Municicacqs : Les résultats en Nouvelle-Aquitaine

Les résultats sont tombés dans la plus vaste région de France. Les 4314 communes de la Nouvelle-Aquitaine ont élu leur maire à l’issue d’une campagne municipale marquée des conditions exceptionnelles liées au Covid-19. Tour d’horizon dans les plus grandes villes de la région.

Bordeaux

Dans la ville de Bordeaux (33000) dans le département de la Gironde, les habitants ont élu Pierre Hurmic (Union de la gauche). Il l’emporte avec 46,48 % des voix contre Nicolas Florian (DVC) qui obtient 44,12 % des suffrages exprimés et Philippe Poutou (EXTG) qui cumule 9,39 % des voix pour ce second tour.

Le taux d’abstention est historiquement fort avec 61,67 %. Les votes blancs et nuls représentent quant à eux 1,68 %.

Limoges


En Haute-Vienne à Limoges (87000), 58,97 % des voix sont attribuées à Emile Roger Lombertie de la liste LR. Le maire élu est suivi par Thierry Miguel (Union de la gauche) avec 41,03 % des voix.

65,92 % des habitants de la ville de Limoges ne se sont pas rendus aux urnes. Les votes blancs et nuls représentent 4,45 %.

Poitiers


À Poitiers du côté de la Vienne (86000), Leonore Moncond’huy est élue maire (DVG) avec 42,83 % des voix. La tête de liste du PS Alain Claeys se place derrière la candidate avec 35,60 % des suffrages exprimés. En troisième position se place Anthony Brottier (LREM) qui obtient 21,56 %.

Le taux de participation s’élève à 33,19% % pour Poitiers. Votes blancs et nuls représentent 3,51 %.

PAU

À Pau dans les Pyrénées-Atlantiques (64000), François Bayron (DVC) cumule 55,47 % des voix, faisant de lui un maire réélu une nouvelle fois. Il est suivi de Jérôme Marbot qui totalise 44,53 % des voix.

38,35% de participation a été relevé. Les votes blancs et nuls s’élèvent à 3,92 % des voix.

LA ROCHELLE

La ville de La Rochelle en Charente-Maritime (17000) voit Jean-François Fountaine (DVG) retourner à sa mairie avec 41,97 % des voix. 41,11 % des suffrages sont attribués à Olivier Falorni (DVG) qui talonne en seconde position. Jean-Marc Soubeste récolte 16,92 % des voix, le plaçant troisième dans le classement.

Le taux de participation est de 41,44% tandis que les votes blancs et nuls représentent 1,99 % des voix.

BAYONNE

À Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques (64100), c’est Jean-René Etchegaray qui reprendra la mairie ces six prochaines années. Élu à 53,81 % des voix, il est suivi de Henri Etcheto qui cumule 46,19 % des suffrages exprimés.

Le taux d’abstention pour la ville de Bayonne est de 56,57 %. Les votes blancs et nuls représentent 3,51 % des voix.

Municicaqs : découvrez les résultats en Occitanie

Vous les attendiez, les résultats des élections municipales sont tombés. Après le premier tour, qui a vu certains maires élus à la majorité dans les grandes villes d’Occitanie, le scrutin du deuxième tour a réservé quelques surprises…

TOULOUSE

Pour ce second tour des municipales 2020, les électeurs de Toulouse (31000) du département de la Haute-Garonne ont placé en tête Jean-Luc Moudenc, tête de liste sur la liste DVD avec 51,98 % des voix (55826 voix). Antoine Maurice, tête de liste sur la liste DVG recueille 48,02 % des voix (51564 voix).

Le taux de participation s’élève à 44,85 % pour ce scrutin à Toulouse. Les bulletins blancs et nuls représentent quant à eux 2,27 %.

MONTPELLIER

La ville de Montpellier (34000) dans le département de l’Hérault a choisi Michaël Delafosse (Union de la gauche) qui totalise 47,23 % des voix pour ce second tour. Le maire sortant Philippe Saurel (DVG) arrive second avec 34,65 %. Mohed Altrad (SE) récolte 18,12 % des voix.

34,44% : c’est le pourcentage de participation pour ce scrutin dans la ville de Montpellier. Les bulletins blancs et nuls représentent 3,81 %.

NÎMES

Dans le Gard, pour la ville de Nîmes (30000), les habitants ont choisi Jean-Paul Fournier (LR) élu avec 41,91 % des voix. Vincent Bouget (DVG), quant à lui, totalise 26,48 % des suffrages exprimés. Yvan Lachaud arrive troisième avec 18,63 % des suffrages exprimés. Yoann Gillet est placé en dernière position avec 12,93 %.

Avec un taux de participation de 32,33 %, les bulletins blancs et nuls représentent 2,41 %.

PERPIGNAN

La surprise attendue ? Louis Aliot représentera Perpignan (66000) dans les Pyrénées-Orientales ces six prochaines années. Première ville aux mains du Rassemblement national, le candidat, pourtant sans étiquette, a été élu avec 53,09 % des voix. Il précède le candidat et maire sortant Jean-Marc Pujol (46,91 % des voix).

52,77 % des Perpignanais ne sont pas allés voter pour ce scrutin. 6,27 % des bulletins sont soit blancs, soit nuls.

MONTAUBAN

À Montauban (82000), dans le Tarn et Garonne, c’est la maire sortante Brigitte Bareges qui l’emporte avec 54,46 % des voix. Arnaud Hilion termine à la seconde place en cumulant 45,54 % des voix.

39,37 % des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes à Montauban. Les bulletins blancs et nuls représentent 3,66 %.

La mairie de Narbonne (11100), dans le département de l’Aude, verra à sa tête Didier Mouly (DVD) qui l’emporte avec 43,57 % des voix, suivi par Nicolas Sainte-Cluque (DVG) qui s’est vu octroyer 34,43 % des suffrages. Arrivée troisième, Viviane Thivent (EELV) récolte 13,12 %. Jean-François Daraud du Rassemblement national ferme la marche avec 8,88 %.

À Narbonne, le taux de participation s’élève à 37,64 %. Les bulletins blancs et nuls représentent eux 3,38 %.

ALBI

La ville d’Albi (81000) dans le Tarn a choisi comme maire Stéphanie Guiraud-Chaumeil (DVC) qui obtient 49,95 % des voix. Nathalie Ferrand-Lefranc (Union de la gauche) se place en seconde position avec 39,89 % des voix. Frédéric Cabrolier termine 3ème avec 10,17 %.

Les bulletins blancs et nuls représentent 2,35 % pour un taux de participation de 38,30 %.

Carcassonne

Dans l’Aude, Carcassonne (11000) sera conduite pendant les six prochaines années par la maire sortant Gérard Larrat (DVD), qui gagne avec 47,20 % des voix. Tamara Rivel (Union de la gauche) obtient 37,42 % des voix et termine en deuxième position. Enfin, Edgar Montagné (RN) arrive troisième avec 15,38 %.

Le taux de participation s’élève à 43,21 % à Carcassonne. Les bulletins blancs et nuls représentent 3,78 % des électeurs.

Municicaqs : les résultats dans le Grand Est

Le second tour des élections municipales 2020 s’est tenu hier dans des conditions particulières, trois mois après le premier tour du 15 mars. Après une campagne à rallonge, voici les résultats du second tour dans les principales villes du Grand Est.

Strasbourg

Les Strasbourgeois avaient le choix entre trois listes ce dimanche : celle de Jeanne Barseghian (EELV), celle de Catherine Trautmann (PS) et celle menée par le tandem Alain Fontanel – Jean-Philippe Vetter (LREM-LR). C’est finalement Jeanne Barseghian qui est élue avec 41,71% (21 592 voix). Derrière elle, la liste d’Alain Fontanel récolte 34,96 % (18 099 voix) et celle de Catherine Trautmann en dernière position avec 23,33% des suffrages (12 080 voix).

