(Municicaqs #18) – Paris, et si Dati gagnait ?

Après Lyon, Toulouse, Montpellier ou Nantes, les municicaqs s’arrêtent à Paris. Capitale de France, la ville est le théâtre d’une bataille entre trois femmes déterminées. La maire sortante Anne Hidalgo vise un second mandat, Rachida Dati veut remettre Les Républicains au premier plan et Agnès Buzyn espère sauver l’image de la majorité présidentielle.

57,7 % des inscrits ne se sont pas déplacés au premier tour des municipales. Une abstention record depuis la première élection du maire de Paris. Malgré tout, les tendances des sondages sont reflétées dans les résultats du premier tour. Anne Hidalgo, Rachida Dati et Agnès Buzyn se sont qualifiées pour le second tour des municipales.

3 projets différents

Voici quelques mesures proposées par les 3 candidates :

Logement

Anne Hidalgo : La maire sortante souhaite créer une société immobilière mixte entre public et privé pour lever jusqu’à 20 milliards d’euros, « sur le marché parisien pour racheter des immeubles, les transformer et les proposer à la location pour les classes moyennes ».

Rachida Dati : La candidate veut « changer la composition du parc social » dans les logements. « Moi, je vais changer la composition du parc social à Paris, et les bailleurs respecteront ce que veut le maire de Paris, une mixité réelle », accusant Anne Hidalgo, sur France Info, d’avoir « ghettoïsé Paris ».

Agnès Buzyn : La candidate LREM regrette que les agents municipaux ne puissent pas loger sur Paris pour des raisons économiques dans des logements sociaux. Elle souhaite donner une priorité aux « agents du service public » ou aux « familles monoparentales ». Pour elle, le risque est de développer « une ghettoïsation des logements sociaux », lié à un « manque de diversité à la fois dans les HLM et dans les écoles alentours ».

Sécurité

Anne Hidalgo : La maire sortante veut développer une présence dans les rues de la future police municipale « paritaire » avec 5 000 agents. Contrairement aux deux autres candidates, les agents n’auront pas d’armes létales. Cette police devrait aussi « lutter contre le harcèlement de rue dont sont encore trop souvent victimes les femmes ».

Rachida Dati : « Je veux être la maire de la sécurité ». La maire réélu dans le 7e arrondissement propose une police municipale de 3400 agents « avec armes létales, gilets pare-balles et flotte de véhicules sérigraphiés, équipés de sirène et de gyrophare ». Elle souhaite aussi multiplier par trois le dispositif de vidéosurveillance.

Agnès Buzyn : La candidate propose une police municipale à 5 000 agents armés. La vidéosurveillance serait développée autour des écoles. Agnès Buzyn veut apporter une aide financière pour les parisiens voulant poser une porte blindée sécurisée afin d’éviter les cambriolages.

Propreté

Anne Hidalgo : Alors que la ville de Paris a engagé 550 millions d’euros par an dans la propreté, Paris est « sale » selon les deux autres candidates. La maire sortante souhaite continuer son « plan anti-rats ». Côté propreté des rues, Anne Hidalgo appelle les Parisiens au civisme en « évitant de jeter son mégot par terre, encore moins un masque ».

Rachida Dati : Elle l’affirme « Paris est sale ». « Si je suis maire de Paris, je délègue la compétence aux maires d’arrondissement, je modernise les équipements de nettoyage et de collecte des ordures (…) Un Paris propre 24h/24 et 7j/7 ».

Agnès Buzyn : « Aujourd’hui, c’est vraiment désastreux dans les rues ». La candidate souhaite débuter un grand plan de lutte contre les rats et un nettoyage des tags. Comme Rachida Dati, elle veut déléguer la compétence aux maires d’arrondissement. Enfin, Agnès Buzyn insiste sur l’idée de l’augmentation des installations de poubelles de tri.

Transports

Anne Hidalgo : La maire sortante souhaite poursuivre la réduction de la place accordée à la voiture en supprimant une place de parking sur deux en surface. La proposition qui plaît le moins aux provinciaux et aux banlieusards est celle de la limitation du périphérique parisien à 50 km/h complétées par des passages piétons. Enfin, Anne Hidalgo prévoit la réduction de la vitesse en ville à 30 km/h.

