(Municicaqs #12) – Nice, plein soleil pour Christian Estrosi ?

Après Bordeaux, Lille, Strasbourg, Perpignan et Villeurbane, nous partons à Nice. Le maire sortant de Nice devrait, selon toute vraisemblance, être réélu dimanche prochain. Mais avant de parler hâtivement, petit tour sur la triangulaire mise en place sur la Côte d’Azur.

La maire sortant est en tête du premier tour avec 46,7% des voix. Un score qui devrait laisser peu de place au suspens, Christian Estrosi peut être serein. Maire de la cinquième ville de France depuis 2008, malgré une pause entre 2016 et 2017, le maire sortant garde toujours la confiance de sa population. Un slogan bien travaillé « L’essentiel, c’est vous ». Un programme axé sur la sécurité de la ville ainsi que sur les préoccupations écologiques actuelles qui l’a propulsé en tête du premier tour. Voici quelques exemples tirés de son programme officiel :

  • La création d’une brigade dédiée pour les parcs et jardins.
  • La poursuite de la présence permanente d’un policier dans les écoles volontaires.
  • Le renforcement des effectifs dédiés à la lutte contre les incivilités.
  • Le développement des postes mobiles, notamment collinaires.
  • Projet d’Hôtel des Polices mutualisé dans l’ancien hôpital Saint-Roch.
  1. Création d’un label de produits locaux : « Nice terre de chez nous ».
  2. Généralisation des menus végétariens chaque jour.
  3. Aider les agriculteurs dans l’acquisition de foncier et le développement de circuits courts, avec des lieux de production et vente à proximité des habitations.

Avec un projet très ciblé sur sa population, Christian Estrosi a signé le plus gros score des maires sortants dans les 10 plus grandes villes de France. Difficile donc d’imaginer quelqu’un d’autre que lui le 28 juin prochain…

Philippe Vardon, le trouble fête ?

Arrivé second lors du premier tour des municipales, le candidat du Rassemblement national avec la liste « Retrouver Nice », Philippe Vardon apparaît comme le candidat le mieux placé pour succéder à Christian Estrosi. Et même si son retard est conséquent, le candidat RN surfe actuellement sur la situation post confinement. Lors d’une interview accordée à 20 Minutes Nice, ce dernier affirmait que la situation économique en France donnait raison à son programme économique. Une manière de dire que ses ambitions sont différentes que celles du maire sortant. Philippe Vardon n’hésite pas à tacler son adversaire dans la presse : « Quand il fait une chose, il peut en parler pendant dix jours. C’est beaucoup de communication, de théâtre même. Mais, au-delà de cette agitation, cette crise a surtout souligné les problèmes de la ville« . Une manière d’enfoncer le clou face à un candidat direct. Mais ces sorties médiatiques suffiront-elles à compenser le manque de voix et le retard accumulé lors du premier tour ? Rien n’est moins sûr…

Jean-Marc Governatori, pour enfin passer au vert ?

Troisième et dernier candidat encore en lice pour ce second tour, le candidat de la liste « Nice Écologique » paraît un peu en retrait. Avec 11,3% de suffrages récoltés, il y a du positif à retenir et c’est vers « l’après élection » que le candidat se tourne. Lors d’une interview, ce dernier espère obtenir le dossier environnemental mais aussi celui des politiques publiques. Une proposition affirmée qui pourrait avoir du bon pour la ville. À l’heure où l’écologie est plus qu’une priorité, cette délégation pourrait être une bonne chose pour Nice. Avec plusieurs projets pour une ville plus verte comme par exemple :  » Développer l’économie non monétaire avec l’agriculture urbaine justement et les Systèmes d’échanges locaux. Ça passe aussi par le recyclage de 100 % des déchets. » Des idées et une cohabitation pas si farfelues que ça… Une situation qui profiterait à tout le monde en somme…

Crédit photo : Pixabay

Julian Nagelsmann, itinéraire d’un surdoué

Plus jeune entraîneur de la Bundesliga, Julian Nagelsmann n’en reste pas moins l’un des plus reconnus, et ce, à seulement 32 ans. Retour sur le début de carrière de ce jeune prodige du banc.

