Le « monde d’après » chez les soignants

Burn-out, manque de personnel, manque de reconnaissance, faible salaire… Depuis des années, les soignants manifestent leur mécontentement pour faire améliorer leurs conditions de travail. Face au monde d’après (Post-Covid), les soignants seront-ils enfin entendus ?

Mardi 16 juin, les soignants ont manifesté pour la première fois depuis le déconfinement, toujours pour les mêmes raisons : leurs conditions de travail. Elles se sont vues détériorées au fur et à mesure du temps entraînant un mal-être généralisé pour les professionnels de santé. Des internes qui travaillent souvent entre 60 à 80 heures par semaine, des infirmiers et aides soignants en sous-effectifs qui courent dans les couloirs, qui n’ont parfois pas le temps d’aller aux toilettes ou de prendre leur pause repas, des ASH (Agent des services hospitaliers) avec toujours plus de responsabilités, mais sans aucune augmentation de salaire… L’hôpital public s’écroule, se transformant dangereusement en usine à soin et le monde de la santé s’essouffle.

Le Covid-19 a stoppé temporairement les manifestations des professionnels de la santé et du paramédical pour se concentrer sur l’urgence sanitaire. Au premier front, fidèles à leur poste, ils ont assuré les soins pendant le confinement. Le gouvernement a lancé le Ségur de la santé récemment, qu’en est-il de l’opinion des soignants sur leur propre avenir et le futur de la santé en France ? CAQS a pu interviewer différents soignants : Aude, aide-soignante, dans une clinique privée. Raphaëlle Jean Louis, infirmière, autrice de « diplôme délivré(e)» et réalisatrice. Claire, futur externe bientôt en 4ème année de médecine. Véronique, infirmière depuis 30 ans et Claire, infirmière depuis une dizaine d’années exerçant dans les DOM TOM. Nous leur avons demandé leurs avis sur le « monde d’après » Covid-19, pour les soignants, l’hôpital public et la santé. Entre espoirs et désillusions, voici leurs témoignages.

Des postes ont déjà été supprimés

Aude, aide-soignante, a d’abord été dans l’espoir avant d’être désabusée par la situation: « au début j’ai cru que le Covid-19 allait changer quelque chose, que ça allait changer la mentalité des gens, la mentalité du gouvernement, que ça allait bouger les choses.» En ajoutant que deux mois c’était trop court pour avoir un impact massif sur des changements au niveau gouvernemental, seul l’argent gouverne le monde. Cette aide-soignante a pu déjà s’apercevoir d’un retour en arrière depuis le déconfinement, des postes ont déjà été supprimés dans sa clinique privée : « l’équipe de jour s’est retrouvée avec des suppressions de poste. Les infirmières de jour se retrouvent maintenant à travailler une par étage ». Se retrouvant seules face à plus d’une dizaine voire une vingtaine de toilettes à enchaîner le matin.

Même constat pour Claire, infirmière dans les DOM TOM, pensant qu’il faut toujours continuer de se battre, mais ressent une certaine lassitude. En 12 ans de carrière, elle a vu les conditions de travail se détériorer : « déjà les hôpitaux sont manager, ce qui fait que le système de santé doit être absolument rentable, ce qui va à l’encontre d’une grande éthique, donc c’est très problématique ». Tout en précisant que cela va être compliqué pour les soignants d’obtenir quoi que ce soit. Selon elle, malgré la concertation qui a lieu dans la sphère médicale et paramédicale depuis presque un mois, la négociation reste complexe. Pour Aude, l’hôpital public pourrait peut-être évoluer, tout en restant sur le conditionnel, mais jamais le privé changera. La raison ? « L’argent».

« Bosse et tais-toi »

Le Segur de la santé a commencé le 25 mai, c’est une grande concertation, réunissant le monde de la santé et du médico-social afin de refonder le système de santé actuel. C’est à la mi-juillet que ce dernier prendra fin, des débats sur la revalorisation des rémunérations et des carrières sont en cours. De nombreux soignants sont sceptiques, méfiants de ce Segur de la santé. C’est le cas de Véronique, infirmière depuis plus de 30 ans : « je suis peu optimiste sur le fameux Ségur de la santé, car il n’y a pas vraiment de représentants de notre profession à ce dernier. Donc rien ne va sortir pour nous les infirmiers. Je suis en colère même sur ce manque de représentation. Mais je dis comme habitude, on pense à nous seulement quand on ne peut pas faire autrement, sinon c’est bosse et tais toi ».

Quand d’autres y voient une lueur d’espoir telle que Claire, bientôt en 4ème année de médecine : « Je pense et j’espère que suite à cette épidémie les conditions de travail seront meilleures. On a pu voir la détresse des soignants et du monde hospitalier actuel». Elle a espoir que le Segur aboutit à des changements positifs pour les professionnels de la santé et paramédical, bien qu’elle ne sera pas étonnée si rien ne se fait. Raphaëlle, infirmière engagée pour revaloriser les métiers des soignants et lutte pour améliorer les conditions de travail, ne se prononce pas sur le Segur de la santé, pour elle tout dépendra des décisions prises par le gouvernement, mais reste malgré tout optimiste et espère un changement de la part de l’État.

