Union européenne : vers plus de solidarité ?

La Commission européenne propose un plan de relance de 750 milliards d’euros pour sortir de la crise post-covid19. C’est l’Allemagne, jusqu’alors peu convaincue dans ce genre de politique de relance qui est contre toute attente, à l’origine de cette proposition. Faut-il y voir un regain de solidarité en UE ?

Une UE généreuse et bienveillante

750 milliards d’euros dont 70%, c’est-à-dire 500 milliards d’euros, non remboursable ! C’est cadeau ! L’UE devient plus que généreuse en débloquant des fonds exceptionnels pour venir en aide aux plus fragiles de l’union. Cet argent sera remboursé par des taxes, évitant ainsi d’accabler ses membres avec de nouvelles dettes.

Parmi ces taxes, la commission propose par exemple une taxe carbone aux frontières de l’UE pour pénaliser les importations de produits issus d’usines polluantes. Mais également un impôt sur les grandes entreprises, peut-être même une taxe spécifique pour les sociétés numériques. Une UE qui mêle donc ses objectifs écologiques et économiques à ce plan de relance, qui n’est en aucun cas déconnecté de ses priorités.

C’est donc l’image d’une UE soucieuse de venir en aide à ses membres les plus accablés par la pandémie qui se dessine. Une UE qui se veut interventionniste après des années de politique d’austérité, une UE qui n’a pas peur de dépenser, une UE solidaire en somme.

Tous solidaires vraiment ?

Aider les plus démunis, certes c’est vertueux, mais qui va payer ? Les taxes ne séduisent pas les pays du nord ! Ceux qu’on appelle les « frugaux » ou encore les « radins ». Ceux qui se portent bien et qui en ont assez de cette union où ils payent plus qu’ils ne reçoivent. En somme, les riches de l’UE en ont assez de porter à bout de bras les plus démunis, qui ne se réforment pas assez vite et efficacement selon eux. Ce sont avec ces mêmes pays que Charles Michel, président du conseil européen doit composer.

Ce sont également des pays comme la France et l’Allemagne qui vont recevoir assez peu d’aide de ce plan de relance, et vont néanmoins devoir subvenir aux besoins des autres membres plus en détresse, tout en ayant pas les mêmes ressources que les pays nordiques.

Un carrefour pour l’UE

Alors que les Britanniques quittent l’UE, celle-ci fait face à une crise qui est à la fois destructrice mais également l’occasion de changer son fonctionnement. L’occasion de se reposer la question fondamentale, qu’attendons de l’UE ? Une UE économique, politique, social ? Un projet de paix qui suscite bien des tensions entre ses membres, c’est peut-être le moment de se mettre au clair, notamment sur notre capacité à former une véritable union.

Une union c’est un ensemble d’entités qui décident de se réunir et d’avancer main dans la main en se promettant une entraide mutuelle. Or, union signifie bien une agglomération de diverses entités. Et c’est bien cette diversité qui pose problème. En somme, ce sont toujours les plus riches qui vont aider les plus pauvres. Les plus privilégiés de l’union ne gagnent qu’une bonne conscience. Et cela ne semble pas suffire à ces pays qui critiquent une solidarité qui ne va que dans un sens. Les pays du nord de l’Europe viennent en aide aux pays de l’est et du sud de l’Europe, et l’on voit assez peu aujourd’hui comment la situation pourrait s’inverser.

C’est donc un moment important pour l’UE que ce plan de relance, qui incite à la solidarité dans une période difficile. Le 17 et le 18 juillet ce plan sera discuté par les membres de l’UE, pour savoir si l’on se serra les coudes pour sortir ensemble de la crise, et surtout si les pays du nord, accepteront, au nom de l’union, d’apporter leur précieuse aide.

Crédit photo : Claude Truong-Ngoc

Marco Rose, symbole de la mentalité allemande ?

