Affaire Darmanin : La valeur politique de la présomption d’innocence

La nomination au ministère de l’Intérieur de Gérald Darmanin, qui fait l’objet d’une enquête judiciaire pour viol, a provoqué des manifestations dans la France entière. Alors que le gouvernement insiste sur le respect de la présomption d’innocence, les associations féministes refusent d’accepter ce qu’elles considèrent comme un retour en arrière pour les droits et la considération des femmes. La présomption d’innocence se retrouve au cœur des discussions, mais est-ce bien de ce principe juridique dont il est utile de discuter ?

Le 6 juillet 2020, Gérald Darmanin est nommé ministre de l’Intérieur. Un mois plus tôt, la cour d’appel de Paris ordonnait la reprise des investigations à propos d’une accusation de viol, harcèlement sexuel et abus de faiblesse le visant. Pour Claire Charlès, présidente du collectif féministe Les Effronté.es, cette nomination a été « une bonne claque ». « On ne s’attendait pas à grand-chose mais pas à ça » explique-t-elle. Suite à la tenue du Grenelle des violences conjugales et à l’affirmation de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles comme une priorité du mandat d’Emmanuel Macron, les féministes avaient l’espoir que les ministères de l’Intérieur et de la Justice, les deux ministères les plus importants dans le parcours des victimes, trouvent à leur tête des personnes sensibilisées et formées à ces questions. « Là, c’est vraiment tout le contraire, continue Claire Charlès, c’est piétiner tout ce qu’il [Macron] a pu faire pour le féminisme jusqu’à présent ».

Des milliers de personnes ont partagé cette opinion en manifestant contre les nominations au gouvernement de Gérald Darmanin et d’Éric Dupond-Moretti pour exiger leur démission. Face aux critiques, l’exécutif rappelle que le nouveau ministre de l’Intérieur doit bénéficier comme tout citoyen de la présomption d’innocence.

UN PRINCIPE JURIDIQUE

La présomption d’innocence est un principe fondamental du droit pénal français. Toute personne qui est suspectée d’avoir commis une infraction doit être considérée comme innocente tant que la cour ou le tribunal compétent pour la juger ne l’a pas déclarée coupable.

La députée LREM Alexandra Louis, à l’initiative de la tribune « La justice ne sera plus rendue si accusation vaut condamnation » publiée dans le Monde, défend le respect de cette présomption d’innocence dans l’affaire Darmanin. « Ce n’est ni à moi, ni à certaines féministes, ni à qui que ce soit de décider si les faits sont avérés ou pas. C’est le rôle des magistrats. » explique-t-elle.

Alexandra Louis compare la présomption d’innocence à une ceinture de sécurité : « c’est le jour où vous avez un accident que vous réalisez qu’elle vous sauve la vie ». Ce principe juridique existe afin de protéger les citoyens d’une justice arbitraire qui les jugerait coupables de manière hâtive sans leur permettre d’exprimer leur défense. Cependant, malgré la sacralité juridique de la présomption d’innocence, nombreux sont ceux qui estiment que cet argument n’est pas suffisant pour justifier la nomination d’un homme au gouvernement alors qu’il est sous le coup d’une enquête judiciaire suite à une plainte pour viol.

UN MESSAGE POLITIQUE

Claire Charlès voit les rappels gouvernementaux au respect de la présomption d’innocence comme une « extrapolation d’un terme juridique étendu au cadre politique ». « Au nom de la présomption d’innocence, on n’aurait pas le droit d’en parler et de dire qu’une personne mise en cause pour viol ne peut pas être nommée au ministère ». Pour la présidente des Effronté.es, le problème n’est pas juridique : Emmanuel Macron et Jean Castex ont légalement le droit de nommer Darmanin au poste de ministre de l’Intérieur. Les associations féministes ne cherchent pas à empêcher Darmanin de bénéficier de la présomption d’innocence, ni à remettre en cause le principe juridique. Mais elles s’opposent à cette nomination car elles désapprouvent le message politique qu’elle véhicule et elles considèrent qu’elle va à l’encontre du principe d’exemplarité du gouvernement. « Castex et Macron prennent le risque assumé de mettre un violeur à la tête du ministère de l’intérieur qui est un ministère important dans le parcours juridique des femmes victimes de violences. C’est un message extrêmement violent, un message d’impunité. »

EXEMPLARITÉ DU GOUVERNEMENT

En France, les chiffres officiels suggèrent que seulement 10% des femmes victimes de viol portent plainte, et que 10% de ces plaintes débouchent sur une condamnation, soit 1% des auteurs condamnés au total. Le parcours des victimes qui portent plainte est communément décrit comme long et semé d’embuches.

Claire Charlès regrette que l’argument de la présomption d’innocence soit ressorti dans ce contexte spécifique des violences sexistes et sexuelles. Elle donne les exemples de Jérôme Cahuzac, François de Rugy et François Bayrou qui avaient quitté le gouvernement alors qu’ils étaient mis en cause dans des affaires judiciaires pour des motifs financiers et d’emplois fictifs. Ils n’avaient pas encore été déclarés coupable par la justice. Ces départs étaient motivés par la volonté d’un bon fonctionnement du gouvernement. La présomption d’innocence ne leur avait pas été opposée car leurs démissions s’expliquaient par le devoir d’exemplarité du gouvernement. Aujourd’hui, les féministes attendent que Gérald Darmanin fasse de même et que le gouvernement soit aussi exemplaire en matière de lutte contre les violences faites aux femmes.

