Trump menace la paix mondiale en se retirant d’un nouvel accord

Donald Trump a annoncé jeudi dernier le retrait des États-Unis du traité « Ciel ouvert ». Le président américain autorise les pays membres à survoler les territoires étrangers pour vérifier qu’une nation ne s’arme pas en cachette. Donald Trump accuse la Russie de ne pas respecter les règles de l’accord et préfère quitter l’entente tant que les Russes n’en respecteront pas les principes.

Le traité a pour but de favoriser la paix et la confiance entre les pays membres. Grâce à lui, les agissements militaires sont sous contrôle. Un pays membre de l’accord ne peut pas s’armer en cachette, à moins qu’il ne joue pas le jeu…

Le traité établit un quota de survols. Il faut qu’il y ait un équilibre entre le nombre de survols qu’un pays mène et le nombre de survols acceptés au-dessus de son territoire. Or, la Russie ne respecte pas ces quotas depuis des années. Elle refuse, par exemple, la surveillance de l’Ossétie du sud ou de l’Oblast de Kaliningrad. Il semble que la Russie y déploie des armements stratégiques. Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo accuse donc la Russie d’être « libre d’annuler ses obligations selon son désir, en refusant ou restreignant illégalement les vols d’observation d’Open Skies quand elle le souhaite« .

Faut-il pour autant se retirer du traité ?

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, bien que reconnaissant « les difficultés d’application du traité du coté de la Russie ces dernières années« , invite les États-Unis à « reconsidérer » leur décision. Pour lui, les violations russes ne justifient pas un retrait de la part des Américains. Les membres européens ont de la même façon reconnu les fâcheuses entorses russes mais sont attristés du départ des Américains : « Nous regrettons l’annonce du gouvernement des États-Unis de son intention de se retirer du traité « Ciel ouvert », bien que nous partagions ses préoccupations relatives à la mise en oeuvre des dispositions du traité par la Fédération de Russie » est écrit dans le communiqué du 22 mai 2020. Les États-Unis précisent que si la Russie se comporte désormais selon les règles du traité, ils feraient machine arrière.

Pays membres de l’Open Skies treaty

Quelle réponse de la Russie ?

Moscou prétend qu’il ne s’agit que de « questions techniques« . La meilleure défense étant l’attaque, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Grouchko accuse les États-Unis de menacer la paix et la sécurité en Europe. Il s’agit du troisième traité que les États-Unis quittent depuis l’arrivée de Trump à la Maison Blanche. En 2018, c’était l’accord sur le nucléaire iranien, puis, en 2019, c’était celui sur les armes nucléaires de portée intermédiaire.

Faut-il craindre une escalade des retraits sur les traités de désarmement ?

Eric Biagala, journaliste pour France info, parle d’un désengagement « beaucoup plus lourd de conséquences« . Le traité New Start, signé en 2010 entre la Russie et les États-Unis serait selon lui, menacé. Ce traité limite la capacité nucléaire de ces deux pays à 1550 ogives nucléaires. Le traité doit être renouvelé à son échéance, c’est-à-dire en février 2021, mais Trump semble peu enclin à le prolonger… Seule l’entrée de la Chine dans ce traité permettrait aux États-Unis de trouver un intérêt à y rester. Or, la Chine est pour le moment bien loin d’envisager une telle alliance militaire.

L’heure n’est donc plus à la confiance entre Américains et Russes. De désengagements en désengagements, les États-Unis prennent de la distance par rapport au monde. Les Américains ne font plus confiance à leurs alliés qui, admettons-le, ne sont pas tout blancs non plus. En protégeant la sacro-sainte Amérique, Trump met en péril la coopération et la confiance tissée entre les grands de ce monde. America First, ça c’est sûr…

Donald Trump veut relancer l’économie, simple stratégie ou réel optimisme ?

Les États-Unis viennent de franchir le cap des 70 000 décès liés au coronavirus et pourraient atteindre celui des 100 000 avant le début du mois de juin. Le taux de chômage est à un niveau historique, il a atteint 14,7%, soit le taux le plus élevé depuis juin 1940. 20,5 millions d’emplois ont été perdus au mois d’avril, une baisse record en si peu de temps. Pourtant, la communication de Donald Trump laisse croire que la situation est parfaitement gérée. A-t-on à faire à une stratégie de campagne ou à une réelle maitrise des évènements de la part du président américain ?

Une « pause » du plan d’aide

Adoptant un ton résolument optimiste, il a annoncé une année 2021 « incroyable » sur le plan économique, en promettant que les emplois perdus reviendront. Il a également déclaré vendredi qu’il n’était « pas pressé » de trouver un accord avec les démocrates concernant un nouveau plan d’aide aux Américains touchés par la crise du coronavirus. « Nous avons eu ce dont nous avions besoin » dans les précédents accords, a-t-il estimé. En mars, le Congrès avait approuvé un plan de relance historique de 2.200 milliards de dollars, promulgué par Donald Trump. Il comprenait notamment la distribution de chèques aux Américains, et 349 milliards pour un fonds dédié aux petites et moyennes entreprises. Un deuxième plan d’aide de près de 500 milliards de dollars avait suivi fin avril.