Marco Rose est l’un des plus jeunes et des plus talentueux entraineurs du monde. Cette saison, avec le Borussia Mönchengladbach, l’entraineur allemand surprend de par les résultats et la qualité de jeu de son équipe. Retour sur la fulgurante ascension de l’Allemand.

« Marco peut entrainer partout, c’est le coach avec la plus grosse hype du moment, tout le monde parle de lui« . Jürgen Klopp, dans une interview pour Sky, s’est montré très élogieux à propos de son ancien joueur. L’entraîneur Allemand enchante la Bundesliga depuis le début de la saison. Son style de jeu très offensif a permis au Borussia Mönchengladbach d’avoir, à onze journées de la fin de la saison, le même nombre de points que la saison dernière.

Une carrière sans embûche

Originaire de Leipzig, il commence sa carrière de joueur dans sa ville natale. Après 13 ans au VfB Leipzig, l’ancien défenseur rejoindra Hanovre avant de finir sa carrière à Mainz, il y côtoiera pendant 7 ans son mentor, Jürgen Klopp. « J’ai passé beaucoup de temps avec Jurgen Klopp et c’était très sympa, se remémore-t-il, il nous à tous formé. Nous avons récupéré quelques idées footballistiques, mais au-delà de tout ça, c’était la manière dont il était avec nous[qui était important]« . Après sa carrière de footballeur professionnel, Marco Rose devient assistant d’entraineur avant de rejoindre la filiale Red Bull en Autriche. Il se verra alors confier les clés de l’équipe U16 du RB Salzbourg, dès sa deuxième saison, il hissera son équipe à la première place du championnat. L’entraîneur Allemand se fera également remarquer en gagnant l’unique Youth League du Red Bull Salzbourg en 2016/2017. Lors de cette édition il battra le PSG et le FC Barcelone. 4 ans plus tard, après de bons résultats à la tête des U16, Marco Rose est promu en tant qu’entraineur de l’équipe première. Les Autrichiens réaliseront alors le meilleur parcours de l’histoire du club en Europa League, ils perdront en demi-finale face à l’OM, en championnat ils seront de nouveau sacrés champions.

Développement de jeune talent

Le nombre de jeunes joueurs qui ont explosé sous les ordres de Marco Rose est conséquent. Sur cette longue liste les noms de Duje Caleta-Car ou encore d’Amadou Haidara y figurent. Ce n’est pas étonnant puisque selon Kevin Hatchard, commentateur et journaliste Anglais, il « passe énormément de temps à développer ses joueurs« . L’Allemand n’hésite pas à leur donner les clés du jeu. Sa campagne de Youth League en est le parfait exemple. Dans cette équipe pétri de jeune talents, il confie le milieu de terrain à Hannes Wolf, alors âgé de 17 ans. L’Autrichien est, à l’époque, considéré comme l’un des plus gros talents de la filiale Red Bull. Le milieu de terrain domine la compétition, la terminant ainsi avec 7 buts et 4 passes décisives. Au Borussia Mönchengladbach, il a fait de Florian Neuhaus et Denis Zakaria, deux jeunes joueurs en plein développement, des pièces importantes de son effectif.

Un tacticien hors pair

D’un point de vue tactique, Marco Rose suit la tendance des jeunes coachs allemands. Avec son assistant Rene Maric, ancien blogeur, il demande à son équipe d’attaquer au milieu du terrain. Cela leur permet de toucher l’attaquant et de créer des occasions franches. Sans le ballon, les équipes de l’allemand effectuent un contre pressing qui leur permet de le récupérer très rapidement. La Bundesliga a repris et Mönchengladbach espère accrocher la Champions League, afin de continuer leur progression. Hier, malgré le nul obtenu sur la pelouse du Werder Brême, les hommes de Marco Rose ont su profiter de la déroute du Bayer Leverkusen pour prendre la 4e place du championnat.

