Tony Yoka contre Marin Mindoljevic (2016)

Tony Yoka : de retour sur le ring en septembre ?

Selon son co-promoteur américain Bob Arum, Tony Yoka devrait remonter sur un ring de boxe en septembre en France. Un retour qui s’opérerait après une longue période sans combattre pour le champion olympique.

Le calendrier de Tony Yoka se dessine un peu plus en cette seconde partie de l’année 2020. Bob Arum, son nouveau co-promoteur américain chez Top Rank, a livré une interview au média BoxingScene dans lequel il évoque la période compliquée que le champion olympique a traversée : « Nous avons conclu un accord avec le promoteur français Jerome Abiteboul et nous voulions faire venir Tony pour qu’il combatte ici en mars, mais ensuite tout s’est arrêté et même si nous sommes de retour pour faire des combats, à cause de l’interdiction de voyager, nous ne pouvons pas le faire venir. » 

Le 14 mars, le Français devait combattre dans la salle du Madison Square Garden de New-York avant de s’envoler au Québec deux semaines plus tard pour combattre. Les deux évènements ont ensuite été annulés à cause de la pandémie de Covid-19.

Un départ aux Etats-Unis impossible pour l’instant

Le rêve américain de Tony Yoka devra encore attendre. Après les difficultés du co-promoteur pour trouver un adversaire local, des restrictions de transports en Amérique du Nord pour y combattre sont venues s’ajouter. Ce combat devra se faire obligatoirement en France argumente Bob Arum : « Comment puis-je l’amener avec toutes les restrictions sur les voyages internationaux aux États-Unis ? Donc, à cause de cela, Jérôme est censé le programmer pour un combat en France en septembre et après cela, nous espérons pouvoir le faire venir aux États-Unis pour combattre. » 

Cependant, le nouveau promoteur américain se veut optimiste pour faire venir son nouveau poulain aux Etats-Unis. « Heureusement, nous pourrons le faire venir plus tard cette année ou en début d’année prochaine. Mais pour le moment, il combattra en France. » déclare Bob Arum.

Le 1er juillet, le boxeur français exprimait sur ses réseaux sociaux son impatience pour son retour en compétition.

Une autre année sans combattre ?

L’attente se fait longue pour Tony Yoka. A 28 ans, le numéro 10 à l’International Boxing Federation sait que chaque année est importante pour un boxeur. « Une carrière d’athlète est limitée. Chacun à un nombre d’années de carrière restreint contrairement à la population » constate Bob Arum. Le Français n’a plus combattu officiellement depuis le 28 septembre 2019. Tony Yoka remportait alors sa 7ème victoire à Nantes face à l’Allemand Michael Wallish.

Si pour diverses raisons, ce futur combat en France ne pouvait avoir lieu, Tony Yoka enregistrerait une autre année sans combattre. Le champion olympique, invaincu sur la scène professionnelle, avait déjà perdu un an après une suspension à la suite de trois contrôles antidopage manqués.

Crédit Photo : Flickr /@AIBA PRO BOXING

Antoine Griezmann et Neymar Jr au Barça

Peut-on comparer les débuts d’Antoine Griezmann et de Neymar au FC Barcelone ?

Ces dernières semaines, beaucoup d’encres ont coulé sur les débuts d’Antoine Griezmann au FC Barcelone et des rumeurs de départ ont même été évoquées. Une comparaison récurrente entre le Français et le Parisien Neymar est également venue alimenter les débats. Mais peut-on réellement comparer leurs débuts au Barça ?

Incompatible, pas au niveau, le vestiaire contre lui… Chaque jour, de nouvelles critiques surgissent sur la présence d’Antoine Griezmann au Barça. Même si le match face à Villarreal (victoire 4-1 – J34 ) a redoré l’image du champion du monde, c’est un bilan mitigé qui se dessine en cette fin de saison. Avec 9 buts et 4 passes décisives en Liga pour 35 rencontres, l’ex Colchonero n’a convaincu personne sur la réussite de son transfert. 