« On peut changer les choses »

Cependant, cette dernière demeure sceptique face à toutes les intentions liées aux soignants. Au départ, elle était touchée par les applaudissements à 20h, puis vain une incompréhension : « On n’est pas les seuls à avoir fait face à cette crise sanitaire, est-ce qu’on essaye de nous divertir, je me suis demandée si on essayait de nous duper à travers les applaudissements. Puis il est venu la fameuse prime de 1500 euros et cette médaille et là je me suis dit, applaudissements, médaille et maintenant les 1500 euros, c’est quoi au juste, désolée d’être familière, c’est une carotte, mais on n’est absolument pas dupe, ce n’est pas ça que l’on veut, donc on est encore aujourd’hui dans les rues et on continuera tant que ça n’avancera pas ». L’infirmière-réalisatrice insiste bien que les manifestations des soignants actuelles n’ont aucun rapport avec le Covid-19, car ces métiers là sont bouleversés depuis de nombreuses années avec des conditions de travail toujours plus difficiles, qui cause du tort autant pour les personnels soignants que pour les patients.

Depuis longtemps, les soignants n’ont cessé de manifester sans réel changement, leurs revendications restaient sous silence. Le Ségur de la santé sera-t-il à la hauteur de leur espérance ? En matière d’augmentation du personnel, de matériel, de revalorisation des carrières ou encore de revalorisation des salaires, à titre d’exemple, le salaire des infirmiers en France est en dessous de la moyenne européenne ainsi que les pays membres de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Mais pour Raphaëlle, il faut continuer à se battre et y croire : «par moments on se dit que ça va jamais changer, mais enfaîte non, il faut garder espoir et être positive, parce que je repense à d’autres combats qui ont eu lieu dans l’Histoire et je me dis qu’on a le pouvoir, donc on peut faire changer les choses ».

crédit de une : Raphaëlle Jean Louis

Sécurité sociale : un budget en hausse, le handicap prioritaire ?

Alors que la trésorerie de la Sécurité Sociale fait face à de fortes tensions liées à la pandémie du coronavirus, le ministre de la Santé a affirmé que la sécurité sociale serait dotée d’un milliard d’euros supplémentaire pour soutenir la création d’une cinquième branche dès cet automne.

Lors de son allocution durant l’examen d’un projet de loi d’alourdissement du déficit de la sécurité sociale et de la création d’une cinquième branche, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé hier soir devant l’Assemblée nationale vouloir débloquer « au moins un milliard », d’euros supplémentaire pour financer la perte d’autonomie des personnes âgées et des handicapés.

« Dans le cadre du prochain budget de la Sécurité sociale, présenté à l’automne pour l’année 2021, il y aura au moins un milliard d’euros de financement qui sera identifié pour aller abonder la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie et donc payer des dépenses dans le champ de la perte d’autonomie », a précisé le ministre. 

Pour les associations venant en aide aux personnes en situation de handicap, cette annonce est une bonne nouvelle. Mais certaines interrogations persistent. « Dès 2003, nous demandions cette prise en charge. Mais à quelle hauteur ? À quelles conditions ? Y aura t-il des barrières d’âge ou pas ? (…) Ce sont des questions qui doivent être posées, tranchées et débattues en concertation avec les acteurs du secteur », ajoute le Collectif Handicaps. Pour les associations, prendre en charge la perte d’autonomie et de mobilité est essentielle. La France compte aujourd’hui 2,5 millions de personnes âgées en perte d’autonomie, et elles seraient le double en 2050. L’enjeu est également financier. « Cette somme parait insuffisante au regard du rapport Libault, qui prévoit un besoin de financement public en 2024 à hauteur de 6 milliards d’euros et de 9 milliards d’euros pour 2030 », ajoute le Collectif Handicaps. 

Avec la crise du Covid-19, le déficit de la sécurité sociale a atteint 52 milliards d’euros. Les députés ont également approuvé lundi soir l’ajout de 136 milliards d’euros de dettes au « trou de la Sécu », que les Français rembourseront jusqu’en 2033, soit neuf années de plus que prévu. Le retour à l’équilibre prévu l’année dernière pour 2020, n’est donc pas pour tout de suite.

Une nouvelle branche « autonomie » pour la sécurité sociale

Cette annonce s’inscrit dans le principe de la création d’une cinquième branche votée dans la nuit de lundi à mardi par l’Assemblée nationale. Si celle-ci est instaurée, cette nouvelle branche couvrira les risques de la vie liés à la perte de l’autonomie et au handicap. Elle viendra en complément aux quatre existantes : maladie, vieillesse, famille, accidents du travail. Petit couac dénoncé par l’opposition, les 2,3 milliards d’euros de CSG depuis la Caisse d’amortissement de la dette sociale (cades) ne devrait pas être transférée vers la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) qui gère les fonds dédiés à la dépendance et au handicap avant 2024. En réponse à ses critiques, Olivier Véran a répondu que « Personne n’a jamais dit » que les 2,3 milliards prévus à partir de 2024 «étaient pour solde de tout compte ». Le projet de loi doit maintenant être examiné par le Sénat. 

Les modalités et le financement de cette réforme seront remis au Premier ministre à la mi-septembre.

Crédit photo à la une : ©stevepb

La vérité sur l’application StopCovid

Téléchargée officiellement plus de 600 000 fois en 24h, l’application StopCovid est LA star du moment. Mais elle est aussi victime de fake news et de craintes. Voici la vérité sur STOPCOVID, l’application du gouvernement pour éviter une seconde vague épidémique.

