(Municicaqs #4) – Le Havre, Édouard Philippe en danger ?

Après Saint-Denis, Dijon et Nîmes, CAQS continue le tour des grandes villes françaises pour vous faire vivre les municipales ! Aujourd’hui, direction le premier port français de transport de conteneurs : Le Havre. Deux candidats s’affrontent au second tour : Edouard Philippe (LREM) et Jean-Paul Lecoq (gauche).

Obtenant 35, 88 % des voix au premier tour des élections municipales, le candidat de gauche Jean-Paul Lecoq confirme qu’il est bel et bien dans la course ! Face aux 43, 60% du premier ministre, pour certain la bataille est déjà jouée. Or, avec seulement 39,58 % de participation et donc une abstention record dû à l’épidémie du covid 19, le second tour pourrait bien rebattre les cartes …

Revenons ensemble sur les mesures phares de l’élection

Une troisième ligne de tramway ou les transports en commun gratuits ?

Jean-Paul Lecoq défend la gratuité des transports en communs : « ça change vraiment la vie dans une ville » explique t-il au débat avant le premier tour des élections. Il plaide une « gratuité dès le début [ du mandat ], le week-end, et aussi pour les classes, parce qu’on considère que les gamins dans les écoles ne doivent pas avoir la gratuité de transports que deux fois dans l’année, et, que vous soyez à l’école à Mont-Gaillard ou que vous soyez à l’école au centre-ville, vous devez pouvoir accéder à tous ce qu’offre la ville à travers le transport gratuit. »

La gratuité des transports en commun est une mesure séduisante. Elle faciliterait la mobilité pour les ménages les plus fragiles économiquement, donc un désenclavement de certain quartiers. Oui mais comment financer une telle mesure ?

Pour Edouard Philippe, « il y a fort à craindre que ça se traduise par des impôts ». La grande crainte de cette mesure est en effet une augmentation des impôts. Beaucoup n’y crois pas vraiment, comme par exemple Camille, étudiante havraise : « ça serait top des transports gratuits même si je pense que cela n’est pas vraiment possible mais ça pourrait être pas mal au vu des prix exorbitants qui peuvent en ressortir » .

Gaelle Caetano, deuxième sur la liste de Jean-Paul Lecoq, en interview pour nous, répond : « c’est la grande question ! Moi je ne peux pas vous dire on ne payera pas d’impôts complémentaires, je ne peux pas vous dire on ne touche pas aux impôts. Le but c’est que les impôts ne soient pas touchés concrètement, le but c’est que ce soit financé par des aides » […]  » on essaye de faire au mieux pour ne pas que les impôts soient augmentés mais on ne peut pas non plus savoir le financement de l’état ». Elle insiste sur le fait que les citoyens seront consultés, et qu’en cas de refus de payer plus d’impôts pour permettre la gratuité des transports en commun, la volonté des citoyens sera respectée. Est- ce qu’on peut penser que si les impôts augmentaient, le coût reviendrai à moins cher aux familles qui utilisent les transports en commun ? « Tout à fait. » nous répond madame Caetano.

Le premier ministre, en revanche, défend plutôt une tarification différente selon les revenus et les statuts des individus. Jeanne, étudiante havraise redoute ainsi un coup trop élevé des mesures de gratuité et préférerait une tarification différenciée: « Même si c’est souhaitable, il est difficile d’instaurer une gratuité totale, cela coûterait très cher à l’agglomération qui essaie déjà d’amortir le coût du tramway. Malgré tout, je pense qu’il est vraiment nécessaire d’instaurer une gratuité pour ceux qui en ont besoin et ont pour l’instant droit au demi-tarif ou à l’abonnement solidaire comme les ménages avec de faibles revenus, les étudiants… D’autant plus qu’ils vivent souvent dans les quartiers où le coût de la vie est le moins cher, les banlieues, donc ils sont plus reculés par rapport au centre de la ville, logiquement ils ont plus besoin de prendre les transports en communs. »

La rédaction du Monde propose un podcast intéressant pour se faire un avis sur le sujet :

Gratuité ou performance ? « Ce qui m’intéresse c’est de développer et d’améliorer la qualité du réseau » déclare le premier ministre. Selon lui, il est plus intéressant de construire une nouvelle ligne de tramway « parce que ça marche ». Il y a en effet, une hausse de la fréquentation du tramway et donc un désenclavement des quartiers désormais relié à la ville par le tramway. Pour Gaelle Caetano cette mesure doit être discutée avec les habitants. Et justement qu’en pense Camille et Jeanne ?