Le trio Messi-Suarez-Griezmann a du mal à fonctionner et fait regretter les années « MSN » où le Brésilien Neymar écrivait les beaux jours de la Catalogne. Si le FC Barcelone demeure encore en course pour la Ligue des Champions, il reste néanmoins difficile de parier que le toit de l’Europe sera blaugrana fin août.


Griezmann, statistiquement égal à Neymar

Si le trio Messi-Suarez-Neymar reste à jamais gravé dans la mémoire de tous les supporters barcelonais, il est cependant nécéssaire de se remémorer que le prodige auriverde avait réalisé une première saison en demi-teinte, loin de ses standards au Santos des saisons précédentes.

En effet, Ney était arrivé dans un contexte particulier après avoir remporté la Coupe des Confédérations, mais surtout lors d’un transfert suspect qui avait couté la démission du président catalan en place, Sandro Rosell. Lors de cette première saison, si le jeu du Brésilien fut louable, il n’en fut pas pour autant exceptionnel : 14 buts toutes compétitions confondues en 41 matches et 9 cartons jaunes. 

Griezmann réalise actuellement des statistiques équivalentes à celles de Neymar en 2013/2014 : 15 buts, 46 matches et 4 cartons jaunes. Même si Karim Benzema a affirmé dans France Football que « le football était en train de devenir une compilation de statistiques », ces dernières permettent néanmoins de nuancer les critiques.

Comme Griezmann, Neymar non épargné par la critique

Avant son éphémère réconciliation avec la presse espagnole lors de sa brillante rencontre face à Villarreal, Antoine Griezmann avait déjà subi les foudres de celle-ci. Lors du 2-2 contre le Celta Vigo le 27 juin, Sport a déclaré que le Français était « l’unique responsable de ses misères ». Mundo Deportivo, quant à lui, a pointé du doigt le fait que l’entraîneur Quique Setién n’offrait qu’un « rôle secondaire » au champion du monde. 

Lors de sa première saison avec le FC Barcelone, Neymar s’était également attiré bon nombre de critiques. Le regretté Johan Cruyff n’avait pas eu des mots tendres à l’égard de la jeune star brésilienne. En mars 2014, l’ancien entraîneur néerlandais déclarait « Le problème du Barça aujourd’hui, c’est Neymar. ». Avant de rajouter que « personne n’était Dieu à 21 ans (âge de Neymar à l’époque). Ils ont déjà le meilleur joueur du monde, et un joueur de 21 ans ne peut être la référence de l’équipe. ». Ambiance. La presse espagnole ne l’épargnait pas non plus en le qualifiant à maintes reprises de « plongeur ».

Neymar 2013/2014 /@MNcompsJR (YT)

Neymar, leader malgré lui

Si Griezmann a la chance d’évoluer avec des joueurs de rang mondial dès cette première saison, ce ne fut pas le cas pour Neymar puisque Luis Suarez n’est arrivé qu’à l’été 2014 en provenance de Liverpool. Le Brésilien jouait alors dans un effectif affaibli avec de nombreux blessés en défense (Gerard Piqué, Carles Puyol et Victor Valdés). 

Dès le début du mois de novembre 2013, Neymar était devenu le leader sur le terrain à la place de Messi, blessé et moins performant que lors de sa mythique saison 2012, en partie à cause du scandale de fraude fiscale qui planait au-dessus de l’Argentin. 

Neymar fut également blessé lors de sa première saison. En janvier 2014, il s’était fait une entorse de la cheville et n’avait rechaussé les crampons qu’un mois plus tard, chose qu’Antoine Griezmann n’a, heureusement, pas connu cette saison avec le FC Barcelone.

Ce n’est qu’à la fin du bal que l’on paye les musiciens et il faut admettre que la partition d’Antoine Griezmann cette année n’a pas été exceptionnelle. Mais statistiquement, il réalise une saison similaire à celle de Neymar lors de sa première saison avec le Barça. La suite pour le Brésilien avec Barcelone est connue de tous : Ligue des Champions, trio le plus prolifique d’Europe et un souvenir impérissable. Souhaitons le même avenir pour Griezmann, si ce dernier s’accroche jusqu’à l’année prochaine…

Crédit Photo : Flickr

Fernando Alonso (Nascar Media Tour 2018)

Fernando Alonso de retour en Formule 1 !