L’application est-elle efficace ?

Non. Du moins pour le moment, et d’après l’utilisation des 900 000 personnes l’ayant téléchargée. En effet, la probabilité pour que deux personnes ayant téléchargé StopCovid se soient croisées et qu’une d’entre elle ait le coronavirus reste faible. D’après une étude de l’OXFAM et son application par des chercheurs au scénario français, il faudrait que 60% de la population télécharge StopCovid pour que l’application ait une réelle utilité. Mais pour le ministre Cédric O., ce chiffre doit être revu à la baisse. Il faudrait en effet, selon lui, que 40% de la population française se munisse de l’application pour éviter une seconde vague. Par ailleurs, de nombreux doutes planent encore sur l’efficacité en cas de fermeture de l’application. Elle travaille en arrière-plan, mais le fait-elle lorsqu’elle est fermée ?

Comment fonctionne l’application ?

Par Bluetooth, tout simplement. En effet, lorsque vous créez un profil, un numéro vous est attribué. Vous ne donnez ni votre nom, ni prénom etc… Le service est anonyme. Et contrairement à ce que beaucoup affirment, aucune localisation n’est faite. L’application utilise le bluetooth, ce qui lui permet de voir les autres appareils connectés autour de vous. Elle enregistre par la suite durant 14 jours ces données extérieures. Durant cette période, une personne peut déclarer sur l’application, après avoir été testée, être porteuse du virus. Par conséquent toutes celles et ceux ayant été en contact bluetooth durant plus de 15 minutes avec elle seront informés.

La notion de contact bluetooth renforcé est ici très importante et critiquable sur son efficacité. Si 80% des français ont un smartphone, tous n’ont pas un bluetooth de dernière (5e) génération et donc une capacité de détection et à être détecté qui est moindre. La seconde critique est la prise en compte d’un contact dès lors que la présence a duré 15 minutes. Cela alors qu’un postillon mal placé suffit à contaminer.

Est-ce dangereux pour mes données personnelles ?

Pour le moment, tout comme pour pour son efficacité, non. La vague d’indignation quant au syphonnage de vos contacts, fake news très populaire sur Facebook, n’a aucune base réelle. Et pourtant, l’information est virale allant jusqu’à la tribune de l’Assemblée Nationale où Jean Luc Mélenchon a demandé aux députés qui l’installeraient de le supprimer de leur liste de contact. Mais le fonctionnement ne se faisant qu’uniquement par Bluetooth, l’application n’aura accès a rien d’autre. Elle est bien moins dangereuse que la majeure partie des autres applications populaires sur nos smartphones, prenant possession de nos contacts, localisation et autres données personnelles.

Cependant, la crainte des plus sceptiques reste une mise à jour sauvage du gouvernement. Le code source actuelle est disponible, il faut espérer qu’il le sera aussi lors de la prochaine mise à jour. La crainte du hack est aussi possible, mais les utilisateurs ne révélant rien de leur vie privée, le hackeur ne volera pas vos données personnelles.

Alors faut-il la télécharger ?

Oui. Peu importe que votre téléphone soit ancien ou moderne, que vous habitiez la ville ou la campagne, l’application est gratuite et peut nous protéger. Les personnes habitants dans de grandes agglomérations et prenant les transports en commun ont deux fois plus de raisons de télécharger StopCovid. De plus, il serait idiot de critiquer son inefficacité tout en y contribuant puisqu’on ne la télécharge pas. 

Mais si vous êtes sceptique face à l’immiscion de l’État dans votre téléphone, alors n’hésitez pas à suivre l’actualité technologique de cette application. N’oubliez pas que vous pouvez la supprimer à tout moment et que vos données ne resteront que 14 jours sur les serveurs. Utiliser l’application, c’est un petit geste supplémentaire dans la lutte contre la pandémie.

Weekend de l’ascension : une possible relance de l’épidémie ?

Le weekend de l’ascension s’annonce très ensoleillé ! Après deux mois de confinement, les températures sont à la hausse et les gens ressortent enfin. Ces avant-goûts d’été ne doivent pas nous faire oublier le désastre de la crise sanitaire actuelle : non ce n’est pas fini !

« Il fait beau dehors, on sait que c’est très compliqué et la tentation est forte après des semaines de confinement », affirme Olivier Véran.

Si la plage à côté de chez vous est ouverte, restez prudent ! Le port du masque est obligatoire et les bains de soleil, à l’exception de quelques plages corses, sont interdits ! Vous pourrez néanmoins vous baigner, de préférence individuellement. Pas de rassemblements de plus de 10 personnes sur la plage bien entendu. La règle d’or est de rester en mouvement, ne pas s’assoir ou s’allonger sur la plage donc. Pour les urbains loin de la côte, si les parcs et jardins sont ouverts, profitez-en mais avec prudence !

Un weekend « test »

Sur la côte, on craint une arrivée massive de touristes, principalement des urbains venus chercher un peu de nature et de fraîcheur. Yannick Moreau, interviewé par BFM TV et maire des Sables-d’Olonne parle d’un weekend « test ». Il insiste fortement sur le respect des précautions sanitaires. « Il faut que nous comprenions que la phase est critique. Le confinement est levé, et maintenant si on reprend nos habitudes d’avant, l’épidémie va revenir. Il faut changer nos habitudes ».