Le tramway havrais

Pour les deux étudiantes, c’est une dépense qui n’est pas nécessaire : « La troisième ligne de tram est une bonne idée, mais elle va coûter très cher alors que les deux lignes déjà existantes n’ont pas encore été rentabilisées et que cet argent pourrait être investi ailleurs, dans la gratuité des transports en commun par exemple. Le tram créerait une ligne plus directe, plus rapide, mais les bus et le TER relient déjà Montivilliers, l’hôpital Monod, les quartiers Sud et le stade Océane (qui sont les endroits par lesquels passeraient la troisième ligne) au centre de la ville. » déclare Jeanne. « Je pense que l’on peut se passer d’une troisième ligne de tram, on en a déjà deux qui font quand même pas mal d’arrêts » affirme Camille.

La santé

La pandémie du covid 19 met la question de la santé au premier plan. Qu’en penses nos deux candidats ?

Pour Jean-Paul Lecoq, il faut créer un centre de santé municipal avec médecins et professionnels de santé salariés par la ville, avec des antennes décentralisées ou mobiles sur les quartiers. Pourquoi des médecins salariés ? Parce qu’il considère qu’un grand nombre de jeunes médecins diplômés pourraient accepter d’exercer plus facilement s’ils étaient salariés, notamment des femmes qu’ils veulent faire de la médecine, gagner leur vie et avoir une vie à coté. Il faut défendre l’hôpital au près des autorités, selon lui. L’idée est également de palier au manque de médecins, non pas en demandant à des médecins retraités de revenir dans leur cabinet, mais bien en laissant la place à la jeunesse, rappelle Gaelle Caetano.

Edouard Philippe, insiste sur le formation de jeunes médecins au Havre et ce, dès la première année de médecine ! Plus des étudiants en médecine seront formés au Havre, plus il en restera pour exercer dans la ville selon lui. Autre mesure importante que le premier ministre souhaite mettre en place, la maison des aidants. Un lieu où les personnes qui aident un proche pourront trouver de l’aide et des solutions pour atténuer le poids de cette prise en charge.

L’écologie

Nos deux candidats reconnaissent qu’il y a urgence en matière écologique !

Le point noir par excellence de la ville : la décharge de Dollemard. Tandis que Jean-Paul Lecoq souhaite démanteler entièrement le tas de décombres de plus d’un kilomètre de long, Edouard Philippe est plus nuancé, en affirmant que sur cette verrue écologique se sont créés des écosystèmes .. et que la démanteler d’un coup risquerait non seulement de fragiliser la falaise ( non sans risques d’écroulement ), mais également de mettre en danger des espèces ayant trouvées refuge dans celle-ci. Néanmoins, les deux candidats estiment urgent d’agir sur ce point, pour éviter que les déchets soient, comme c’est le cas aujourd’hui, rejetés dans la mer. Pour ce qui est des mobilités douces et de la végétalisation, tous les deux proposent des mesures.

La décharge de Dollemard

Jean-Paul Lecoq et la proximité avec les citoyens :

La gauche entend bien rester à l’écoute des havrais et havraises. Toutes les mesures seront discutés, dans des conseils de quartiers, et via des référendums. Avec 60% de citoyens havrais sur sa liste, c’est une gauche qui prône la proximité avec l’habitant. Et ce n’est pas sans déplaire, car selon les deux étudiantes interrogées, la démocratie participative est encore bien faible au Havre : « Pour l’instant les conseils de quartier se réunissent une fois par an et partagent leurs demandes et remarques aux élus, mais ils n’ont pas de poids démocratique réel. La plupart des havrais ne savent sans doute pas qu’ils existent. Le fait d’instaurer des conseils plus actifs, plus représentatifs, et qui pourraient vraiment être impliqués démocratiquement dans les prises de décisions, permettrait sans doute que celles-ci soient plus en accord avec les attentes des havrais.» nous confie Jeanne.

