(Municicaqs #2) – Dijon, 4ème mandat pour la gauche ?

Après un contexte sanitaire difficile, Dijon doit choisir son maire. Arrivée en tête au 1er tour, la liste de l’Union de la gauche va t-elle confirmer son avance ? La liste de droite pourra t-elle rattraper et créer la surprise ? La liste EELV suivra t-elle la poussée actuelle ?

Dijon, préfecture de la Côte-d’Or, est la seule ville de l’Est de la France, avec Strasbourg, à gagner des habitants. Avec près de 260 000 habitants, c’est aussi le chef-lieu de la région Bourgogne-Franche-Comté. Autant dire que les élections municipales sont un tournant majeur dans la vie de la métropole, du département ainsi que dans le fonctionnement de la région. Un tournant seulement si la municipalité actuelle se renouvelle profondément…

2020 est probablement l’année la plus mouvementée du 21ème siècle. Le covid-19, ayant confiné les Français pendant deux mois, commencerait, selon les médecins, à disparaitre. C’est dans un déconfinement progressif et dans une urgence démocratique que le Premier ministre Édouard Philippe a décidé de placer le second tour des élections municipales au 28 juin 2020. Va t-il y avoir plus d’électeurs qu’au 1er tour ?

Attention : abstention !

Comment se déplacer sereinement au bureau de vote quand la veille, le Premier ministre annonce la fermeture de « tous les lieux accueillant du public non indispensables à la vie du pays » ? Les dijonnais ont préféré rester chez eux. Seuls 36 % des électeurs inscrits se sont déplacés aux urnes le dimanche 15 mars 2020. Le graphique ci-dessous expose une nette augmentation de l’abstention à Dijon, cette année.

Malgré une abstention record, un candidat sort largement en tête.

9 listes étaient proposées aux Dijonnais. Celle de Damien Cantin pour le Rassemblement national, Emmanuel Bichot pour Les Républicains, Sylvain Comparot pour La République en marche, Stéphanie Modde pour Europe Écologie Les Verts, Bruno Louis pour la liste écologiste indépendante, François Rebsamen pour l’Union de la gauche, Arnaud Guvenatam pour la France insoumise, Claire Rocher pour Lutte Ouvrière et Jean-Baptiste Gavignet pour une liste « divers ». Entièrement composée d’avocats, la liste nommée « NOUS NE BATTRONS PAS EN RETRAITE » fait référence à la réforme des retraites du gouvernement.

Pour rappel, pour se maintenir au second tour, une liste doit atteindre au moins 10 %. Une situation parfois frustrante quand une liste rate de peu le seuil, comme Rémi Gaillard à Montpellier et ses 9,58 %. Les listes de 5% et plus, peuvent fusionner. À Dijon, 3 listes se qualifient pour le second tour. La liste « DIJON C’EST CAPITALE » de François Rebsamen arrive en tête devant la liste « AGIR POUR DIJON » d’Emmanuel Bichot. Stéphanie Modde ferme la marche avec sa liste « DIJON ECOLOGIQUE ET SOLIDAIRE ».

3 projets différents

François Rebsamen

Le candidat de l’Union de la gauche propose un projet en plusieurs points.

« Améliorer le pouvoir d’achat des Dijonnais » en gelant les taux des impôts locaux pour les 6 prochaines années. Il souhaite baisser le prix de l’eau dès avril 2021. « Lutter contre le changement climatique », en développant la mobilité active, en promouvant des produits locaux à faible empreinte carbone. Le maire sortant promet de construire une centrale photovoltaïque sur l’ancienne décharge de Valmy. « Combattre la pauvreté » en créant une plate-forme santé pour un accès simplifié au parcours de soins. Niveau sécurité, François Rebsamen prévoit un recrutement de policiers municipaux et souhaite étendre la vidéoprotection.

Emmanuel Bichot

Le candidat des Républicains choisit de mettre en avant la sécurité et l’urbanisme.

