Julian Alaphilippe : c’est reparti pour un tour !

Le coureur français, que l’on n’avait plus vu depuis Paris-Nice en mars, sera de retour sur sa selle cet après-midi au départ des Strade Bianche. Pour le champion tricolore, c’est une nouvelle saison qui démarre, avec des objectifs très élevés.

Vendredi 19 juillet 2019, à Pau, au terme d’un contre-la-montre de haute volée, Julian Alaphilippe exulte. Non seulement il reprend du temps à tous les favoris, mais on commence à croire qu’il peut aller au bout. Il finira finalement cinquième du Tour de France 2019 et cette victoire à Pau sera la dernière avant un long passage à vide. Sorti exténué de cette grande boucle, il abandonne à la classique San Sebastian, alors qu’il est tenant du titre. Il ne gagnera pas non plus lors des classiques ardennaises. Après un long repos, il ne revient pas en forme en 2020 et est peu en vue lors de Paris-Nice. Arrive à ce moment le coronavirus. Un break de trois mois pendant lequel le Français se dit « impatient de reprendre » (France Bleu). Cette longue période sans compétition lui a sans doute redonné cette envie de victoire, victoire qui lui échappe depuis maintenant plus d’un an.

Quoi de mieux pour y regoûter qu’une course qu’il connaît bien ? Tenant du titre, Julian Alaphilippe tentera de faire le doublé sur les Strade Bianche, une course qu’il « aime beaucoup ». Il enchaînera le week-end avec une autre course où il est le tenant du titre : Milan-San Remo. « Gagner Milan-San Remo reste un de mes meilleurs souvenirs cyclistes » (France Bleu), c’est dire s’il voudra rééditer l’exploit cette année.

Un programme chargé

Si la compétition lui avait beaucoup manqué, il va être servi. Coronavirus oblige, le calendrier de cette saison 2020 sera très particulier, avec des courses très resserrées dans le temps. Pour Julian Alaphilippe, elle est divisée en deux grandes parties. La première aura en point d’orgue le Tour de France. Il commencera donc aujourd’hui avec les Strade Bianche et samedi prochain avec Milan-San Remo. Puis il prendra part au Critérium du Dauphiné, entre le 12 et le 16 août, avant les championnats de France en Bretagne le 23 août. Enfin il prendra le départ de la grande boucle le 29 août à Nice.

Alaphilippe voudra renouer avec la victoire sur le Tour de France

Après le Tour de France il n’aura pas le temps de se reposer puisqu’il ira dans la foulée aux championnats du monde en Suisse. Les classiques ardennaises arriveront ensuite très vite avec la Flèche Wallone le 30 septembre, Liège-Bastonne-Liège le 4 octobre, l’Amstel Gold Race le 10 octobre. Il achèvera ce périple par sa première participation au Tour des Flandres le 18 octobre. Elle viendra conclure trois mois de compétition où le Français aura de grandes ambitions.

Quels objectifs cette saison ?

« Son objectif principal cette année c’est le championnat du monde » pour Matthieu Sirvent, rédacteur chez Le Gruppetto. Il faut dire que le tracé en Aigle et Martigny lui convient bien avec des ascensions plutôt adaptées à son profil de puncheur. La descente qui mène à l’arrivée peut aussi l’avantager, lui qui excelle dans cet exercice. Il a aussi en ligne de mire les classiques en automne. S’il a déjà remporté la Flèche-Wallone, il n’a jamais remporté l’Amstel Gold Race et Liège-Bastonne-Liège. « Entre ces trois-là il vise surtout Liège-Bastonne-Liège » et pourquoi pas jouer les trouble-fêtes sur le tour des Flandres. En juin il était allé faire une reconnaissance avec son équipe Deceuninck Quick-Step. Pour ce qui est de ses premières courses de la saison, Julian Alaphilippe a déclaré ne pas s’être fixé de réels objectifs. Ce sera l’occasion pour lui de se jauger après quatre mois sans compétition.

Qu’en est-il du Tour de France ? Il l’a déjà annoncé, il ne jouera pas le général lors de cette grande boucle. Pour Matthieu Sirvent, « l’idée c’est de ne pas perdre trop d’énergie pour arriver en forme aux championnats du monde et aux classiques ». Mais cela ne veut pas dire qu’on ne le verra pas briller. Pour Gaëtan Scherrer, journaliste à L’Equipe, le fait qu’il participe au Critérium du Dauphiné « donne une forte indication sur un de ses objectifs principaux de cette saison qui est le Tour de France, pas forcément pour y jouer le général, mais pour aller chercher des étapes et pourquoi pas le maillot blanc à pois rouge » (ndlr: maillot qui récompense le meilleur grimpeur). Quand on lui demande si Alaphilippe peut faire de l’intox il répond « pourquoi pas, en annonçant qu’il ne joue pas le général c’est un moyen pour lui de surprendre les autres favoris ». Matthieu Sirvent lui n’y croit pas trop : « lui et son équipe l’ont dit, ils ne sont pas taillés pour jouer le général (…) après s’il a le maillot jaune, il ne va pas le laisser filer ».

Un parcours 2020 qui pourrait convenir à Julian Alaphilippe.

Qui pour le stopper ?

Sur de nombreuses courses, à commencer par les Strade Bianche aujourd’hui, Alaphilippe sera vu comme le principal favori. Un statut parfois difficile à porter. Il sera forcément très surveillé. Il aura fort à faire notamment face à Jakob Fulsang, Greg Van Avermaet, Peter Sagan. « Le plus gros concurrent ça devrait être Mathieu Van der Poel » selon Matthieu Sirvent. On se souvient notamment qu’il avait déposé Alaphilippe et Fulsang lors de l’Amstel Gold Race l’an dernier. Le Néerlandais sera aussi très surveillé, ce qui pourrait donner plus de liberté à Julian Alaphilippe.

Lors du Tour de France, même s’il décide finalement de jouer le général, la tâche s’annoncera compliquée puisque les meilleurs grimpeurs du monde seront présents. On aura notamment le duel Jumbo-Visma contre Ineos avec d’un côté Tom Dumoulin, Steven Kruijswijk et Primoz Roglic et de l’autre Christopher Froome, Geraint Thomas et Egan Bernal. Seront aussi présents Thibaut Pinot, Romain Bardet, Nairo Quintana, Mikel Landa, Emmanuel Buchmann et tant d’autres encore. Dur de se faire une place au milieu de ce casting cinq étoiles.

Pour la Flèche Wallone, Liège-Bastonne-Liège et l’Amstel Gold Race, Julian Alaphilippe devra encore batailler contre Van der Poel. Jakob Fulsang lui sera au départ du Giro et ne disputera donc pas les classiques ardennaises (le calendrier serré fait que le Giro et les classiques se courent en même temps). Attention tout de même à Dylan Teuns, Maximilian Schachmann et l’éternel Alejandro Valverde. D’autres noms seront annoncés dans les semaines à venir.

Rendez-vous donc cet après-midi pour le lancement de la saison de Julian Alaphilippe, qui cette année encore a des objectifs très élevés.

crédit photo : twitter Deceuninck Quick-Step

Affaire Darmanin : La valeur politique de la présomption d’innocence

La nomination au ministère de l’Intérieur de Gérald Darmanin, qui fait l’objet d’une enquête judiciaire pour viol, a provoqué des manifestations dans la France entière. Alors que le gouvernement insiste sur le respect de la présomption d’innocence, les associations féministes refusent d’accepter ce qu’elles considèrent comme un retour en arrière pour les droits et la considération des femmes. La présomption d’innocence se retrouve au cœur des discussions, mais est-ce bien de ce principe juridique dont il est utile de discuter ?

