Brexit : vers un no deal ? 

Suite au sommet de jeudi dernier, quelques dossiers restent encore non réglés : parmi eux, la pêche. Tandis que Boris Johnson fait planer la menace d’un «no deal», la France tente tant bien que mal de protéger ses pêcheurs. La tension monte entre Bruxelles et Londres, se dirige-t-on vers un «no deal» ? 

Les pêcheurs «ne sauraient être les sacrifiés du Brexit» annonçait Emmanuel Macron jeudi dernier. Il faut en effet comprendre que la plupart des pêcheurs français pratiquent leur activité dans les zones maritimes britanniques. On considère qu’environ 30% de la pêche française provient des eaux anglaises. Ce serait donc, en pleine crise sanitaire, un coup dur pour le secteur français, d’autant plus que d’autres bateaux de pêche européens, néerlandais ou belges, se rabatteraient sur les eaux françaises. 

La france est la principale concernée par le secteur de la pêche, mais les autres membres de l’UE semblent néanmoins faire bloc derrière Paris. Nous pouvons donc au moins nous réjouir d’un semblant d’unité chez les européens dans le «dossier Brexit»

Le Royaume-Uni veut sa souveraineté ! 

Et c’est bien ce qui effraye les européens ! Les règles de concurrence, comme le règlement des différends, restent encore flous. Bruxelles craint que le Royaume Uni n’en fasse qu’à sa tête, quitte à mettre en péril les entreprises européennes avec une concurrence déloyale, en soutenant massivement ses entreprises.  L’UE tente également de tout faire pour éviter un dumping social, fiscal ou environnemental. Les négociations sont rudes et Boris Johnson estime pour le moment que les propositions européennes sont «inacceptables» et menace l’Union avec un scénario «à l’Australienne», c’est à dire à un «no deal»

Ce sont également les droits de douanes qui sont discutés, car en cas de «no deal», ce seront les règles de l’OMC qui seront appliquées. C’est à dire des droits de douanes très importants. Le commerce avec le Royaume Uni sera donc plus coûteux, les importations seront plus chères, le consommateur en paiera donc les conséquences. Quant aux exportations, elles seront bien moins compétitives…  

Des négociations intensifiées face à une date butoire qui se rapproche … 

Le prochain rendez-vous semble se dessiner au alentours du 15 novembre. 

Cependant dès lundi les deux négociateurs, Michel Barnier et David Frost discuterons du format des négociations à venir. 

L’Union européenne comme le Royaume Uni ne semblent rien vouloir lâcher, les négociations s’annoncent encore plus tendues, la tension monte de plus en plus car le 31 décembre approche à grand pas. Un «no deal» aurait des conséquences économiques dramatiques, en pleine crise sanitaire et économique ce n’est absolument pas souhaitable. 

La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon déplore ainsi que chaque heure consacrée au Brexit est une heure perdue dans la lutte contre le Covid 19. 

Brexit : Boris Johnson, grand vainqueur !

Le jour de gloire est arrivé pour Boris Johnson. Ce Jeudi 12 décembre, le Royaume-Uni a appelé ses électeurs aux urnes pour des législatives anticipées. Le parti conservateur a obtenu la majorité absolue.

He won ! Le parti conservateur a obtenu 368 sièges sur les 650 députés, contre 191 pour le Labour. Soit, une majorité absolue pour le Premier ministre. Les résultats définitifs seront connus dans quelques heures.

Plus de trois ans après le référendum remettant en question l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne et après une grande instabilité politique liée au Brexit, c’était l’heure pour les électeurs britanniques de voter.

L’enjeu était crucial, Boris Johnson allait-il avoir une majorité ? Le Premier ministre conservateur a exposé la sortie de l’Union européenne comme sa principale promesse de campagne. Cette majorité facilitait la direction du Royaume-Uni vers la porte du Brexit. Le leader conservateur espérait obtenir une majorité nette, soit plus de 326 sièges pour ces élections législatives. Son adversaire ? Le travailliste Jeremy Corbyn. Il a longtemps laissé flou, sa position sur le Brexit. Durant toute la campagne, il a cherché à décrédibiliser le candidat Johnson, par des attaques personnelles et en essayant de montre que le Premier ministre serait incapable de mener le Brexit comme il promet de le mener.

Une élection qui attire la jeunesse

Selon le mouvement étudiant For our Future’s Sake (FFS), 1,4 million de jeunes ayant moins de 25 ans se sont inscrits sur les listes électorales spécialement pour ces législatives. Charlie vit en France depuis 2 ans. À 25 ans, le jeune liverpuldien (habitant de Liverpool) a voté il y a trois ans lors du référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne. Charlie a déposé un « Yes » dans l’urne. Aujourd’hui, après toutes les renégociations, polémiques, et changements, il comptait « toujours sur le gouvernement de Boris Johnson pour faire respecter la décision des Britanniques ». Pour rappel, le référendum s’est conclu sur une victoire du « Leave » (Quitter, partir) avec 51,9 % (17 410 742) contre le « remain » (rester) qui a récolté 48,1 % (16 141 241).

La victoire de Johnson ne changera rien dans l’immédiat. Une période de transition est prévue par l’accord de divorce pour atténuer le choc de la sortie de l’UE. Londres aura jusqu’au 31 décembre 2020 pour négocier avec l’Union européenne. Ce délai semble d’ores et déjà impossible à tenir, ce type de négociation prend plusieurs années. Les experts pensent qu’une prolongation de la transition s’effectuera.

Les derniers sondages prédisaient pourtant un résultat très serré. L’institut Savanta créditait les conservateurs avec Boris Johnson à 41% des intentions de vote, le Labour avec Jeremy Corbyn à 36% des voix, les libéraux démocrates avec 12% des suffrages, les autres partis récoltaient ensemble 11 %.

Les résultats définitifs sont attendus demain, vendredi, vers 5h ou 6h du matin, heure française.