De son côté, Alexandra Louis estime que la présomption d’innocence est « au-dessus de la loi et de la morale ». Elle appelle à « se remettre à des principes juridiques et légaux qui s’appliquent à tous et à toutes ». « Avant de se poser la question de la morale, il y a une autre question à se poser : sur quels faits ? Qui vérifie les faits ? En France, nous sommes dans un État de droit et c’est à la justice de décider, de un, si les faits sont établis, de deux, si cela relève d’une qualification pénale. »

Et le débat sur la nomination de Gérald Darmanin continue.

Crédit Photo : Stéphane Morgane – La Voix du Nord

Union européenne : vers plus de solidarité ?

La Commission européenne propose un plan de relance de 750 milliards d’euros pour sortir de la crise post-covid19. C’est l’Allemagne, jusqu’alors peu convaincue dans ce genre de politique de relance qui est contre toute attente, à l’origine de cette proposition. Faut-il y voir un regain de solidarité en UE ?

Une UE généreuse et bienveillante

750 milliards d’euros dont 70%, c’est-à-dire 500 milliards d’euros, non remboursable ! C’est cadeau ! L’UE devient plus que généreuse en débloquant des fonds exceptionnels pour venir en aide aux plus fragiles de l’union. Cet argent sera remboursé par des taxes, évitant ainsi d’accabler ses membres avec de nouvelles dettes.

Parmi ces taxes, la commission propose par exemple une taxe carbone aux frontières de l’UE pour pénaliser les importations de produits issus d’usines polluantes. Mais également un impôt sur les grandes entreprises, peut-être même une taxe spécifique pour les sociétés numériques. Une UE qui mêle donc ses objectifs écologiques et économiques à ce plan de relance, qui n’est en aucun cas déconnecté de ses priorités.

C’est donc l’image d’une UE soucieuse de venir en aide à ses membres les plus accablés par la pandémie qui se dessine. Une UE qui se veut interventionniste après des années de politique d’austérité, une UE qui n’a pas peur de dépenser, une UE solidaire en somme.

Tous solidaires vraiment ?

Aider les plus démunis, certes c’est vertueux, mais qui va payer ? Les taxes ne séduisent pas les pays du nord ! Ceux qu’on appelle les « frugaux » ou encore les « radins ». Ceux qui se portent bien et qui en ont assez de cette union où ils payent plus qu’ils ne reçoivent. En somme, les riches de l’UE en ont assez de porter à bout de bras les plus démunis, qui ne se réforment pas assez vite et efficacement selon eux. Ce sont avec ces mêmes pays que Charles Michel, président du conseil européen doit composer.

Ce sont également des pays comme la France et l’Allemagne qui vont recevoir assez peu d’aide de ce plan de relance, et vont néanmoins devoir subvenir aux besoins des autres membres plus en détresse, tout en ayant pas les mêmes ressources que les pays nordiques.

Un carrefour pour l’UE

Alors que les Britanniques quittent l’UE, celle-ci fait face à une crise qui est à la fois destructrice mais également l’occasion de changer son fonctionnement. L’occasion de se reposer la question fondamentale, qu’attendons de l’UE ? Une UE économique, politique, social ? Un projet de paix qui suscite bien des tensions entre ses membres, c’est peut-être le moment de se mettre au clair, notamment sur notre capacité à former une véritable union.

Une union c’est un ensemble d’entités qui décident de se réunir et d’avancer main dans la main en se promettant une entraide mutuelle. Or, union signifie bien une agglomération de diverses entités. Et c’est bien cette diversité qui pose problème. En somme, ce sont toujours les plus riches qui vont aider les plus pauvres. Les plus privilégiés de l’union ne gagnent qu’une bonne conscience. Et cela ne semble pas suffire à ces pays qui critiquent une solidarité qui ne va que dans un sens. Les pays du nord de l’Europe viennent en aide aux pays de l’est et du sud de l’Europe, et l’on voit assez peu aujourd’hui comment la situation pourrait s’inverser.

C’est donc un moment important pour l’UE que ce plan de relance, qui incite à la solidarité dans une période difficile. Le 17 et le 18 juillet ce plan sera discuté par les membres de l’UE, pour savoir si l’on se serra les coudes pour sortir ensemble de la crise, et surtout si les pays du nord, accepteront, au nom de l’union, d’apporter leur précieuse aide.

Crédit photo : Claude Truong-Ngoc

E. Dupond-Moretti garde des Sceaux : l’asile politique pour Julian Assange ?

Le fondateur de WikiLeaks a pour avocat le nouveau garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti. Au micro de France Inter, fin février, le célèbre avocat annonçait « déposer une requête charpentée » de demande de droit d’asile en France.

À l’époque réfugié à l’ambassade de l’Équateur à Londres, Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, aurait eu 2 enfants avec l’une de ses avocates. Aujourd’hui emprisonné au Royaume-Uni, l’Australien peut aujourd’hui espérer une demande de droit d’asile grâce au nouveau garde des Sceaux. Avant l’élection de Donald Trump, Barack Obama aurait pu l’acquitter mais l’actuel président Républicain a relancé les poursuites contre Assange. Pourtant, le président Américain actuel avouait fin 2015 « adorer » WikiLeaks après la divulgation des mails des Démocrates. Cette affaire avait discrédité Hillary Clinton et sans doute balancé les scrutins de l’élection présidentielle en faveur de Trump.

