Municipales : la stratégie insoumise

Le mouvement fondé en 2016 par Jean Luc Mélenchon n’a investi aucun candidat pour ses premières élections municipales. Cependant, la France Insoumise a soutenu 550 listes partout en France. Le bilan reste difficile à établir.

UNE GRANDE STRATEGIE 

Souvent accusée de faire une campagne fantomatique, de « sauter » les élections municipales pour se concentrer sur les présidentielles, la France Insoumise a en réalité adopté une réelle stratégie d’implantation au sein des territoires. En ne présentant aucune liste estampillée par le nom du parti, les insoumis ont réussi à dérouter tant chez leurs adversaires qu’au sein de leur camp. Surtout que cette stratégie électorale de discrétion est précédée de l’échec des élections européennes où la liste de Marion Aubry n’avait atteint que 6,3%. Mais cette étonnante manœuvre n’est pas nouvelle, et connaît des origines hispaniques. Podemos, allié espagnol de la France Insoumise, avait usé du même fonctionnement pour conquérir Madrid et Barcelone.

La campagne insoumise a donc un goût très ibérique. Des militants de Podemos sur certaines listes soutenues par FI et même la revendication de l’influence barcelonaise à Montpellier. Une seconde inspiration stratégique est cette fois plus visible à travers cet élément de langage répété par les ténors de la gauche radicale : le municipalisme. Un élément de langage, mais avant tout une grande théorie politique qui a émergé durant les années 1970 et se retrouve au cœur de la France Insoumise et d’une partie de l’alter mondialisme d’aujourd’hui. Le municipalisme est un projet dans lequel les citoyens s’emparent des institutions locales. A partir de cette échelle municipale, la société entière est transformée pour donner plus de place aux citoyens, aux circuits courts ainsi qu’à la solidarité. La municipalité se retrouve alors à jouer un rôle beaucoup plus important dans la vie de la nation. Mais pour ce parti né avec la vocation présidentielle, c’est aussi un changement important. En se basant sur le municipalisme, la France Insoumise ne veut plus transformer la société ainsi que la République à partir de sa tête mais par le bas.

La logique voulait donc le soutien à des listes citoyennes et parfois des listes de gauche. Des listes de gauche qui, à s’y méprendre, ressemblent beaucoup à cette union de la gauche que rejettent en bloc les insoumis et Jean-Luc Mélenchon. En ne donnant pas le nom d’union des gauches à ces listes, FI se pose une nouvelle fois en alternative à la gauche traditionnelle tout en captant son électorat puisqu’elle vient s’immiscer en son sein. Agrégeant alors des militants locaux venus de différentes formations politiques au mouvement insoumis. Mais ce flou à gauche agace parfois chez les militants. Dans la France Insoumise, on fait des choses sans les nommer, parfois on ne fait rien et on les nomme. Ce flou permet tout de même aussi de fédérer ou de trouver des consensus.

Pour autant, malgré une grande stratégie, quelques meetings et de nombreux soutiens, FI a eu la volonté de ne pas être sur le devant de la scène lors des municipales. C’était pourtant l’occasion d’être présent sur la scène nationale. Une stratégie réussie puisque les grèves de décembre et janvier ainsi que l’obstruction parlementaire durant l’étude de la réforme des retraites ont permis un regain de présence du parti de gauche dans la vie politico-médiatique française.

ET MAINTENANT LE FLOU

Mais à la sortie des urnes, le flou revient. Encore une fois, Jean-Luc Mélenchon ne parlera pas des municipales dans son discours sur le premier tour. Les militants discutent, adhérent, fédèrent mais les ténors sont absents du jeu des édiles préférant se tourner une nouvelle fois vers la scène nationale. Le coronavirus.

Le bilan du premier tour sera expéditif. Dans un communiqué du 3 juin, le mouvement revendique 30 maires élus dès le premier tour et 200 listes encore dans la course pour le 28 juin. Un bilan certes positif pour un mouvement récent mais qui laisse à désirer puisque certains élus ne sont que soutenus par FI. Bien que la question soit intéressante, savoir si ce soutien se prolongera durant le mandat des élus importe peu le mouvement.

Mais, alors que la France Insoumise a déjà réussi grâce à la campagne du premier tour à s’implanter dans des collectifs locaux, des associations, des syndicats, à faire adhérer des militants aguerris, y a t-il encore un enjeu pour eux lors de ce second tour ? Ne pas tout gâcher. Aujourd’hui la France Insoumise a bien plus à perdre qu’à gagner. L’échec des européennes n’a pas grande importance pour un parti à vocation présidentielle. Et aujourd’hui l’enjeu pour le mouvement est d’accentuer sa présence, redorer le blason sali par les perquisitions et surtout ne pas se désagréger. Adrien Quatennens, député France Insoumise du Nord, disait « l’élection municipale n’est qu’une étape vers la grande baston politique qu’est l’élection présidentielle ». A l’aube des élections sénatoriales et régionales pour beaucoup de formations politiques, la gauche radicale se prépare déjà pour les présidentielles. Former les nouveaux comme les anciens militants, préparer les rangs, organiser la communication c’est ce qui importe aujourd’hui. Mais la question centrale au sein des insoumis est Jean Luc Mélenchon.