Alphonso Davies, la fusée canadienne en orbite

Alphonso Davies est la révélation de la saison côté bavarois. Mardi lors du klassiker opposant le Bayern Munich au Borussia Dortmund en Bundesliga, le jeune de 19 ans a été enregistré à 35,3 km/h lors d’une course fulgurante pour rattraper le norvégien Haaland se présentant alors seul face à Neuer. Du Canada jusqu’en Allemagne, retour sur la folle ascension de l’un des meilleurs latéraux gauche de la saison.

Il est canadien et se prénomme Alphonso Davies. Sa performance de mardi soir a permis à son équipe de l’emporter contre les jaunes et noirs sur le score de 1 à 0 grâce à un but de l’Allemand Joshua Kimmich.

Depuis le retour de la Bundesliga le week-end dernier, Alphonso Davies fait forte impression et n’arrête pas d’enchainer les bonnes prestations. Une bonne forme qu’il maintenait déjà avant l’arrêt du championnat.

Une incroyable précocité

On se demande bien jusqu’où va aller le Libérien. Car oui, Alphonso Davies est né de parents libériens dans un camp de réfugiés au Ghana en 2000, après que ces derniers aient fui la guerre civile au Libéria. Il a alors 5 ans quand il arrive au Canada. Malgré les problèmes financiers de ses parents, l’empêchant d’avoir une licence dans un club, il brille sur les terrains d’Edmonton et démontre tout son potentiel. Alors qu’il déménage à Vancouver, il ne tarde pas à attirer l’attention de la Major League Soccer et d’une équipe en particulier, les Whitecaps de Vancouver. Le club le recrute à l’âge de 14 ans.

Un an plus tard, alors âgé de 15 ans, Alphonso Davies devient le plus jeune joueur à évoluer en 3ème division nord-américaine de soccer et aussi le deuxième plus jeune joueur à jouer en MLS après Freddy Adu. Mais ça ne s’arrête pas là. Alors qu’il obtient la nationalité canadienne à 16 ans, il est convoqué en sélection nationale, de quoi lui donner des ailes.

Un aller-simple pour l’Allemagne

Pour sa dernière saison à Vancouver, il joue 31 matchs et affiche de belles statistiques, huit buts et dix passes décisives. Étincelant cette saison-là, Alphonso Davies sera transféré au Bayern Munch qui s’offrira les services du jeune « Phonzie » en juillet 2018 pour 20 millions d’euros, la vente la plus chère de toute l’histoire de la 1ère division américaine. Aujourd’hui, le numéro 19 file comme le vent sur le terrain et se voit donner le nom d’« Usain » par ses coéquipiers au Bayern. Son incroyable vitesse de pointe s’est faite remarquer contre Dortmund. Précédemment, le latéral gauche avait atteint les 34 km/h lors de la victoire de l’équipe bavaroise contre l’Union de Berlin le 17 mai dernier. Ses performances parlent pour lui : 4 buts et 8 passes décisives en 33 matchs toutes compétitions confondues.

Il a d’ailleurs récemment prolongé son contrat pour deux saisons supplémentaires le liant ainsi au club jusqu’en 2025. Un contrat qui lui permet de voir son salaire exploser et avoisiner les 5 millions d’euros par an.

Un joueur engagé

Alphonso Davies ne réalise pas de belles prouesses uniquement sur le terrain, mais aussi en dehors. À l’heure où le coronavirus commençait à se propager telle une trainée de poudre dans le monde entier, le joueur canadien avait lancé un appel aux dons le 28 avril dernier. Inquiet pour les réfugiés, il voulait aider ces derniers à « obtenir tout ce dont ils ont besoin » pour survivre face à l’épidémie de Covid-19.

« Il est évident que la distanciation sociale est difficile pour eux dans la mesure où l’on est serré dans les camps de réfugiés (…) or, si le coronavirus frappe l’un de ces camps, cela pourrait être un désastre. Je souhaite les aider autant que possible ».

À l’initiative du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, un tournoi virtuel sur le jeu PES 2020 avait été organisé. Davies était opposé au gardien bosnien Begovic, lui-même originaire de camps de réfugiés. 9000 € ont alors été récoltés à l’issue de cet évènement.

