Julian Alaphilippe : c’est reparti pour un tour !

Le coureur français, que l’on n’avait plus vu depuis Paris-Nice en mars, sera de retour sur sa selle cet après-midi au départ des Strade Bianche. Pour le champion tricolore, c’est une nouvelle saison qui démarre, avec des objectifs très élevés.

Vendredi 19 juillet 2019, à Pau, au terme d’un contre-la-montre de haute volée, Julian Alaphilippe exulte. Non seulement il reprend du temps à tous les favoris, mais on commence à croire qu’il peut aller au bout. Il finira finalement cinquième du Tour de France 2019 et cette victoire à Pau sera la dernière avant un long passage à vide. Sorti exténué de cette grande boucle, il abandonne à la classique San Sebastian, alors qu’il est tenant du titre. Il ne gagnera pas non plus lors des classiques ardennaises. Après un long repos, il ne revient pas en forme en 2020 et est peu en vue lors de Paris-Nice. Arrive à ce moment le coronavirus. Un break de trois mois pendant lequel le Français se dit « impatient de reprendre » (France Bleu). Cette longue période sans compétition lui a sans doute redonné cette envie de victoire, victoire qui lui échappe depuis maintenant plus d’un an.

Quoi de mieux pour y regoûter qu’une course qu’il connaît bien ? Tenant du titre, Julian Alaphilippe tentera de faire le doublé sur les Strade Bianche, une course qu’il « aime beaucoup ». Il enchaînera le week-end avec une autre course où il est le tenant du titre : Milan-San Remo. « Gagner Milan-San Remo reste un de mes meilleurs souvenirs cyclistes » (France Bleu), c’est dire s’il voudra rééditer l’exploit cette année.

Un programme chargé

Si la compétition lui avait beaucoup manqué, il va être servi. Coronavirus oblige, le calendrier de cette saison 2020 sera très particulier, avec des courses très resserrées dans le temps. Pour Julian Alaphilippe, elle est divisée en deux grandes parties. La première aura en point d’orgue le Tour de France. Il commencera donc aujourd’hui avec les Strade Bianche et samedi prochain avec Milan-San Remo. Puis il prendra part au Critérium du Dauphiné, entre le 12 et le 16 août, avant les championnats de France en Bretagne le 23 août. Enfin il prendra le départ de la grande boucle le 29 août à Nice.

Alaphilippe voudra renouer avec la victoire sur le Tour de France

Après le Tour de France il n’aura pas le temps de se reposer puisqu’il ira dans la foulée aux championnats du monde en Suisse. Les classiques ardennaises arriveront ensuite très vite avec la Flèche Wallone le 30 septembre, Liège-Bastonne-Liège le 4 octobre, l’Amstel Gold Race le 10 octobre. Il achèvera ce périple par sa première participation au Tour des Flandres le 18 octobre. Elle viendra conclure trois mois de compétition où le Français aura de grandes ambitions.

Quels objectifs cette saison ?

« Son objectif principal cette année c’est le championnat du monde » pour Matthieu Sirvent, rédacteur chez Le Gruppetto. Il faut dire que le tracé en Aigle et Martigny lui convient bien avec des ascensions plutôt adaptées à son profil de puncheur. La descente qui mène à l’arrivée peut aussi l’avantager, lui qui excelle dans cet exercice. Il a aussi en ligne de mire les classiques en automne. S’il a déjà remporté la Flèche-Wallone, il n’a jamais remporté l’Amstel Gold Race et Liège-Bastonne-Liège. « Entre ces trois-là il vise surtout Liège-Bastonne-Liège » et pourquoi pas jouer les trouble-fêtes sur le tour des Flandres. En juin il était allé faire une reconnaissance avec son équipe Deceuninck Quick-Step. Pour ce qui est de ses premières courses de la saison, Julian Alaphilippe a déclaré ne pas s’être fixé de réels objectifs. Ce sera l’occasion pour lui de se jauger après quatre mois sans compétition.

Qu’en est-il du Tour de France ? Il l’a déjà annoncé, il ne jouera pas le général lors de cette grande boucle. Pour Matthieu Sirvent, « l’idée c’est de ne pas perdre trop d’énergie pour arriver en forme aux championnats du monde et aux classiques ». Mais cela ne veut pas dire qu’on ne le verra pas briller. Pour Gaëtan Scherrer, journaliste à L’Equipe, le fait qu’il participe au Critérium du Dauphiné « donne une forte indication sur un de ses objectifs principaux de cette saison qui est le Tour de France, pas forcément pour y jouer le général, mais pour aller chercher des étapes et pourquoi pas le maillot blanc à pois rouge » (ndlr: maillot qui récompense le meilleur grimpeur). Quand on lui demande si Alaphilippe peut faire de l’intox il répond « pourquoi pas, en annonçant qu’il ne joue pas le général c’est un moyen pour lui de surprendre les autres favoris ». Matthieu Sirvent lui n’y croit pas trop : « lui et son équipe l’ont dit, ils ne sont pas taillés pour jouer le général (…) après s’il a le maillot jaune, il ne va pas le laisser filer ».

Un parcours 2020 qui pourrait convenir à Julian Alaphilippe.

Qui pour le stopper ?

Sur de nombreuses courses, à commencer par les Strade Bianche aujourd’hui, Alaphilippe sera vu comme le principal favori. Un statut parfois difficile à porter. Il sera forcément très surveillé. Il aura fort à faire notamment face à Jakob Fulsang, Greg Van Avermaet, Peter Sagan. « Le plus gros concurrent ça devrait être Mathieu Van der Poel » selon Matthieu Sirvent. On se souvient notamment qu’il avait déposé Alaphilippe et Fulsang lors de l’Amstel Gold Race l’an dernier. Le Néerlandais sera aussi très surveillé, ce qui pourrait donner plus de liberté à Julian Alaphilippe.

Lors du Tour de France, même s’il décide finalement de jouer le général, la tâche s’annoncera compliquée puisque les meilleurs grimpeurs du monde seront présents. On aura notamment le duel Jumbo-Visma contre Ineos avec d’un côté Tom Dumoulin, Steven Kruijswijk et Primoz Roglic et de l’autre Christopher Froome, Geraint Thomas et Egan Bernal. Seront aussi présents Thibaut Pinot, Romain Bardet, Nairo Quintana, Mikel Landa, Emmanuel Buchmann et tant d’autres encore. Dur de se faire une place au milieu de ce casting cinq étoiles.

Pour la Flèche Wallone, Liège-Bastonne-Liège et l’Amstel Gold Race, Julian Alaphilippe devra encore batailler contre Van der Poel. Jakob Fulsang lui sera au départ du Giro et ne disputera donc pas les classiques ardennaises (le calendrier serré fait que le Giro et les classiques se courent en même temps). Attention tout de même à Dylan Teuns, Maximilian Schachmann et l’éternel Alejandro Valverde. D’autres noms seront annoncés dans les semaines à venir.

Rendez-vous donc cet après-midi pour le lancement de la saison de Julian Alaphilippe, qui cette année encore a des objectifs très élevés.

crédit photo : twitter Deceuninck Quick-Step

Juventus de Turin : un titre et puis c’est tout ?

Ce dimanche, la Juventus de Turin a remporté son 36ème titre de Serie A. Elle a surtout glané un 9ème championnat de suite en battant la Sampdoria 2-0. Ce titre vient récompenser une pâle équipe de la Juve, qui n’a jamais séduit par son jeu. Mais il aura mis en évidence la domination d’un effectif surpuissant et d’une équipe pour qui une seule chose compte, c’est gagner. Que peut-on réellement retenir de ce titre ?

Autorisons-nous à modifier quelque peu l’adage : la Serie A est un championnat qui se joue à vingt équipes et à la fin c’est la Juventus qui gagne. Voilà un parfait résumé de cette saison 2019-2010 en Italie. Pourtant s’il y a bien une année où elle était prenable, c’était celle-ci. De ses neufs scudetti consécutifs, c’est sûrement la moins bonne équipe en terme de jeu. Ne nous y trompons pas, si la Juve est championne à la fin, c’est qu’elle le mérite. Après tout, cette équipe n’a jamais été réputée pour la beauté de son jeu mais pour son efficacité et son esprit de tueur.

« A la Juventus, gagner n’est pas important, c’est la seule chose qui compte ». On doit cette phrase à Giampero Boniperti, ancien président du club (1971-1990). Une phrase qui résume tellement bien la philosophie de ce club et tant pis pour la manière. Ce neuvième titre consécutif n’est plus un exploit, c’est une case à cocher, une étape supplémentaire dans l’histoire d’un club pas comme les autres. Cela en est devenu presque banal et c’est ça qui rend la chose encore plus belle mais en même temps plus inquiétante.

