Parcoursup : les élèves en sueur

Après une année semée d’embûches, les élèves de Terminale complètent enfin leur scolarité avec les vœux d’admission post-bac. Ecoles de commerce, prépas, Hypokhâgne ou fac de lettres, les lycéens recevront ce mardi 19 mai à 17h, les résultats de leur choix pour le supérieur.

Rien n’a été simple pour les lycéens en Terminale cette année, entre les grèves des cheminots en hiver, les réformes du bac annoncées par Bruno Le Maire et maintenant le coronavirus, les élèves ont eu beaucoup à endurcir avant d’achever leur ultime classe d’école. L’épreuve finale est désormais devant eux, l’admission dans le supérieur sera validée ou non cette après-midi à 17h sur Parcoursup. De nombreux jeunes sont nerveux voire effrayés de pouvoir être pris dans leurs formations respectives. La plus grande crainte serait surtout de« ne pas être pris nul part » à en croire plusieurs terminales.

« Ce qui m’inquiète le plus c’est de ne pas avoir de prépa »

Guillaume est un élève en Terminale S et comme tous les lycéens de son année, il s’est inscrit sur Parcoursup pour choisir son orientation professionnelle. « L’inscription se fait sous réserve d’être admis ou admissible mais j’ai pu demander aux écoles et formations si je suis admissible ou non ». Ce qui l’inquiète le plus c’est « de ne pas avoir de prépa », il est pourtant sur d’être pris à la fac mais précise que ce n’est pas son objectif. Pour Guillaume, « tout est joué, maintenant il n’y a plus qu’à attendre et espérer ».

« Je pense qu’il y a beaucoup qui ne sont même pas sûrs d’être pris quelque part »

En cette période importante de fin de scolarité, l’admission post-bac suscite de nombreuses questions et inquiète de nombreux élèves y compris les plus doués. C’est le cas de Téoman, qui pense s’orienter vers la santé. Élève en Terminale S, il tremblote à l’approche des résultats : « même si je pense avoir un bon dossier, cela ne m’empêche pas de stresser avec le fonctionnement de Parcoursup ». Déterminé à aller en PASS, Téoman a déjà prévu sa stratégie : « j’ai mis le maximum de vœux et sous-vœux dont quelques vœux de « sécurité » au cas où, donc je sur d’être pris quelque part ». Conscient de la difficulté à intégrer une école de renom, Téoman alerte sur les élèves moins performants. Suite aux réactions de son tweet publié sur les réseaux sociaux, il pense que beaucoup ne seront pris nulle part.

« Je ne me sens pas très bien  »

Toutefois, l’admission post-bac semble surtout inquiéter les élèves moins performants, notamment Océane, 17 ans, et élève en STMG commerce. Pour elle, la situation est un peu compliquée : « Je ne me sens pas très bien, je vais être dans les listes d’attente, c’est sûr ! Je suis stressée parce que je ne suis pas excellente à l’école. Je travaille mais je n’ai pas une moyenne de dingue », affirme-t-elle. Souhaitant faire un BTS commerce international, Océane ne se voit « nulle part ailleurs ». Consciente de la concurrence, elle pense avoir une place mais semble susceptible sur le plan B : « C’est vraiment ce que je veux faire (BTS), je ne me vois pas ailleurs en vérité. Si ça marche pas je vais à la fac. Ce n’est pas ce que je veux mais je sais que ça me plaira aussi. Des décisions qui angoissent la jeune fille. « À l’approche des résultats… le stress est au maximum. Je mange peu et dors peu aussi »

Réouverture des écoles : un nouveau cauchemar pour les profs ?

Le président Emmanuel Macron a annoncé la réouverture des écoles et des crèches lors de sa dernière allocution. Loin d’être une décision sans conséquences, cette mesure laisse enseignants, élèves et directeurs dubitatifs.

C’est désormais officiel. Le confinement sera prolongé jusqu’au 11 mai. Du moins pour certains. Lors de son allocution en direct, lundi 13 avril, le président de la République a annoncé la réouverture progressive des écoles, crèches, collèges et lycées. Une décision pour combattre l’inégalité sociale « dans les quartiers populaires » où « les enfants n’auraient pas accès au numérique et à la culture ».