Rachida Dati : Elle le précise dans son programme : « Il n’est pas raisonnable de promettre du zéro voiture et du 100% vélo ». Tout comme Anne Hidalgo, la candidate de droite réfléchit à « l’expérimentation d’une voie réservée sur le périphérique pour des navettes express, le covoiturage, les taxis et les véhicules propres » sur le périphérique.

Agnès Buzyn : L’ancienne ministre de la Santé propose un moratoire de six mois sur les travaux gênants et de rénover la voirie. Comme les deux autres candidates, « une voie sera réservée sur le périphérique aux véhicules propres, au co-voiturage et aux transports en commun ».

Un deuxième tour déjà joué ?

Sondage pour le second tour des municipales à Paris © Elabe

Le dernier débat télévisé entre les trois candidates a eu lieu jeudi soir. Côté Hidalgo, certains militants ont été déçus. Éric* nous confie qu’elle « n’a pas eu le même charisme que d’habitude, elle n’a pas réussi ce débat ». Dans le camp Dati, on est optimiste, « elle a complètement réussi ce débat, je pense qu’il y a une chance malgré le ralliement des écologistes » murmure une militante de première heure. Dans les rangs d’Agnès Buzyn, on doute. « Je sais que l’on a perdu, je garde espoir, mais je sens la défaite arriver », confie un militant LREM.

Une élection n’est jamais jouée. Les électeurs décideront dimanche si Anne Hidalgo continue 6 ans de plus, si Rachida Dati créée la surprise ou si Agnès Buzyn sauve les meubles.

Éric* : Prénom changé.

Crédits photo mise en avant : Steffylou / Tsaag Valren / Tsaag Valren  

(Municicaqs #2) – Dijon, 4ème mandat pour la gauche ?

Après un contexte sanitaire difficile, Dijon doit choisir son maire. Arrivée en tête au 1er tour, la liste de l’Union de la gauche va t-elle confirmer son avance ? La liste de droite pourra t-elle rattraper et créer la surprise ? La liste EELV suivra t-elle la poussée actuelle ?

Dijon, préfecture de la Côte-d’Or, est la seule ville de l’Est de la France, avec Strasbourg, à gagner des habitants. Avec près de 260 000 habitants, c’est aussi le chef-lieu de la région Bourgogne-Franche-Comté. Autant dire que les élections municipales sont un tournant majeur dans la vie de la métropole, du département ainsi que dans le fonctionnement de la région. Un tournant seulement si la municipalité actuelle se renouvelle profondément…

2020 est probablement l’année la plus mouvementée du 21ème siècle. Le covid-19, ayant confiné les Français pendant deux mois, commencerait, selon les médecins, à disparaitre. C’est dans un déconfinement progressif et dans une urgence démocratique que le Premier ministre Édouard Philippe a décidé de placer le second tour des élections municipales au 28 juin 2020. Va t-il y avoir plus d’électeurs qu’au 1er tour ?

Attention : abstention !

Comment se déplacer sereinement au bureau de vote quand la veille, le Premier ministre annonce la fermeture de « tous les lieux accueillant du public non indispensables à la vie du pays » ? Les dijonnais ont préféré rester chez eux. Seuls 36 % des électeurs inscrits se sont déplacés aux urnes le dimanche 15 mars 2020. Le graphique ci-dessous expose une nette augmentation de l’abstention à Dijon, cette année.

Malgré une abstention record, un candidat sort largement en tête.

9 listes étaient proposées aux Dijonnais. Celle de Damien Cantin pour le Rassemblement national, Emmanuel Bichot pour Les Républicains, Sylvain Comparot pour La République en marche, Stéphanie Modde pour Europe Écologie Les Verts, Bruno Louis pour la liste écologiste indépendante, François Rebsamen pour l’Union de la gauche, Arnaud Guvenatam pour la France insoumise, Claire Rocher pour Lutte Ouvrière et Jean-Baptiste Gavignet pour une liste « divers ». Entièrement composée d’avocats, la liste nommée « NOUS NE BATTRONS PAS EN RETRAITE » fait référence à la réforme des retraites du gouvernement.