Julian Nagelsmann, itinéraire d’un surdoué

Plus jeune entraîneur de la Bundesliga, Julian Nagelsmann n’en reste pas moins l’un des plus reconnus, et ce, à seulement 32 ans. Retour sur le début de carrière de ce jeune prodige du banc.

De joueur amateur

Si Julian Nagelsmann est devenu entraîneur si tôt dans sa vie, ce n’est pas uniquement par passion. Joueur amateur au sein des réserves de Munich 1860 et du FC Augsbourg, Julian Nagelsmann n’ira jamais plus haut. Des blessures récurrentes aux genoux auront raison de son honnête carrière. C’est ainsi que sa deuxième vie commence. Suite à l’arrêt de sa carrière de joueur, Julian Nagelsmann prend en charge les moins de 19 ans du TSG Hoffenheim. Mais sa carrière prend un tout autre tournant lors de la saison 2016-2017. Huub Stevens, entraineur de l’équipe première démissionne, il est remplacé par Julian Nagelsmann qui devient à 28 ans seulement le plus jeune entraîneur de l’histoire de la Bundesliga. La suite n’en sera que meilleure…

À entraîneur reconnu

Bon nombre de spécialistes de la « Buli » comme elle est surnommée, restent sceptiques quant à la nomination d’un si jeune entraîneur à la tête d’une équipe première. Pourtant, Julian Nagelsmann va rapidement déjouer les pronostics. À la faveur d’une seconde partie de saison canon, le TSG Hoffenheim accède aux barrages de la Ligue des champions, une première dans l’histoire du club. Mais le jeune coach ne va pas s’arrêter là. Avec une philosophie basée essentiellement sur l’approche psychologique des joueurs, Nagelsmann va, lors de la saison 2017/2018 faire encore mieux en terminant troisième du championnat derrière le Bayern Munich et Schalke 04 mais devant des mastodontes du football allemand tels que le Borussia Dortmund ou le Bayer Leverkusen. Un exploit pour le club basé à Sinsheim, ville de seulement 35 000 habitants. Le club découvre ainsi sous la houlette de son jeune entraineur, la phase de poules de la Ligue des Champions. Hélas, l’aventure tournera court, puisqu’avec trois petits points dans la besace, le club finira bon dernier de son groupe. Le reste de la saison sera également en demi teinte puisque le TSG se classera à une honorable neuvième place. Mais si le club reste dans le ventre mou du classement cette année là, ce n’est pas le cas de Julian Nagelsmann. Le technicien rejoint pour la saison 2018/2019 le banc du très controversé mais néanmoins ambitieux RasenBallsport Leipzig.

Leipzig, pour grandir avec le club

Fondé en 2005, ce club n’est pas apprécié par les amoureux du championnat allemand car il est « nouveau » et ne respecte pas la tradition allemande de « club populaire ». Leipzig reste néanmoins une des équipes les plus régulières de Bundesliga sur ces quatre dernières années. Et pour justifier ces ambitions nationales et européennes, quoi de mieux qu’un entraîneur pétri de talent. Un coach à l’image du club, jeune, ambitieux et sans limites. À Leipzig, la mayonnaise ne tarde pas à prendre entre Nagelsmann et ses joueurs. Au sein d’un effectif riche et talentueux (Werner, Kampl, Poulsen ou encore Nkunku pour ne citer qu’eux) Julian Nagelsmann arrive à tirer le meilleur de son groupe. À la clé, une équipe ultra séduisante et diablement bien organisée. En témoignent quelques gros cartons infligés comme le 8-0 face à Mayence ou le 6-1 face à Schalke 04. Mais c’est aussi sur la scène européenne que Leipzig prend une tout autre envergure. Le club allemand a mis au tapis le finaliste de la précédente édition de la Ligue des champions, Tottenham, en huitièmes de finale. Grâce à cette double confrontation parfaitement maîtrisée, Julian Nagelsmann devient le plus jeune entraîneur de l’Histoire à se hisser en quarts de finale de la Ligue de Champions, et permet à son club d’atteindre ce stade pour la première fois également. Avec la pandémie de coronavirus qui a durement frappé l’Europe, il est pour l’instant impossible de savoir où le RB Leipzig et son jeune entraîneur iront. La Bundesliga a repris ses droits et la saison devrait arriver à son terme d’ici fin juin, avec pourquoi pas un titre de champion pour Nagelsmann à la clé, histoire de confirmer sa montée en puissance depuis trois ans maintenant ?