La France Insoumise a réussi à fédérer localement grâce aux municipales, mais autour de qui pour les présidentielles ? 

La vérité sur l’application StopCovid

Téléchargée officiellement plus de 600 000 fois en 24h, l’application StopCovid est LA star du moment. Mais elle est aussi victime de fake news et de craintes. Voici la vérité sur STOPCOVID, l’application du gouvernement pour éviter une seconde vague épidémique.

L’application est-elle efficace ?

Non. Du moins pour le moment, et d’après l’utilisation des 900 000 personnes l’ayant téléchargée. En effet, la probabilité pour que deux personnes ayant téléchargé StopCovid se soient croisées et qu’une d’entre elle ait le coronavirus reste faible. D’après une étude de l’OXFAM et son application par des chercheurs au scénario français, il faudrait que 60% de la population télécharge StopCovid pour que l’application ait une réelle utilité. Mais pour le ministre Cédric O., ce chiffre doit être revu à la baisse. Il faudrait en effet, selon lui, que 40% de la population française se munisse de l’application pour éviter une seconde vague. Par ailleurs, de nombreux doutes planent encore sur l’efficacité en cas de fermeture de l’application. Elle travaille en arrière-plan, mais le fait-elle lorsqu’elle est fermée ?

Comment fonctionne l’application ?

Par Bluetooth, tout simplement. En effet, lorsque vous créez un profil, un numéro vous est attribué. Vous ne donnez ni votre nom, ni prénom etc… Le service est anonyme. Et contrairement à ce que beaucoup affirment, aucune localisation n’est faite. L’application utilise le bluetooth, ce qui lui permet de voir les autres appareils connectés autour de vous. Elle enregistre par la suite durant 14 jours ces données extérieures. Durant cette période, une personne peut déclarer sur l’application, après avoir été testée, être porteuse du virus. Par conséquent toutes celles et ceux ayant été en contact bluetooth durant plus de 15 minutes avec elle seront informés.

La notion de contact bluetooth renforcé est ici très importante et critiquable sur son efficacité. Si 80% des français ont un smartphone, tous n’ont pas un bluetooth de dernière (5e) génération et donc une capacité de détection et à être détecté qui est moindre. La seconde critique est la prise en compte d’un contact dès lors que la présence a duré 15 minutes. Cela alors qu’un postillon mal placé suffit à contaminer.

Est-ce dangereux pour mes données personnelles ?

Pour le moment, tout comme pour pour son efficacité, non. La vague d’indignation quant au syphonnage de vos contacts, fake news très populaire sur Facebook, n’a aucune base réelle. Et pourtant, l’information est virale allant jusqu’à la tribune de l’Assemblée Nationale où Jean Luc Mélenchon a demandé aux députés qui l’installeraient de le supprimer de leur liste de contact. Mais le fonctionnement ne se faisant qu’uniquement par Bluetooth, l’application n’aura accès a rien d’autre. Elle est bien moins dangereuse que la majeure partie des autres applications populaires sur nos smartphones, prenant possession de nos contacts, localisation et autres données personnelles.

Cependant, la crainte des plus sceptiques reste une mise à jour sauvage du gouvernement. Le code source actuelle est disponible, il faut espérer qu’il le sera aussi lors de la prochaine mise à jour. La crainte du hack est aussi possible, mais les utilisateurs ne révélant rien de leur vie privée, le hackeur ne volera pas vos données personnelles.

Alors faut-il la télécharger ?

Oui. Peu importe que votre téléphone soit ancien ou moderne, que vous habitiez la ville ou la campagne, l’application est gratuite et peut nous protéger. Les personnes habitants dans de grandes agglomérations et prenant les transports en commun ont deux fois plus de raisons de télécharger StopCovid. De plus, il serait idiot de critiquer son inefficacité tout en y contribuant puisqu’on ne la télécharge pas. 

Mais si vous êtes sceptique face à l’immiscion de l’État dans votre téléphone, alors n’hésitez pas à suivre l’actualité technologique de cette application. N’oubliez pas que vous pouvez la supprimer à tout moment et que vos données ne resteront que 14 jours sur les serveurs. Utiliser l’application, c’est un petit geste supplémentaire dans la lutte contre la pandémie.

