer, cela compliquerait davantage la tâche des candidats.

Les règles de sécurité fixées depuis le début de la crise devront être appliquées :

  • File d’attente permettant d’accueillir les personnes à risques.
  • L’ouverture des portes et des fenêtres, afin d’aérer et de ventiler le bureau de vote.
  • Une barrière en plexiglas.
  • Le port du masque.
  • Lavage des mains.
  • Stylo personnel.
  • La distance de sécurité.
  • Étendue des horaires d’ouverture des bureaux de vote.

Pas de grande surprise

Les maires élus au premier tour, le 15 mars, sont rentrés en fonction ce lundi 18 mai. Pour les autres communes, les maires et leurs administrés attendent la décision du Premier ministre. Le locataire de Matignon a reçu le rapport du conseil scientifique sur le sujet ce lundi. Avant même la publication de ce rapport, certains maires comme Anne Hidalgo (maire PS de Paris), Christian Estrosi (maire LR de Nice) ainsi que 34 maires ont demandé l’organisation du « second tour pour les élections municipales dès le mois de juin » dans le Journal du dimanche du 17 mai. Le conseil scientifique ne leur ont pas donné tord quant à la date des prochaines élections. Certains heureux et d’autres sceptiques.

Encore divisés sur la date

Des élus et des maires ne sont pas favorables à la date donnée fin juin par le conseil scientifique. Pour le Rassemblement national, le conseil scientifique n’a pas donné d’avis clair et tranché.

L’association des Maires de France (AMF), présidée par François Baroin, a signifié qu’elle ira dans le sens du conseil scientifique, uniquement si les conditions sanitaires le permettent.

(L’Édito du samedi) : le déconfinement, une arme politique

Les municipales sont des enjeux majeurs pour les partis politiques. Les candidats sont donc toujours en campagne, malgré l’urgence sanitaire due au covid-19.

Les politiciens sont toujours en désaccord, mais c’est de bonne guerre. L’opposition et la majorité défendent leur morceau, tentent de «chiper» des communes à leurs rivaux, imposent leurs discours, quitte à piailler plus fort que l’autre. Sauf que là, le but est de faire bloc pour lutter contre une pandémie mondiale qui a franchi la barre des 27 500 morts en France.

De droite, de gauche, d’extrêmes, peu importe le bord politique, ils devraient tous être unis et se préoccuper du peuple qui reprend le métro (pour les citadins), l’école ou le boulot. L’unique objectif de la majorité des Français, depuis le 11 mai, est de reprendre leurs activités professionnelles afin de nouveau remplir correctement leur frigo.

Malheureusement, la course aux électeurs prime sur le collectif et la bienveillance envers les citoyens. Pas de répit pour les élections. Communiquer leur programme, leurs bonnes solutions, leur bonne compréhension du terrain, leurs bonnes intentions. Les municipales comptent pour tout bon politicien, quelques 5000 communes sont sans maire avant le second tour. L’objectif est de gagner du terrain pour la présidentielle, qui est le graal de chaque tête de parti.

On accordera au gouvernement que le protocole face à une pandémie de cette ampleur n’est pas inscrit dans la pierre. Ils font comme ils peuvent avec les moyens du bord. Comment peut-on imaginer que l’opposition aurait fait mieux ?

(L’édito du samedi) : départements rouges ou verts, certains rient jaunes

Un déconfinement géographique avec une carte remplie de départements rouges, jaunes et verts ? Si ton département est en vert, tu peux être déconfiné, si tu es en rouge, tu restes confiné.

En ville ou en campagne, chacun tente d’éviter la propagation du virus. Mais il y a, pour moi, une injustice face à ce déconfinement. En ville, on est « les uns sur les autres », on n’a pas de jardin, au mieux un minuscule balcon. En campagne, on a pour la plupart un jardin, au pire de la verdure à proximité. Le confinement n’est pas vécu de la même manière, ce n’est pas non plus le même niveau de bien-être au quotidien. 

Pas tous égaux face au déconfinement

Sur un principe d’égalité on déconfine pour tout le monde ou pour personne. Il est encore trop tôt à mon avis pour déconfiner, tout simplement. Même si le nombre de patients en réanimation baisse, en déconfinant, le gouvernement prend le risque d’une deuxième vague, peut-être plus importante que la première. Le personnel hospitalier est déjà à bout sur la première vague. Il sera achevé par la deuxième. 3878 patients se trouvent encore en réanimation dans les hôpitaux français d’après Jérôme Salomon, directeur général de la Santé.