Le 6 juillet 2020, Gérald Darmanin est nommé ministre de l’Intérieur. Un mois plus tôt, la cour d’appel de Paris ordonnait la reprise des investigations à propos d’une accusation de viol, harcèlement sexuel et abus de faiblesse le visant. Pour Claire Charlès, présidente du collectif féministe Les Effronté.es, cette nomination a été « une bonne claque ». « On ne s’attendait pas à grand-chose mais pas à ça » explique-t-elle. Suite à la tenue du Grenelle des violences conjugales et à l’affirmation de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles comme une priorité du mandat d’Emmanuel Macron, les féministes avaient l’espoir que les ministères de l’Intérieur et de la Justice, les deux ministères les plus importants dans le parcours des victimes, trouvent à leur tête des personnes sensibilisées et formées à ces questions. « Là, c’est vraiment tout le contraire, continue Claire Charlès, c’est piétiner tout ce qu’il [Macron] a pu faire pour le féminisme jusqu’à présent ».

Des milliers de personnes ont partagé cette opinion en manifestant contre les nominations au gouvernement de Gérald Darmanin et d’Éric Dupond-Moretti pour exiger leur démission. Face aux critiques, l’exécutif rappelle que le nouveau ministre de l’Intérieur doit bénéficier comme tout citoyen de la présomption d’innocence.

UN PRINCIPE JURIDIQUE

La présomption d’innocence est un principe fondamental du droit pénal français. Toute personne qui est suspectée d’avoir commis une infraction doit être considérée comme innocente tant que la cour ou le tribunal compétent pour la juger ne l’a pas déclarée coupable.

La députée LREM Alexandra Louis, à l’initiative de la tribune « La justice ne sera plus rendue si accusation vaut condamnation » publiée dans le Monde, défend le respect de cette présomption d’innocence dans l’affaire Darmanin. « Ce n’est ni à moi, ni à certaines féministes, ni à qui que ce soit de décider si les faits sont avérés ou pas. C’est le rôle des magistrats. » explique-t-elle.

Alexandra Louis compare la présomption d’innocence à une ceinture de sécurité : « c’est le jour où vous avez un accident que vous réalisez qu’elle vous sauve la vie ». Ce principe juridique existe afin de protéger les citoyens d’une justice arbitraire qui les jugerait coupables de manière hâtive sans leur permettre d’exprimer leur défense. Cependant, malgré la sacralité juridique de la présomption d’innocence, nombreux sont ceux qui estiment que cet argument n’est pas suffisant pour justifier la nomination d’un homme au gouvernement alors qu’il est sous le coup d’une enquête judiciaire suite à une plainte pour viol.

UN MESSAGE POLITIQUE

Claire Charlès voit les rappels gouvernementaux au respect de la présomption d’innocence comme une « extrapolation d’un terme juridique étendu au cadre politique ». « Au nom de la présomption d’innocence, on n’aurait pas le droit d’en parler et de dire qu’une personne mise en cause pour viol ne peut pas être nommée au ministère ». Pour la présidente des Effronté.es, le problème n’est pas juridique : Emmanuel Macron et Jean Castex ont légalement le droit de nommer Darmanin au poste de ministre de l’Intérieur. Les associations féministes ne cherchent pas à empêcher Darmanin de bénéficier de la présomption d’innocence, ni à remettre en cause le principe juridique. Mais elles s’opposent à cette nomination car elles désapprouvent le message politique qu’elle véhicule et elles considèrent qu’elle va à l’encontre du principe d’exemplarité du gouvernement. « Castex et Macron prennent le risque assumé de mettre un violeur à la tête du ministère de l’intérieur qui est un ministère important dans le parcours juridique des femmes victimes de violences. C’est un message extrêmement violent, un message d’impunité. »

EXEMPLARITÉ DU GOUVERNEMENT

En France, les chiffres officiels suggèrent que seulement 10% des femmes victimes de viol portent plainte, et que 10% de ces plaintes débouchent sur une condamnation, soit 1% des auteurs condamnés au total. Le parcours des victimes qui portent plainte est communément décrit comme long et semé d’embuches.

Claire Charlès regrette que l’argument de la présomption d’innocence soit ressorti dans ce contexte spécifique des violences sexistes et sexuelles. Elle donne les exemples de Jérôme Cahuzac, François de Rugy et François Bayrou qui avaient quitté le gouvernement alors qu’ils étaient mis en cause dans des affaires judiciaires pour des motifs financiers et d’emplois fictifs. Ils n’avaient pas encore été déclarés coupable par la justice. Ces départs étaient motivés par la volonté d’un bon fonctionnement du gouvernement. La présomption d’innocence ne leur avait pas été opposée car leurs démissions s’expliquaient par le devoir d’exemplarité du gouvernement. Aujourd’hui, les féministes attendent que Gérald Darmanin fasse de même et que le gouvernement soit aussi exemplaire en matière de lutte contre les violences faites aux femmes.

De son côté, Alexandra Louis estime que la présomption d’innocence est « au-dessus de la loi et de la morale ». Elle appelle à « se remettre à des principes juridiques et légaux qui s’appliquent à tous et à toutes ». « Avant de se poser la question de la morale, il y a une autre question à se poser : sur quels faits ? Qui vérifie les faits ? En France, nous sommes dans un État de droit et c’est à la justice de décider, de un, si les faits sont établis, de deux, si cela relève d’une qualification pénale. »

Et le débat sur la nomination de Gérald Darmanin continue.

Crédit Photo : Stéphane Morgane – La Voix du Nord

Juventus de Turin : un titre et puis c’est tout ?

Ce dimanche, la Juventus de Turin a remporté son 36ème titre de Serie A. Elle a surtout glané un 9ème championnat de suite en battant la Sampdoria 2-0. Ce titre vient récompenser une pâle équipe de la Juve, qui n’a jamais séduit par son jeu. Mais il aura mis en évidence la domination d’un effectif surpuissant et d’une équipe pour qui une seule chose compte, c’est gagner. Que peut-on réellement retenir de ce titre ?

Autorisons-nous à modifier quelque peu l’adage : la Serie A est un championnat qui se joue à vingt équipes et à la fin c’est la Juventus qui gagne. Voilà un parfait résumé de cette saison 2019-2010 en Italie. Pourtant s’il y a bien une année où elle était prenable, c’était celle-ci. De ses neufs scudetti consécutifs, c’est sûrement la moins bonne équipe en terme de jeu. Ne nous y trompons pas, si la Juve est championne à la fin, c’est qu’elle le mérite. Après tout, cette équipe n’a jamais été réputée pour la beauté de son jeu mais pour son efficacité et son esprit de tueur.

« A la Juventus, gagner n’est pas important, c’est la seule chose qui compte ». On doit cette phrase à Giampero Boniperti, ancien président du club (1971-1990). Une phrase qui résume tellement bien la philosophie de ce club et tant pis pour la manière. Ce neuvième titre consécutif n’est plus un exploit, c’est une case à cocher, une étape supplémentaire dans l’histoire d’un club pas comme les autres. Cela en est devenu presque banal et c’est ça qui rend la chose encore plus belle mais en même temps plus inquiétante.

La Juve encore et toujours

Atteindre les sommets n’est pas chose évidente, y rester l’est encore moins. Avec la Juve, on a l’impression de réécrire cette même phrase année après année. C’est dire à quel point ils dominent ce championnat. Là où les autres équipes connaissent des cycles de gloire, la Juventus, elle, semble éternelle. Ce qui est effrayant, c’est de voir que cette équipe n’a même pas besoin d’être bonne pour marcher sur la Serie A. Rarement le collectif de la Juve n’aura produit un exercice aussi pauvre. Avec l’arrivée de Sarri pourtant, on pouvait croire que cette équipe, tant réputée pour sa défense, allait enfin exploser offensivement. Le principal intéressé lui-même n’y croyait pas vraiment : « Cette équipe-là ne jouera jamais comme mes équipes du passé » avait-il déclaré l’été dernier. Cette équipe s’est bâtie sur trois lettres, l’autre BBC. Non pas celle qui faisait trembler les défenses mais bien celle qui faisait trembler les attaques : Bonucci-Barzagli-Chiellini. Ces trois-là ont élevé la défense au rang d’art. Cette saison, la Vieille Dame n’a même pas pu baser son titre sur cette solidité défensive. Bonucci a sans doute réalisé sa pire saison et De Ligt a mis quelques mois à retrouver son niveau de la saison dernière.