Dix ans après, la Grèce replonge-t-elle dans une crise économique majeure ?

Dix ans après avoir sombré dans une des pires crises économiques de son histoire, la Grèce s’apprête à replonger dans le calvaire d’une récession profonde après le confinement.

C’est un triste anniversaire. Il y a dix ans, jour pour jour, Athènes, étranglée par la dette, signait en pleine crise financière un pacte avec l’Union européenne pour sortir de sa crise économique. Malheureusement, après avoir relevé les bras, la Grèce « ne va pas faire exception à la récession très profonde prévue mondialement », a averti, mardi, le premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis. La crise sanitaire du coronavirus va replonger la Grèce dans une récession dont le pays se serait bien passé. Pour le comprendre, des chiffres sont à l’appui. Alors que le pays était sur une croissance de 2,4% pour 2020, le confinement général imposé depuis six semaines pour endiguer la pandémie devrait entraîner un recul du produit intérieur brut (PIB) de 10% en 2020, avant une reprise de 5,5% en 2021, d’après le fonds monétaire international.  Le FMI, créancier de la Grèce avec l’Union européenne et la Banque centrale européenne, estime aussi que l’industrie du tourisme, moteur de l’économie grecque avec 12% du PIB, va encaisser des pertes considérables. L’État grec seul pourrait perdre entre 8 et 10 milliards d’euros de revenus cette année, selon le Premier ministre. 

2010, un lointain cauchemar ou bis repetita ?

Le 3 mai 2010, la Grèce, prise au piège dans une crise financière inédite et étranglée par une dette publique devenue insoutenable, était acculée à la signature d’un premier accord avec ses créanciers. Si le pays reste aujourd’hui très endetté, cet accord signait le début de la guérison. Mais cette crise économique est entrée depuis, dans la mémoire collective de la population grecque. Cette dernière vit toujours avec la crainte que le navire recoule. Mais Panayotis Petrakis, professeur d’économie à l’Université d’Athènes a rassuré tout le monde en expliquant que « la crise actuelle n’inquiète pas autant que celle de 2010, qui avait des caractéristiques différentes ». Le pays avait alors perdu un quart de son PIB et le chômage avait explosé à plus de 27%, avant de s’établir aujourd’hui à 16%, toujours le plus élevé de la zone euro. « La nouvelle récession va affecter le chômage mais pas le coût des obligations grecques » poursuit-il. Une situation qui fait notamment paniquer les autres pays européens.

Si la nouvelle crise économique qui menace aujourd’hui la Grèce n’est visiblement pas aussi virulente que la précédente, elle reste cependant dangereuse. Les Grecs ont appris à vivre avec les termes « coût d’emprunt », « excédent budgétaire » ou « dette publique » qui suivent le va-et-vient dans les ministères des représentants de la « troïka ». Une étude de l’Eurobank prévoit de nouvelles pressions sur les banques. De nombreux employés du secteur privé ont été mis au chômage partiel et craignent désormais leur licenciement. « Ne mettez pas les droits de travailleurs en quarantaine », proclamait mardi une banderole lors d’une manifestation de livreurs à Athènes.  

Avec moins de 150 victimes du coronavirus, le déconfinement débute lundi en Grèce avec la réouverture des petits commerces. Les restaurants et les cafés ne rouvriront que le 1er juin prochain. Si le pays semble éviter une crise de la même ampleur que celle de 2008, il est cependant confronté à des dommages économiques qui sont pour l’instant irréparables.

(L’édito du samedi) : départements rouges ou verts, certains rient jaunes

Un déconfinement géographique avec une carte remplie de départements rouges, jaunes et verts ? Si ton département est en vert, tu peux être déconfiné, si tu es en rouge, tu restes confiné.

En ville ou en campagne, chacun tente d’éviter la propagation du virus. Mais il y a, pour moi, une injustice face à ce déconfinement. En ville, on est « les uns sur les autres », on n’a pas de jardin, au mieux un minuscule balcon. En campagne, on a pour la plupart un jardin, au pire de la verdure à proximité. Le confinement n’est pas vécu de la même manière, ce n’est pas non plus le même niveau de bien-être au quotidien. 

Pas tous égaux face au déconfinement

Sur un principe d’égalité on déconfine pour tout le monde ou pour personne. Il est encore trop tôt à mon avis pour déconfiner, tout simplement. Même si le nombre de patients en réanimation baisse, en déconfinant, le gouvernement prend le risque d’une deuxième vague, peut-être plus importante que la première. Le personnel hospitalier est déjà à bout sur la première vague. Il sera achevé par la deuxième. 3878 patients se trouvent encore en réanimation dans les hôpitaux français d’après Jérôme Salomon, directeur général de la Santé.