La Juve encore et toujours

Atteindre les sommets n’est pas chose évidente, y rester l’est encore moins. Avec la Juve, on a l’impression de réécrire cette même phrase année après année. C’est dire à quel point ils dominent ce championnat. Là où les autres équipes connaissent des cycles de gloire, la Juventus, elle, semble éternelle. Ce qui est effrayant, c’est de voir que cette équipe n’a même pas besoin d’être bonne pour marcher sur la Serie A. Rarement le collectif de la Juve n’aura produit un exercice aussi pauvre. Avec l’arrivée de Sarri pourtant, on pouvait croire que cette équipe, tant réputée pour sa défense, allait enfin exploser offensivement. Le principal intéressé lui-même n’y croyait pas vraiment : « Cette équipe-là ne jouera jamais comme mes équipes du passé » avait-il déclaré l’été dernier. Cette équipe s’est bâtie sur trois lettres, l’autre BBC. Non pas celle qui faisait trembler les défenses mais bien celle qui faisait trembler les attaques : Bonucci-Barzagli-Chiellini. Ces trois-là ont élevé la défense au rang d’art. Cette saison, la Vieille Dame n’a même pas pu baser son titre sur cette solidité défensive. Bonucci a sans doute réalisé sa pire saison et De Ligt a mis quelques mois à retrouver son niveau de la saison dernière.

Cette Juve, qui a toujours fait transparaître une force collective sans faille, aura cette année reposé sur des individualités qui l’ont sublimé. A défaut d’avoir pu compter sur sa défense, les turinois s’en sont remis à un excellent Szczesny. Le gardien polonais, jamais cité lorsqu’on parle des 10 meilleurs gardiens du monde, a réalisé une saison de haute volée. En 28 rencontres, il a réalisé 11 cleansheets et aura été irréprochable sur sa ligne. Devant, Dybala a été un élément clé. Ses statistiques sont très intéressantes (11 buts, 11 passes dé.). Globalement, l’impression qu’il a dégagée a été très bonne. Sa relation avec Ronaldo, qu’on a eu du mal à observer l’an dernier, a été bien meilleure cette saison. Bien sûr, le Portugais fait partie de ces individualités qui ont transcendé cette équipe. Avec 31 buts, il égale d’ailleurs le record de buts d’un juventino sur une saison de Serie A (Felice Borel en 1933-1934).

Une Serie A trop faible pour la Juve

C’est évident qu’on ne peut que saluer la Juventus pour sa régularité. On ne doit pas néanmoins minimiser le gouffre qui existe encore entre cette Juve et ses principaux rivaux. Ce titre, c’est un symbole de la domination d’une institution sur les autres. La concurrence s’est pourtant beaucoup rapprochée cette saison. La Lazio n’était qu’à un point de la Juve avant la reprise, l’ayant même battue deux fois cette saison (en championnat et en supercoupe d’Italie). L’équipe d’Inzaghi s’est ensuite écroulée, la faute à un effectif trop tendre. Ils n’ont pas su tenir le rythme imposée par le calendrier. La surprise aurait pu venir de l’Inter Milan, peut-être la seule équipe avec un effectif capable de concurrencer celui des Bianconeri. Ils auront longtemps été devant au classement avant de perdre des points importants dans les grandes affiches. On se souvient de la défaite 2-0 face à la Juve en février. Une victoire aurait sûrement changé beaucoup de choses pour Conte et les siens. Si la Saison avait commencé en Février, l’Atalanta aurait pu être championne. Aussi belle que cette équipe puisse être, elle n’est pas taillée pour jouer le titre.

Juventus-Inter : un tournant de cette saison

L’AS Rome, bien que finalement qualifiée pour la Ligue Europa, a traversé cette saison comme un fantôme, ne faisant jamais parler d’elle et en n’inquiétant jamais les autres cadors du championnat. De son côté Naples a vécu une année compliquée, notamment entaché par cette grève des joueurs en Décembre dernier. Ils ont sauvé leur saison en remportant la coupe d’Italie. Après avoir été les principaux concurrents de la Juve pendant plusieurs saisons, ils sont désormais quelques peu rentrés dans le rang. On les voit mal jouer les premiers rôles l’an prochain. Enfin il y a l’AC Milan, qui a réalisé une belle fin de saison, mais qui reste à des années lumières de le Juventus.

Une saison à terminer

A l’instar du PSG en Ligue 1, peut-on dire que la Serie A n’est plus assez compétitive pour la Juventus de Turin ? Si la Serie A n’est plus qu’une case à remplir, la Ligue des Champions est elle un objectif beaucoup plus palpitant pour les Bianconeri. Ils joueront leur qualification en quart de finale de Ligue des Champions face à Lyon dans 10 jours (1-0 pour Lyon à l’aller). Avec cet effectif, la Juve est taillée pour cette compétition, pas pour la Serie A. Néanmoins, on ne peut que s’inquiéter quant à leur niveau de jeu. On a du mal à voir un club italien enfin remporter la Ligue des champions. Le dernier sacre d’une équipe transalpine remonte maintenant à dix ans, avec l’Inter de José Mourinho.

Quand on regarde les résultats des équipes italiennes sur ces dix dernières saisons, hors Juventus, on voit le néant ou presque. On n’a guère que la demi-finale de l’AS Rome en 2018 à se mettre sous la dent. Dans le même temps, l’Espagne a glané six Ligues des champions, l’Angleterre deux et l’Allemagne une. Aujourd’hui il n’est pas insensé de parler d’un problème Serie A. La Juve ne peut plus se contenter d’une victoire en championnat face à une concurrence trop faible pour elle. Elle ne peut plus se contenter d’un jeu minimaliste qui lui suffit à être champion. On peut dire que le fossé entre la Juve et les autres est énorme mais c’est surtout le fossé entre la Serie A et les autres championnats qui est devenu trop important.

crédit photo : twitter Juventus

Le fair-play financier : les faiblesses d’une règle stricte

L’affaire Manchester City a relancé le débat autour du fair-play financier. Une règle mise en place par l’UEFA en 2011 qui consiste à contrôler les finances des clubs européens. Les skyblues, qui s’étaient vus infliger une sanction de 30 millions d’euros et 2 ans de suspension de toute compétition européenne, ont vu leur sanction réduite seulement à 10 millions d’euros par le Tribunal Administratif du Sport. Une défaite de plus pour une règle qui a du mal à se faire respecter.

La sanction est tombée le 14 février dernier. Alors que Manchester City s’apprête à jouer son huitième de finale aller de Ligue des Champions face au Real Madrid, le club anglais apprend que ce sera peut-être son avant-dernier match dans la compétition avant trois saisons. L’équipe de Pep Guardiola est rattrapé par la patrouille du FPF qui lui reproche d’avoir gonflé des contrats de sponsoring pour rentrer dans les clous. Ce sont les football leaks qui avaient révélé ces informations en 2018. S’en est suivie une longue enquête qui a enfin abouti.

Avec cette sanction, le FPF passe réellement un cap. Non pas que l’instance européenne n’ait jamais agi, mais pour la première fois on ressent vraiment l’impact que pourrait avoir une telle décision. Les cadors européens sont prévenus, ils ne sont plus à l’abri d’une sanction similaire. En s’attaquant ainsi à un club du calibre de Man City, le FPF a prouvé qu’il avait vraiment un sens. On peut penser que 30 millions ce n’est pas grand-chose pour un club comme City, mais deux ans sans Ligue des Champions, ça signifie qu’ils ne toucheront ni les droits TV ni les dotations de l’UEFA. En faisant l’hypothèse que les skyblues auraient pu aller en quart de finale chaque année, le risque financier se serait élevé à environ 230 millions d’euros. En comptant aussi les départs des joueurs phares, pas sûr que Manchester City s’en serait relevé si aisément.

Mais quatre mois après, le TAS est revenu sur cette décision. Le club ne sera finalement sanctionné que de 10 millions d’euros et il pourra disputer la Ligue des Champions. C’est un pas en avant, deux pas en arrière pour le FPF.

Comment fonctionne vraiment le fair-play financier ?