Peut-on faire confiance aux Français pour respecter les mesures ?

Mercredi soir, les Parisiens ont envahi les Invalides et la police a dû intervenir pour disperser la foule. Pourtant, le gouvernement mise sur la responsabilité des Français. L’infectiologue Benjamin Davido, de l’hôpital Raymond Poincaré de Garches, soutient le même discours lors d’une interview pour BFM TV. Il invite les Français à reprendre leurs activités professionnelles et les loisirs, et compte sur leur sérieux pour appliquer les gestes barrières. « Il faut reprendre une vie avec des précautions et ne pas vivre dans une solitude, ni se marginaliser. Il faut faire attention aux autres, la transmission est verticale, j’ai conseillé à des amis proches de revoir leurs petits-enfants. Il faut que chacun se réapproprie l’espace de vie. La vérité, c’est qu’il faut apprendre à vivre avec, et la fin de cette épidémie sera le vaccin », assure-t-il. 

Le ministre de la Santé affirme néanmoins qu’il n’y a pas pour le moment, de signes d’une « re-croissance » du virus et qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions.

Il est donc obligatoire de respecter les gestes sanitaires pour éviter une nouvelle vague épidémique. Si trop d’incivilités sont relevées, les autorités municipales seront contraintes de fermer les lieux public récemment réouverts. C’est déjà le cas dans cinq communes du Morbihan et une du Finistère. Nous vous invitons donc à profiter du soleil en restant prudent !

Le Brésil frappé par le covid-19 : « et alors ? »

Avec un total de 18 900 décès et plus de 293 000 cas confirmés, le Brésil est en passe de devenir le nouveau foyer du covid-19. Mais la situation du pays ne semble pas inquiéter davantage son président, Jair Bolsonaro, qui continue de minimiser la gravité du virus.

Le Brésil a franchi un nouveau pas dans le rouge. L’État le plus grand d’Amérique du Sud est devenu le troisième territoire où le nombre de contaminations est le plus important, derrière les États-Unis et la Russie. Le pays de 209 millions d’habitants compte désormais plus de 293 000 cas confirmés et 18 900 décès. Mardi, le ministère de la Santé a annoncé que plus de 1 000 personnes étaient décédées du covid-19 au cours des dernières 24 heures. Une première.

Selon plusieurs experts, ces chiffres sont encore loin de refléter la réalité. Le Brésil manque de tests et le pic de contaminations ne serait pas encore passé.

« Une petite grippe »

Pour le président brésilien, le virus n’est rien d’autre qu’« une petite grippe », dont les médias exagéreraient la gravité. Des réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter ont même dû supprimer certaines de leurs publications contenant des fausses informations sur le covid-19 car elles violaient les règles de contenu « nocif ».

Aucune mesure sanitaire n’est prise à l’échelle nationale. Jair Bolsonaro, lui-même, ne tient pas compte des recommandations sanitaires telles que la distanciation sociale. Des confinements plus ou moins stricts sont de rigueur dans certains États, sur décision de leur gouverneur. De quoi agacer le leader d’extrême droite, en conflit ouvert avec la majorité des 27 gouverneurs, qui appelle à ne pas cesser le travail. « Le virus est arrivé et nous lui faisons face et il va bientôt passer. Notre vie doit continuer. Les emplois doivent être maintenus, les moyens de subsistance des familles doivent être préservés. Nous devons revenir à la vie normale » a-t-il déclaré.

Quelques semaines plus tôt, le président brésilien avait déjà fait la polémique lors d’un entretien avec une journaliste. Lorsqu’elle l’interrogeait sur le nombre de victimes du covid-19 plus important au Brésil qu’en Chine, il avait répondu : « Et alors ? Je regrette. Mais que voulez-vous que j’y fasse ? ».

Des opinions divergentes

Même si le président brésilien compte toujours de nombreux adeptes, les opinions commencent à diverger. Dans un sondage réalisé par l’institut Datafolha, 59 % de la population brésilienne pense que Jair Bolsonaro ne devrait pas démissionner, contre 37 % pour.

Sur Twitter, des hashtags contre le leader d’extrême droite naissent comme #BolsonaroTraidor (Bolsonaro traître) ou #BolsonaroGenocida (Bolsonaro génocide). Les personnes y dénoncent l’incompétence du président.

1179 morts, 1 mort toutes les 73 secondes. Et le président de la République ? Faisant quoi ? Porter un maillot en demandant le retour du football, pour faire mourir encore plus de gens.

La semaine dernière, Lula, ancien président brésilien de 2003 à 2011, avait déclaré à l’AFP : « je prie pour que le Brésil soit sauvé d’un génocide causé par Bolsonaro ».

Le ministère de la Santé chamboulé

En l’espace d’un mois, deux ministres de la Santé ont quitté leur poste, à la suite de désaccords avec le président brésilien. En place depuis l’accession au pouvoir de Jair Bolsonaro le 1er janvier 2019, Luiz Henrique Mandetta, a été poussé vers la porte de sortie par le leader d’extrême droite. La raison : l’ancien ministre avait prôné la distanciation sociale et le confinement.