Prenons un exemple simple à Paris. Il y a environ 1 388 000 trajets quotidiens domicile-travail. Si Paris est en rouge et qu’on déconfine pour l’économie, on y voit un véritable paradoxe. L’Île-de-France est un pôle regroupant un nombre conséquent d’entreprises.

Le nombre d’habitants au mètre carré joue, certes, dans la propagation, mais l’État n’a-t-il pas promis des masques pour tout le monde le 11 mai ? Si le gouvernement tient sa promesse des masques pour tous, alors pourquoi y a-t’il encore des zones confinées le 11 mai et d’autres pas ?

Certes, en ville le nombre d’habitants au mètre carré est bien plus important qu’en campagne, mais sur un principe d’égalité on déconfine tout le monde ou personne.

Déjà coincé entre quatre murs, deux mois, c’est long. Mais si on suit le plan, on ne sera pas déconfiné avant un long moment. Si certains peuvent ressortir, le malaise sera amplifié chez ceux qui sont en appartement à tourner en rond.

Confinement : 35% des consommateurs de cannabis ont augmenté leur consommation

Si 7 % des usagers quotidiens de cannabis ont cessé toute consommation depuis le début du confinement, 35 % d’entre eux l’ont, au contraire, augmenté !

Le confinement a mis à mal l’industrie du cannabis. Avec la fermeture des frontières ainsi que l’obligation de rester chez soi, le marché du cannabis a baissé pendant cette période, même si de nombreux usagers quotidiens ont augmenté leur consommation. Une étude en ligne nationale et anonyme, baptisée « CANNAVID » a sondé l’attitude des consommateurs réguliers durant la crise du coronavirus. Lancée le 16 avril, elle a pour but de comprendre comment les usagers se sont comportés pendant cette période. 

Les premiers résultats 

Cette étude a été menée par l’association marseillaise de réduction des risques, Bus 31/32, et accompagnée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Les premiers résultats publiés hier montrent que la majorité des usagers quotidiens ont soit maintenu (29 %), soit augmenté leur consommation quotidienne. À l’inverse, 28 % l’ont diminuée, sans la stopper. Selon les spécialistes, un million de Français prennent du cannabis tous les jours, ce qui fait de la France, l’un des premiers consommateurs d’Europe.
Selon Perrine Roux, chercheuse en santé publique au laboratoire SESSTIM, indique dans un premier temps sa stupéfaction au vu du nombre de personnes qui ont répondu à cette enquête en si peu de temps. « Si on a eu cet engouement, c’est parce que l’étude est portée par une association. En 24 heures, il y avait déjà plus de 1000 répondants et depuis le 16 avril, l’étude a récolté la participation de 4100 personnes. Les réponses ont permis de dresser le profil des répondants » explique-t-elle.

Qui sont les profils ayant répondu à cette enquête ? 

« Nous avons essentiellement des hommes. C’est un profil plutôt jeune avec un âge moyen de 30 ans et plutôt des fumeurs d’herbe, plutôt que de résine » indique la chercheuse.
L’objectif de l’enquête étant de savoir comment les usagers de cannabis avaient réagi durant le confinement. Les résultats montrent qu’il y a une grande quantité de personnes qui ont stocké à l’annonce du confinement. 

Une période propice à l’anxiété et l’ennui

« C’est peut-être quelque chose à laquelle on pouvait s’attendre parce que le confinement a certainement des effets anxiogènes. Et ce n’est pas dans cette période que le sevrage est le plus facile à mener » affirme Perrine Roux.
William Lowenstein, addictologue, président de l’association SOS Addictions affirme que « les addictologues avaient une crainte de voir les consommateurs de cannabis tomber dans d’autres addictions en cette période de confinement. Certains fumeurs risquent de glisser vers ce qui est disponible, l’alcool et les anxiolytiques, qui ont un pouvoir addictogène plus fort ».

L’impact du cannabis sur le Covid-19

L’une des principales interrogations réside dans les conséquences d’une consommation de cannabis en cas d’infection par le coronavirus. « On s’interroge s’il n’y aurait pas d’effet du cannabis sur le Covid-19. Cela nous permettra d’avoir une piste plus fouillée » explique le docteur Victor Martin.
Des questionnements orientés par les différentes études menées sur les effets de la nicotine. Une équipe de médecine interne de l’hôpital de la Pitié Salpétrière, vient d’émettre l’hypothèse que la nicotine, contenue dans les cigarettes, pourrait avoir des effets préventifs et thérapeutiques sur la maladie. Une étude clinique devrait être menée dans les prochains jours.