De joueur amateur

Si Julian Nagelsmann est devenu entraîneur si tôt dans sa vie, ce n’est pas uniquement par passion. Joueur amateur au sein des réserves de Munich 1860 et du FC Augsbourg, Julian Nagelsmann n’ira jamais plus haut. Des blessures récurrentes aux genoux auront raison de son honnête carrière. C’est ainsi que sa deuxième vie commence. Suite à l’arrêt de sa carrière de joueur, Julian Nagelsmann prend en charge les moins de 19 ans du TSG Hoffenheim. Mais sa carrière prend un tout autre tournant lors de la saison 2016-2017. Huub Stevens, entraineur de l’équipe première démissionne, il est remplacé par Julian Nagelsmann qui devient à 28 ans seulement le plus jeune entraîneur de l’histoire de la Bundesliga. La suite n’en sera que meilleure…

À entraîneur reconnu

Bon nombre de spécialistes de la « Buli » comme elle est surnommée, restent sceptiques quant à la nomination d’un si jeune entraîneur à la tête d’une équipe première. Pourtant, Julian Nagelsmann va rapidement déjouer les pronostics. À la faveur d’une seconde partie de saison canon, le TSG Hoffenheim accède aux barrages de la Ligue des champions, une première dans l’histoire du club. Mais le jeune coach ne va pas s’arrêter là. Avec une philosophie basée essentiellement sur l’approche psychologique des joueurs, Nagelsmann va, lors de la saison 2017/2018 faire encore mieux en terminant troisième du championnat derrière le Bayern Munich et Schalke 04 mais devant des mastodontes du football allemand tels que le Borussia Dortmund ou le Bayer Leverkusen. Un exploit pour le club basé à Sinsheim, ville de seulement 35 000 habitants. Le club découvre ainsi sous la houlette de son jeune entraineur, la phase de poules de la Ligue des Champions. Hélas, l’aventure tournera court, puisqu’avec trois petits points dans la besace, le club finira bon dernier de son groupe. Le reste de la saison sera également en demi teinte puisque le TSG se classera à une honorable neuvième place. Mais si le club reste dans le ventre mou du classement cette année là, ce n’est pas le cas de Julian Nagelsmann. Le technicien rejoint pour la saison 2018/2019 le banc du très controversé mais néanmoins ambitieux RasenBallsport Leipzig.

Leipzig, pour grandir avec le club

Fondé en 2005, ce club n’est pas apprécié par les amoureux du championnat allemand car il est « nouveau » et ne respecte pas la tradition allemande de « club populaire ». Leipzig reste néanmoins une des équipes les plus régulières de Bundesliga sur ces quatre dernières années. Et pour justifier ces ambitions nationales et européennes, quoi de mieux qu’un entraîneur pétri de talent. Un coach à l’image du club, jeune, ambitieux et sans limites. À Leipzig, la mayonnaise ne tarde pas à prendre entre Nagelsmann et ses joueurs. Au sein d’un effectif riche et talentueux (Werner, Kampl, Poulsen ou encore Nkunku pour ne citer qu’eux) Julian Nagelsmann arrive à tirer le meilleur de son groupe. À la clé, une équipe ultra séduisante et diablement bien organisée. En témoignent quelques gros cartons infligés comme le 8-0 face à Mayence ou le 6-1 face à Schalke 04. Mais c’est aussi sur la scène européenne que Leipzig prend une tout autre envergure. Le club allemand a mis au tapis le finaliste de la précédente édition de la Ligue des champions, Tottenham, en huitièmes de finale. Grâce à cette double confrontation parfaitement maîtrisée, Julian Nagelsmann devient le plus jeune entraîneur de l’Histoire à se hisser en quarts de finale de la Ligue de Champions, et permet à son club d’atteindre ce stade pour la première fois également. Avec la pandémie de coronavirus qui a durement frappé l’Europe, il est pour l’instant impossible de savoir où le RB Leipzig et son jeune entraîneur iront. La Bundesliga a repris ses droits et la saison devrait arriver à son terme d’ici fin juin, avec pourquoi pas un titre de champion pour Nagelsmann à la clé, histoire de confirmer sa montée en puissance depuis trois ans maintenant ?

