La vérité sur l’application StopCovid

Téléchargée officiellement plus de 600 000 fois en 24h, l’application StopCovid est LA star du moment. Mais elle est aussi victime de fake news et de craintes. Voici la vérité sur STOPCOVID, l’application du gouvernement pour éviter une seconde vague épidémique.

L’application est-elle efficace ?

Non. Du moins pour le moment, et d’après l’utilisation des 900 000 personnes l’ayant téléchargée. En effet, la probabilité pour que deux personnes ayant téléchargé StopCovid se soient croisées et qu’une d’entre elle ait le coronavirus reste faible. D’après une étude de l’OXFAM et son application par des chercheurs au scénario français, il faudrait que 60% de la population télécharge StopCovid pour que l’application ait une réelle utilité. Mais pour le ministre Cédric O., ce chiffre doit être revu à la baisse. Il faudrait en effet, selon lui, que 40% de la population française se munisse de l’application pour éviter une seconde vague. Par ailleurs, de nombreux doutes planent encore sur l’efficacité en cas de fermeture de l’application. Elle travaille en arrière-plan, mais le fait-elle lorsqu’elle est fermée ?

Comment fonctionne l’application ?

Par Bluetooth, tout simplement. En effet, lorsque vous créez un profil, un numéro vous est attribué. Vous ne donnez ni votre nom, ni prénom etc… Le service est anonyme. Et contrairement à ce que beaucoup affirment, aucune localisation n’est faite. L’application utilise le bluetooth, ce qui lui permet de voir les autres appareils connectés autour de vous. Elle enregistre par la suite durant 14 jours ces données extérieures. Durant cette période, une personne peut déclarer sur l’application, après avoir été testée, être porteuse du virus. Par conséquent toutes celles et ceux ayant été en contact bluetooth durant plus de 15 minutes avec elle seront informés.

La notion de contact bluetooth renforcé est ici très importante et critiquable sur son efficacité. Si 80% des français ont un smartphone, tous n’ont pas un bluetooth de dernière (5e) génération et donc une capacité de détection et à être détecté qui est moindre. La seconde critique est la prise en compte d’un contact dès lors que la présence a duré 15 minutes. Cela alors qu’un postillon mal placé suffit à contaminer.

Est-ce dangereux pour mes données personnelles ?

Pour le moment, tout comme pour pour son efficacité, non. La vague d’indignation quant au syphonnage de vos contacts, fake news très populaire sur Facebook, n’a aucune base réelle. Et pourtant, l’information est virale allant jusqu’à la tribune de l’Assemblée Nationale où Jean Luc Mélenchon a demandé aux députés qui l’installeraient de le supprimer de leur liste de contact. Mais le fonctionnement ne se faisant qu’uniquement par Bluetooth, l’application n’aura accès a rien d’autre. Elle est bien moins dangereuse que la majeure partie des autres applications populaires sur nos smartphones, prenant possession de nos contacts, localisation et autres données personnelles.

Cependant, la crainte des plus sceptiques reste une mise à jour sauvage du gouvernement. Le code source actuelle est disponible, il faut espérer qu’il le sera aussi lors de la prochaine mise à jour. La crainte du hack est aussi possible, mais les utilisateurs ne révélant rien de leur vie privée, le hackeur ne volera pas vos données personnelles.

Alors faut-il la télécharger ?

Oui. Peu importe que votre téléphone soit ancien ou moderne, que vous habitiez la ville ou la campagne, l’application est gratuite et peut nous protéger. Les personnes habitants dans de grandes agglomérations et prenant les transports en commun ont deux fois plus de raisons de télécharger StopCovid. De plus, il serait idiot de critiquer son inefficacité tout en y contribuant puisqu’on ne la télécharge pas. 

Mais si vous êtes sceptique face à l’immiscion de l’État dans votre téléphone, alors n’hésitez pas à suivre l’actualité technologique de cette application. N’oubliez pas que vous pouvez la supprimer à tout moment et que vos données ne resteront que 14 jours sur les serveurs. Utiliser l’application, c’est un petit geste supplémentaire dans la lutte contre la pandémie.

Weekend de l’ascension : une possible relance de l’épidémie ?

Le weekend de l’ascension s’annonce très ensoleillé ! Après deux mois de confinement, les températures sont à la hausse et les gens ressortent enfin. Ces avant-goûts d’été ne doivent pas nous faire oublier le désastre de la crise sanitaire actuelle : non ce n’est pas fini !

« Il fait beau dehors, on sait que c’est très compliqué et la tentation est forte après des semaines de confinement », affirme Olivier Véran.