Résumé des annonces d’Édouard Philippe

Édouard Philippe a présenté le plan de déconfinement, ce mardi 28 avril à l’Assemblée nationale. Le retour à la « vie normale » devrait avoir lieu à partir du 11 mai, sauf « si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous ».

Dès le 11 mai, les Français pourront se déplacer mais le Premier ministre invite tout de même à limiter au maximum ses déplacements.

La rentrée des lycées ne se fera pas avant juin, les collèges attendront le 18 mai

Pour les collèges, il faudra attendre le 18 mai pour envisager leur réouverture. Les écoles maternelles et les écoles primaires rouvriront le 11 mai. En revanche pour les lycées il faudra attendre la décision du gouvernement fin mai. Édouard Philippe a déclaré que dans tous les cas, ces réouvertures se feront dans des conditions sanitaires strictes. Selon Édouard Philippe, il ne pourra y avoir plus de 15 élèves par classe, les gestes barrières devront être respectés et du gel hydroalcoolique sera distribué.

Le port du masque sera prohibé pour les enfants en maternelle. À l’école primaire, il ne sera pas recommandé mais des masques pédiatriques seront mis à disposition pour les cas particuliers, comme un enfant présentant des symptômes en cours de journée. Dans les collèges, le port du masque sera obligatoire et l’État en fournira aux élèves qui n’en ont pas.

Les transports à 70% pour la RATP dès le 11 mai

Les transports parisiens fourniront 70% de leur service dès le 11 mai. Mais les conditions seront strictes avec le port du masque obligatoire et les heures de pointe seront réservées principalement pour les travailleurs. Le gouvernement invite à limiter les déplacements dans les transports s’ils ne sont pas nécessaires. Édouard Philippe annonce condamner un siège sur deux dans les transports et des marquages au sol dans les transports et sur les quais. Pour les trains, TGV, il faut absolument réserver sa place.

Pour les déplacements personnels, c’est-à-dire, en voiture, les usagers peuvent se déplacer jusqu’à 100 km du domicile. Pour se déplacer à plus de 100 km du domicile, dans le cadre de déplacements entre les départements : « nous voulons réduire les déplacements entre les départements aux motifs professionnels ou familiaux impérieux ».

Les loisirs ? Pas pour le 11 mai

Tous les commerces, sauf les bars et les restaurants ainsi que les grands musées, rouvriront dès le 11 mai à la condition de respecter les règles de distanciation, d’au moins un mètre. Les festivals, les manifestations et tous les événements de plus de 5 000 personnes seront interdits jusqu’en septembre. Les manifestations sportives ne reprendront pas avant septembre non plus.

Les cimetières seront rouverts dès le 11 mai, comme les lieux religieux, mais les cérémonies religieuses sont interdites jusqu’au 2 juin minimum. Les cérémonies funéraires restent limiter à 20 personnes.

Et sinon, à quoi ressemble le quotidien d’un comédien confiné ?

Le monde du spectacle est plus que jamais bouleversé par le confinement. Les pièces de théâtre sont annulées, les tournages sont reportés… Entre créativité et fatalisme, les intermittents du spectacle s’adaptent différemment face à la crise sanitaire liée au Covid-19.

Le Festival d’Avignon est annulé, celui de Cannes est reporté, les salles de cinéma et de théâtre sont fermées jusqu’à nouvel ordre et les tournages sont décalés à des dates inconnues… Le monde du spectacle vit un bouleversement sans précédent. Peut-il s’adapter et comment ?

« Je fais des conneries sur Instagram »

Vous avez peut-être déjà entendu parler du jeu « Questions pour un balcon » qui amuse beaucoup Internet depuis le début du confinement. Non ? Cela ne vous dit rien ? Il s’agit tout simplement d’une initiative prise par le comédien Noam Cartozo, qui a détourné le jeu « Questions pour un champion », en « Questions pour un balcon ». Dans le 11e arrondissement de Paris, depuis son balcon, il endosse le rôle du présentateur Samuel Étienne en posant des questions aux habitants de sa rue.

Un jeu qui cartonne sur les réseaux sociaux, un outil que Philippe Lelièvre, comédien lui aussi, a appris à maitriser pendant le confinement. « Je devais être au théâtre à la rentrée, mais évidemment cela ne se fera pas. En tant que comédien on n’a pas de perspective, alors j’en profite pour faire des conneries sur Instagram ». Philippe l’a compris, les réseaux sociaux sont un formidable outil pour garder une connexion avec le monde extérieur. « Je fais pousser du gel hydroalcoolique dans un bac à fleurs, je mange des gants…. Je fais rire, je fais mon métier finalement ». Heureusement pour le comédien, le ridicule ne tue pas. « Tout le monde se fout de ma gueule, mes fils trouvent que je suis un vieux con ! », raconte-il avec le sourire.

