Déconfinement : possible départ en vacances ?

La deuxième phase de déconfinement commence mardi 2 juin avec de nouvelles restrictions. Les Français pourront partir en vacances au mois de juillet et août dans les Pyrénées ou la Bretagne. Reste à savoir si tous sont désireux de partir ou encore s’ils ont les moyens.

Les attestations ne sont plus nécessaires, les Français peuvent désormais se déplacer en toute liberté, même si les gestes barrières doivent continuer à être respectés. Édouard Philippe avait annoncé la réouverture des bars, des restaurants, des campings et des plages le 2 juin en zone verte, et le 22 juin en zone orange. Pour ceux habitant en Outre-mer, il faudra patienter un peu plus, sachant qu’ils ont la plage à deux pâtés de maisons.

« Le moment semble opportun » pour la baignade

Même s’il y a feu vert pour les déplacements, certains sont encore dans l’attente de savoir s’ils pourront aller bronzer sous un soleil de mille feux. Grégoire, étudiant en master à Grenoble pense que « le moment semble opportun pour profiter des temps de repos pour faire des activités ». Avec ses amis et sa famille, il compte partir dans le sud, afin d’oublier le « train-train du quotidien ». Il faudra en revanche « être bien attentif aux différents discours qui vont être publiés dans les chaînes d’infos pour bien choisir son lieu de vacances ».

Quant à Margaret, étudiante à Lille, partir en vacances sera plus compliqué : « On comptait partir entre amis oui. Je travaillais dans un cinéma en CDD mais avec ce qu’il sait passée je ne suis pas assurée de récupérer ma place. Donc on a oublié ce projet. »

Les hôtels dans l’attente

La fréquentation des plages semble pour le moment faire espérer les campings et les hôtels, qui se préparent déjà à l’arrivée des touristes. Dans le Morbihan, l’hôtel « Le Bretagne » a résisté au confinement. Il est resté ouvert depuis le mois de mai et se prépare désormais aux nouvelles normes prévues par l’État. Dominique Lecomte, gérant de l’hôtel raconte : « Les gens devront avoir des masques. Ça va être assez compliqué encore. Pour les touristes, cela va dépendre de la promiscuité dans les lieux publics. Les 100 km qui ont été annulés vont nous amener bien plus de gens. Mais pour l’instant c’est encore tôt, on a très peu de demandes encore. ».

Du coté de l’Hérault, la situation reste quelque peu semblable. Chloé Delorme, responsable de l’hôtel « Rosalie », pense que «la situation va revenir à la normale ». « On compte sur notre clientèle pour nous aider à respecter les règles. On va réduire la capacité avec des tables de 4 au lieu de 8, des chambres individuelles, et un groupe de 4 pour la piscine. Je pense que ça devrait bien se passer ».

Des mesures prises au sérieux pour gérer au mieux l’été dans de bonnes conditions, le secteur du tourisme sera un peu plus soulagé d’apprendre que les Français souhaitent tout de même profiter du beau temps, malgré la virulence du virus, toujours présent.

Phase 1 du déconfinement : « Les résultats sont bons »

Edouard Philippe a annoncé la 2e phase de déconfinement sur le territoire national. Réouverture des bars, des restaurants et des écoles, fermeture des frontières extérieures de l’Union européenne, voici les mesures qui vont être appliquées dès le 2 juin.

« Les résultats sont bons sur le plan sanitaire », affirme Édouard Philippe à 17h à Matignon, lors de l’annonce des mesures d’assouplissement liées à l’épidémie. « Même si nous devons rester prudents, les données sont bonnes ». A compter d’aujourd’hui, tous les départements se trouvent en zone verte, à l’exception du Val d’Oise et de Mayotte. Édouard Philippe rassure : « la vitesse de propagation est sous contrôle et nous sommes là ou nous espérions être à la fin du mois de mai ». De nombreux lieux et locaux publics vont rouvrir à partir de ce week-end, le 2 juin et plus tard le 22 juin.

Toutes les écoles, les bars, les parcs et les musées seront ouverts sur les départements en zone verte et orange avec certaines restrictions. La limitation de 10 personnes par groupe sera maintenue et le respect des gestes barrières se fera en continu. Le ministre de l’Education nationale et le ministre de la Santé ont précisé les mesures concernant leurs dossiers respectifs.