Cette Juve, qui a toujours fait transparaître une force collective sans faille, aura cette année reposé sur des individualités qui l’ont sublimé. A défaut d’avoir pu compter sur sa défense, les turinois s’en sont remis à un excellent Szczesny. Le gardien polonais, jamais cité lorsqu’on parle des 10 meilleurs gardiens du monde, a réalisé une saison de haute volée. En 28 rencontres, il a réalisé 11 cleansheets et aura été irréprochable sur sa ligne. Devant, Dybala a été un élément clé. Ses statistiques sont très intéressantes (11 buts, 11 passes dé.). Globalement, l’impression qu’il a dégagée a été très bonne. Sa relation avec Ronaldo, qu’on a eu du mal à observer l’an dernier, a été bien meilleure cette saison. Bien sûr, le Portugais fait partie de ces individualités qui ont transcendé cette équipe. Avec 31 buts, il égale d’ailleurs le record de buts d’un juventino sur une saison de Serie A (Felice Borel en 1933-1934).

Une Serie A trop faible pour la Juve

C’est évident qu’on ne peut que saluer la Juventus pour sa régularité. On ne doit pas néanmoins minimiser le gouffre qui existe encore entre cette Juve et ses principaux rivaux. Ce titre, c’est un symbole de la domination d’une institution sur les autres. La concurrence s’est pourtant beaucoup rapprochée cette saison. La Lazio n’était qu’à un point de la Juve avant la reprise, l’ayant même battue deux fois cette saison (en championnat et en supercoupe d’Italie). L’équipe d’Inzaghi s’est ensuite écroulée, la faute à un effectif trop tendre. Ils n’ont pas su tenir le rythme imposée par le calendrier. La surprise aurait pu venir de l’Inter Milan, peut-être la seule équipe avec un effectif capable de concurrencer celui des Bianconeri. Ils auront longtemps été devant au classement avant de perdre des points importants dans les grandes affiches. On se souvient de la défaite 2-0 face à la Juve en février. Une victoire aurait sûrement changé beaucoup de choses pour Conte et les siens. Si la Saison avait commencé en Février, l’Atalanta aurait pu être championne. Aussi belle que cette équipe puisse être, elle n’est pas taillée pour jouer le titre.

Juventus-Inter : un tournant de cette saison

L’AS Rome, bien que finalement qualifiée pour la Ligue Europa, a traversé cette saison comme un fantôme, ne faisant jamais parler d’elle et en n’inquiétant jamais les autres cadors du championnat. De son côté Naples a vécu une année compliquée, notamment entaché par cette grève des joueurs en Décembre dernier. Ils ont sauvé leur saison en remportant la coupe d’Italie. Après avoir été les principaux concurrents de la Juve pendant plusieurs saisons, ils sont désormais quelques peu rentrés dans le rang. On les voit mal jouer les premiers rôles l’an prochain. Enfin il y a l’AC Milan, qui a réalisé une belle fin de saison, mais qui reste à des années lumières de le Juventus.

Une saison à terminer

A l’instar du PSG en Ligue 1, peut-on dire que la Serie A n’est plus assez compétitive pour la Juventus de Turin ? Si la Serie A n’est plus qu’une case à remplir, la Ligue des Champions est elle un objectif beaucoup plus palpitant pour les Bianconeri. Ils joueront leur qualification en quart de finale de Ligue des Champions face à Lyon dans 10 jours (1-0 pour Lyon à l’aller). Avec cet effectif, la Juve est taillée pour cette compétition, pas pour la Serie A. Néanmoins, on ne peut que s’inquiéter quant à leur niveau de jeu. On a du mal à voir un club italien enfin remporter la Ligue des champions. Le dernier sacre d’une équipe transalpine remonte maintenant à dix ans, avec l’Inter de José Mourinho.

Quand on regarde les résultats des équipes italiennes sur ces dix dernières saisons, hors Juventus, on voit le néant ou presque. On n’a guère que la demi-finale de l’AS Rome en 2018 à se mettre sous la dent. Dans le même temps, l’Espagne a glané six Ligues des champions, l’Angleterre deux et l’Allemagne une. Aujourd’hui il n’est pas insensé de parler d’un problème Serie A. La Juve ne peut plus se contenter d’une victoire en championnat face à une concurrence trop faible pour elle. Elle ne peut plus se contenter d’un jeu minimaliste qui lui suffit à être champion. On peut dire que le fossé entre la Juve et les autres est énorme mais c’est surtout le fossé entre la Serie A et les autres championnats qui est devenu trop important.

crédit photo : twitter Juventus

Le fair-play financier : les faiblesses d’une règle stricte

L’affaire Manchester City a relancé le débat autour du fair-play financier. Une règle mise en place par l’UEFA en 2011 qui consiste à contrôler les finances des clubs européens. Les skyblues, qui s’étaient vus infliger une sanction de 30 millions d’euros et 2 ans de suspension de toute compétition européenne, ont vu leur sanction réduite seulement à 10 millions d’euros par le Tribunal Administratif du Sport. Une défaite de plus pour une règle qui a du mal à se faire respecter.

La sanction est tombée le 14 février dernier. Alors que Manchester City s’apprête à jouer son huitième de finale aller de Ligue des Champions face au Real Madrid, le club anglais apprend que ce sera peut-être son avant-dernier match dans la compétition avant trois saisons. L’équipe de Pep Guardiola est rattrapé par la patrouille du FPF qui lui reproche d’avoir gonflé des contrats de sponsoring pour rentrer dans les clous. Ce sont les football leaks qui avaient révélé ces informations en 2018. S’en est suivie une longue enquête qui a enfin abouti.

Avec cette sanction, le FPF passe réellement un cap. Non pas que l’instance européenne n’ait jamais agi, mais pour la première fois on ressent vraiment l’impact que pourrait avoir une telle décision. Les cadors européens sont prévenus, ils ne sont plus à l’abri d’une sanction similaire. En s’attaquant ainsi à un club du calibre de Man City, le FPF a prouvé qu’il avait vraiment un sens. On peut penser que 30 millions ce n’est pas grand-chose pour un club comme City, mais deux ans sans Ligue des Champions, ça signifie qu’ils ne toucheront ni les droits TV ni les dotations de l’UEFA. En faisant l’hypothèse que les skyblues auraient pu aller en quart de finale chaque année, le risque financier se serait élevé à environ 230 millions d’euros. En comptant aussi les départs des joueurs phares, pas sûr que Manchester City s’en serait relevé si aisément.

Mais quatre mois après, le TAS est revenu sur cette décision. Le club ne sera finalement sanctionné que de 10 millions d’euros et il pourra disputer la Ligue des Champions. C’est un pas en avant, deux pas en arrière pour le FPF.

Comment fonctionne vraiment le fair-play financier ?

Pour résumer, le FPF est une règle mise en place pour équilibrer les finances des clubs européens. Le concept est simple : les dépenses ne doivent pas excéder les recettes. Le but est de permettre aux clubs d’être en bonne santé financière, car à sa mise en place, plus de la moitié des 665 équipes qui relèvent de l’UEFA perdent de l’argent chaque année. L’UEFA annonce aussi un enjeu d’équité sportive, car en contrôlant les clubs les plus puissants, elle veut les empêcher de creuser un trou encore plus profond que celui qui les sépare déjà des autres clubs. Dans les faits cette idée est plutôt bonne.

