Municicaqs : les résultats dans le Grand Est

Le second tour des élections municipales 2020 s’est tenu hier dans des conditions particulières, trois mois après le premier tour du 15 mars. Après une campagne à rallonge, voici les résultats du second tour dans les principales villes du Grand Est.

Strasbourg

Les Strasbourgeois avaient le choix entre trois listes ce dimanche : celle de Jeanne Barseghian (EELV), celle de Catherine Trautmann (PS) et celle menée par le tandem Alain Fontanel – Jean-Philippe Vetter (LREM-LR). C’est finalement Jeanne Barseghian qui est élue avec 41,71% (21 592 voix). Derrière elle, la liste d’Alain Fontanel récolte 34,96 % (18 099 voix) et celle de Catherine Trautmann en dernière position avec 23,33% des suffrages (12 080 voix).

Colmar

À Colmar, les jeux étaient presque déjà faits, surtout après le retrait de Gilbert Meyer, le maire sortant, entre les deux tours. C’est donc Eric Straumann qui sera le nouveau maire, avec 63,89 % des suffrages (8061 voix). Son concurrent, Frédéric Hilbert (EELV), a lui recueilli 36,11 % des voix (4 556 voix).

Mulhouse

Quatre listes se sont opposées pour le second tour des municipales à Mulhouse. Celle de Michèle Lutz, maire sortante arrivée en tête au premier tour, celle de Loïc Minery (EELV), celle de Lara Million et enfin celle de Christelle Ritz pour le Rassemblement national. Ce sera Michèle Lutz qui dirigera à nouveau la ville de Mulhouse pour les six prochaines années après avoir recueilli 33,66 % des voix (4189 voix). Derrière elle, Loïc Minery, Lara Million et Christelle Ritz avec respectivement 21,96 % (2733 voix), 20,14 % (2506 voix), et 12,08 % des suffrages (1503 voix).

Metz

À Metz, les habitants avaient le choix entre trois listes conduites respectivement par François Grosdidier (LR), Xavier Bouvet (EELV) et Françoise Grolet (RN). Ce sera finalement François Grosdidier qui sera le nouveau maire de Metz après avoir recueilli 45,13 % des voix (10001 voix). Xavier Bouvet est arrivé en deuxième position avec 44,24 % des suffrages (9804 voix). À la dernière place, Françoise Grolet avec 10,63 % (2355 voix).

Nancy

Pour le second tour, seules deux listes concourraient à la mairie de Nancy. Celle de Laurent Hénart, le maire sortant, et celle de Mathieu Klein, arrivé en tête au premier tour. Mathieu Klein sort vainqueur de ce second scrutin, avec 54,54 % des voix (11435 voix). Derrière lui, Laurent Hénart avec 45,46 % de suffrages en sa faveur (9533 voix).

ÉPINAL

Trois listes se sont opposées pour le second tour des municipales à Epinal. Celle de Patrick Nardin (DVD), celle de Fabrice Pisias (DVG) et celle de Benoît Jourdain (DVD). Ce sera Patrick Nardin qui dirigera la ville d’Épinal pour les six prochaines années après avoir recueilli 48,14 % des voix (3923 voix). Derrière lui, Benoît Jourdain et Fabrice Pisias avec respectivement 39,12 % (3188 voix) et 12,74 % des suffrages (1038 voix).

Bar-le-duc

À Bar-le-Duc, trois listes étaient encore en lice pour le second tour. Celle de Martine Joly (DVD), maire sortante, celle de Benoît Dejaiffe (DVG) et celle de Pierre-Etienne Pichon (DVC). Martine Joly sera maire de Bar-le-Duc pour les six prochaines années, après avoir recueilli 38,45 % (1298 voix) des suffrages. Derrière elle, Benoît Dejaiffe et Pierre-Etienne Pichon avec respectivement 34 % (1148 voix) et 27,55 % (930 voix).

Châlons-en-Champagne

Les Châlonnais avaient le choix entre quatre listes ce dimanche : celle de Benoist Apparu (DVD), maire sortant, celle d’Alan Pierrejean (SE), celle de Dominique Vatel (DVG) et celle de Rudy Namur (DVG). C’est finalement Benoist Apparu qui est réélu avec 53,17 % des voix (3166 voix), cependant, le maire a récolté deux fois moins de voix qu’en 2014. Derrière lui, Rudy Namur, Alan Pierrejean et Dominique Vatel avec respectivement 26,41 % (1573 voix), 10,81 % (644 voix) et 9,61 % (572 voix) des suffrages.