Le pilote Fernando Alonso revient en Formule 1, deux ans après l’annonce de sa retraite. C’est chez Renault, qu’il a décidé de faire son retour. Il remplacera Daniel Ricciardo la saison prochaine.

C’était une rumeur qui courrait le long des paddocks, c’est désormais officiel. Le pilote espagnol Fernando Alonso revient en Formule 1, deux ans après avoir pris sa retraite, à partir de la saison 2021. Et c’est dans son ancienne écurie, chez Renault, qu’il a décidé de faire son retour, avec, en prime, un contrat longue durée, de plus de deux ans. C’est la troisième fois qu’il signe pour l’équipe au Losange après ses deux passages en 2003/2006 et 2008/2009.

L’annonce de son retour a été officialisée par Renault ce 8 juillet et Fernando Alonso s’est dit « très fier et très ému » de rejoindre à nouveau « sa famille ». Dans le communiqué de l’écurie, l’Espagnol se dit prêt à aider tous ceux qu’il va côtoyer. À bientôt 39 ans, il partagera son expérience avec « tous les ingénieurs, les mécaniciens, et ses coéquipiers ».

Paris risqué ou gagnant-gagnant ?

Pour pallier le départ de Daniel Ricciardo vers McLaren la saison prochaine, Renault avait besoin d’un grand nom et aussi de stabilité. Rien de mieux que Fernando Alonso. 

Même si ses derniers mois en 2009 avec l’écurie française n’avaient pas été ceux des sacres mondiaux, en raison d’un comportement jugé, à l’époque, toxique. Alonso revient en homme apprécié et surtout avec une expérience incontestable. Véritable leader sur la piste avec plus de 300 GP et 32 victoires, il sera pour le jeune tricolore Esteban Ocon à la fois son coéquipier mais surtout un modèle et un mentor. 

Pas de limites 

Les ambitions du double champion du monde (2005 et 2006) sont claires : « L’équipe veut et a les moyens de remonter sur le podium, comme moi. » Du côté constructeur, l’objectif est à la hauteur de la renommée du pilote. Le boss de l’écurie, Cyril Abiteboul déclare dans ce même communiqué que la signature d’Alonso coïncide avec la volonté de retourner en haut de l’affiche mondiale pour Renault. « Il apportera sa culture de la course et de la gagne afin de surmonter les obstacles ensemble » déclare-t-il.

Fernando Alonso tentera de remporter les 500 miles d’Indianapolis le 23 août prochain pour obtenir la précieuse Triple couronne (GP de Monaco, 24H du Mans et Indianapolis).

Crédit Photo : flickr

Michael Schumacher (Monza 1998)

Michael Schumacher : où en est l’état du Baron Rouge ?

Alors que la Formule 1 a repris ses droits le week-end dernier, l’état de Michael Schumacher se serait détérioré selon la presse anglaise à cause d’un manque de soins appropriés. Une nouvelle qui viendrait rompre avec un mystère tenu depuis des années par ses proches.

Presque sept ans après son terrible accident de ski à Méribel en France, l’état de santé de l’ancien pilote de Formule 1 Michael Schumacher reste flou. Cependant le tabloïd anglais The Mirror nous a appris que la condition physique du septuple champion du monde se serait dégradée. En cause ? La pandémie de Covid-19 qui aurait obligé l’Allemand à un alitement prolongé en le privant de soins quotidiens appropriés à son état grave.

D’un point de vue médical, il souffrirait d’atrophie musculaire (perte des muscles) et d’ostéoporose (affaiblissement des os). Des révélations non confirmées par les proches du Baron Rouge, mais qui viennent alimenter un gros climat de doute concernant l’état de santé de Schumacher. 

