Le fauvisme : le règne de la couleur

En 1905, le Salon d’Automne parisien est témoin de la naissance d’un nouveau mouvement pictural. Parmi les 1 625 oeuvres exposées, une salle fait scandale : la «cage des fauves». L’exposition de 39 peintures aux couleurs vives et irréalistes agresse l’esthétique à la française de la fin du XXème siècle. Le fauvisme prend son envol.

Si Henri Matisse et André Derain sont les peintres fondateurs du fauvisme, ce courant tient son nom du critique d’art Louis Vauxcelles, qui n’avait guère apprécié l’explosion de couleurs non-contrôlée de leurs oeuvres. En effet, le fauvisme se définit par une libération de la couleur. Le peintre n’est plus astreint à représenter fidèlement les teintes qu’il voit : la peau du modèle peut être bleue, le ciel vert et les arbres rouges. Le fauvisme met l’accent sur l’expression des sentiments intérieurs plutôt que la représentation d’une réalité objective. Les «fauves» couvrent leurs toiles d’aplats de couleurs vives sans se préoccuper de représenter les bonnes perspectives et bons tracés.

Matisse le présente comme une parade à «la tyrannie du divisionnisme», une théorie qui consistait en une variante plus poussée du pointillisme et arguait pour l’utilisation de couleurs pures où le mélange de couleurs devait seulement se faire grâce à leur juxtaposition.

D’un point de vue chronologique, le fauvisme se situe après l’impressionisme (1874-1886) et en tire une grande influence. Cependant, il s’en différencie car les impressionnistes se considéraient comme des «peintres du concret», ils voulaient peindre ce qu’ils voyaient notamment en accordant une grande importance aux jeux de lumière. Les fauves révèlent leurs sentiments sur la toile. Les couleurs chatoyantes ne sont pas justifiées par les paysages ensoleillés du Sud mais par les chocs émotionnels que l’artiste a voulu représenter.

L’influence du fauvisme

Le fauvisme est un courant artistique très court dans l’histoire de l’art. Il ne dure que de 1905 à 1910 au plus tard. Les « fauves » ne le restent ainsi qu’une période. Dans cette époque de recherches picturales, les influences des peintres changent et de nouveaux courants apparaissent. En 1908, Henri Matisse estime avoir terminé avec le fauvisme. André Derain est fortement marqué par sa découverte des oeuvres de Paul Gauguin et les couleurs de ses peintures se ternissent jusqu’à revenir à une tradition classique. Georges Braque se recentre sur l’espace et la construction dans le nouveau mouvement du cubisme.

Malgré sa brièveté, le fauvisme est un courant important dans l’histoire de l’art. En privilégiant la couleur sur les formes, il a permis de séparer la représentation de son modèle. Le fauvisme s’est éloigné des règles académiques et a marqué le début du XXème siècle, siècle qui a forgé l’art contemporain tel qu’on le connait aujourd’hui.

Exposition Possédé.e.s : Quand l’occulte exprime les défis du présent

Pour réellement apprécier la nouvelle exposition du centre d’art contemporain de Montpellier, deux visites sont nécessaires : une pour s’imprégner de son atmosphère spirituelle et une autre pour comprendre les motivations derrière les œuvres.

Possédé.e.s, la nouvelle exposition du centre d’art contemporain de Montpellier, porte bien son nom. Tout comme l’écriture inclusive s’infiltre dans le thème de l’occulte, l’exposition est un savant mélange entre ésotérisme d’un temps passé et problèmes sociétaux actuels. Ici, tout est double lecture et interprétation : derrière les apparences effrayantes se cache la dénonciation d’une société où l’égalité ne tient qu’en façade.

Un sanctuaire occulte

Dans cette exposition, des artistes du monde entier sont venus livrer leurs visions d’un entremêlement entre les sciences occultes, leurs représentants et nos sociétés modernes. Rien n’a été laissé au hasard et si le visiteur pressé peut passer à côté des critiques sociétales dans les œuvres, il est difficile de faire de même avec l’atmosphère de sanctuaire satanique qui règne dans l’exposition.