Emmanuel Macron s’est voulu rassurant sur ce point concernant l’éducation, en évoquant la nécessité « d’organiser différemment le temps et l’espace, bien protéger nos enseignants et nos enfants avec le matériel nécessaire ». Une mesure qui suscite déjà l’inquiétude de certains syndicats de l’Éducation nationale. Lors de son discours, le président a d’ailleurs annoncé que l’enseignement supérieur ne reprendrait pas avant l’été.

Les professeurs désemparés

Le bac a été prévu en contrôle continu, ce qui laisse aux élèves, une année pratiquement dépourvue d’examens. On compte depuis le 16 mars, en raison de l’épidémie du coronavirus, près de 12,5 millions d’élèves et 2,6 millions d’étudiants qui suivent les cours à distance en raison de la fermeture des collèges, lycées et universités.

La décision de rouvrir les établissements scolaires a suscité l’indignation chez certains enseignants. Pour Grégoire Perra, professeur de philosophie en Alsace, il s’agit d’une véritable catastrophe : « les professeurs vont être contaminés, les parents aussi, il va y avoir une deuxième vague. C’est dramatique. » Une opinion qui est partagée par Yoann, professeur des écoles en Bretagne qui décrit l’idée d’une réouverture des écoles comme « désastreuse ». Pour lui, « aucun impératif pédagogique ne nécessitait une reprise en mai ». L’État se servirait des enseignants pour alléger le fardeau des familles qui travaillent : « Ils nous prennent pour une garderie, on va garder les enfants pendant que papa et maman vont travailler ».

Les syndicats en sueur…

Côté syndicat, la situation est au même point. Les membres de la SNES-FSU sont inquiets à l’idée d’une réouverture des écoles en mai. La secrétaire générale du SNUipp-FSU, Francette Popineau, raconte que cette décision n’est pas « sérieuse » puisque tous les lieux publics sont fermés à l’exception des écoles, qui restent un lieu où la transmission est importante. Selon elle, il y aurait un manque de précautions, « on a l’impression d’être sacrifié sur l’autel de l’économie », a-t-elle poursuivi.

Les mêmes remarques sont constatées chez Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, première fédération syndicale de l’éducation. « Le plan de rentrée paraît encore flou » a-t- il annoncé hier soir sur RTL. Stéphane Crochet, secrétaire général au syndicat SE-Unsa ajoute que « les enseignants ne veulent pas être les victimes de ce rebond en étant en première ligne avec des enfants toute la journée qui peuvent être porteurs ». La crainte de l’opposition reste ainsi élevée.

Des élèves peu motivés

Pour finir, les élèves, qui sont tout autant concernés par les mesures annoncées que les professeurs, boudent à leur tour. Marta Bonucci, élève en seconde à Annecy se dit « découragée » par la reprise des cours alors que l’épidémie continue.

Baccalauréat : « J’aimerais pas risquer ma scolarité à cause d’un confinement »

Les cours pourront bien reprendre de plus belle. Face aux mesures prises par le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, élèves et professeurs ont un avis mitigé sur le programme scolaire actuel, d’autres se posent des questions sur le baccalauréat.

Malgré la fermeture des écoles, les lycéens n’ont pas encore terminé leur année. Jean Michel Blanquer s’est montré rassurant concernant le programme scolaire des classes de première et terminale. En dépit du confinement lié à l’épidémie, le ministre de l’Education Nationale a annoncé le maintien des épreuves du bac et des vacances scolaires. Son premier objectif étant « de garantir à tous les élèves de terminale, qu’ils ne soient pas lésés, qu’ils ne perdent pas une année et qu’ils puissent passer leur baccalauréat ». Néanmoins « le bac ne pourra pas se tenir comme il se tient habituellement », selon la secrétaire générale adjointe du SNES-FSU, Sophie Vénétitay.

Ministre de l’éducation, Jean Michel Blanquer. Photo crédit : RTL

« Le Baccalauréat doit être annulé. Une « équivalence » sera donnée à tous les lycéens. Voilà ce que je déciderai si j’étais ministre »

René Chiche, professeur de philosophie

Cours à distance, contrôle semi-continu, des avis déconcertants…

En ce qui concerne les élèves, la situation ne change pas. Les cours se font désormais à distance et les épreuves sont maintenues dans de nouvelles conditions. Pourtant, la situation ne semble pas convaincre certains enseignants qui souhaitent une révision des principes éducatifs et le prolongement des épreuves.

