Manifestation à Versailles contre la réforme de retraites

En cette troisième journée de grève nationale, la mobilisation des syndicats et des collectifs était une nouvelle fois au rendez-vous. Ce mardi 17 décembre, 200 personnes ont manifesté dans les rues de Versailles pour demander le retrait de la réforme des retraites.

Les Yvelinois et Yvelinoises sont en colère et le font savoir. Une vingtaine de syndicats et collectifs du département tel que Solidaires 78, la CGT 78 – Confédération Générale du Travail-, la CFDT78– Confédération française démocratique du travail-  se sont réunis à dix heures ce matin pour une grande assemblée générale à la porte de Buc à Versailles. Ils ont voté à l’unanimité la reconduction de la grève et une nouvelle journée de mobilisations prévue demain dans tout le département. La centaine de manifestants est ensuite partis de la porte de Buc vers onze heures pour rejoindre la préfecture des Yvelines. 

Des manifestants confiants et déterminés

En début de cortège, on retrouve la CGT avec les cheminots de Trappes, Rambouillet et Versailles. Même si une partie du syndicat est déjà en route pour Paris, ils sont une quarantaine à s’être déplacé pour manifester contre la réforme de retraites. Pour Mathieu Bolle-Reddat conducteur de train sur la ligne C du RER et secrétaire général de la CGT Cheminot de Versailles la motivation est toujours là. « Je préfère perdre mille euros en me mettant en grève qu’une fois à la retraite. Tant que Macron n’aura pas compris que sa réforme est bonne pour la poubelle, on sera dans la rue ». Quand on lui demande ce qu’il pense de l’obtention d’un régime exceptionnel pour les policiers, les gardiens de prison, les routiers, les soldats.. il a une certaine amertume. « Au début, on nous présentait une réforme, soi-disant universel et chaque jour il y a une nouvelle catégorie de personnel qui est finalement exemptée. On n’est pas jaloux, tant mieux pour eux, mais si on manifeste, c’est pour les retraites de tout le monde » ajoute Mathieu.

Une vingtaine d’électriciens et de gaziers manifestent à Versailles ©CanardLudivine

Juste derrière, la CGT Énergie. Ils sont une vingtaine à avoir fait le déplacement depuis le local de Maurepas. Cédric Cousin, responsable syndical de la CGT Énergie 78 revendique bien évidemment le retrait de la réforme qui devrait supprimer le régime spécial de l’énergie en place depuis 1946. « C’est le monde du travail qui est attaqué, qu’on soit dans le public ou le privé, on va tous être touché. Nous ne sommes est pas reconnu comme profession pénible pourtant on travaille dehors peu importe le temps, à n’importe quelle heure, parfois loin du local, la retraite à 64 ans pour nous c’est n’est pas possible ».

Même agacement plus loin, Marie travaille dans l’administration de l’Éducation Nationale, syndiquée à l’UNSA-Union nationale des syndicats autonomes. « On en a marre de ce gouvernement qui ne nous écoute pas. Pour venir manifester, j’ai perdu 1/30 ème de mon salaire brut soit plus de 100 euros ». Elle souhaiterait la revalorisation des salaires dans la fonction publique avec une application immédiate du PPCR- Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations– qui prévoit la revalorisation des grilles salariales.

Une réforme sur le grill

Les organisateurs se réjouissent de cette mobilisation, qu’ils estiment à plus de 200 manifestants. Ces derniers ont campé et organisé un barbecue devant la préfecture en attendant les bus. Les syndicats se mélangent et débattent entre eux sur fond de musiques rythmées et des slogans scandés au mégaphone. Bonne humeur et convivialité sont au rendez-vous.  

La CGT Énergie s’occupe du Barbecue ©LudivineCanard 

Cette manifestation est un « échauffement » avant celle de Paris en début de matinée. Ils partiront de la Place de la République à treize heures trente pour rejoindre la Place de la Nation. Midi trente, les dix bus affrétés pour aller à Paris arrivent un par un et se remplissent très rapidement. Il reste cinq places, qui vont vite trouver preneur. Tous les syndicats n’ont pas pu prendre leur place par manque de moyens. « C’est trop cher de louer un bus » s’indigne Laurence Picouleau, secrétaire de la section Sud Culture Versailles . « On préfère rester ici, pour interpeller les personnes directement. Aller sur Paris ne sert à rien » relativise-t -elle. Les collectifs ne pouvant pas se rendre sur Paris, ont manifesté devant le château de Versailles jusqu’en fin d’après-midi.  