Pour rappel, pour se maintenir au second tour, une liste doit atteindre au moins 10 %. Une situation parfois frustrante quand une liste rate de peu le seuil, comme Rémi Gaillard à Montpellier et ses 9,58 %. Les listes de 5% et plus, peuvent fusionner. À Dijon, 3 listes se qualifient pour le second tour. La liste « DIJON C’EST CAPITALE » de François Rebsamen arrive en tête devant la liste « AGIR POUR DIJON » d’Emmanuel Bichot. Stéphanie Modde ferme la marche avec sa liste « DIJON ECOLOGIQUE ET SOLIDAIRE ».

3 projets différents

François Rebsamen

Le candidat de l’Union de la gauche propose un projet en plusieurs points.

« Améliorer le pouvoir d’achat des Dijonnais » en gelant les taux des impôts locaux pour les 6 prochaines années. Il souhaite baisser le prix de l’eau dès avril 2021. « Lutter contre le changement climatique », en développant la mobilité active, en promouvant des produits locaux à faible empreinte carbone. Le maire sortant promet de construire une centrale photovoltaïque sur l’ancienne décharge de Valmy. « Combattre la pauvreté » en créant une plate-forme santé pour un accès simplifié au parcours de soins. Niveau sécurité, François Rebsamen prévoit un recrutement de policiers municipaux et souhaite étendre la vidéoprotection.

Emmanuel Bichot

Le candidat des Républicains choisit de mettre en avant la sécurité et l’urbanisme.

Emmanuel Bichot mise sur la rénovation des rues et des trottoirs dans tous les quartiers de Dijon. L’accélération de la mise en accessibilité de la gare de la ville est au programme. Côté sécurité, le candidat veut développer les zones 30 km/h pour « la sécurité et la tranquillité » des Dijonais et augmenter de 50% les effectifs de la police municipale « pour une présence de jour comme de nuit« . Emmanuel Bichot promet aussi de baisser de 5 % le taux de la taxe foncière pour tous les foyers.

Pour Emmanuel Bichot, le maire sortant additionne « mensonges et promesses« .

Stéphanie Modde

Stéphanie Modde imagine une « ville nature » en visant la « reconquête végétale de Dijon« .

Pour atteindre cet objectif, la candidate promet la création d’un chemin vert avec des réseaux de rues végétalisées réservées aux mobilités douces, comme les piétons ou les cyclistes. Pour continuer sur la lancée « moins de voitures », la mairie écologiste mettra en place une plate-forme de covoiturage, pour favoriser des déplacements des clubs sportifs par exemple. La candidate prévoit d’augmenter les budgets participatifs, 2 millions d’euros par an, au lieu de 360 000 euros aujourd’hui. Enfin, la mairie préfère privilégier une agriculture de proximité et biologique accessible à toutes et tous pour ainsi réduire les longs transports de marchandises.

Selon la liste de Stéphanie Modde, François Rebsamen a entamé une « destruction des services publics« .

Contacté par CAQS, le candidat LREM, Sylvain Comparot, 4ème avec 8,80% des voix, ne fusionnera pas sa liste pour le second tour.

Crédit photo mise en avant : Christophe Finot – Vue panoramique de Dijon

Décès de Christophe : une vie riche d’échecs et de succès

Hospitalisé depuis jeudi 26 mars dans un hôpital parisien, le chanteur Christophe est décédé ce jeudi 16 avril d’une maladie pulmonaire. Retour sur une carrière, riche d’échecs et de succès.

L’auteur des « Mots Bleus » ou « Aline » devait reprendre sa tournée. Ce jeudi 26 mars, il avait du mal à respirer. Les pompiers l’ont emmené à l’hôpital Cochin à Paris. Il a été ensuite transféré à Brest. Il est décédé jeudi soir. Sa fille Lucie à ses côtés. Le chanteur avait 74 ans.

Souffrant d’une insuffisance respiratoire, Daniel Bevilacqua, de son vrai nom, avait été hospitalisé dans un hôpital parisien depuis jeudi 26 mars pour le Covid-19. Son producteur de spectacles, Laurent Castanié, avait précisé à l’AFP, que « son état » était « stable » et qu’il était pourtant « très bien encadré et suivi par le personnel médical ».