Sur le plan de la Santé

Au cours de la phase 2, la liberté va devenir la règle et la restriction l’exception. « 4 indicateurs ont été mis en place », selon Olivier Véran. Tout d’abord l’incidence avec le nombre de personnes contaminées en 1 semaine sur 100.000 habitants avec un seuil d’incidence à partir de 10 personnes puis d’alerte à partir de 100.000 cas.

Le 2e indicateur est le taux de positivité des tests, c’est-à-dire les fameux tests PSR. Le taux moyen de tests positifs est de 1,9%, bien inférieur à celui du début de la crise.

Le 3e indicateur est le facteur de reproduction du virus. S’il est supérieur à 1, il est encore largement transmis au sein de la population. S’il est inférieur à 1, les cas sont moins importants et l’épidémie régresse. Enfin le dernier indicateur est celui du taux d’occupation dans les hôpitaux et le nombre de malades en réanimation. Ce taux est passé sous 40% donc sous le seuil d’alerte.

Une carte d’indication avec des départements en orange et vert précise l’évolution du taux de contamination du coronavirus. Ceux en orange présentent au moins 2 indicateurs au dessus du seuil de vigilance avec l’Île-de-France, Mayotte et Guyane. Chacun pourra effectuer des tests sérologiques. Plus de 80% sont délivrés en moins de 36 heures et entièrement remboursés par l’Assurance maladie. Toutefois, il ne doit pas changer le comportement des personnes car le risque de contamination persiste.

L’application STOP-COVID est encouragée et « mise à disposition des français ». Le Premier ministre assure que l’application est « anonyme et ne localisera jamais les français ». La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) l’a validé à 2 reprises. Celle-ci est gratuite et permettra d’être alerté rapidement, à partir du 2 juin.

Sur le plan de l’éducation et des loisirs

En ce qui concerne l’éducation, les loisirs et la vie sociale, pratiquement tous les lieux publics pourront rouvrir cet été :

  • Ecoles, collèges, lycées : Les écoles vont pouvoir rouvrir entièrement à partir du 2 juin. les parents devront accompagner leurs enfants au moins 1 fois dans la semaine.
  • « En zone orange nous accueillerons en priorité les élèves de 6e et 5e », confie le ministre de l’Education nationale. « Les élèves de lycées généraux et technologiques seront accueillis pour des entretiens en petits groupes. L’objectif est que tous les élèves aient eu un entretient d’ici la fin de l’année ».
  • L’épreuve de Français du Baccalauréat sera validé au contrôle continu, assure Jean-Michel Blanquer.
  • Un programme Sport Santé et Culture va être mis en place. Tous les lieux publics liés à ces loisirs et activités ouvriront le 2 juin en zone verte et le 22 juin en zone orange.
  • Bars, restaurants, cafés : Tous les bars et restaurants seront ouverts le 2 juin avec des restrictions temporaires : 10 personnes par table, distance minimale de 1 mètre entre les personnes et masque obligatoire pour le personnel et les clients en mouvement.
  • Parcs : Les parcs et jardins rouvriront dès ce week-end.

Ce qui reste interdit jusqu’au 21 juin

Des restrictions sont encore maintenues, jusqu’au 21 juin minimum. Les sports collectifs restent interdits. Les discothèques, salles de jeux et stades seront toujours fermés. Les cinémas rouvriront le 22 juin sur l’ensemble du territoire. Quant aux frontières avec l’Europe et au-delà, elles resteront fermées jusqu’au 15 juin. Un débat s’organisera avec l’Union Européenne par la suite avec les pays membres. La France s’est positionné comme favorable à la réouverture des frontières entre les pays européens. Les déplacements en métropole devront être justifiés par des motifs impérieux de regroupement familial ou professionnel.

Un nouveau bilan sur l’évolution des étapes de déconfinement et la propagation du virus sera rendu le 22 juin. Edouard Phillipe appelle à rester collectivement prudent et respecter les règles établies.

Weekend de l’ascension : une possible relance de l’épidémie ?

Le weekend de l’ascension s’annonce très ensoleillé ! Après deux mois de confinement, les températures sont à la hausse et les gens ressortent enfin. Ces avant-goûts d’été ne doivent pas nous faire oublier le désastre de la crise sanitaire actuelle : non ce n’est pas fini !

« Il fait beau dehors, on sait que c’est très compliqué et la tentation est forte après des semaines de confinement », affirme Olivier Véran.