(Municicaqs #9) – À Strasbourg, qui pour succéder à Roland Ries ?

Après Le Havre, Rennes, Saint-Étienne et Bordeaux, CAQS part à Strasbourg. Après deux mandats passés en tant que maire de Strasbourg, Roland Ries, âgé de 75 ans, a décidé de ne plus se représenter pour les élections municipales de 2020. Les Strasbourgeois auront le choix entre trois listes. Qui va lui succéder ?

Ce n’est plus un secret pour personne, le second tour des élections municipales 2020 aura lieu le dimanche 28 juin, soit plus de trois mois après le premier scrutin. Une situation inédite. L’occasion de rappeler les résultats et les enjeux des candidats à la mairie de Strasbourg.

Le 15 mars dernier, après le premier tour des élections municipales 2020 à Strasbourg, sur les onze listes présentées, quatre se sont maintenues pour le second scrutin, en recevant les 10% requis des suffrages exprimés. En tête des résultats, Jeanne Barseghian, la candidate Europe Ecologie – Les Verts, qui a recueilli 27,8% des voix. Cela représente huit points d’avance sur ses adversaires. En deuxième position, Alain Fontanel (La République en Marche) compte 19,8% des votes, suivi de très près par Catherine Trautmann (Parti Socialiste) avec 19,7%. Dernière liste qualifiée pour le second tour, celle de Jean-Philippe Vetter (Les Républicains), avec un score de 18,2%.

Hombeline du Parc, candidate pour le Rassemblement National, avait recueilli 6,2% des voix. Un score suffisant pour s’allier à une autre liste pour le second tour, mais aucune fusion n’a eu lieu.

A noter que, comme c’est également le cas dans d’autres nombreuses villes françaises, le taux d’abstention a été particulièrement élevé avec un pourcentage de 65,6%. Mais ce n’est pas une grosse surprise, les Strasbourgeois n’ont pas l’habitude de se rendre aux bureaux de vote lors des élections municipales, même en temps normal. Lors des scrutins de 2014 et 2008, les taux d’abstention avoisinaient déjà les 50%.

Jeanne Barseghian, la vague verte

Arrivée en tête du premier tour, Jeanne Barseghian, candidate à la mairie de Strasbourg investie par Europe Ecologie – Les Verts, fera cavalier seul pour le second tour des élections municipales. Malgré son appel de pied à Catherine Trautmann, la fusion n’a pas eu lieu. Aucun accord n’a été trouvé lors des négociations, notamment sur la présidence de l’Eurométropole.

La liste « Strasbourg Ecologiste et Citoyenne », soutenue par le Parti Communiste Français, s’appuie sur trois priorités : « soutenir l’emploi, investir pour la transition écologique du territoire et accompagner toutes les entreprises du territoire en concertation avec les acteurs économiques », dans le cadre de la transition écologique.

Afin d’aider l’économie locale à se relancer, Jeanne Barseghian propose de « créer un fonds d’urgence de 2 millions d’euros pour aider les commerçants à se relever de la crise ». D’autres propositions sont également soumises par la candidate EELV.

Les habitations sont également un point important de son programme. Jeanne Barseghian souhaiterait lancer la « construction de logements abordables, sociaux et très sociaux. » Ces nouveaux habitats seraient construits tout en limitant les extensions urbaines, et seraient édifiés en priorité sur des espaces déjà artificialisés. Afin d’augmenter le nombre de logements disponibles, la candidate compte reconquérir les résidences vacantes et lutter contre la prolifération des Airbnb.

Du côté des déplacements, Jeanne Barseghian prévoit de « réaliser des itinéraires cyclables sur tous les axes principaux pour connecter les quartiers et les communes proches, et un itinéraire express autour de la Grande Île. » Pour protéger les piétons, les trottoirs seraient élargis et la zone de rencontre du centre-ville pérennisée. Pour les transports en commun, Jeanne Barseghian prévoit d’instaurer la gratuité pour les moins de 18 ans ainsi que pour les moins de 25 ans qui vivent sans ressources. Une extension du réseau de tramway vers le Nord et l’Ouest et la création d’un « réseau express métropolitain en connectant les 13 gares de l’Eurométropole, en collaboration avec la SNCF et la Région Grand Est » sont également envisagées. Quant au trafic routier, l’avenue du Rhin serait transformée en 2×1 voie et les poids-lourds de transit interdits. Sur l’A35, une voie réservée aux transports en commun et au covoiturage serait créée.