Mick Schumacher, premier témoin du terrible accident, ne s’est jamais exprimé sur l’état de santé de son père. Aujourd’hui âgé de 21 ans, Mick, qui a fait ses débuts en Formule 2, a néanmoins accordé à Sport Bild un beau message concernant son père : « Il m’a toujours inculqué des valeurs capitales. La plus importante qu’il m’a transmise (…) c’est l’humilité et le fait de constamment avoir conscience d’avoir les pieds sur terre, peu importe les circonstances. Personnellement, je le considère non seulement comme le plus grand pilote de l’histoire, mais avant tout comme un père ». Le jeune pilote a terminé sa course en Autriche à la 11ème place.

« L’essentiel est de savoir que la situation est difficile »

Avant ces informations inquiétantes de la part des médias anglais, une autre voix était venue apporter un message sur la condition de Schumi. Celle de son ancien coéquipier chez l’écurie Ferrari, Felipe Massa. Au micro de Fox News en mai dernier, il avait déclaré : « Je sais comment il va. Ma relation avec lui a toujours été étroite. ». Le Brésilien avait en suite été alarmiste sur son ami : « L’essentiel est de savoir que la situation est difficile. Il faut respecter ça car c’est le souhait de la famille. Ils n’aiment pas divulguer d’informations alors qui suis-je pour le faire ? ». 

Un clan qui ne dévoile rien… ou presque

Depuis son accident, la connaissance de sa condition physique est cadenassée par son clan. En septembre 2019, le recordman de championnats du monde avait été pris en charge à l’Hôpital européen Georges Pompidou où un traitement à base de thérapie cédulaire lui avait été administré. À la suite de cette hospitalisation, l’état de Schumacher se serait amélioré, il aurait même été conscient.

En fin d’année 2019, la femme de l’ancien pilote de Ferrari, Corinna Schumacher avait témoigné sur les réseaux sociaux. Dans un texte mystérieux, elle déclarait « Les grandes choses commencent par des petits pas. Beaucoup de petites particules peuvent former une énorme mosaïque. Ensemble nous sommes plus forts». Un message qui a ravivé l’espoir chez les fans du Baron Rouge qui avaient lancé le mouvement #KeepFightingMIchael.

En 2018, la porte-parole de Michael Schumacher, Sabine Khem déclarait chez nos confrères de l’Illustré : « La santé de Michael n’est pas un problème public, et nous allons donc continuer de ne faire aucun commentaire à ce sujet. C’est aussi pourquoi il faut protéger sa sphère privée. »

Depuis l’accident, Ralf Schumacher, joue également le jeu du mutisme vis à vis de la santé de son frère aîné. Depuis quelques mois, il est devenu consultant Sky Sport pour la télévision allemande et élude systématiquement les questions sur son frère.

Michael Schumacher reste le recordman absolu en Formule 1 avec le plus de championnats gagnés (7), le plus de victoires (91) et le plus de podiums (155).

Crédit photo : Wikipédia

Magda Wiet-Hénin (en rouge)

Magda Wiet-Hénin (Taekwondo) : « Tokyo 2021, mon objectif prioritaire »

La Nancéienne Magda Wiet-Hénin fait partie des jeunes talents que compte le taekwondo français. Après les reports des Jeux Olympiques de Tokyo à l’année prochaine, la sportive de 24 ans a désormais une année pour se préparer pour réaliser son rêve : repartir du Japon avec le plus beau métal. 

Le taekwondo français s’est souvent résumé à un nom, celui de Pascal Gentil. Le double médaillé olympique a laissé un héritage conséquent. La Fédération Française de Taekwondo et Disciplines Associées compte aujourd’hui plus de 54 000 licenciés dont Magda Wiet-Hénin. La native de Nancy, 3ème au championnat du monde sénior et 2ème au championnat d’Europe, fait figure de future porte-étendard du taekwondo tricolore. Confinement, reprise, ambitions… Magda Wiet-Hénin s’est confiée pour CAQS.

C’était une période compliquée pour le sport français. Comment avez vous vécu ce confinement ?

