Baccalauréat : « J’aimerais pas risquer ma scolarité à cause d’un confinement »

Les cours pourront bien reprendre de plus belle. Face aux mesures prises par le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, élèves et professeurs ont un avis mitigé sur le programme scolaire actuel, d’autres se posent des questions sur le baccalauréat.

Malgré la fermeture des écoles, les lycéens n’ont pas encore terminé leur année. Jean Michel Blanquer s’est montré rassurant concernant le programme scolaire des classes de première et terminale. En dépit du confinement lié à l’épidémie, le ministre de l’Education Nationale a annoncé le maintien des épreuves du bac et des vacances scolaires. Son premier objectif étant « de garantir à tous les élèves de terminale, qu’ils ne soient pas lésés, qu’ils ne perdent pas une année et qu’ils puissent passer leur baccalauréat ». Néanmoins « le bac ne pourra pas se tenir comme il se tient habituellement », selon la secrétaire générale adjointe du SNES-FSU, Sophie Vénétitay.

Ministre de l’éducation, Jean Michel Blanquer. Photo crédit : RTL

« Le Baccalauréat doit être annulé. Une « équivalence » sera donnée à tous les lycéens. Voilà ce que je déciderai si j’étais ministre »

René Chiche, professeur de philosophie

Cours à distance, contrôle semi-continu, des avis déconcertants…

En ce qui concerne les élèves, la situation ne change pas. Les cours se font désormais à distance et les épreuves sont maintenues dans de nouvelles conditions. Pourtant, la situation ne semble pas convaincre certains enseignants qui souhaitent une révision des principes éducatifs et le prolongement des épreuves.

René Chiche, professeur de philosophie, est contre la réforme du bac. Âgé de 57 ans, il estime qu’il ne faut pas changer les règles du jeu en cours de partie. Selon lui, il n’existe que deux options : « soit les cours reprennent le 4 mai et les épreuves perdurent, soit le fil se perd et on impose une équivalence sur dossier scolaire« . Il en va de même pour Isabelle Ducos-Filippi, professeure agrégée en lettres classiques à Montpellier. D’après ses propos, le contrôle continu serait pénalisant pour certains élèves et augmenterait l’accroissement des inégalités scolaires. La solution exige ainsi un prolongement de la date des examens jusqu’à début septembre. Toutefois, il est des cas qui restent totalement indifférents quant à la nouvelle qui s’annonce, tel Philippe Santurennes, professeur de français à Saint-Germain-en-laye, qui avoue être « désabusé ».

« Le bac reste le grand défi de cette année. J’aimerais pas risquer ma scolarité à cause d’un confinement »

Remy Goubert, élève en première

L’enthousiasme en période de quarantaine

Bien que les mesures prises par Jean-Michel Blanquer restent incertaines et dépourvues de structure, les élèves semblent pour la plupart se satisfaire du plan adopté. Lucie Gaillard, lycéenne en Terminale, éprouve un certain réconfort dans l’adoption du contrôle continu. Pour elle, l’assiduité est un atout essentiel pour valider son année. Elle raconte : « le fait qu’il y ait un contrôle continu est un bon signe car cela permet aux enseignants de prendre en compte le travail effectué durant toute l’année et non seulement le bac qui reste la condition de passage ».

Salle de classe en période d’examens. Photo crédit : blastingnews.fr

Son enthousiasme n’est pas le même que celui d’Alexandre, autre lycéen en terminale. Il avoue préférer un examen 100% en contrôle continu si cela peut diminuer la charge de travail à faire. Un argument sincère auquel s’ajoute la simplicité de l’épreuve. Mais cet avis n’est pas partagé par Rémy Goubert.

Pour cet adolescent en première, le maintien des cours et des épreuves n’a pas lieu d’être, le passage en Terminale devrait être accordé à tous, indépendamment des notes obtenues. Influencé par des désirs de justice, Rémy se veut défenseur de l’égalité pour tous. Pour lui, le contrôle continu n’a aucune importance.

Réforme du bac : le fiasco des E3C ?

Les nouvelles épreuves du contrôle continu du baccalauréat ont commencé ce lundi. Dans plusieurs lycées de France, la situation s’est tendue avec des manifestations ou des blocages.

Comme un nom de code incompréhensible, E3C. En 2017, le candidat Macron a proposé une transformation du baccalauréat en se focalisant sur quatre épreuves et en instaurant une partie de contrôle continu. Les E3C sont des épreuves communes. Pour les élèves de 1ère, la première session se déroule du lundi 20 janvier au vendredi 28 février. Les épreuves au programme sont : histoire-géographie, langue vivante A, langue vivante B (et maths pour la filière technologique).

Les épreuves ont donc commencé lundi, mais les examens ne se sont pas passé comme prévu. Dans de nombreux lycées, des blocages ont été organisés. Professeurs et élèves étaient mobilisés. Dans toute la France, les épreuves ont été largement perturbées. À Bagnols-sur-Cèze, le lycée Albert Einstein a vécu une situation tendue. Alice est étudiante en première générale, elle a passé l’épreuve d’histoire-géographie : « On a dû rester toute la première heure dehors car il y avait des manifestants qui bloquaient l’entrée au lycée. On a commencé avec une demi heure de retard, mais on a eu le temps de passer les épreuves ». Elle s’étonne du manque d’organisation de l’établissement, « les surveillants sont arrivés avec ce qui ressemblait à des parents d’élèves pour nous surveiller, 1 personne pour 35 élèves ».

« Pendant l’examen, des bruits incessants et des personnes qui entraient et sortaient toutes les 5 minutes. »

Les élèves ne sont pas espacés, ils passent l’épreuve d’histoire-géographie – Lycée Albert Einstein – Bagnols-sur-Cèze. Twitter : @Minnyni

Nous avons contacté le ministère de l’Éducation nationale, aucune réaction, ni d’éventuelles déclarations. L’académie de Montpellier n’est pas joignable.