Dès l’entrée, le fond sonore, encore diffus, et l’éclairage sombre mettent en place une atmosphère pesante. L’œuvre Requiem pour 114 radios des artistes britanniques Iain Forsyth et Jane Pollard nous accompagne tout au long de la visite en diffusant, avec quelques crachotements, le Dies Iare, un chant religieux annonçant la venue de l’apocalypse. L’éclairage bleu provient lui, de l’oeuvre de Chloé Viton, qui a transformé une salle en lieu de rite ou adoration occulte. Dans ce terrain inconnu, le visiteur devra se laisser guider par les créatures de la nuit, seules sentinelles dans ce mélange des forces obscures.

En s’intéressant à l’explication des œuvres, on découvre que les artistes racontent parfois leurs propres expériences face à des événements inexpliqués. Ainsi, Myriam Mihindou, originaire du Gabon, a immortalisé dans sa série de photographies un véritable rituel : alors qu’elle a perdu la parole de manière mystérieuse lors d’un séjour à La Réunion, elle se tourne vers le vaudou pour la retrouver. Chaque jour, elle bande sa main, la couvre de poudre de kaolin, se force à dire un mot et la prend en photo. Sculptures de chair retrace ce long parcours vers le retour de la parole. D’autres ont des liens personnels avec le spiritisme : le père de Nicolas Aguirre, artiste franco-équatorien, est shaman. Il est venu bénir les lieux de l’exposition à l’inauguration afin d’en chasser les esprits malfaisants. De quoi ne pas avoir peur de repartir avec un démon au-delà des murs du musée.

Des revendications modernes

Pour Nicolas Bourriaud, directeur du MO.CO, « Possédé.e.s est aussi un discours sur l’intolérance et la reconnaissance de l’autre ». A travers les références à l’occulte, les artistes dénoncent les discriminations que peuvent subir les corps en fonction de leur couleur, orientation sexuelle, origine. Pour comprendre pleinement les messages adressés par les artistes dans leurs œuvres, il vaut mieux prendre le temps d’explorer l’exposition en lisant les notes sous les tableaux, ou le livret de visite. Car sans les annotations de l’auteur, il est parfois dur de deviner la dénonciation du colonialisme dans un personnage blanc se dissolvant dans une peinture aux couleurs bleu-vert.

Le thème « Possédé.e.s » a inspiré à l’artiste française Apolonia Sokol la représentation de celles qu’elle considère comme les sorcières modernes, « à savoir des corps discriminés que la société persécute » : les transgenres. Car il faut le rappeler, historiquement les sorcières ont été chassées et exterminées par l’Eglise du 14ème au 17ème siècle. Sedrick Chisom, artiste américain, se concentre sur le mythe de la suprématie blanche face aux personnes noires, qui dans ses tableaux, mène inexorablement à l’auto-destruction. Dominique White, artiste anglo-caraïbéenne, a voulu, elle, rappeler le sort des migrants qui disparaissaient en mer Méditerranée sans jamais atteindre les côtes et le lier aux sorts des esclaves lors de la traite noire.

À travers leurs créations artistiques, les artistes cherchent à mettre en valeur et rappeler l’existence de certaines catégories de population exclues, mal considérées ou discriminées. L’art vient remplir un espace parallèle à la société, jadis occupée par les sorcières et les guérisseurs, afin de permettre l’expression de ceux qui, dans la communauté, sont réduits au silence.

Crédit photo de une : Laurène Godefroy

Les sorcières : du mythe à la réalité

De nos jours, quand on parle de sorcière, on pense presque tous à une vieille femme courbée sous une cape, lançant des malédictions à voix basse. Mais d’où vient cette image stéréotypée ? Et les sorcières sont-elles réellement comme on les imagine ?

Si l’on veut remonter à l’origine des sorcières, c’est assez complexe. En effet, si on suppose que l’idée de sorcière a existé depuis la Préhistoire, nous n’avons pas assez de documents pour le prouver et étayer ce que nos ancêtres appelaient ainsi. Le mot actuel proviendrait du latin populaire « sortiarus » (littéralement « diseur de sorts »), qui renvoie à l’origine à un procédé de divination.

La sorcellerie dans l’Antiquité, entre interdiction et pratique courante

Dans les religions monothéistes de l’Antiquité, la sorcellerie est à la fois pratiquée à grande échelle, pourtant elle est interdite. Pour la mythologie grecque, le dieu de la médecine Asclépios peut ressusciter les morts. Les sorcières emprunteront son symbole pour leurs poisons, ce qui lancera l’idée que la médecine et la sorcellerie sont liées. Cette croyance met également en avant des symboles de « sorcières », comme les Sybilles dont la Pythie. Leurs prédictions étaient toujours écoutées avec attention. Les Grecs accordaient beaucoup d’importance à l’interprétation des songes, qu’ils pensaient être des messages des dieux. D’autres rites de superstition se développent, comme une façon pour les simples mortels de prendre en main leur destin, qui est mythologiquement dicté par les Moires.

