Les sorcières : du mythe à la réalité

De nos jours, quand on parle de sorcière, on pense presque tous à une vieille femme courbée sous une cape, lançant des malédictions à voix basse. Mais d’où vient cette image stéréotypée ? Et les sorcières sont-elles réellement comme on les imagine ?

Si l’on veut remonter à l’origine des sorcières, c’est assez complexe. En effet, si on suppose que l’idée de sorcière a existé depuis la Préhistoire, nous n’avons pas assez de documents pour le prouver et étayer ce que nos ancêtres appelaient ainsi. Le mot actuel proviendrait du latin populaire « sortiarus » (littéralement « diseur de sorts »), qui renvoie à l’origine à un procédé de divination.

La sorcellerie dans l’Antiquité, entre interdiction et pratique courante

Dans les religions monothéistes de l’Antiquité, la sorcellerie est à la fois pratiquée à grande échelle, pourtant elle est interdite. Pour la mythologie grecque, le dieu de la médecine Asclépios peut ressusciter les morts. Les sorcières emprunteront son symbole pour leurs poisons, ce qui lancera l’idée que la médecine et la sorcellerie sont liées. Cette croyance met également en avant des symboles de « sorcières », comme les Sybilles dont la Pythie. Leurs prédictions étaient toujours écoutées avec attention. Les Grecs accordaient beaucoup d’importance à l’interprétation des songes, qu’ils pensaient être des messages des dieux. D’autres rites de superstition se développent, comme une façon pour les simples mortels de prendre en main leur destin, qui est mythologiquement dicté par les Moires.

Cependant, cette pratique est globalement interdite dans l’Empire grec. Dans La Loi des XII tables, Pline l’Ancien rapporte cette interdiction et la condamnation de sorcières vers 450.

Représentation d’Hécate, déesse des enchantements et de la sorcellerie dans la mythologie grecque

Ce sont aussi les trois déesses qui représentent les trois faces de la lune. C’est une des explications de ce symbole choisi par les sorcières. Hécate représente directement la sorcellerie et les enchantements. Une des sorcières mortelles connues de la mythologie est l’enchanteresse Circé, citée dans L’Odyssée d’Homère, qui transforme les compagnons d’Ulysse en porcs. Erichto, une autre sorcière est probablement à l’origine des stéréotypes physiques de nos sorcières. Elle est décrite comme une femme maigre, laide avec des cheveux emmêlés et attachés. Elle représente également un des premiers pouvoirs qu’on attribue aux sorcières : celui de parler aux morts. Cette puissance des femmes est expliquée par Médée dans L’Odyssée : « si la nature nous fit, nous autres les femmes, entièrement incapables de bien, pour le mal, il n’est pas d’artisan plus expert ». Cette dernière est d’ailleurs caractérisée dans l’ouvrage comme femme avant toute autre chose.

La sorcière est, à cette époque, le reflet de la volonté de toute-puissance des Hommes, au-delà même de leurs croyances.

L’Empire Romain écrit les interdictions des pratiques de sorcellerie sur son territoire : l’empereur Auguste brûle les livres de magie et les magiciens et astrologues sont exilés.

La diabolisation des sorcières par l’Eglise chrétienne

Alors que les religions païennes toléraient, voire vénéraient la sorcellerie, la religion chrétienne s’y opposait fermement. Dans la Bible, la sorcellerie est condamnée par Moïse. Quand Saül en consulte une pour parler à un mort, les mots de la Bible sont clairs : « Tu ne laisseras point vivre la magicienne […] Celui qui offre des sacrifices à d’autres dieux que l’Eternel seul sera voué à l’extermination. » (Exode 22 : 18-20).

Pour les chrétiens, la sorcellerie est affiliée au diable. Tout ce qui est inexplicable, c’est-à-dire beaucoup de procédés, notamment médicaux, au Moyen-Âge, est considéré comme de la magie et sont condamnés.

Il n’y a pas de cliché physique de la sorcière à cette époque. Ce sont la plupart du temps des femmes, qui sont considérées comme sorcières car elles sont tentatrices, manipulatrices, cachotières et qu’elles poussent les hommes au péché. Une sorcière pouvait donc être n’importe quelle femme. Les accusés de sorcellerie peuvent également être des prêtres et prêtresses d’anciennes religions, l’Église voulant les diaboliser pour étendre son pouvoir.

La plupart du temps, les femmes accusées de sorcellerie sont des veuves vivant de la charité. Cet archétype majoritairement présent dans les accusés amène à la description classique d’une sorcière dans Le marteau des sorcières de l’archevêque Harsnett en 1486 : « vieilles femmes aigries, vêtues de haillons, aux genoux soudés par l’âge, clopinant sur un bâton en marmonnant dans les rues ».

On ne sait pas sur quoi est basé l’idée du balai volant, mais sa première mention est dans Le Ménagier de Paris en 1392. L’auteur écrit que les femmes ne dormaient pas avec des balais dans leurs chambres de peur d’être traitées de sorcières.

Les sorcières étaient brûlées sur des bûchers pour qu’il ne reste rien d’elles

Entre 1300 et 1420, 5 à 10 procès pour sorcellerie se tenaient par an. Les historiens estiment le bilan à plus de 50 000 personnes torturées puis brûlées ou noyées vives, accusées d’hérésie, entre 1468 et 1687.

C’est à cette époque-là que la sorcière rentre dans l’imaginaire collectif, surtout celui des enfants, comme une vieille femme aigrie récitant des sorts. Elle est utilisée pour contenir la peur des enfants en une seule personne, ouvertement maléfique.