L’OM, Champion’s Project ou Reconstruction Project ?

À l’Olympique de Marseille, même quand tout va bien sur le plan sportif, les coulisses arrivent à animer le football français. Le départ d’Andoni Zubizarreta, directeur sportif du club, en a surpris plus d’un. Un départ qui pourrait bien précipiter une énorme tourmente au sein de la direction olympienne.

Le 14 mai sonne le glas pour le directeur sportif de Marseille, Andoni Zubizarreta. Dans la soirée, ce dernier apprend que la direction a décidé de rompre son contrat, qui courait jusqu’en 2021. Même si un « commun accord » a été trouvé pour ce départ, cette décision montre bien les tourmentes dans lesquelles les dirigeants de l’OM, dont Jacques-Henri Eyraud, doivent faire face. Car Marseille n’est pas un club comme les autres. Après une qualification en Champion’s League obtenue pour la saison prochaine, une première fois depuis 2013, la saison 2020/2021 de l’OM s’annonçait sous les meilleures hospices.

Un départ non sans conséquences

Ces derniers jours, les rumeurs concernant un rachat du club par le prince Saoudien Al-Walid Bin Talal faisaient miroiter aux supporters, l’idée que le club puisse se mettre à concurrencer son rival numéro 1, le Paris Saint-Germain. Finalement, ce rachat n’était qu’une simple rumeur et la réalité a vite rattrapé le rêve. Le départ d’Andoni Zubizarreta, unanimement reconnu comme un homme de talent, a fortement fragilisé le vestiaire, mais aussi décrédibilisé la direction. Suite à cette annonce, André Villas-Boas, l’entraîneur de l’OM a été très affecté et a d’ailleurs refusé la prolongation de son contrat. Le technicien portugais a toujours clamé que son avenir au club était « intimement lié » à celui d’Andoni Zubizarreta. Un départ qui pourrait en entraîner un autre ? L’hypothèse est plus que probable. Il faut dire que la direction instable de l’OM y est pour beaucoup. En effet, Andoni Zubizarreta qui, rappelons le, est quand même passé par l’Atletic Bilbao et le FC Barcelone, n’a jamais eu à Marseille, la liberté qui faisait autrefois de lui, ce directeur sportif si talentueux. Pour beaucoup, ce départ précipité est un immense gâchis, tant « Zubi », comme il était surnommé, était à l’origine de l’arrivée de « bonnes pioches » comme Luiz Gustavo Valentin Rongier ou encore André Villas-Boas. Aujourd’hui, le Basque ne fait plus partie de l’organigramme de l’OM. Et si André Villas-Boas empruntait le même chemin ?

Qui pour le(s) remplacer ?

Si la direction olympienne assure que le départ de Zubizarreta était dans l’air du temps depuis l’automne 2019, aucun travail pour trouver son remplacement n’a été commencé. Le président Jacques-Henri Eyraud pourrait bien voir sa charge de travail être doublée si André Villas-Boas venait à quitter le navire, ce qui semble être, malheureusement, plus que probable tant le technicien Portugais est déçu. Si peu de noms ont circulé pour remplacer Andoni Zubizarreta, plusieurs noms circulent déjà pour succéder à André Villas-Boas qui, lui, n’est pourtant pas encore parti. Ainsi, Christophe Galtier, entraineur du LOSC, a été sondé, de même que Leonardo Jardim actuellement libre de tout contrat, mais aussi… Bruno Génésio ! En effet, l’OM a pris des renseignements sur l’ancien entraîneur de l’Olympique Lyonnais, sans toutefois entrer directement en contact avec celui qui exerce actuellement en Chine.

Quoi qu’il en soit, le départ d’Andoni Zubizarreta entraîne (déjà) des complications au sein du club, alors que la saison 2020/2021 s’inscrit pour l’instant en pointillés. Mais l’Olympique de Marseille reste fidèle à lui même… Même quand tout va bien, il existe une manière de se compliquer la vie !