Pour résumer, le FPF est une règle mise en place pour équilibrer les finances des clubs européens. Le concept est simple : les dépenses ne doivent pas excéder les recettes. Le but est de permettre aux clubs d’être en bonne santé financière, car à sa mise en place, plus de la moitié des 665 équipes qui relèvent de l’UEFA perdent de l’argent chaque année. L’UEFA annonce aussi un enjeu d’équité sportive, car en contrôlant les clubs les plus puissants, elle veut les empêcher de creuser un trou encore plus profond que celui qui les sépare déjà des autres clubs. Dans les faits cette idée est plutôt bonne.

C’est en réalité un peu plus complexe que cela. Ce qu’il faut savoir dans un premier lieu, c’est que cette balance financière se calcule sur une période de trois ans. Sur ces trois saisons, un club n’a le droit de dépenser que 30 millions d’euros de plus que ce qu’il gagne. L’UEFA, pour calculer les dépenses, prend en compte deux choses : les indemnités de transfert et la masse salariale du club (joueurs + staff + autres employés). Beaucoup de dépenses échappent au FPF comme celles liées à une équipe féminine, aux équipes de jeunes, aux constructions d’infrastructures comme des stades ou des centres d’entraînement… En revanche pour calculer les recettes, l’UEFA prend en compte les droits TV, les sponsors, le merchandising, la billetterie, les dotations de l’UEFA et la vente de joueurs.

C’est là que le bât blesse pour le FPF : il est censé redonner de l’équité sportive mais son système de calcul des recettes avantage largement les gros clubs, qui touchent plus de droits TV, qui gagnent plus grâce à leur merchandising et à leur sponsor, et dont les recettes de billetterie sont beaucoup plus importantes (à condition que les clubs soient propriétaires de leur stade bien sûr).

L’échange Arthur – Pjanic ou comment contourner le FPF

Avec cette règle du FPF, on devrait a priori voir plus de retenue sur le marché des transferts. Alors on se demande comment le Barça, qui a dépensé des centaines de millions d’euros sur les trois dernières saisons, peut encore dépenser 60 millions pour s’offrir Pjanic ?1 De son côté, la Juventus a dépensé 72 millions pour s’offrir Arthur. Pourquoi ne pas plutôt privilégier un échange de joueurs qui éviterait de telles dépenses ? Un mot : l’amortissement. Il est possible pour les clubs d’amortir le transfert d’un joueur sur la durée de son contrat.

Pour Pjanic par exemple, le Barça ne paie pas vraiment 60 millions, mais plutôt 15 millions par an pendant quatre ans. Jusque-là tout va bien, mais quand l’UEFA regarde les comptes du Barça, les dépenses apparaissent échelonnées (cette année le Barça n’aura dépensé que 15 millions) alors que les recettes apparaissent entièrement. C’est-à-dire que les 72 millions dus au transfert d’Arthur sont déjà pris en compte alors même que le Barça n’a pas réellement touché cette somme (pour l’instant). Aujourd’hui tous les clubs utilisent cette faille dans le système du FPF. C’est ce qui a permis au PSG par exemple de dépenser 400 millions d’euros pour Neymar et Mbappé.

Le fair-play financier a-t-il un avenir ?

Le cas Manchester City pose problème pour l’UEFA. Il y aura certainement un avant et un après pour le FPF. Dans sa version actuelle, il comporte encore trop de failles à exploiter par les grands clubs. À la question de savoir si le FPF doit disparaître, les avis divergent. Pour Vincent Chaudel, fondateur de l’observatoire du foot business, l’UEFA est « le grand perdant » de cette affaire. Pour lui la victoire de Man City, c’est la victoire « de tous les grands clubs qui peuvent revenir à la charge » sans se soucier des conséquences. Pour Philippe Doucet, journaliste sportif notamment passé par Canal +, ce n’est pas une défaite pour le FPF dans le sens où « ce n’est pas dans le fond que Manchester City a été innocenté ». Il met plutôt la faute sur l’ICFC (l’instruction à la commission de contrôle des finances de clubs) « qui n’a pas pu faute, peut-être, de moyens d’investigation, démontrer la fraude de Manchester City ». Selon lui « le FPF ne peut pas à lui seul réguler tous les problèmes des clubs ».

Il souligne également le fait que le FPF a atteint ses objectifs puisqu’au « moment où l’UEFA installe cette réforme, il y a des déficits records chaque année » (1,6 milliards de déficit). « Grâce à cette réforme, il y a eu une réduction drastique de ces déficits » (aujourd’hui le total des clubs régulés par l’UEFA serait bénéficiaire de 600 millions d’euros). Rien que pour cela, on peut se satisfaire du fair-play financier ». Au contraire, pour Vincent Chaudel, le FPF n’a pas atteint son objectif d’équité. « Il a pour conséquence de figer les positions, de permettre à ceux qui sont forts de rester forts, voire même encore plus forts parce que les grands clubs, comme le Real Madrid, bénéficient de droits télévisuels très importants, puisqu’ils sont sur des marchés très puissants ». D’un autre côté il « ferme quasiment la porte à tous les nouveaux entrants ayant une ambition ou même à des clubs ayant été distancés à un moment et ayant du mal à revenir dans la course ».

D’un point de vue financier, le FPF est une réussite puisque l’énorme déficit des clubs européens est aujourd’hui effacé, même si des clubs restent en danger. Mais son manque d’impact envers les gros clubs l’a affaibli. Nul doute que sa formule doit changer s’il veut rester crédible aux yeux des grands clubs européens.

1 : sans les bonus

crédit photo : twitter UEFA

Premier League : une couronne pour trois

Jordan Henderson, Sadio Mané, Kevin De Bruyne : trois noms pour un titre, celui de meilleur joueur de Premier League. Ces trois noms, révélés par le PFA (Association de footballeurs professionnels), ont reçu le plus de votes de la part des joueurs du meilleur championnat au monde. Alors qui du génie belge, du poumon de Liverpool ou du chouchou de Klopp se verra couronné cette saison ?

Cette saison, le trophée du meilleur joueur de Premier League oppose la force du collectif d’un côté et la performance individuelle de l’autre. Jordan Henderson et Sadio Mané, récents champions d’Angleterre, ont brillé à l’image de leur équipe tout au long de la saison, à tel point que tous les joueurs de Liverpool ou presque auraient pu faire partie des trois finalistes. Il n’aurait pas été injuste de voir trois joueurs des Reds se disputer ce titre tant les pensionnaires d’Anfield ont marché sur ce championnat.

Mais c’est sans compter sur celui qui est sans doute actuellement le meilleur milieu de terrain au monde : Kevin De Bruyne. Si Manchester City a déçu cette année, perdant rapidement toute illusion d’être champion, le Belge sort du lot en ayant réalisé encore une grande saison. Alors que le lauréat sera annoncé demain, analysons les saisons de ces trois joueurs.

Jordan Henderson : capitaine infatigable

Celui qui porte le brassard de Liverpool depuis le départ de Steven Gerrard, a pu cette année soulever le trophée que les supporters attendaient depuis 30 ans : la Premier League. Jordan Henderson, 30 ans, vient de réaliser sa meilleure saison en tant que footballeur. Le capitaine des Reds aura été l’âme de cette équipe et un leader exemplaire tout au long de la saison. Pourtant il endosse déjà ce rôle depuis plusieurs saisons, alors pourquoi l’envisager seulement cette année pour le titre ? Qu’est-ce qui a changé ?

Cette saison, Jordan Henderson aura dépassé l’image du capitaine bagarreur pour devenir un joueur plus complet, notamment offensivement. Avec quatre buts et cinq passes décisives, il réalise sa saison la plus prolifique chez les Reds. Grâce à un Fabinho très solide défensivement, Henderson a pu réaliser des dépassements de fonction qu’il n’effectuait que très peu les précédentes saisons. On pense notamment au match aller face à Chelsea où il a débordé et dribblé sur l’aile droite avant de donner un magnifique centre à Mané. Cette saison, c’est aussi 20 centres de plus que l’an dernier, plus de tirs, de ballons touchés, de passes longues et neuf grosses occasions créées contre seulement deux l’an dernier. Plus généralement, c’est son attitude balle au pied qui a changé. Ces derniers mois l’auront certainement fait entrer dans une autre dimension.

Sadio Mané toujours au top

C’est curieux de voir comment Liverpool a été encore meilleur cette saison alors que ses joueurs offensifs ont moins marqué que la saison dernière. C’est précisément comme cela qu’on pourrait décrire la saison de Sadio Mané : moins de buts, 17 contre 22 l’an dernier, mais pourtant une saison encore plus aboutie. Comment expliquer ce phénomène ? Sans doute parce que c’est toute l’équipe qui a progressé, mais aussi parce que le Sénégalais a su évoluer dans son jeu et devenir plus collectif.