Alain Bashung l’avait surnommé « le Gitan blond ». Né d’une mère couturière et d’un père entrepreneur de profession et séducteur invétéré, son enfance fut difficile. « La vie, chez moi, était difficilement supportable. Mon père était un séducteur, un tourne-coeur, toujours avec ses maîtresses. Ma mère souffrait horriblement. J’ai toujours eu du mal à en parler, mais elle a fait une tentative de suicide, son calvaire a duré longtemps, elle a bien dû faire toutes les maisons de repos de la région parisienne« , a-t-il expliqué à Télérama.

« J’étais un enfant à cran. Je fuguais beaucoup d’ailleurs. Mon père me déposait à la pension, j’attendais qu’il tourne les talons et je disparaissais pendant plusieurs jours. À 10 ans, j’étais marqué, je passais des nuits sans dormir à cause des cris de mes parents. Et j’étais repéré. À l’école, on me narguait, on m’appelait le Rital et on me parlait de ma mère. En banlieue, tout le monde sait ce qui se passe chez les autres. Et les gens ne sont pas très bienveillants« , s’est-il remémoré.

Une fois son service militaire passé, il entame une carrière de chanteur. En 1963, il enregistre son premier 45 tours, « Reviens Sophie », un échec. 2 ans après, il connaît son premier succès avec « Aline », au moins 400 000 ventes en France. En 1974, son cinquième album, « Les Mots bleus » concrétise son apogée.

Le dernier album du chanteur est sorti l’an dernier. « Christophe Etc. », volumes 1 et 2, deux albums de reprises de ses standards avec de nombreux artistes : Eddy Mitchell, Etienne Daho, Julien Doré, Pascal Obispo…

85 % des Italiens veulent-ils quitter l’Union européenne ?

Sur le groupe Facebook « UPR diffusion », un internaute a publié l’image ci-dessus. Il est mentionné « 85 % des Italiens veulent quitter l’Europe. ». Cette affirmation est-elle vrai ?

L’Europe ou l’UE ? Soyons clair. L’UPR, l’Union Populaire Républicaine, a 3 principaux axes pour la France : la sortie de l’euro, la sortie de l’Union européenne et la sortie de l’OTAN. On considère donc que l’internaute a probablement confondu l’Europe et l’Union européenne. L’affirmation corrigée serait donc : « 85 % des Italiens veulent quitter l’Union européenne ».

En Italie, la situation se dégrade depuis février. Dès le 10 mars, l’Italie a confiné l’ensemble de ses habitants sous l’ordre du président du Conseil, Giuseppe Conte. C’est le premier pays européen à avoir instauré des mesures strictes. C’est aussi l’État européen ayant le plus de cas de Coronavirus, au moment de la rédaction de cet article, avec plus de 110 000 cas détectés.

Union européenne ?

Les Italiens se sentent délaissés par l’Union européenne, « si nous sommes une Union, il est temps maintenant de le prouver », alerte Giuseppe Conte, jeudi, dans l’hebdomadaire allemand Die Zeit. La Chine a envoyé neuf experts chinois, qui sont arrivés le 13 mars à Rome, dans un avion rempli de tonnes de ventilateurs, de matériel respiratoire, d’électrocardiographes, de masques… La Russie a, elle aussi, aidé l’Italie. 15 avions militaires russes, avec, à bord, des virologues et de l’équipement, ont été envoyés entre les 22 et 25 mars en Italie pour contrer l’épidémie. Un 16ème avion a atterri à Vérone, transportant 30 respirateurs artificiels et des fournitures médicales.

Pourtant, l’Union européenne a aussi envoyé des dons. Emmanuel Macron a dénoncé la surmédiatisation de l’aide russe et chinoise à l’Italie « On parle beaucoup de l’aide chinoise ou russe, mais pourquoi ne parle-t-on pas que la France et l’Allemagne ont envoyé deux millions de masques et des dizaines de milliers de combinaisons médicales en Italie ? ». Une Europe qui assiste mais qui n’est plus prise au sérieux ?