Colmar

À Colmar, les jeux étaient presque déjà faits, surtout après le retrait de Gilbert Meyer, le maire sortant, entre les deux tours. C’est donc Eric Straumann qui sera le nouveau maire, avec 63,89 % des suffrages (8061 voix). Son concurrent, Frédéric Hilbert (EELV), a lui recueilli 36,11 % des voix (4 556 voix).

Mulhouse

Quatre listes se sont opposées pour le second tour des municipales à Mulhouse. Celle de Michèle Lutz, maire sortante arrivée en tête au premier tour, celle de Loïc Minery (EELV), celle de Lara Million et enfin celle de Christelle Ritz pour le Rassemblement national. Ce sera Michèle Lutz qui dirigera à nouveau la ville de Mulhouse pour les six prochaines années après avoir recueilli 33,66 % des voix (4189 voix). Derrière elle, Loïc Minery, Lara Million et Christelle Ritz avec respectivement 21,96 % (2733 voix), 20,14 % (2506 voix), et 12,08 % des suffrages (1503 voix).

Metz

À Metz, les habitants avaient le choix entre trois listes conduites respectivement par François Grosdidier (LR), Xavier Bouvet (EELV) et Françoise Grolet (RN). Ce sera finalement François Grosdidier qui sera le nouveau maire de Metz après avoir recueilli 45,13 % des voix (10001 voix). Xavier Bouvet est arrivé en deuxième position avec 44,24 % des suffrages (9804 voix). À la dernière place, Françoise Grolet avec 10,63 % (2355 voix).

Nancy

Pour le second tour, seules deux listes concourraient à la mairie de Nancy. Celle de Laurent Hénart, le maire sortant, et celle de Mathieu Klein, arrivé en tête au premier tour. Mathieu Klein sort vainqueur de ce second scrutin, avec 54,54 % des voix (11435 voix). Derrière lui, Laurent Hénart avec 45,46 % de suffrages en sa faveur (9533 voix).

ÉPINAL

Trois listes se sont opposées pour le second tour des municipales à Epinal. Celle de Patrick Nardin (DVD), celle de Fabrice Pisias (DVG) et celle de Benoît Jourdain (DVD). Ce sera Patrick Nardin qui dirigera la ville d’Épinal pour les six prochaines années après avoir recueilli 48,14 % des voix (3923 voix). Derrière lui, Benoît Jourdain et Fabrice Pisias avec respectivement 39,12 % (3188 voix) et 12,74 % des suffrages (1038 voix).

Bar-le-duc

À Bar-le-Duc, trois listes étaient encore en lice pour le second tour. Celle de Martine Joly (DVD), maire sortante, celle de Benoît Dejaiffe (DVG) et celle de Pierre-Etienne Pichon (DVC). Martine Joly sera maire de Bar-le-Duc pour les six prochaines années, après avoir recueilli 38,45 % (1298 voix) des suffrages. Derrière elle, Benoît Dejaiffe et Pierre-Etienne Pichon avec respectivement 34 % (1148 voix) et 27,55 % (930 voix).

Châlons-en-Champagne

Les Châlonnais avaient le choix entre quatre listes ce dimanche : celle de Benoist Apparu (DVD), maire sortant, celle d’Alan Pierrejean (SE), celle de Dominique Vatel (DVG) et celle de Rudy Namur (DVG). C’est finalement Benoist Apparu qui est réélu avec 53,17 % des voix (3166 voix), cependant, le maire a récolté deux fois moins de voix qu’en 2014. Derrière lui, Rudy Namur, Alan Pierrejean et Dominique Vatel avec respectivement 26,41 % (1573 voix), 10,81 % (644 voix) et 9,61 % (572 voix) des suffrages.

Suivez la soirée des municipales minute par minute

Ce dimanche, le taux de participation est historiquement faible. Temps forts, réactions, résultats… Suivez cette soirée électorale en direct.

PARIS: La maire sortant Anne Hidalgo est réélue à la tête de la mairie de Paris avec 49,03% des voix exprimées, face à Rachida Dati (Les Républicains, 32,7%) et Agnès Buzin (13,7%).

TOULOUSE: Jean-Luc Moudenc est élu avec 51,6% des voix (liste divers droite) face à la gauche d’Antoine Maurice (48,4%), non loin derrière.

MARSEILLE: La liste d’Union de la gauche, qu’avait rejoint EELV au second tour, l’emporte à Marseille avec Michèle Rubirola (39,9% des suffrages exprimés), devant Martine Vassal (Les républicains, 29,8%) et Stéphane Ravier (RN, 19,8%).

NICE: Victoire pour Christian Estrosi, tête de liste d’un bloc centre/ droite, avec 59% des suffrages exprimés (LR, LREM et MODEM), face à Philippe Vardon (RN, 21%) et Jean-Marc Governatory (19%).

LYON: Vague verte pour la ville, remportée par la liste EELV de Grégory Doucet (50,8% des suffrages exprimés), face à Yann Cucherat (LREM/ Droite, 31,04%) et Georges Képénékian (LREM dissident, 17,8%).

RENNES: La maire sortante Nathalie Appéré est réélue avec 65,35% face à la liste LREM menée par Carole Gandon (17,49% des votes) et Charles Compagnon (17,16%).

BREST: Victoire de l’Union de la gauche de François Cuillandre (49,69% des voix), devant la liste divers droite de Bernadette Malgorn (36,41%) et celle de Marc Coatanea (LREM, 13,89%).

LILLE: Martine Aubry l’emporte avec 40,20% après une bataille très serrée face à la tête de liste EELV Stéphane Baly (38,61%), tous deux suivis par Violette Spillebout (LREM/ MODEM, 21,19% des voix).

BORDEAUX: Dans le fief historique d’Alain Juppé, victoire surprise pour la tête de liste EELV Pierre Hurmic avec 46,8% des voix, face à la droite de Nicolas Florian (LREM/LR, 44,6%). Philippe Poutou rassemble à l’extrême gauche 8,6% des suffrages exprimés.

MONTPELLIER: Victoire haut la main pour Michaël Delafosse (alliance à gauche PCF/PS/EELV/PRG) qui rassemble 49% des votes, face à Philippe Saurel (Divers gauche, 33%), suivis de loin par Mohed Altrad (18% des voix).

STRASBOURG: Après beaucoup d’incertitudes, nette victoire de Jeanne Barseghian sur une liste PCF/EELV (42% des voix), devant l’union LREM/LR d’Alain Fontanel (34,3%) et la liste PS de Catherine Trautmann (23,7%).

PERPIGNAN: Louis Aliot (Rassemblement National) l’emporte sur Jean -Marc Pujol avec 55,7% des voix selon les dernières estimations. L. Alliot, au micro de France 2:  » C’est pas terminé mais je pense que la victoire est acquise (…). Le premier message à Perpignan est que le front républicain est tombé et il peut tomber partout ailleurs »

LE HAVRE: Victoire éclatante pour le premier ministre Edouard Philippe (58,83% des suffrages exprimés selon les dernières estimations) face au député communiste Jean Paul Lecoq (41,17%). Edouard Philippe déclare: « Les résultats sont nets et je voudrais remercier très sincèrement les Havrais et les Havraises qui continuent à nous faire confiance et qui nous ont chargés de de poursuivre la transformation engagée, il y a maintenant bien longtemps ». Christian Jacob commente, au micro de France 2:  » Il a trahit sa famille politique et il a conduit une politique économique dans la continuité de celle de François Hollande ».