Cela s’observe d’abord par une statistique évidente : sept passes décisives, contre une seule l’an dernier. Il avait déjà atteint ce total lors de la saison 2017-2018 mais sans être aussi décisif face au but (seulement 10 buts). Cette année il aura aussi créé plus de grosses occasions (10 contre 7) et réalisé davantage de centres (49 contre 39). On peut tout de même lui reprocher une chose cette saison : son inefficacité devant le but puisqu’il a raté 18 grosses occasions. Cela reste minime tant l’impression générale dégagée par Mané cette saison est remarquable : rapide balle au pied, appels tranchants en contre-attaque, meilleure qualité de centre, de passe et beaucoup d’efforts défensifs. Encore une fois, Sadio Mané prouve qu’il fait partie des meilleurs ailiers du monde.

Kevin De Bruyne, pour vous servir

Il part favori pour devenir le meilleur joueur de Premier League 2019-2020 et c’est tout sauf une surprise. Cette saison encore, le génie belge aura éclaboussé le championnat de sa classe. Avec Manchester City, il aura été l’un des seuls à évoluer à son meilleur niveau (avec Mahrez et Sterling) tout au long du championnat, avec à la clé 11 buts mais surtout 19 passes décisives. Il lui reste d’ailleurs un match pour égaler ou battre le record de Thierry Henry de 20 passes décisives lors de la même saison. C’est la troisième fois qu’il finit meilleur passeur du championnat après 2016-2017 et 2017-2018.

Plus qu’un simple passeur, De Bruyne est la plaque tournante de cette équipe. Quand il est dans un grand jour, ce qui arrive souvent, City est imbattable. En Premier League il est le joueur qui crée le plus de grosses occasions (32) et qui distribue le plus de passes clés (30). A City, c’est le joueur qui effectue le plus de centres (295) avec un pourcentage de réussite de 24% (en comparaison, Trent Alexander-Arnold est à 21%). Il est aussi capable de débloquer des situations avec des frappes de loin ou des coups-francs. C’est le joueur complet par excellence et sûrement le meilleur à son poste aujourd’hui.

On saura demain qui de Jordan Henderson, Sadio Mané ou Kevin De Bruyne succédera à Virgil Van Dijk et sera élu meilleur joueur PFA de Premier League.

crédit photo : Twitter Sky Sports

L’ascension fulgurante de l’Istanbul Basaksehir

Depuis dimanche, l’Istanbul Basaksehir est officiellement champion grâce à sa victoire 1-0. C’est le premier titre de champion de Turquie pour ce jeune club fondé en 1990. Ce titre est le résultat d’une ascension spectaculaire, notamment dans les années 2010. Retour sur la saison et l’histoire un peu particulière de ce club pas comme les autres.

Nous sommes à la dix-huitième minute de jeu, Gaël Clichy réalise un une-deux avec Eljero Elia au milieu du terrain qui élimine trois joueurs. Le Français remise ensuite sur Demba Ba qui va fixer la défense centrale avant de lui remettre sur la gauche de la surface. Le latéral gauche préfère jouer intelligemment en retrait pour son milieu de terrain Mahmut Tekdemir. D’un plat du pied au premier poteau, le numéro 21 ouvre le score. Ce seul but permettra à l’Istanbul Basaksehir d’être sacré champion de Turquie 72 minutes plus tard, pour la première fois de son histoire, 30 ans seulement après sa création.

Ce titre vient récompenser une équipe qui, sans être flamboyante, aura été la plus régulière de ce championnat turc édition 2019-2020. Toutefois on ne peut pas vraiment dire que c’est une surprise de voir le club stambouliote remporter le championnat cette année, tant le club a évolué ces dernières années. Depuis quelques saisons, l’Istanbul Basaksehir s’est imposé comme un des meilleurs clubs du pays. Comment expliquer ce phénomène ?

Le petit poucet d’Istanbul

Dans un championnat turc plus connu pour ses ambiances folles que pour son niveau de jeu, l’Istanbul Basaksehir fait figure d’exception. Le club doit ses apparences modestes à ses origines : en 1990, c’est la ville d’Istanbul qui crée le club d’Istanbul Büyükşehir Belediyesi Spor Kulübü, Belediyesi signifiant mairie en Turc. En 1993, le club accède pour la première fois à la seconde division turque, qu’il va occuper pendant 14 saisons avant d’accéder pour la première fois à la Super Lig en 2007. Entre 2007 et 2012, le club occupe le milieu de tableau, sans faire beaucoup de bruit. Puis en 2013, le club redescend en deuxième division, où il finira champion et remontera en première. C’est à ce moment, à l’été 2014 que le club change de dimension.

La mairie décide de se séparer du club afin d’enclencher le processus de rachat. Un rachat qui va faire entrer le club dans une nouvelle ère très fructueuse en matière de résultat, mais aussi très contestée. La raison ? le club est racheté par des proches du parti de l’AKP, celui du président Recep Tayip Erdogan. Le club, parfois nommé Erdogan Football Club, change de logo, se voit construire un nouveau stade par Kayon Grup (constructions d’infrastructures étatiques) et est sponsorisé par Medipol (groupe hospitalier privé dirigé par le médecin d’Erdogan).

Ce statut de nouveau riche du championnat turc l’oppose aux trois grands clubs historiques d’Istanbul : Le Besiktas, créé en 1903, le Galatasaray, créé en 1905 et Fenerbahce, créé en 1907. depuis 2000, ces trois clubs avaient raflé presque tous les championnats turcs (seul Burzaspor a réussi à décrocher un titre en 2010). C’est une opposition qu’on remarque en premier lieu dans les stades. Là où les trois grands clubs ont des grands stades (respectivement, 41 000, 52 000 et 50 000 places) et un public fervent (parfois trop), l’Istanbul Basaksehir se contente d’un petit stade (17800 places) et d’un public « recyclé », c’est-à-dire des supporters qui ont fui les ambiances parfois trop violentes des autres clubs stambouliotes. Une image qui colle à la peau du club mais qui ne l’empêche pas de grandir.

Un projet ambitieux mais pas révolutionnaire

Ce titre de 2020 ne sort pas de nulle part. Dès le rachat en 2014, l’Istanbul Basaksehir affiche ses ambitions en recrutant Abdullah Avci, ancien sélectionneur de la Turquie. Depuis, le club est devenu une place forte du championnat : quatrième lors des saisons 2014-2015 et 2015-2016, puis deuxième en 2016-2017, troisième en 2017-2018, à nouveau second en 2018-2019 et enfin champion cette année. Pourtant sa stratégie sportive n’a rien de vraiment extraordinaire.

À l’image du championnat turc, et grâce à l’argent du rachat, Basaksehir va se calquer sur ce qui se fait de mieux en Super Lig : aller chercher des joueurs du top 5 européens en manque de temps de jeu. Signent donc des anciennes stars comme Robinho ou Adebayor et d’autres noms bien connus comme Inler, Clichy, Demba Ba ou Martin Skrtel. Dans les joueurs ayant disputé au moins 20 rencontres toute compétition confondue, seuls trois joueurs avaient moins de 27 ans, dont Enzo Crivelli, l’ancien Caennais (11 buts en championnat). L’âge moyen de l’effectif est de 31,22 ans. Cette manière de faire s’adapte parfaitement à un championnat qui compte beaucoup sur les stars étrangères pour avoir de la visibilité et de la même manière que ça a marché pour les autres clubs stambouliotes, Basaksehir a su en profiter pour tirer son épingle du jeu.

A l’image d’autres grands clubs turcs, Basaksehir se tourne vers d’anciennes stars pour se donner de la visibilité

saison 2019-2020 : l’aboutissement d’un projet

Une stratégie payante donc pour l’Istanbul Basaksehir puisqu’ils sont désormais champions de Turquie. Rien n’aura été facile dans cette saison si particulière, mais en y regardant, ça n’aura pas été si difficile. C’était mal parti avec deux défaites lors des deux premiers matchs, contre Malatyaspor mais surtout contre un concurrent, Fernebahce. L’équipe désormais entraînée par Buruk Okan doit attendre la troisième journée pour enfin décrocher un succès. Après cinq journées, le club est seulement 12ème, à sept points du leader. Mais ils vont bien réagir, avec une série de 16 matchs sans défaites entre la 3ème et la 18ème journée, dont 10 victoires. À mi-championnat, ils sont deuxièmes à quatre points du leader.