C’est en réalité un peu plus complexe que cela. Ce qu’il faut savoir dans un premier lieu, c’est que cette balance financière se calcule sur une période de trois ans. Sur ces trois saisons, un club n’a le droit de dépenser que 30 millions d’euros de plus que ce qu’il gagne. L’UEFA, pour calculer les dépenses, prend en compte deux choses : les indemnités de transfert et la masse salariale du club (joueurs + staff + autres employés). Beaucoup de dépenses échappent au FPF comme celles liées à une équipe féminine, aux équipes de jeunes, aux constructions d’infrastructures comme des stades ou des centres d’entraînement… En revanche pour calculer les recettes, l’UEFA prend en compte les droits TV, les sponsors, le merchandising, la billetterie, les dotations de l’UEFA et la vente de joueurs.

C’est là que le bât blesse pour le FPF : il est censé redonner de l’équité sportive mais son système de calcul des recettes avantage largement les gros clubs, qui touchent plus de droits TV, qui gagnent plus grâce à leur merchandising et à leur sponsor, et dont les recettes de billetterie sont beaucoup plus importantes (à condition que les clubs soient propriétaires de leur stade bien sûr).

L’échange Arthur – Pjanic ou comment contourner le FPF

Avec cette règle du FPF, on devrait a priori voir plus de retenue sur le marché des transferts. Alors on se demande comment le Barça, qui a dépensé des centaines de millions d’euros sur les trois dernières saisons, peut encore dépenser 60 millions pour s’offrir Pjanic ?1 De son côté, la Juventus a dépensé 72 millions pour s’offrir Arthur. Pourquoi ne pas plutôt privilégier un échange de joueurs qui éviterait de telles dépenses ? Un mot : l’amortissement. Il est possible pour les clubs d’amortir le transfert d’un joueur sur la durée de son contrat.

Pour Pjanic par exemple, le Barça ne paie pas vraiment 60 millions, mais plutôt 15 millions par an pendant quatre ans. Jusque-là tout va bien, mais quand l’UEFA regarde les comptes du Barça, les dépenses apparaissent échelonnées (cette année le Barça n’aura dépensé que 15 millions) alors que les recettes apparaissent entièrement. C’est-à-dire que les 72 millions dus au transfert d’Arthur sont déjà pris en compte alors même que le Barça n’a pas réellement touché cette somme (pour l’instant). Aujourd’hui tous les clubs utilisent cette faille dans le système du FPF. C’est ce qui a permis au PSG par exemple de dépenser 400 millions d’euros pour Neymar et Mbappé.

Le fair-play financier a-t-il un avenir ?

Le cas Manchester City pose problème pour l’UEFA. Il y aura certainement un avant et un après pour le FPF. Dans sa version actuelle, il comporte encore trop de failles à exploiter par les grands clubs. À la question de savoir si le FPF doit disparaître, les avis divergent. Pour Vincent Chaudel, fondateur de l’observatoire du foot business, l’UEFA est « le grand perdant » de cette affaire. Pour lui la victoire de Man City, c’est la victoire « de tous les grands clubs qui peuvent revenir à la charge » sans se soucier des conséquences. Pour Philippe Doucet, journaliste sportif notamment passé par Canal +, ce n’est pas une défaite pour le FPF dans le sens où « ce n’est pas dans le fond que Manchester City a été innocenté ». Il met plutôt la faute sur l’ICFC (l’instruction à la commission de contrôle des finances de clubs) « qui n’a pas pu faute, peut-être, de moyens d’investigation, démontrer la fraude de Manchester City ». Selon lui « le FPF ne peut pas à lui seul réguler tous les problèmes des clubs ».

Il souligne également le fait que le FPF a atteint ses objectifs puisqu’au « moment où l’UEFA installe cette réforme, il y a des déficits records chaque année » (1,6 milliards de déficit). « Grâce à cette réforme, il y a eu une réduction drastique de ces déficits » (aujourd’hui le total des clubs régulés par l’UEFA serait bénéficiaire de 600 millions d’euros). Rien que pour cela, on peut se satisfaire du fair-play financier ». Au contraire, pour Vincent Chaudel, le FPF n’a pas atteint son objectif d’équité. « Il a pour conséquence de figer les positions, de permettre à ceux qui sont forts de rester forts, voire même encore plus forts parce que les grands clubs, comme le Real Madrid, bénéficient de droits télévisuels très importants, puisqu’ils sont sur des marchés très puissants ». D’un autre côté il « ferme quasiment la porte à tous les nouveaux entrants ayant une ambition ou même à des clubs ayant été distancés à un moment et ayant du mal à revenir dans la course ».

D’un point de vue financier, le FPF est une réussite puisque l’énorme déficit des clubs européens est aujourd’hui effacé, même si des clubs restent en danger. Mais son manque d’impact envers les gros clubs l’a affaibli. Nul doute que sa formule doit changer s’il veut rester crédible aux yeux des grands clubs européens.

1 : sans les bonus

crédit photo : twitter UEFA

Ligue des champions : la préparation du PSG est-elle trop simple ?

Pour préparer au mieux le quart de finale face à l’Atalanta Bergame le 12 août prochain, le PSG a effectué une série de trois matchs amicaux largement en leur faveur. Les Parisiens ont trouvé le chemin des filets à 20 reprises pour 0 but concédé.

En conquête pour la Ligue des champions, les Parisiens ont fait leur retour sur les terrains avec 5 000 spectateurs lors de matchs amicaux sur tout le mois de juillet. L’occasion pour le coach Thomas Tuchel de faire tourner tout son effectif avec deux onze différents par mi-temps. Lors du premier match, le club de la capitale s’est largement imposé 9-0 sur la pelouse du Havre (club de Ligue 2) avec entre autres un doublé de l’Argentin Mauro Icardi et de la star brésilienne Neymar.

En première période pour le PSG : Navas – Kherer – Thiago Silva – Kimpembe – Bakker – Di Maria – Verratti – Marquinhos – Neymar – Mbappé – Icardi

En deuxième période : Rico – Dagba – Mbe Soh – Thiago Silva – Bakker – Verratti – Gueye – Sarabia – Draxler – Kalimuendo – Choupo-Moting

Pour leur deuxième et troisième match amical, les Parisiens ont retrouvé le Parc des Princes face aux Belges de Waasland-Beveren (7-0) et les Écossais du Celtic Glasgow (4-0). Pour finir sur cette série, le PSG va jouer un dernier match amical le 5 août prochain au Parc face à Sochaux (L2).

À moins de trois semaines de ce quart de finale tant attendu, des questions se posent sur la préparation du PSG et leur manque d’adversité. « Les matchs amicaux pour une équipe comme Paris, le Real Madrid, le Barça ou le Bayern Munich, ce n’est jamais difficile, mais c’est mieux d’enchaîner les matchs pour l’intensité physique et les automatismes », souligne Rahul, fervent supporteur du PSG depuis son enfance. « De toute façon cela est la seule solution, il n’y a pas d’autres équipes qu’ils peuvent affronter, mais après trois mois de confinement cela est difficile mentalement de rejouer directement face à une grosse équipe », insiste ce dernier. Thomas Tuchel a également insisté sur le fait que ses joueurs sont revenus en bonne forme et s’entraînent bien. Plusieurs points positifs sont à tirer de cette préparation. À défaut d’avoir suspendu la saison 2019/2020 de Ligue 1, les champions de France ont fait leur retour avec une meilleure cohésion de groupe.

Les Parisiens ont renforcé les liens et ont retrouvé des automatismes assez vite notamment entre Neymar et Mbappé qui se cherchent constamment. « Toute l’équipe est revenu en bonne forme, même notre deuxième équipe pourrait jouer en Europa League (C3) », rajoute ce supporteur optimiste, pour la suite.