Cependant, si l’on croit que la majorité de victimes de cette chasse aux sorcières a été faite au cours du Moyen Âge, c’est bien après la découverte de l’Amérique de Christophe Colomb, soit à la Renaissance, que les procès et condamnation se sont intensifiés. Alors qu’il y avait 5 à 10 procès pour sorcellerie par an, on en dénombre 40 par an à partir de 1500. Et ce nombre n’avait cessé d’augmenter. Ils supposent que l’arrêt progressif de ces pratiques est dû au développement de l’Etat centralisé, qui veut contrôler les mouvements populaires.

A l’époque, la sorcellerie « courante » est considérée comme une secte au service de Satan, se réunissant la nuit en Sabbat.

La torture comme preuve d’actes de sorcellerie

Il n’y avait cependant pas autant de sorcières dans les petits villages européens qu’on le prétendait. Ce nombre d’accusations est d’abord dû aux accusateurs. Selon des études historiques, ceux-ci essayaient souvent de se laver de la culpabilité d’avoir refusé la charité. Beaucoup de vieilles veuves demandaient la charité. Ainsi, beaucoup ont été accusées de sorcellerie. Une fois accusées, les prétendues sorcières (ou sorciers) n’avaient pas d’autres choix que d’avouer car ils étaient torturés à cette fin. Une preuve de ces tortures est la missive qu’un bourgmestre accusé de sorcellerie avait envoyée à sa fille. Il y écrit : « Innocent j’ai été jeté en prison, innocent j’ai été tor­turé, innocent je vais à la mort. Car quiconque entre dans la prison des sorciers doit devenir un sorcier ou être torturé jusqu’à ce qu’il invente quelque chose à confesser… ».

La salle d’audience du procès des sorcières de Salem (illustration de 1876)

La chasse aux sorcières la plus célèbre nous vient d’Amérique, en 1692. Les sorcières de Salem n’étaient à l’origine que 3 femmes qui parlaient une langue inconnue et se cachaient, probablement à cause de psychotropes ou d’une maladie mentale. Mais cette petite ville du Massachussetts voit défiler entre 150 et 300 accusations et 20 exécutions pour sorcellerie. Elle devient ainsi un symbole de la chasse aux sorcières.

Les sorciers et sorcières modernes : des personnes « proches de la nature »

De nos jours, les sorciers et sorcières ont regagné leurs lettres de noblesse, principalement grâce à la fiction. Dans des récits comme Harry Potter, Sabrina l’apprentie sorcière, Charmed ou encore Mélusine en BD, ils sont présentés comme des personnages doués de magie mais qui peuvent choisir de l’utiliser pour le bien.

Hermione Granger, de la saga Harry Potter, représente une autre image de la sorcière

Cependant, la définition officielle du Larousse est encore profondément liée aux stéréotypes créés par la religion chrétienne : « personne que l’on croit en relation avec le diable et qui peut opérer des maléfices ». La définition anthropologique du terme se rapproche plus de la vérité de la pratique de la sorcellerie : « une personne pratiquant la sorcellerie, l’art de guérir ou de nuire à un individu au sein d’une société, d’un groupe donné, par des procédés et des rituels magiques ». Cependant, même cette définition ne suffit pas à expliquer la sorcellerie moderne, communauté qui se développe aujourd’hui, majoritairement grâce aux réseaux sociaux.

Ilona Vasseur a 18 ans et cela fait un peu plus de 2 ans qu’elle pratique la sorcellerie moderne. Les sorcières sont une communauté grandissante sur les réseaux sociaux. Une religion, le Wicca, a été créée à partir de ces croyances. Mais pour Ilona, ce n’est pas une question de religion : « être sorcière, c’est un mode de vie, tout peut être adapté à ça ». Certaines sorcières (et sorciers) pratiquent donc d’autres religions, que ce soit des religions païennes ou monothéistes. Si les sorcières d’aujourd’hui se contactent et s’encouragent majoritairement sur les réseaux sociaux, il existe des convens, de petits groupes de sorciers et sorcières qui se réunissent en de certaines occasions. La pratique est majoritairement féminine, mais les hommes n’en sont pas exclus.

Mais alors, que font concrètement ces sorciers et sorcières modernes ? Pour Ilona, « il y a autant de pratiques que de pratiquants ». Cependant, elle décrit la sorcellerie comme « le fait de manipuler les énergies qui nous entourent ». La sorcellerie est composée en grande partie de méditation pour se concentrer sur ces énergies. Les sorcières d’aujourd’hui pratiquent également la divination et le « spell work », c’est-à-dire le fait de lancer des sorts en se basant sur des éléments naturels comme des herbes, des pierres, des huiles… Ilona explique que « chaque chose de la nature a des propriétés qui peuvent être utilisées pour la protection, la santé… ».

Cependant, malgré leur volonté de se démarquer des stéréotypes de la sorcière, les pratiquantes d’aujourd’hui sont souvent comparées à cette vieille femme, diabolisées comme à l’époque de l’Inquisition ou tournées en dérision. Selon Ilona, il suffirait de se pencher sur le phénomène, qui prend de plus en plus d’ampleur avec les réseaux sociaux, pour comprendre que « les sorcièr.e.s ne sont pas des êtres maléfiques, au contraire, plutôt des personnes qui sont proches de la nature et qui cherchent à faire le bien ! ».

« FRENCHY » : le nouvel album de Thomas Dutronc

Chanteur et guitariste français, Thomas Dutronc, publie son quatrième album, avec la reprise de quatorze chansons connues. Ce dernier espère conquérir la France et l’international. 