Magda Wiet-Hénin : Cela s’est bien passé car nous étions deux avec Dylan (Chellamootoo, son compagnon et international français de taekwondo). C’était plus facile pour continuer les entraînements, garder la forme et la motivation. Nous avions également des entraînements programmés sur Zoom ainsi qu’un rendez-vous quotidien pour nous indiquer quoi manger et éviter de prendre trop de poids. Nous avions deux séances par jour, physique ou taekwondo, dont une avec le coach.

Quel ressenti avez-vous eu sur le report des Jeux Olympiques de Tokyo ?

MWH : J’étais plutôt contente de ce report. Quand j’étais chez moi, c’était pour me maintenir en forme mais je n’ai pas pu développer mes qualités et je ne me voyais pas préparer une aussi grosse compétition en restant seulement à la maison. C’est plus simple pour moi que ce soit reporté à l’année prochaine. Et aussi, avec un an de plus, je peux mieux me préparer.

Comment s’est passé votre retour à l’INSEP ?

MWH : Nous avions un premier stage de trois semaines pour le retour. J’étais un peu énervée au début car nous n’avions pas le droit de faire de l’opposition. Mais finalement cela nous a fait du bien de revenir pour revoir les bases et le rythme qui nous manquaient. Nous sommes repartis tranquillement pour minimiser le risque de blessure, qui peut souvent arriver après des périodes comme celle qu’on a vécue. Nous avons vraiment relancer la machine pour le prochain stage à Boulouris dans une semaine où nous pourrons enfin pratiquer l’opposition, comme pour une compétition.

En savez-vous un peu plus sur le calendrier national et international ?

MWH : Pour l’instant nous sommes dans le flou, nous avons zéro date pour les compétitions à venir. Nous attendons encore les dates pour le tournoi de qualification pour les Jeux Olympiques, mais aucune nouvelle sur ce sujet nous a été donnée.

Les Jeux Olympiques de Tokyo auront lieu presque vingt ans après vos débuts en taekwondo. Une célèbre chanson raconte que « vingt ans après c’est le moment ». Est-ce que ça sera le vôtre ?

MWH : J’aurai encore que 25 ans, donc ça ne fera pas vraiment vingt ans encore (rires). C’est vrai par contre que cela fait dix ans que je fais du haut niveau et, à mon sens, c’est un très bon cap pour être prête. Il faut environ une décennie pour avoir le niveau olympique, c’est vraiment le bon moment. J’ai que vingt-quatre ans mais j’ai déjà une bonne expérience. Les bonnes conditions sont réunies pour aller sur la plus haute marche du podium lors de ces JO. C’est mon objectif depuis que je suis toute petite. C’est mon objectif prioritaire. A Rio en 2016, j’étais remplaçante et c’était une expérience enrichissante mais depuis cette date je n’ai fait que progresser. 

Vous parlez d’expérience, vous en avez eu beaucoup grâce à votre mère (Valérie Wiet-Hénin, championne du monde de kick boxing). Est-ce compliqué parfois de faire partie d’une famille de champions ou au contraire cela vous pousse à être meilleure ?

MWH : Cela nous rend meilleur c’est sur. Je peux lui demander beaucoup de conseils aussi bien sur la motivation que sur la nutrition à avoir. C’est comme si c’était dans mon sang de vouloir réussir des compétitions. Mais cela ne me dérange pas d’être vue comme une fille d’une grande sportive.

Quand le grand public pense au taekwondo français, il pense à Pascal Gentil. Onze ans après sa retraite, le taekwondo français manque-t-il de figure majeure comme peut l’être Teddy Riner pour le judo ?

MWH : Grâce à Pascal nous avons eu beaucoup de médiatisation par le passé mais il est vrai que nous manquons de tête d’affiche en ce moment. J’ai vu qu’il s’intéressait au Ministère des Sports. Si cela se fait, ça ne pourrait être que positif pour notre sport. Il aura envie de faire partager un univers qu’il connait. Le taekwondo est un sport de valeurs et surtout c’est beau à regarder. Avoir un ambassadeur comme Pascal Gentil, ça ne peut être que positif.