Plus de 300 manifestants devant le château de Versailles cet après-midi ©GCTEnergie

Le Premier ministre, Édouard Philippe rencontrera demain les organisations syndicales et patronales à Matignon afin de trouver une issue au conflit qui dure déjà depuis treize jours.

Les étudiants manifestent le 17 décembre contre la réforme des retraites

Ils étaient déjà dans la rue contre la précarité étudiante fin novembre et ont décidé de rejoindre le mouvement de contestation contre la réforme des retraites. Les étudiants sont bien évidemment aux côtés des cheminots, infirmiers, pompiers pour faire entendre leurs revendications. 

« Relevons la tête face à la réforme des retraites ». C’est le slogan des jeunes communistes des Yvelines -JC 78- lors de la manifestation cet après-midi à Paris. Ils partiront à treize heures trente de la Place de la République et rejoindront la Place de la Nation vers 18 heures. Les jeunes communistes n’ont pas hésité à sécher les cours pour être présent à cette troisième journée de mobilisation nationale. Vers dix heures, une trentaine de jeunes travailleurs, étudiants et lycéens se réuniront avec les organisations syndicales du département tel que la CGT 78 – Confédération générale du travail- ou FO 78 – Force Ouvrière- pour une grande assemblée générale. Suite à cette réunion, ils manifesteront de la gare de Versailles Chantiers jusqu’à la préfecture de Versailles dans le but d’interpeller le préfet des Yvelines : Jean-Jacques BROT. Ils rejoindront ensuite la manifestation de Paris en début d’après-midi. Des bus ont été affrétés pour l’occasion. 

Afin de mobiliser un maximum de monde pour la manifestation, les Jeunes Communistes des Yvelines ont multiplié les actions ces derniers jours. Hier matin, ils étaient présents au blocage du dépôt SQYBUS dès quatre heures trente à Trappes aux côtés des grévistes de la CGT. Ils ont brûlé des palettes devant la porte empêchant toute sortie ou entrée du dépôt. Le blocage a eu lieu entre cinq et huit heures du matin entrainant de fortes perturbations sur le trafic jusqu’en fin de matinée.

Les jeunes Communistes des Yvelines bloquent le dépôt de bus à Trappes avec la CGT. ©Facebook/ JeunesCommunistesYvelines 

Hier après-midi, ils étaient devant la Bibliothèque de l’Université à Saint-Quentin-en-Yvelines pour distribuer des tracts. Matthieu Bolzinger membre du groupe UVSQ contre la précarité et jeune communiste des Yvelines compte bien élargir le cortège.  « On essaye d’expliquer aux jeunes nos combats, nos actions, nos revendications et surtout pourquoi il est important de nous rejoindre et de venir manifester avec nous mardi ». « On demande le retrait pur et simple de la réforme qui est pour nous totalement inacceptable, c’est l’une des attaques les plus violentes contre le système solidaire de la retraite par répartition » s’indigne Arnault, membre du collectif. « On souhaiterait une amélioration du système actuelle de retraite avec un départ à la retraite à 60 ans avec une augmentation générale des pensions de retraite. On veut juste une retraite décente ».

Les jeunes communistes des Yvelines distribuant des tracts devant la Bibliothèque Universitaire de Saint-Quentin en Yvelines. Matthieu à droite et Arnault au centre. / ©CanardLudivine
Les jeunes communistes des Yvelines distribuant des tracts devant la Bibliothèque Universitaire de Saint-Quentin en Yvelines. Matthieu à droite et Arnault au centre. / © Canard Ludivine

Le groupe de 150 adhérents, ne s’est pas arrêté là. Dans la soirée, les jeunes communistes se sont réunis avec d’autres collectifs étudiants du groupe UVSQ contre la précarité comme Les Jeunes Génération.s-78, un groupe étudiants du parti Générations de Benoit Hamon. Ils se sont organisés en vue de la manifestation du 17 décembre. À l’ordre de la réunion : préparation des banderoles, impression des tracts, point sur la situation, préparation du trajet… Ils sont plus que prêt, et déterminés à faire valoir haut et fort leurs revendications.