« Cet album est plein de petits miracles », confie Thomas Dutronc à l’AFP. Iggy Pop, Diana Krall, Billy Gibbons ou encore Haley Reinhart revisitent avec Thomas Dutronc des standards français dans son nouvel album « Frenchy »

Son album démarre sur la musique «C’est si bon», un classique composé en 1947 par Henri Betti. Le son de la contrebasse, le soutien de la batterie pop-rock-variété, les voix d’Iggy Pop, Thomas Dutronc et Diana Krall, amènent à une réussite absolue de cet opus. La collaboration de deux artistes tels que Thomas Dutronc et la Canadienne, Diana Krall qui connaît un certain succès auprès du public français, est étonnant et pourtant le résultat est bluffant. Le trio vocal dévoile une version jazz de ce classique, chanté à la fois en français et en anglais. 

Avec Frenchy, Thomas Dutronc signe son quatrième album. Il veut transmettre dans ses musiques une histoire d’amitié et familiale au travers du jazz manouche. Il revisite à sa manière quatorze chansons françaises en s’entourant des plus grands musiciens connus et aimés de la musique internationale. Son souhait : donner une image positive de la France à travers le monde. Son album sortira également aux États-Unis. 

Thomas Dutronc a fait preuve d’imagination pour créer cet album. Il a enregistré seul l’ensemble des chansons puis les a proposé à des artistes internationaux pour qu’il y participent. Du français à l’anglais, du solo au trio, ils reprennent des chansons connues et chantées comme La Mer (Charles Trenet), Ne me quitte pas (Jacques Brel), Plus je t’embrasse (Blossom Dearie) ou encore Get Lucky de Daft Punk, connue de tous.

Fils spirituel de Django 

Souvent appelé « Fils de la chanteuse Françoise Hardy et du chanteur Jacques Dutronc », Thomas a su trouver sa place parmi les chanteurs français. Passionné de l’univers de Django Rheinardt, il se tourne vers le jazz manouche et la guitare gitane. Dès son plus jeune âge, il compose et arrange des chansons pour Henri Salvador et aussi pour ses parents. Il sort en 2007 son premier album intitulé Comme un manouche sans guitare qui le révèle au grand public. Puis s’ensuivent deux autres albums. Les mélodies et les textes sont importants pour l’artiste. Il s’entoure des meilleurs tels que Rocky Gresset, David Chiron, Eric Legnini ou Deni Benarrosh. 

On retrouvera l’artiste Thomas Dutronc pour un concert live, diffusé sur la toile le 21 juin, à l’occasion de la fête de la musique. En attendant, n’oubliez pas d’écouter son album dès demain, qui pourrait connaître un succès international.

Crédit : Pochette de l’album « Frenchy », de Thomas Dutronc. YANN ORHAN

« L’histoire cessera-t-elle de se répéter ? » : le cri de rage de Spike Lee

Les réactions n’ont pas tardé à se faire sentir sur les réseaux sociaux : indignation, tristesse, soutien inconditionnelle précédé du hashtag #Blacklivesmatter. La mort de George Floyd le 25 mai dernier à Minneapolis inspire 3 Brothers – Radio Raheem, Eric Garner And George Floyd, un court-métrage signé Spike Lee aux parallèles glaçants.

Pendant 8 minutes 46, la scène reste insoutenable. Sous le poids du policier Derek Chauvin, qui risque aujourd’hui 40 ans de prison, l’Afro-américain George Floyd clame sa souffrance, peinant à respirer sous les yeux impuissants de nombreux témoins, avant de succomber. À travers tout le pays, s’élève une vague de colère au lendemain de sa mort, déclenchant plusieurs manifestations et émeutes dans les plus grandes villes. Les personnalités n’ont pas tardé à réagir à l’instar du réalisateur Spike Lee. 

 

« C’est la même histoire encore et encore et encore… L’attaque des corps noirs a toujours existé »

Conscient des maux de la société actuelle, la question « raciale » est récurrente dans les œuvres du réalisateur.  En 2018, sortait le biopic BlacKkKlansman :  J’ai infiltré le Ku Klux Klan, une adaptation de de l’histoire vraie de Ron Stallworth, le premier officier de police afro-américain de Colorado Springs à s’être infiltré dans l’organisation du Ku Klux Klan. Une dénonciation du racisme systémique à l’époque du suprémacisme blanc scénarisé intelligemment et se concluant par un parallèle effroyablement glaçant avec les évènements ayant eu lieu à Charlottesville en 2017. « L’histoire cessera-t-elle de se répéter ? » : La question se pose pour le réalisateur militant et le combat reste les même deux ans plus tard.

Conscient des maux de la société actuelle, la question « raciale » est récurrente dans les œuvres du réalisateur. L’année 1989 avec la sortie de Do The Right Thing. Un cinéma dramatique traçant les contours de ce que l’histoire ethnosociologique des États-Unis appelle le quotidien d’un racisme ordinaire. Les émeutes de quartier et la violence raciste d’un quartier noir de Brooklyn y sont racontées à travers la mort du personnage de Radio Raheem, incarné par l’acteur Bill Nunn. Reprenant des scènes du film, le parallèle est indéniable dans la vidéo qui dure 1minutes 35 postée le 1er juin sur son compte Twitter accompagnée du titre « 3 Brothers-Radio Raheem, Eric Garner And George Floyd. ». Un cri de rage et un soutien inconditionnel pour rallier la cause #blacklivesmatter et protester contre les violences policières.

Image à la une : Image d’ouverture de la vidéo « 3 Brothers-Radio Raheem, Eric Garner And George Floyd. ».

Lire aussi : Le meurtre de George Floyd et les manifestations de Minneapolis : visualisez la chronologie des faits

SEGA : la nouvelle console contrarie les fans

Pour son 60e anniversaire, l’entreprise japonaise de jeux vidéo lance une toute nouvelle invention. Une console miniaturisée retraçant les versions des années 90. Mais pour beaucoup cette nouvelle est désillusionnée.