Si la plage à côté de chez vous est ouverte, restez prudent ! Le port du masque est obligatoire et les bains de soleil, à l’exception de quelques plages corses, sont interdits ! Vous pourrez néanmoins vous baigner, de préférence individuellement. Pas de rassemblements de plus de 10 personnes sur la plage bien entendu. La règle d’or est de rester en mouvement, ne pas s’assoir ou s’allonger sur la plage donc. Pour les urbains loin de la côte, si les parcs et jardins sont ouverts, profitez-en mais avec prudence !

Un weekend « test »

Sur la côte, on craint une arrivée massive de touristes, principalement des urbains venus chercher un peu de nature et de fraîcheur. Yannick Moreau, interviewé par BFM TV et maire des Sables-d’Olonne parle d’un weekend « test ». Il insiste fortement sur le respect des précautions sanitaires. « Il faut que nous comprenions que la phase est critique. Le confinement est levé, et maintenant si on reprend nos habitudes d’avant, l’épidémie va revenir. Il faut changer nos habitudes ».

Peut-on faire confiance aux Français pour respecter les mesures ?

Mercredi soir, les Parisiens ont envahi les Invalides et la police a dû intervenir pour disperser la foule. Pourtant, le gouvernement mise sur la responsabilité des Français. L’infectiologue Benjamin Davido, de l’hôpital Raymond Poincaré de Garches, soutient le même discours lors d’une interview pour BFM TV. Il invite les Français à reprendre leurs activités professionnelles et les loisirs, et compte sur leur sérieux pour appliquer les gestes barrières. « Il faut reprendre une vie avec des précautions et ne pas vivre dans une solitude, ni se marginaliser. Il faut faire attention aux autres, la transmission est verticale, j’ai conseillé à des amis proches de revoir leurs petits-enfants. Il faut que chacun se réapproprie l’espace de vie. La vérité, c’est qu’il faut apprendre à vivre avec, et la fin de cette épidémie sera le vaccin », assure-t-il. 

Le ministre de la Santé affirme néanmoins qu’il n’y a pas pour le moment, de signes d’une « re-croissance » du virus et qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions.

Il est donc obligatoire de respecter les gestes sanitaires pour éviter une nouvelle vague épidémique. Si trop d’incivilités sont relevées, les autorités municipales seront contraintes de fermer les lieux public récemment réouverts. C’est déjà le cas dans cinq communes du Morbihan et une du Finistère. Nous vous invitons donc à profiter du soleil en restant prudent !

Covid-19 : « donnez-moi un musée et je le remplirai »

Alors que la France entre dans sa phase de déconfinement, plusieurs établissements ont rouvert leur porte. Le ministre de la Culture, Franck Riester, avait annoncé que les « petits musées », qui n’impliquent pas « des déplacements importants en dehors d’un bassin de vie ou du département, pourraient rouvrir à partir du 11 mai ». Il ajoute que les propriétaires publics ou privés ont la responsabilité « de voir s’ils sont en capacité de respecter les préconisations ». Indissociable du respect des recommandations sanitaires, les musées et autres sites culturels font leur rentrée dans un contexte inédit.

 

« Redonner accès à la culture »

 

Se réinventer face à la crise et poser les grands principes de cette réouverture : des objectifs que ces quelques musées comptent bien appliquer. Au 98 rue Saint-Denis à Paris, le musée de l’illusion, en place depuis six mois, ouvre le bal. Initialement en capacité d’accueillir 200 personnes, l’affluence est désormais limitée à 70 visiteurs. Un sens de visite imposé, distanciation sociale, gel hydroalcoolique, réservation obligatoire, etc. Les expositions restent les mêmes mais les règles changent. Les panneaux indicatifs sont nombreux, nous pouvons y lire « pas plus de deux personnes en même temps dans cette pièce ! ».

Seulement trois jours d’ouverture mais les visiteurs sont au rendez-vous. Après deux mois de confinement, « les gens sont ravis de revenir, de renouer avec la culture, c’est un sentiment de liberté pour eux » nous indique Steven Carnel co-fondateur du musée. Un sentiment partagé par le personnel du musée « C’est d’autant plus agréable de pouvoir réguler les visites, il y a moins de monde ».