Si la plage à côté de chez vous est ouverte, restez prudent ! Le port du masque est obligatoire et les bains de soleil, à l’exception de quelques plages corses, sont interdits ! Vous pourrez néanmoins vous baigner, de préférence individuellement. Pas de rassemblements de plus de 10 personnes sur la plage bien entendu. La règle d’or est de rester en mouvement, ne pas s’assoir ou s’allonger sur la plage donc. Pour les urbains loin de la côte, si les parcs et jardins sont ouverts, profitez-en mais avec prudence !

Un weekend « test »

Sur la côte, on craint une arrivée massive de touristes, principalement des urbains venus chercher un peu de nature et de fraîcheur. Yannick Moreau, interviewé par BFM TV et maire des Sables-d’Olonne parle d’un weekend « test ». Il insiste fortement sur le respect des précautions sanitaires. « Il faut que nous comprenions que la phase est critique. Le confinement est levé, et maintenant si on reprend nos habitudes d’avant, l’épidémie va revenir. Il faut changer nos habitudes ».

Peut-on faire confiance aux Français pour respecter les mesures ?

Mercredi soir, les Parisiens ont envahi les Invalides et la police a dû intervenir pour disperser la foule. Pourtant, le gouvernement mise sur la responsabilité des Français. L’infectiologue Benjamin Davido, de l’hôpital Raymond Poincaré de Garches, soutient le même discours lors d’une interview pour BFM TV. Il invite les Français à reprendre leurs activités professionnelles et les loisirs, et compte sur leur sérieux pour appliquer les gestes barrières. « Il faut reprendre une vie avec des précautions et ne pas vivre dans une solitude, ni se marginaliser. Il faut faire attention aux autres, la transmission est verticale, j’ai conseillé à des amis proches de revoir leurs petits-enfants. Il faut que chacun se réapproprie l’espace de vie. La vérité, c’est qu’il faut apprendre à vivre avec, et la fin de cette épidémie sera le vaccin », assure-t-il. 

Le ministre de la Santé affirme néanmoins qu’il n’y a pas pour le moment, de signes d’une « re-croissance » du virus et qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions.

Il est donc obligatoire de respecter les gestes sanitaires pour éviter une nouvelle vague épidémique. Si trop d’incivilités sont relevées, les autorités municipales seront contraintes de fermer les lieux public récemment réouverts. C’est déjà le cas dans cinq communes du Morbihan et une du Finistère. Nous vous invitons donc à profiter du soleil en restant prudent !

Coronavirus : 1er enfant mort, la maladie de Kawasaki inquiète le monde médical

Un premier enfant de 9 ans atteint d’une forme proche de la maladie de Kawasaki est mort la semaine dernière à Marseille. CAQS vous en dit plus sur cette maladie.

Quels sont les cas en France touchés par ce syndrome ?

L’alerte en France avait été donnée par l’hôpital Necker, qui avait rapporté les cas de 25 enfants hospitalisés en réanimation en région parisienne, ces dernières semaines. Tous ces enfants se plaignaient d’une inflammation dans leurs organismes. « Ce syndrome inflammatoire implique le cœur, les poumons ou l’appareil digestif. On remarque un nombre croissant d’enfants de tous âges hospitalisés dans un contexte d’inflammation multi-systémique associant fréquemment une défaillance circulatoire avec des éléments en faveur d’une myocardite » expliquait le docteur Damien Bonnet, coordonnateur du réseau M3C Necker à Paris au quotidien Midi Libre. C’est à la vue de ces syndromes, que le corps médical s’est interrogé sur un lien possible avec la maladie de Kawasaki. 

Qu’est-ce que la maladie de Kawasaki ?

La maladie de Kawasaki ou « syndrome lympho-cutanéo-muqueux » a été décrite par Tomisaku Kawasaki en 1967. C’est une vascularite, c’est-à-dire, une maladie caractérisée par une inflammation des vaisseaux sanguins qui, en l’absence de traitement, peut se compliquer d’anévrismes coronaires pouvant être mortels. Même si cette maladie a été rapportée dans le monde entier, elle est beaucoup plus fréquente dans les populations asiatiques, en particulier au Japon. Elle touche dans la grande majorité les nourrissons et les jeunes enfants avant la puberté.

Les symptômes évocateurs de la maladie de Kawasaki :

  • une fièvre prolongée inexpliquée, supérieure à 38 °C, qui persiste au moins 5 jours et ne répond pas aux antipyrétiques ni aux antibiotiques
  • une éruption cutanée 
  • une conjonctivite qui apparaît avec la fièvre
  • des atteintes oropharyngées (érythème des lèvres, une sécheresse, des fissures et parfois des saignements). La langue est framboisée
  • les adénopathies cervicales (ganglions gonflés) ;
  • des atteintes des pieds et des mains : desquamation de la peau, c’est-à-dire une perte de la couche superficielle de l’épiderme, touchant principalement la zone vers les organes génitaux, la plante des pieds ou la paume des mains

Mais, le Professeur Pierre-Louis Léger, chef du service de réanimation néonatale pédiatrique à l’hôpital Trousseau de Paris, rassure en affirmant que les enfants répondent bien aux traitements et qu’à ce jour, aucun patient n’a eu de conséquences graves.