On attendait tous depuis des jours voire des semaines cette grande annonce proposée par SEGA : un scoop révolutionnaire du même niveau que l’annonce de la PS5 pour le 4 juin. Mais au final rien de ce qui était promis ne s’est concrétisé. La société Playstation a finie par reporter son rendez-vous tandis que SEGA nous fait part d’un projet pour le moins convaincant.

La Game Gear Micro

Une annonce qui pour l’instant ne fait pas fureur. La Game Gear Micro sort le 6 octobre au Japon pour 4 980 yens ce qui vaudrait en Europe l’équivalent de 41 euros. Elle est proposée en 4 couleurs différentes (noir, jaune, bleu, rouge), chacune ayant 4 jeux distincts qui lui sont propres. Parmis eux, nous retrouvons le jeu Sonic, un grand classique ayant mérité une adaptation cinématographie, Megami Tensei Last Bible, Shining Force Gaiden et Sylvan Tale.

Un produit qui serait sans doute mieux convoité par les collectionneurs de figurines que les geeks, ambitieux de tester la qualité du jeu. Quoiqu’il en soit, la nouvelle sera commercialisée et cela ne fait pas le bonheur de tous, malgré une annonce du média jeux-vidéo.fr déclarant que cette nouvelle n’est pas l’annonce faite par le magazine Famitsu.

« Une bonne grosse blague qui coûte cher »

Quelques internautes n’ont pas hésité à exprimer leur déception. Sur Twitter, de nombreuses moqueries et tweets partagés pointent du doigt la « supercherie » du développeur de jeux.

D’autres ne voient pas trop l’intérêt d’une telle offre. Payer 4 consoles pour avoir les 16 jeux peut sembler inapproprié.

Et le meilleur pour la fin, l’achat de l’édition collector vous donnera le droit à une loupe pour mieux voir l’écran : la Big Window. Un objet conçu pour contrecarrer la petite taille de la console. Cette annonce serait sans doute le moyen de faire patienter les fans en attendant le retour au calme (Affaire George Floyd).

Image mise en avant : Ben Griffiths

Le monde de la musique uni pour George Floyd et contre le racisme

Un certain nombre de labels discographiques et de personnalités de l’industrie de la musique organisent un black-out mardi 2 juin, en hommage à George Floyd et la communauté afro-américaine contre le racisme.

Le meurtre de l’afro-américain George Floyd par un policier a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Un black-out est prévu demain, le 2 juin. Celui-ci réunit plusieurs maisons de discographie et des personnalités importantes de l’industrie musicale. Cette initiative est une façon de montrer la solidarité avec George Floyd et l’union avec la communauté afro-américaine contre le racisme systémique de la société américaine. 

« Le spectacle doit s’arrêter », tel est le slogan de l’initiative

Des labels discographiques tels que Warner, Universal, Sony, Columbia Records, le label britannique Dirty Hit, entre autres, se sont joints à la manifestation de solidarité contre le racisme. 

Dans un message publié sur les réseaux sociaux au nom de certains de ces labels, on peut lire qu’il s’agit d’une « action nécessaire afin de promouvoir la responsabilité et le changement. » « En tant que gardiens de la culture », lit-on, « il est de notre responsabilité de nous rassembler non seulement pour célébrer les victoires, mais aussi pour nous soutenir les uns les autres lors des défaites. » Le message se termine par le hashtag « le spectacle doit être arrêté. »

Columbia Records a été l’un des premiers labels à réagir contre la brutalité de la mort de George Floyd, décédé le 25 mai aux mains de la police, avec la publication d’un message à la fin de la semaine dernière : « Nous sommes avec la communauté noire et contre toute forme de racisme, de fanatisme et de violence. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons utiliser nos voix pour nous exprimer et contester les injustices qui nous entourent ». 

« Nos amis noirs ne vont pas bien, nos familles noires ne vont pas bien, et nous ne sommes pas, et ne pouvons pas être, OK », lit-on dans le compte Instagram du distributeur Caroline. Le groupe Universal a quant à lui opté pour une phrase de Martin Luther King : « Le temps est venu où le silence est une trahison. »

Floyd, une figure du rap à Minneapolis

À Minneapolis, George Floyd travaillait comme agent de sécurité dans un bar de la ville. Mais ses amis le connaissaient aussi comme rappeur. George Floyd a lui aussi été un artiste. Il appartenait au groupe, la Screwed Up Click, et a été également à l’origine d’un label, Screwed Up Records.

Le rap connaît ses origines dans la dénonciation des violences policières et raciales. La mort de Big Floyd, son nom d’artiste, a touché de plein fouet la communauté musicale de Minneapolis, florissante depuis longtemps. De nombreux artistes locaux ont réagi à cette affaire, surtout beaucoup de membres de la communauté hip hop.

Ice Cube par exemple, l’un des très grands auteurs du rap gangsta, qui s’est exprimé ces jours-ci, racontait déjà cette même histoire avec le groupe NWA. Notamment sur le morceau Niggaz 4 life, sorti le 28 mai 1991 : 29 ans presque jour pour jour avant la mort de George Floyd.

De Bon Iver à Billie Eilish, les artistes révoltés contre le meurtre de Floyd

Ces derniers jours, de nombreuses voix du monde de la musique se sont élevées pour demander justice pour George Floyd, l’une des dernières victimes des violences policières aux États-Unis.

Alors que d’immenses manifestations ont lieu depuis l’assassinat de Floyd et que plus de 4100 personnes ont été détenues, des artistes se sont également engagés dans cette lutte pour la justice. Nombreux sont ceux qui ont exprimé leur colère et leur soutien à la cause des Afro-Américains, dans la rue ou à travers les réseaux. 

Taylor Swift a critiqué les interventions du président Trump qui appelait à la violence contre les manifestants. Bon Iver a fait un don de 30 000 dollars au fonds commémoratif de George Floyd. De Cardi B à Lady Gaga, de Dr Dre à Rihanna ou Billie Eilish, beaucoup ont été les voix de la musique populaire à se faire entendre. 