Après une deuxième défaite face à Fenerbahce, ils ne perdront plus un match jusqu’à l’interruption du championnat lors de la 26ème journée. Ils sont au coude à coude avec Trabzonspor en tête et comptent trois points d’avance sur Galatasaray. Après la pause due au Covid-19, Basaksehir revient en forme et fait la différence sur ses concurrents qui lâchent du lest. Avec cinq victoires en sept matchs, l’autre club d’Istanbul s’offre le titre lors de l’avant-dernière journée.

Si on ne peut pas parler d’exploit pour décrire ce titre, c’est surtout au vu de la concurrence des autres cadors de ce championnat. Notamment les trois géants stambouliotes qui ont grandement déçu cette saison. Besiktas est quatrième, à 10 points, Galatasaray cinquième à 14 points et Fenerbahce, qui aura pourtant battu deux fois Basaksehir cette saison, n’est que septième à 19 points, un fossé par rapport aux standards du club.

Ce titre, presque logique, vient confirmer les ambitions et les bons résultats du club sur ces dernières saisons. Leur année n’est toutefois pas terminée puisqu’il y a un huitième de finale retour à jouer contre Copenhague en Ligue Europa. Ils s’étaient imposés 1-0 à l’aller. Les quarts de finale se profilent et pourquoi pas plus pour un club qui jouera pour la première fois la Ligue des Champions l’an prochain.

crédit photo : twitter Istanbul Basaksehir

Episode 3 – Quels sont les clubs ayant profité de l’interruption des championnats ?

Après trois mois d’interruption à cause de la crise du coronavirus, les équipes de Liga, de Premier League et de Serie A ont pu reprendre la direction des terrains, respectivement les 11, 17 et 20 juin. Environ un mois plus tard, peut-on dire que la pause due au Covid-19 a changé les dynamiques de ces championnats ? Quels clubs ont profité de ce break et au contraire, quelles équipes ont souffert de cette coupure ? Pour ce dernier épisode, direction l’Italie avec la Serie A.

En mars, l’Italie est le pays le plus sévèrement touché par le coronavirus. C’est donc sans surprise que son championnat de football doit se mettre en pause le 9 mars. On reste donc sur un Sassuolo – Brescia qui se termine sur le score de 3-0. A ce moment, rien n’est encore joué en Serie A et il y a du suspens à tous les étages. En tête on retrouve la Juventus évidemment, mais le championnat est loin d’être acquis tant le niveau de jeu de la Vieille Dame inquiète sous Sarri. Ils restent tout de même sur une victoire très importante contre l’Inter de Milan (2-0). Derrière, ça pousse avec notamment la Lazio, à seulement un point, avec une meilleure attaque et une meilleure défense. L’Inter, qui a longtemps occupé la tête du championnat est à neuf points mais avec un match en moins (la 25ème journée avait été interrompue). Enfin la flamboyante Atalanta (meilleure attaque du championnat) qui reste sur quatre victoires consécutives a encore son mot à dire, sachant qu’elle compte elle aussi un match en moins. Elle semble quand même trop loin pour espérer le titre.

Derrière ce quatuor, l’AS Rome peut encore espérer la Ligue des Champions, mais l’équipe de Paulo Fonseca a beaucoup de mal à enchaîner les bonnes performances cette saison. Ils restent sur 3 défaites et 2 victoires lors des cinq derniers matchs. Derrière, l’AC Milan voir même l’Hellas Verone, qui fait une bonne saison, se battront jusqu’à la fin pour obtenir leur billet pour la Ligue Europa. Naples, vainqueur de la coupe d’Italie, est d’ores et déjà qualifiée pour la Ligue Europa. Pour la Ligue des champions, ce sera plus compliqué voire mission impossible. Pour le maintien, ça se jouera sans doute entre Lecce et les deux clubs de Gênes (Genoa et Sampdoria). Pour Brescia et la SPAL en revanche, ça sent bon (ou plutôt mauvais) la Serie B.

La Juve encore et toujours

Le premier grand gagnant de cette reprise, c’est la Juventus de Turin. C’est paradoxal quand on regarde ses derniers résultats : défaite 4-2 contre le Milan, match nul face à l’Atalanta et Sassuolo. Pourtant, les Bianconeri comptent aujourd’hui six points d’avance sur son dauphin, l’Inter de Milan. Attention tout de même, parce qu’avec cinq matchs encore à jouer, la Juventus n’est pas à l’abri, surtout qu’elle affronte la Lazio lors de la prochaine journée, ainsi que l’AS Rome lors de la dernière. Elle pourra compter sur un Cristiano Ronaldo en forme, avec sept buts en autant de matchs depuis la reprise. Le portugais vise d’ailleurs le prix de capocanoniere (meilleur buteur), il compte un but de moins que Ciro Immobile de la Lazio.

Si la Juventus ressort autant gagnante de cette reprise du championnat, c’est peut-être finalement grâce à ses concurrents directs. Surtout la Lazio, qui avant la pause, était à un point de la Juve et semblait en mesure d’aller chercher le titre. Cette saison, ils avaient d’ailleurs battu deux fois la Vieille dame (en championnat et en supercoupe), à chaque fois sur le score de 3-1. Mais depuis la reprise cette équipe n’est que l’ombre d’elle même : seulement deux victoires pour quatre défaites et un match nul. Les voilà relégués à la quatrième place avec huit points de retard sur la Juve.

Cette méforme de la Lazio a profité à l’Inter, qui connaissait un petit coup de mou avant l’interruption (deux défaites sur les cinq derniers matchs). Les Nerazzuri en ont profité pour reprendre la deuxième place. Mais depuis la reprise on ne peut pas dire qu’ils aient totalement profité de la petite méforme de la Juve. Avec deux défaites, dont une largement évitable face à Bologne, ils restent à distance du leader avec un calendrier très compliqué. Sur les cinq derniers matchs, ils affronteront l’AS Rome, Naples et l’Atalanta Bergame.

Le club de Bergame est l’équipe la plus en forme du championnat, avec 28 points pris sur 30 possibles lors des dix derniers matchs. Alors qu’ils comptaient 15 points de retard sur la Juve avant la reprise, ils ne sont plus qu’à sept points. Ils auraient même pu faire mieux après leur grand match face aux Bianconeri, qui s’est finalement soldé par un match nul 2-2. Encore une victoire et la meilleure attaque du championnat (93 buts) sera sûre de disputer à nouveau la Ligue des Champions l’an prochain.

QUI ira directement en ligue europa ?

Sauf énorme surprise, ce sont donc la Juve, l’Inter, l’Atalanta et la Lazio qui iront en Ligue des Champions. Il reste donc deux place pour la Ligue Europa à aller chercher : la cinquième place qualifie directement et la sixième (ou septième, cela dépendra du classement de Naples) enverra l’équipe aux tours préliminaires. deux clubs vont batailler jusqu’à la fin pour sauver leurs saisons en demi-teinte : L’AS Rome et l’AC Milan. Pour la Louve, c’est une déception, puisqu’elle pouvait encore espérer accrocher le wagon pour la Ligue des Champions, mais même après la reprise, elle s’est montrée trop irrégulière avec quatre victoires et trois défaites. Alors qu’elle comptait six points d’avance sur Naples et neuf sur Milan avant la pause, elle n’a plus quatre points d’avance sur ses deux concurrents.

Les Rossoneri sont les plus en forme des trois avec cinq victoires et deux nuls en sept matchs, dont trois très importantes contre la Roma justement, mais aussi la Lazio et la Juve sur des gros scores (3-0 et 4-2). Il leur reste un gros choc face à l’Atalanta mais à part cela, le calendrier est plutôt abordable pour l’AC Milan. Attention tout de même à Sassuolo qui est en bonne forme. De son côté, Naples n’a pas réussi un retour flamboyant, avec quatre victoires, deux nuls (dont un face au Milan) et une défaite, mais l’équipe de Gattuso, en remportant la coupe d’Italie aux dépens de la Juve, s’est assurée de disputer la Ligue Europa l’an prochain. En Décembre dernier l’équipe était en crise après que les joueurs aient refusé une mise au vert imposée par leur président. La Ligue Europa sera une maigre consolation pour une équipe qui a pris l’habitude de jouer la Ligue des Champions tous les ans. L’Hellas Vérone et Parme, qui pouvaient encore faire partie de cette bataille pour l’Europe, se sont complètement effondrés.

les Rossoneri sont revenus en grande forme depuis la reprise.