Une large place semble être réservée à la parole des havrais dans le programme de monsieur Lecoq. Pourtant, une partie de la population ne risque-t-elle pas de ne pas participer à ces débats citoyens, aux prises de décision ? Gaelle Caetano nous répond que l’idée sera d’aller voir les gens, d’aller parler avec eux. Non pas les forcer à participer, mais leur faire connaitre la possibilité de participer à la mise en place de projets au Havre. Un Havre citoyen donc ! Des idées qui semblent d’autant plus séduisantes que la crise du coronavirus à mis en exergue le besoin de solidarité et d’écoute de la population.

Jean-Paul Lecoq à l’assemblée nationale en 2019 rappelle l’importance de la démocratie locale.

Edouard Philippe : un Havre plus attractif et plus dynamique !

Le Havre, une ville attractive ? « Le nombre d’étudiants est en hausse, mais il me semble qu’il s’agit surtout de havrais, ou de normands pour qui l’université du Havre est la fac la plus proche. Excepté l’ISEL et science po Asie, il n’y a pas de filière d’étude particulièrement attractive ou originale. On vient rarement de loin pour étudier au Havre. L’ambiance et le dynamisme étudiants de la ville ne sont donc pas très développés, il faut reconnaître que la ville n’a pas très bonne réputation, elle n’a pas une image attractive. » rapporte Jeanne. Pour Camille, Le Havre n’est pas une ville étudiante : « Je ne trouve pas spécialement [ que Le Havre soit une ville ] étudiante, enfin je ne pense pas directement à celle-ci quand je pense à une ville étudiante ! »

Pour palier à cela, Edouard Philippe et son équipe propose de faire passer le nombre d’étudiants de 13 000 à 15 000. Pour cela, ils souhaitent accueillir la future Université Régionale des Métiers et de l’Artisanat (URMA), achever la création du campus autour de la gare et des bassins, développer les formations en apprentissage, « qui sont souvent les meilleures façons d’accéder à l’emploi. »

Le premier port de conteneurs français ! Un port qui se situe sur l’Axe Seine et qui entend bien en profiter avec la fusion des établissements portuaire. Le développement de Port 2000. La filière éolienne en pleine expansion, où le premier ministre y prévoit la création d’une centaine d’emplois.

Le port du Havre et ses conteneurs

La crise sanitaire aura fortement marquée les esprits, y faisant apparaître de nouvelles craintes. La crise économique qui s’annonce pourrait pousser à voter plutôt pour le premier ministre. En revanche, les inquiétudes démocratiques et la volonté d’une plus grande proximité avec les autorités pourrait jouer en faveur du candidat du Havre citoyen. La mairie havraise n’est pas assurée pour Edouard Philippe malgré son avance au premier tour. Il s’est passé tant de choses entre le premier et le second tour que les résultats précédents sont susceptibles d’être profondément modifiés.

Pour revoir le débat avant le premier tour des élections municipales :

Crédit photo : ROLY0968 – Flickr.com

Phase 1 du déconfinement : « Les résultats sont bons »

Edouard Philippe a annoncé la 2e phase de déconfinement sur le territoire national. Réouverture des bars, des restaurants et des écoles, fermeture des frontières extérieures de l’Union européenne, voici les mesures qui vont être appliquées dès le 2 juin.

« Les résultats sont bons sur le plan sanitaire », affirme Édouard Philippe à 17h à Matignon, lors de l’annonce des mesures d’assouplissement liées à l’épidémie. « Même si nous devons rester prudents, les données sont bonnes ». A compter d’aujourd’hui, tous les départements se trouvent en zone verte, à l’exception du Val d’Oise et de Mayotte. Édouard Philippe rassure : « la vitesse de propagation est sous contrôle et nous sommes là ou nous espérions être à la fin du mois de mai ». De nombreux lieux et locaux publics vont rouvrir à partir de ce week-end, le 2 juin et plus tard le 22 juin.