Cependant, cette pratique est globalement interdite dans l’Empire grec. Dans La Loi des XII tables, Pline l’Ancien rapporte cette interdiction et la condamnation de sorcières vers 450.

Représentation d’Hécate, déesse des enchantements et de la sorcellerie dans la mythologie grecque

Ce sont aussi les trois déesses qui représentent les trois faces de la lune. C’est une des explications de ce symbole choisi par les sorcières. Hécate représente directement la sorcellerie et les enchantements. Une des sorcières mortelles connues de la mythologie est l’enchanteresse Circé, citée dans L’Odyssée d’Homère, qui transforme les compagnons d’Ulysse en porcs. Erichto, une autre sorcière est probablement à l’origine des stéréotypes physiques de nos sorcières. Elle est décrite comme une femme maigre, laide avec des cheveux emmêlés et attachés. Elle représente également un des premiers pouvoirs qu’on attribue aux sorcières : celui de parler aux morts. Cette puissance des femmes est expliquée par Médée dans L’Odyssée : « si la nature nous fit, nous autres les femmes, entièrement incapables de bien, pour le mal, il n’est pas d’artisan plus expert ». Cette dernière est d’ailleurs caractérisée dans l’ouvrage comme femme avant toute autre chose.

La sorcière est, à cette époque, le reflet de la volonté de toute-puissance des Hommes, au-delà même de leurs croyances.

L’Empire Romain écrit les interdictions des pratiques de sorcellerie sur son territoire : l’empereur Auguste brûle les livres de magie et les magiciens et astrologues sont exilés.

La diabolisation des sorcières par l’Eglise chrétienne

Alors que les religions païennes toléraient, voire vénéraient la sorcellerie, la religion chrétienne s’y opposait fermement. Dans la Bible, la sorcellerie est condamnée par Moïse. Quand Saül en consulte une pour parler à un mort, les mots de la Bible sont clairs : « Tu ne laisseras point vivre la magicienne […] Celui qui offre des sacrifices à d’autres dieux que l’Eternel seul sera voué à l’extermination. » (Exode 22 : 18-20).

Pour les chrétiens, la sorcellerie est affiliée au diable. Tout ce qui est inexplicable, c’est-à-dire beaucoup de procédés, notamment médicaux, au Moyen-Âge, est considéré comme de la magie et sont condamnés.

Il n’y a pas de cliché physique de la sorcière à cette époque. Ce sont la plupart du temps des femmes, qui sont considérées comme sorcières car elles sont tentatrices, manipulatrices, cachotières et qu’elles poussent les hommes au péché. Une sorcière pouvait donc être n’importe quelle femme. Les accusés de sorcellerie peuvent également être des prêtres et prêtresses d’anciennes religions, l’Église voulant les diaboliser pour étendre son pouvoir.

La plupart du temps, les femmes accusées de sorcellerie sont des veuves vivant de la charité. Cet archétype majoritairement présent dans les accusés amène à la description classique d’une sorcière dans Le marteau des sorcières de l’archevêque Harsnett en 1486 : « vieilles femmes aigries, vêtues de haillons, aux genoux soudés par l’âge, clopinant sur un bâton en marmonnant dans les rues ».

On ne sait pas sur quoi est basé l’idée du balai volant, mais sa première mention est dans Le Ménagier de Paris en 1392. L’auteur écrit que les femmes ne dormaient pas avec des balais dans leurs chambres de peur d’être traitées de sorcières.

Les sorcières étaient brûlées sur des bûchers pour qu’il ne reste rien d’elles

Entre 1300 et 1420, 5 à 10 procès pour sorcellerie se tenaient par an. Les historiens estiment le bilan à plus de 50 000 personnes torturées puis brûlées ou noyées vives, accusées d’hérésie, entre 1468 et 1687.

C’est à cette époque-là que la sorcière rentre dans l’imaginaire collectif, surtout celui des enfants, comme une vieille femme aigrie récitant des sorts. Elle est utilisée pour contenir la peur des enfants en une seule personne, ouvertement maléfique.