Ce droit d’asile peut être de deux formes : par un statut de réfugié ou une protection subsidiaire, c’est une protection fournie à un demandeur d’asile qui ne répond pas aux critères pour devenir réfugié, mais pour lequel il existe des motifs sérieux pour croire qu’il y a un risque réel de subir une atteinte grave dans son pays. Grâce à ce nouveau poste, il sera plus facile à Eric Dupond-Moretti d’en discuter avec le président de la République.

D’autres dossiers à gérer à côté

« Beaucoup de conflits d’intérêts à régler mais aussi beaucoup d’autres dossiers en cours devant les tribunaux » pour l’avocat selon Anne Dumas, maître au barreau de Clermont-Ferrand. Sa nomination a surpris l’avocate : « pour un président qui n’aime pas les avocats et cherche à les évincer des procédures et palais de justice, je trouve cela totalement surprenant. Peut-être une bonne nouvelle pour la profession… ou non » confie-t-elle.

Crédits photo : Chancellerie d’Equateur

Remaniement : la nouvelle équipe annoncée par l’Elysée

Le gouvernement de Jean Castex, vient d’être annoncé cet après-midi aux alentours de 19h. Voici la liste des différents ministres désignés pour mener le quinquennat d’Emmanuel Macron jusqu’au bout.

Une « vingtaine de ministres avec de nouveaux talents et des personnalités venues d’horizons différents », voilà ce qu’avait affirmé l’équipe du président de la République dimanche. Les nominations seront progressives avec d’abord l’annonce des principaux ministres aux commandes ce lundi suivi des secrétaires d’état et délégués quelques jours plus tard. Il est à noter que l’ancienne équipe comptait 19 ministres (dont délégués) et environ 16 secrétaires (dont adjoints).

La nouvelle équipe qui occupera les chambres de l’Elysée a été soigneusement préparée par le président et le Premier ministre. Plusieurs options ont été employées, des membres de l’Assemblée auraient déjà reçues des propositions comme la présidente du Parti socialiste.

Mais gardons l’œil plutôt sur la sélection faite par Emmanuel Macron. Tout d’abord les ministres qui restent depuis leur entrée en fonction en 2017 :

  • Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé
  • Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse
  • Roxana Maracineanu, ministre déléguée aux Sports
  • Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance
  • Marlène Schiappa, ancienne secrétaire chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes, nommée ministre déléguée chargée de la citoyenneté
  • Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères et de l’Europe
  • Florence Parly, ministre des Armées
  • Franck Riester, ancien ministre de la Culture est nommé ministre délégué au Commerce extérieur
  • Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement
  • Elisabeth Borne, ancienne chargée des Transports, maintenant ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion
  • Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation 

Du côté des nouveaux, nous retrouvons :

  • Barbara Pompili, ministre de la Transition Écologique
  • Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur
  • Le célébrissime Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice
  • Roselyne Bachelot, ministre de la Culture
  • Annick Girardin, ministre de la Mer
  • Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publique
  • Elisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l’égalité femmes-hommes
  • Geneviève Darrieussecq, ministre de la mémoire et des anciens combattants, auprès de Florence Parly
  • Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation

Les ministres délégués :

  • Ministre délégué aux Relations avec le Parlement : Marc Fesneau
  • Ministre déléguée au Logement : Emmanuelle Wargon
  • Ministre délégué aux Transports : Jean-Baptiste Djebbari
  • Ministre délégué aux Comptes publics : Olivier Dussopt
  • Ministre déléguée à l’Industrie : Agnès Pannier-Runacher
  • Ministre délégué aux PME : Alain Griset
  • Ministre déléguée à l’Insertion : Brigitte Klinkert
  • Ministre déléguée chargée de la Ville : Nadia Hai
  • Ministre déléguée à l’Autonomie : Brigitte Bourguignon 
  • Secrétaire d’Etat, porte-parole du gouvernement : Gabriel Attal

Comme convenu, Chrsitophe Castaner, Sibeth Ndiaye, et Nicole Belloubet sortent. Une nouvelle conférence du président de la République est attendu le 14 juillet à l’occasion de la fête nationale.

Vague verte, Macron devient surfeur

Au lendemain du second tour des municipales, Emmanuel Macron annonce 146 propositions écologiques.

C’est sur une pelouse bien verte que le Président de la République a accueilli les membres de la Convention citoyenne pour la transition écologique. Se doutait-il quelques semaines plus tôt, en choisissant cette date, qu’il succéderait sur les bandeaux des chaines d’info, à la vague verte des municipales ? Sûrement. Mais ce calcul politique et symbolique permettra-il au président de convaincre les électeurs écologiste d’hier de lui accorder leur confiance demain ? Tandis que les commentateurs politique attendent une réponse autant que le prochain remaniement, le Président a mis les petits plats dans les grands pour dévoiler l’avenir de son mandat et le grand plan écologique qui devrait voir le jour.

146 sur 149

Les membres tirés au sort de la Convention climat sont arrivés avec 149 propositions réparties au sein de 5 thématiques (consommer, produire et travailler, se déplacer, se loger, se nourrir). Mais aussi un programme de financement et de modification de la constitution.