Beyoncé a partagé une vidéo où elle affirme qu’il ne faut surtout pas « normaliser la douleur » qui est ressentie face à l’injuste meurtre de George Floyd.

Rihanna exprime son ahurissement face au « regard de pure joie et de plaisir sur le visage de ce fanatique, assassin, voyou, porc », celui de Derek Chauvin, le policier qui s’est agenouillé lourdement sur le cou de Floyd pendant plusieurs minutes. L’ « ambulancier qui vérifie si Floyd respire toujours ne tente même pas d’empêcher [Derek Chauvin] de poursuivre son agression ! » Cela choque Rihanna et n’importe quelle personne qui regarde ces longues minutes d’agonie face à l’indifférence non seulement de professionnels du maintien de l’ordre mais aussi de la santé.

De son côté, Billie Eilish a également utilisé Instagram afin de montrer son exaspération face aux personnes adeptes du « All Lives Matter« , dans un long texte engagé. 

« Si j’entends une autre personne blanche dire « All Lives Matter » une nouvelle putain de fois, je vais perdre ma putain de raison. Allez-vous fermer votre putain de gueule ? […] Arrêtez de tout ramener à vous. Vous n’êtes pas dans le besoin. Vous n’êtes pas en danger. […] Si toutes les vies se valent, pourquoi les personnes noires sont-elles tuées uniquement parce qu’elles sont noires ? […] Nous devons nous occuper du problème de centaines d’années d’oppression des personnes noires. »

Des messages qui doivent nous rappeler qu’en France, aussi, il y a des violences policières. Camélia Jordana a d’ailleurs récemment dénoncé les violences policières sur le plateau de ONPC suscitant une vive polémique. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner condamne un propos « mensonger ».

Déconfinement : possible départ en vacances ?

La deuxième phase de déconfinement commence mardi 2 juin avec de nouvelles restrictions. Les Français pourront partir en vacances au mois de juillet et août dans les Pyrénées ou la Bretagne. Reste à savoir si tous sont désireux de partir ou encore s’ils ont les moyens.

Les attestations ne sont plus nécessaires, les Français peuvent désormais se déplacer en toute liberté, même si les gestes barrières doivent continuer à être respectés. Édouard Philippe avait annoncé la réouverture des bars, des restaurants, des campings et des plages le 2 juin en zone verte, et le 22 juin en zone orange. Pour ceux habitant en Outre-mer, il faudra patienter un peu plus, sachant qu’ils ont la plage à deux pâtés de maisons.

« Le moment semble opportun » pour la baignade

Même s’il y a feu vert pour les déplacements, certains sont encore dans l’attente de savoir s’ils pourront aller bronzer sous un soleil de mille feux. Grégoire, étudiant en master à Grenoble pense que « le moment semble opportun pour profiter des temps de repos pour faire des activités ». Avec ses amis et sa famille, il compte partir dans le sud, afin d’oublier le « train-train du quotidien ». Il faudra en revanche « être bien attentif aux différents discours qui vont être publiés dans les chaînes d’infos pour bien choisir son lieu de vacances ».

Quant à Margaret, étudiante à Lille, partir en vacances sera plus compliqué : « On comptait partir entre amis oui. Je travaillais dans un cinéma en CDD mais avec ce qu’il sait passée je ne suis pas assurée de récupérer ma place. Donc on a oublié ce projet. »

Les hôtels dans l’attente

La fréquentation des plages semble pour le moment faire espérer les campings et les hôtels, qui se préparent déjà à l’arrivée des touristes. Dans le Morbihan, l’hôtel « Le Bretagne » a résisté au confinement. Il est resté ouvert depuis le mois de mai et se prépare désormais aux nouvelles normes prévues par l’État. Dominique Lecomte, gérant de l’hôtel raconte : « Les gens devront avoir des masques. Ça va être assez compliqué encore. Pour les touristes, cela va dépendre de la promiscuité dans les lieux publics. Les 100 km qui ont été annulés vont nous amener bien plus de gens. Mais pour l’instant c’est encore tôt, on a très peu de demandes encore. ».

Du coté de l’Hérault, la situation reste quelque peu semblable. Chloé Delorme, responsable de l’hôtel « Rosalie », pense que «la situation va revenir à la normale ». « On compte sur notre clientèle pour nous aider à respecter les règles. On va réduire la capacité avec des tables de 4 au lieu de 8, des chambres individuelles, et un groupe de 4 pour la piscine. Je pense que ça devrait bien se passer ».

Des mesures prises au sérieux pour gérer au mieux l’été dans de bonnes conditions, le secteur du tourisme sera un peu plus soulagé d’apprendre que les Français souhaitent tout de même profiter du beau temps, malgré la virulence du virus, toujours présent.

30 mai 1431/1943 : de Jeanne d’Arc au Chant des partisans

Un 30 mai, Jeanne d’Arc brulait vive en 1431 pendant que le chant des partisans résonnait sur les ondes de la BBC, 512 ans plus tard. Symboles politiques de la lutte contre l’ennemi et pour la liberté, leur intemporalité sert, aujourd’hui, encore la lutte contre l’oppression.

Après un procès inique, Jeanne d’Arc est brûlée vive, sur la place du Vieux-Marché, à Rouen le 30 mai 1431. Un an et sept jours plus tôt, elle est capturée par les Bourguignons au siège de Compiègne et livrée aux Anglais. Décrédibiliser le roi Charles VII, pour lequel elle servait avec diligence, animait la hâte des Anglais souhaitant faire condamner celle que l’on surnomme la pucelle d’Orléans. Enfermée initialement à Crotoy, c’est peu de temps avant Noël qu’elle est emprisonnée au château du Bouvreuil à Rouen. Ce n’est que le 9 février 1431 que le procès s’ouvre. Le tribunal d’Église est présidé par Pierre Cauchon, théologien et évêque de Beauvais, qui pour bien se faire voir par les Anglais arrange un procès en hérésie sur concours du vicaire de l’inquisiteur en France.