Cependant, si l’on croit que la majorité de victimes de cette chasse aux sorcières a été faite au cours du Moyen Âge, c’est bien après la découverte de l’Amérique de Christophe Colomb, soit à la Renaissance, que les procès et condamnation se sont intensifiés. Alors qu’il y avait 5 à 10 procès pour sorcellerie par an, on en dénombre 40 par an à partir de 1500. Et ce nombre n’avait cessé d’augmenter. Ils supposent que l’arrêt progressif de ces pratiques est dû au développement de l’Etat centralisé, qui veut contrôler les mouvements populaires.

A l’époque, la sorcellerie « courante » est considérée comme une secte au service de Satan, se réunissant la nuit en Sabbat.

La torture comme preuve d’actes de sorcellerie

Il n’y avait cependant pas autant de sorcières dans les petits villages européens qu’on le prétendait. Ce nombre d’accusations est d’abord dû aux accusateurs. Selon des études historiques, ceux-ci essayaient souvent de se laver de la culpabilité d’avoir refusé la charité. Beaucoup de vieilles veuves demandaient la charité. Ainsi, beaucoup ont été accusées de sorcellerie. Une fois accusées, les prétendues sorcières (ou sorciers) n’avaient pas d’autres choix que d’avouer car ils étaient torturés à cette fin. Une preuve de ces tortures est la missive qu’un bourgmestre accusé de sorcellerie avait envoyée à sa fille. Il y écrit : « Innocent j’ai été jeté en prison, innocent j’ai été tor­turé, innocent je vais à la mort. Car quiconque entre dans la prison des sorciers doit devenir un sorcier ou être torturé jusqu’à ce qu’il invente quelque chose à confesser… ».

La salle d’audience du procès des sorcières de Salem (illustration de 1876)

La chasse aux sorcières la plus célèbre nous vient d’Amérique, en 1692. Les sorcières de Salem n’étaient à l’origine que 3 femmes qui parlaient une langue inconnue et se cachaient, probablement à cause de psychotropes ou d’une maladie mentale. Mais cette petite ville du Massachussetts voit défiler entre 150 et 300 accusations et 20 exécutions pour sorcellerie. Elle devient ainsi un symbole de la chasse aux sorcières.

Les sorciers et sorcières modernes : des personnes « proches de la nature »

De nos jours, les sorciers et sorcières ont regagné leurs lettres de noblesse, principalement grâce à la fiction. Dans des récits comme Harry Potter, Sabrina l’apprentie sorcière, Charmed ou encore Mélusine en BD, ils sont présentés comme des personnages doués de magie mais qui peuvent choisir de l’utiliser pour le bien.

Hermione Granger, de la saga Harry Potter, représente une autre image de la sorcière

Cependant, la définition officielle du Larousse est encore profondément liée aux stéréotypes créés par la religion chrétienne : « personne que l’on croit en relation avec le diable et qui peut opérer des maléfices ». La définition anthropologique du terme se rapproche plus de la vérité de la pratique de la sorcellerie : « une personne pratiquant la sorcellerie, l’art de guérir ou de nuire à un individu au sein d’une société, d’un groupe donné, par des procédés et des rituels magiques ». Cependant, même cette définition ne suffit pas à expliquer la sorcellerie moderne, communauté qui se développe aujourd’hui, majoritairement grâce aux réseaux sociaux.

Ilona Vasseur a 18 ans et cela fait un peu plus de 2 ans qu’elle pratique la sorcellerie moderne. Les sorcières sont une communauté grandissante sur les réseaux sociaux. Une religion, le Wicca, a été créée à partir de ces croyances. Mais pour Ilona, ce n’est pas une question de religion : « être sorcière, c’est un mode de vie, tout peut être adapté à ça ». Certaines sorcières (et sorciers) pratiquent donc d’autres religions, que ce soit des religions païennes ou monothéistes. Si les sorcières d’aujourd’hui se contactent et s’encouragent majoritairement sur les réseaux sociaux, il existe des convens, de petits groupes de sorciers et sorcières qui se réunissent en de certaines occasions. La pratique est majoritairement féminine, mais les hommes n’en sont pas exclus.