Prenons un exemple simple à Paris. Il y a environ 1 388 000 trajets quotidiens domicile-travail. Si Paris est en rouge et qu’on déconfine pour l’économie, on y voit un véritable paradoxe. L’Île-de-France est un pôle regroupant un nombre conséquent d’entreprises.

Le nombre d’habitants au mètre carré joue, certes, dans la propagation, mais l’État n’a-t-il pas promis des masques pour tout le monde le 11 mai ? Si le gouvernement tient sa promesse des masques pour tous, alors pourquoi y a-t’il encore des zones confinées le 11 mai et d’autres pas ?

Certes, en ville le nombre d’habitants au mètre carré est bien plus important qu’en campagne, mais sur un principe d’égalité on déconfine tout le monde ou personne.

Déjà coincé entre quatre murs, deux mois, c’est long. Mais si on suit le plan, on ne sera pas déconfiné avant un long moment. Si certains peuvent ressortir, le malaise sera amplifié chez ceux qui sont en appartement à tourner en rond.

Résumé des annonces d’Édouard Philippe

Édouard Philippe a présenté le plan de déconfinement, ce mardi 28 avril à l’Assemblée nationale. Le retour à la « vie normale » devrait avoir lieu à partir du 11 mai, sauf « si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous ».

Dès le 11 mai, les Français pourront se déplacer mais le Premier ministre invite tout de même à limiter au maximum ses déplacements.

La rentrée des lycées ne se fera pas avant juin, les collèges attendront le 18 mai

Pour les collèges, il faudra attendre le 18 mai pour envisager leur réouverture. Les écoles maternelles et les écoles primaires rouvriront le 11 mai. En revanche pour les lycées il faudra attendre la décision du gouvernement fin mai. Édouard Philippe a déclaré que dans tous les cas, ces réouvertures se feront dans des conditions sanitaires strictes. Selon Édouard Philippe, il ne pourra y avoir plus de 15 élèves par classe, les gestes barrières devront être respectés et du gel hydroalcoolique sera distribué.

Le port du masque sera prohibé pour les enfants en maternelle. À l’école primaire, il ne sera pas recommandé mais des masques pédiatriques seront mis à disposition pour les cas particuliers, comme un enfant présentant des symptômes en cours de journée. Dans les collèges, le port du masque sera obligatoire et l’État en fournira aux élèves qui n’en ont pas.

Les transports à 70% pour la RATP dès le 11 mai

Les transports parisiens fourniront 70% de leur service dès le 11 mai. Mais les conditions seront strictes avec le port du masque obligatoire et les heures de pointe seront réservées principalement pour les travailleurs. Le gouvernement invite à limiter les déplacements dans les transports s’ils ne sont pas nécessaires. Édouard Philippe annonce condamner un siège sur deux dans les transports et des marquages au sol dans les transports et sur les quais. Pour les trains, TGV, il faut absolument réserver sa place.

Pour les déplacements personnels, c’est-à-dire, en voiture, les usagers peuvent se déplacer jusqu’à 100 km du domicile. Pour se déplacer à plus de 100 km du domicile, dans le cadre de déplacements entre les départements : « nous voulons réduire les déplacements entre les départements aux motifs professionnels ou familiaux impérieux ».

Les loisirs ? Pas pour le 11 mai

Tous les commerces, sauf les bars et les restaurants ainsi que les grands musées, rouvriront dès le 11 mai à la condition de respecter les règles de distanciation, d’au moins un mètre. Les festivals, les manifestations et tous les événements de plus de 5 000 personnes seront interdits jusqu’en septembre. Les manifestations sportives ne reprendront pas avant septembre non plus.

Les cimetières seront rouverts dès le 11 mai, comme les lieux religieux, mais les cérémonies religieuses sont interdites jusqu’au 2 juin minimum. Les cérémonies funéraires restent limiter à 20 personnes.