On pouvait attendre du Président une découpe de ce rapport, qu’il pioche dedans les propositions en accord avec ses valeurs et ses intérêts. Mais le chef d’Etat a été clair, dès le début du discours « je veux que toutes les propositions soient mises en œuvre au plus vite ». Puis, modérant son propos, il a évoqué les points sensibles du rapport notamment la difficile relation écologie-économie. Après avoir félicité les rapporteurs d’avoir « placé l’écologie au sein du système économique » et précisé qu’il partageait cette idée, le président a balayé l’idée d’une taxe de 4% sur les dividendes justifiant que « nous sommes déjà un pays très fiscalisé, je pense qu’accroître la fiscalité n’est pas une bonne idée (…) nous avons besoins d’attirer des capitaux français et étrangers ». Il a aussi évoqué dans son discours l’idée d’une écologie non punitive, arguant que la taxe carbone « était une des raisons, ce n’était pas la seule » qui a mené au mouvement des gilets jaunes l’an dernier. S’il s’agît ici d’un réel rejet de l’idée, le second véto posé par Emmanuel Macron est en réalité un report. Le président ne souhaite pas, pour le moment, entendre parler de l’abaissement de la vitesse maximale sur les autoroutes à 110 km/h.

Verdir la constitution par un référendum

Enfin, sur l’aspect constitutionnel du rapport un dernier véto a été posé. La modification du préambule de la constitution ne verra pas le jour mais celle de l’article premier aura sûrement lieu lors d’un futur référendum. À ce sujet, le président s’est exprimé ouvrant la voie au plébiscite tout en s’engageant à « proposer un texte au parlement en vue d’un référendum en 2021 ». Au-delà d’une simple modification de l’article premier, ce référendum pourrait aussi simplifier la mise en place d’une des 146 mesures phares : la reconnaissance de l’écocide. Un terme, dont le président s’est targué d’être le premier chef d’état à l’employer, et qui désigne la destruction d’un écosystème. Actuellement, ce terme n’est pas reconnu par l’institution judiciaire ce que souhaite Emmanuel Macron. Celui-ci annonce aussi porter ce projet de reconnaissance de l’écocide auprès des acteurs du droit internationale pour juger les coupables devant la Cour pénale internationale. L’intégration de l’écocide dans le futur référendum simplifierait sa complexe reconnaissance juridique.

L’application des propositions

Le président a commencé par expliquer en détail quelle serait la méthode de mise en œuvre de ces propositions. Une manière de faire gage de bonne volonté d’entrée de jeu face aux attentifs rapporteurs. Le possible référendum ne concernant pas la totalité des 146 propositions, le chef d’État a décidé de diversifier la méthode. Une partie sera arrêtée « dès juillet » par le gouvernement, une seconde sera intégrée au plan de relance économique et enfin la dernière vague de proposition à être légiféré, le sera au sein d’un projet de loi spécifique. Mais selon ce rythme, beaucoup de propositions devraient rester sur le carreau faute de ne pas appartenir au champ d’action de l’Etat. Pour pallier ce problème, le président souhaite réunir les collectivités territoriales et les élus afin de discuter de ces propositions.

Les membres de la convention climat vont donc encore devoir se battre auprès de nombreuses institutions pour voir un jour leurs propositions au Journal Officiel, le chemin reste long.

Municicaqs : les résultats dans le Grand Est

Le second tour des élections municipales 2020 s’est tenu hier dans des conditions particulières, trois mois après le premier tour du 15 mars. Après une campagne à rallonge, voici les résultats du second tour dans les principales villes du Grand Est.

Strasbourg

Les Strasbourgeois avaient le choix entre trois listes ce dimanche : celle de Jeanne Barseghian (EELV), celle de Catherine Trautmann (PS) et celle menée par le tandem Alain Fontanel – Jean-Philippe Vetter (LREM-LR). C’est finalement Jeanne Barseghian qui est élue avec 41,71% (21 592 voix). Derrière elle, la liste d’Alain Fontanel récolte 34,96 % (18 099 voix) et celle de Catherine Trautmann en dernière position avec 23,33% des suffrages (12 080 voix).

Colmar

À Colmar, les jeux étaient presque déjà faits, surtout après le retrait de Gilbert Meyer, le maire sortant, entre les deux tours. C’est donc Eric Straumann qui sera le nouveau maire, avec 63,89 % des suffrages (8061 voix). Son concurrent, Frédéric Hilbert (EELV), a lui recueilli 36,11 % des voix (4 556 voix).

Mulhouse

Quatre listes se sont opposées pour le second tour des municipales à Mulhouse. Celle de Michèle Lutz, maire sortante arrivée en tête au premier tour, celle de Loïc Minery (EELV), celle de Lara Million et enfin celle de Christelle Ritz pour le Rassemblement national. Ce sera Michèle Lutz qui dirigera à nouveau la ville de Mulhouse pour les six prochaines années après avoir recueilli 33,66 % des voix (4189 voix). Derrière elle, Loïc Minery, Lara Million et Christelle Ritz avec respectivement 21,96 % (2733 voix), 20,14 % (2506 voix), et 12,08 % des suffrages (1503 voix).