Le doute pèse sur les ecclésiastiques quant à l’adresse de Dieu à une fille du peuple. Seuls les habitants témoignent favorablement sur l’enquête qui est menée à Domrémy embarrassant l’église qui s’empresse de détruire les rapports. Face à la difficulté de faire céder l’accusée la procédure est accélérée et les accusations se succèdent, lui reprochant ses fausses visions ou d’avoir revêtu des habits d’hommes. Force de caractère, la jeune fille est menacée, conduite au cimetière de l’abbatiale de Saint-Ouen où a été préparé un bûcher. Tout est prêt pour une condamnation à mort. Seuls, sa rétractation et son renoncement à ses habits masculins lui feront échapper à la mort.

Face à l’épuisement, elle cède, se soumettant à l’église et aux habits de femme. La sentence à mort fait place à un an d’emprisonnement. Mais, de retour dans sa cellule, au grand mécontentement des Anglais, ses vêtements sont subtilisés. Surprise dans des vêtements d’homme, elle est condamnée au bûcher, accusée d’être retombée dans l’hérésie.

Récupération politique et symbole national

Figure du patriotisme elle fut celle qui libéra la France de l’envahisseur Anglais et aida Charles VII à accéder au trône. Sa popularité gagne en même temps que la montée du patriotisme. Déclaré nul en 1456 par l’église, son procès et sa condamnation laissent place à la réhabilitation. Symbole du revanchisme français, l’héroïne est béatifiée en 1909 avant d’être canonisée en 1920 par le pape Benoît XV.

Incarnation de la résistance du peuple de France contre l’oppresseur, Jeanne d’Arc est utilisée et reprise par les républicains à l’instar de Jules Michelet jusqu’à Emmanuel Macron déclarant vouloir “rattacher Jeanne d’Arc, sainte catholique, souvent courtisée par l’extrême droite, à l’idéal républicain”.

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Emmanuel Frémiet, Statue équestre de Jeanne d’Arc, place des Pyramides, Paris, 1874

La « paysanne de France abandonnée par son roi et brûlée par l’Église » prend place dans les discours du Parti communiste de Maurice Thorez. Une réinterprétation historique de la légende de Jeanne d’Arc a été nécessaire pour intégrer la pucelle dans le patrimoine communiste. Passant évidemment par une mise à l’écart de la « dimension religieuse ». Pour la gauche, Jeanne d’Arc représente la fille du peuple et l’oppression induite par les nobles et l’Église.

Pour la droite, l’incarnation du nationalisme et de l’identitaire établissent les caractéristiques de celle-ci sont célébrées chaque année depuis 1988. Le combat contre l’oppresseur régit les discours, tandis que Jeanne d’Arc repousse l’envahisseur anglais, les contemporains doivent faire face aux oppresseurs étrangers. Le rendez-vous est donné chaque deuxième dimanche du mois de mai pour les sympathisants royalistes et de l’extrême droite, un défilé est organisé en hommage à celle qui a libéré la ville d’Orléans.

 

La « Marseillaise de la Libération »

Hymne à la libération, en 2019 le « chant des partisans » fait l’objet d’une exposition temporaire au musée de l’Ordre de la Libération à Paris. Son histoire reste à ce jour encore méconnue tandis que les cérémonies officielles et les différentes reprises ont popularisé le chant des résistants qui a son tour devient un symbole politique et social.

L’histoire prend ses racines en 1941 avec la guitariste et chanteuse Anna Marly, une aristocrate née Anna Betoulinsky en 1917 en Russie dans la ville de Pétrograd en pleine révolution d’Octobre et exilée en France peu après. Contrainte à s’exiler à nouveau à cause de la guerre, en Angleterre cette fois, elle côtoie les Forces françaises libres et les cercles russophones résistants. La bataille de Smolensk et le rôle des Partisans soviétiques ouvre la porte à la composition de La Marche des partisans. Une prise de conscience patriotique pose les mots d’une chanson russe à succès.

Séduit par une mélodie facilement identifiable et des paroles fortes, le journaliste Emmanuel d’Astier de la Vigerie repère la compositrice et le potentiel de la chanson lors d’une soirée. Il en fait part en mai 1943 au résistant et animateur radio André Gillois qui cherche un indicatif pour son émission dont il est figure de proue Honneur et Patrie, diffusée par la BBC. Joseph Kessel et son neveu Maurice Druon sont appelés à collaborer avec Anna Marly pour écrire une version française, La Marche des partisans devient le chant des partisans.

Voyage à travers le temps : des Russes blancs aux Gilets Jaunes

Puissance des mots, popularité et patriotisme ont rythmé le siècle. D’émission en émission la chanson est reprise par les plus grands : Les choeurs de l’Armée rouge, Johnny Hallyday, Claude Nougaro, Zebda, Noir Désir et bien d’autres. À l’instar du symbole intemporel de Jeanne d’Arc, le chant des partisans inspire les classes politiques à résister contre l’oppression. Le groupe Zebda a remis au goût du jour la chanson populaire sur fond de lutte sociale et fraternel appelant à combattre les discriminations, un « hymne contre l’oppression du peuple par un autre » qui prend le titre de « Motivé – Le Chant des partisans » en 1997.


Plus récemment les paroles ont pris un sens politico-social contestataire vis-à-vis d’une politique « violente, injuste et insupportable ». Le mouvement des gilets jaunes qui a, au fil des 16 derniers mois a cristallisé le mécontentent social s’est également re approprié les paroles de l’œuvre lors des manifestations sur l’ensemble du territoire français.