Du côté d’Épinal (42, quai de Dogneville), dans le département des Vosges, le musée de l’Image a également ouvert ses portes, mardi 12 mai, après deux mois de pause. Si le public est de nouveau autorisé à profiter des expositions, de nouvelles dispositions accompagnent cette réouverture. Sécurité oblige : les casques audio, les livrets de visites ainsi que les bornes d’accueil sont régulièrement désinfectés. Les salles d’expositions accueillent le public en fonction d’une jauge bien définie et du gel hydroalcoolique est mis à la disposition des visiteurs.

La situation apporte également son lot de contraintes, le musée a dû « annuler jusqu’à nouvel ordre : l’accueil des groupes, enfants et adultes, de 10 personnes et les visites commentées et ateliers pédagogiques » assure la directrice du musée, Christelle Rochette, dans un communiqué. Initialement prévue jusqu’au 30 mai, l’exposition « Loup ! Qui es-tu ? » du musée de l’Image, qui avait rencontré un vif succès, accueillera tous les visiteurs jusqu’au 20 septembre.

Il faudra attendre vendredi 15 mai pour découvrir ou redécouvrir les expositions de l’Institut Giacometti avec une « Charte du visiteur » à respecter. Le musée pose ses conditions : une distance physique d’1m50 minimum ou encore, la réservation obligatoire d’un créneau de visite en ligne. Le musée Soulages de Rodez, le domaine Pommery à Reims, le musée Fabre à Montpellier ou encore le musée des Beaux-Arts à Agen se préparent quant à eux à accueillir les visiteurs dans les prochains jours.

 

Incertitudes chez « les grands »

 

D’autres musées s’interrogent toujours sur les critères définissant les « petits musées », préférant repousser leur ouverture. Il faudra attendre début juin pour avoir la chance de contempler les expositions toujours en cours, à l’instar de « Cézanne » qui sera de nouveau accessible au musée parisien Marmottan Monet. Les monuments, sites et autres musées gérés par le Centre des monuments nationaux (CMN) gardent portes closes jusqu’à une éventuelle réouverture fin juin ou mi-juillet. Pour les plus grands (le Louvre, le musée d’Orsay, le Centre Pompidou, le Palais de Tokyo), il faut espérer une réouverture durant la période estivale et sous certaines conditions. Les annonces du Premier ministre Édouard Philippe, le 2 juin, confirmeront ou non, le calendrier prévisionnel.

L’Inde au défi du déconfinement

Le deuxième pays le plus peuplé au monde commence lentement à sortir du coma artificiel. Après un arrêt total de 6 semaines, le déconfinement dessine une carte rouge et verte de l’Inde. Une décision précoce qui semble minimiser la gravité de la situation au profit de l’économie.

C’est une Inde fractionnée qui se dessine depuis le 4 mai, date de début du déconfinement progressif. Calquant ses couleurs rouges et vertes sur la météo, suggérant le beau et le mauvais temps, le Premier ministre Indien libère les habitants par régions. Celles qui sont les moins touchées par le virus sont peintes en vert, symbolisant la délivrance. Les habitants sont libres de flâner dans les rues et les magasins rouvrent leurs portes.

Alors que le bilan officiel au 5 mai est de 1300 morts pour 40 000 cas dépistés, le gouvernement indien tient un discours positif et rassurant, encourageant le déconfinement progressif du pays. Un élan de positivité qui se veut bien loin de la cruelle réalité des faits qui en minimise l’impact de la pandémie.

« Si on a de la fièvre, les hôpitaux refusent de nous voir »

À quelques kilomètres de la frontière Népalaise, dans la région contestée du Kashmir, Prem est inquiet pour sa famille et sa santé. Timide, il prend une grande inspiration et se lance : « je lis la presse locale tous les jours. Selon eux tout se passe bien. Soi-disant, il y a peu de cas et les hôpitaux sont en mesure de gérer la crise. Mais s’il y a si peu de cas c’est qu’il n’y a presque pas de tests et que les malades ne sont pas pris en charge. Ici, quand on a de la fièvre, peu importe la gravité de sa maladie, personne ne nous vient en aide. L’hôpital ne veut pas nous recevoir ».

Pour éviter de contracter le virus, les citoyens sont encouragés à utiliser des masques et à respecter les mesures barrières. Un discours théorique qui se heurte à une réalité bien différente dans les régions défavorisées du pays. « Les politiques ont-ils déjà mis les pieds dans une ville Indienne ? » se questionne Prem.