Lecce peut encore espérer le maintien

En bas du classement, on note tout d’abord l’excellent retour de la Sampdoria, qui flirtait avant la zone rouge et qui compte désormais neuf point d’avance sur le premier relégable Lecce. Torino et l’Udinese, également en mauvaise posture ont également pris leur distance. Cela donne donc un match entre le Genoa, 30 points et Lecce, 29 points. Depuis la reprise, le Genoa compte un match nul de plus que son concurrent direct, mais tout reste à faire. Les deux clubs s’affronteront dimanche pour le compte de la 34ème journée. Un match décisif donc pour les deux équipes, mais pas encore une « finale » puisqu’il restera encore quatre matchs ensuite. Lecce a le calendrier le plus favorable puisqu’ils n’affronteront aucune équipe au-dessus de la 10ème place, tandis que le Genoa affrontera l’Inter, Sassuolo et L’Hellas lors des trois derniers matchs. Ils auront aussi à affronter la Sampdoria dans le derby de Gênes. A ce niveau-là donc avantage Lecce. Mais rien n’est joué pour autant.

Ce n’est pas encore officiel mais on connaît déjà sûrement les deux premiers relégués en Serie B, à savoir Brescia et la SPAL. Depuis la reprise, c’est cinq points pris pour les premiers et seulement un seul pour le second. C’est trop peu pour espérer se maintenir. Seul un miracle pourrait les sauver.

la claque reçue face à l’Atalanta condamne presque le club lombard

L’interruption due au coronavirus aura donc largement influencé cette saison de Serie A. Rien n’est encore joué pour le titre même si la Juventus a désormais une avance importante. La Lazio s’est écroulée dans cette course, au contraire de l’Atalanta qui est revenue encore plus forte. Le suspens reste entier pour le maintien. Voilà donc la fin de notre série sur comment la pause covid-19 a relancé les championnats européens, faisant évolué en bien ou en mal le destin de certains clubs.

crédit photo : Roman Mirtain

Épisode 2 – Quels sont les clubs ayant profité de l’interruption des championnats ?

Après trois mois d’interruption à cause de la crise du coronavirus, les équipes de Liga, de Premier League et de Serie A ont pu reprendre la direction des terrains, respectivement les 11, 17 et 20 juin. Environ un mois plus tard, peut-on dire que la pause due au Covid-19 a changé les dynamiques de ces championnats ? Quels clubs ont profité de ce break et au contraire, quelles équipes ont souffert de cette coupure ? Pour ce deuxième épisode, direction Outre-Manche avec la Premier League.

On avait quitté la Premier League le 9 mars avec un Leicester-Aston Villa largement à l’avantage des Foxes (4-0). À cet instant Liverpool plane sur le championnat avec 22 points d’avance sur Manchester City. Puis le coronavirus est arrivé et avec lui beaucoup d’incertitudes : Liverpool se verra-t-il refuser un titre qui lui tend les bras, après 30 ans de disette ? Finalement la Premier League peut reprendre. Les Reds sont évidemment intouchables mais cette fin de saison n’est pas dénuée de suspens. Avec encore neuf matchs à jouer, la bataille pour les places européennes s’annonce rude. Si Manchester City et Leicester ont déjà un peu d’avance sur leurs concurrents, six équipes se tiennent encore en huit points (voir classement ci-dessous). On le sait bien en Premier League, tout peut aller très vite.

L’autre gros enjeu de cette fin de saison, c’est évidemment la lutte pour le maintien. Au soir de la 29ème journée, Brighton, 15ème, n’a que deux points d’avance sur Bournemouth, 18ème, et trois sur Aston Villa, 19ème. En revanche pour la lanterne rouge Norwich, le maintien semble inaccessible et un an après leur montée, ils retourneront probablement en Championship l’an prochain, même si ce sport peut nous réserver bien des surprises. Alors un mois après la reprise, où en est-on ? Réponse tout de suite.

Liverpool 30 ans après

30 ans qu’Anfield attendait ça, et il devra attendre encore un peu pour le célébrer réellement, mais enfin Liverpool est champion d’Angleterre. Après les échecs de 2002, 2009, 2014 et 2019, les Reds ont enfin décroché le graal, et ce dès la 31ème journée. Un titre amplement mérité tant ils ont marché sur la premier league (30 victoires en 36 matchs). Depuis la reprise, Liverpool a eu du mal à être la machine de guerre qu’il était avant l’interruption mais peu importe. Cette fin de saison ressemble plus à un jubilé pour l’équipe de Jurgen Klopp, qui a tant donné pour enfin accrocher ce titre.

Et si Liverpool a tant marché sur l’eau cette année, c’est aussi parce que son plus grand concurrent, Manchester City, a vite lâché l’affaire. Un coup de moins bien pour les Skyblues après deux saisons phénoménales (100 puis 98 points), on peut le comprendre. C’est d’ailleurs leurs défaites contre Chelsea (2-1) lors de la 31ème journée qui a offert le titre aux Reds. Avant la reprise, Man City comptait sept points d’avance sur Leicester. Il s’agissait donc pour eux d’assurer cette deuxième place, ce qu’ils ont fait assez facilement, malgré déjà deux défaites contre Chelsea et Southampton. Le réel enjeu pour City, c’était le rendez-vous lundi dernier devant le TAS pour savoir s’ils pourront oui ou non jouer la Ligue des Champions. La réponse est donc oui puisque la décision de l’UEFA a été invalidée. Conséquence : la cinquième place n’est donc pas qualificative pour la Ligue des Champions, ce qui a une grande importance pour les autres équipes en course.

Qui pour rejoindre Liverpool et Man City en Ligue des Champions ?

Derrière le duo Liverpool – Man City, il reste encore deux places à aller chercher. Au moment de la reprise, Leicester et Chelsea étaient en bonne posture mais Manchester United revenait peu à peu dans la course, avec un Bruno Fernandes en feu. Suivent les deux bonnes surprises de la saison, Sheffield et Wolverhampton. Un peu plus loin mais à ne pas oublier, Tottenham et Arsenal peuvent finir fort. Alors à trois journées de la fin où en est-on ?

Deux équipes sortent gagnantes depuis le reprise du championnat. Le premier est Chelsea. Même si les blues étaient déjà quatrième avant la pause, et donc en bonne position pour la Ligue des Champions, ils sont revenus en bonne forme et occupent désormais la troisième place, avec certes un match en plus que Manchester United et Leicester, mais avec quatre points d’avance sur ses deux poursuivants. Avec cinq victoires en sept matchs, dont une belle victoire face à Man City, Chelsea est la deuxième meilleure équipe depuis la reprise derrière MU. Justement l’équipe de Paul Pogba a réussi à surfer sur sa bonne forme malgré la pause, voire mieux, et le retour du Français y est pour quelque chose. Son association avec Bruno Fernandes a tenu ses promesses.

le duo Pogba-Fernandes est essentiel pour la fin de saison de MU

En revanche pour Leicester l’interruption n’a pas été bénéfique. Les Foxes, qui réalisaient une excellente saison, avaient déjà perdu de leur superbe depuis 2020. Mais la reprise a accentué cette tendance puisque les Foxes n’ont pris que six points en six matchs. Ils sont désormais quatrième à égalité avec MU cinquième. Le programme est chargé puisqu’ils affronteront Sheffield, Tottenham et … Manchester United lors de la dernière journée. Ce match aura des allures de finale pour la Ligue des Champions. Pour Arsenal et Tottenham en revanche, la Ligue des Champions ne sera sans surprise pas au rendez-vous la saison prochaine. Les deux clubs du Nord de Londres n’ont pas su enchaîner les bons résultats pour espérer revenir sur les autres membres du big six. Leurs victoires hier face à Liverpool et Newcastle leur permet toutefois encore d’espérer.

Pire encore, ils pourraient ne même pas accrocher la Ligue Europa pusique Sheffield et Wolverhampton, les deux bonnes surprises de cette saison sont en bonne posture même s’il leur reste un gros match chacun : Leicester pour Sheffield lors de la 36ème journée et Chelsea pour les Wolves lors de la 38ème.

Qui rejoindra Norwich en Championship ?

Brighton, qui avait seulement deux points d’avance sur la zone rouge avant la reprise, a réussi à se mettre à l’abri grâce à deux victoires importantes, dont une contre Arsenal. West Ham et Watford sont toujours 16ème et 17ème, mais ont maintenant trois points d’avance sur Bournemouth avec un match en moins. Les cherries ont peut-être abandonné toute chance de maintien hier après la défaite 2-1 face à Manchester City. Autant dire que c’est mal engagé pour les cherries, même si Watford, qui doit aussi affronter Man City mais aussi Arsenal devra assurer s’il ne veut pas les voir revenir. Pour Aston Villa, qui compte quatre points de retard, la reprise n’a pas changé beaucoup de choses. Avec une seule victoire sur les six derniers matchs, la tâche s’annonce très compliquée. Alors, qui pour accompagner Norwich en deuxième division l’an prochain ?

