Le capital au XXI ème siècle : le documentaire sur l’histoire des inégalités

Ce documentaire est tiré de l’ouvrage de Thomas Piketty, le célèbre économiste de gauche, qui propose un format plus accessible de sa pensée. Le documentaire est réalisé par Justin Pemberton et il est encore visible dans votre salle de cinéma !

Un historique de la répartition de la richesse

XVIII, XIX, XX et XXI ème siècles… Le documentaire brasse des siècles d’histoire avec un prisme : le capital. Qui détient le capital à telle époque et pourquoi ? Est-ce la bourgeoisie ? Le peuple ?

Vous aurez à faire avec ce documentaire à une chronologie palpitante qui nous dévoile les mécanismes de la captation de richesse. C’est également l’évolution des mentalités qui est frappante, bien que l’idéal d’égalité soit désiré depuis la nuit des temps.

Écoutons l’auteur, car c’est lui qui en parle le mieux

Un retour au XVIII ème siècle ?

Liberté, égalité, fraternité : des mots bien vides dès lors que l’on sait que seulement un dixième de la population détient les trois quarts des richesses. Nos mentalités ont certes évolué vers un désir d’égalité entre les hommes : « tous les hommes naissent libres et égaux en droit« . Il semble cependant, et d’après T. Piketty, que nous assistions de nouveau à une polarisation de la société. La classe moyenne, constituée après la Seconde guerre mondiale ( moyennisation de la société ), s’effrite. Le schéma qui se dessine est celui de deux camps, d’un côté les super riches, de l’autre, les super pauvres.

Thomas Piketty propose néanmoins des solutions pour échapper à cette situation, qui selon lui, serait dramatique. Bien que vous vous en doutiez certainement, nous vous laissons les découvrir, soit en lisant le livre, soit en visionnant le documentaire, qui rappelons, est disponible dans votre cinéma le plus proche !

Découvrez juste ici la bande annonce :

Crédit photo : Pixabay

Comment est né le mouvement « Mai 68 » ?

Le soulèvement de mai 1968 se produit pendant les trente Glorieuses ! La période de prospérité par excellence qu’à connue la France après la Seconde Guerre mondiale. Comment un tel mouvement a t-il pu naître dans une France dont la croissance économique est de 5% ?

Le général De Gaulle commence à lasser les jeunes qui le jugent trop conservateur. Les jeunes baby-boomers aspirent à plus de liberté. La majorité est encore à 21 ans et L’ ORTF (l’office de radio-télévision française) contrôle l’information, notamment le journal de 20h, ce qui donnera lieu au slogan : « la police vous parle tous les soirs à 20h ». Cette jeunesse se sent étouffée par des codes sociaux dépassés et développe sa propre culture (mode yéyé ou rock’n roll), aspirant à une libération des mœurs. Certes la pilule contraceptive est autorisée en 1967, mais son usage est encore très peu répandu. À cela s’ajoute le problème de la massification scolaire. Les infrastructures peinent à accueillir des élèves de plus en plus nombreux et les conditions d’enseignement se dégradent considérablement.

Le gaullisme est rejeté par une partie croissante de la population et les jeunes s’entichent de figures révolutionnaires telles que Mao, Fidel Castro, Ernesto Guevara ou encore Ho Chi Min, acquis aux idées anticapitalistes. Ces revendications se traduisent par quelques slogans notables : « Jouissez sans entraves », « Il est interdit d’interdire », « Vous finirez tous par crever du confort » ou encore « L’imagination prend le pouvoir ».

Au centre, le bras levé, Daniel Cohn-Bendit, un des leader du mouvement étudiant

Une France pas si prospère…

Dans un contexte économique certes très favorable, la France connaît depuis un an, un ralentissement de sa croissance. Cela se traduit par une augmentation du chômage qui touche principalement les jeunes ainsi que les mineurs et ouvriers des industries de textile du nord de la France, qui sont au début de leur effondrement. Les mineurs avaient d’ailleurs fait une grande grève en 1963. Au début de l’année 1968 on compte 500 000 chômeurs.

Autre facteur qui montre que la France des trente Glorieuses n’est pas une France si prospère que cela : la pauvreté. Des dizaines de bidonvilles existent toujours en région parisienne, dont le plus important est celui de Nanterre, juste sous les yeux des étudiants.

Le bidonville de Nanterre

Quelles conséquences ?

La crise débute dans le milieu étudiant puis les ouvriers rejoignent le mouvement et enfin, les politiques s’en mêlent. De Gaulle dissout l’assemblée nationale. Suite aux élections législatives, le parti gaulliste, l’UDR, obtient la majorité.

Discours du 30 mai 1968 où De Gaulle annonce la dissolution de l’Assemblée nationale

L’opinion lassée par la crise s’est retourné en faveur du général. Néanmoins, la population a voté plus pour en finir avec la crise de mai 68 que pour un maintien du président. De Gaulle sentant cette lassitude décide de joindre au référendum de 1969 sur la réforme du Sénat et la régionalisation, l’enjeu de sa démission en cas de victoire du « non ». Le 27 avril 1969, le « non » l’emporte à 52%. De Gaulle se retire pour de bon de la scène politique. Son successeur, Georges Pompidou, ex-Premier ministre, est reconnu comme celui qui a véritablement dénoué la crise de mai 68.

La démission du général De Gaulle