Des lacunes qui persistent

Ces séries de matchs amicaux relativement simples pour les Parisiens révèlent néanmoins quelques failles dans le jeu et des inquiétudes qui résistent depuis le début de saison. « Les quatre de devant (Neymar, Mbappé, Icardi, Di Maria) sont trop collés et cela créer moins d’occasions, il faudrait exploiter la largeur à mon sens », développe Rahul. « Dans ces matchs amicaux cela suffit pour marquer au moins 5 buts, mais face à l’Atalanta cela ne suffira pas, c’est une équipe qui défend en avançant et qui compresse l’adversaire dans sa moitié de terrain ». On a également vu un PSG plus relâché par le manque d’adversité, avec un Neymar plus personnel : « le jeu repose trop sur Neymar et les quelques appels de Mbappé, il faudra jouer avec toute l’équipe en Ligue des champions (C1) ».

La préparation du PSG est assez longue dans son terme. Elle est suffisante pour reprendre le rythme et retrouver les automatismes. Cependant la vraie préparation est ce soir, vendredi 24 juillet face à Saint-Étienne, pour la finale de Coupe de France. Les Parisiens vont jouer à haute intensité dans un match à enjeu. De plus, le club de la capitale a un deuxième trophée à aller chercher. Pour la dernière édition de la Coupe de la Ligue, Paris se confrontera à l’Olympique Lyonnais vendredi 31 juillet, également en lice dans cette Ligue des champions.

Crédit photo : pxfuel

Premier League : une couronne pour trois

Jordan Henderson, Sadio Mané, Kevin De Bruyne : trois noms pour un titre, celui de meilleur joueur de Premier League. Ces trois noms, révélés par le PFA (Association de footballeurs professionnels), ont reçu le plus de votes de la part des joueurs du meilleur championnat au monde. Alors qui du génie belge, du poumon de Liverpool ou du chouchou de Klopp se verra couronné cette saison ?

Cette saison, le trophée du meilleur joueur de Premier League oppose la force du collectif d’un côté et la performance individuelle de l’autre. Jordan Henderson et Sadio Mané, récents champions d’Angleterre, ont brillé à l’image de leur équipe tout au long de la saison, à tel point que tous les joueurs de Liverpool ou presque auraient pu faire partie des trois finalistes. Il n’aurait pas été injuste de voir trois joueurs des Reds se disputer ce titre tant les pensionnaires d’Anfield ont marché sur ce championnat.

Mais c’est sans compter sur celui qui est sans doute actuellement le meilleur milieu de terrain au monde : Kevin De Bruyne. Si Manchester City a déçu cette année, perdant rapidement toute illusion d’être champion, le Belge sort du lot en ayant réalisé encore une grande saison. Alors que le lauréat sera annoncé demain, analysons les saisons de ces trois joueurs.

Jordan Henderson : capitaine infatigable

Celui qui porte le brassard de Liverpool depuis le départ de Steven Gerrard, a pu cette année soulever le trophée que les supporters attendaient depuis 30 ans : la Premier League. Jordan Henderson, 30 ans, vient de réaliser sa meilleure saison en tant que footballeur. Le capitaine des Reds aura été l’âme de cette équipe et un leader exemplaire tout au long de la saison. Pourtant il endosse déjà ce rôle depuis plusieurs saisons, alors pourquoi l’envisager seulement cette année pour le titre ? Qu’est-ce qui a changé ?

Cette saison, Jordan Henderson aura dépassé l’image du capitaine bagarreur pour devenir un joueur plus complet, notamment offensivement. Avec quatre buts et cinq passes décisives, il réalise sa saison la plus prolifique chez les Reds. Grâce à un Fabinho très solide défensivement, Henderson a pu réaliser des dépassements de fonction qu’il n’effectuait que très peu les précédentes saisons. On pense notamment au match aller face à Chelsea où il a débordé et dribblé sur l’aile droite avant de donner un magnifique centre à Mané. Cette saison, c’est aussi 20 centres de plus que l’an dernier, plus de tirs, de ballons touchés, de passes longues et neuf grosses occasions créées contre seulement deux l’an dernier. Plus généralement, c’est son attitude balle au pied qui a changé. Ces derniers mois l’auront certainement fait entrer dans une autre dimension.

Sadio Mané toujours au top

C’est curieux de voir comment Liverpool a été encore meilleur cette saison alors que ses joueurs offensifs ont moins marqué que la saison dernière. C’est précisément comme cela qu’on pourrait décrire la saison de Sadio Mané : moins de buts, 17 contre 22 l’an dernier, mais pourtant une saison encore plus aboutie. Comment expliquer ce phénomène ? Sans doute parce que c’est toute l’équipe qui a progressé, mais aussi parce que le Sénégalais a su évoluer dans son jeu et devenir plus collectif.

Cela s’observe d’abord par une statistique évidente : sept passes décisives, contre une seule l’an dernier. Il avait déjà atteint ce total lors de la saison 2017-2018 mais sans être aussi décisif face au but (seulement 10 buts). Cette année il aura aussi créé plus de grosses occasions (10 contre 7) et réalisé davantage de centres (49 contre 39). On peut tout de même lui reprocher une chose cette saison : son inefficacité devant le but puisqu’il a raté 18 grosses occasions. Cela reste minime tant l’impression générale dégagée par Mané cette saison est remarquable : rapide balle au pied, appels tranchants en contre-attaque, meilleure qualité de centre, de passe et beaucoup d’efforts défensifs. Encore une fois, Sadio Mané prouve qu’il fait partie des meilleurs ailiers du monde.

Kevin De Bruyne, pour vous servir

Il part favori pour devenir le meilleur joueur de Premier League 2019-2020 et c’est tout sauf une surprise. Cette saison encore, le génie belge aura éclaboussé le championnat de sa classe. Avec Manchester City, il aura été l’un des seuls à évoluer à son meilleur niveau (avec Mahrez et Sterling) tout au long du championnat, avec à la clé 11 buts mais surtout 19 passes décisives. Il lui reste d’ailleurs un match pour égaler ou battre le record de Thierry Henry de 20 passes décisives lors de la même saison. C’est la troisième fois qu’il finit meilleur passeur du championnat après 2016-2017 et 2017-2018.

Plus qu’un simple passeur, De Bruyne est la plaque tournante de cette équipe. Quand il est dans un grand jour, ce qui arrive souvent, City est imbattable. En Premier League il est le joueur qui crée le plus de grosses occasions (32) et qui distribue le plus de passes clés (30). A City, c’est le joueur qui effectue le plus de centres (295) avec un pourcentage de réussite de 24% (en comparaison, Trent Alexander-Arnold est à 21%). Il est aussi capable de débloquer des situations avec des frappes de loin ou des coups-francs. C’est le joueur complet par excellence et sûrement le meilleur à son poste aujourd’hui.

On saura demain qui de Jordan Henderson, Sadio Mané ou Kevin De Bruyne succédera à Virgil Van Dijk et sera élu meilleur joueur PFA de Premier League.

crédit photo : Twitter Sky Sports

L’ascension fulgurante de l’Istanbul Basaksehir

Depuis dimanche, l’Istanbul Basaksehir est officiellement champion grâce à sa victoire 1-0. C’est le premier titre de champion de Turquie pour ce jeune club fondé en 1990. Ce titre est le résultat d’une ascension spectaculaire, notamment dans les années 2010. Retour sur la saison et l’histoire un peu particulière de ce club pas comme les autres.

Nous sommes à la dix-huitième minute de jeu, Gaël Clichy réalise un une-deux avec Eljero Elia au milieu du terrain qui élimine trois joueurs. Le Français remise ensuite sur Demba Ba qui va fixer la défense centrale avant de lui remettre sur la gauche de la surface. Le latéral gauche préfère jouer intelligemment en retrait pour son milieu de terrain Mahmut Tekdemir. D’un plat du pied au premier poteau, le numéro 21 ouvre le score. Ce seul but permettra à l’Istanbul Basaksehir d’être sacré champion de Turquie 72 minutes plus tard, pour la première fois de son histoire, 30 ans seulement après sa création.