Haaland et Havertz … Les deux nouvelles pépites de la Bundesliga

Du haut de leur 19 ans et 20 ans, Erling Haaland et Kai Havertz ont déjà conquis le football allemand. Ces deux jeunes prodiges, aux statistiques qui font parler d’eux, sont désormais des éléments indispensables dans leurs clubs et sont destinés à un brillant avenir.

Le football allemand est connu pour être un championnat formateur. Erling Haaland et Kai Havertz n’ont pas dérogé à la règle. Nul ne sait comment se déroulera le mercato estival. Cependant, une chose est sûre. Ces deux prodiges feront partie des joueurs les plus courtisés. PSG, Real Madrid, Bayern ou encore Barcelone… Quelle seront leurs prochaines destinations ? En attendant, on vous propose un récapitulatif de leurs débuts en professionnel jusqu’à aujourd’hui. Vous allez rapidement comprendre pourquoi avons-nous à faire à deux monstres.

Erling Haaland, le prince norvégien

Erling Haaland fait ses débuts en 2015, sur les terrains de la 4ème division norvégienne en équipe réserve, avec le club de Bryne Fotballklubb en Norvège. À seulement 16 ans, il fait déjà forte impression en inscrivant 18 buts en 14 rencontres. En février 2017, il rejoint le Molde FK qui joue en D1 norvégienne. En 26 matchs, il inscrit 13 buts : un but tous les deux matchs en moyenne, lors de la première moitié de la saison. Cette année-là, il découvre l’Europa League avec le Molde FK et marque 4 buts lors des phases qualificatives.

Le passage au Red bull Salzbourg

C’est au RB Salzbourg que le joueur va poursuivre sa carrière et se faire ensuite remarquer par les grandes écuries européennes. Recruté par le club autrichien en janvier 2019, contre 10 millions d’euros, Haaland ne dispute que cinq matchs lors de la deuxième partie de la saison 2018/2019. Il gagne progressivement ses galons de titulaire, à l’aube de la saison 2019/2020. L’ascension est fulgurante, et là encore, les chiffres donnent le tournis.

Il démarre la saison par un triplé inscrit en coupe contre Parndorf. Lors des sept premières rencontres en championnat, il inscrit onze buts. Jusque-là, il fait totalement exploser les conteurs de son équipe. Pour ses débuts en Ligue des Champions lors de la phase de poule, il inscrit un triplé contre le KRC Genk (Belgique) en 45min. Suite à cette rencontre, il devient le troisième joueur le plus jeune de l’histoire à marquer trois buts dans un match en C1, à 19 ans et 58 jours, derrière Wayne Rooney (18 ans et 340 jours), et Raul (18 ans et 113 jours).

En décembre 2019, il est élu meilleur joueur de l’année en Autriche. Le prodige n’a pas tardé à confirmer les attentes placées en lui et affiche déjà des statistiques affolantes, dignes des plus grands.

Sa confirmation au Borussia Dortmund 

En décembre 2019, le Borussia Dortmund officialise l’arrivée pour quatre saisons d’Erling Haaland, meilleur buteur de la coupe du monde des U20 de 2019 avec la Norvège (17 buts et 4 passes décisives en 9 matchs avec un nonuplé symbolique contre le Honduras).