En 2012, le taekwondo a évolué avec l’arrivée du plastron électronique. En 2017, le sport change de règles pour qu’il soit plus offensif. Peut-on s’attendre à d’autres changements dans le futur ?

MWH  : Les premières évolutions étaient obligatoires pour être maintenue au niveau olympique. L’objectif était de réduire les erreurs pour rester au sein des J.O. Les règles évoluent encore, il y a même pas un an, un nouveau système de point est arrivé pour que le sport soit plus attractif. Les coups de pieds retournés rapportent désormais plus de point qu’un coup de pied basique. C’est évidemment aux sportifs de s’adapter à ces changements mais c’est vraiment important de faire ces modifications.

Vous êtes à la recherche d’un contrat d’insertion professionnelle pour le rentrée, alors que vous avez le statut de sportive professionnelle. A-t-on encore du mal à bien rémunérer les athlètes de haut niveau dans les sports de combat en France ?

MWH : De par le fait qu’on ne soit pas médiatisé, on manque de visibilité et automatiquement c’est compliqué d’avoir des sponsors, contrairement au judo. Nous au taekwondo, nous n’avons pas l’impression d’être un sport professionnel. Mon conjoint a eu la chance de rentrer à la SNCF, qui propose de rejoindre l’entreprise après l’arrêt de la carrière sportive.

Vous parlez d’un problème de visibilité de votre sport. Est-ce que les J.O de 2021 feront franchir un cap au taekwondo en France ?

MWH : J’espère ramener la plus belle médaille et mettre en avant le taekwondo. Je ferai tout pour en faire parler et montrer la qualité et les valeurs de ce beau sport. Etre la meilleure ambassadrice possible, pourquoi pas si j’en ai l’opportunité.

Crédit photo : Magda Wiet-Hénin

Mathias Biabiany (escrime) : « Nous avons eu le sentiment de ne pas être abandonnés »

À 25 ans, l’escrimeur Mathias Biabiany s’inscrit dans cette jeune génération de sportifs français qui rêvaient de pouvoir aller cet été à Tokyo, pour y disputer les Jeux Olympiques. Malheureusement, la pandémie de Covid-19 a mis à terre le sport mondial et décalé la plus prestigieuse des compétitions sportives à l’année prochaine.

C’est dans sa Guadeloupe natale, que l’épéiste du club d’Escrime Rodez Aveyron, a passé son confinement. L’année 2020 devait être celle de la reprise pour lui après une grave blessure au genou survenue deux ans auparavant. Mathias Biabiany raconte pour CAQS comment il a vécu le confinement, le retour à l’INSEP (Institut National du Sport et de l’Expertise et de la Performance) et nous livre son regard sur le sport dans les Antilles.

Vous êtes rentré en Guadeloupe pendant le confinement, pouvez vous nous parler de votre ressenti vis à vis de la crise sur place ?

Mathias Biabiany : Le confinement s’est bien passé pour moi. J’ai eu la chance de pouvoir rentrer en Guadeloupe avant l’annonce du Président. J’avais de la place car j’étais chez mes parents, même si ma mère passait du temps à l’hôpital (elle est infirmière), j’en profitais pour partager de précieux moments avec mon père. Comme il faisait partie de la population à risque, c’est moi qui me chargeais de toutes les tâches à l’extérieur. Cela faisait 10 ans, depuis que j’étais parti en métropole, que je n’étais pas resté autant de temps avec eux.

Le sport mondial était arrêté, mais vous avez continuez vos entraînements. C’était une volonté personnelle de maintenir la forme ou alors des consignes de la Fédération Française d’Escrime ?

MB:  Nous avons eu un contact avec nos entraîneurs au début du confinement, la DTN nous envoyait régulièrement des mails pour savoir comment nous, athlètes, nous nous portions. On a vraiment eu ce sentiment de ne pas être abandonné. La seule chose pour laquelle nous étions un peu livrés à nous-même, c’était sur la question de la préparation physique au début mais ils nous ont rapidement envoyé des programmes sportifs quotidiens. On organisait des visioconférences et je faisais chaque semaine des bilans avec Anne-Laure Morigny, ma préparatrice physique à l’INSEP.