Italexit

Afin d’aider à comprendre et à évaluer l’engagement de nombreux italiens dans la volonté de sortir de l’UE, il faut plonger dans les résultats de la dernière élection européenne. Le 26 mai 2019, plus de 50 millions d’électeurs étaient appelés à voter pour remplir les 79 sièges italiens. À l’annonce des résultats, le constat est simple. Les partis eurosceptiques ont récolté plus de 40 % des voix (34,26 % pour la Ligue de Matteo Salvini et 6,45 % pour Frères d’Italie de Giorgia Meloni). Si on inclut le Mouvement 5 étoiles, qui a une ligne mitigée concernant l’Union européenne, le score exprimant un rejet de la communauté atteindrait plus de 57 % des suffrages. Les partis pro-européens, eux, récoltent plus de 31 % des voix (22,74 % pour le Parti démocrate de Nicola Zingaretti et 8,78 % pour Forza Italia de Silvio Berlusconi).

Enfin, en 2016, 28 % des Italiens estimaient utile d’instaurer un référendum sur un Italexit. Début 2019, ils étaient désormais 49,5 %, selon un sondage réalisé par Community Group Study Center pour le quotidien italien, La Stampa. Un Italien sur deux souhaiterait donc une consultation sur l’avenir du pays dans la communauté européenne. Un tiers de ces électeurs voteraient « oui » sans hésiter.

Résumons la situation politique actuelle :

  • Entre 4 et 6 électeurs exprimés sur 10, ont choisi d’accorder leur bulletin à un parti eurosceptique lors de la dernière élection européenne.
  • L’année dernière, près de la moitié des Italiens interrogés souhaitaient un référendum remettant en cause, plus de 60 ans d’engagement dans la communauté européenne.
  • Une aide européenne devancée par la coopération asiatique (Chine, Russie…). Le soutien des pays membres a été tardif, si lent, que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est excusée dans une tribune jeudi 2 avril : « Aujourd’hui, l’Europe se mobilise aux côtés de l’Italie. Mais cela n’a pas toujours été le cas », reconnaît la responsable dans le quotidien La Repubblica.

En se basant sur le sondage du quotidien italien, des résultats du dernier scrutin européen et de la situation actuelle lié au coronavirus, près d’un italien sur deux, voire trois, pourrait avoir la volonté de quitter l’Union européenne. Le chiffre de 85 %, avancé sur le groupe Facebook est donc, aujourd’hui, loin des chiffres réels, aucune source, ni preuve à l’appui.

La CGT appelle à la grève tout le mois d’avril

La fédération CGT-Services publics a déposé un préavis de grève pour tout le mois d’avril afin de protester contre le manque de moyens pour lutter contre le Covid-19.

Du 1er au 30 avril. La fédération CGT-Services publics a publié un courrier destiné à Muriel Pénicaud (ministre du Travail), Gérald Darmanin (ministre de l’Action et des Comptes publics) et Olivier Dussopt (secrétaire d’État chargé de la Fonction publique). Le syndicat s’élève contre « des mesures antisociales » prise dans le cadre de la récente loi d’urgence et proteste contre un manque de protection face au Covid-19.

La CGT, qui a déposé 30 préavis consécutifs de 24 heures, dénonce « les choix du gouvernement qui font que ce sont les masques de protection, gel hydroalcoolique et tests médicaux qui manquent alors que jamais les armes de guerre militaire ou anti-manifestants (LBD, gaz…) ne sont en rupture de stock ». La fédération réclame aussi « l’arrêt de tous les services non essentiels à la continuité de la Nation ».

« un préavis inopportun »

Sur BFM Business, le secrétaire d’État, Olivier Dussopt, a exprimé ses « regrets » face à l’appel de la CGT : « Nous prenons acte du préavis, même si nous avons dit à cette fédération notre surprise et notre sentiment que c’était un préavis inopportun ». En plein état d’urgence sanitaire, le gouvernement a adopté des ordonnances qui modifient le droit du travail. Ces mesures pourront s’appliquer jusqu’au 31 décembre 2020. Les employeurs pourront imposer la prise de congés payés ou la prise de RTT. Ils pourront aussi ramener la durée de repos entre deux journées de travail de 11 à 9 heures.

L'Aisne interdit la vente d'alcool

Le préfet de l’Aisne a pris un arrêté afin d’interdire la vente d’alcool pour éviter « les rassemblements et les violences familiales ».

Les Hauts-de-France, la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie ont une consommation plus fréquente que les autres régions. L’Aisne, territoire dans l’ancienne Picardie, est le premier département français à interdire la vente à emporter de boissons alcoolisées. C’est le préfet de l’Aisne, Ziad Khoury, qui a pris un arrêté ce mardi.