Lors de sa première rencontre sous le maillot du BVB, il rentre à la 56e minute. Trois minutes de jeu de jeu et il inscrit déjà un but. En vingt minutes il inscrit un triplé permettant à son club remporter la rencontre (5-3). Il est le huitième joueur (tout âge confondu) à inscrire un triplé lors de sa première apparition et le seul de toute l’histoire du tournoi à l’avoir fait en première période. Un vrai renard des surfaces, chirurgicale devant les cages. Il enchaine ensuite avec deux doublés, face à Cologne FC et l’Union Berlin. Il est alors à sept buts en trois matchs, à seulement 19 ans. C’est le premier joueur dans l’histoire du BVB à marquer sept buts en trois rencontres.

Des statistiques affolantes

Le 4 février; il fait monter ses statistiques à 8 buts avec le club en quatre matchs. Six jours après, il marque de nouveau un but contre le FC Francfort en championnat. Lors de la huitième finale aller de la ligue des champions, il brille en inscrivant un doublé face au Paris-Saint-Germain, permettant à son club de remporter le match 2-1 à domicile. À la fin de cette rencontre, il est élu homme du match, puis joueur de la semaine en LDC. À la fin du mois, il sera élu pour la deuxième fois en Allemagne, rookie of the month.

Le joueur enregistre 13 buts en 12 rencontres sous le maillot du Borussia Dortmund, avec 10 réalisations en neuf matchs de championnat, une en coupe d’Allemagne et deux en Ligue des Champions. Il est le deuxième plus jeune joueur à atteindre 10 buts en LDC, après Kylian Mbappé.

Kai Havertz, le prince allemand

Courtisé par tous les grands clubs européens (Real Madrid, Barcelone, Bayern Munich…), Kai Havertz est l’une des plus grandes promesses du championnat allemand. Le milieu offensif du Bayer Leverkusen est le plus jeune joueur de l’histoire à atteindre le cap des 100 matches en Bundesliga.

Des débuts prometteurs

Née à Aix-la-Chapelle le 11 juin 1999, Kai Havertz joue pour Alemannia Mariadof jusqu’en 2009, avant de signer à Alemannia Aachen puis de rejoindre le Bayer 04 Leverkusen, l’année suivante. En équipes de jeunes, il confirme tous les espoirs placés en lui. En B-Juniors-Bundesliga, lors de la saison 2015-2016, l’allemand réalise une saison pleine, ce qui lui vaudra une prolongation de son contrat jeune. A l’époque, il devient le plus jeune joueur du club à faire son apparition en championnat. Lors de la saison 2016-2017, Kai Havertz est très sollicité par l’entraîneur du groupe professionnel, il dispute 24 matchs pour un total de 4 buts et de 6 passes décisives. Il marque son premier but en professionnel le 2 avril 2017 et remplace un certain Julian Brandt en tant que plus jeune joueur de l’histoire du club. Il est même désigné par les membres du club comme le joueur de la saison.

Un véritable magicien

Dans la continuité, il signe son premier contrat pro avec le Bayer 04 Leverkusen le 3 juillet 2017, jusqu’en 2022. En sélection nationale, il joue avec les jeunes depuis 2014. Etincelant en club, Kai Havertz voit ses performances lui ouvrir les portes de l’équipe A, le 9 septembre 2018. Il n’est pas sélectionné pour la Coupe du monde mais ne quittera plus l’équipe après. Joachim Löw voit en lui le futur de l’Allemagne. Depuis, le milieu offensif allemand, apprécié pour sa polyvalence et sa palette technique impressionnante s’affirme comme la pierre angulaire du système de Peter Bosz. 10, 9, 8 ou ailier, peu importe sa position sur le terrain, l’allemand d’1m89 sait se montrer décisif. La saison dernière, Kai Havertz s’est révélé aux yeux du monde entier, avec 17 buts et 4 passes décisives en 34 matchs. Il a d’ailleurs enregistré un record révélateur de sa précocité.