Le 17 avril, il est remplacé par Nelson Teich. Mais ce dernier ne reste pas longtemps à ce poste et démissionne au bout de quatre semaines, sous les pressions de Jair Bolsonaro. Les deux hommes n’étaient pas d’accord sur l’usage de l’hydroxychloroquine face à la pandémie du coronavirus. La molécule, qui n’a pourtant pas été certifiée « efficace » par les scientifiques et qui peut s’avérer dangereuse, est le cheval de bataille du président brésilien.

Depuis vendredi, le poste est vacant alors que le virus du covid-19 continue de se propager massivement sur le territoire brésilien. Le général Eduardo Pazuello exerce actuellement cette fonction par intérim depuis le 15 mai. Dans un document publié ce mercredi, le ministère de la Santé recommande l’usage de la chloroquine pour les cas légers de covid-19. Une victoire pour les convictions de Jair Bolsonaro.

Coronavirus : 1er enfant mort, la maladie de Kawasaki inquiète le monde médical

Un premier enfant de 9 ans atteint d’une forme proche de la maladie de Kawasaki est mort la semaine dernière à Marseille. CAQS vous en dit plus sur cette maladie.

Quels sont les cas en France touchés par ce syndrome ?

L’alerte en France avait été donnée par l’hôpital Necker, qui avait rapporté les cas de 25 enfants hospitalisés en réanimation en région parisienne, ces dernières semaines. Tous ces enfants se plaignaient d’une inflammation dans leurs organismes. « Ce syndrome inflammatoire implique le cœur, les poumons ou l’appareil digestif. On remarque un nombre croissant d’enfants de tous âges hospitalisés dans un contexte d’inflammation multi-systémique associant fréquemment une défaillance circulatoire avec des éléments en faveur d’une myocardite » expliquait le docteur Damien Bonnet, coordonnateur du réseau M3C Necker à Paris au quotidien Midi Libre. C’est à la vue de ces syndromes, que le corps médical s’est interrogé sur un lien possible avec la maladie de Kawasaki. 

Qu’est-ce que la maladie de Kawasaki ?

La maladie de Kawasaki ou « syndrome lympho-cutanéo-muqueux » a été décrite par Tomisaku Kawasaki en 1967. C’est une vascularite, c’est-à-dire, une maladie caractérisée par une inflammation des vaisseaux sanguins qui, en l’absence de traitement, peut se compliquer d’anévrismes coronaires pouvant être mortels. Même si cette maladie a été rapportée dans le monde entier, elle est beaucoup plus fréquente dans les populations asiatiques, en particulier au Japon. Elle touche dans la grande majorité les nourrissons et les jeunes enfants avant la puberté.

Les symptômes évocateurs de la maladie de Kawasaki :

  • une fièvre prolongée inexpliquée, supérieure à 38 °C, qui persiste au moins 5 jours et ne répond pas aux antipyrétiques ni aux antibiotiques
  • une éruption cutanée 
  • une conjonctivite qui apparaît avec la fièvre
  • des atteintes oropharyngées (érythème des lèvres, une sécheresse, des fissures et parfois des saignements). La langue est framboisée
  • les adénopathies cervicales (ganglions gonflés) ;
  • des atteintes des pieds et des mains : desquamation de la peau, c’est-à-dire une perte de la couche superficielle de l’épiderme, touchant principalement la zone vers les organes génitaux, la plante des pieds ou la paume des mains

Mais, le Professeur Pierre-Louis Léger, chef du service de réanimation néonatale pédiatrique à l’hôpital Trousseau de Paris, rassure en affirmant que les enfants répondent bien aux traitements et qu’à ce jour, aucun patient n’a eu de conséquences graves.

Quels sont les risques de cette maladie ?

La gravité de cette maladie est définie par des risques cardiaques qui peut être engendrée en l’absence de traitements. « Les complications cardiaques surviennent chez 25 à 30 % des patients non traités. La complication la plus importante est représentée par des anévrismes coronaires, qui surviennent habituellement entre 10 et 30 jours après le début de la maladie » rapporte La Revue du Praticien.

Un lien avec le Covid-19 ?

C’est possible. Ce ne sont pas les premiers cas observés dans le monde. L’alerte est d’abord venue du Royaume-Uni où le National Health Service (NHS, Agence de Santé du pays) a rapporté les cas d’une douzaine d’enfants hospitalisés dans un état grave présentant de la fièvre et une inflammation des artères. Pour la plupart de ces enfants, ils ont été testés positifs au Covid-19. 

« C’est une nouvelle maladie qui, selon nous, peut être causée par le coronavirus. Nous ne sommes pas sûrs à 100% parce que certaines des personnes qui l’ont contracté n’ont pas été testées positives au coronavirus. Nous faisons donc actuellement beaucoup de recherches. Mais c’est quelque chose qui nous préoccupe » a déclaré le ministre anglais de la Santé, Matt Hancock sur la radio LBC.

Donald Trump veut relancer l’économie, simple stratégie ou réel optimisme ?

Les États-Unis viennent de franchir le cap des 70 000 décès liés au coronavirus et pourraient atteindre celui des 100 000 avant le début du mois de juin. Le taux de chômage est à un niveau historique, il a atteint 14,7%, soit le taux le plus élevé depuis juin 1940. 20,5 millions d’emplois ont été perdus au mois d’avril, une baisse record en si peu de temps. Pourtant, la communication de Donald Trump laisse croire que la situation est parfaitement gérée. A-t-on à faire à une stratégie de campagne ou à une réelle maitrise des évènements de la part du président américain ?