Quels sont les risques de cette maladie ?

La gravité de cette maladie est définie par des risques cardiaques qui peut être engendrée en l’absence de traitements. « Les complications cardiaques surviennent chez 25 à 30 % des patients non traités. La complication la plus importante est représentée par des anévrismes coronaires, qui surviennent habituellement entre 10 et 30 jours après le début de la maladie » rapporte La Revue du Praticien.

Un lien avec le Covid-19 ?

C’est possible. Ce ne sont pas les premiers cas observés dans le monde. L’alerte est d’abord venue du Royaume-Uni où le National Health Service (NHS, Agence de Santé du pays) a rapporté les cas d’une douzaine d’enfants hospitalisés dans un état grave présentant de la fièvre et une inflammation des artères. Pour la plupart de ces enfants, ils ont été testés positifs au Covid-19. 

« C’est une nouvelle maladie qui, selon nous, peut être causée par le coronavirus. Nous ne sommes pas sûrs à 100% parce que certaines des personnes qui l’ont contracté n’ont pas été testées positives au coronavirus. Nous faisons donc actuellement beaucoup de recherches. Mais c’est quelque chose qui nous préoccupe » a déclaré le ministre anglais de la Santé, Matt Hancock sur la radio LBC.

C1 et C3 : l’UEFA dans le grand flou

Une tournure différente. C’est ce qu’envisage L’UEFA cette année. Pour s’adapter à la crise sanitaire actuelle, l’Union des associations européennes de football pense changer la formule des tours préliminaires de la Ligue des champions et de l’Europa League. Ces deux plus grosses compétitions européennes pourraient voir leurs tours préliminaires se dérouler de manière inédite…

Le football est en pleine reconstruction, les coupes européennes sont remaniées. Cette année, c’est peut-être sous un autre format que se joueront les rencontres des deux plus grosses compétitions européennes annuelles de football . Leurs tours préliminaires se disputeraient sur un seul match, en terrain neutre. Rappelez-vous, le 17 avril dernier, L’UEFA annonçait que la Champions League débuterait le mardi 20 octobre au lieu du 25 juin pour les tours préliminaires, pour cause de la crise sanitaire actuelle. Hier matin, le quotidien sportif français, L’Équipe, émettait l’hypothèse que les matchs des tours préliminaires se disputeraient sur une seule rencontre, sur terrain neutre. L’organisation de la C1 et la C3 pourraient faire basculer le destin de chaque équipe. Ce qui ne va s’en doute pas faire l’unanimité auprès des écuries européennes disputant cette compétition.

 

Bonne ou mauvaise solution ?

Même si les matchs se jouent à huis clos, les supporters ont déjà des avis bien forgés sur cette disposition inhabituelle. Encore plus les supporters du Stade Rennais, qui pourraient pour la première fois de leur histoire voir leur équipe rejoindre la plus prestigieuse des coupes européennes, la Ligue des champions. « On sait que les matchs seront jusqu’à nouvel ordre à huis clos, en tant que supporter, c’est regrettable de ne pas pouvoir soutenir son équipe dans ce moment crucial mais la situation nous y oblige. Nous devons la respecter. Pour ce qui est des joueurs, c’est différent selon moi, les rencontres aller-retour permettent aux joueurs d’aborder les rencontres différemment que sur une seule rencontre » déclarait Gwendal Blanchet, un supporter rennais.

 

Tours préliminaires ou plus…

Le huis clos concernerait uniquement les tours préliminaires. Mais cette décision impactera-t-elle les autres matchs de la compétition ? Et si toutes les compétitions se jouaient comme une finale, sur un seul match, sur terrain neutre ? La phase de groupes et la phase finale pourraient alors se dérouler sur une seule rencontre. Avec un tel retard accumulé, il n’est pas impossible que les Coupes Européennes 2020-2021 soient totalement différentes des éditions précédentes…

Bundesliga : une reprise morose

Bonne nouvelle pour les amateurs de foot. La Ligue allemande (DFL) a donné son feu vert mercredi dernier pour la reprise de la Bundesliga. Le 16 mai, les deux plus grands championnats allemands de football reprendront après deux mois d’interruption en raison de la pandémie de coronavirus. Une reprise certes, mais avec des règles sanitaires plus strictes que jamais…

Dans moins de dix jours et plus de deux mois après l’interruption des compétitions en raison de la pandémie du covid-19, le football allemand reprendra. Chanceux, puisque c’est le premier « grand championnat européen » à retrouver la pelouse. 