Besançon: L’écologiste Anne Vignot l’emporte avec 43,9% des voix, face à Ludovic Fagaut (Les Républicains, 41,5%) et Eric Alauzet (LREM, 14,6%).

NANCY: La gauche l’emporte derrière Mathieu Klein (55,2% des voix), face à la droite de Laurent Hénard (44,8%).

BASTIA: Victoire du régionaliste Pierre Savelli avec 49,1% des suffrages, devant Jean-Sébastien De Casalta (union de la gauche, 40%) et Julien Morganti (10,9%).

LIMOGES: 58,97% des suffrages pour Lombertie (Les Républicains) face à Miguel (Union de la gauche, 41,03%)

ALBI: La centriste Stéphanie Guiraud-Chaumeil l’emporte avec 49,95% des voix, face à l’union de la gauche de Nathalie Ferrand-Lefranc (39,89%) et au candidat du Rassemblement National Frédéric Cabrolier (10,17%).

DIGNES-LES-BAINS: La centriste Patricia Granet-Brunello l’emporte (32,49% des suffrages exprimés) avec une très courte avance sur la liste divers droite de Gilles Chalvet (32,43%), alors que Richard Valla remporte 14,97% des voix. 2 élus pour la liste divers gauche de France Gally, et un.e pour la liste Debout la France de Marie-Anne Baudoui.

DIJON: 43,51% des suffrages exprimés pour la liste PS de François Rebsamen, devant Emmanuel Bichot (LR, 34,84%) et la liste d’union LREM/MODEM de Stéphanie Modde (21,63%).

COLMAR: Victoire pour la droite de Straumann (63,89% des suffrages) face à Hilbert (EELV, 36,11%)

AURILLAC: Victoire de la liste de Mr. Mathonier (Union de gauche) avec 59,24% des suffrages exprimés, face à son adversaire divers droite (40,76%).

BIARRITZ: L’union de la droite obtient une majorité des votes (50,22%) derrière leur tête de liste Mr. Arosteguy, devant Brucq (26,30%) et Motsch (DVC, 14,74%).

(Municicaqs #18) – Paris, et si Dati gagnait ?

Après Lyon, Toulouse, Montpellier ou Nantes, les municicaqs s’arrêtent à Paris. Capitale de France, la ville est le théâtre d’une bataille entre trois femmes déterminées. La maire sortante Anne Hidalgo vise un second mandat, Rachida Dati veut remettre Les Républicains au premier plan et Agnès Buzyn espère sauver l’image de la majorité présidentielle.

57,7 % des inscrits ne se sont pas déplacés au premier tour des municipales. Une abstention record depuis la première élection du maire de Paris. Malgré tout, les tendances des sondages sont reflétées dans les résultats du premier tour. Anne Hidalgo, Rachida Dati et Agnès Buzyn se sont qualifiées pour le second tour des municipales.

3 projets différents

Voici quelques mesures proposées par les 3 candidates :

Logement

Anne Hidalgo : La maire sortante souhaite créer une société immobilière mixte entre public et privé pour lever jusqu’à 20 milliards d’euros, « sur le marché parisien pour racheter des immeubles, les transformer et les proposer à la location pour les classes moyennes ».

Rachida Dati : La candidate veut « changer la composition du parc social » dans les logements. « Moi, je vais changer la composition du parc social à Paris, et les bailleurs respecteront ce que veut le maire de Paris, une mixité réelle », accusant Anne Hidalgo, sur France Info, d’avoir « ghettoïsé Paris ».

Agnès Buzyn : La candidate LREM regrette que les agents municipaux ne puissent pas loger sur Paris pour des raisons économiques dans des logements sociaux. Elle souhaite donner une priorité aux « agents du service public » ou aux « familles monoparentales ». Pour elle, le risque est de développer « une ghettoïsation des logements sociaux », lié à un « manque de diversité à la fois dans les HLM et dans les écoles alentours ».

Sécurité

Anne Hidalgo : La maire sortante veut développer une présence dans les rues de la future police municipale « paritaire » avec 5 000 agents. Contrairement aux deux autres candidates, les agents n’auront pas d’armes létales. Cette police devrait aussi « lutter contre le harcèlement de rue dont sont encore trop souvent victimes les femmes ».

Rachida Dati : « Je veux être la maire de la sécurité ». La maire réélu dans le 7e arrondissement propose une police municipale de 3400 agents « avec armes létales, gilets pare-balles et flotte de véhicules sérigraphiés, équipés de sirène et de gyrophare ». Elle souhaite aussi multiplier par trois le dispositif de vidéosurveillance.

Agnès Buzyn : La candidate propose une police municipale à 5 000 agents armés. La vidéosurveillance serait développée autour des écoles. Agnès Buzyn veut apporter une aide financière pour les parisiens voulant poser une porte blindée sécurisée afin d’éviter les cambriolages.

Propreté

Anne Hidalgo : Alors que la ville de Paris a engagé 550 millions d’euros par an dans la propreté, Paris est « sale » selon les deux autres candidates. La maire sortante souhaite continuer son « plan anti-rats ». Côté propreté des rues, Anne Hidalgo appelle les Parisiens au civisme en « évitant de jeter son mégot par terre, encore moins un masque ».

Rachida Dati : Elle l’affirme « Paris est sale ». « Si je suis maire de Paris, je délègue la compétence aux maires d’arrondissement, je modernise les équipements de nettoyage et de collecte des ordures (…) Un Paris propre 24h/24 et 7j/7 ».

Agnès Buzyn : « Aujourd’hui, c’est vraiment désastreux dans les rues ». La candidate souhaite débuter un grand plan de lutte contre les rats et un nettoyage des tags. Comme Rachida Dati, elle veut déléguer la compétence aux maires d’arrondissement. Enfin, Agnès Buzyn insiste sur l’idée de l’augmentation des installations de poubelles de tri.

Transports

Anne Hidalgo : La maire sortante souhaite poursuivre la réduction de la place accordée à la voiture en supprimant une place de parking sur deux en surface. La proposition qui plaît le moins aux provinciaux et aux banlieusards est celle de la limitation du périphérique parisien à 50 km/h complétées par des passages piétons. Enfin, Anne Hidalgo prévoit la réduction de la vitesse en ville à 30 km/h.

Rachida Dati : Elle le précise dans son programme : « Il n’est pas raisonnable de promettre du zéro voiture et du 100% vélo ». Tout comme Anne Hidalgo, la candidate de droite réfléchit à « l’expérimentation d’une voie réservée sur le périphérique pour des navettes express, le covoiturage, les taxis et les véhicules propres » sur le périphérique.

Agnès Buzyn : L’ancienne ministre de la Santé propose un moratoire de six mois sur les travaux gênants et de rénover la voirie. Comme les deux autres candidates, « une voie sera réservée sur le périphérique aux véhicules propres, au co-voiturage et aux transports en commun ».

Un deuxième tour déjà joué ?

Sondage pour le second tour des municipales à Paris © Elabe

Le dernier débat télévisé entre les trois candidates a eu lieu jeudi soir. Côté Hidalgo, certains militants ont été déçus. Éric* nous confie qu’elle « n’a pas eu le même charisme que d’habitude, elle n’a pas réussi ce débat ». Dans le camp Dati, on est optimiste, « elle a complètement réussi ce débat, je pense qu’il y a une chance malgré le ralliement des écologistes » murmure une militante de première heure. Dans les rangs d’Agnès Buzyn, on doute. « Je sais que l’on a perdu, je garde espoir, mais je sens la défaite arriver », confie un militant LREM.

Une élection n’est jamais jouée. Les électeurs décideront dimanche si Anne Hidalgo continue 6 ans de plus, si Rachida Dati créée la surprise ou si Agnès Buzyn sauve les meubles.