D’un point de vue international, la candidate EELV veut « défendre le siège unique du Parlement européen à Strasbourg, en associant les habitant·e·s et tous les acteurs du territoire ainsi que consolider le statut de capitale européenne en multipliant les coopérations au sein de l’espace rhénan et avec les réseaux de villes européennes (transports, énergie, santé, enseignement et recherche, culture) ».

Mais certaines de ses propositions créent le débat. Jeanne Barseghian souhaite fermer le zoo de l’Orangerie, l’aéroport et s’oppose à la rénovation du Stade de la Meinau. De quoi faire réagir Jean-Philippe Vetter.

Alain Fontanel, le poulain du maire sortant

Alain Fontanel, 1er adjoint et soutenu par le maire sortant, Roland Ries, serait maintenant le favori dans la course à la mairie de Strasbourg. Son alliance à la dernière minute avec Jean-Philippe Vetter, candidat LR, devrait lui ramener plusieurs points lors du second tour. En contrepartie, en cas de victoire, la nouvelle majorité soumettrait la candidature du candidat LR pour la présidence de l’Eurométropole.

Une fusion par défaut ? Alain Fontanel avait également révélé avoir discuté avec Catherine Trautmann, candidate pour le PS, sans avoir trouvé d’accord.

Aux côtés de Jean-Philippe Vetter, Alain Fontanel a dévoilé la semaine dernière douze mesures immédiates afin de relancer l’économie. Parmi elles figurent « la suppression immédiate de taxes et redevances locales, un chèque de relance pour l’emploi local via des bons d’achat à utiliser auprès des commerçants, une accélération des investissements de la collectivité, et, une grande campagne de promotion territoriale « Envie de Strasbourg » pour faire revenir touristes et visiteurs dans notre ville ».

Les deux candidats désormais alliés garantissent également la gratuité du stationnement entre 12h et 14h, dans le but de soutenir les restaurateurs. Une mesure qui fait grincer des dents Jeanne Barseghian : « Vous parlez de cohérence, l’écologie doit être cohérente. Je ne comprends pas qu’on parle de lutte pour la qualité de l’air, et qu’ensuite on veuille remettre le stationnement gratuit entre midi et deux pour inciter les personnes à venir déjeuner en ville en voiture. C’est complètement incohérent ! », avait-elle déclaré lors d’un débat diffusé sur France 3.

Pour les logements, Alain Fontanel souhaite « améliorer votre qualité de vie (celle des Strasbourgeois, NDLR) en ralentissant le rythme de construction. »

Le programme de la liste « Unis pour Strasbourg » promet également de faciliter les déplacements en proposant « un service 24h/24 et 7j/7 pour le tramway et 10 grandes lignes de bus, un arrêt à moins de 500m de chaque habitant et une attente maximale de 15 minutes en journée. » Pour se faire, la création d’un Réseau express métropolitain et des prolongements de certaines lignes de tramway sont étudiés. Pour sécuriser les piétons, le candidat pense à « obliger le pied-à-terre pour les cyclistes dans certains secteurs le samedi après-midi, ainsi qu’à lutter contre l’impunité et les comportements à risque des cyclistes » en renforçant les campagnes de sensibilisation et de verbalisation. Sur l’A35, le candidat LREM envisage également la création d’une voie réservée aux bus et au covoiturage. Des contrôles automatiques et des verbalisations systématiques et effectives du transit des poids lourds seraient mises en place sur l’Avenue du Rhin. Enfin, Alain Fontanel pense à revenir sur l’aménagement actuel de l’Avenue des Vosges, qui pose énormément de problèmes de circulation et de stationnement.

A l’échelle internationale et pour renforcer les liens francos-allemands, plusieurs mesures sont envisagées. Notamment avec les créations de nouvelles sections de crèches bilingues, d’une bourse aux stages transfrontaliers et de jumelages de proximité entre les écoles strasbourgeoises et allemandes.

Lors de son mandat, Alain Fontanel promet également de ne pas augmenter la fiscalité et d’être « 100% engagé·e·s », en ne cumulant aucun mandat au sein d’une autre collectivité.