« Des masques ? Non. Mais on a ça… »

Un turban en guise de masque @alexisgilli

Les traits fatigués, un turban sur le visage, Shankar Singh raconte ses conditions de vie. L’homme d’environ 30 ans – il ne connaît pas sa date de naissance car les pauvres n’ont pas de papiers d’identité – est guide touristique dans la région de Pushkar, dans le Nord-Ouest de l’Inde.

Pour lui, le gouvernement tient un double discours. D’un côté rendant obligatoire le port du masque, mais de l’autre n’ayant pas de dotation suffisante : « à Pushkar c’est difficile. Les hôpitaux sont pleins alors qu’officiellement on est dans une région verte. Si on sort, les policiers nous attrapent et nous mettent dans des salles isolées, dans le noir, pendant 15 jours, des fois sans nourriture. Dans les grandes villes comme Delhi ou Chennai, c’est la catastrophe. L’Inde est sale, tout le monde vit dans des bidonvilles. Imaginer qu’on aura des masques et qu’on pourra s’éloigner les uns des autres, c’est inconcevable » explique-t-il une larme à l’œil.

Aux problèmes de santé s’ajoute une autre contrainte : se nourrir. Sans touristes, les locaux n’ont presque aucun revenus, et en Inde, sans revenus, c’est la famine.

Le rôle primordial des ONG

Distribution de nourriture dans l’Uttard Pradesh @AINAWUP

Pour pallier le déficit financier engendré par la pandémie, le gouvernement a décidé de venir en aide aux plus pauvres. Le montant astronomique de cette aide ? 24 euros. Heureusement, des ONG amènent leur pierre à l’édifice : « nous distribuons des milliers de rations de nourriture chaque jour. Cela permet à de nombreuses personnes démunies de survivre. Si nous pouvons faire ça, c’est grâce aux donations. On en a eu beaucoup heureusement » explique Kamaldev, présidente de l’ONG indienne AINAWUP lors d’une interview accordée à CAQS.

Les régions les plus impactées par le Covid-19 seront soumises à un confinement strict pour encore 2 semaines. C’est notamment le cas de Bangalore et Mumbay qui recensent, chaque jour, des centaines de cas supplémentaires.

Dix ans après, la Grèce replonge-t-elle dans une crise économique majeure ?

Dix ans après avoir sombré dans une des pires crises économiques de son histoire, la Grèce s’apprête à replonger dans le calvaire d’une récession profonde après le confinement.

C’est un triste anniversaire. Il y a dix ans, jour pour jour, Athènes, étranglée par la dette, signait en pleine crise financière un pacte avec l’Union européenne pour sortir de sa crise économique. Malheureusement, après avoir relevé les bras, la Grèce « ne va pas faire exception à la récession très profonde prévue mondialement », a averti, mardi, le premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis. La crise sanitaire du coronavirus va replonger la Grèce dans une récession dont le pays se serait bien passé. Pour le comprendre, des chiffres sont à l’appui. Alors que le pays était sur une croissance de 2,4% pour 2020, le confinement général imposé depuis six semaines pour endiguer la pandémie devrait entraîner un recul du produit intérieur brut (PIB) de 10% en 2020, avant une reprise de 5,5% en 2021, d’après le fonds monétaire international.  Le FMI, créancier de la Grèce avec l’Union européenne et la Banque centrale européenne, estime aussi que l’industrie du tourisme, moteur de l’économie grecque avec 12% du PIB, va encaisser des pertes considérables. L’État grec seul pourrait perdre entre 8 et 10 milliards d’euros de revenus cette année, selon le Premier ministre. 

2010, un lointain cauchemar ou bis repetita ?

Le 3 mai 2010, la Grèce, prise au piège dans une crise financière inédite et étranglée par une dette publique devenue insoutenable, était acculée à la signature d’un premier accord avec ses créanciers. Si le pays reste aujourd’hui très endetté, cet accord signait le début de la guérison. Mais cette crise économique est entrée depuis, dans la mémoire collective de la population grecque. Cette dernière vit toujours avec la crainte que le navire recoule. Mais Panayotis Petrakis, professeur d’économie à l’Université d’Athènes a rassuré tout le monde en expliquant que « la crise actuelle n’inquiète pas autant que celle de 2010, qui avait des caractéristiques différentes ». Le pays avait alors perdu un quart de son PIB et le chômage avait explosé à plus de 27%, avant de s’établir aujourd’hui à 16%, toujours le plus élevé de la zone euro. « La nouvelle récession va affecter le chômage mais pas le coût des obligations grecques » poursuit-il. Une situation qui fait notamment paniquer les autres pays européens.