Metz

À Metz, les habitants avaient le choix entre trois listes conduites respectivement par François Grosdidier (LR), Xavier Bouvet (EELV) et Françoise Grolet (RN). Ce sera finalement François Grosdidier qui sera le nouveau maire de Metz après avoir recueilli 45,13 % des voix (10001 voix). Xavier Bouvet est arrivé en deuxième position avec 44,24 % des suffrages (9804 voix). À la dernière place, Françoise Grolet avec 10,63 % (2355 voix).

Nancy

Pour le second tour, seules deux listes concourraient à la mairie de Nancy. Celle de Laurent Hénart, le maire sortant, et celle de Mathieu Klein, arrivé en tête au premier tour. Mathieu Klein sort vainqueur de ce second scrutin, avec 54,54 % des voix (11435 voix). Derrière lui, Laurent Hénart avec 45,46 % de suffrages en sa faveur (9533 voix).

ÉPINAL

Trois listes se sont opposées pour le second tour des municipales à Epinal. Celle de Patrick Nardin (DVD), celle de Fabrice Pisias (DVG) et celle de Benoît Jourdain (DVD). Ce sera Patrick Nardin qui dirigera la ville d’Épinal pour les six prochaines années après avoir recueilli 48,14 % des voix (3923 voix). Derrière lui, Benoît Jourdain et Fabrice Pisias avec respectivement 39,12 % (3188 voix) et 12,74 % des suffrages (1038 voix).

Bar-le-duc

À Bar-le-Duc, trois listes étaient encore en lice pour le second tour. Celle de Martine Joly (DVD), maire sortante, celle de Benoît Dejaiffe (DVG) et celle de Pierre-Etienne Pichon (DVC). Martine Joly sera maire de Bar-le-Duc pour les six prochaines années, après avoir recueilli 38,45 % (1298 voix) des suffrages. Derrière elle, Benoît Dejaiffe et Pierre-Etienne Pichon avec respectivement 34 % (1148 voix) et 27,55 % (930 voix).

Châlons-en-Champagne

Les Châlonnais avaient le choix entre quatre listes ce dimanche : celle de Benoist Apparu (DVD), maire sortant, celle d’Alan Pierrejean (SE), celle de Dominique Vatel (DVG) et celle de Rudy Namur (DVG). C’est finalement Benoist Apparu qui est réélu avec 53,17 % des voix (3166 voix), cependant, le maire a récolté deux fois moins de voix qu’en 2014. Derrière lui, Rudy Namur, Alan Pierrejean et Dominique Vatel avec respectivement 26,41 % (1573 voix), 10,81 % (644 voix) et 9,61 % (572 voix) des suffrages.

Suivez la soirée des municipales minute par minute

Ce dimanche, le taux de participation est historiquement faible. Temps forts, réactions, résultats… Suivez cette soirée électorale en direct.

PARIS: La maire sortant Anne Hidalgo est réélue à la tête de la mairie de Paris avec 49,03% des voix exprimées, face à Rachida Dati (Les Républicains, 32,7%) et Agnès Buzin (13,7%).

TOULOUSE: Jean-Luc Moudenc est élu avec 51,6% des voix (liste divers droite) face à la gauche d’Antoine Maurice (48,4%), non loin derrière.

MARSEILLE: La liste d’Union de la gauche, qu’avait rejoint EELV au second tour, l’emporte à Marseille avec Michèle Rubirola (39,9% des suffrages exprimés), devant Martine Vassal (Les républicains, 29,8%) et Stéphane Ravier (RN, 19,8%).

NICE: Victoire pour Christian Estrosi, tête de liste d’un bloc centre/ droite, avec 59% des suffrages exprimés (LR, LREM et MODEM), face à Philippe Vardon (RN, 21%) et Jean-Marc Governatory (19%).

LYON: Vague verte pour la ville, remportée par la liste EELV de Grégory Doucet (50,8% des suffrages exprimés), face à Yann Cucherat (LREM/ Droite, 31,04%) et Georges Képénékian (LREM dissident, 17,8%).

RENNES: La maire sortante Nathalie Appéré est réélue avec 65,35% face à la liste LREM menée par Carole Gandon (17,49% des votes) et Charles Compagnon (17,16%).

BREST: Victoire de l’Union de la gauche de François Cuillandre (49,69% des voix), devant la liste divers droite de Bernadette Malgorn (36,41%) et celle de Marc Coatanea (LREM, 13,89%).

LILLE: Martine Aubry l’emporte avec 40,20% après une bataille très serrée face à la tête de liste EELV Stéphane Baly (38,61%), tous deux suivis par Violette Spillebout (LREM/ MODEM, 21,19% des voix).

BORDEAUX: Dans le fief historique d’Alain Juppé, victoire surprise pour la tête de liste EELV Pierre Hurmic avec 46,8% des voix, face à la droite de Nicolas Florian (LREM/LR, 44,6%). Philippe Poutou rassemble à l’extrême gauche 8,6% des suffrages exprimés.

MONTPELLIER: Victoire haut la main pour Michaël Delafosse (alliance à gauche PCF/PS/EELV/PRG) qui rassemble 49% des votes, face à Philippe Saurel (Divers gauche, 33%), suivis de loin par Mohed Altrad (18% des voix).

STRASBOURG: Après beaucoup d’incertitudes, nette victoire de Jeanne Barseghian sur une liste PCF/EELV (42% des voix), devant l’union LREM/LR d’Alain Fontanel (34,3%) et la liste PS de Catherine Trautmann (23,7%).