Mais ces aides n’ont pas eu l’effet escompté puisque le taux de chômage a atteint 14,7%, soit le taux le plus élevé depuis juin 1940, et 20,5 millions d’emplois ont été perdus au mois d’avril. Malgré ces nouvelles alarmantes, les responsables républicains et la Maison-Blanche ont plaidé pour une « pause » avant de reprendre de nouvelles mesures. Donald Trump a ainsi annulé les aides financières, estimant que celles-ci n’étaient pas la clé de la solution. On pourrait aussi se demander si le magnat de l’immobilier a-t-il pris les mesures nécessaires pour endiguer la propagation du virus et permettre un retour à la normale. Pour le démocrate Joe Biden, la réponse ne fait aucun doute.

« Un désastre économique »

« C’est un désastre économique pire que tous ceux que nous avons connus depuis des décennies et c’est d’autant plus grave qu’il ne devait pas en être ainsi. Donald Trump n’a absolument pas su se préparer à cette pandémie et a tardé à prendre les mesures nécessaires pour protéger notre pays contre le scénario économique proche du pire que nous vivons actuellement. Le Covid-19 a provoqué un défi économique de taille. Mais cette crise nous a frappé plus durement, et durera plus longtemps, car Donald Trump a passé les trois dernières années à saper les piliers fondamentaux de notre force économique » a-t-il déclaré.

Au lieu de proposer un chèque de 2.000 dollars chaque mois à une majorité d’Américains pour toute la durée de la crise comme le suggère les sénateurs américains, Donald Trump maintient sa politique de préparer l’après-confinement. L’urgence ne serait-elle pas de gérer le cas présent ? Assis à côté de l’imposante statue d’Abraham Lincoln dimanche dernier lors d’une interview, il a défendu avec force tous ses choix, refusant toute autocritique sur ses atermoiements initiaux. « Je pense que nous avons sauvé des millions de vies », a lancé l’hôte de la Maison-Blanche lors cet échange retransmis en direct sur Fox News. Était-il convaincu par ce qu’il disait ou était-ce sa façon de dire « je ne peux pas faire plus » ? Le chef d’État a continué à se montrer confiant en affirmant cette fois-ci qu’un vaccin contre le coronavirus sera trouvé d’ici la fin d’année.

En campagne pour sa réélection, comme depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump n’a cessé de louer ses qualités. En affirmant que l’économie va se relancer et qu’un vaccin sera bien trouvé, le président américain ne soigne-t-il pas avant tout son image au lieu de mettre tous les moyens en œuvre pour venir en aide à son pays ?

Donald Trump suspend temporairement l’immigration dans une relance économique

Pour stopper la crise du coronavirus et « protéger les emplois des Américains », le président de la première puissance mondiale a déclaré lundi soir, vouloir suspendre temporairement l’immigration aux États-Unis. Cette décision pourrait bien se concrétiser dans les prochains jours.

America First !

L’immigration revient au premier plan du président conservateur. Les frontières sont actuellement fermées. Les vols suspendus. L’immigration semble freinée depuis les mesures de confinement. Pour protéger les américains de la concurrence étrangère, Donald Trump suspend provisoirement l’immigration dans un processus de relance économique. Le directeur de l’immigration et des coutumes Thomas Homan a défendu cette décision en rappelant « qu’il ne s’agit pas d’immigration mais de protéger notre pays en offrant des possibilités aux américains sans emploi ». Donald Trump n’a pas manqué de tenir ses promesses en fixant sa priorité sur les Américains et l’Amérique. La Chambre du Commerce, qui estime la main d’oeuvre immigrée nécessaire au développement économique, craint la baisse d’employés pour les métiers ingrats.

Combattre « l’ennemi invisible » 

Le coronavirus que Donald Trump qualifie « d’ennemi invisible » est la motivation du chef d’État à suspendre l’immigration, néanmoins de manière provisoire. Pas plus d’informations n’ont été précisées. Les immigrés, dont l’obtention des visas et des cartes de séjour est en cours, pourront voir leur demande rejetée dans les prochaines semaines. Le virus qui a commencé à s’atténuer compte déjà plus de 43 000 morts et 800 000 cas.

Le nombre a légèrement baissé cette semaine, avec 1433 morts en 24 heures. L’économie est touchée, l’université Hopkins estime que près de 22 millions de salariés sont actuellement au chômage. Néanmoins la situation ne semble pas alerter le gouvernement qui souhaite se remettre au travail. Récemment des manifestations anti-confinement ont eu lieu dans plusieurs États, Donald Trump avait appelé ses concitoyens aux armes, pour défendre leur « liberté« .

La chute du baril de pétrole

Un plan d’urgence de 2 200 milliards de dollars a été décrété pour relancer la machine infernale économique depuis fin mars. Donald Trump est impatient de reprendre les activités alors que le pays assiste à la chute du baril de pétrole, qui passe sous la barre des 0$, alors qu’il se vendait 60$ au début de l’année. Sabrina Quagliozzi, correspondante de BFMTV aux États-Unis affirme que les « producteurs paient 37,63$ pour donner un baril de pétrole ». La consommation a chuté de 20 millions de barils par jour depuis le début de la crise. Les États-Unis n’ont plus la possibilité de gérer leurs réserves saturées.