Une « pause » du plan d’aide

Adoptant un ton résolument optimiste, il a annoncé une année 2021 « incroyable » sur le plan économique, en promettant que les emplois perdus reviendront. Il a également déclaré vendredi qu’il n’était « pas pressé » de trouver un accord avec les démocrates concernant un nouveau plan d’aide aux Américains touchés par la crise du coronavirus. « Nous avons eu ce dont nous avions besoin » dans les précédents accords, a-t-il estimé. En mars, le Congrès avait approuvé un plan de relance historique de 2.200 milliards de dollars, promulgué par Donald Trump. Il comprenait notamment la distribution de chèques aux Américains, et 349 milliards pour un fonds dédié aux petites et moyennes entreprises. Un deuxième plan d’aide de près de 500 milliards de dollars avait suivi fin avril.

Mais ces aides n’ont pas eu l’effet escompté puisque le taux de chômage a atteint 14,7%, soit le taux le plus élevé depuis juin 1940, et 20,5 millions d’emplois ont été perdus au mois d’avril. Malgré ces nouvelles alarmantes, les responsables républicains et la Maison-Blanche ont plaidé pour une « pause » avant de reprendre de nouvelles mesures. Donald Trump a ainsi annulé les aides financières, estimant que celles-ci n’étaient pas la clé de la solution. On pourrait aussi se demander si le magnat de l’immobilier a-t-il pris les mesures nécessaires pour endiguer la propagation du virus et permettre un retour à la normale. Pour le démocrate Joe Biden, la réponse ne fait aucun doute.

« Un désastre économique »

« C’est un désastre économique pire que tous ceux que nous avons connus depuis des décennies et c’est d’autant plus grave qu’il ne devait pas en être ainsi. Donald Trump n’a absolument pas su se préparer à cette pandémie et a tardé à prendre les mesures nécessaires pour protéger notre pays contre le scénario économique proche du pire que nous vivons actuellement. Le Covid-19 a provoqué un défi économique de taille. Mais cette crise nous a frappé plus durement, et durera plus longtemps, car Donald Trump a passé les trois dernières années à saper les piliers fondamentaux de notre force économique » a-t-il déclaré.

Au lieu de proposer un chèque de 2.000 dollars chaque mois à une majorité d’Américains pour toute la durée de la crise comme le suggère les sénateurs américains, Donald Trump maintient sa politique de préparer l’après-confinement. L’urgence ne serait-elle pas de gérer le cas présent ? Assis à côté de l’imposante statue d’Abraham Lincoln dimanche dernier lors d’une interview, il a défendu avec force tous ses choix, refusant toute autocritique sur ses atermoiements initiaux. « Je pense que nous avons sauvé des millions de vies », a lancé l’hôte de la Maison-Blanche lors cet échange retransmis en direct sur Fox News. Était-il convaincu par ce qu’il disait ou était-ce sa façon de dire « je ne peux pas faire plus » ? Le chef d’État a continué à se montrer confiant en affirmant cette fois-ci qu’un vaccin contre le coronavirus sera trouvé d’ici la fin d’année.

En campagne pour sa réélection, comme depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump n’a cessé de louer ses qualités. En affirmant que l’économie va se relancer et qu’un vaccin sera bien trouvé, le président américain ne soigne-t-il pas avant tout son image au lieu de mettre tous les moyens en œuvre pour venir en aide à son pays ?

Confinement : 35% des consommateurs de cannabis ont augmenté leur consommation

Si 7 % des usagers quotidiens de cannabis ont cessé toute consommation depuis le début du confinement, 35 % d’entre eux l’ont, au contraire, augmenté !

Le confinement a mis à mal l’industrie du cannabis. Avec la fermeture des frontières ainsi que l’obligation de rester chez soi, le marché du cannabis a baissé pendant cette période, même si de nombreux usagers quotidiens ont augmenté leur consommation. Une étude en ligne nationale et anonyme, baptisée « CANNAVID » a sondé l’attitude des consommateurs réguliers durant la crise du coronavirus. Lancée le 16 avril, elle a pour but de comprendre comment les usagers se sont comportés pendant cette période. 

Les premiers résultats 

Cette étude a été menée par l’association marseillaise de réduction des risques, Bus 31/32, et accompagnée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Les premiers résultats publiés hier montrent que la majorité des usagers quotidiens ont soit maintenu (29 %), soit augmenté leur consommation quotidienne. À l’inverse, 28 % l’ont diminuée, sans la stopper. Selon les spécialistes, un million de Français prennent du cannabis tous les jours, ce qui fait de la France, l’un des premiers consommateurs d’Europe.
Selon Perrine Roux, chercheuse en santé publique au laboratoire SESSTIM, indique dans un premier temps sa stupéfaction au vu du nombre de personnes qui ont répondu à cette enquête en si peu de temps. « Si on a eu cet engouement, c’est parce que l’étude est portée par une association. En 24 heures, il y avait déjà plus de 1000 répondants et depuis le 16 avril, l’étude a récolté la participation de 4100 personnes. Les réponses ont permis de dresser le profil des répondants » explique-t-elle.