Mais alors, que font concrètement ces sorciers et sorcières modernes ? Pour Ilona, « il y a autant de pratiques que de pratiquants ». Cependant, elle décrit la sorcellerie comme « le fait de manipuler les énergies qui nous entourent ». La sorcellerie est composée en grande partie de méditation pour se concentrer sur ces énergies. Les sorcières d’aujourd’hui pratiquent également la divination et le « spell work », c’est-à-dire le fait de lancer des sorts en se basant sur des éléments naturels comme des herbes, des pierres, des huiles… Ilona explique que « chaque chose de la nature a des propriétés qui peuvent être utilisées pour la protection, la santé… ».

Cependant, malgré leur volonté de se démarquer des stéréotypes de la sorcière, les pratiquantes d’aujourd’hui sont souvent comparées à cette vieille femme, diabolisées comme à l’époque de l’Inquisition ou tournées en dérision. Selon Ilona, il suffirait de se pencher sur le phénomène, qui prend de plus en plus d’ampleur avec les réseaux sociaux, pour comprendre que « les sorcièr.e.s ne sont pas des êtres maléfiques, au contraire, plutôt des personnes qui sont proches de la nature et qui cherchent à faire le bien ! ».

Le cabaret du bout des près : spectacle au milieu de la campagne

Créé en 2010, Le Cabaret du Bout des Près situé en région parisienne dans les Yvelines, nous offre des spectacles colorés, pailletés et rempli de convivialité. Aillant recommencé cette nouvelle saison le mois dernier, ils nous présentent différents spectacles comme Les 4 saisons, Le meilleur des années 80 et bien d’autres encore.

Passionné par le milieu artistique, le couple Tony Bastian et Amandine Boulard, de métier chanteur et danseuse, ont décidé de monter Le cabaret du Bout des Près de leurs propres mains. L’opportunité était une simple grange qu’ils ont transformée et sublimée en un cabaret rempli de passion et de joie de vivre. Bricolage, couture (les costumes réalisés par Amandine Boulard), mise en scène… ils ont tout fait. 

« Les rendre heureux : si c’est les faire pleurer, c’est les faire pleurer de joie » Tony Bastian

« Faire rêver les gens l’espace d’un instant » Amandine Boulard

Situé au milieu de la campagne, un endroit plutôt atypique pour un cabaret, le lieu est une surprise dès le début. Dans un milieu où l’art prend vie, les spectateurs peuvent s’évader du quotidien en laissant libre recours à leur rêve et en la magie du spectacle. Mélangeant amour, passion et joie le couple mène différents projets : cette année, comme tous les ans, il y aura la soirée inattendue, une soirée caritative, l’accueil du téléthon, le projet de faire découvrir aux enfants tous les corps de métiers du cabaret (administration, mise en scène…) et encore d’autres, avec des invités tel que Olivier Mine ou encore Isabelle Morini Bosc. 

« Je souhaite à tout le monde d’avoir un rêve parce que moi j’en avais un et il se réalise »

(citation de Tony Bastian prononcée à la fin de chaque spectacle)

Chanteurs, danseurs, ingénieurs du son et des lumières chacun sont mis à l’œuvre pour faire rêver les spectateurs et rendre leur propre métier de rêve une réalité. Avec un cabaret chaleureux, convivial et accueillant, ils souhaitent être accessible, proche des gens à travers l’accueil et les choix musicaux tout en offrant des spectacles incroyables. Lorsque des sourires, voir des rires s’affichent sur les visages du public c’est que les artistes ont réussi à transmettre de la joie, un moment unique de partage et de bonheur.

(Portrait) Simon Richard HALIMI : le peintre aux multiples couleurs de la vie

Simon Richard HALIMI né en 1943 en Tunisie, est un artiste peintre aux couleurs de la vie. Peignant des milliers d’œuvres depuis son enfance, il s’installe à Paris à 19 ans. De 1974 à 2003, lui et sa famille partent en Côte d’Ivoire suite à une succession de mission comme par exemple la construction d’une autoroute. Encore aujourd’hui à 77 ans, HALIMI expose ses œuvres à la galerie Sonia Monti à Paris de septembre à octobre.