Catherine Trautmann, un retour à la mairie ?

Arrivée en dernière position avec 19,7% des voix, Catherine Trautmann, candidate pour le PS, a une grande expérience dans la politique. Élue maire à deux reprises, elle a également été Ministre de la Culture sous la présidence de Jacques Chirac, qui était alors en cohabitation avec Lionel Jospin.

Pour l’économie, Catherine Trautmann propose de mettre « en place un outil d’interface entre les bailleurs et les commerçants, pour intervenir sur le niveau des loyers les premiers mois en instaurant une progressivité afin d’accompagner le développement du commerce indépendant ».

Afin que chacun puisse habiter Strasbourg, son programme propose de poursuivre avec « un rythme nécessaire » les constructions de logements, mais de manière plus économe et naturelle. Catherine Trautmann et sa liste « Faire Ensemble » comptent également encadrer et limiter les AirBnb, en renforçant leur règlementation ainsi que le nombre d’agents chargés de contrôles.

Du côté des déplacements, la candidate du PS propose de créer de nouvelles pistes cyclables, notamment un « Réseau Express Vélo », qui permettrait de contourner la Grande Île en toute sécurité. Le réseau de tramway, qu’elle avait contribué à mettre en place en 1994 lors de son premier mandat, serait également prolongé vers les quartiers de Koenigshoffen et du Neuhof. Enfin, comme ses deux autres concurrents à la mairie de Strasbourg, la création d’un « Réseau Express Métropolitain » est également envisagée.

Enfin, Catherine Trautmann compte également continuer de faire évoluer les relations transfrontalières en investissant dans le « bassin rhénan par les coopérations entre institutions culturelles, par la coproduction d’expositions, de spectacles et en faisant de l’Eurodistrict un facilitateur de projets culturels et économiques de métropole transfrontalière. »

Crédit photo image de une : Solène Martin

Le Brésil frappé par le covid-19 : « et alors ? »

Avec un total de 18 900 décès et plus de 293 000 cas confirmés, le Brésil est en passe de devenir le nouveau foyer du covid-19. Mais la situation du pays ne semble pas inquiéter davantage son président, Jair Bolsonaro, qui continue de minimiser la gravité du virus.

Le Brésil a franchi un nouveau pas dans le rouge. L’État le plus grand d’Amérique du Sud est devenu le troisième territoire où le nombre de contaminations est le plus important, derrière les États-Unis et la Russie. Le pays de 209 millions d’habitants compte désormais plus de 293 000 cas confirmés et 18 900 décès. Mardi, le ministère de la Santé a annoncé que plus de 1 000 personnes étaient décédées du covid-19 au cours des dernières 24 heures. Une première.

Selon plusieurs experts, ces chiffres sont encore loin de refléter la réalité. Le Brésil manque de tests et le pic de contaminations ne serait pas encore passé.

« Une petite grippe »

Pour le président brésilien, le virus n’est rien d’autre qu’« une petite grippe », dont les médias exagéreraient la gravité. Des réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter ont même dû supprimer certaines de leurs publications contenant des fausses informations sur le covid-19 car elles violaient les règles de contenu « nocif ».

Aucune mesure sanitaire n’est prise à l’échelle nationale. Jair Bolsonaro, lui-même, ne tient pas compte des recommandations sanitaires telles que la distanciation sociale. Des confinements plus ou moins stricts sont de rigueur dans certains États, sur décision de leur gouverneur. De quoi agacer le leader d’extrême droite, en conflit ouvert avec la majorité des 27 gouverneurs, qui appelle à ne pas cesser le travail. « Le virus est arrivé et nous lui faisons face et il va bientôt passer. Notre vie doit continuer. Les emplois doivent être maintenus, les moyens de subsistance des familles doivent être préservés. Nous devons revenir à la vie normale » a-t-il déclaré.

Quelques semaines plus tôt, le président brésilien avait déjà fait la polémique lors d’un entretien avec une journaliste. Lorsqu’elle l’interrogeait sur le nombre de victimes du covid-19 plus important au Brésil qu’en Chine, il avait répondu : « Et alors ? Je regrette. Mais que voulez-vous que j’y fasse ? ».

Des opinions divergentes

Même si le président brésilien compte toujours de nombreux adeptes, les opinions commencent à diverger. Dans un sondage réalisé par l’institut Datafolha, 59 % de la population brésilienne pense que Jair Bolsonaro ne devrait pas démissionner, contre 37 % pour.