Le comédien appréhende cependant l’après-confinement. « Tourner avec des gestes barrières, ça me paraît compliqué… À moins de faire un film sur la haine, où tout le monde serait loin de l’autre ? », ironise-t-il. « Est-ce que les gens vont retourner facilement au théâtre ? Je n’ai pas la réponse à ça. Et puis nous ne sommes pas à l’abri d’une deuxième vague », dit-il avec inquiétude. L’aspect financier, c’est également un « problème » pour Philippe. « Les revenus sont très disparates dans ce métier. Mars-avril ça allait. Au-delà, ça n’ira pas ». Si son confinement se passe à merveille puisqu’il se repose et se détend en famille, Philippe reconnaît qu’il serait « plus heureux si les gens arrêtaient de mourir et que chacun retrouvait une vie normale ».

« Le théâtre, ça ne se fait pas confiner »

Marion Bierry est comédienne et metteur en scène de théâtre. « Je dirige un théâtre à Avignon et comme le festival est annulé, cela change beaucoup de choses. Les spectacles que l’on était censé accueillir ne se joueront que l’an prochain. En revanche, je monte une pièce qui va se jouer à Paris en janvier prochain au théâtre du Ranelagh. J’espère que cela ne sera pas remis en question ». Face à ces imprévus, profite-t-elle des réseaux sociaux comme Philippe Lelièvre pour animer son confinement ? « Non, pas d’écran pour moi ! Comme disait Nietzsche, ma récréation a toujours été de lire des livres. Ce n’est pas uniquement avec des représentations qu’on nourrit le théâtre. C’est aussi avec des bons bouquins : des romans, des essais, des poésies… Je lis beaucoup de poésies ! L’ordinateur ne fait pas partie de mon quotidien, ni les réseaux sociaux ». Eh oui, le confinement incite les gens à lire davantage. Le #ConfinementLecture est assez tendance sur le réseau social Twitter.

Marion Bierry perçoit le confinement comme un sérieux frein à l’épanouissement d’un comédien. « Les gens de ce métier ont toujours été habitués à ce que rien n’empêche une représentation. Pendant des siècles, les comédiens ont joué des pièces en étant malade. Alors oui, le confinement bouleverse notre métier et le spectacle vivant. Le théâtre, ça ne se fait pas confiner. On ne répète pas confiné. »

Et pourtant, en cette période de confinement, la Comédie Française a trouvé un moyen de maintenir un lien avec son public par l’intermédiaire de plusieurs activités interactives. Elle propose « des archives, des captations, des expériences de comédien et aussi des textes à répéter pour tous les amateurs de littérature et de théâtre ». L’acteur Denis Polalydès, sociétaire de la Comédie Française, est notamment très investi dans ce projet.

En Dordogne, le Théâtre de la Gargouille de Bergerac a mis en ligne des exercices ludiques et liés au théâtre à faire chez soi, comme le rapporte le Sud-Ouest. Vous voyez, le théâtre et l’humour ne sont pas morts, bien qu’ils soient confrontés à une situation historique et sans précédent, qui oblige comédiens et comédiennes à repousser leurs limites.

Confinement : hausse de 89% des appels au 119 pour signaler des violences intrafamiliales

Le nombre d’appels au 119, le numéro d’urgence pour l’enfance en danger, a augmenté de 89 % la semaine du 13 au 19 avril. Soit plus de 14 000 appels. Un chiffre qui inquiète lorsque l’on sait que sur la même période, l’année dernière, les appels au 119 étaient de 7 674.

En période normale, le 119, invisible sur les relevés téléphoniques, reçoit quelque 700 appels par jour. Mercredi dernier, le secrétaire d’État chargé de la protection de l’enfance Adrien Taquet, a déclaré, « cela ne nous surprend pas, c’est le signe de l’augmentation des violences pendant cette période de confinement. Mais je veux y voir aussi le signe, le baromètre, de notre vigilance accrue », lors de la séance des questions au gouvernement au Sénat.

Qui sont ceux qui appellent le 119 ? 

Selon un communiqué, les appels provenant directement des victimes en danger ont augmenté de 80% par rapport à l’année dernière. Les appels passés par des voisins ont eux aussi augmenté de 84 % et les appels de camarades s’inquiétant pour un ami de 58 %. Quant aux appels dit « urgents », ceux qui sont transmis en priorité, ont augmenté de 60%.