Accolades et contacts prolongés bannis par la Ligue allemande

Des règles d’hygiène inédites. Du jamais vu dans l’histoire du football. Les autorités ont prévu d’interdire les footballeurs de cracher, d’échanger leurs maillots et bouteilles d’eau. Ces mesures s’ajoutent à l’interdiction de se serrer la main avant les rencontres ainsi que de célébrer leurs buts collectivement sous peine d’être sanctionné. Le barème des sanctions n’a quant à lui pas encore été établi. Selon le protocole sanitaire envisagé, le crachat sera interdit aussi bien à l’entraînement que lors des rencontres.

Des matchs sous huis clos 

« Jouer devant des tribunes vides sera un défi énorme, surtout pour une équipe comme le Borussia Dortmund, qui tire beaucoup d’énergie de la passion de ses supporteurs ». La suite de la saison s’effectuera à huis clos en raison du Covid-19. Le comportement de chaque joueur, sur le terrain comme en dehors, sera « crucial jusqu’à la fin de la saison »

Le professeur Tim Meyer, chef du nouveau groupe de travail sur le coronavirus de la Bundesliga et président de la commission médicale de l’UEFA a été très clair dessus. « Habituellement et ce sera exactement la même chose avec le football, la personne infectée est mise en quarantaine et ensuite l’autorité sanitaire locale commence à vérifier les personnes à contacter » a détaillé Meyer.

Une décision, que le défenseur central du FC Union Berlin, Neven Subotic, a du mal à saisir. Regrettant que les joueurs n’aient pas été sollicités afin de donner leur opinion sur le retour des matchs. « Nous avons été informés après que toutes les décisions aient été prises. Nous n’avons pas eu de siège à la table, nous n’avons pas été consultés. Nous n’avons tout simplement pas joué un rôle».

(L’Édito du samedi) : quand l’État se masque de ses responsabilités

La France peine à équiper sa population en masques. Véritable trésor pour faire face à cette pandémie, les masques n’ont jamais été autant demandés par la population. Seul problème, il y a largement plus de demande que d’offre. Comprenez, il y a beaucoup plus de personnes qui demandent des masques que ce que l’État est en capacité de fournir. À qui la faute ? Retour sur 10 ans de gestion de stocks de masques catastrophique.

2010 – 2012 : H1N1 et la peur de l’hécatombe

Xavier Bertrand, ministre de la Santé de novembre 2010 à mai 2012.

En 2010, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, décide de commander en masse des vaccins et des masques afin de pouvoir lutter contre la grippe H1N1. Cette grosse dépense s’élève à 32 millions d’euros. Mais la France n’a finalement pas connu une forte épidémie de grippe durant l’année 2010. Ces grands stocks de masques et de vaccins semblent alors inutiles. Certains reprochent même à la ministre de jouer le jeu des laboratoires en achetant des vaccins.

C’est alors que les stocks de masques commencent à fondre. En novembre 2010, Xavier Bertrand devient ministre de la Santé. Une note de la Direction générale de la Santé datant de juillet 2011, propose alors « le lissage du renouvellement des stocks », soit accepter la péremption de 25% du montant total des stocks.

Le nombre de masques commence donc à baisser, mais Xavier Bertrand l’affirme : « quand j’ai quitté mes fonctions, il y avait 1,4 milliard de masques en France ». Selon Europe 1, 600 millions de masques FFP2 et 800 millions de masques chirurgicaux étaient disponibles en France.

2013 – 2017 : Des masques qui prennent la poussière

Marisol Touraine, ministre de la Santé sous François Hollande

À l’arrivée de François Hollande en 2012, la politique des masques évolue. Le 16 mai 2013, le secrétariat général de La Défense et de la Sécurité nationale décide que l’État ne va plus s’occuper de la gestion des masques chirurgicaux aux employeurs des professions en contact avec le grand public. Selon le rapport du sénateur Francis Delattre, l’État ne s’occupera seulement que des masques FFP2.

Les années passent, le gouvernement utilise petit à petit le stock des masques sans le renouveler. « Pendant le quinquennat de François Hollande, la France était préparée. (…) Entre 2012 et 2017, les stocks de masques chirurgicaux ont régulièrement augmenté, et nous les avons reconstitués après les attentats : il y avait 730 millions de masques chirurgicaux en 2012, et 754 millions en 2016 et 2017. Et ce, conformément à la doctrine édictée en 2011 par le Haut conseil de santé publique, qui avait mis la priorité sur les masques chirurgicaux » se défend la ministre de la Santé de l’époque, Marisol Touraine.