Sur Twitter, des hashtags contre le leader d’extrême droite naissent comme #BolsonaroTraidor (Bolsonaro traître) ou #BolsonaroGenocida (Bolsonaro génocide). Les personnes y dénoncent l’incompétence du président.

1179 morts, 1 mort toutes les 73 secondes. Et le président de la République ? Faisant quoi ? Porter un maillot en demandant le retour du football, pour faire mourir encore plus de gens.

La semaine dernière, Lula, ancien président brésilien de 2003 à 2011, avait déclaré à l’AFP : « je prie pour que le Brésil soit sauvé d’un génocide causé par Bolsonaro ».

Le ministère de la Santé chamboulé

En l’espace d’un mois, deux ministres de la Santé ont quitté leur poste, à la suite de désaccords avec le président brésilien. En place depuis l’accession au pouvoir de Jair Bolsonaro le 1er janvier 2019, Luiz Henrique Mandetta, a été poussé vers la porte de sortie par le leader d’extrême droite. La raison : l’ancien ministre avait prôné la distanciation sociale et le confinement.

Le 17 avril, il est remplacé par Nelson Teich. Mais ce dernier ne reste pas longtemps à ce poste et démissionne au bout de quatre semaines, sous les pressions de Jair Bolsonaro. Les deux hommes n’étaient pas d’accord sur l’usage de l’hydroxychloroquine face à la pandémie du coronavirus. La molécule, qui n’a pourtant pas été certifiée « efficace » par les scientifiques et qui peut s’avérer dangereuse, est le cheval de bataille du président brésilien.

Depuis vendredi, le poste est vacant alors que le virus du covid-19 continue de se propager massivement sur le territoire brésilien. Le général Eduardo Pazuello exerce actuellement cette fonction par intérim depuis le 15 mai. Dans un document publié ce mercredi, le ministère de la Santé recommande l’usage de la chloroquine pour les cas légers de covid-19. Une victoire pour les convictions de Jair Bolsonaro.

L’initiative franco-allemande pour redresser l’Europe

Face à la crise causée par le covid-19, la France et l’Allemagne ont dévoilé ce lundi après-midi leur initiative pour redresser l’Europe. Leurs propositions reposent sur quatre piliers : la santé, la relance économique, la transition écologique et la souveraineté industrielle.

Le couple franco-allemand donne l’impulsion à l’Union européenne pour dépasser la crise du covid-19. Après avoir effectué un travail commun, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont proposé une initiative aux 25 autres pays membres. Une réponse à court terme pour assurer l’avenir et la viabilité de l’UE.

Mais « la crise la plus importante de l’histoire de l’Union européenne » n’a fait que renforcer les divisions. L’Europe a été capable du meilleur comme du pire. Certains pays n’ont pas hésité à faire acte d’une grande solidarité en faisant don de matériel médical ou encore en accueillant des malades de pays en difficulté face au covid-19. D’autres ont cependant fait le choix de céder au nationalisme, en fermant drastiquement leurs frontières, malgré les accords de Schengen.

« Une Europe de la santé »

« Face à la pandémie, l’Europe a sans doute été mise en défaut au début de cette crise. D’abord parce que la compétence sanitaire n’est pas une compétence communautaire », a déclaré Emmanuel Macron au cours de la conférence de presse. Une incapacité qui a conduit le président de la République française et la chancelière allemande à proposer la création d’une « Europe de la santé ». Les deux pays plaident en faveur d’un stock commun de produits pharmaceutiques et médicaux tels que des masques et des tests. Un travail main dans la main est également envisagé avec des plans de prévention partagés des épidémies ainsi que des méthodes communes pour recenser les cas.

Un plan de relance de 500 milliards d’euros

Les deux pays proposent la création d’un fonds de relance, financé par la Commission européenne grâce à des emprunts sur les marchés. 500 milliards d’euros sont prévus et seraient distribués aux secteurs et aux régions les plus impactés par la crise sanitaire et économique. « Ce sont les pays qui ont le plus souffert qui vont profiter au maximum de cette aide », a appuyé Angela Merkel. Cet argent devra progressivement être remboursé à long terme, sur plusieurs années. « Ce sera aux États membres de rembourser et non aux bénéficiaires », a précisé le président de la République.