Pendant son enfance, Simon Richard HALIMI allait à l’école en face de la boutique de coiffure-barbier de son père. N’ayant pas le temps de manger avec son fils, son grand-père typographe passait prendre son petit-fils et l’emmenait dans des tavernes éclairées par la chaleur humaine et celle des bougies. Par la suite, ils rejoignaient la grand-mère qui les attendait avec le linge et une boîte de crayons de couleur afin que son grand-père dessine. Une fois à l’œuvre, son grand-père dessinait sur le linge (principalement la nature comme la forêt) et sa grand-mère finissait par la broder. C’est alors vers 10 ans qu’HALIMI développera l’envie de peindre sans se poser de questions, sensibilisé par la culture de la vie que lui transmettait son arrière-grand-mère, « le goût de peindre m’est venu dans la boîte à crayon de couleur de mon grand-père ».

« Pour que la mémoire nous serve de route, il faut pouvoir regarder derrière dans les rétroviseurs pour mieux avancer »

Poissons au bord’elles, 2014, représente une satire sur les réseaux sociaux

Simon Richard HALIMI grandit dans une famille modeste à une époque où les moyens de communication comme la radio ou la télévision n’étaient pas accessible à tous, de même que beaucoup ne savaient ni lire ni écrire, son arrière-grand-mère se contentait de parler et de raconter des histoires. Souvent raconte HALIMI : « après l’école, nous faisions nos devoirs et après le goûter ou le diner, les ainés s’asseyaient et comptaient des histoires ». Toutes ces histoires faisaient partie de leur culture, une source, un savoir et une transmission d’expériences passées qui permettaient d’acquérir les connaissances de la vie.

 « Je me définis comme un griot »

Le peintre, expressionniste à la base, redéfinit son art à travers son expérience de vie, ses sentiments, ses cris et ses écrits. Ayant vécu 30 ans en Afrique, il tire son mouvement artistique d’une tradition africaine où les « vieux » africains (les griots) comptent la vie et sont considérés comme la mémoire par la bouche. Il appellera son mouvement le « griotisme ». Il se considère comme un passeur, quelqu’un qui raconte des histoires. De même, HALIMI estime que chaque artiste est un griot, car que ce soit de la musique, de la sculpture, de la poésie, chaque artiste raconte à travers différentes formes d’art quelque chose, une expérience passée, présente ou imaginaire, un souvenir, une émotion que ce soit de la haine, de la colère, de l’amour ou de la joie. Avec son art, HALIMI cherche à raconter la vie.

« Je travaille sur la vie »

Les prédateurs, 2008, – 130X130m

L’artiste souhaite passer, partager la vie, il est inspiré par ce qu’il écoute, un murmure, une conversation d’inconnu, une émotion, ce à quoi nous pouvons assister quotidiennement. Tous ses travaux étant amenés à parler de l’histoire contemporaine, il travaille sur des thèmes de la vie et ses différentes facettes. Cependant ses travaux racontent des histoires universelles, c’est-à-dire qu’il traite de la misère, de l’égoïsme, des crises économiques, de la politique, de la liberté, des différentes formes d’amour… mais il ne raconte pas d’histoires propres à un individu. Simon Richard souhaite faire passer avec chacune de ses œuvres, un message, une histoire que tout le monde peut comprendre et vivre. Il représente par exemple une femme en attente d’enfant (une grossesse), symbole de vie et évènement quotidien de la vie, nous sommes tous nés à un moment donné.

« Le titre est la première clef pour entrer dans un tableau »

Simon Richard HALIMI considère que pour comprendre l’histoire d’une œuvre, il faut pouvoir voir toutes ses dimensions. Commençant par la largeur, la longueur de l’œuvre, sa couleur, sa forme et la première impression, on continue avec l’histoire, l’âme et le contenu du tableau afin de comprendre ou interpréter ce que l’artiste veut nous dire à travers son œuvre. Et puis pour finir, être capable de laisser prendre forme, la vie et le temps dans l’œuvre. HALIMI appelle ces quelques dimensions « la culture du passage » qui permettent d’aller au-delà de l’image, car lorsque l’on arrive à se donner les moyens de capter toutes les dimensions d’un tableau, cela veut dire que l’on est capable de comprendre la vie dans une œuvre et ce qu’elle nous transmet. C’est avec des contenus naïfs et simple, que HALIMI crée son propre vocabulaire tout en capturant des instants de vie. De même, il estime qu’une peinture tout comme un livre ou une chanson doit parler et raconter une histoire tout comme le faisait son arrière-grand-mère.

« Sur mes photos il n’y a pas de droit d’auteur » de Simon Richard HALIMI.