Une déclaration à l’opposé de ce qu’a déclaré l’actuel ministre de la Santé Olivier Véran à l’Assemblée nationale le 19 mars dernier : « Nous disposons d’un stock d’État d’environ 150 millions de masques chirurgicaux et d’aucun stock de masques FFP2. Il avait été décidé, suite aux crises sanitaires précédentes – je remonte pour cela à 2011 et 2013 – qu’il n’y avait plus lieu de conserver des stocks massifs de masques dans le territoire considérant que les usines de production étaient capables d’être actives très rapidement, notamment en Chine. Seulement la crise sanitaire a commencé par toucher la Chine ».

Si la France ne semble avoir aucun stock de masques FFP2, cela fait suite à un autre changement de politique datant de 2013. Cette année-là, l’État décide que les masques FFP2 seront désormais à la charge de l’employeur. L’État ne fournira plus les personnels qui ont besoin de masques excepté le personnel hospitalier. « En 2013, il y a un avis du SGDN qui dit que chaque collectivité, entreprise ou établissement est responsable de ses stocks, car l’État ne peut pas tout stocker. C’est ce qu’a fait la mairie de Paris, ou le ministère de la Santé pour les urgences. Ce n’est pas un changement de doctrine, c’est une décentralisation », se défend Marisol Touraine.

Selon l’ancien sénateur Francis Delattre, auteur d’un rapport en 2015 intitulé : « l’Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (EPRUS) : comment investir dans la sécurité sanitaire de nos concitoyens ? », face à la production en masse de masques de la Chine, la France a baissé la garde. « Nous avons fait une confiance aveugle à la Chine au détriment de nos entreprises françaises. C’était une erreur ! » regrette-il, « on a tout simplement baissé la garde pour des raisons budgétaires. C’est la stratégie du court terme qui a prévalu ».

2017-2020 : la politique de l’autruche :

Olivier Véran prend la place d’Agnès Buzyn en février 2020.

Agnès Buzyn en début d’année, Olivier Véran en mars et Jérôme Salomon lors de ses premiers points presse quotidiens, ont tous rassuré le grand public en insistant sur le fait que la France avait un grand stock de masques qui nous protégerait si une soi-disant pandémie toucherait la France comme la Chine.

Et pourtant, dès 2017, Jérôme Salomon alerte… Emmanuel Macron lui-même. Parmi les révélations des Macron Leaks, on y retrouve l’actuel directeur général de la Santé, qui avait averti le futur président que la France n’était pas prête en cas d’épidémie. Et c’est là que cela prend une tournure d’affaire d’État. Lorsque l’épidémie commence à toucher sérieusement la France, il n’y a aucun masque FFP2. Début mars, Olivier Véran martèle que l’État est en capacité de protéger la population avec les masques mais tente de faire croire que les masques « ne servent à rien ». 2 mois plus tard, le ministre dit l’inverse, obligeant les Français à porter des masques dans les lieux très fréquentés (comme les transports en commun). L’exécutif aurait-il menti sur les stocks de masques ?

Il faut attendre la fin du confinement pour entendre des versions beaucoup plus réalistes. Tout commence avec le journal Le Monde qui révèle que l’État continuait de brûler ses stocks de masques à la fin du mois de mars 2020. Édouard Philippe est contraint de rendre des comptes. « un certain nombre de masques commandés, il y a fort longtemps, étaient stockés depuis très longtemps, et avaient vu leur date de péremption dépassée, parfois depuis très longtemps » s’explique-t-il.  « Quand vous les trouvez au printemps ou à l’hiver 2020 et qu’ils sont arrivés à péremption en 2019, vous pouvez vous dire qu’il est peut-être absurde de les détruire – ce qui normalement devrait être le cas – au lieu de les garder, de vérifier quand on peut les utiliser. Et si c’est le cas, de les utiliser. C’est ce que nous avons fait. Nous avons ainsi récupéré 75 millions de masques chirurgicaux utilisables », s’est-il félicité.

Face à une population de plus en plus défiante vis-à-vis de l’État, ce type de polémique renforce la défiance. Ironie du sort, le meilleur moyen pour les Français de trouver un masque, c’est de se le fabriquer.

Donald Trump veut relancer l’économie, simple stratégie ou réel optimisme ?

Les États-Unis viennent de franchir le cap des 70 000 décès liés au coronavirus et pourraient atteindre celui des 100 000 avant le début du mois de juin. Le taux de chômage est à un niveau historique, il a atteint 14,7%, soit le taux le plus élevé depuis juin 1940. 20,5 millions d’emplois ont été perdus au mois d’avril, une baisse record en si peu de temps. Pourtant, la communication de Donald Trump laisse croire que la situation est parfaitement gérée. A-t-on à faire à une stratégie de campagne ou à une réelle maitrise des évènements de la part du président américain ?