C’est moins visible qu’en Liga, mais la pause due au covid-19 a changé certaines choses en Premier League. Plusieurs questions sont encore en suspend alors qu’il reste trois journées à venir. Demain, ce sera notre dernier épisode avec la Serie A.

crédit photo : Roman Mirtain

Episode 1 – Quels sont les clubs ayant profité de l’interruption des championnats ?

Après trois mois d’interruption à cause de la crise du coronavirus, les équipes de Liga, de Premier League et de Serie A ont pu reprendre la direction des terrains, respectivement les 11, 17 et 20 juin. Environ un mois plus tard, peut-on dire que la pause due au covid a changé les dynamiques de ces championnats ? Quels clubs ont profité de ce break et au contraire, quelles équipes ont souffert de cette coupure ? On commence avec la Liga.

Le championnat espagnol se met en pause le 10 mars après un Eibar-Real Sociedad comptant pour un match en retard de la 24ème journée. Le week-end précédent on avait joué la 27ème. Le FC Barcelone en avait profité pour prendre la tête du championnat à la faveur d’une défaite du Real Madrid contre le Betis Séville. Deux points séparent alors les deux cadors du championnat, mais le niveau de jeu des madrilènes est loin d’être éblouissant. De son côté le Barça peut compter sur un Messi fidèle à lui-même pour le sortir de mauvais pas. Loin derrière, le FC Séville, Getafe, la Real Sociedad et l’Atletico Madrid se battent pour les places qualificatives en Ligue des Champions. Les quatre équipes se tiennent en deux points seulement.

En bas de tableau, Leganés et Majorque peuvent encore espérer revenir sur le Celta Vigo qui n’a qu’un point d’avance sur la zone de relégation. C’est plus dur en revanche pour l’Espanyol Barcelone, qui va devoir créer l’exploit s’il veut se maintenir. Quatre mois plus tard et alors qu’il ne reste plus que deux matchs à disputer, qu’est-ce qui a changé ?

La bataille pour le titre

On a quitté le Real Madrid sur une défaite contre le Betis mais surtout sur un nouveau match pauvre en matière de jeu offensif. Cette saison le Real aura eu le plus grand mal à enchaîner les bonnes prestations. Sur leurs cinq derniers matchs, c’est seulement deux victoires pour deux défaites et un nul. Aujourd’hui ? On peut dire sans trop de difficultés que l’interruption du championnat leur a fait un bien fou. C’est simple depuis la reprise c’est huit victoires en huit matchs, 15 buts marqués pour deux seuls encaissés. Le Real est en mode machine. Avec cinq buts, Sergio Ramos est le meilleur buteur du championnat depuis la reprise. Karim Benzema est en pleine forme et enchaîne les grandes prestations. Le jeu des Merengues n’est toujours pas flamboyant mais le résultat est là : quatre points d’avance avec deux matchs encore à jouer. Ça sent bon le titre pour la bande à Zidane.

La tendance n’est pas la même chez le rival barcelonais. Les Catalans avaient pourtant bien repris avec deux victoires contre Majorque et Leganès. Mais lors de la 30ème journée, ils n’ont pas pu faire mieux qu’un 0-0 face au FC Séville et ont laissé le Real Madrid reprendre la tête du championnat à la différence de buts particulière (0-0 puis 0-2 face au Real cette saison). Ce mauvais résultat sera suivi de deux autres matchs nuls contre le Celta Vigo et l’Atletico, laissant quatre points d’avance et un boulevard pour Madrid. En plus des mauvais résultats, c’est l’ambiance du club qui n’est pas au beau fixe. Les polémiques autour de Griezmann, qui manquera la fin de la saison à cause d’une blessure, et les rumeurs de départ de Messi pour l’été prochain n’ont pas arrangé les choses. On assiste sans doute au pire Barça depuis plus de quinze ans, une situation qui agace fortement les fans.

La bataille pour les places européennes

Derrière le duo Barça-Real intouchable, il reste deux places pour accrocher la Ligue des Champions et deux pour aller chercher la Ligue Europa (la septième place permet d’aller aux tours préliminaires de la Ligue Europa). Avant la pause, ces quatre places semblaient promises à Séville, l’Atletico, la Real Sociedad et Getafe, on ne savait juste pas encore dans quel ordre. Mais la reprise permet d’y voir plus clair. Le FC Séville a continué sur la lancée de sa très bonne saison et reste sur quatre victoires lors des cinq derniers matchs. Avec 66 points ils sont à égalité avec l’Atletico, à qui cette pause a fait beaucoup de bien. Avant cette pause, ils n’étaient que sixième, loin derrière le Real et le Barça avec qui il avait pris l’habitude de se battre pour le podium. Depuis ils se sont bien rattrapés avec cinq victoires en sept matchs dont une « manita » contre Osasuna et un jeu globalement bien meilleur. Avec Séville, ils sont désormais assurés de jouer la Ligue des Champions l’an prochain.

Derrière, la grosse déception s’appelle la Real Sociedad, qui réalisait une saison fantastique avec un jeu très plaisant à regarder et un Martin Odegaard qui montrait enfin pourquoi le Real avait cru en lui quand il n’avait que 15 ans. Mais depuis la reprise, Ils ont enchaîné les mauvais résultats en ne prenant que cinq points en sept matchs.Mais leur victoire sur un concurrent direct, Villareal, hier soir leur permet pour l’instant d’être européens avec une septième place, à égalité avec Getafe, sixième. À l’inverse, Villareal et l’Athletic Bilbao, respectivement à sept et huit points des places européennes avant la pause, sont revenus en très grande forme et occupent désormais la cinquième et la huitième place, à trois points de la Real. Quant au dernier prétendant, Getafe, ils sont actuellement sixième avec 54 points (seulement 7 points pris depuis la reprise). Une place en Ligue Europa viendrait récompenser la bonne saison de Getafe.

La bataille pour le maintien

Le 0-0 d’hier soir entre Getafe et Alavès ressemble à un bon résultat pour ces derniers puisqu’ils sont actuellement 17ème avec seulement quatre points d’avance sur Leganès et Majorque (alors qu’ils comptaient encore sept points d’avance avant la pause). Pour Leganès, la pause a été plutôt une bonne chose puisqu’ils ont réussi à prendre neuf points dans l’optique du maintien, mais leur calendrier à venir (déplacement à Bilbao et réception du Real Madrid) les condamne à un miracle. Majorque peut y croire un peu plus avec un calendrier plus clément (réception de Grenade et déplacement à Osasuna), mais une seule victoire d’Alavès sur les deux dernières journées les enverrait en deuxième division. Pour l’Espanyol Barcelone, la messe est dite depuis leur défaite contre … le rival du FC Barcelone. ils évolueront officiellement en deuxième division la saison prochaine.

La Liga, premier épisode de notre série, a montré que l’interruption due au coronavirus aura eu un impact important sur les championnats européens. Notre série continue demain avec la Premier League, où le suspens reste entier pour les places européennes.

crédit photo : Roman Mirtain

La saison 2020 de F1 en cinq questions

Après quatre mois d’attente, ça y est ! La Formule 1 est bel et bien de retour pour une saison 2020 un peu particulière mais non moins intéressante. Après des séances de qualifications où Mercedes a réalisé son premier tour de force en décrochant les deux premières positions, place maintenant à la course avec le Grand Prix d’Autriche à 15h10. Mais avant cela, cinq questions qui vous permettront de mieux comprendre les enjeux de cette saison.

Lewis Hamilton est-il inarrêtable ?

La saison 2020 pourrait être celle de tous les records pour le pilote britannique déjà six fois champions du monde ( 2008, 2014, 2015, 2017-2019 ). Il a en point de mire les records du nombre de championnats remportés du pilote allemand Michaël Schumacher, avec en tout sept titres. L’homme aux 84 victoires en 250 GP disputés détient déjà un record, celui des pôles positions ( 88 contre 68 pour l’Allemand ). Il lui reste donc aussi à aller chercher le nombre de victoires ( 84 contre 91 ) et le nombre de podiums ( 151 contre 155 ). Des records largement accessibles pour le Britannique dès cette saison tant il a démontré sa suprématie sur les autres pilotes ces dernières années.

Lewis Hamilton est prêt pour cette nouvelle saison

Max Verstappen, Valtteri Bottas, Charles Leclerc … Qui pour battre Lewis Hamilton ?