PERPIGNAN: Louis Aliot (Rassemblement National) l’emporte sur Jean -Marc Pujol avec 55,7% des voix selon les dernières estimations. L. Alliot, au micro de France 2:  » C’est pas terminé mais je pense que la victoire est acquise (…). Le premier message à Perpignan est que le front républicain est tombé et il peut tomber partout ailleurs »

LE HAVRE: Victoire éclatante pour le premier ministre Edouard Philippe (58,83% des suffrages exprimés selon les dernières estimations) face au député communiste Jean Paul Lecoq (41,17%). Edouard Philippe déclare: « Les résultats sont nets et je voudrais remercier très sincèrement les Havrais et les Havraises qui continuent à nous faire confiance et qui nous ont chargés de de poursuivre la transformation engagée, il y a maintenant bien longtemps ». Christian Jacob commente, au micro de France 2:  » Il a trahit sa famille politique et il a conduit une politique économique dans la continuité de celle de François Hollande ».

Besançon: L’écologiste Anne Vignot l’emporte avec 43,9% des voix, face à Ludovic Fagaut (Les Républicains, 41,5%) et Eric Alauzet (LREM, 14,6%).

NANCY: La gauche l’emporte derrière Mathieu Klein (55,2% des voix), face à la droite de Laurent Hénard (44,8%).

BASTIA: Victoire du régionaliste Pierre Savelli avec 49,1% des suffrages, devant Jean-Sébastien De Casalta (union de la gauche, 40%) et Julien Morganti (10,9%).

LIMOGES: 58,97% des suffrages pour Lombertie (Les Républicains) face à Miguel (Union de la gauche, 41,03%)

ALBI: La centriste Stéphanie Guiraud-Chaumeil l’emporte avec 49,95% des voix, face à l’union de la gauche de Nathalie Ferrand-Lefranc (39,89%) et au candidat du Rassemblement National Frédéric Cabrolier (10,17%).

DIGNES-LES-BAINS: La centriste Patricia Granet-Brunello l’emporte (32,49% des suffrages exprimés) avec une très courte avance sur la liste divers droite de Gilles Chalvet (32,43%), alors que Richard Valla remporte 14,97% des voix. 2 élus pour la liste divers gauche de France Gally, et un.e pour la liste Debout la France de Marie-Anne Baudoui.

DIJON: 43,51% des suffrages exprimés pour la liste PS de François Rebsamen, devant Emmanuel Bichot (LR, 34,84%) et la liste d’union LREM/MODEM de Stéphanie Modde (21,63%).

COLMAR: Victoire pour la droite de Straumann (63,89% des suffrages) face à Hilbert (EELV, 36,11%)

AURILLAC: Victoire de la liste de Mr. Mathonier (Union de gauche) avec 59,24% des suffrages exprimés, face à son adversaire divers droite (40,76%).

BIARRITZ: L’union de la droite obtient une majorité des votes (50,22%) derrière leur tête de liste Mr. Arosteguy, devant Brucq (26,30%) et Motsch (DVC, 14,74%).

(Municicaqs #16) Lyon passe au vert ?

Après Toulouse, Montpellier ou Nantes, CAQS s’arrête, le temps d’un article, à Lyon, troisième plus grande ville de France. Gérard Collomb maire depuis 2001, n’a pas su convaincre pour ce premier tour des élections municipales. Alors qui prendra sa place à la mairie ?

Ce premier tour a recensé 61% taux d’abstention. À Lyon, le mouvement EELV se place largement en tête du premier tour. Grégory Doucet remporte 28,46% des voix, avec une avance de 11% sur le précédent candidat, Etienne Blanc, candidat LR avec 17% de voix. Dans la ville, on vote par arrondissement, seul un n’a pas voté EELV. Les verts sont favoris à Lyon.

Les trois têtes de listes

Grégory Doucet, 46 ans, aucun mandat, jamais élu. Liste écologiste en tête au premier tour et le favori de cette élection. Pour le second tour il décide de fusionner avec les deux listes de gauche, la France Insoumise et le Parti Communiste. Il est jugé « extrémiste » par ses adversaires du second tour, car il ne défend que l’écologie.

Yann Cucherat, 40 ans, est depuis 2014 l’adjoint aux sports, au tourisme et aux grands événements de Gérard Collomb qui souhaiteraient bien le voir à sa place. Il se présente sous l’étiquette politique de la République en marche. Eric Blanc, candidat des Républicains, deuxième avec 17% des voix, a décidé de se rallier avec le candidat marcheur, avec 14,92% des voix.

Yann Cucherat, candidat LREM crédit photo : DufournetY

Georges Képénékian, 70 ans, a été maire de Lyon quand Gérard Collomb était ministre de l’intérieur. À son retour il est devenu premier adjoint. Malgré les alliances de ses adversaires, il a décidé de continuer le second tour seul, mais avec 121 colistiers. Pour le candidat, Yann Cucherat, « Georges est trop centré sur un intérêt personnel pour pouvoir faire équipe pour la cause des Lyonnais. Selon lui la relation interpersonnelle de Georges et Gérard a joué « .

crédit photo : ctuaLitté, George Képénékian, candidat à la mairie de Lyon

Tourisme divisé

Les enjeux pour ses élections sont la relance économique, principalement, et le tourisme. Lyon a reçu 6,5 millions de touristes, 30% de la clientèle est étrangère, principalement américaine. Avec la crise et l’arrêt des activités professionnelles (restauration, culturelle), la perte est d’environ 2 milliards d’euros. Puis il y a la question culturelle et les grands événements. Cette ville à fort potentiel connait une chute du tourisme conséquente.