Ce titre vient récompenser une équipe qui, sans être flamboyante, aura été la plus régulière de ce championnat turc édition 2019-2020. Toutefois on ne peut pas vraiment dire que c’est une surprise de voir le club stambouliote remporter le championnat cette année, tant le club a évolué ces dernières années. Depuis quelques saisons, l’Istanbul Basaksehir s’est imposé comme un des meilleurs clubs du pays. Comment expliquer ce phénomène ?

Le petit poucet d’Istanbul

Dans un championnat turc plus connu pour ses ambiances folles que pour son niveau de jeu, l’Istanbul Basaksehir fait figure d’exception. Le club doit ses apparences modestes à ses origines : en 1990, c’est la ville d’Istanbul qui crée le club d’Istanbul Büyükşehir Belediyesi Spor Kulübü, Belediyesi signifiant mairie en Turc. En 1993, le club accède pour la première fois à la seconde division turque, qu’il va occuper pendant 14 saisons avant d’accéder pour la première fois à la Super Lig en 2007. Entre 2007 et 2012, le club occupe le milieu de tableau, sans faire beaucoup de bruit. Puis en 2013, le club redescend en deuxième division, où il finira champion et remontera en première. C’est à ce moment, à l’été 2014 que le club change de dimension.

La mairie décide de se séparer du club afin d’enclencher le processus de rachat. Un rachat qui va faire entrer le club dans une nouvelle ère très fructueuse en matière de résultat, mais aussi très contestée. La raison ? le club est racheté par des proches du parti de l’AKP, celui du président Recep Tayip Erdogan. Le club, parfois nommé Erdogan Football Club, change de logo, se voit construire un nouveau stade par Kayon Grup (constructions d’infrastructures étatiques) et est sponsorisé par Medipol (groupe hospitalier privé dirigé par le médecin d’Erdogan).

Ce statut de nouveau riche du championnat turc l’oppose aux trois grands clubs historiques d’Istanbul : Le Besiktas, créé en 1903, le Galatasaray, créé en 1905 et Fenerbahce, créé en 1907. depuis 2000, ces trois clubs avaient raflé presque tous les championnats turcs (seul Burzaspor a réussi à décrocher un titre en 2010). C’est une opposition qu’on remarque en premier lieu dans les stades. Là où les trois grands clubs ont des grands stades (respectivement, 41 000, 52 000 et 50 000 places) et un public fervent (parfois trop), l’Istanbul Basaksehir se contente d’un petit stade (17800 places) et d’un public « recyclé », c’est-à-dire des supporters qui ont fui les ambiances parfois trop violentes des autres clubs stambouliotes. Une image qui colle à la peau du club mais qui ne l’empêche pas de grandir.

Un projet ambitieux mais pas révolutionnaire

Ce titre de 2020 ne sort pas de nulle part. Dès le rachat en 2014, l’Istanbul Basaksehir affiche ses ambitions en recrutant Abdullah Avci, ancien sélectionneur de la Turquie. Depuis, le club est devenu une place forte du championnat : quatrième lors des saisons 2014-2015 et 2015-2016, puis deuxième en 2016-2017, troisième en 2017-2018, à nouveau second en 2018-2019 et enfin champion cette année. Pourtant sa stratégie sportive n’a rien de vraiment extraordinaire.

À l’image du championnat turc, et grâce à l’argent du rachat, Basaksehir va se calquer sur ce qui se fait de mieux en Super Lig : aller chercher des joueurs du top 5 européens en manque de temps de jeu. Signent donc des anciennes stars comme Robinho ou Adebayor et d’autres noms bien connus comme Inler, Clichy, Demba Ba ou Martin Skrtel. Dans les joueurs ayant disputé au moins 20 rencontres toute compétition confondue, seuls trois joueurs avaient moins de 27 ans, dont Enzo Crivelli, l’ancien Caennais (11 buts en championnat). L’âge moyen de l’effectif est de 31,22 ans. Cette manière de faire s’adapte parfaitement à un championnat qui compte beaucoup sur les stars étrangères pour avoir de la visibilité et de la même manière que ça a marché pour les autres clubs stambouliotes, Basaksehir a su en profiter pour tirer son épingle du jeu.

A l’image d’autres grands clubs turcs, Basaksehir se tourne vers d’anciennes stars pour se donner de la visibilité

saison 2019-2020 : l’aboutissement d’un projet

Une stratégie payante donc pour l’Istanbul Basaksehir puisqu’ils sont désormais champions de Turquie. Rien n’aura été facile dans cette saison si particulière, mais en y regardant, ça n’aura pas été si difficile. C’était mal parti avec deux défaites lors des deux premiers matchs, contre Malatyaspor mais surtout contre un concurrent, Fernebahce. L’équipe désormais entraînée par Buruk Okan doit attendre la troisième journée pour enfin décrocher un succès. Après cinq journées, le club est seulement 12ème, à sept points du leader. Mais ils vont bien réagir, avec une série de 16 matchs sans défaites entre la 3ème et la 18ème journée, dont 10 victoires. À mi-championnat, ils sont deuxièmes à quatre points du leader.

Après une deuxième défaite face à Fenerbahce, ils ne perdront plus un match jusqu’à l’interruption du championnat lors de la 26ème journée. Ils sont au coude à coude avec Trabzonspor en tête et comptent trois points d’avance sur Galatasaray. Après la pause due au Covid-19, Basaksehir revient en forme et fait la différence sur ses concurrents qui lâchent du lest. Avec cinq victoires en sept matchs, l’autre club d’Istanbul s’offre le titre lors de l’avant-dernière journée.

Si on ne peut pas parler d’exploit pour décrire ce titre, c’est surtout au vu de la concurrence des autres cadors de ce championnat. Notamment les trois géants stambouliotes qui ont grandement déçu cette saison. Besiktas est quatrième, à 10 points, Galatasaray cinquième à 14 points et Fenerbahce, qui aura pourtant battu deux fois Basaksehir cette saison, n’est que septième à 19 points, un fossé par rapport aux standards du club.

Ce titre, presque logique, vient confirmer les ambitions et les bons résultats du club sur ces dernières saisons. Leur année n’est toutefois pas terminée puisqu’il y a un huitième de finale retour à jouer contre Copenhague en Ligue Europa. Ils s’étaient imposés 1-0 à l’aller. Les quarts de finale se profilent et pourquoi pas plus pour un club qui jouera pour la première fois la Ligue des Champions l’an prochain.

crédit photo : twitter Istanbul Basaksehir

Tony Yoka contre Marin Mindoljevic (2016)

Tony Yoka : de retour sur le ring en septembre ?

Selon son co-promoteur américain Bob Arum, Tony Yoka devrait remonter sur un ring de boxe en septembre en France. Un retour qui s’opérerait après une longue période sans combattre pour le champion olympique.

Le calendrier de Tony Yoka se dessine un peu plus en cette seconde partie de l’année 2020. Bob Arum, son nouveau co-promoteur américain chez Top Rank, a livré une interview au média BoxingScene dans lequel il évoque la période compliquée que le champion olympique a traversée : « Nous avons conclu un accord avec le promoteur français Jerome Abiteboul et nous voulions faire venir Tony pour qu’il combatte ici en mars, mais ensuite tout s’est arrêté et même si nous sommes de retour pour faire des combats, à cause de l’interdiction de voyager, nous ne pouvons pas le faire venir. » 

Le 14 mars, le Français devait combattre dans la salle du Madison Square Garden de New-York avant de s’envoler au Québec deux semaines plus tard pour combattre. Les deux évènements ont ensuite été annulés à cause de la pandémie de Covid-19.