Clément Poullet est le secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement, de la culture et de la formation professionnelle Force Ouvrière. Il trouve la situation de Bagnols-sur-Cèze, « totalement scandaleuse ». Il ajoute : « le ministre de l’Éducation nationale est responsable de la pagaille actuelle, il était conscient de la catastrophe industrielle par rapport au manque de surveillants ».

Le représentant FO insiste, « on est très engagé dans le cadre de la bataille pour l’abandon de la réforme des retraites, c’est notre priorité numéro 1. La réforme du bac et la réforme des retraites, c’est la même logique, une individualisation des droits car il n’y aura plus de droits collectifs ».

Carte à retrouver en cliquant sur le lien ci-dessous.

À Talence, en Gironde, le lycée Kastler représentait l’image du bras de fer. Plus d’une centaine de personnes se sont réunies devant le lycée et chantaient « Jean-Michel Blanquer, ministre autoritaire, on ne bossera pas pour toi ». La FNME CGT revendique aussi la coupure électrique du lycée survenue le matin même. L’épreuve continue pour des milliers d’élèves dans les prochains jours, elle continue aussi pour le gouvernement. La note est, pour le moment, proche de 0.

Grève à la SNCF : « Pas de trêve pour Noël » ?

Le Premier ministre Édouard Philippe a détaillé mercredi son projet de réforme des retraites, qui n’a pas convaincu les syndicats. La CGT Cheminots accentue la pression sur le gouvernement et annonce de nouvelles journées de mobilisation.

Dans les transports, alors que la grève est entrée dans sa deuxième semaine, les perturbations continuent. « La grève continue parce que le gouvernement est droit dans ses bottes » s’est exaspéré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots, au micro de France Info jeudi 12 décembre. « Pas de trêve pour Noël, sauf si le gouvernement revient à la raison avant ça » a-t-il poursuivi. Mais cette volonté de poursuivre la grève n’est pas partagée par tous les syndicats.

Un avis contesté

« Il faut laisser la possibilité aux gens de rejoindre leur famille » pendant la période des fêtes, a estimé Laurent Berger, numéro un de la CFDT. Autre syndicat régulièrement classé par les “réformateurs”, l’Unsa refuse également la maintenance des blocages. Laurent Escure espère que « les Français ne seront pas ennuyés pour Noël ». Mais « cela dépend des organisations syndicales et de leur volonté de rester dans un mouvement qu’aujourd’hui, je ne pense pas utile. Il faut être autour de la table et discuter » a expliqué de son côté Olivier Dussop, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics.

Les conducteurs SNCF oubliés par la réforme ?

La demande de la CGT Cheminots de maintenir les mobilisations peut s’expliquer par rapport à l’impact que peut avoir la réforme des retraites à la SNCF. Selon une source interne au groupe ferroviaire, « 75% des conducteurs ne sont pas concernés par la réforme ». Un chiffre alarmant, d’autant plus que « 58% des agents sédentaires au statut » et « 44% des agents contractuels » (salariés hors statut) ne seraient pas concernés par la réforme, toujours selon cette source.

D’après un document interne obtenu par l’AFP, la direction et les syndicats de la SNCF étudieront « les modalités de transition vers le système de retraite universel » pour les salariés au statut de cheminot concernés, à savoir les conducteurs « nés après le 1er janvier 1985 ». Pour La CGT Cheminot, la démarche est donc claire : inciter le gouvernement à retirer ses modifications sur la réforme des retraites, sous peine de continuer à bloquer les transports. « La grève continue jusqu’à ce qu’on nous garantisse que le système actuel est maintenu, le système pour tous les salariés et qu’on entame des négociations pour l’amélioration de ce système » a annoncé Lauren Brun.

Des manifestations et rassemblements locaux sont prévus ce jeudi de Marseille à Paris, où un défilé doit partir de Nation.

Le Sénat interdit les signes religieux aux parents accompagnant des sorties scolaires

Mercredi 23 octobre, Les Républicains avaient signé une proposition de loi visant, notamment, à interdire le port de signes religieux pour les accompagnants de sorties scolaires. Elle vient d’être adoptée ce mardi.

Ne nous cachons pas, c’est le voile qui est visé ! À 163 voix contre 114, le Sénat, composé majoritairement d’élus de droite, a adopté ce mardi en première lecture, une proposition de loi des Républicains. Elle vise à interdire le port de signes religieux ostensibles aux parents accompagnant des sorties scolaires.

Il reste une étape importante. L’approbation de l’Assemblée nationale. Si la proposition n’est pas adoptée par les députés, elle ne sera pas effective. C’est un sujet qui anime le Parlement depuis 2 semaines. L’Assemblée ayant une majorité présidentielle, elle a peu de chances de passer, même si les marcheurs sont divisés.

Nicolas Dupont-Aignan a annoncé qu’il «voterait» ce texte. Il propose de l’étendre « à l’université, à l’hôpital, l’entreprise…».

Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a résumé la situation : « L’expression « pas interdit mais pas souhaitable » résume la situation juridique actuelle ». Il reste opposé à ce texte.

Stanislas Guerini, député la République en marche de Paris, a réagi dès la proclamation du résultat, au micro d’Europe 1. Il appelle à voter contre le texte.


Il y a deux semaines, l’élu RN, Julien Odoul, avait demandé à une mère, accompagnant une classe lors d’une visite scolaire au conseil régional de Belfort, qu’elle enlève son voile. Il s’est réjoui, sur Twitter, de la décision des sénateurs.