Éric* : Prénom changé.

Crédits photo mise en avant : Steffylou / Tsaag Valren / Tsaag Valren  

(Municicaqs #17) – Marseille : un débat avorté dans une cité fantôme

Après un premier tour mouvementé, quatre listes restent en lice dans la course aux huit mairies marseillaises. Mais les habitants de la cité phocéenne sont loin d’être au bout de leurs surprises : débat du second tour unilatéral et alliances politiques continuent d’animer une élection qui n’a pas dit son dernier mot.

Depuis le début des municipales, les marseillais ne savent plus où donner de la tête. Après un premier tour ponctué par l’annulation du débat le jour de sa retransmission et l’ouverture d’une enquête pour fraude aux procurations, le second tour est reporté de plusieurs mois pour raisons sanitaires. Une légère avance de la liste d’Union de la gauche dans une ville gouvernée depuis 25 ans par Jean-Claude Gaudin, un maire de droite (Les Républicains), participe à faire de cette élection un moment politique crucial pour la ville , alors que les habitants se sont, paradoxalement, rarement aussi peu exprimés avec une abstention de 67,45% des votants. Un taux-record qui n’est pas sans soulever, lui aussi, de questions démocratiques.

Les résultats du premier tour ont surpris le camp de la droite : la liste de Martine Vassal (LR), successeur pourtant désignée de l’ancien maire, se retrouve au coude à coude avec la liste d’Union de la Gauche, emmenée par Michèle Rubirola, qui comptabilise 23,44% des votes (contre 22,32% pour la liste LR). Non loin derrière, la liste du Rassemblement national est érigée en ennemie municipale désignée ; en témoigne le désistement parmi d’autres de Moussa Maaskri, tête de liste LR dans le 8ème secteur, qui choisit de se retirer au profit des deux listes de gauche qui accèdent au second tour afin de « faire barrage à l’extrême droite », défavorisée au premier tour par une abstention de plus de 72% . Elle rassemble pourtant 19,45% des voix et compte remporter bien plus que la marie du secteur 7 (13ème et 14ème arrondissements), aux mains de sa tête de liste depuis 2014. Dernier du peloton, Bruno Gilles et sa liste « Ensemble pour Marseille » passent avec succès l’épreuve du premier tour dans trois secteurs de la ville (2, 3 et 6).

Pas de débat donc, pour les municipales marseillaises

Mais ce jeudi soir, coup de théâtre sur l’antenne de France 3 PACA : le débat n’aura pas lieu. Même le présentateur de la chaîne locale peine à le croire : un seul candidat, Mr Ravier, est présent sur le plateau. Les raisons de cette situation inédite ?  Une campagne plus qu’offensive menée de tous les côtés, la candidate Vassal ne souhaitant débattre qu’avec son adversaire de l’Union de la gauche (inenvisageable pour les journalistes). Cette dernière n’a pas répondu à la sollicitation. Bruno Gilles (DVD) voulait un débat avec l’ensemble des candidats, mais il n’aura finalement pas lieu. Pas plus que le débat du premier tour qui, rappelons-le, avait lui aussi été annulé, cette fois en raison d’un mouvement de grève de la part des journalistes de France 3 Provence contre la venue de Franz-Olivier Giesbert, directeur éditorial du quotidien La Provence invité à conclure le débat. L’intersyndicale estimait en effet que sa prise de position politique pro-Vassal  « porte atteinte à l’indépendance éditoriale » et « nuit gravement à la neutralité » de la station. Pas de débat donc, pour les municipales marseillaises.

Léo Purguette, rédacteur en chef de La Marseillaise, lamente à ce propos que l’absence de débat au niveau des têtes de liste engendre une absence de débat au niveau des différents secteurs de la ville. La liste du Printemps Marseillais, contactée à travers Christine Juste, tête de liste Europe Ecologie Les Verts dans le 4ème secteur et aujourd’hui soutien la liste majoritaire, évoque un « débat sans intérêt » face à des adversaires aux accusations « mensongères, grossières, caricaturales » et une impuissance face à des « techniques diffamatoires et déloyales ». Le 24 juin au matin, cinq des principales rédactions qui couvrent l’actualité politique marseillaise avaient pourtant publié une tribune, appelant de leurs vœux à un débat et fustigeant l’ensemble des camps ayant selon eux trouvés « une légitimité politique au silence ». Pour les Marseillais donc, pas de débat entre les différents candidats, malgré une véritable discorde sur les enjeux principaux de la gouvernance de la ville. S’ils sont tous bien identifiés, ils ne sont pas tous  hiérarchisés de la même manière.

Du logement en passant par l’éducation

Il n’est pas nécessaire d’être résident de la cité phocéenne pour qu’à l’évocation de l’habitat insalubre revienne en mémoire le drame de la rue d’Aubagne : l’effondrement de deux immeubles vétustes du centre-ville en novembre 2018 avait coûté la vie à 8 personnes. Si la réhabilitation est inscrite dans tous les programmes, la question du logement n’y a pas toujours la place de choix. La liste portée par Michèle Rubirola la décrète « grande cause municipale », avec notamment un plan de + 30 000 logements sur 6 ans, mais aussi une meilleure concertation entre les habitants et l’ensemble des acteurs publics et privés. En face, la liste de Martine Vassal veut elle aussi « résorber l’habitat indigne », étendre les permis de louer pour lutter contre les « marchands de sommeil », inciter à la rénovation énergétique et lutter contre la vacance de logements. Le candidat de la liste Ensemble pour Marseille, veut instaurer des « zones prioritaires de réhabilitation » et propose quant à lui de renforcer les sanctions contre les marchands de sommeil. De son côté, Stéphane Ravier propose bien de « rénover et réhabiliter le parc HLM existant » mais, ne prévoit aucun nouveau logement social dans une ville qui compte à peine 23 % de ce type de logements, qui sont concentrés dans certains quartiers, alors que trois quarts des Marseillais y sont pourtant éligibles.

Autour de la même problématique, les écoles cette fois : menus des cantines inadaptés, personnel éducatif débordé et en sous-effectif mais, surtout des locaux qui tombent en ruine, à tel point que Libération titrait en 2016 « les écoles à Marseille sont la honte de la République ». En 2020, quelle perspective pour les jeunes Marseillais ? Là-dessus, tout le monde est d’accord : il faut rénover urgemment, prioriser le bio et les circuits courts pour la nourriture, créer plus de place en crèche, faire de l’apprentissage de la natation la norme pour tous les élèves… Le « plan Charlemagne » de Mme Vassal où les « États généraux des écoles marseillaises » de Mr Gilles ont un but commun : redorer le blason de l’École. Sur le même sujet, le candidat du Rassemblement national suit difficilement (en proposant le financement de la blouse pour les écoles volontaires) un programme plus que conséquent mis en place par le Printemps Marseillais (74 engagements sur 7 thèmes « éducation»).

La sécurité, un thème phare

Mais c’est sur la sécurité que Ravier se rattrape : thème phare de son programme, il ne lésine par sur la rhétorique nationaliste pour exposer ses idées, oubliant le politiquement correct pour aller jusqu’à flirter avec des mesures liberticides et xénophobes : « interdiction des manifestations islamistes », « expulser les familles de délinquants mineurs », il veut « repenser la vidéoprotection pour traquer racaille et trafiquants » tout en augmentant le nombre de commissariats et de policiers. Dans la même veine, la tête de liste des Républicains dit vouloir tripler le nombre de policiers municipaux en six ans et doubler le nombre de caméras de vidéosurveillance. Quant à Bruno Gilles, il prévoit 1000 policiers en plus et une meilleure répartition de la police sur le territoire marseillais.