Si la nouvelle crise économique qui menace aujourd’hui la Grèce n’est visiblement pas aussi virulente que la précédente, elle reste cependant dangereuse. Les Grecs ont appris à vivre avec les termes « coût d’emprunt », « excédent budgétaire » ou « dette publique » qui suivent le va-et-vient dans les ministères des représentants de la « troïka ». Une étude de l’Eurobank prévoit de nouvelles pressions sur les banques. De nombreux employés du secteur privé ont été mis au chômage partiel et craignent désormais leur licenciement. « Ne mettez pas les droits de travailleurs en quarantaine », proclamait mardi une banderole lors d’une manifestation de livreurs à Athènes.  

Avec moins de 150 victimes du coronavirus, le déconfinement débute lundi en Grèce avec la réouverture des petits commerces. Les restaurants et les cafés ne rouvriront que le 1er juin prochain. Si le pays semble éviter une crise de la même ampleur que celle de 2008, il est cependant confronté à des dommages économiques qui sont pour l’instant irréparables.

(L’édito du samedi) : départements rouges ou verts, certains rient jaunes

Un déconfinement géographique avec une carte remplie de départements rouges, jaunes et verts ? Si ton département est en vert, tu peux être déconfiné, si tu es en rouge, tu restes confiné.

En ville ou en campagne, chacun tente d’éviter la propagation du virus. Mais il y a, pour moi, une injustice face à ce déconfinement. En ville, on est « les uns sur les autres », on n’a pas de jardin, au mieux un minuscule balcon. En campagne, on a pour la plupart un jardin, au pire de la verdure à proximité. Le confinement n’est pas vécu de la même manière, ce n’est pas non plus le même niveau de bien-être au quotidien. 

Pas tous égaux face au déconfinement

Sur un principe d’égalité on déconfine pour tout le monde ou pour personne. Il est encore trop tôt à mon avis pour déconfiner, tout simplement. Même si le nombre de patients en réanimation baisse, en déconfinant, le gouvernement prend le risque d’une deuxième vague, peut-être plus importante que la première. Le personnel hospitalier est déjà à bout sur la première vague. Il sera achevé par la deuxième. 3878 patients se trouvent encore en réanimation dans les hôpitaux français d’après Jérôme Salomon, directeur général de la Santé.

Prenons un exemple simple à Paris. Il y a environ 1 388 000 trajets quotidiens domicile-travail. Si Paris est en rouge et qu’on déconfine pour l’économie, on y voit un véritable paradoxe. L’Île-de-France est un pôle regroupant un nombre conséquent d’entreprises.

Le nombre d’habitants au mètre carré joue, certes, dans la propagation, mais l’État n’a-t-il pas promis des masques pour tout le monde le 11 mai ? Si le gouvernement tient sa promesse des masques pour tous, alors pourquoi y a-t’il encore des zones confinées le 11 mai et d’autres pas ?

Certes, en ville le nombre d’habitants au mètre carré est bien plus important qu’en campagne, mais sur un principe d’égalité on déconfine tout le monde ou personne.

Déjà coincé entre quatre murs, deux mois, c’est long. Mais si on suit le plan, on ne sera pas déconfiné avant un long moment. Si certains peuvent ressortir, le malaise sera amplifié chez ceux qui sont en appartement à tourner en rond.

Résumé des annonces d’Édouard Philippe

Édouard Philippe a présenté le plan de déconfinement, ce mardi 28 avril à l’Assemblée nationale. Le retour à la « vie normale » devrait avoir lieu à partir du 11 mai, sauf « si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous ».

Dès le 11 mai, les Français pourront se déplacer mais le Premier ministre invite tout de même à limiter au maximum ses déplacements.

La rentrée des lycées ne se fera pas avant juin, les collèges attendront le 18 mai

Pour les collèges, il faudra attendre le 18 mai pour envisager leur réouverture. Les écoles maternelles et les écoles primaires rouvriront le 11 mai. En revanche pour les lycées il faudra attendre la décision du gouvernement fin mai. Édouard Philippe a déclaré que dans tous les cas, ces réouvertures se feront dans des conditions sanitaires strictes. Selon Édouard Philippe, il ne pourra y avoir plus de 15 élèves par classe, les gestes barrières devront être respectés et du gel hydroalcoolique sera distribué.