Yémen: l’accord de Ryad rompu par les séparatistes du Sud en déclarant leur autonomie

Ce lundi Ryad, capitale de l’Arabie saoudite, a refusé l’autonomie du sud du pays dirigé par les séparatistes. Ils avaient proclamé l’autonomie de la zone dimanche 26 avril, ce qui rompt l’accord de paix de novembre et la coalition gouvernementale.

Un accord visant à arrêter l’escalade des violences est signé depuis novembre 2019, entre l’Arabie Saoudite et les séparatistes du Sud du Yémen, afin de se concentrer sur la crise sanitaire et humanitaire du pays. Or, ce dimanche les séparatistes ont proclamé leur autonomie ce qui rompt l’accord de Ryad et de la coalition gouvernementale.

Les séparatistes du sud et le Conseil de transition du Sud (STC) soutenus par les Émirats arabes unis, sont pour l’autonomie du Sud du Yémen. L’Arabie saoudite s’oppose à cette indépendance, qui propose l’accord de Ryad pour stopper le conflit militaire, qui cause des centaines de milliers de morts et qui plonge le pays dans une véritable guerre civile depuis le début du conflit.

Ce lundi, l’Arabie Saoudite refuse d’accorder l’autonomie au séparatiste du sud du pays. Elle exige «  la fin de toute action entraînant une escalade », malgré le refus de la demande des séparatistes. Le Conseil de transition du Sud (STC) a proclamé l’autonomie du sud du Yémen, ce qui va compliquer l’accord.

Pour la coalition menée par l’Arabie saoudite, il faut que l’accord de Ryad soit appliqué :  « nous insistons à nouveau sur la nécessité de mettre en oeuvre rapidement l’accord de Ryad », déclare la coalition saoudienne. Elle affirme prendre « des mesures pratiques et systématiques pour mettre en œuvre l’accord de Riyad entre les parties, afin d’unifier les rangs yéménites, de restaurer les institutions de l’État et de combattre le fléau du terrorisme ».

Des facteurs extérieurs qui accentuent la crise

Le Yémen doit faire face à une crise sanitaire et humanitaire grave, mais aussi lutter contre la menace terroriste (les rebelles Houthis, soutenu par l’Iran), principalement basée dans le nord du Yémen.

Ce dimanche, les Nations Unies ont déclaré plus de 100 000 personnes touchées par les pluies torrentielles qui ont fait d’énormes dégâts (endommagement des routes, des ponts, le réseau électrique impacté et contamination des réserves d’eau). Au moins 21 morts sont liés aux inondations que subit le pays depuis un mois. En plus de devoir faire face au Covid-19 cette année, le Yémen a lutté l’année dernière contre une pré-famine et contre « la pire épidémie de choléra de l’histoire moderne » d’après Lise Grande, coordinatrice humanitaire des Nations unies pour le Yémen. Une crise sanitaire qui s’accompagne d’une guerre civile entre les houthis, soutenus par l’Iran et les forces gouvernementales, soutenues par l’Arabie saoudite.

Yémen : La guerre oubliée, Mournetas Emma

En Allemagne, premier procès contre deux tortionnaires du régime de Bachar el-Assad

En Allemagne, pour la première fois, un procès s’ouvre contre deux tortionnaires du régime de Bachar el-Assad. Retenus en détention provisoire depuis leur arrestation le 12 février 2019, ils comparaissent ce jeudi 23 avril devant la justice à Coblence.

Le principal suspect, Anwar Raslan, comparait à Coblence, devant la justice pour crime contre l’humanité. Il est présenté comme colonel de la sûreté d’État. La justice allemande l’accuse : de la mort de 58 personnes, d’avoir torturé 4 000 manifestants contre le pouvoir, avoir commis un viol et un sévice sexuel aggravé, sur la période du 29 avril 2011 au 7 septembre 2012. L’homme de 57 ans était en charge du centre de détention d’Al-Khatib à Damas, capitale syrienne. Le deuxième suspect, Eyad Al-Gharib, comparait pour complicité de crime de guerre. Il aurait participé à l’arrestation de manifestants entre le 1er septembre et le 31 octobre 2011 pour les emmener dans la prison dirigée par Anwar Raslan. Les deux hommes avaient fui la Syrie pour demander l’asile en Allemagne en 2019.  