Avant le début de la crise vous aviez fait quelques tournois (Allemagne, Qatar), les premiers après votre rupture partielle du tendon rotulien. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

MB : C’était un vrai plaisir pour moi de recommencer les compétitions. Mais cette période « test »  a été un peu écourtée car peu après j’ai ressenti de nouvelles douleurs au genou. Personnellement cet arrêt des compétitions m’a aidé, j’ai ainsi pu mieux m’entrainer et m’améliorer physiquement et mentalement.

Vous êtes revenu à l’INSEP le 5 juin, comment s’est passé un tel retour ?

MB : Cela a été un petit retour car tout le groupe n’était pas revenu. Au tout début nous étions que cinq garçons. Mais cela a été super interessant car notre reprise a été individualisée. Nous avons pu mettre en place avec le Service Médical et le Service de Réathlétisation de l’INSEP des tests physiques et psychologiques. On peut donc repartir sur une base de données très solides et plus complètes qu’avant. J’ai pu ainsi en apprendre plus sur ma morphologie et mes capacités.

Votre coéquipière Cécilia Berder évoquait la nouvelle façon de travailler la semaine dernière, avec de nouveaux test, ce qui lui a permis de « redevenir athlète », c’est aussi votre point de vue ?

MB : C’est exactement ça. Pour nous, trois mois sans sport c’est impossible. En vingt ans de carrière, cela ne m’était jamais arrivé. Il faut revenir et apprécier le goût de l’effort. Il faut réapprendre à être un athlète de haut niveau, ce qui n’est pas la même chose que pour un sportif normal. Cela m’a permis de redécouvrir ma discipline et mon corps. Nous avons un an, avant les Jeux Olympiques, pour que nous, les athlètes, puissions revenir meilleurs qu’avant.

Depuis le déconfinement, en savez-vous un peu plus sur le calendrier national et international de la FFE ?

MB : Nous attendons les directives gouvernementales car il existe encore des pays où le confinement est encore en place (Brésil) ou des régions encore très touchées par la pandémie, comme en Italie et Espagne. Mais nous attendons également des directives internationales car à l’heure actuelle, aucune de date officielle n’a été trouvée pour l’organisation des Jeux Olympiques de Tokyo. Tant que la période ne sera pas précisément définie, la Fédération Internationale d’Escrime et la Fédération Française d’Escrime ne pourront pas mettre en place de programmes de compétitions.

Il y a 10 ans, vous quittiez votre famille et la Guadeloupe pour venir commencer votre carrière en métropole. Est-ce toujours une nécessité de partir pour un jeune athlète antillais ?

MB : Nous avons la chance d’avoir de très bons entraîneurs et formateurs dans nos îles mais nous sommes obligés de partir vers un centre de formation si l’on veut continuer. Il en existe un seul aux Antilles: le CREPS Antilles-Guyanne. Aujourd’hui, par soucis de combativité et de compétitions, les jeunes escrimeurs sont obligés de partir en métropole. Mais je pense qu’il y a beaucoup de choses à faire sur place, c’est une question de volonté car nous avons les infrastructures. Certaines fédérations comme l’athlétisme retournent en Caraïbes pour s’entraîner depuis longtemps. Nous nous venons juste d’y retourner cette année alors pourquoi ne pas persister ? J’espère qu’un jour les sportifs antillais n’auront plus à se déplacer en métropole pour performer.

Vous êtes alors optimiste pour le sport antillais ?

MB : Tout à fait. Je pense qu’il faut développer davantage la formation sur nos îles et créer d’autres centres d’entraînement de haut niveau. Nous devons accroitre nos structures locales, acquérir un savoir-faire et l’étendre sur le territoire ultra-marin. Environ 80% des athlètes en équipe de France d’escrime sont d’origine antillaise, cela démontre bien que nous avons du talent. En tout cas il y a quelque chose à faire pour que demain nous puissions faire émerger nos futurs jeunes et développer l’escrime aux Antilles.