Un départ aux Etats-Unis impossible pour l’instant

Le rêve américain de Tony Yoka devra encore attendre. Après les difficultés du co-promoteur pour trouver un adversaire local, des restrictions de transports en Amérique du Nord pour y combattre sont venues s’ajouter. Ce combat devra se faire obligatoirement en France argumente Bob Arum : « Comment puis-je l’amener avec toutes les restrictions sur les voyages internationaux aux États-Unis ? Donc, à cause de cela, Jérôme est censé le programmer pour un combat en France en septembre et après cela, nous espérons pouvoir le faire venir aux États-Unis pour combattre. » 

Cependant, le nouveau promoteur américain se veut optimiste pour faire venir son nouveau poulain aux Etats-Unis. « Heureusement, nous pourrons le faire venir plus tard cette année ou en début d’année prochaine. Mais pour le moment, il combattra en France. » déclare Bob Arum.

Le 1er juillet, le boxeur français exprimait sur ses réseaux sociaux son impatience pour son retour en compétition.

Une autre année sans combattre ?

L’attente se fait longue pour Tony Yoka. A 28 ans, le numéro 10 à l’International Boxing Federation sait que chaque année est importante pour un boxeur. « Une carrière d’athlète est limitée. Chacun à un nombre d’années de carrière restreint contrairement à la population » constate Bob Arum. Le Français n’a plus combattu officiellement depuis le 28 septembre 2019. Tony Yoka remportait alors sa 7ème victoire à Nantes face à l’Allemand Michael Wallish.

Si pour diverses raisons, ce futur combat en France ne pouvait avoir lieu, Tony Yoka enregistrerait une autre année sans combattre. Le champion olympique, invaincu sur la scène professionnelle, avait déjà perdu un an après une suspension à la suite de trois contrôles antidopage manqués.

Crédit Photo : Flickr /@AIBA PRO BOXING

Episode 3 – Quels sont les clubs ayant profité de l’interruption des championnats ?

Après trois mois d’interruption à cause de la crise du coronavirus, les équipes de Liga, de Premier League et de Serie A ont pu reprendre la direction des terrains, respectivement les 11, 17 et 20 juin. Environ un mois plus tard, peut-on dire que la pause due au Covid-19 a changé les dynamiques de ces championnats ? Quels clubs ont profité de ce break et au contraire, quelles équipes ont souffert de cette coupure ? Pour ce dernier épisode, direction l’Italie avec la Serie A.

En mars, l’Italie est le pays le plus sévèrement touché par le coronavirus. C’est donc sans surprise que son championnat de football doit se mettre en pause le 9 mars. On reste donc sur un Sassuolo – Brescia qui se termine sur le score de 3-0. A ce moment, rien n’est encore joué en Serie A et il y a du suspens à tous les étages. En tête on retrouve la Juventus évidemment, mais le championnat est loin d’être acquis tant le niveau de jeu de la Vieille Dame inquiète sous Sarri. Ils restent tout de même sur une victoire très importante contre l’Inter de Milan (2-0). Derrière, ça pousse avec notamment la Lazio, à seulement un point, avec une meilleure attaque et une meilleure défense. L’Inter, qui a longtemps occupé la tête du championnat est à neuf points mais avec un match en moins (la 25ème journée avait été interrompue). Enfin la flamboyante Atalanta (meilleure attaque du championnat) qui reste sur quatre victoires consécutives a encore son mot à dire, sachant qu’elle compte elle aussi un match en moins. Elle semble quand même trop loin pour espérer le titre.

Derrière ce quatuor, l’AS Rome peut encore espérer la Ligue des Champions, mais l’équipe de Paulo Fonseca a beaucoup de mal à enchaîner les bonnes performances cette saison. Ils restent sur 3 défaites et 2 victoires lors des cinq derniers matchs. Derrière, l’AC Milan voir même l’Hellas Verone, qui fait une bonne saison, se battront jusqu’à la fin pour obtenir leur billet pour la Ligue Europa. Naples, vainqueur de la coupe d’Italie, est d’ores et déjà qualifiée pour la Ligue Europa. Pour la Ligue des champions, ce sera plus compliqué voire mission impossible. Pour le maintien, ça se jouera sans doute entre Lecce et les deux clubs de Gênes (Genoa et Sampdoria). Pour Brescia et la SPAL en revanche, ça sent bon (ou plutôt mauvais) la Serie B.

La Juve encore et toujours

Le premier grand gagnant de cette reprise, c’est la Juventus de Turin. C’est paradoxal quand on regarde ses derniers résultats : défaite 4-2 contre le Milan, match nul face à l’Atalanta et Sassuolo. Pourtant, les Bianconeri comptent aujourd’hui six points d’avance sur son dauphin, l’Inter de Milan. Attention tout de même, parce qu’avec cinq matchs encore à jouer, la Juventus n’est pas à l’abri, surtout qu’elle affronte la Lazio lors de la prochaine journée, ainsi que l’AS Rome lors de la dernière. Elle pourra compter sur un Cristiano Ronaldo en forme, avec sept buts en autant de matchs depuis la reprise. Le portugais vise d’ailleurs le prix de capocanoniere (meilleur buteur), il compte un but de moins que Ciro Immobile de la Lazio.

Si la Juventus ressort autant gagnante de cette reprise du championnat, c’est peut-être finalement grâce à ses concurrents directs. Surtout la Lazio, qui avant la pause, était à un point de la Juve et semblait en mesure d’aller chercher le titre. Cette saison, ils avaient d’ailleurs battu deux fois la Vieille dame (en championnat et en supercoupe), à chaque fois sur le score de 3-1. Mais depuis la reprise cette équipe n’est que l’ombre d’elle même : seulement deux victoires pour quatre défaites et un match nul. Les voilà relégués à la quatrième place avec huit points de retard sur la Juve.

Cette méforme de la Lazio a profité à l’Inter, qui connaissait un petit coup de mou avant l’interruption (deux défaites sur les cinq derniers matchs). Les Nerazzuri en ont profité pour reprendre la deuxième place. Mais depuis la reprise on ne peut pas dire qu’ils aient totalement profité de la petite méforme de la Juve. Avec deux défaites, dont une largement évitable face à Bologne, ils restent à distance du leader avec un calendrier très compliqué. Sur les cinq derniers matchs, ils affronteront l’AS Rome, Naples et l’Atalanta Bergame.

Le club de Bergame est l’équipe la plus en forme du championnat, avec 28 points pris sur 30 possibles lors des dix derniers matchs. Alors qu’ils comptaient 15 points de retard sur la Juve avant la reprise, ils ne sont plus qu’à sept points. Ils auraient même pu faire mieux après leur grand match face aux Bianconeri, qui s’est finalement soldé par un match nul 2-2. Encore une victoire et la meilleure attaque du championnat (93 buts) sera sûre de disputer à nouveau la Ligue des Champions l’an prochain.

QUI ira directement en ligue europa ?

Sauf énorme surprise, ce sont donc la Juve, l’Inter, l’Atalanta et la Lazio qui iront en Ligue des Champions. Il reste donc deux place pour la Ligue Europa à aller chercher : la cinquième place qualifie directement et la sixième (ou septième, cela dépendra du classement de Naples) enverra l’équipe aux tours préliminaires. deux clubs vont batailler jusqu’à la fin pour sauver leurs saisons en demi-teinte : L’AS Rome et l’AC Milan. Pour la Louve, c’est une déception, puisqu’elle pouvait encore espérer accrocher le wagon pour la Ligue des Champions, mais même après la reprise, elle s’est montrée trop irrégulière avec quatre victoires et trois défaites. Alors qu’elle comptait six points d’avance sur Naples et neuf sur Milan avant la pause, elle n’a plus quatre points d’avance sur ses deux concurrents.