Emmanuel Bichot mise sur la rénovation des rues et des trottoirs dans tous les quartiers de Dijon. L’accélération de la mise en accessibilité de la gare de la ville est au programme. Côté sécurité, le candidat veut développer les zones 30 km/h pour « la sécurité et la tranquillité » des Dijonais et augmenter de 50% les effectifs de la police municipale « pour une présence de jour comme de nuit« . Emmanuel Bichot promet aussi de baisser de 5 % le taux de la taxe foncière pour tous les foyers.

Pour Emmanuel Bichot, le maire sortant additionne « mensonges et promesses« .

Stéphanie Modde

Stéphanie Modde imagine une « ville nature » en visant la « reconquête végétale de Dijon« .

Pour atteindre cet objectif, la candidate promet la création d’un chemin vert avec des réseaux de rues végétalisées réservées aux mobilités douces, comme les piétons ou les cyclistes. Pour continuer sur la lancée « moins de voitures », la mairie écologiste mettra en place une plate-forme de covoiturage, pour favoriser des déplacements des clubs sportifs par exemple. La candidate prévoit d’augmenter les budgets participatifs, 2 millions d’euros par an, au lieu de 360 000 euros aujourd’hui. Enfin, la mairie préfère privilégier une agriculture de proximité et biologique accessible à toutes et tous pour ainsi réduire les longs transports de marchandises.

Selon la liste de Stéphanie Modde, François Rebsamen a entamé une « destruction des services publics« .

Contacté par CAQS, le candidat LREM, Sylvain Comparot, 4ème avec 8,80% des voix, ne fusionnera pas sa liste pour le second tour.

Crédit photo mise en avant : Christophe Finot – Vue panoramique de Dijon

Grève du 5 décembre : Résumé en Bourgogne-Franche-Comté

Plusieurs millions de salariés du public et du privé ont fait grève, ce jeudi, contre la réforme des retraites. Transports, Éducation nationale, hôpitaux, pompiers, policiers, avocats, éboueurs, énergie… La France a tourné au ralenti. Résumé de la journée en Bourgogne-Franche-Comté.

BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ

Dijon

À 14 h 50, le cortège s’est élancé de la place de la Libération. Selon la CGT, 9 000 manifestants étaient sur la place Wilson. 8 000 selon la Police. Les Gilets jaunes se sont mélangés dans la foule. Enfin la convergence des luttes tant attendue ?

Après un défilé calme, des violences ont éclaté aux alentours de 16h-17h avec les forces de l’ordre, place Wilson, dernière étape du cortège. La place est vite sous les nuages des gaz lacrymogènes.

Auxerre

Des centaines de personnes ont manifesté à partir de 14 heures. Le carrefour du boulevard Vaulabelle était bloqué. 4 700 personnes ont manifesté selon les syndicats et 2 700 selon la police. Camille était parmi eux, elle a exprimé son ressenti à l’Yonne Républicaine : « J’ai peur pour tout le monde. Je suis là pour défendre un pacte social fondé sur la solidarité. Et il faut conserver les acquis de 1945 qui font que le modèle social français est connu dans le monde entier. »

L’assemblée générale des enseignants du premier et second degré, a voté à une majorité de mains s’est levée, une poursuite du mouvement de grève, vendredi 6 décembre. 4 personnes n’ont pas voté en faveur d’une reconduction de la grève.

Twitter : @BenjBtk

Besançon

Plusieurs milliers de personnes se sont mobilisées ce jeudi. 5 500 selon la Préfecture, 6 000 selon les organisateurs. Un cortège est parti à 10h30 de la Place de la Révolution. Les entreprises de nettoyage, de métallurgie, d’horlogerie… étaient en grève.

Pour, José Aviles, secrétaire général de l’union locale et départementale de la CGT, la mobilisation du secteur privé est « révélatrice de l’impact de la retraite universelle par point »: « Le salarié a désormais une vie en pointillés. Il va vivre toute une vie de galère pour une retraite de misère« , explique le secrétaire CGT à Ma Commune.

Selon l’académie de Besançon, 49 % des enseignants sont en grève, dont 56,35 % du 1er degré et 43,41 % du 2nd degré.

Twitter : @nath_sourisseau