Sur ce sujet, la liste d’Union de la gauche a choisi de se placer en complète opposition avec ses concurrents de droite : pour faire face au sentiment d’insécurité de certains marseillais, elle affirme que « la sécurité ne se réduit pas au déploiement de la police et aux caméras de vidéosurveillance ». Aux yeux du Printemps Marseillais, c’est plus de prévention qui pourrait mettre fin à des problèmes dont l’origine serait sociétale (inégalités socio-économiques, violences familiales et conjugales, insuffisance de la prise en charge de la toxicomanie, etc). Ils s’engagent à redonner à la police municipale son rôle de proximité (laissant le rôle répressif à la police nationale), proposent un moratoire sur les techniques de vidéosurveillance et des formations plus adaptées aux missions des policiers.

L’ambition d’une cité verte

Dernier mais non des moindres, le thème de l’environnement et de la transition écologique fait une apparition, parfois un peu timide et forcée, dans tous les programmes : il est intrinsèque à celui de la liste majoritaire au premier tour, liste à laquelle se sont d’ailleurs ralliés les têtes de liste et l’ensemble des candidats sous la bannière Europe Ecologie Les Verts (EELV), à l’exception de Chahidati Soilihi (5,38% des voix au premier tour dans le 8ème secteur), qui annonce son ralliement à la sénatrice DVG Samia Ghali pour éviter « des divisions politiques incompréhensibles qui font le jeu du Front National ». Partout, les candidats EELV évoquent un choix de « cohérence », après avoir choisi de se présenter de leur côté dans tous les secteurs de la ville au premier tour. « Je pense que dans l’inconscient de tous les marseillais, il y avait en effet deux listes EELV. C’était presque écrit qu’au second tour on allait se retrouver, puisque notre objectif était le même, à savoir changer la ville, gagner, enlever cette équipe qui depuis 25 ans stérilise Marseille et engager la ville dans une transition écologique, plus démocratique. » déclare Christine Juste, porte-parole EELV pour la région PACA. Mais la liste adverse n’est pas en reste : l’une des ambitions majeures et affichées de Martine Vassal est de faire de Marseille la « Capitale Verte de l’Europe » à l’horizon 2026, notamment grâce à de grandes mesures phares : arrêter la bétonisation, créer des espaces publics végétalisés, prolonger le tramway, développer les pistes cyclables, … .

L’arrêt de la bétonisation est aussi un engagement de Stéphane Ravier, qui veut « préserver les poumons verts » de la ville et créer des fermes urbaines, des jardins et potagers partagés au sein de la cité. Petite dernière, l’opération « Prêt… Plantez ! » de Bruno Gilles vise à planter quelque 50 000 arbres à Marseille. Il promet également une autosuffisance énergétique sans toutefois annoncer de mesures permettant de l’atteindre.

Tout reste encore à jouer

Malgré une campagne mouvementée, les querelles intestines qui agitent têtes de liste, adhérents et sympathisants politiques sont toutefois loin de toucher la majorité des votants. La cité marseillaise fait face à une situation inédite d’unité de la Gauche rassemblée derrière la liste du Printemps Marseillais, face à une droite désunie, divisée et en désaccord souvent plus sur la forme que sur le fond. Alors qu’aucune majorité absolue ne semble vouloir se dessiner, il est toujours impossible de savoir qui du réveil démocratique ou du rejet de la classe politique l’emportera ce dimanche. Dans son dernier sondage pour La marseillaise et Maritima Medias, publié ce vendredi matin, l’institut Ifop donne une courte avance de 5 points à la liste de Michèle Rubirola (35%), talonnée de près par celle de Martine Vassal (30%), laissant 22% des votes à la liste du Rassemblement National et seulement 6% à celle de Bruno Gilles. Dans la bataille pour la mairie de Marseille, tout reste encore à jouer.

Source de l’image mise en avant : Stephane Martin

(Municicaqs #16) Lyon passe au vert ?

Après Toulouse, Montpellier ou Nantes, CAQS s’arrête, le temps d’un article, à Lyon, troisième plus grande ville de France. Gérard Collomb maire depuis 2001, n’a pas su convaincre pour ce premier tour des élections municipales. Alors qui prendra sa place à la mairie ?

Ce premier tour a recensé 61% taux d’abstention. À Lyon, le mouvement EELV se place largement en tête du premier tour. Grégory Doucet remporte 28,46% des voix, avec une avance de 11% sur le précédent candidat, Etienne Blanc, candidat LR avec 17% de voix. Dans la ville, on vote par arrondissement, seul un n’a pas voté EELV. Les verts sont favoris à Lyon.

Les trois têtes de listes

Grégory Doucet, 46 ans, aucun mandat, jamais élu. Liste écologiste en tête au premier tour et le favori de cette élection. Pour le second tour il décide de fusionner avec les deux listes de gauche, la France Insoumise et le Parti Communiste. Il est jugé « extrémiste » par ses adversaires du second tour, car il ne défend que l’écologie.

Yann Cucherat, 40 ans, est depuis 2014 l’adjoint aux sports, au tourisme et aux grands événements de Gérard Collomb qui souhaiteraient bien le voir à sa place. Il se présente sous l’étiquette politique de la République en marche. Eric Blanc, candidat des Républicains, deuxième avec 17% des voix, a décidé de se rallier avec le candidat marcheur, avec 14,92% des voix.

Yann Cucherat, candidat LREM crédit photo : DufournetY

Georges Képénékian, 70 ans, a été maire de Lyon quand Gérard Collomb était ministre de l’intérieur. À son retour il est devenu premier adjoint. Malgré les alliances de ses adversaires, il a décidé de continuer le second tour seul, mais avec 121 colistiers. Pour le candidat, Yann Cucherat, « Georges est trop centré sur un intérêt personnel pour pouvoir faire équipe pour la cause des Lyonnais. Selon lui la relation interpersonnelle de Georges et Gérard a joué « .

crédit photo : ctuaLitté, George Képénékian, candidat à la mairie de Lyon

Tourisme divisé

Les enjeux pour ses élections sont la relance économique, principalement, et le tourisme. Lyon a reçu 6,5 millions de touristes, 30% de la clientèle est étrangère, principalement américaine. Avec la crise et l’arrêt des activités professionnelles (restauration, culturelle), la perte est d’environ 2 milliards d’euros. Puis il y a la question culturelle et les grands événements. Cette ville à fort potentiel connait une chute du tourisme conséquente.

Pour le candidat EELV, il faut limiter les transports aériens car 75% des touristes viennent à Lyon sont des Français. « Nous devons aller vers un tourisme plus responsable. Investir dans les trains de nuit, développer le tourisme à vélo, d’abord pour le marché intérieur mais qui soit plus responsables.« 

Pour Yann Cucherat, la ville doit continuer et développer le tourisme en attirant la clientèle étrangère, « cela rendra la ville plus agréable« . Il n’est pas d’accord avec l’idée des trains de nuit, comme le propose Grégory Doucet.

« Il y a déjà longtemps, Lyon a choisi un tourisme qualitatif et non de masse. Il ne faut pas bouger trop vite, les petits commerces, la restauration, ont besoin d’être soutenue. Le tourisme c’est aussi des taxes qui viennent enrichir les caisses de la ville. » déclare Georges Képénékian. Il n’est pas pour une augmentation des taxes pour des projets plus grands : « Doucet augmenterait les taxes pour réaliser des projets aussi ambitieux. On ne peut pas passer d’un bord à l’autre aussi radicalement.« 

Lyon est la ville de province la plus chère, 4 979 euros le m2. Le prix du m² a augmenté de 10% en 2019. Le dossier AirbnB est rentré en jeu dans le débat. Il faut d’après G.Doucet : « faire appliquer la réglementation. Pas besoin dinterdire Airbnb mais seulement respecter la réglementation. » Georges Képénékian trouve une forme d’injustice :  » AirbnB enlève la location aux autres. »

Difficulté de se loger ?