« Le Green Deal ne doit pas être remis en cause mais accéléré »

Lors de la conférence de presse, Emmanuel Macron a rappelé l’importance du Green Deal, qui prévoit la neutralité carbone d’ici 2050. Cet accord « ne doit pas être remis en cause mais accéléré », a-t-il déclaré. La politique écologique ne sera pas mise de côté malgré l’importante crise générée par le virus du covid-19. « La relance de l’Union devra être accompagnée d’engagements en matière de climat, d’environnement, de biodiversité », a ajouté le président de la République.

Une Europe souveraine

Le quatrième pilier évoqué est celui d’une Europe souveraine. L’objectif est ici de créer une « Europe des champions » pour « relocaliser les investissements clés » sur le continent. Afin de ne plus dépendre de pays hors de l’Union européenne, la production de médicaments ou encore de batteries pourrait reprendre.

La conférence complète est à retrouver sur le compte Twitter de l’Élysée.

Les championnats de football bouleversés par le covid-19

Suspendus depuis plus de deux mois à cause de la pandémie mondiale du coronavirus, certains championnats vont peu à peu reprendre. Mais à quel prix ? Les nouvelles règles sanitaires et l’enchaînement des matches risquent de faire baisser les conditions et le niveau de jeu.

Cette semaine a sonné l’heure de la reprise pour les footballeurs de nombreux clubs, qui ont retrouvé les terrains d’entraînement. Mais les règles de distanciation sociale ne sont pas pour autant mises de côté. Les joueurs sont tenus de respecter un écart minimum de 1m50 entre eux. Les contacts sont donc interdits. Aucune poignée de main, aucun tacle… Des mesures compliquées, qui s’appliquent dans le cadre d’un sport collectif.

D’autres règles supplémentaires seront mises en place lors des rencontres. Les footballeurs auront l’interdiction de cracher, d’échanger leur maillot ou encore de fêter un but collectivement. Chaque joueur devra amener sa bouteille d’eau personnelle. Les poignées de main d’avant match seront également bannies, et le masque sera obligatoire pour les entraineurs et les remplaçants qui seront sur le banc de touche.

Quel impact sur le niveau de jeu ?

Après une si longue interruption et des entraînements sous une nouvelle forme, beaucoup s’inquiètent quant au niveau de jeu qui sera proposé sur les pelouses. C’est le cas d’Adi Hütter, entraîneur de l’Eintracht Francfort. « Si vous avez joué au football, alors vous savez que les matches après quelques semaines de préparation ne sont pas les mêmes que les matches de la saison. Les matches ne seront peut-être pas d’une grande qualité au début car beaucoup de choses seront nouvelles », a-t-il déclaré en conférence de presse.

En Angleterre, les tacles seront prochainement bannis aux entraînements, a indiqué ce mardi soir la BBC. On apprend également que les ballons, les cônes, les drapeaux de corner, les poteaux et les terrains seront désinfectés après chaque séance d’entraînement. Avec de telles restrictions physiques, que doit-on s’attendre en matière de qualité de jeu sur les terrains, sachant que le football est un sport collectif et de contact ?

Le nombre de changement augmenté

Dans un communiqué, l’IFAB, l’instance qui détermine les règles du football, a déclaré amender la loi 3 de manière temporaire. Les équipes pourront maintenant procéder à cinq changements par matches, au lieu de trois. « Cet amendement, qui entre immédiatement en vigueur, a pour but d’aider les équipes à faire face à un calendrier condensé et des conditions météorologiques différentes, deux éléments pouvant avoir un impact sur le bien-être des joueurs », indique l’IFAB.

Afin d’éviter de perturber le cours du match, chaque équipe pourra effectuer ces changements lors de trois arrêts de jeu au maximum, ainsi qu’à la mi-temps. Les organisateurs des compétitions sont libres de mettre en place ou non cette option à la reprise de leur championnat. La ligue allemande de football, où la Bundesliga va reprendre le 16 mai, a adopté cet amendement et va être la première à utiliser le système cinq remplacements. Cette nouvelle règle s’appliquera aussi en Espagne.

Les championnats pourront également décider d’abandonner ou non l’assistance vidéo pour les rencontres restantes. Une décision qui pourrait impacter la manière d’arbitrer. Certains pensent que l’absence de supporters va permettre aux arbitres de mieux se concentrer et de ne pas être influencé par la réaction du public.