Le port du masque sera prohibé pour les enfants en maternelle. À l’école primaire, il ne sera pas recommandé mais des masques pédiatriques seront mis à disposition pour les cas particuliers, comme un enfant présentant des symptômes en cours de journée. Dans les collèges, le port du masque sera obligatoire et l’État en fournira aux élèves qui n’en ont pas.

Les transports à 70% pour la RATP dès le 11 mai

Les transports parisiens fourniront 70% de leur service dès le 11 mai. Mais les conditions seront strictes avec le port du masque obligatoire et les heures de pointe seront réservées principalement pour les travailleurs. Le gouvernement invite à limiter les déplacements dans les transports s’ils ne sont pas nécessaires. Édouard Philippe annonce condamner un siège sur deux dans les transports et des marquages au sol dans les transports et sur les quais. Pour les trains, TGV, il faut absolument réserver sa place.

Pour les déplacements personnels, c’est-à-dire, en voiture, les usagers peuvent se déplacer jusqu’à 100 km du domicile. Pour se déplacer à plus de 100 km du domicile, dans le cadre de déplacements entre les départements : « nous voulons réduire les déplacements entre les départements aux motifs professionnels ou familiaux impérieux ».

Les loisirs ? Pas pour le 11 mai

Tous les commerces, sauf les bars et les restaurants ainsi que les grands musées, rouvriront dès le 11 mai à la condition de respecter les règles de distanciation, d’au moins un mètre. Les festivals, les manifestations et tous les événements de plus de 5 000 personnes seront interdits jusqu’en septembre. Les manifestations sportives ne reprendront pas avant septembre non plus.

Les cimetières seront rouverts dès le 11 mai, comme les lieux religieux, mais les cérémonies religieuses sont interdites jusqu’au 2 juin minimum. Les cérémonies funéraires restent limiter à 20 personnes.

Tout savoir sur les masques « grand public »

Il est l’un des accessoires clés du déconfinement. Le 11 mai prochain, le masque accompagnera le quotidien des Français. Mais à partir du 4 mai, tous pourront se procurer des masques, le plus souvent lavables et réutilisables, afin de continuer à freiner la propagation de l’épidémie. Mais où s’en procurer ? Seront-ils obligatoires ? Nous revenons sur ces questions existentielles. 

Tel Spider-Man, les Français devront-ils sortir avec un masque à compter du 11 mai prochain ? Dimanche 19 avril, Édouard Philippe a annoncé que le port du masque « grand public » serait vraisemblablement « obligatoire » dans certains lieux à partir du 11 mai prochain.

« La production a atteint plus de 10 millions de masques [grand public] la semaine dernière et l’approvisionnement, par la production française et les importations, va s’accroître rapidement, pour dépasser 25 millions de masques lavables par semaine, fin avril », assure la secrétaire d’État, Agnès Pannier-Runacher.

Où trouver ces masques ?

« Il y en aura pour tout le monde ». Limitant les projections de gouttelettes dans lesquelles se trouvent le coronavirus, ces masques seront vendus ou non dans plusieurs structures. Il sera désormais possible de s’en procurer en pharmacie, en grande distribution, dans les mairies et chez des buralistes comme l’a expliqué aux Échos, Agnès Pannier-Runacher. À Paris, deux millions de masques seront très prochainement distribués aux Parisiens, a annoncé le 7 avril, Anne Hidalgo, maire de Paris. La présidente d’Île-de-France, Valérie Pécresse, a pour sa part promis, sur BFMTV, de distribuer gratuitement des masques aux voyageurs dans les transports en commun « pendant les premières semaines du déconfinement ». 

« Quand on sera déconfiné, le virus circulera encore et il faudra absolument se protéger pour ne pas risquer de le transmettre à des personnes qui n’ont pas été malades », assure François Bricaire, infectiologue et membre de l’Académie de médecine, interrogé par France Info. 

Seront-ils obligatoires ? 