Qui sont les profils ayant répondu à cette enquête ? 

« Nous avons essentiellement des hommes. C’est un profil plutôt jeune avec un âge moyen de 30 ans et plutôt des fumeurs d’herbe, plutôt que de résine » indique la chercheuse.
L’objectif de l’enquête étant de savoir comment les usagers de cannabis avaient réagi durant le confinement. Les résultats montrent qu’il y a une grande quantité de personnes qui ont stocké à l’annonce du confinement. 

Une période propice à l’anxiété et l’ennui

« C’est peut-être quelque chose à laquelle on pouvait s’attendre parce que le confinement a certainement des effets anxiogènes. Et ce n’est pas dans cette période que le sevrage est le plus facile à mener » affirme Perrine Roux.
William Lowenstein, addictologue, président de l’association SOS Addictions affirme que « les addictologues avaient une crainte de voir les consommateurs de cannabis tomber dans d’autres addictions en cette période de confinement. Certains fumeurs risquent de glisser vers ce qui est disponible, l’alcool et les anxiolytiques, qui ont un pouvoir addictogène plus fort ».

L’impact du cannabis sur le Covid-19

L’une des principales interrogations réside dans les conséquences d’une consommation de cannabis en cas d’infection par le coronavirus. « On s’interroge s’il n’y aurait pas d’effet du cannabis sur le Covid-19. Cela nous permettra d’avoir une piste plus fouillée » explique le docteur Victor Martin.
Des questionnements orientés par les différentes études menées sur les effets de la nicotine. Une équipe de médecine interne de l’hôpital de la Pitié Salpétrière, vient d’émettre l’hypothèse que la nicotine, contenue dans les cigarettes, pourrait avoir des effets préventifs et thérapeutiques sur la maladie. Une étude clinique devrait être menée dans les prochains jours.

Carte : ces départements qui risquent de rester confinés le 11 mai

Pour faire cette carte, CAQS a récolté les informations concernant le nombre de lits totaux en réanimation datant de 2018 (chiffres de Santé Publique France et DREES). Nous avons calculé le pourcentage du nombre de patients en réanimation dans chaque département en fonction des capacités d’accueil de chacun. Les départements les plus sous tensions sont en rouge foncé, les moins tendus en vert foncé.

Les départements où il y a plus de patients Covid que de lits recensés en 2018

  • Haute-Marne (52) : 225%
  • Seine-Saint-Denis (93) : 190%
  • Ardèche (07) : 187,5%
  • Vosges (88) : 175%
  • Seine-et-Marne (77) : 168,8%
  • Val d’Oise (95) : 168,3%
  • Meuse (55) : 162,5%
  • Essone (91) : 157,3%
  • Haut-Rhin (68) : 147,1%
  • Val-de-Marne (94) : 144,9%
  • Creuse (23) : 137,5%
  • Aube (10) : 133,3%
  • Hauts-de-Seine (92) :132,9%
  • Moselle (57) : 131,8%
  • Mayenne (53) : 125%
  • Yvelines (78) : 123,8%
  • Bas-Rhin (67) : 121,6%
  • Oise (60) : 119,4%
  • Aisne (02) : 117,6%
  • Territoire-de-Belfort : 116,7%
  • Jura (39) : 112,5%

Entre 80 et 100% : les départements au bord de la rupture

  • Loir-et-Cher (41) : 100%
  • Haute-Saône (70) : 100%
  • Paris (75) : 99,4%
  • Loire-Atlantique (45) : 98%
  • Drôme (26) : 95,8%
  • Doubs (25) : 95,3%
  • Eure-et-Loire (28) : 95%
  • Haute-Savoie (74) : 94,1%
  • Meurthe-et-Moselle : 92,6%
  • Saône-et-Loire (71) : 92,3%
  • Indre (36) : 86%
  • Hautes-Alpes (05) : 87,5%
  • Côte d’Or (21) : 85,7%
  • Eure (27) : 83,3%
  • Loire (42) : 82%
  • Vaucluse (84) : 81,3%

Entre 60% et 80% de lits occupés : les départements sous tension

  • Pas-de-Calais (62) : 76,5%
  • Yonne (89) : 76%
  • Ardennes (08) : 75%
  • Nord (59) : 73,6%
  • Rhône (69) : 73,4%
  • Corrèze (19) : 73,3%
  • Morbihan (56) : 72,7%
  • Ain (01) : 68,2%
  • Orne (61) : 62,5%
  • Somme (80) : 65,2%
  • Vendée (85) : 61,1%

Entre 40% et 60% de lits occupés : Un pied de chaque côté

  • Corse-du-Sud (2A) : 60%
  • Alpes-Maritimes (06) : 59,6%
  • Allier (03) : 58,3%
  • Bouches-du-Rhône (13) : 57,3%
  • Var (83) : 56,7%
  • Savoie (73) : 55,6%
  • Gard (30) : 55,1%
  • Marne (51) : 55%
  • Gers (32) : 50%
  • Nièvre (58) : 50%
  • Aude (11) : 43,75%
  • Sarthe (72) : 42,9%