Les mesures mis en place pour signaler des violences intrafamiliales 

Deux mesures principales ont été mises à disposition pour les victimes et témoins de violences infantiles. Il s’agit donc du numéro d’urgence pour l’enfance en danger, le 119 et du site internet : allo119.gouv.fr. Ce doublon a été mis en place depuis le 16 mars afin d’aider les services de police à intervenir. En effet, depuis cette date, les interventions des services de police ou de gendarmerie à domicile ont augmenté de 48 %. Chaque semaine, ce dispositif recueille 200 saisines.

Isabelle Debré, présidente de l’association L’Enfant bleu affirme qu’il faut « ouvrir les yeux et les oreilles autour de nous. Si nous avons le moindre doute concernant la maltraitance d’un enfant, il faut impérativement alerter, pour le sauver ». Son association a lancé une campagne de sensibilisation avec le gouvernement afin de faire prendre conscience de l’importance d’un appel au 119 et encore plus pendant cette période.

92 enfants placés en urgence depuis le 16 mars en France

Nicole Belloubet, ministre de la Justice, affirme le renforcement des cellules de recueil des informations et la mise en place de travailleurs sociaux afin de mener des enquêtes dans les familles où les enfants sont en danger.

Chaque année, en France, on estime qu’un enfant meurt tous les 5 jours des suites de violences familiales et quelque 52.000 mineurs subissent des violences, mauvais traitements ou abandons. Alors restez attentifs autour de vous et n’oubliez pas qu’un appel peut sauver la vie d’un enfant.

Virginie, coiffeuse : « c’est une très grosse angoisse car nous attendons des réponses »

Pour le salon de coiffure Origin Haïr, en région parisienne, la reprise au 11 mai semble encore compromise. N’ayant pas plus d’informations du gouvernement quant à la réouverture des salons de coiffure et les mesures sanitaires mises en place, la gérante du salon est dans l’incertitude et craint «  une grosse perte » économique.

« J’espère reprendre le 11 mai, pour l’instant nous n’avons pas plus d’informations ». L’impact économique est de plus en plus conséquent pour ce salon de coiffure. Habituellement, il est rempli et particulièrement lors des saisons estivales : « pour nous, c’est aussi un manque à gagner car nous arrivons dans la saison des mariages et des baptêmes. C’est, normalement, des très gros mois pour nous ». Avec le confinement et la fermeture de tous les commerces non indispensables, elle a mis son employé au chômage partiel, mais pour son cas, elle n’y a pas le droit : « je suis gérante et non salariée ». Cela signifie qu’elle ne cotise pas pour le chômage car elle est en SARL. Pendant le confinement, elle a cessé toute activité professionnelle : « Je n’ai pas continué à coiffer pendant le confinement car nous avons été obligé de fermer et le domicile n’était pas possible non plus ». Le salon vendait aussi des vêtements et des accessoires, cela renflouait le chiffre d’affaires : « ça a été une grosse perte car je fais salon de coiffure, vente de vêtements et d’accessoires ».

« C’est une très grosse angoisse car nous attendons des réponses à nos questions »

Virginie est dans l’attente des consignes de réouverture : « pour la reprise du salon, j’attends les fiches sanitaires. J’ai commencé à m’organiser en essayant d’acheter des masques, que je ne trouve pas, car il y aura rupture, ainsi que des peignoirs jetables. Donc tout cela reste très compliqué ». Le salon commence à s’organiser pour l’après-confinement : «  j’ai eu mon employé au téléphone et nous avons essayé de commencer à réorganiser notre planning ».

« J’ai commencé à anticiper mes achats pour les règles sanitaires ». Mais cela est un budget conséquent, que le salon doit assurer car il n’y a pas de prise en charge : « nous avons déjà été impacté avec la fermeture obligatoire, rajouter le coût sanitaire pour la protection de nos clients et des professionnels, cela va être très compliqué pour nous ». Il reste quand même très difficile de trouver du matériel sanitaire : gants, masques, peignoirs jetables, avec la pénurie mondiale.

La commerçante a fait transférer ses appels sur sa ligne mobile afin d’assurer le standard des rendez-vous : «  j’ai fait un transfert d’appel, mes clients m’appellent pour prendre des rendez-vous mais nous ne savons toujours pas quand nous allons reprendre. Cela reste très compliqué pour les prendre ». Le salon ne prévoit pas de fermer au mois d’août, comme il fait chaque année. Les deux coiffeuses du salon comptent s’organiser pour respecter les gestes barrières, sachant qu’il y a une demande très importante des clients pour la réouverture : «  nous allons aménager nos horaires pour ouvrir plus tard et ne pas travailler ensemble ».

Malgré une possible réouverture le 11 mai, le salon n’a pas le matériel nécessaire pour assurer la sécurité de ses clients et de ses employés. Mais le salon est bien décidé à faire son « maximum pour satisfaire tout le monde dès la réouverture ».