« Pour les professions les plus exposées et pour certaines situations comme dans les transports en commun, son usage pourrait devenir systématique », a souligné le Président lors de sa dernière allocution télévisée. Dans la Capitale, les deux millions de masques promis par la mairie ne seront pas distribués en même temps. Une première vague de 500 000 unités arrivera fin avril pour les « plus fragiles : les plus de 70 ans, mais aussi les personnes atteintes de maladie chronique et les femmes enceintes », selon la maire, Anne Hidalgo. Pour le reste il faudra attendre « mi-mai ».

Les masques « grand public » seront-ils gratuits ou payants ?

Agnès Pannier-Runacher n’aborde pas la question du prix. Le plan de déconfinement, actuellement en préparation, tranchera ces questions. Le Parisien, qui avait relayé précédemment l’information, a évoqué un prix à l’unité autour de cinq euros. Les collectivités qui ont annoncé avoir commandé des masques pour leurs administrés devraient distribuer au moins un exemplaire chacun gratuitement. Pour les masques commandés par l’État, la question ne semble pas être totalement tranchée. Il n’y a pas de réponses claires pour l’instant. Cependant, le port des gants pourrait aussi devenir obligatoire pour garantir une meilleure protection. 

Virginie, coiffeuse : « c’est une très grosse angoisse car nous attendons des réponses »

Pour le salon de coiffure Origin Haïr, en région parisienne, la reprise au 11 mai semble encore compromise. N’ayant pas plus d’informations du gouvernement quant à la réouverture des salons de coiffure et les mesures sanitaires mises en place, la gérante du salon est dans l’incertitude et craint «  une grosse perte » économique.

« J’espère reprendre le 11 mai, pour l’instant nous n’avons pas plus d’informations ». L’impact économique est de plus en plus conséquent pour ce salon de coiffure. Habituellement, il est rempli et particulièrement lors des saisons estivales : « pour nous, c’est aussi un manque à gagner car nous arrivons dans la saison des mariages et des baptêmes. C’est, normalement, des très gros mois pour nous ». Avec le confinement et la fermeture de tous les commerces non indispensables, elle a mis son employé au chômage partiel, mais pour son cas, elle n’y a pas le droit : « je suis gérante et non salariée ». Cela signifie qu’elle ne cotise pas pour le chômage car elle est en SARL. Pendant le confinement, elle a cessé toute activité professionnelle : « Je n’ai pas continué à coiffer pendant le confinement car nous avons été obligé de fermer et le domicile n’était pas possible non plus ». Le salon vendait aussi des vêtements et des accessoires, cela renflouait le chiffre d’affaires : « ça a été une grosse perte car je fais salon de coiffure, vente de vêtements et d’accessoires ».

« C’est une très grosse angoisse car nous attendons des réponses à nos questions »

Virginie est dans l’attente des consignes de réouverture : « pour la reprise du salon, j’attends les fiches sanitaires. J’ai commencé à m’organiser en essayant d’acheter des masques, que je ne trouve pas, car il y aura rupture, ainsi que des peignoirs jetables. Donc tout cela reste très compliqué ». Le salon commence à s’organiser pour l’après-confinement : «  j’ai eu mon employé au téléphone et nous avons essayé de commencer à réorganiser notre planning ».

« J’ai commencé à anticiper mes achats pour les règles sanitaires ». Mais cela est un budget conséquent, que le salon doit assurer car il n’y a pas de prise en charge : « nous avons déjà été impacté avec la fermeture obligatoire, rajouter le coût sanitaire pour la protection de nos clients et des professionnels, cela va être très compliqué pour nous ». Il reste quand même très difficile de trouver du matériel sanitaire : gants, masques, peignoirs jetables, avec la pénurie mondiale.

La commerçante a fait transférer ses appels sur sa ligne mobile afin d’assurer le standard des rendez-vous : «  j’ai fait un transfert d’appel, mes clients m’appellent pour prendre des rendez-vous mais nous ne savons toujours pas quand nous allons reprendre. Cela reste très compliqué pour les prendre ». Le salon ne prévoit pas de fermer au mois d’août, comme il fait chaque année. Les deux coiffeuses du salon comptent s’organiser pour respecter les gestes barrières, sachant qu’il y a une demande très importante des clients pour la réouverture : «  nous allons aménager nos horaires pour ouvrir plus tard et ne pas travailler ensemble ».

Malgré une possible réouverture le 11 mai, le salon n’a pas le matériel nécessaire pour assurer la sécurité de ses clients et de ses employés. Mais le salon est bien décidé à faire son « maximum pour satisfaire tout le monde dès la réouverture ».