Si l’on se fie aux sites de paris sportifs, personne ne peut battre Lewis Hamilton cette année. Sa côte sur le site Winamax est de 1,45 seulement contre 5 pour Valtteri Bottas, une différence énorme mais compréhensible au vu des dernières saisons. Mais on le sait bien, en sport rien n’est jamais sûr et on ne peut rien prédire avec assurance. Max Verstappen, le jeune pilote de Red Bull, troisième l’an dernier, s’est fixé pour objectif de remporter le titre. Il pourrait profiter d’une voiture plus performante que l’année dernière pour venir titiller les deux Mercedes.

Et pourquoi pas Charles Leclerc ? Le Monégasque est un champion du monde en puissance c’est certain, mais pour cette année il devra sûrement passer son tour. La faute à des performances décevantes de la part de la SF1000, le nouveau modèle de Ferrari, aux essais hivernaux de Barcelone. Une tendance qui s’est confirmée hier lors des qualifications, puisque Leclerc n’a pris que la 7eme place et son coéquipier Sebastian Vettel la 11eme.

Et si le plus grand danger pour Hamilton venait de son coéquipier ? Valtteri Bottas, vice-champion l’année dernière, a un avantage par rapport à ses autres concurrents : il pilote la même voiture que Lewis Hamilton. C’est d’ailleurs Bottas qui a pris la pôle position pour le Grand Prix d’Autriche devant le Britannique. Le Finlandais pourrait bien jouer les trouble-fêtes cette année.

Un classement des constructeurs promis à Mercedes ?

Vainqueurs des six derniers titres de constructeur, Mercedes s’avance sereinement vers un septième titre consécutif. Les qualifications d’hier confortent ce que tout le monde pense déjà : Mercedes semble intouchable. Cette année ils ont encore fait preuve d’innovation avec le DAS ( dual axis steering ), un système qui permet aux pilotes de tirer ou pousser le volant pour changer la position des pneus et ainsi leur faire garder une température optimale. Derrière Mercedes, on devrait retrouver sur le podium Redbull et Ferrari, même si la marque au taureau semble supérieure à son concurrent italien au vu des essais hivernaux et des premières séances de qualification.

Derrière ce trio, la bataille pour la quatrième place devrait être mouvementée. Le duel annoncé entre Renault et McLaren pourrait bien être perturbé par la belle surprise de cette année : Racing Point. Anciennement Force India, l’équipe possédée par Lawrence Stroll s’est montrée très convaincante à Barcelone en février avec son nouveau modèle qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la Mercedes de 2019, la W10. Certains observateurs les pensent même capables d’accrocher la troisième place aux dépens de Ferrari tant ils ont été impressionnants lors des qualifications d’hier.

Racing Point a gagné presque 1 seconde par rapport à l’année dernière

Une saison raccourcie pour plus de suspense ?

Finalement ce qui pourrait empêcher Lewis Hamilton de battre tous ces records, ce serait une saison largement raccourcie. En raison de la crise du coronavirus, des Grand Prix ont été annulés, d’autres espèrent pouvoir être reportés. Pour l’instant, seuls huit GP sont confirmés dont les GP d’Autriche et de Grande-Bretagne qui seront courus deux fois. Cependant d’autres devraient être officialisés dans les semaines à venir.

Avec un nombre de GP réduit, les pilotes ne pourront pas faire d’impasse cette année. Ils devront donner le maximum chaque week-end. En revanche, certains GP se courront d’une semaine sur l’autre contre deux habituellement, obligeant les pilotes à ménager leur santé physique ainsi que leur voiture. Un paradoxe pour cette saison pas comme les autres.

Et les Français dans tout cela ?

Trois Français seront au départ du Grand Prix d’Autriche cet après-midi. Romain Grosjean, 34 ans, sera au volant d’une Haas pour la cinquième saison consécutive. Malheureusement pour lui, ses objectifs et ceux de son équipe cette année se résument à ne pas finir derniers au classement des constructeurs. Grosjean, 10 podiums dans sa carrière, est capable du meilleur comme du pire. On lui reproche souvent ses accidents et ses sorties de route mais dans un grand jour il peut encore décrocher des belles places.

Pierre Gasly, 24 ans, sort d’une saison mitigée où il n’a pas su s’imposer chez Red Bull. Reversé ensuite chez Toro Rosso, aujourd’hui Alpha Tauri, il a réussi à accrocher un podium lors du GP du Brésil. Cette année, il n’a pas grand chose à espérer mais on pourrait le voir plusieurs fois dans les points. Il s’élancera 12eme cet après-midi.

Enfin Esteban Ocon, 23 ans, aura à coeur de prouver qu’il a sa place en Formule 1. L’année dernière, le plus jeune des trois tricolores avait seulement un rôle de pilote de réserve et de développement chez Mercedes. Renault a décidé de lui faire confiance pour accompagner Daniel Ricciardo cette année. Son objectif sera d’aider son écurie à décrocher la quatrième place des constructeurs. Mais dans la hiérarchie, c’est son coéquipier australien qui sera le numéro un de l’écurie française.

Des questions qui trouveront un premier élément de réponse cette après-midi en Autriche. Le coup d’envoi de la saison 2020 aura lieu à 15h10.

Crédit photo : Guy Percival

Roman Mirtain

C’est parti pour le Tour de France… virtuel !

Le Tour de France 2020, qui devait s’élancer le week-end dernier à Nice, débutera finalement le 29 août. En attendant, les patrons de la grande boucle ont décidé d’organiser le premier Tour de France virtuel. La course, qui commence aujourd’hui, s’étendra sur trois week-ends et comptera six étapes. Plusieurs grands noms participent à ce Tour pas comme les autres, depuis leur home trainer.

« Nous n’imaginions pas un mois de juillet sans cyclisme, et encore moins sans Tour de France. Il fallait faire quelque chose » a déclaré Julien Goupil, directeur du département des médias chez ASO, l’organisateur du Tour de France. Dans la lignée des derniers mois, c’est donc en e-sport que va se courir ce Tour, en attendant la vraie course. Pour cette course ASO est en partenariat avec ZWIFT, un programme d’entraînement virtuel qui permet aux sportifs amateurs de venir se frotter aux cyclistes professionnels (pour les étapes 2, 4 et 5). Pour les autres fans de vélo, l’événement sera retransmis en direct sur le replay de France Télévisions.

Le premier TDF virtuel débute à 15h

Les stars répondent présentes

Au programme, six étapes d’environ une heure chacune, loin des standards habituels de la course. L’étape la plus difficile, promise aux grimpeurs, aura lieu le samedi 18 juillet avec l’équivalent d’un col de première catégorie et une arrivée au Chalet-Reynard sur les pentes du Mont Ventoux ( 1200 mètres de dénivelé positive ). Les deux premières étapes rappelleront la moyenne montagne de l’arrière-pays niçois. La troisième sera plate, idéale pour les sprinteurs, tandis que la quatrième sera vallonnée. Enfin, on aura droit le dernier jour à la traditionnelle étape des Champs-Elysées.

Au total 23 équipes professionnelles masculines et 16 équipes féminines prendront le départ de ce Tour de France avec quelques grands noms à l’affiche. Côté Français on retrouvera notamment Julian Alaphilippe, Romain Bardet ou Warren Barguil. Pour ce qui est des autres stars, on comptera Christopher Froome, Egan Bernal, Richie Porte, Nairo Quintana … un casting cinq étoiles. Du beau monde chez les femmes aussi puisque Chloé Dygert, Anna van der Breggen, Chantal Blaak ou encore Marianne Vos seront présentes.

Une course pour la bonne cause

Ce Tour de France virtuel n’a pas pour seul but de revoir un maillot jaune au mois de juillet. En réponse à la crise sanitaire et économique du coronavirus, ASO lance l’opération de Tour de France solidaire qui se tiendra jusqu’à la fin du vrai Tour en Septembre. Cette opération consiste à venir en aide à cinq associations : Emmaüs, Le secours populaire français, Jeugdfonds Sport & Culture, BiJeWa, et Qhubeka. Tous les profits liés à la course virtuelle seront directement reversés à ces associations. Les organisateurs s’engagent également à leur offrir 1500 vélos neufs. Les fans pourront aussi donner des vélos à restaurer. Pour chaque vélo récupéré, 30 euros seront reversés à ces mêmes associations.

Ce Tour de France virtuel, en plus d’être une action solidaire, fera office de petite répétition générale avant la vraie course que le monde du cyclisme attend avec impatience.

Crédit photo : Nicolas DUPREY/ CD 78