« Ami, entends-tu le vol noir de la finance sur nos payes » ; « Macron, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ? »

Aujourd’hui classé « Monument historique » depuis 2006, le manuscrit original de l’œuvre devenu propriété de l’État est conservé à Paris musée de la Légion d’honneur.

Crédit photo : Image à la Une : @leo.jeje Jeanne d’Arc présentée à la Vierge et l’enfant Jésus (détail), Sainte Catherine d’Alexandrie et sainte Barbe, Domrémy-La-Pucelle

Le CD en voie d’extinction ?

Depuis quelques années, les plateformes de streaming (Deezer, Spotify, Apple Music…) ont révolutionné le marché de la musique, entraînant le CD au dernier rang, jugé obsolète et révolue pour la plupart des consommateurs.

C’est en 1982 que le disque compact fait son apparition. Véritable révolution technologique, ce dernier détrône les 33 tours. Son inventeur, James Russell, souhaite trouver une solution durable contre l’usure des vinyles et améliorer la sonorité. C’est seulement deux décennies plus tard, que les entreprises Philips et Sony Grand vont mettre sur le marché le CD, dans les années 80.

C’est un marché qui explose entre 1980-1990. Les majors de la musique vivent principalement de la vente de CD à cette époque. Seulement 38 ans plus tard, l’âge d’or du CD est déjà bien lointain. De nouveaux acteurs sont rentrés en jeu, bouleversant totalement l’industrie musicale. Le coup de massue fut l’apparition de Napster en 1999. Un logiciel de téléchargement de musique qui a permis le piratage en « peer to peer » à grande échelle, en toute inégalité. C’est-à-dire que les internautes communiquent entre eux les fichiers par un serveur central.

Un marché en crise

Face à un monde en pleine mutation avec la technologie qui évolue sans cesse, les acteurs du marché musical ont dû apprendre à s’adapter. Les utilisateurs ont imposé leurs règles par la découverte du téléchargement illégal. D’autres formes émergent, face à un marché en crise confrontée au piratage de masse. C’est le streaming qui est la réponse aux nouveaux usages. Le streaming a pour définition, selon l’internaute.fr « technique de diffusion et de lecture en ligne et en continu de données multimédias, qui évite le téléchargement des données et permet la diffusion en direct ». Ce dernier, permet une offre beaucoup plus large, une logique de catalogue qui naît dans la pratique du téléchargement. Face à cette arrivée, les ventes de CD se sont écroulées au fur et à mesure, selon les chiffres de la SNEP, les Français ont acheté 150 millions de CD en 2002, passant à 24 millions en 2018 !

Qui n’a jamais entendu parler de Deezer, Spotify, Apple Music, Amazon, YouTube ? Pour n’évoquer que les plus connus. Selon les données du dernier rapport annuel de l’IFPI (Fédération internationale de l’industrie phonographique), le streaming musical représente « près de 50 % des revenus totaux de l’industrie de la musique à travers le monde». Avec cette omniprésence sur le marché de nos jours, le streaming relance l’économie musicale qui s’est montrée fragilisée par le piratage de masse. Cependant, la publicité rapporte moins pour les plateformes, il y a donc une obligation d’augmenter leurs chiffres d’affaires par des offres payantes par abonnement. Difficile de convertir les consommateurs à retourner vers du payant, face à l’habitude de la gratuité légale. En titre d’exemple, le leader du marché du streaming musical, Spotify, n’a jamais été rentable depuis sa création en 2006.

Est-ce vraiment la fin ?

Le streaming est dans l’air du temps et le vinyle devient à nouveau tendance, mais le CD quand à lui, n’attire plus grand monde. Certains chiffres ne sont pas encourageants pour l’avenir de ce dernier. En 2018, pour la première fois, selon les chiffres du Syndicat national de l’édition phonographique « le chiffre d’affaires généré par le numérique a dépassé celui des ventes physiques. Il représente désormais 57% des ventes globales. » Autre fait marquant cette même année, l’entreprise américaine électronique Best Buy, décide d’arrêter de vendre les CD dans la totalité de ses magasins. Le streaming a véritablement rattrapé le CD en quelques années, mais est-ce vraiment la fin ?

Les chiffres de 2019 de la SNEP sont tempérés : « Le CD représente encore plus d’un tiers des revenus physiques et numériques ». Le support physique, a été aussi augmenté par le retour du vinyle. Cet objet qui semblait mort définitivement, renaît de ses cendres « les ventes de vinyles ont quintuplé en cinq ans ! Le vinyle représente désormais près d’un cinquième des revenus du marché physique. » Bien que de nos jours, le CD soit désuet pour la plupart des gens, qui sait que dans quelques années, il pourrait ressortir du tiroir et devenir comme le vinyle, un objet de collection et en vogue ?

Le Snyder Cut, le vrai Justice League ?

Hier, le service de streaming HBO Max a annoncé qu’il diffusera le « Snyder Cut » de Justice League en 2021. Ce film, réalisé par Zack Snyder puis Joss Whedon, est sorti dans les salles de cinéma le 15 novembre 2017. Il avait eu un succès plus que mitigé auprès des fans.

Le Snyder Cut, c’est la version longue de presque 4 heures que prévoyait le réalisateur Zack Snyder avant de devoir abandonner le projet pour des raisons familiales. Beaucoup de fans attendaient cette version, qu’ils pensent forcément meilleure. Ils blâment les nombreuses scènes coupées au montage et les rajouts du réalisateur Joss Whedon. Ils avaient même lancé un #ReleaseTheSnyderCut sur les réseaux sociaux pour amener les studios Warner à diffuser le montage du premier réalisateur. HBO Max l’a réutilisé dans son tweet assez laconique pour annoncer cette nouvelle sortie.