Pour le candidat EELV, il faut limiter les transports aériens car 75% des touristes viennent à Lyon sont des Français. « Nous devons aller vers un tourisme plus responsable. Investir dans les trains de nuit, développer le tourisme à vélo, d’abord pour le marché intérieur mais qui soit plus responsables.« 

Pour Yann Cucherat, la ville doit continuer et développer le tourisme en attirant la clientèle étrangère, « cela rendra la ville plus agréable« . Il n’est pas d’accord avec l’idée des trains de nuit, comme le propose Grégory Doucet.

« Il y a déjà longtemps, Lyon a choisi un tourisme qualitatif et non de masse. Il ne faut pas bouger trop vite, les petits commerces, la restauration, ont besoin d’être soutenue. Le tourisme c’est aussi des taxes qui viennent enrichir les caisses de la ville. » déclare Georges Képénékian. Il n’est pas pour une augmentation des taxes pour des projets plus grands : « Doucet augmenterait les taxes pour réaliser des projets aussi ambitieux. On ne peut pas passer d’un bord à l’autre aussi radicalement.« 

Lyon est la ville de province la plus chère, 4 979 euros le m2. Le prix du m² a augmenté de 10% en 2019. Le dossier AirbnB est rentré en jeu dans le débat. Il faut d’après G.Doucet : « faire appliquer la réglementation. Pas besoin dinterdire Airbnb mais seulement respecter la réglementation. » Georges Képénékian trouve une forme d’injustice :  » AirbnB enlève la location aux autres. »

Difficulté de se loger ?

La question a été posée très clairement aux candidats : comment faire aujourd’hui pour les gens qui n’ont plus les moyens de vivre à Lyon ? Construire et contrôler le foncier c’est les choix et engagements des trois candidats.

Yann Cucherat propose :

  • construire des logements supplémentaires pour répondre à la demande.
  • maitriser le foncier c’est contrôler le prix de sortie de la location ou de l’achat.
  • Ville pas très haute, on peut imaginer construire un petit peu plus haut.
  • Travailler sur la mixité sociale. Dans un même appartement on peut trouver des logements sociaux, intermédiaires et primo.
  • Propositions de 500 logements par an dans le mandat.

Le candidat écologiste favori, Grégory Doucet suggère :

  • Rééquilibrer entre la construction de bureau et de logements.
  • Limiter la construction de bureaux pour faire de ce quartier un quartier à vivre.
  • Rajouter des espaces de fraicheurs avec les canicules à venir, besoin d’enlever du bitume pour y planter des arbres.
  • Investir dans la qualité de vie.
  • Investir dans la rénovation des bâtiments pour faire baisser la facture de chauffage pour les propriétaires, pour les locataires.

Pour Georges Képénékian : « Il y a une concurrence entre la disponibilité du foncier et la demande des gens qui viennent. Construire pour avoir une part de logements sociaux, une part d’accès priorité et négocier en s’appropriant du foncier pour qu’on en retrouve sa maîtrise ».

Le Parti écologiste a fait l’unanimité dans les arrondissements de la troisième plus grande ville. La plupart des électeurs veulent plus de verdure dans leur ville.

(ÉDITO) Djihadisme : les enfants innocents

Dix enfants résidant en Syrie ont été expatriés en France hier. Depuis la chute de l’État islamique seulement 28 enfants franco-syriens ont été rapatriés, alors qu’on en recense 250. La France tente de se racheter une conscience politique et humaine en « sauvant » des enfants syriens d’origine française.

Aimeriez-vous qu’on vous définisse constamment aux paroles et aux actes de vos parents en vous rappelant sans cesse « tu es l’enfant de… » ? Pourquoi le faire avec ces enfants syriens ? Je n’emploierai pas l’expression « enfants de djihadiste », ce serait les condamner à de la haine, à du mépris et à de la méfiance. Ils n’ont pas eu cette chance de naître au bon endroit, ni au bon moment. La famille n’est pas choisie, mais subie. Alors pourquoi leur faire porter le chapeau ?

Ces enfants à part entière ne sont pas des terroristes, ni même des bombes à retardement, comme certains se cantonnent à l’exprimer. Caractériser des enfants qui s’endorment sous la menace des bombes, sous le bruit assourdissant provoqué par le fracas de la destruction est immoral et condamnable dans les instances du bon sens. 

Envie de devenir

En France, malgré les tourments quotidiens de chacun, nous avons le choix de nos vies et surtout, le plus important, de notre devenir. Si nous ramenons ces futurs adultes sans arrêt à cette étiquette, on les stigmatise à tel point que leur identité ne leur appartient plus, elle est sous l’emprise de ceux qui les rejettent, les jugent. L’entité humaine ignore l’envie de devenir de ses enfants. Nous ne connaissons ni leurs passions, ni leurs envies, ni leurs peurs, ni leurs rêves. Donnons leur une chance de sortir du carcan de leurs parents endoctrinés par une croyance morbide. 

Accueillir ou non ?