Il n’a cessé d’épater. Cette saison, il confirme encore. Son doublé lundi dernier contre le Werder Brême en est la preuve. Mais le prodige allemand aurait décidé de passer un cap en rejoignant un des géants européens dès la saison prochaine. Affaire à suivre, donc.  

Quel bilan tirer de la reprise du football en Allemagne ?

Après plus de deux mois d’arrêt, liés à la pandémie de Covid-19, le football a repris. Ce weekend, tous les passionnées du ballon rond avaient les yeux braqués sur la Bundesliga, le championnat allemand.

La Bundesliga était le premier championnat parmi le big-five européen à rouvrir ses stades ce week-end, depuis l’interruption totale des matches sur l’ensemble de l’Europe au mois de mars. Une reprise particulière, qui a offert du spectacle en dépit des contraintes entrainées par les mesures sanitaires comme les stades vides ou encore la distanciation sociale entre les joueurs …

Les résultats sportifs

La reprise de la 26ème journée a fait vivre aux amateurs de la BL un spectacle inédit en termes de prestations et de résultats. Après 10 semaines sans compétition, le championnat a repris samedi après-midi, avec à l’affiche le derby de la Ruhr opposant le Borussia Dortmund à Schalke 04. Un choc qui s’est terminé par la victoire grandiose des jaunes et noirs (4-0), et ce, sans le Mur Jaune qui fait habituellement vibrer le Signal Iduna Park. Un succès qui permet au club de poursuivre sa course au titre avec le FC Bayern et de se maintenir à 4 points de son rival.

Le Borussia Mönchengladbach (actuellement 3ème au classement) espère lui aussi pouvoir rattraper les 6 points qui le sépare des Bavarois avant la fin du championnat. L’essentiel a été assuré pour l’équipe d’Alassane Pléa qui s’est défaite facilement de l’Eintracht Francfort (3-1) samedi soir avec notamment une réalisation de l’ancien niçois, 37 secondes seulement après le coup d’envoi de la rencontre. Une victoire avec la manière. Le RB Leipzig et le Bayer Leverkusen (4ème et 5ème) continuent eux aussi leur course au titre. Après une victoire (1-4) contre l’avant dernier du classement le Werder Brême, le Bayer Leverkusen se retrouve à 8 points du Bayern Munich, leader.. Quant au RB Leipzig (51pts), le club accumule du retard après son match nul concédé samedi contre Fribourg.

En quête d’un huitième titre consécutif de champion d’Allemagne, le Bayern a repris sa saison comme elle s’était arrêtée mi-mars, avec une seizième victoire à clé, en 17 rencontres, toutes compétitions confondues. Ce dimanche, sur la pelouse de l’Union Berlin, les bavarois se sont imposés (2-0) sans trop de difficultés mais sans convaincre pour autant. Un score qui leur a permis d’élargir l’écart avec le 2ème, 3ème, 4ème et 5ème du championnat. En Bundesliga, nous sommes à deux journées seulement du choc opposant le Bayern Munich au Borrusia Dortmund, qui pourrait déterminer en grande partie le classement final. Le Bayern part favori et avec une longueur d’avance grâce à ses 58 points.

Des protocoles sanitaires inédits

Pour répondre aux conditions sanitaires actuelles, les organisations allemandes du football ont dû adopter des protocoles qui limitent toute forme de rassemblement et de contact avec autrui, pour éviter toute propagation du virus.

Les six matchs qui restent à jouer cette saison devraient se dérouler à huis clos. Ce weekend, les stades allemands étaient inhabituellement vides et sans public. Une sensation étrange puisque ce championnat nous a toujours habitué à des ambiances plus folles les unes que les autres. Seules 300 personnes, dont une poignée de journalistes, étaient autorisées à pénétrer dans les enceintes, au prix d’un contrôle de leur température corporelle à l’entrée.

Une place occupée sur deux, avec port obligatoire du masque… Telle est la mesure adoptée par les clubs allemand sur les bancs de touche pour éviter aux remplaçants et aux staffs techniques de rester trop proches les un des autres. Par défaut de place, d’autres se sont installés en tribune. Ce protocole s’inscrit dans le cadre du respect des règles de distanciation physique.