Entre 20% et 40% : les départements qui maîtrisent l’épidémie

  • Charente-Maritime (17) : 40%
  • Seine-Maritime (76) : 39,8%
  • Indre-et-Loire (37) : 38,4%
  • Tarn (81) : 37,5%
  • Cantal (15) : 37,5%
  • Maine-et-Loire (49) : 36,4%
  • Côtes d’Armor (22) : 35,7%
  • Manche (50) : 35,7%
  • Isère (38) : 35,4%
  • Hautes-Pyrénées (65) : 33,3%
  • Tarn-et-Garonne (82) : 33,3%
  • Alpes-de-Hautes-de-Provence (04) : 33%
  • Loire-Atlantique (44) : 29,9%
  • Landes (40) : 28,6%
  • Calvados (14) : 27,3%
  • Haute-Garonne (31) : 27,3%
  • Lot-et-Garonne (47) : 27,2%
  • Gironde (33) : 25,1%
  • Deux-Sèvres (79) : 25%
  • Pyrénées-Orientales (66) : 25%
  • Lot (46) : 25%
  • Hérault (34) : 25%
  • Haute-Corse (2B) : 25%
  • Cher (18) : 25%
  • Haute-Vienne (87) : 23,1%
  • Île-et-Vilaine (35) : 22,7%
  • Finistère (29) : 20,3%

Moins de 20% : les départements épargnés par le Coronavirus

  • Aveyron (12) : 18,2%
  • Puy-de-Dôme (63) : 17,3%
  • Charente (16) : 16,7%
  • Vienne (86) : 16%
  • Dordogne (24) : 15,8%
  • Pyrénées-Atlantiques (64) : 13,5%
  • Haute-Loire (43) : 12,5%
  • Ariège (09) : 12,5%
  • Lozère (48) : 0%

Covid-19 : comment bien se préparer pour une deuxième vague d’épidémie ?

Le risque d’un rebond de contaminations est plus que probable. Le nombre de patients en réanimation a baissé mais la situation n’est pas pour autant totalement maîtrisée. Si le confinement a permis de stopper temporairement la propagation du virus, un retour progressif à la normale risque de ramener l’épidémie à son point de départ. Comment bien y faire face ?

L’essentiel des mesures a été énoncé par Édouard Philippe. Or, nous savions déjà qu’une réouverture des écoles primaires et de certains commerces le 11 mai, conduirait forcément à de nouveaux cas de contaminations. Les enfants et les adolescents ne sont peut-être pas aussi affectés par le Covid-19 mais les professeurs, dont l’âge moyen est de 41 ans, auront bien plus de chances d’être infectés. Ainsi il en va de soi à ce que les parents évitent de ramener leurs enfants à l’école et que les professeurs puissent utiliser des masques afin de limiter toute contagion. Mais est-ce vraiment efficace ?

D’après certains professeurs, comme Grégoire Perra, le masque ne change rien au fait que les profs puissent être touchés car les cours ont lieu « dans des salles où plusieurs personnes respirent le même air ». Le rejet de microbes et bactéries dans l’atmosphère pourrait donc nuire à certains. Des masques réutilisables pour les élèves peuvent être une solution envisageable sur le long-terme.

La deuxième vague épidémique semble inévitable après le déconfinement. « Un relâchement trop soudain des mesures de contrôle pourrait se traduire par une remontée rapide du nombre de cas et par un retour des formes graves en hospitalisation et en réanimation », d’après le Conseil scientifique. L’Allemagne qui, depuis une semaine, a décidé de démarrer les sorties et les déplacements en ville, voit son nombre de cas augmenter de manière fulgurante. Son taux d’infection est passé de 0,7 à 1,0 ce qui inquiète les autorités et la chancelière Merkel. Même chose en Chine, où le pays natal du virus s’est employé à désinfecter les lieux publics et les appartements se retrouvant confrontés à un revers de la médaille plus important. Autant d’exemples qui laissent à réfléchir.

Si le déconfinement semble faire le bonheur de la majorité, elle exige aussi de nouvelles responsabilités. « Respecter la distance d’un mètre et utiliser le masque, c’est ce qui semble le plus évident à faire », a déclaré Grégoire, pharmacien dans les Hauts-De-Seine. « C’est difficile de prévoir les choses quand on n’a pas encore vu ce que va annoncer l’État ». Les déplacements ne pourront être évités. Les conseils pour de nombreux professionnels de santé sont donc, de respecter les règles sanitaires formellement énoncées. « On peut éventuellement prendre des compléments alimentaires pour renforcer son système immunitaire mais cela n’évitera pas le pire », annonce Maxime, pharmacien. Et pour les lieux publics alors ? « Il faut se laver les mains régulièrement et limiter les contacts ». Le masque reste à ce jour le moyen le plus efficace pour éviter de tomber malade.

« Les tests sont fiables »

Quant à Édouard Philippe et de nombreux députés, il faut tout miser sur les tests de dépistage et l’isolement. Les biologistes confirment cet état de fait, d’autant plus que ce protocole permet d’isoler les porteurs du virus et de freiner l’épidémie comme dans plusieurs pays dont la Corée du Sud. « Les tests sont fiables », dit Alexia du Laboratoire du Bois de Verrières.

Un regard critique et sincère voudrait que l’annonce d’un déconfinement soit prévu dans deux mois ou plus, comme le suggère le Conseil scientifique lors d’une note indiquant les conditions sanitaires minimales d’accueil dans les établissements scolaires, le 24 avril.