Le 16 janvier 2020, le rapatriement de ces enfants en Syrie est demandé par l’ONU.  Une commission d’enquête indépendante a été créée en 2001 par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU pour alerter que ces enfants sont dans une grande précarité et ne possèdent pas de document d’identité. La commission priorise les enfants orphelins.  «Les États ont des obligations bien définies de protéger les enfants, y compris contre l’apatridie. Ne pas respecter ces principes fondamentaux constituerait une dérogation claire à cette obligation», a déclaré Hanny Megally, membre de la Commission. Ce rapport annonce aussi que «les mères devraient être rapatriées avec leurs enfants pour garantir le respect du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant». 

Le droit fondamental de l’enfant dit : « Les enfants qui ont dû fuir leur pays, à cause de la guerre ou d’une catastrophe naturelle, ont le droit d’être protégés par le droit International, qu’il soient seuls ou accompagnés. Les États doivent subvenir à leurs besoins alimentaires et sanitaires, les protéger et les aider à retrouver leur famille ».

Ces enfants sont pris en charge par les services sociaux afin d’établir un suivi psychologique conséquent, dû aux nombreux traumatismes de guerre. Un endoctrinement est établi chez ces enfants, mais en fonction de l’âge, les conséquences sont diverses. Un enfant de 3 ans n’aura pas la même prise en charge qu’un enfant de 13 ans sur le plan psychologique.

La France, pays des droits de l’homme, est obligée d’accueillir ces enfants. Ils ont vécu la guerre, la souffrance, la peur, la violence. La France fraternelle doit abriter ces enfants traumatisés. Ils n’y sont pour rien dans la bêtise humaine.

Aucun enfant ne devrait subir de violences, morales ou physiques. Le monde politicard ne sait ce que ses enfants endurent. Aucun ne tente de les sauver, de leur donner une vie meilleure en les accueillant. Voilà la complicité du monde. Ne pas les secourir, c’est les condamner à suivre le chemin de leurs parents. Les politicards ne font pas de différenciation. Ils rendent coupables les enfants, innocents, des actes haineux de leurs parents.

En 2017, suite à la crise migratoire, le monde entier était face à Aylan, 3 ans, mort échoué sur la plage. Les Hommes criaient « plus jamais ça ». L’innocence noyée par l’absurdité des « grands hommes » avides de pouvoir. Où en est-on de cette conscience humaine aujourd’hui, quand les politiques voudront instaurer un quota de rapatriement ? Certaines vies valent plus que d’autres.

(Muncicaqs #10) – Perpignan, l’extrême droite aux portes du pouvoir

Après Nîmes, Rennes, Lille et d’autres villes, nous continuons notre tour de France à Perpignan. Le candidat RN Louis Aliot est arrivé en tête du premier tour des élections municipales. Le maire sortant va tenter de le devancer une nouvelle fois après un scénario similaire en 2014.

C’est l’une des grandes villes de France qui connaît un vote important pour le Rassemblement national. Malgré une abstention de plus de 60%, Louis Aliot arrive en tête avec 35,6% des voix, loin derrière le maire sortant, Jean-Marc Pujol. 4 candidats pouvaient se qualifier pour le second tour : Agnès Langevine (EELV) avec ses 14,5% et Romain Grau (LREM), qui a récolté 13,2% des suffrages.

Front républicain contre Louis Aliot

Louis Aliot a besoin d’un report de voix de seulement 15 points pour devenir maire de Perpignan. Un scénario similaire à celui de 2014 puisque le candidat d’extrême droite avait déjà récolté 34% des voix au premier tour. Mais à l’époque, Jean-Marc Pujol avait réalisé un score de 30,7% au premier tour.

Avec 18,4% en 2020, le maire sortant a une chance de rester à la mairie grâce aux désistements des candidats EELV et LREM. Un front républicain assumé, mais incompris par Louis Aliot : « les deux candidats ont tapé sur le bilan du maire sortant pendant toute la campagne mais maintenant ils accordent leurs soutiens ».

Pour la candidate EELV Agnès Langevine, désormais soutien de Jean-Marc Pujol, elle reconnaît « avoir peur de voir les Perpignais.es orienter leur colère et leur rage vers un choix mortel. Celui du déclin de la ville, du repli identitaire et du déconfinement de la haine« .

Selon une simulation du second tour réalisée par le site madeinperpignan.com, Louis Aliot serait élu maire avec 54,05% des voix. Jean-Marc Pujol serait ainsi à 45,95%.

Pas de bilan mais des points sensibles

Pour Louis Aliot, qui peut se targuer d’une très bonne réputation dans la ville, certains oublient que le candidat et député RN a été mis en examen pour détournement de fonds publics dans l’affaire « des assistants parlementaires européens ». L’équipe du maire tente de justifier cette bonne image. « La compétence s’acquiert par les études, le travail, l’expérience. Monsieur Aliot sait qu’il pèche dans ce domaine. Il lui faut apprendre avant de vouloir. Cela suppose qu’il remplisse effectivement et complètement son rôle d’élu communal. Il n’est pas certain, à la lumière de ses absences régulières au Conseil Municipal de Perpignan et de sa méconnaissance des dossiers, qu’il en ait véritablement envie » s’interrogent-ils.

Perpignan va-t-elle devenir la vitrine du Rassemblement national ? Réponse le 28 juin prochain.

Source image : Louis Aliot