Les Rossoneri sont les plus en forme des trois avec cinq victoires et deux nuls en sept matchs, dont trois très importantes contre la Roma justement, mais aussi la Lazio et la Juve sur des gros scores (3-0 et 4-2). Il leur reste un gros choc face à l’Atalanta mais à part cela, le calendrier est plutôt abordable pour l’AC Milan. Attention tout de même à Sassuolo qui est en bonne forme. De son côté, Naples n’a pas réussi un retour flamboyant, avec quatre victoires, deux nuls (dont un face au Milan) et une défaite, mais l’équipe de Gattuso, en remportant la coupe d’Italie aux dépens de la Juve, s’est assurée de disputer la Ligue Europa l’an prochain. En Décembre dernier l’équipe était en crise après que les joueurs aient refusé une mise au vert imposée par leur président. La Ligue Europa sera une maigre consolation pour une équipe qui a pris l’habitude de jouer la Ligue des Champions tous les ans. L’Hellas Vérone et Parme, qui pouvaient encore faire partie de cette bataille pour l’Europe, se sont complètement effondrés.

les Rossoneri sont revenus en grande forme depuis la reprise.

Lecce peut encore espérer le maintien

En bas du classement, on note tout d’abord l’excellent retour de la Sampdoria, qui flirtait avant la zone rouge et qui compte désormais neuf point d’avance sur le premier relégable Lecce. Torino et l’Udinese, également en mauvaise posture ont également pris leur distance. Cela donne donc un match entre le Genoa, 30 points et Lecce, 29 points. Depuis la reprise, le Genoa compte un match nul de plus que son concurrent direct, mais tout reste à faire. Les deux clubs s’affronteront dimanche pour le compte de la 34ème journée. Un match décisif donc pour les deux équipes, mais pas encore une « finale » puisqu’il restera encore quatre matchs ensuite. Lecce a le calendrier le plus favorable puisqu’ils n’affronteront aucune équipe au-dessus de la 10ème place, tandis que le Genoa affrontera l’Inter, Sassuolo et L’Hellas lors des trois derniers matchs. Ils auront aussi à affronter la Sampdoria dans le derby de Gênes. A ce niveau-là donc avantage Lecce. Mais rien n’est joué pour autant.

Ce n’est pas encore officiel mais on connaît déjà sûrement les deux premiers relégués en Serie B, à savoir Brescia et la SPAL. Depuis la reprise, c’est cinq points pris pour les premiers et seulement un seul pour le second. C’est trop peu pour espérer se maintenir. Seul un miracle pourrait les sauver.

la claque reçue face à l’Atalanta condamne presque le club lombard

L’interruption due au coronavirus aura donc largement influencé cette saison de Serie A. Rien n’est encore joué pour le titre même si la Juventus a désormais une avance importante. La Lazio s’est écroulée dans cette course, au contraire de l’Atalanta qui est revenue encore plus forte. Le suspens reste entier pour le maintien. Voilà donc la fin de notre série sur comment la pause covid-19 a relancé les championnats européens, faisant évolué en bien ou en mal le destin de certains clubs.

crédit photo : Roman Mirtain

Antoine Griezmann et Neymar Jr au Barça

Peut-on comparer les débuts d’Antoine Griezmann et de Neymar au FC Barcelone ?

Ces dernières semaines, beaucoup d’encres ont coulé sur les débuts d’Antoine Griezmann au FC Barcelone et des rumeurs de départ ont même été évoquées. Une comparaison récurrente entre le Français et le Parisien Neymar est également venue alimenter les débats. Mais peut-on réellement comparer leurs débuts au Barça ?

Incompatible, pas au niveau, le vestiaire contre lui… Chaque jour, de nouvelles critiques surgissent sur la présence d’Antoine Griezmann au Barça. Même si le match face à Villarreal (victoire 4-1 – J34 ) a redoré l’image du champion du monde, c’est un bilan mitigé qui se dessine en cette fin de saison. Avec 9 buts et 4 passes décisives en Liga pour 35 rencontres, l’ex Colchonero n’a convaincu personne sur la réussite de son transfert. 

Le trio Messi-Suarez-Griezmann a du mal à fonctionner et fait regretter les années « MSN » où le Brésilien Neymar écrivait les beaux jours de la Catalogne. Si le FC Barcelone demeure encore en course pour la Ligue des Champions, il reste néanmoins difficile de parier que le toit de l’Europe sera blaugrana fin août.


Griezmann, statistiquement égal à Neymar

Si le trio Messi-Suarez-Neymar reste à jamais gravé dans la mémoire de tous les supporters barcelonais, il est cependant nécéssaire de se remémorer que le prodige auriverde avait réalisé une première saison en demi-teinte, loin de ses standards au Santos des saisons précédentes.

En effet, Ney était arrivé dans un contexte particulier après avoir remporté la Coupe des Confédérations, mais surtout lors d’un transfert suspect qui avait couté la démission du président catalan en place, Sandro Rosell. Lors de cette première saison, si le jeu du Brésilien fut louable, il n’en fut pas pour autant exceptionnel : 14 buts toutes compétitions confondues en 41 matches et 9 cartons jaunes. 

Griezmann réalise actuellement des statistiques équivalentes à celles de Neymar en 2013/2014 : 15 buts, 46 matches et 4 cartons jaunes. Même si Karim Benzema a affirmé dans France Football que « le football était en train de devenir une compilation de statistiques », ces dernières permettent néanmoins de nuancer les critiques.

Comme Griezmann, Neymar non épargné par la critique

Avant son éphémère réconciliation avec la presse espagnole lors de sa brillante rencontre face à Villarreal, Antoine Griezmann avait déjà subi les foudres de celle-ci. Lors du 2-2 contre le Celta Vigo le 27 juin, Sport a déclaré que le Français était « l’unique responsable de ses misères ». Mundo Deportivo, quant à lui, a pointé du doigt le fait que l’entraîneur Quique Setién n’offrait qu’un « rôle secondaire » au champion du monde. 

Lors de sa première saison avec le FC Barcelone, Neymar s’était également attiré bon nombre de critiques. Le regretté Johan Cruyff n’avait pas eu des mots tendres à l’égard de la jeune star brésilienne. En mars 2014, l’ancien entraîneur néerlandais déclarait « Le problème du Barça aujourd’hui, c’est Neymar. ». Avant de rajouter que « personne n’était Dieu à 21 ans (âge de Neymar à l’époque). Ils ont déjà le meilleur joueur du monde, et un joueur de 21 ans ne peut être la référence de l’équipe. ». Ambiance. La presse espagnole ne l’épargnait pas non plus en le qualifiant à maintes reprises de « plongeur ».

Neymar 2013/2014 /@MNcompsJR (YT)

Neymar, leader malgré lui

Si Griezmann a la chance d’évoluer avec des joueurs de rang mondial dès cette première saison, ce ne fut pas le cas pour Neymar puisque Luis Suarez n’est arrivé qu’à l’été 2014 en provenance de Liverpool. Le Brésilien jouait alors dans un effectif affaibli avec de nombreux blessés en défense (Gerard Piqué, Carles Puyol et Victor Valdés). 

Dès le début du mois de novembre 2013, Neymar était devenu le leader sur le terrain à la place de Messi, blessé et moins performant que lors de sa mythique saison 2012, en partie à cause du scandale de fraude fiscale qui planait au-dessus de l’Argentin. 

Neymar fut également blessé lors de sa première saison. En janvier 2014, il s’était fait une entorse de la cheville et n’avait rechaussé les crampons qu’un mois plus tard, chose qu’Antoine Griezmann n’a, heureusement, pas connu cette saison avec le FC Barcelone.

Ce n’est qu’à la fin du bal que l’on paye les musiciens et il faut admettre que la partition d’Antoine Griezmann cette année n’a pas été exceptionnelle. Mais statistiquement, il réalise une saison similaire à celle de Neymar lors de sa première saison avec le Barça. La suite pour le Brésilien avec Barcelone est connue de tous : Ligue des Champions, trio le plus prolifique d’Europe et un souvenir impérissable. Souhaitons le même avenir pour Griezmann, si ce dernier s’accroche jusqu’à l’année prochaine…

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