Une « pause » du plan d’aide

Adoptant un ton résolument optimiste, il a annoncé une année 2021 « incroyable » sur le plan économique, en promettant que les emplois perdus reviendront. Il a également déclaré vendredi qu’il n’était « pas pressé » de trouver un accord avec les démocrates concernant un nouveau plan d’aide aux Américains touchés par la crise du coronavirus. « Nous avons eu ce dont nous avions besoin » dans les précédents accords, a-t-il estimé. En mars, le Congrès avait approuvé un plan de relance historique de 2.200 milliards de dollars, promulgué par Donald Trump. Il comprenait notamment la distribution de chèques aux Américains, et 349 milliards pour un fonds dédié aux petites et moyennes entreprises. Un deuxième plan d’aide de près de 500 milliards de dollars avait suivi fin avril.

Mais ces aides n’ont pas eu l’effet escompté puisque le taux de chômage a atteint 14,7%, soit le taux le plus élevé depuis juin 1940, et 20,5 millions d’emplois ont été perdus au mois d’avril. Malgré ces nouvelles alarmantes, les responsables républicains et la Maison-Blanche ont plaidé pour une « pause » avant de reprendre de nouvelles mesures. Donald Trump a ainsi annulé les aides financières, estimant que celles-ci n’étaient pas la clé de la solution. On pourrait aussi se demander si le magnat de l’immobilier a-t-il pris les mesures nécessaires pour endiguer la propagation du virus et permettre un retour à la normale. Pour le démocrate Joe Biden, la réponse ne fait aucun doute.

« Un désastre économique »

« C’est un désastre économique pire que tous ceux que nous avons connus depuis des décennies et c’est d’autant plus grave qu’il ne devait pas en être ainsi. Donald Trump n’a absolument pas su se préparer à cette pandémie et a tardé à prendre les mesures nécessaires pour protéger notre pays contre le scénario économique proche du pire que nous vivons actuellement. Le Covid-19 a provoqué un défi économique de taille. Mais cette crise nous a frappé plus durement, et durera plus longtemps, car Donald Trump a passé les trois dernières années à saper les piliers fondamentaux de notre force économique » a-t-il déclaré.

Au lieu de proposer un chèque de 2.000 dollars chaque mois à une majorité d’Américains pour toute la durée de la crise comme le suggère les sénateurs américains, Donald Trump maintient sa politique de préparer l’après-confinement. L’urgence ne serait-elle pas de gérer le cas présent ? Assis à côté de l’imposante statue d’Abraham Lincoln dimanche dernier lors d’une interview, il a défendu avec force tous ses choix, refusant toute autocritique sur ses atermoiements initiaux. « Je pense que nous avons sauvé des millions de vies », a lancé l’hôte de la Maison-Blanche lors cet échange retransmis en direct sur Fox News. Était-il convaincu par ce qu’il disait ou était-ce sa façon de dire « je ne peux pas faire plus » ? Le chef d’État a continué à se montrer confiant en affirmant cette fois-ci qu’un vaccin contre le coronavirus sera trouvé d’ici la fin d’année.

En campagne pour sa réélection, comme depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump n’a cessé de louer ses qualités. En affirmant que l’économie va se relancer et qu’un vaccin sera bien trouvé, le président américain ne soigne-t-il pas avant tout son image au lieu de mettre tous les moyens en œuvre pour venir en aide à son pays ?

Covid-19 : l’annulation des festivals « est une catastrophe économique et sociale »

Mercredi 6 mai, le président Emmanuel Macron a annoncé des mesures concernant la culture après la crise du covid-19. L’interdiction des rassemblements puis le confinement ont fortement touché notre système culturel français. Les festivals traversent actuellement de fortes difficultés sociales et financières.

« Aujourd’hui, l’annulation des festivals d’été est une catastrophe économique et sociale d’ampleur » explique le collectif du IN du festival d’Avignon. Cette crise rappelle l’importance du secteur de la culture dans la vie sociale française. Au-delà de l’accès à des connaissances, les festivals sont un moyen de rassembler des Français autour d’une même passion, le temps de quelques jours ou semaines. Ces festivals participent à créer un sentiment d’appartenance à une communauté. « J’avais prévu de me rendre au festival des Geek Faëries, comme tous les ans, nous confie Laura, festivalière, c’est un moment important de rassemblement de notre passion ». L’édition 2020 de ce festival avait initialement été repoussée aux 21, 22 et 23 août, mais a dû être définitivement annulée suite aux dernières annonces du gouvernement.

Des conséquences directes d’ampleur

Mais les conséquences de ces annulations massives ne s’arrêtent pas à la simple nostalgie. Les artistes qui devaient se produire lors de ces festivals, ainsi que les organisateurs, ont encore du mal à savoir comment ils vont pouvoir se financer. « L’annulation met en péril à court et à long terme les revenus et l’avenir de tous » annonce le collectif du IN. Certains intermittents, travaillant essentiellement lors de cette période de l’année, « vont être déchus de leurs droits au régime d’intermittence puisqu’ils ne pourront pas remplir les conditions a minima ». Un grand festival comme celui d’Avignon emploie des centaines de saisonniers et d’intermittents, quelques-uns dont les contrats ont déjà débuté.