Toutes les écoles, les bars, les parcs et les musées seront ouverts sur les départements en zone verte et orange avec certaines restrictions. La limitation de 10 personnes par groupe sera maintenue et le respect des gestes barrières se fera en continu. Le ministre de l’Education nationale et le ministre de la Santé ont précisé les mesures concernant leurs dossiers respectifs.

Sur le plan de la Santé

Au cours de la phase 2, la liberté va devenir la règle et la restriction l’exception. « 4 indicateurs ont été mis en place », selon Olivier Véran. Tout d’abord l’incidence avec le nombre de personnes contaminées en 1 semaine sur 100.000 habitants avec un seuil d’incidence à partir de 10 personnes puis d’alerte à partir de 100.000 cas.

Le 2e indicateur est le taux de positivité des tests, c’est-à-dire les fameux tests PSR. Le taux moyen de tests positifs est de 1,9%, bien inférieur à celui du début de la crise.

Le 3e indicateur est le facteur de reproduction du virus. S’il est supérieur à 1, il est encore largement transmis au sein de la population. S’il est inférieur à 1, les cas sont moins importants et l’épidémie régresse. Enfin le dernier indicateur est celui du taux d’occupation dans les hôpitaux et le nombre de malades en réanimation. Ce taux est passé sous 40% donc sous le seuil d’alerte.

Une carte d’indication avec des départements en orange et vert précise l’évolution du taux de contamination du coronavirus. Ceux en orange présentent au moins 2 indicateurs au dessus du seuil de vigilance avec l’Île-de-France, Mayotte et Guyane. Chacun pourra effectuer des tests sérologiques. Plus de 80% sont délivrés en moins de 36 heures et entièrement remboursés par l’Assurance maladie. Toutefois, il ne doit pas changer le comportement des personnes car le risque de contamination persiste.

L’application STOP-COVID est encouragée et « mise à disposition des français ». Le Premier ministre assure que l’application est « anonyme et ne localisera jamais les français ». La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) l’a validé à 2 reprises. Celle-ci est gratuite et permettra d’être alerté rapidement, à partir du 2 juin.

Sur le plan de l’éducation et des loisirs

En ce qui concerne l’éducation, les loisirs et la vie sociale, pratiquement tous les lieux publics pourront rouvrir cet été :

  • Ecoles, collèges, lycées : Les écoles vont pouvoir rouvrir entièrement à partir du 2 juin. les parents devront accompagner leurs enfants au moins 1 fois dans la semaine.
  • « En zone orange nous accueillerons en priorité les élèves de 6e et 5e », confie le ministre de l’Education nationale. « Les élèves de lycées généraux et technologiques seront accueillis pour des entretiens en petits groupes. L’objectif est que tous les élèves aient eu un entretient d’ici la fin de l’année ».
  • L’épreuve de Français du Baccalauréat sera validé au contrôle continu, assure Jean-Michel Blanquer.
  • Un programme Sport Santé et Culture va être mis en place. Tous les lieux publics liés à ces loisirs et activités ouvriront le 2 juin en zone verte et le 22 juin en zone orange.
  • Bars, restaurants, cafés : Tous les bars et restaurants seront ouverts le 2 juin avec des restrictions temporaires : 10 personnes par table, distance minimale de 1 mètre entre les personnes et masque obligatoire pour le personnel et les clients en mouvement.
  • Parcs : Les parcs et jardins rouvriront dès ce week-end.

Ce qui reste interdit jusqu’au 21 juin

Des restrictions sont encore maintenues, jusqu’au 21 juin minimum. Les sports collectifs restent interdits. Les discothèques, salles de jeux et stades seront toujours fermés. Les cinémas rouvriront le 22 juin sur l’ensemble du territoire. Quant aux frontières avec l’Europe et au-delà, elles resteront fermées jusqu’au 15 juin. Un débat s’organisera avec l’Union Européenne par la suite avec les pays membres. La France s’est positionné comme favorable à la réouverture des frontières entre les pays européens. Les déplacements en métropole devront être justifiés par des motifs impérieux de regroupement familial ou professionnel.