La question a été posée très clairement aux candidats : comment faire aujourd’hui pour les gens qui n’ont plus les moyens de vivre à Lyon ? Construire et contrôler le foncier c’est les choix et engagements des trois candidats.

Yann Cucherat propose :

  • construire des logements supplémentaires pour répondre à la demande.
  • maitriser le foncier c’est contrôler le prix de sortie de la location ou de l’achat.
  • Ville pas très haute, on peut imaginer construire un petit peu plus haut.
  • Travailler sur la mixité sociale. Dans un même appartement on peut trouver des logements sociaux, intermédiaires et primo.
  • Propositions de 500 logements par an dans le mandat.

Le candidat écologiste favori, Grégory Doucet suggère :

  • Rééquilibrer entre la construction de bureau et de logements.
  • Limiter la construction de bureaux pour faire de ce quartier un quartier à vivre.
  • Rajouter des espaces de fraicheurs avec les canicules à venir, besoin d’enlever du bitume pour y planter des arbres.
  • Investir dans la qualité de vie.
  • Investir dans la rénovation des bâtiments pour faire baisser la facture de chauffage pour les propriétaires, pour les locataires.

Pour Georges Képénékian : « Il y a une concurrence entre la disponibilité du foncier et la demande des gens qui viennent. Construire pour avoir une part de logements sociaux, une part d’accès priorité et négocier en s’appropriant du foncier pour qu’on en retrouve sa maîtrise ».

Le Parti écologiste a fait l’unanimité dans les arrondissements de la troisième plus grande ville. La plupart des électeurs veulent plus de verdure dans leur ville.

(Municicaqs #15) – Nantes, à bâbord toute !

Après Lille, Dijon, Toulouse ou encore Montpellier, CAQS maintient le cap vers l’Ouest pour ce tour de France des municipales. À Nantes, Johanna Rolland brigue un second mandat, dimanche 28 juin, après être arrivée largement en tête au premier tour (31,36 %). Pour ces élections municipales, la jeune maire socialiste a misé sa stratégie sur une alliance avec les Verts, comme en 2014. Si certains désaccords persistent entre les deux partis, la gauche fait plus que jamais barrage face à la menace républicaine.

La maire sortante Johanna Rolland (PS) est arrivée largement en tête au soir du 1er tour avec 31,36% des voix à Nantes. La socialiste affrontera dimanche prochain sa rivale de droite Laurence Garnier (19,93%) et la marcheuse Valérie Oppelt (13%), qui n’ont pas réussi à s’entendre durant l’entre-deux tours. Car oui, une alliance a été proposée par la républicaine avec la candidate LREM pour faire front face au bastion de la gauche. Mais les deux candidates ne sont pas parvenues à trouver un terrain d’entente, laissant à la gauche une autoroute devant elle pour aborder le second tour de ces municipales le plus sereinement possible. Une avance qui s’est notamment creusée grâce à la mise en place d’une alliance entre le Parti Socialiste et Europe Écologie Les Verts le 15 mars dernier. Le parti écologique qui avait notamment recueilli 19,58% des voix.

Une alliance naturelle…

Des insoumis aux écologistes en passant par les socialistes aux listes alternatives, la gauche se présente dans diverses configurations pour ces élections municipales. À Nantes, elle est plus unie que jamais. Comme il y a six ans, le Parti socialiste et Europe Écologie Les Verts porteront une liste commune pour le second tour des élections municipales dans la cité des Ducs. À 77%, les militants se sont exprimés pour cet accord. Johanna Rolland et Julie Laernoes ne nient en aucun cas les divergences entre leurs programmes respectifs, mais cette alliance s’inscrit dans une volonté de se concentrer sur leurs valeurs partagées. Les deux candidates comptent bel-et-bien faire front face à Laurence Garnier (LR) et son programme libéral en rassemblant leurs votes et leurs convictions dans un projet commun. La candidate écologiste Julie Laernoes avait rebondi en juin dernier sur la précédente alliance entre le PS et Les Verts en garantissant que celle-ci serait inédite. « Au vu de nos échanges de ces derniers jours, j’ai la conviction que la majorité de demain ne sera pas celle d’hier. C’est une nouvelle génération de l’union écologistes-socialistes : plus équilibrée entre nous et plus volontariste dans l’action contre le changement climatique », avait t-elle réagi dans un communiqué.

… Mais mouvementée

Ça, c’est ce qui est vendu sur le papier. Mais la réalité est bien plus contrastée. Pendant la campagne, Julie Laernoes avait vivement critiqué certains choix de la majorité municipale dont elle faisait pourtant partie. La candidate est en désaccord avec la socialiste sur cinq points (L’arbre aux Hérons, la vidéo-protection, l’hypothèse d’un nouveau franchissement de la Loire, la création de places de stationnement pour la gare et le nouveau CHU). Concernant ce dernier, l’objectif est de fonder un nouvel hôpital sur l’île de Nantes qui prévoit le regroupement de l’Hôtel-Dieu et de l’hôpital Nord-Laënnec. Mais ce projet fait débat. Julie Laernoes (EELV) n’a pas manqué de critiquer et de souligner les trop faibles capacités du futur CHU avec ses 350 lits en moins : « Nous ne pouvons l’accepter » a-t-elle déclaré. La candidate LR Laurence Garnier arrivée seconde au premier tour partage également cet avis.

Johanna Rolland est quant à elle moins radicale sur la question et privilégie un dialogue avec le personnel de santé avant de prendre une décision. « Sur la question du manque de lits, la première chose à faire serait d’échanger sur ce point avec les médecins, les infirmiers, etc ». Sur tous ces dossiers, les colistiers de Julie Laernoes pourront voter à l’encontre des choix de la majorité, mais se sont engagés à voter le budget général de la ville. C’était le deal pour que cette alliance puisse voir le jour. Julie Laernoes se serait sinon retrouvée à choisir entre maintenir une liste autonome ou fusionner avec Margot Medkour, la tête de liste de Nantes en commun qui ne s’est finalement pas qualifiée pour le second tour. Une alliance donc fragile, mais qui survit grâce à des intérêts communs.

Des compromis pour mieux s’entendre

Pour régler les points de divergence, une liberté de vote a été donnée à EELV, qui disposera de 10 postes d’adjoints sur 26 en cas de victoire. En cas de victoire de la liste, Julie Laernoes se verrait confier la vice-présidence à l’énergie, au climat, et à la transition alimentaire. Johanna Rolland a accepté d’intégrer à la liste plusieurs propsitions des Verts comme la création d’une coopérative alimentaire, un moratoire sur la 5G en attendant un débat, l’organisation d’un dimanche sans voiture par mois, ou la création de centres pluridisciplinaires de santé dans les quartiers visant à désengorger les urgences. Des victoires pour Julie Laernoes mais qui devra aussi composer avec le recrutement de 70 policiers municipaux ou encore avec la gratuité des transports le week-end, des propositions fortes de Johanna Rolland qui ne satisfont pas forcément l’écologiste.

Mais c’est bel et bien la maire socialiste Johanna Rolland qui a dû mettre de l’eau dans son vin pour permettre à cette alliance de voir le jour et éviter que Les Verts se tournent vers la liste « Nantes en commun » de Margot Medkour. La membre du PS a dû renoncer à certains de ses projets. Par exemple, elle compte mettre en suspens le projet d’extension de la Cité des congrès ou encore la réalisation des parkings souterrains à la Petite-Hollande, cette place autrefois colonisée par les voitures et qui accueillera en cas de victoire de grandes pelouses et des gradins donnant sur la Loire. L’agrandissement de la Cathédrale est également compromis.