Un coup de buzz

Une nouvelle sortie qui ravit les fans de DC comics, qui voyaient en Justice League un moyen de tenir tête à Marvel. Le réalisateur Zack Snyder avait d’ailleurs grandement participé à la rumeur selon laquelle cette version du film existait. Et il se trouve que c’était vrai. Il ne s’est pas privé de le rappeler sur Twitter.

Ce qui n’a pas manqué de faire hurler les fans sur les réseaux sociaux, à la fois surpris et heureux de pouvoir enfin avoir accès à cette « meilleure » version. Parmi ces fans, on retrouve même des youtubeurs tels que InThePanda, qui se réjouit de le voir, ou le Joueur du Grenier, qui utilise de l’humour pour montrer son scepticisme face à cette idée.

Une réhabilitation ?

Alors que certains sautent de joie en entendant 2021, d’autres se questionnent : est-ce seulement la faute du montage de Joss Whedon si le film a été un tel échec (seulement 650 000 000$ au box-office) ? Est-ce que ce fameux Snyder Cut pourra réhabiliter le film autour des fans et des autres spectateurs ? Les blagues lourdes, l’histoire en elle-même et les personnages peu développés n’ont, pour eux, aucun lien avec le montage. Pour certains, il ne faut pas placer trop d’espoir dans cette nouvelle sortie, qui pourrait nous décevoir tout autant que la première. Cette sortie pourrait également ouvrir la porte à beaucoup de problèmes, si les fans pensent que les studios de production vont leur accorder toutes les versions de films qu’ils veulent, par exemple un Star Wars « sans femmes »…

Covid-19 : « donnez-moi un musée et je le remplirai »

Alors que la France entre dans sa phase de déconfinement, plusieurs établissements ont rouvert leur porte. Le ministre de la Culture, Franck Riester, avait annoncé que les « petits musées », qui n’impliquent pas « des déplacements importants en dehors d’un bassin de vie ou du département, pourraient rouvrir à partir du 11 mai ». Il ajoute que les propriétaires publics ou privés ont la responsabilité « de voir s’ils sont en capacité de respecter les préconisations ». Indissociable du respect des recommandations sanitaires, les musées et autres sites culturels font leur rentrée dans un contexte inédit.

 

« Redonner accès à la culture »

 

Se réinventer face à la crise et poser les grands principes de cette réouverture : des objectifs que ces quelques musées comptent bien appliquer. Au 98 rue Saint-Denis à Paris, le musée de l’illusion, en place depuis six mois, ouvre le bal. Initialement en capacité d’accueillir 200 personnes, l’affluence est désormais limitée à 70 visiteurs. Un sens de visite imposé, distanciation sociale, gel hydroalcoolique, réservation obligatoire, etc. Les expositions restent les mêmes mais les règles changent. Les panneaux indicatifs sont nombreux, nous pouvons y lire « pas plus de deux personnes en même temps dans cette pièce ! ».

Seulement trois jours d’ouverture mais les visiteurs sont au rendez-vous. Après deux mois de confinement, « les gens sont ravis de revenir, de renouer avec la culture, c’est un sentiment de liberté pour eux » nous indique Steven Carnel co-fondateur du musée. Un sentiment partagé par le personnel du musée « C’est d’autant plus agréable de pouvoir réguler les visites, il y a moins de monde ».

Du côté d’Épinal (42, quai de Dogneville), dans le département des Vosges, le musée de l’Image a également ouvert ses portes, mardi 12 mai, après deux mois de pause. Si le public est de nouveau autorisé à profiter des expositions, de nouvelles dispositions accompagnent cette réouverture. Sécurité oblige : les casques audio, les livrets de visites ainsi que les bornes d’accueil sont régulièrement désinfectés. Les salles d’expositions accueillent le public en fonction d’une jauge bien définie et du gel hydroalcoolique est mis à la disposition des visiteurs.

La situation apporte également son lot de contraintes, le musée a dû « annuler jusqu’à nouvel ordre : l’accueil des groupes, enfants et adultes, de 10 personnes et les visites commentées et ateliers pédagogiques » assure la directrice du musée, Christelle Rochette, dans un communiqué. Initialement prévue jusqu’au 30 mai, l’exposition « Loup ! Qui es-tu ? » du musée de l’Image, qui avait rencontré un vif succès, accueillera tous les visiteurs jusqu’au 20 septembre.

Il faudra attendre vendredi 15 mai pour découvrir ou redécouvrir les expositions de l’Institut Giacometti avec une « Charte du visiteur » à respecter. Le musée pose ses conditions : une distance physique d’1m50 minimum ou encore, la réservation obligatoire d’un créneau de visite en ligne. Le musée Soulages de Rodez, le domaine Pommery à Reims, le musée Fabre à Montpellier ou encore le musée des Beaux-Arts à Agen se préparent quant à eux à accueillir les visiteurs dans les prochains jours.

 

Incertitudes chez « les grands »

 

D’autres musées s’interrogent toujours sur les critères définissant les « petits musées », préférant repousser leur ouverture. Il faudra attendre début juin pour avoir la chance de contempler les expositions toujours en cours, à l’instar de « Cézanne » qui sera de nouveau accessible au musée parisien Marmottan Monet. Les monuments, sites et autres musées gérés par le Centre des monuments nationaux (CMN) gardent portes closes jusqu’à une éventuelle réouverture fin juin ou mi-juillet. Pour les plus grands (le Louvre, le musée d’Orsay, le Centre Pompidou, le Palais de Tokyo), il faut espérer une réouverture durant la période estivale et sous certaines conditions. Les annonces du Premier ministre Édouard Philippe, le 2 juin, confirmeront ou non, le calendrier prévisionnel.