« Il s’agit d’éviter les rassemblements et surtout les violences intra-familiales, qui pourraient être la conséquence d’une consommation abusive d’alcool », a-t-il expliqué au journal, L’Union. Les commerces sont aussi présents dans l’arrêté. Ils sont autorisés à ouvrir dans le département jusqu’à 20 heures « au plus tard ».

France 4 va diffuser des cours en direct

En cette période de confinement, France 4 modifie toute sa programmation pour diffuser des cours en direct donnés par des professeurs de l’Éducation nationale.

La récréation est finie pour 12 400 000 d’élèves. La chaîne du service public, France 4, va diffuser toute la journée, à partir de lundi 23 mars, des cours scolaires. Dispensée par des professeurs de l’Éducation nationale, chaque tranche horaire sera destinée à une catégorie d’élèves :

  • 09.00-10.00 Pour les CP-CE1 : 30 min de lecture / 30 min de maths

  • 10.00-11.00 Programmes ludo-éducatifs pour les préscolaires

  • 13.30-14.00 C’est toujours pas sorcier, notamment pour les 8-12 ans

  • 14.00-15.00 Pour les collégiens : 30 min de français / 30 min de maths

  • 15.00-16.00 Pour les lycéens : 1 heure de français, maths, histoire-géo, anglais ou philo

  • 16.00-16.50 La Maison Lumni pour les 8-12 ans, et plus spécifiquement pour les CM1-CM2

France Télévisions se mobilise

Toujours sur France 4, le mardi soir sera consacré aux documentaires historiques.

Un nouveau magazine quotidien éducatif sera proposé sur plusieurs chaînes : La Maison Lumni. À 10 h sur France 2, à 11 h sur France 5 et à 16 h sur France 4.

Côté culture, la musique sera au rendez-vous. Sur France 2, tous les vendredis, en deuxième partie de soirée, un concert ou un numéro de Taratata seront diffusés. Sur France 3, tous les vendredis, en prime time, des « best of nostalgie » seront programmés. Sur France 5, tous les samedis soir, en deuxième partie de soirée, le groupe diffusera des opéras ou des concerts classiques.

Coronavirus – Don du sang : « continuez à donner ! »

L’Établissement français du sang appelle à une mobilisation des donneurs. L’EFS redoute que les dons du sang diminuent à cause du coronavirus et du confinement.

Depuis mardi midi, le confinement de la population française est en vigueur. De très nombreux commerces et lieux publics ont fermé leurs portes. Malgré ces restrictions, les Établissements français pratiquant la transfusion sanguine restent ouverts. Les hôpitaux ont régulièrement besoin de poches de sang.

Un risque de contamination par le sang ?

« Avez-vous été dernièrement en contact avec des personnes qui ont des symptômes liés à la grippe ? », c’est l’une des premières questions posées par les établissements français du sang aux personnes souhaitant faire don de leur sang. « Nous prenons toutes les dispositions nécessaires » assure un infirmier. La continuité des dons se joue aussi sur les réseaux sociaux en démentant certaines rumeurs ou en rassurant.

Par mesure de précaution, l’EFS détruit les poches de sang des donneurs ayant développé des symptômes dans les 48h qui suivent leur don. Les donneurs ont un numéro de téléphone pour signaler tout symptôme à l’issue de leur don.

La collecte de sang ne peut être interrompue durant la période de confinement. Les réserves actuelles en globules rouges sont de moins de 15 jours. Les stocks de plaquettes sont équivalents à moins de 3 jours. Donnez, cela vous permettra de sortir et de sauver des vies.

Réforme du bac : le fiasco des E3C ?

Les nouvelles épreuves du contrôle continu du baccalauréat ont commencé ce lundi. Dans plusieurs lycées de France, la situation s’est tendue avec des manifestations ou des blocages.

Comme un nom de code incompréhensible, E3C. En 2017, le candidat Macron a proposé une transformation du baccalauréat en se focalisant sur quatre épreuves et en instaurant une partie de contrôle continu. Les E3C sont des épreuves communes. Pour les élèves de 1ère, la première session se déroule du lundi 20 janvier au vendredi 28 février. Les épreuves au programme sont : histoire-géographie, langue vivante A, langue vivante B (et maths pour la filière technologique).