Le confinement vécu par les jeunes, en ville ou en campagne

Bientôt un mois de confinement et pour certains jeunes, cela devient très compliqué au quotidien. Enfermés dans un appartement en ville, dans une maison à la campagne ou au bord de la mer, ils font comme ils peuvent pour lutter contre l’ennui du quotidien pendant le confinement.

En campagne ou en ville, les jeunes ne vivent pas le confinement de la même façon. Tous sentent l’ennui s’emparer d’eux. Pour Margaux*, collégienne en Auvergne, en pleine campagne, le confinement marque l’arrêt de ses relations amicales : « d’habitude je sors voir mes amies mais là je peux pas sortir donc c’est pénible ». Son collège étant fermé, elle reste confinée avec ses parents, sa petite soeur et ses grands-parents dans sa maison, entourée entre montagnes et arbres. Elle suit quand même ses cours et fait les devoirs demandés. Le reste de son temps, elle ne « fait rien du tout ». Un quotidien qui l’ennui terriblement, elle a trouvé le moyen de faire passer le temps : « je dors ».

Le confinement des jeunes en ville

C’est bien différent du quotidien d’Alex, 24 ans. Il vit à Paris dans un appartement avec sa mère et sa copine durant le confinement. Il ne sort pas du tout, sauf pour faire les courses. Il continue de faire du vélo, mais cette fois, sur son vélo d’appartement, « tous les jours au moins une demi-heure, voire plus ». Ne travaillant plus, il a arrêté de fumer et décidé de se mettre à la cuisine: « c’est important de le préciser vu que je suis un homme, je sais faire des tiramisus ». Dans ses temps calmes, il joue à des jeux sur son PC dans sa chambre, avec sa copine. Jeune actif, il trouve parfois le temps long dans son trois-pièces. Pour Camélia, étudiante en troisième année de psychologie, elle vit le confinement avec son copain, « j’essaye de faire mes cours sur internet et je me prépare pour les examens ». Sinon comme Alex, elle fait sa séance de sport quotidienne. Elle est confinée avec sa petite boule de poils, qui lui remonte le moral : « au début j’ai eu du mal à supporter car j’avais trop d’énergie puis avec le temps j’ai l’impression de ne plus réussir à faire grande chose. Ma motivation est quasi inexistante ».

En région parisienne, à une quarantaine de kilomètres de la capitale, dans la vallée de Chevreuse, quatre soeurs sont confinées chez elle avec leur maman et leur beau-père. Pour ces soeurs, ce confinement les rapproche, elles passent du temps dans le jardin, elles cuisinent, mangent tous ensemble. Pour la plus jeune, Jeanne, 10 ans, « je fais beaucoup de choses comme dessiner, jouer avec mes soeurs, faire de la balançoire, appeler mes amies, faire des batailles d’eau avec mes soeurs, faire de la trottinette, et faire de la pâtisserie en famille ». Mais pourtant le confinement est parfois difficile pour elle : « je vois pas ma maîtresse, je peux pas inviter mes amies, ni faire du vélo dans ma rue ». Pour la plus grande, Michèle*, étudiante dans le développement durable, c’est le moment de réfléchir au sens de la vie : « ce confinement me permet de me recentrer sur moi, apprendre l’anglais en regardant des séries, faire du sport, travailler mes cours et les réviser, mais après il y a des côtés négatifs au confinement, rien n’est tout rose, je ne peux pas voir mes amies, ni ma copine, ni même sortir comme je le voudrais ».

Pour Ines, la deuxième de la fratrie, son passe-temps préféré, à part défendre la cause féminine, « j’adore cuisiner, c’est l’occasion de faire de la pâtisserie que je n’ai pas le temps de faire habituellement, après j’appelle mes amies, je customise des vêtements, je fais une heure de sport tous les jours et je regarde des tutos. Après je suis jeune, j’aime sortir, aller au resto, faire des soirées avec mes potes, aller dans des festivals, mais bon, c’est comme ça ». Pour Paula*, 14 ans, c’est l’année du brevet des collèges, elle le révise tous les jours, elle profite du jardin pour bronzer, faire du sport et cuisiner avec ses trois autres soeurs : « on a la chance d’avoir un jardin alors on en profite et je pense à toutes ces personnes qui meurent, alors je respecte le confinement même si mes amis me manquent ». Un confinement qui, pour les soeurs, est bénéfique, elles passent du temps ensemble, ce qui les rapproche.

Ce confinement permettra d’apprivoiser l’ennui ou des membres de leur famille, avec qui, ils passent peu de temps en dehors de la période. Cette période est aussi pour eux l’occasion de se découvrir un nouveau talent.

*nom modifié