Un record à la télé allemande 

Selon un rapport émis par le site spécialiste dans l’industrie de la télévision allemande DWDL, les chaines détentrices des droits TV de la Bundesliga ont enregistré ce weekend plus de six millions de téléspectateurs. Des chiffres anormalement élevés pour les matches de Bundesliga, mais qui traduisent l’excitation des amateurs de foot d’avoir pu revoir un match après deux mois d’absence.

Sky Sport, le diffuseur officiel du championnat dans le pays, a battu ses records d’audience. Samedi, aux coups d’envoi des rencontres, les chaines payantes annexées à Sky sport ont attiré 3,68 millions de spectateurs, soit le double par rapport aux chiffres habituels. 2,45 millions de personnes ont aussi suivi le multiplex sur le canal gratuit de la chaine. Un Canal qui a décidé de rendre accessible à tous les allemands les multiplexs des deux premiers samedis de la reprise.

Alors que la LFP a acté jeudi 30 avril l’arrêt définitif de la saison 2019/2020 de la Ligue 1 Conforama, la Bundesliga reste le seul championnat majeur en Europe à avoir repris. La Liga (Espagne) et la Premier League (Angleterre) devraient eux aussi reprendre et apparaitre sur nos écrans le mois prochain. Le Calcio (Italie), qui devrait lui reprendre le 13 juin, va encore devoir attendre une semaine de plus, suite à une décision gouvernementale qui prévoit une reprise de l’activité sportive dans le pays qu’à partir du 14 juin.

En Allemagne, premier procès contre deux tortionnaires du régime de Bachar el-Assad

En Allemagne, pour la première fois, un procès s’ouvre contre deux tortionnaires du régime de Bachar el-Assad. Retenus en détention provisoire depuis leur arrestation le 12 février 2019, ils comparaissent ce jeudi 23 avril devant la justice à Coblence.

Le principal suspect, Anwar Raslan, comparait à Coblence, devant la justice pour crime contre l’humanité. Il est présenté comme colonel de la sûreté d’État. La justice allemande l’accuse : de la mort de 58 personnes, d’avoir torturé 4 000 manifestants contre le pouvoir, avoir commis un viol et un sévice sexuel aggravé, sur la période du 29 avril 2011 au 7 septembre 2012. L’homme de 57 ans était en charge du centre de détention d’Al-Khatib à Damas, capitale syrienne. Le deuxième suspect, Eyad Al-Gharib, comparait pour complicité de crime de guerre. Il aurait participé à l’arrestation de manifestants entre le 1er septembre et le 31 octobre 2011 pour les emmener dans la prison dirigée par Anwar Raslan. Les deux hommes avaient fui la Syrie pour demander l’asile en Allemagne en 2019.  

Bachar al-Assad avait nié en novembre 2019 sur la chaîne russe Kremlin RT toute forme de torture, lors de la procédure contre Anwar Raslan, en affirmant : « Nous n’avons jamais considéré que la torture pouvait améliorer la situation de l’État, c’est aussi simple que cela ». Pourtant il dirige son pays depuis 20 ans d’une main de fer, ce qui a plongé le pays dans une guerre civile.

Fin de l’impunité ?

Malgré leur origine syrienne et non allemande, l’Allemagne se sert du principe juridique de la compétence universelle, qui autorise à juger un auteur de crime peut importe son origine. C’est la première fois de l’histoire qu’un procès contre exactions imputées met en cause le régime de Bachar el-Assad.

Ce procès durera au moins jusqu’à la mi-août c’est : « un pas important, c’est le début d’un examen des crimes [du régime syrien] devant une haute cour allemande », souligne Wolfgang Kaleck, secrétaire général de l’ONG allemande ECCHR. Anwar Raslan risque la perpétuité pour crime contre l’humanité.