Les épreuves ont donc commencé lundi, mais les examens ne se sont pas passé comme prévu. Dans de nombreux lycées, des blocages ont été organisés. Professeurs et élèves étaient mobilisés. Dans toute la France, les épreuves ont été largement perturbées. À Bagnols-sur-Cèze, le lycée Albert Einstein a vécu une situation tendue. Alice est étudiante en première générale, elle a passé l’épreuve d’histoire-géographie : « On a dû rester toute la première heure dehors car il y avait des manifestants qui bloquaient l’entrée au lycée. On a commencé avec une demi heure de retard, mais on a eu le temps de passer les épreuves ». Elle s’étonne du manque d’organisation de l’établissement, « les surveillants sont arrivés avec ce qui ressemblait à des parents d’élèves pour nous surveiller, 1 personne pour 35 élèves ».

« Pendant l’examen, des bruits incessants et des personnes qui entraient et sortaient toutes les 5 minutes. »

Les élèves ne sont pas espacés, ils passent l’épreuve d’histoire-géographie – Lycée Albert Einstein – Bagnols-sur-Cèze. Twitter : @Minnyni

Nous avons contacté le ministère de l’Éducation nationale, aucune réaction, ni d’éventuelles déclarations. L’académie de Montpellier n’est pas joignable.

Clément Poullet est le secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement, de la culture et de la formation professionnelle Force Ouvrière. Il trouve la situation de Bagnols-sur-Cèze, « totalement scandaleuse ». Il ajoute : « le ministre de l’Éducation nationale est responsable de la pagaille actuelle, il était conscient de la catastrophe industrielle par rapport au manque de surveillants ».

Le représentant FO insiste, « on est très engagé dans le cadre de la bataille pour l’abandon de la réforme des retraites, c’est notre priorité numéro 1. La réforme du bac et la réforme des retraites, c’est la même logique, une individualisation des droits car il n’y aura plus de droits collectifs ».

Carte à retrouver en cliquant sur le lien ci-dessous.

À Talence, en Gironde, le lycée Kastler représentait l’image du bras de fer. Plus d’une centaine de personnes se sont réunies devant le lycée et chantaient « Jean-Michel Blanquer, ministre autoritaire, on ne bossera pas pour toi ». La FNME CGT revendique aussi la coupure électrique du lycée survenue le matin même. L’épreuve continue pour des milliers d’élèves dans les prochains jours, elle continue aussi pour le gouvernement. La note est, pour le moment, proche de 0.

USA-Iran : Au moins 2 bases militaires américaines en Irak attaquées par des missiles iraniens

Plusieurs roquettes ont été tirées sur deux bases des États-Unis en Irak ce mardi soir. L’Iran reconnaît la riposte en raison de l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani par Washington, vendredi.

Dans la nuit de mardi à mercredi 8 janvier, au moins une douzaine de roquettes se sont abattues sur la base aérienne d’Aïn al-Assad, dans l’ouest de l’Irak, selon le Pentagone. La base d’Erbil a aussi été touchée. L’Iran a prévenu les États-Unis et a menacé des « réponses encore plus dévastatrices » en cas de nouvelle attaque.

« Le président a été informé et surveille la situation de près et consulte son équipe de sécurité nationale », a déclaré Stephanie Grisham, l’attaché de presse de la Maison-Blanche. Elle ajoute sur Twitter : « Nous sommes au courant des attaques sur des sites US en Irak. Le président a été briefé et suit la situation de près et consulte son équipe de sécurité nationale. ».

La télévision d’État iranienne a déclaré que Téhéran a lancé « des dizaines » de missiles sur la base aérienne irakienne d’Ain Assad et d’Erbil. La télévision a décrit cette riposte comme une opération de vengeance de Téhéran pour le meurtre du général Soleimani. Une partie des renseignements ayant conduit à la décision de tuer le général, comprenait des menaces contre la même base aérienne.

Plus de 5000 soldats américains sont présents sur le sol irakien dans le cadre de la lutte contre l’État Islamique.

Donald Trump a indiqué sur Twitter qu’il ferait une déclaration ce mercredi.