« Je respecte la démocratie, c’est un choix assumé »

Johanna Rolland est également parvenue à collaborer avec ses détracteurs comme les colistiers Christophe Jouin et Florian Le Teuff, parfois très virulents envers la socialiste. Ils figurent bel et bien sur la liste d’union, et il est même promis au deuxième une place d’adjoint, parmi les dix postes sur 26 qui reviendront aux « écolos », en cas de victoire. « La liste a été constituée en fonction du vote des Nantais et du résultat du premier tour, indique Johanna Rolland. Je respecte la démocratie. C’est un choix assumé. » Elle confie également à Julie Laernoes la responsabilité de veiller sur l’évolution de certains projets de la ville comme la création de Yellopark, le nouveau stade de la ville qui délogerait le Football Club de Nantes de son mythique stade de la Beaujoire.  « La crise sociale et écologique ne peut pas attendre. Être ici est un moyen de les concrétiser, et même avec des désaccords. Les défis sont énormes. Il faut s’engager collectivement pour faire bouger les choses. » a déclaré la jeune écologiste.

Malgré certaines frictions entre les deux parties, sur différents points, la gauche est favorite pour ce second tour à Nantes et cette alliance pourrait s’avérer comme un pari gagnant de la part de Johanna Rolland pour contrer la républicaine Laurence Garnier. Réponse dimanche prochain en Loire-Atlantique.

Crédit photo : Wikimedia Commons

(Municicaqs #14) – Montpellier, la cité des clowns

Après Bordeaux, Lille, Perpignan et bien d’autres, CAQS part dans une des villes les plus ensoleillées de France : Montpellier. Le bon vivre de la 7ème ville de France ne s’est pas illustré à travers les élections. Entre alliances surprenantes et arrogances collectives, la ville saura-t-elle retrouver la voie du bon sens ?

Geroges Frêche aurait-il approuvé la situation politique dans laquelle se trouve Montpellier ? Probablement pas. Avant le premier tour, la campagne électorale était dénuée de sens. 14 candidats, un milliardaire, un youtubeur, un maire hospitalisé, des écologistes qui se font la guerre. De quoi détonner dans la capitale de la médecine. Et les résultats électoraux du premier tour en sont pour preuves. Avec une abstention de plus de 65% (un record, notamment à cause du Covid-19), le maire sortant arrive en tête avec… 19,11% des voix. Deux autres candidats sont qualifiés pour le second tour : la tête de liste du PS Michaël Delafosse (16,66%), et le milliardaire Mohed Altrad avec 13,30% des voix.

Au début de la campagne, le maire sortant Philippe Saurel s’est peu impliqué dans la course à son second mandat. Mais avec la crise sanitaire, le maire s’est régulièrement exprimé. Il a appelé le président à reporter le 1er tour des élections quelques jours avant le 15 mars. Sa légitimité en tant que professionnel de santé l’a poussé à s’exprimer régulièrement sur la crise pendant le confinement. En avril, il appelle à ne pas rouvrir les écoles pour seulement quelques semaines de classe avant les vacances d’été. Ces interventions régulières sur des médias nationaux agacent au Parti socialiste. Le candidat PS Michael Delafosse a reproché au maire de se servir de la crise pour redorer son image.

Alliances et arrangements politiques

Dès la fin du confinement le 11 mai, les discussions entre candidats éliminés et candidats qualifiés pour le second tour ont repris. Très vite, Michael Delafosse a su rallier à lui la candidate EELV Coralie Mantion. Rien de surprenant, les écologistes s’alliant régulièrement au PS. Mais c’est du côté de Mohed Altrad que l’incompréhension se fait sentir. Candidat libéral, chef d’entreprise, autrefois en recherche de l’étiquette LR puis LREM, le milliardaire a trouvé un accord avec Rémi Gaillard (Youtubeur, 4ème au premier tour avec plus de 9% des voix), Clothilde Ollier (infirmière syndiquée CGT et ancienne candidate EELV) et Alenka Doulain, autrefois soutenue par LFI. 

Suite à cette alliance aux allures d’arrangements politiciens, Mohed Altrad a promis plusieurs sièges au conseil municipal à ces nouveaux alliés, mais surtout la place de président de la métropole de Montpellier à Alenka Doulain elle-même. 

Les montpelliérains sceptiques se questionnent : « Comment gérer une ville avec LFI, les écolos et un milliardaire à la tête de la ville ? »

Face à ces arrangements, il reste le maire sortant. Des discussions, oui. Mais aucune alliance. Le maire fait cavalier seul et garde la même liste qu’au premier tour. Son objectif : réussir une nouvelle fois l’exploit de 2014.

Cette année-là, le candidat PS Jean-Pierre Moure est ultra favori pour devenir le maire de Montpellier. Mais c’est le dissident Philippe Saurel, contre toute attente, qui ira braquer la maison PS se voyant déjà installée dans le fauteuil de la mairie de Montpellier.

Sécurité, nouvelle inquiétude des montpelliérains

Montpellier est le théâtre de nombreuses tueries et règlements de compte ces derniers mois. Ces faits divers poussent les candidats à faire des propositions sur les questions sécuritaires.

Philippe Saurel veut augmenter les effectifs de la police municipale (100 policiers supplémentaires) et mettre en place une brigade des transports. Pour les grands événements, il est favorable à un système de vidéo surveillance. Pour les quartiers dits « sensibles » comme la Mosson, le maire sortant souhaite la création d’un poste de police nationale dans ce quartier. 

Michael Delafosse propose de créer une police des transports de 30 agents. Le candidat PS veut aussi un nouveau poste de police municipale et nationale dans le secteur Paillade-Celleneuve-Alco. 

Pour Mohed Altrad, les policiers municipaux doivent être 125 de plus d’ici la fin du mandat. Il veut élargir les horaires d’ouverture des postes de police et mutualistes avec la police nationale. Il veut également plus de police de proximité et mettre des gardiens dans les résidences.

Redonner du pouvoir d’achat aux montpelliérains

Michael Delafosse veut 0% d’augmentation des taux d’impôts des familles et tarifer l’eau avec 3 mètres cubes d’eau gratuits par personne et par an pour les familles les plus en difficultés. 

Le candidat Altrad veut donner 1000€ aux familles les plus touchées par la crise. Il souhaite soutenir les associations qui remplissent des missions d’intérêt général en doublant les subventions.

Philippe Saurel veut mettre en place un chèque-ressource pour l’eau et l’énergie et réduire le prix de la restauration scolaire à 1€ pour les faibles revenus. 

La lutte pour la propreté dans la ville : un combat immortel 

Depuis toujours, Montpellier est souvent qualifiée de sale. Les habitants sont parfois peu civilisés pour respecter la propreté dans l’espace public.

Pour Philippe Saurel, il faut augmenter la fréquence des ramassages des poubelles jaunes et favoriser l’économie circulaire pour des chantiers propres.

Michael Delafosse parle lui d’une tarification incitative pour réduire les déchets. Il souhaite augmenter les fréquences de la collecte du tri sélectif dans le centre historique et redéployer des agents sur les missions de nettoiement. 

Qui sera le prochain maire de Montpellier ? Réponse le 28 juin à l’issue d’un scrutin serré.

Crédit photo : Fred Romero

(Municicaqs #13) – Toulouse, match serré dans la capitale du rugby

À Toulouse, la course à l’écharpe tricolore annonce un face à face serré. À droite, le maire sortant Jean-Luc Moudenc investi par LREM et LR refusant de céder les clés du Capitole. À gauche, talonnant le bourgmestre, l’écologiste Antoine Maurice peut créer la surprise.