René Chiche, professeur de philosophie, est contre la réforme du bac. Âgé de 57 ans, il estime qu’il ne faut pas changer les règles du jeu en cours de partie. Selon lui, il n’existe que deux options : « soit les cours reprennent le 4 mai et les épreuves perdurent, soit le fil se perd et on impose une équivalence sur dossier scolaire« . Il en va de même pour Isabelle Ducos-Filippi, professeure agrégée en lettres classiques à Montpellier. D’après ses propos, le contrôle continu serait pénalisant pour certains élèves et augmenterait l’accroissement des inégalités scolaires. La solution exige ainsi un prolongement de la date des examens jusqu’à début septembre. Toutefois, il est des cas qui restent totalement indifférents quant à la nouvelle qui s’annonce, tel Philippe Santurennes, professeur de français à Saint-Germain-en-laye, qui avoue être « désabusé ».

« Le bac reste le grand défi de cette année. J’aimerais pas risquer ma scolarité à cause d’un confinement »

Remy Goubert, élève en première

L’enthousiasme en période de quarantaine

Bien que les mesures prises par Jean-Michel Blanquer restent incertaines et dépourvues de structure, les élèves semblent pour la plupart se satisfaire du plan adopté. Lucie Gaillard, lycéenne en Terminale, éprouve un certain réconfort dans l’adoption du contrôle continu. Pour elle, l’assiduité est un atout essentiel pour valider son année. Elle raconte : « le fait qu’il y ait un contrôle continu est un bon signe car cela permet aux enseignants de prendre en compte le travail effectué durant toute l’année et non seulement le bac qui reste la condition de passage ».

Salle de classe en période d’examens. Photo crédit : blastingnews.fr

Son enthousiasme n’est pas le même que celui d’Alexandre, autre lycéen en terminale. Il avoue préférer un examen 100% en contrôle continu si cela peut diminuer la charge de travail à faire. Un argument sincère auquel s’ajoute la simplicité de l’épreuve. Mais cet avis n’est pas partagé par Rémy Goubert.

Pour cet adolescent en première, le maintien des cours et des épreuves n’a pas lieu d’être, le passage en Terminale devrait être accordé à tous, indépendamment des notes obtenues. Influencé par des désirs de justice, Rémy se veut défenseur de l’égalité pour tous. Pour lui, le contrôle continu n’a aucune importance.

Réforme du bac : le fiasco des E3C ?

Les nouvelles épreuves du contrôle continu du baccalauréat ont commencé ce lundi. Dans plusieurs lycées de France, la situation s’est tendue avec des manifestations ou des blocages.

Comme un nom de code incompréhensible, E3C. En 2017, le candidat Macron a proposé une transformation du baccalauréat en se focalisant sur quatre épreuves et en instaurant une partie de contrôle continu. Les E3C sont des épreuves communes. Pour les élèves de 1ère, la première session se déroule du lundi 20 janvier au vendredi 28 février. Les épreuves au programme sont : histoire-géographie, langue vivante A, langue vivante B (et maths pour la filière technologique).

Les épreuves ont donc commencé lundi, mais les examens ne se sont pas passé comme prévu. Dans de nombreux lycées, des blocages ont été organisés. Professeurs et élèves étaient mobilisés. Dans toute la France, les épreuves ont été largement perturbées. À Bagnols-sur-Cèze, le lycée Albert Einstein a vécu une situation tendue. Alice est étudiante en première générale, elle a passé l’épreuve d’histoire-géographie : « On a dû rester toute la première heure dehors car il y avait des manifestants qui bloquaient l’entrée au lycée. On a commencé avec une demi heure de retard, mais on a eu le temps de passer les épreuves ». Elle s’étonne du manque d’organisation de l’établissement, « les surveillants sont arrivés avec ce qui ressemblait à des parents d’élèves pour nous surveiller, 1 personne pour 35 élèves ».