Certains organisateurs essaient donc de mettre en place le chômage partiel pour ces personnes mais il est difficile de trouver un accord avec les conditions « obtuses » des institutions publiques. Les calculs actuels vont compter les heures perdues pour calculer les prochaines indemnités chômage mais pas le salaire : « cela veut dire que nous perdons de l’argent à court et à long terme. Cela va mettre beaucoup de familles en difficulté économique ». Les employeurs souhaitant mettre en place un chômage partiel ne peuvent déclarer que 35 heures maximum. Or, la plupart des intermittents en festivals en réalisent beaucoup plus. Cela leur fait perdre des heures pour leur demande d’indemnisation et le salaire lié à ces heures. Les prestataires et fournisseurs de ces festivals sont également touchés par leur annulation, qui implique un manque à gagner énorme pour l’été.

D’autres acteurs demandent des réponses

D’autres acteurs sont liés au sort de ces festivals, comme les communes ou régions. Ce sont des dépenses de logements, de transports et de nourritures que les festivaliers font, sans trop s’en rendre compte, mais qui participent parfois à la survie économique d’une ville. Des régions où devaient se tenir beaucoup de festivals, comme la Bretagne, subissent de fortes pertes liées à cette crise. En plus des dépenses que les festivaliers ne feront pas, ces régions avaient souvent investi dans la mise en place de ces festivals. Le festival d’Avignon est, par exemple, financé à 57 % par des subventions publiques (de l’état, la ville, le département et la région). Son annulation pèse donc lourdement sur les finances publiques.

C’est également une perte, temporaire au moins, pour les festivaliers qui avaient déjà payé leur billet : « J’ai payé 125 € mon billet d’entrée pour le Hadra Trance Festival, ils devraient me rembourser sous peu, explique Lisa, je suis triste que ça se finisse comme ça, mais je trouve normal de redemander mon argent s’il n’y a pas de festival ». Une bien triste fin pour ces festivals d’été tant attendus chaque été.

Un mécontentement gronde aussi dans les associations d’intermittents et saisonniers suite aux annonces du président pour « sauver » la culture. Nombreux sont « les oubliés » de ce plan : salariés intermittents de l’hôtellerie-restauration, auto-entrepreneurs, contrats « à la mission ». Premiers événements à avoir été mis à l’arrêt par la crise, la date de reprise des festivals n’est pas encore actée et les intermittents du spectacle sont « effrayés d’être à l’arrêt pendant encore des mois » selon le collectif du IN. Ils s’inquiètent également de l’après-déconfinement, où le secteur devra « se relever, trouver de nouvelles solutions, de nouvelles pratiques et renaître de cendres encore chaudes ».

L’Inde au défi du déconfinement

Le deuxième pays le plus peuplé au monde commence lentement à sortir du coma artificiel. Après un arrêt total de 6 semaines, le déconfinement dessine une carte rouge et verte de l’Inde. Une décision précoce qui semble minimiser la gravité de la situation au profit de l’économie.

C’est une Inde fractionnée qui se dessine depuis le 4 mai, date de début du déconfinement progressif. Calquant ses couleurs rouges et vertes sur la météo, suggérant le beau et le mauvais temps, le Premier ministre Indien libère les habitants par régions. Celles qui sont les moins touchées par le virus sont peintes en vert, symbolisant la délivrance. Les habitants sont libres de flâner dans les rues et les magasins rouvrent leurs portes.

Alors que le bilan officiel au 5 mai est de 1300 morts pour 40 000 cas dépistés, le gouvernement indien tient un discours positif et rassurant, encourageant le déconfinement progressif du pays. Un élan de positivité qui se veut bien loin de la cruelle réalité des faits qui en minimise l’impact de la pandémie.

« Si on a de la fièvre, les hôpitaux refusent de nous voir »

À quelques kilomètres de la frontière Népalaise, dans la région contestée du Kashmir, Prem est inquiet pour sa famille et sa santé. Timide, il prend une grande inspiration et se lance : « je lis la presse locale tous les jours. Selon eux tout se passe bien. Soi-disant, il y a peu de cas et les hôpitaux sont en mesure de gérer la crise. Mais s’il y a si peu de cas c’est qu’il n’y a presque pas de tests et que les malades ne sont pas pris en charge. Ici, quand on a de la fièvre, peu importe la gravité de sa maladie, personne ne nous vient en aide. L’hôpital ne veut pas nous recevoir ».