Un nouveau bilan sur l’évolution des étapes de déconfinement et la propagation du virus sera rendu le 22 juin. Edouard Phillipe appelle à rester collectivement prudent et respecter les règles établies.

Résumé des annonces d’Édouard Philippe

Édouard Philippe a présenté le plan de déconfinement, ce mardi 28 avril à l’Assemblée nationale. Le retour à la « vie normale » devrait avoir lieu à partir du 11 mai, sauf « si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous ».

Dès le 11 mai, les Français pourront se déplacer mais le Premier ministre invite tout de même à limiter au maximum ses déplacements.

La rentrée des lycées ne se fera pas avant juin, les collèges attendront le 18 mai

Pour les collèges, il faudra attendre le 18 mai pour envisager leur réouverture. Les écoles maternelles et les écoles primaires rouvriront le 11 mai. En revanche pour les lycées il faudra attendre la décision du gouvernement fin mai. Édouard Philippe a déclaré que dans tous les cas, ces réouvertures se feront dans des conditions sanitaires strictes. Selon Édouard Philippe, il ne pourra y avoir plus de 15 élèves par classe, les gestes barrières devront être respectés et du gel hydroalcoolique sera distribué.

Le port du masque sera prohibé pour les enfants en maternelle. À l’école primaire, il ne sera pas recommandé mais des masques pédiatriques seront mis à disposition pour les cas particuliers, comme un enfant présentant des symptômes en cours de journée. Dans les collèges, le port du masque sera obligatoire et l’État en fournira aux élèves qui n’en ont pas.

Les transports à 70% pour la RATP dès le 11 mai

Les transports parisiens fourniront 70% de leur service dès le 11 mai. Mais les conditions seront strictes avec le port du masque obligatoire et les heures de pointe seront réservées principalement pour les travailleurs. Le gouvernement invite à limiter les déplacements dans les transports s’ils ne sont pas nécessaires. Édouard Philippe annonce condamner un siège sur deux dans les transports et des marquages au sol dans les transports et sur les quais. Pour les trains, TGV, il faut absolument réserver sa place.

Pour les déplacements personnels, c’est-à-dire, en voiture, les usagers peuvent se déplacer jusqu’à 100 km du domicile. Pour se déplacer à plus de 100 km du domicile, dans le cadre de déplacements entre les départements : « nous voulons réduire les déplacements entre les départements aux motifs professionnels ou familiaux impérieux ».

Les loisirs ? Pas pour le 11 mai

Tous les commerces, sauf les bars et les restaurants ainsi que les grands musées, rouvriront dès le 11 mai à la condition de respecter les règles de distanciation, d’au moins un mètre. Les festivals, les manifestations et tous les événements de plus de 5 000 personnes seront interdits jusqu’en septembre. Les manifestations sportives ne reprendront pas avant septembre non plus.

Les cimetières seront rouverts dès le 11 mai, comme les lieux religieux, mais les cérémonies religieuses sont interdites jusqu’au 2 juin minimum. Les cérémonies funéraires restent limiter à 20 personnes.

Édouard Philippe à l’épreuve politique du Covid-19

Que restera-t-il de la Macronie après la crise ? Peut-être pas son 1er ministre, Édouard Philippe. L’incarnation de la droite modérée mais rigoureuse est de moins en moins aux goûts du Président de la République, selon certains conseillers de l’Élysée. 

2 mois de crise dans la crise

Alors que le coronavirus ravageait l’Asie et commençait à devenir très inquiétant en Italie, la France doit voter pour le 1er tour des élections municipales le 15 mars. On croyait impossible qu’un pays européen se confine intégralement comme la Chine, le gouvernement italien annonce le 10 mars que le pays va se confiner pour plusieurs semaines. La propagation ne touche pas que l’Italie en Europe. La France va devoir prendre des mesures similaires. 

Et pourtant, le 12 mars, à 3 jours du 1er tour, Emmanuel Macron prend la parole et annonce qu’il aura bien lieu. Même si le président de la République l’annonce, ce n’est pourtant pas son idée première. Emmanuel Macron était contre l’organisation du 1er tour, Édouard Philippe et toute la classe politique était pour. Dans les heures qui ont précédé son allocution, le président consulte le président du Sénat, Gérard Larcher (LR). Son opinion est claire : si le 1er tour est reporté, il ne le suivra pas sur cette décision. 