Bachar al-Assad avait nié en novembre 2019 sur la chaîne russe Kremlin RT toute forme de torture, lors de la procédure contre Anwar Raslan, en affirmant : « Nous n’avons jamais considéré que la torture pouvait améliorer la situation de l’État, c’est aussi simple que cela ». Pourtant il dirige son pays depuis 20 ans d’une main de fer, ce qui a plongé le pays dans une guerre civile.

Fin de l’impunité ?

Malgré leur origine syrienne et non allemande, l’Allemagne se sert du principe juridique de la compétence universelle, qui autorise à juger un auteur de crime peut importe son origine. C’est la première fois de l’histoire qu’un procès contre exactions imputées met en cause le régime de Bachar el-Assad.

Ce procès durera au moins jusqu’à la mi-août c’est : « un pas important, c’est le début d’un examen des crimes [du régime syrien] devant une haute cour allemande », souligne Wolfgang Kaleck, secrétaire général de l’ONG allemande ECCHR. Anwar Raslan risque la perpétuité pour crime contre l’humanité.

Virginie, coiffeuse : « c’est une très grosse angoisse car nous attendons des réponses »

Pour le salon de coiffure Origin Haïr, en région parisienne, la reprise au 11 mai semble encore compromise. N’ayant pas plus d’informations du gouvernement quant à la réouverture des salons de coiffure et les mesures sanitaires mises en place, la gérante du salon est dans l’incertitude et craint «  une grosse perte » économique.

« J’espère reprendre le 11 mai, pour l’instant nous n’avons pas plus d’informations ». L’impact économique est de plus en plus conséquent pour ce salon de coiffure. Habituellement, il est rempli et particulièrement lors des saisons estivales : « pour nous, c’est aussi un manque à gagner car nous arrivons dans la saison des mariages et des baptêmes. C’est, normalement, des très gros mois pour nous ». Avec le confinement et la fermeture de tous les commerces non indispensables, elle a mis son employé au chômage partiel, mais pour son cas, elle n’y a pas le droit : « je suis gérante et non salariée ». Cela signifie qu’elle ne cotise pas pour le chômage car elle est en SARL. Pendant le confinement, elle a cessé toute activité professionnelle : « Je n’ai pas continué à coiffer pendant le confinement car nous avons été obligé de fermer et le domicile n’était pas possible non plus ». Le salon vendait aussi des vêtements et des accessoires, cela renflouait le chiffre d’affaires : « ça a été une grosse perte car je fais salon de coiffure, vente de vêtements et d’accessoires ».

« C’est une très grosse angoisse car nous attendons des réponses à nos questions »

Virginie est dans l’attente des consignes de réouverture : « pour la reprise du salon, j’attends les fiches sanitaires. J’ai commencé à m’organiser en essayant d’acheter des masques, que je ne trouve pas, car il y aura rupture, ainsi que des peignoirs jetables. Donc tout cela reste très compliqué ». Le salon commence à s’organiser pour l’après-confinement : «  j’ai eu mon employé au téléphone et nous avons essayé de commencer à réorganiser notre planning ».

« J’ai commencé à anticiper mes achats pour les règles sanitaires ». Mais cela est un budget conséquent, que le salon doit assurer car il n’y a pas de prise en charge : « nous avons déjà été impacté avec la fermeture obligatoire, rajouter le coût sanitaire pour la protection de nos clients et des professionnels, cela va être très compliqué pour nous ». Il reste quand même très difficile de trouver du matériel sanitaire : gants, masques, peignoirs jetables, avec la pénurie mondiale.

La commerçante a fait transférer ses appels sur sa ligne mobile afin d’assurer le standard des rendez-vous : «  j’ai fait un transfert d’appel, mes clients m’appellent pour prendre des rendez-vous mais nous ne savons toujours pas quand nous allons reprendre. Cela reste très compliqué pour les prendre ». Le salon ne prévoit pas de fermer au mois d’août, comme il fait chaque année. Les deux coiffeuses du salon comptent s’organiser pour respecter les gestes barrières, sachant qu’il y a une demande très importante des clients pour la réouverture : «  nous allons aménager nos horaires pour ouvrir plus tard et ne pas travailler ensemble ».

Malgré une possible réouverture le 11 mai, le salon n’a pas le matériel nécessaire pour assurer la sécurité de ses clients et de ses employés. Mais le salon est bien décidé à faire son « maximum pour satisfaire tout le monde dès la réouverture ».