Après Saint-Denis, Dijon, Nîmes, Le Havre, Saint-Étienne, Rennes, Lille, Bordeaux, Strasbourg, Perpignan et Villeurbanne, CAQS pose ses valises dans la ville rose. À Toulouse, le maire sortant Jean-Luc Moudenc (investi LR/LREM) se place en tête du premier tour avec la liste « Aimer Toulouse » avec 36,18% des suffrages exprimées. « Archipel Citoyen » arrive en seconde position avec 27,57%, sa tête de liste Antoine Maurice est d’ailleurs donnée gagnante par un récent sondage (BVA pour La Tribune et Europe 1). La candidate Nadia Pellefigue (PS, PRG, PCF) qui avait réalisé un score de 18,53 % au premier tour, s’est retirée de la course évoquant l’absence de « convergences suffisantes pour réaliser le rassemblement. ». Fermant la marche du premier tour, l’ancien maire et tête de liste de « Pour la Cohésion » Pierre Cohen (DVG) a été crédité à 5,66% des voix, seuil de voix nécessaire pour une alliance avec une autre liste pour le deuxième tour, chose faite avec la liste de l’écologiste Antoine Maurice.

1592735487689_Infographie Municipales TOULOUSE

« Archipel Citoyen » en passe de créer la rupture ?

Les incertitudes planent tandis que l’écart se resserre pour les deux candidats. 51% des intentions de vote contre 49% donnent Antoine Maurice gagnant pour ce second tour dans un sondage BVA. Commandé par Archipel à l’IFOP, un précédent sondage annonçait déjà 52% des intentions de vote contre 48% appliqués à Jean-Luc Moudenc. L’optimisme qui se présente alors s’ajoute à la volonté de rompre avec la continuité défendue par Jean-Luc Moudenc.

La concrétisation « d’une alternative sociale, et démocratique » s’est poursuivie pendant la campagne et au-delà de la crise sanitaire. L’ancien élu municipale se démarque de ses adversaires dès le dépôt des listes en proposant un projet « politico-démocratique ». Citoyens et citoyennes de Toulouse venus de tout parti confondu (EELV, France Insoumise, Place Publique, Parti Occitan, Parti Pirate, Toulouse Idées neuves, Nouvelle Donne, Ensemble) s’accordent selon le principe d’une démocratie participative sous la dénomination « Archipel Citoyen ». Le premier tour a eu raison des différents détracteurs de l’écologiste ne voyant à ce projet qu’un échec cuisant. « L’imbattable » Jean-Luc Moudenc se place à seulement 7609 voix de son adversaire. C’est sans compter sur les 63,34 % des administrés qui ne se sont pas exprimés lors du premier tour. « Archipel Citoyen » compte désormais sur le « réservoir de voix écologistes » absent au premier tour ainsi que sur les différents partisans du rassemblement de la gauche unissant Pierre Cohen et Antoine Maurice.

Des « politiques à la hauteur de la transition écologique et social »

La campagne se retrouve dans le rassemblement des idées qui touchent l’écologie et le social. Face à la crise écologique et au risque climatique, le sondage BVA indique Antoine Maurice comme étant le plus à même de pouvoir y faire face (40% contre 34% pour Jean-Luc Moudenc). Face à la crise économique, le challenge pour le candidat de l’union de la gauche est d’appliquer la révision de l’équilibre budgétaire tout en conciliant les enjeux économiques que la crise sanitaire a fait naitre. Dans le reste du programme l’encadrement des loyers, la mise en place d’une « caution solidaire universelle », l’accroissement des places d’accueil pour les personnes âgées dépendantes, la suppression du controversé « arrêté anti-bivouac » mis en place par Jean-Luc Moudenc etc… Les aides sociales comme point d’attache de cette campagne sont présentées comme réponse à « l’urgence » et aux inégalités déjà très présentes et accentuées par la crise de la Covid-19.


Éviter le scénario catastrophe pour « Aimer Toulouse »

« Voici le Capitole, j’y arrête mes pas », Jean-Luc Moudenc compte bien suivre les paroles du célèbre chanteur toulousain Claude Nougaro à la lettre, et y rester six ans de plus. Hors de question de « perdre les bases du succès toulousain » pour l’ancien député. Les ambitions de l’actuel maire se résume dans un rassemblement citoyen contre « la monté des populistes » ainsi que dans la redynamisation d’une ville « qui bouge ». La ligne directrice de son projet pour ce scrutin s’inscrit dans la continuité́ du précédent. Investi au début de la campagne par La République en marche et son parti Les Républicains, le maire de Toulouse entendait élargir son électorat potentiel. L’idée étant de se préserver d’un clivage gauche-droite.


Force de passion pour la politique, Jean-Luc Moudenc confie vouloir se mettre au service des toulousains une fois de plus, se positionnant en « candidat de l’expérience », il ambitionne à nouveau de remporter ce mandat municipal. Cependant, le maire de la quatrième ville de France ne tarit pas de ses adversaires et ce, depuis le premier tour, jugeant des programmes « vide de sens ».

« Je vois fleurir des propositions dont le niveau m’afflige. Elles font preuve d’un grand amateurisme »

Jean-Luc Moudenc

Cette méfiance envers « l’extrême gauche en force » grandit dans les rangs du camp Moudenc. La croissance des inquiétudes « appelle à la mobilisation », un enjeu décisif pour l’emporter de justesse. Face à la crainte d’un relatif échec et d’un abstentionnisme aussi élevé qu’au premier tour (63,34%, NDRL) « tous les soutiens sont les bienvenues ».

« Ma conviction, c’est que nous sommes une majorité de Toulousains à refuser de donner les clés du Capitole à un assemblage anarchique incluant des professionnels du désordre et de la désobéissance aux lois de la République. » – Jean-Luc Moudenc

156 personnalités de la ville rose ont récemment répondu à cet appel. « L’appel des 150 », un document paru vendredi 19 juin et signé par des commerçants, des sportifs, des restaurateurs… Les monuments du rugby français : Guy Novès, Vincent Clerc, Maxime Médard ; l’ancien boxeur Sofiane Oumiha, le footballeur Alain Giresse… ont répondu présent aux côtés de Jean-Luc Moudenc décrit comme « le candidat le plus en mesure de protéger la ville face à la crise économique et au chômage ». Le sondage BVA indique Jean-Luc Moudenc comme étant le plus à même de faire face aux défis de la crise économique (45% contre 28%) pour Antoine Maurice et de protéger la ville face à la crise sanitaire (44% contre 27%).

Auprès des citoyens de la ville rose, il apporte ses réponses à la précarité, aux questions environnementales et sans oublier la jeunesse toulousaine en s’investissant sur de nouveaux projets et en voulant terminer ceux déjà entamés. Parmi elles, retrouvons la politique sur la sécurité déjà amorcée, le projet pharaonique de la troisième ligne de métro, la défense des commerçants indépendants et des artisans qui passe par l’interdiction des manifestations du samedi. Des points phares de cette campagne pour la liste « Aimer Toulouse » qui s’inscrivent dans les priorités envers les toulousains, soit « protéger leurs emplois, protéger l’ordre public, protéger leur santé »

À côté de propositions « extrêmement différentes » que combat le bourgmestre, des convergences existent, à l’image des problématiques environnementales discutées par des politiques bien différentes entre candidats. À seulement quelques jours du second tour, la campagne se durcit pour le maire sans étiquette, investi par la république en marche qui se retrouve en seconde position dans les sondages.

Image mise en avant : Aeimen Benallouche, le Capitole, Toulouse, Novembre 2019