Pour éviter de contracter le virus, les citoyens sont encouragés à utiliser des masques et à respecter les mesures barrières. Un discours théorique qui se heurte à une réalité bien différente dans les régions défavorisées du pays. « Les politiques ont-ils déjà mis les pieds dans une ville Indienne ? » se questionne Prem.

« Des masques ? Non. Mais on a ça… »

Un turban en guise de masque @alexisgilli

Les traits fatigués, un turban sur le visage, Shankar Singh raconte ses conditions de vie. L’homme d’environ 30 ans – il ne connaît pas sa date de naissance car les pauvres n’ont pas de papiers d’identité – est guide touristique dans la région de Pushkar, dans le Nord-Ouest de l’Inde.

Pour lui, le gouvernement tient un double discours. D’un côté rendant obligatoire le port du masque, mais de l’autre n’ayant pas de dotation suffisante : « à Pushkar c’est difficile. Les hôpitaux sont pleins alors qu’officiellement on est dans une région verte. Si on sort, les policiers nous attrapent et nous mettent dans des salles isolées, dans le noir, pendant 15 jours, des fois sans nourriture. Dans les grandes villes comme Delhi ou Chennai, c’est la catastrophe. L’Inde est sale, tout le monde vit dans des bidonvilles. Imaginer qu’on aura des masques et qu’on pourra s’éloigner les uns des autres, c’est inconcevable » explique-t-il une larme à l’œil.

Aux problèmes de santé s’ajoute une autre contrainte : se nourrir. Sans touristes, les locaux n’ont presque aucun revenus, et en Inde, sans revenus, c’est la famine.

Le rôle primordial des ONG

Distribution de nourriture dans l’Uttard Pradesh @AINAWUP

Pour pallier le déficit financier engendré par la pandémie, le gouvernement a décidé de venir en aide aux plus pauvres. Le montant astronomique de cette aide ? 24 euros. Heureusement, des ONG amènent leur pierre à l’édifice : « nous distribuons des milliers de rations de nourriture chaque jour. Cela permet à de nombreuses personnes démunies de survivre. Si nous pouvons faire ça, c’est grâce aux donations. On en a eu beaucoup heureusement » explique Kamaldev, présidente de l’ONG indienne AINAWUP lors d’une interview accordée à CAQS.

Les régions les plus impactées par le Covid-19 seront soumises à un confinement strict pour encore 2 semaines. C’est notamment le cas de Bangalore et Mumbay qui recensent, chaque jour, des centaines de cas supplémentaires.

(L’édito du samedi) : départements rouges ou verts, certains rient jaunes

Un déconfinement géographique avec une carte remplie de départements rouges, jaunes et verts ? Si ton département est en vert, tu peux être déconfiné, si tu es en rouge, tu restes confiné.

En ville ou en campagne, chacun tente d’éviter la propagation du virus. Mais il y a, pour moi, une injustice face à ce déconfinement. En ville, on est « les uns sur les autres », on n’a pas de jardin, au mieux un minuscule balcon. En campagne, on a pour la plupart un jardin, au pire de la verdure à proximité. Le confinement n’est pas vécu de la même manière, ce n’est pas non plus le même niveau de bien-être au quotidien. 

Pas tous égaux face au déconfinement

Sur un principe d’égalité on déconfine pour tout le monde ou pour personne. Il est encore trop tôt à mon avis pour déconfiner, tout simplement. Même si le nombre de patients en réanimation baisse, en déconfinant, le gouvernement prend le risque d’une deuxième vague, peut-être plus importante que la première. Le personnel hospitalier est déjà à bout sur la première vague. Il sera achevé par la deuxième. 3878 patients se trouvent encore en réanimation dans les hôpitaux français d’après Jérôme Salomon, directeur général de la Santé.

Prenons un exemple simple à Paris. Il y a environ 1 388 000 trajets quotidiens domicile-travail. Si Paris est en rouge et qu’on déconfine pour l’économie, on y voit un véritable paradoxe. L’Île-de-France est un pôle regroupant un nombre conséquent d’entreprises.

Le nombre d’habitants au mètre carré joue, certes, dans la propagation, mais l’État n’a-t-il pas promis des masques pour tout le monde le 11 mai ? Si le gouvernement tient sa promesse des masques pour tous, alors pourquoi y a-t’il encore des zones confinées le 11 mai et d’autres pas ?

Certes, en ville le nombre d’habitants au mètre carré est bien plus important qu’en campagne, mais sur un principe d’égalité on déconfine tout le monde ou personne.

Déjà coincé entre quatre murs, deux mois, c’est long. Mais si on suit le plan, on ne sera pas déconfiné avant un long moment. Si certains peuvent ressortir, le malaise sera amplifié chez ceux qui sont en appartement à tourner en rond.