« Je ne crois pas qu’il en veuille au Premier ministre. Mais la suite ne pourra pas se faire avec lui, selon moi. Il a défendu le maintien du 1er tour, cela a laissé des traces » raconte un proche de la majorité à BFM TV. « Si le président ne l’a pas cité dans sa dernière allocution, c’est un signe qui ne trompe pas », ajoute-il.

Le président des riches et le premier ministre

Si Édouard Philippe fait parler de lui, c’est pour ses qualités que le président de la République n’a pas. « Édouard Philippe est bon, toi tu fais président des riches » s’amuse à dire un proche du chef de l’État.  Les conseillers de Matignon et de l’Élysée ne sont pas les seuls à vanter les mérites d’Édouard Philippe : « le 1er ministre fait un boulot de gestion de crise exceptionnel. Le pays, les hôpitaux, ça tient », confie une ministre. 

L’après crise sera probablement un changement de cap radical d’après les volontés du président.  « Macron ne fait que parler de changement politique, il faut une nouvelle tête, une nouvelle incarnation, et il faut qu’une tête tombe pour ‘punir’ le début difficile de la gestion de crise » admet un collaborateur. 

La fin du quinquennat d’Emmanuel Macron aura-t-elle l’image d’une gouvernance pour l’écologie et le social ? C’est ce qui se dit derrière les murs du pouvoir…

Grève à la SNCF : « Pas de trêve pour Noël » ?

Le Premier ministre Édouard Philippe a détaillé mercredi son projet de réforme des retraites, qui n’a pas convaincu les syndicats. La CGT Cheminots accentue la pression sur le gouvernement et annonce de nouvelles journées de mobilisation.

Dans les transports, alors que la grève est entrée dans sa deuxième semaine, les perturbations continuent. « La grève continue parce que le gouvernement est droit dans ses bottes » s’est exaspéré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots, au micro de France Info jeudi 12 décembre. « Pas de trêve pour Noël, sauf si le gouvernement revient à la raison avant ça » a-t-il poursuivi. Mais cette volonté de poursuivre la grève n’est pas partagée par tous les syndicats.

Un avis contesté

« Il faut laisser la possibilité aux gens de rejoindre leur famille » pendant la période des fêtes, a estimé Laurent Berger, numéro un de la CFDT. Autre syndicat régulièrement classé par les “réformateurs”, l’Unsa refuse également la maintenance des blocages. Laurent Escure espère que « les Français ne seront pas ennuyés pour Noël ». Mais « cela dépend des organisations syndicales et de leur volonté de rester dans un mouvement qu’aujourd’hui, je ne pense pas utile. Il faut être autour de la table et discuter » a expliqué de son côté Olivier Dussop, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics.

Les conducteurs SNCF oubliés par la réforme ?

La demande de la CGT Cheminots de maintenir les mobilisations peut s’expliquer par rapport à l’impact que peut avoir la réforme des retraites à la SNCF. Selon une source interne au groupe ferroviaire, « 75% des conducteurs ne sont pas concernés par la réforme ». Un chiffre alarmant, d’autant plus que « 58% des agents sédentaires au statut » et « 44% des agents contractuels » (salariés hors statut) ne seraient pas concernés par la réforme, toujours selon cette source.

D’après un document interne obtenu par l’AFP, la direction et les syndicats de la SNCF étudieront « les modalités de transition vers le système de retraite universel » pour les salariés au statut de cheminot concernés, à savoir les conducteurs « nés après le 1er janvier 1985 ». Pour La CGT Cheminot, la démarche est donc claire : inciter le gouvernement à retirer ses modifications sur la réforme des retraites, sous peine de continuer à bloquer les transports. « La grève continue jusqu’à ce qu’on nous garantisse que le système actuel est maintenu, le système pour tous les salariés et qu’on entame des négociations pour l’amélioration de ce système » a annoncé Lauren Brun.

Des manifestations et rassemblements locaux sont prévus ce jeudi de Marseille à Paris, où un défilé doit partir de Nation.