« Pendant l’examen, des bruits incessants et des personnes qui entraient et sortaient toutes les 5 minutes. »

Les élèves ne sont pas espacés, ils passent l’épreuve d’histoire-géographie – Lycée Albert Einstein – Bagnols-sur-Cèze. Twitter : @Minnyni

Nous avons contacté le ministère de l’Éducation nationale, aucune réaction, ni d’éventuelles déclarations. L’académie de Montpellier n’est pas joignable.

Clément Poullet est le secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement, de la culture et de la formation professionnelle Force Ouvrière. Il trouve la situation de Bagnols-sur-Cèze, « totalement scandaleuse ». Il ajoute : « le ministre de l’Éducation nationale est responsable de la pagaille actuelle, il était conscient de la catastrophe industrielle par rapport au manque de surveillants ».

Le représentant FO insiste, « on est très engagé dans le cadre de la bataille pour l’abandon de la réforme des retraites, c’est notre priorité numéro 1. La réforme du bac et la réforme des retraites, c’est la même logique, une individualisation des droits car il n’y aura plus de droits collectifs ».

Carte à retrouver en cliquant sur le lien ci-dessous.

À Talence, en Gironde, le lycée Kastler représentait l’image du bras de fer. Plus d’une centaine de personnes se sont réunies devant le lycée et chantaient « Jean-Michel Blanquer, ministre autoritaire, on ne bossera pas pour toi ». La FNME CGT revendique aussi la coupure électrique du lycée survenue le matin même. L’épreuve continue pour des milliers d’élèves dans les prochains jours, elle continue aussi pour le gouvernement. La note est, pour le moment, proche de 0.

Harcèlement Scolaire : le fléau de l’Education Nationale

Depuis toujours, il existe une forme de violence bien vicieuse à l’école : le harcèlement scolaire. Ce problème était sous-estimé par l’Education Nationale. En 2010, le Parlement vote une loi pour former le personnel d’éducation à détecter les éventuels signes. Aujourd’hui qu’en est-il de l’application de cette loi ?

Votée en 2010, une loi contre le harcèlement scolaire a vu le jour. Elle permettrait de mettre en place une formation pour le personnel d’éducation : professeurs, CPE, assistante sociale ou encore surveillant, tous devront passer par une formation pour apprendre à détecter les enfants isolés et les enfants qui seraient susceptibles d’être des bourreaux. Le but ? Essayer d’enrayer le harcèlement scolaire des établissements et de diminuer le nombre de victimes du harcèlement.

Cette loi a beaucoup de mal à se faire une place dans le règlement de l’Education Nationale. Une partie des professeurs n’a pas encore reçu la formation ou trouve simplement que le harcèlement n’est que dispute d’adolescent sans autre forme de violence. À voir maintenant si les gens vont réagir et laisser la place à la loi.

Le harcèlement scolaire, une violence banale

Le harcèlement scolaire touche aujourd’hui près de 10% des élèves français dont seulement 5% trouvent le courage de parler et de dénoncer leur harceleur. Malheureusement, le harcèlement scolaire fait des dégâts. Le nombre de suicides d’adolescents a augmenté, ce qui est un véritable appel au secours de la part des jeunes adolescents qui subissent un harcèlement quotidien.

Aujourd’hui, le harcèlement peut être physique comme moral notamment sur internet. Le harcèlement moral est le plus vicieux et le plus destructeur. Il s’attaque directement à l’estime de soi et la confiance en soi. Le harcèlement moral est souvent accompagné du cyberharcèlement, rendant le harcèlement scolaire permanent, sans repos pour l’enfant, même chez lui.

La seule raison à ce déchainement de haine ou de violence de la part d’un groupe de personnes est une petite différence insignifiante : tes origines ethniques, ta religion, ta couleur de peau, ta couleur de cheveux, ton poids, ta manière de t’habiller, tes plaisirs, tes passions, même la réussite à l’école est un critère de harcèlement.

Seulement aujourd’hui peu de mesures sont mises en place pour éviter ce genre de situation, les professeurs trouvant cela puéril ou pensant à de simples altercations d’adolescents. Les parents ont parfois ce système de pensée, en croyant que c’est à l’enfant de se défendre et de forger sa propre personnalité face aux dures réalités de la vie.