Vague verte, Macron devient surfeur

Au lendemain du second tour des municipales, Emmanuel Macron annonce 146 propositions écologiques.

C’est sur une pelouse bien verte que le Président de la République a accueilli les membres de la Convention citoyenne pour la transition écologique. Se doutait-il quelques semaines plus tôt, en choisissant cette date, qu’il succéderait sur les bandeaux des chaines d’info, à la vague verte des municipales ? Sûrement. Mais ce calcul politique et symbolique permettra-il au président de convaincre les électeurs écologiste d’hier de lui accorder leur confiance demain ? Tandis que les commentateurs politique attendent une réponse autant que le prochain remaniement, le Président a mis les petits plats dans les grands pour dévoiler l’avenir de son mandat et le grand plan écologique qui devrait voir le jour.

146 sur 149

Les membres tirés au sort de la Convention climat sont arrivés avec 149 propositions réparties au sein de 5 thématiques (consommer, produire et travailler, se déplacer, se loger, se nourrir). Mais aussi un programme de financement et de modification de la constitution.

On pouvait attendre du Président une découpe de ce rapport, qu’il pioche dedans les propositions en accord avec ses valeurs et ses intérêts. Mais le chef d’Etat a été clair, dès le début du discours « je veux que toutes les propositions soient mises en œuvre au plus vite ». Puis, modérant son propos, il a évoqué les points sensibles du rapport notamment la difficile relation écologie-économie. Après avoir félicité les rapporteurs d’avoir « placé l’écologie au sein du système économique » et précisé qu’il partageait cette idée, le président a balayé l’idée d’une taxe de 4% sur les dividendes justifiant que « nous sommes déjà un pays très fiscalisé, je pense qu’accroître la fiscalité n’est pas une bonne idée (…) nous avons besoins d’attirer des capitaux français et étrangers ». Il a aussi évoqué dans son discours l’idée d’une écologie non punitive, arguant que la taxe carbone « était une des raisons, ce n’était pas la seule » qui a mené au mouvement des gilets jaunes l’an dernier. S’il s’agît ici d’un réel rejet de l’idée, le second véto posé par Emmanuel Macron est en réalité un report. Le président ne souhaite pas, pour le moment, entendre parler de l’abaissement de la vitesse maximale sur les autoroutes à 110 km/h.

Verdir la constitution par un référendum

Enfin, sur l’aspect constitutionnel du rapport un dernier véto a été posé. La modification du préambule de la constitution ne verra pas le jour mais celle de l’article premier aura sûrement lieu lors d’un futur référendum. À ce sujet, le président s’est exprimé ouvrant la voie au plébiscite tout en s’engageant à « proposer un texte au parlement en vue d’un référendum en 2021 ». Au-delà d’une simple modification de l’article premier, ce référendum pourrait aussi simplifier la mise en place d’une des 146 mesures phares : la reconnaissance de l’écocide. Un terme, dont le président s’est targué d’être le premier chef d’état à l’employer, et qui désigne la destruction d’un écosystème. Actuellement, ce terme n’est pas reconnu par l’institution judiciaire ce que souhaite Emmanuel Macron. Celui-ci annonce aussi porter ce projet de reconnaissance de l’écocide auprès des acteurs du droit internationale pour juger les coupables devant la Cour pénale internationale. L’intégration de l’écocide dans le futur référendum simplifierait sa complexe reconnaissance juridique.

L’application des propositions

Le président a commencé par expliquer en détail quelle serait la méthode de mise en œuvre de ces propositions. Une manière de faire gage de bonne volonté d’entrée de jeu face aux attentifs rapporteurs. Le possible référendum ne concernant pas la totalité des 146 propositions, le chef d’État a décidé de diversifier la méthode. Une partie sera arrêtée « dès juillet » par le gouvernement, une seconde sera intégrée au plan de relance économique et enfin la dernière vague de proposition à être légiféré, le sera au sein d’un projet de loi spécifique. Mais selon ce rythme, beaucoup de propositions devraient rester sur le carreau faute de ne pas appartenir au champ d’action de l’Etat. Pour pallier ce problème, le président souhaite réunir les collectivités territoriales et les élus afin de discuter de ces propositions.

Les membres de la convention climat vont donc encore devoir se battre auprès de nombreuses institutions pour voir un jour leurs propositions au Journal Officiel, le chemin reste long.

Jean-Marie Bigard aurait-il convaincu le président à rouvrir les bars et les restaurants ?

Après Eric Zemmour et Philippe de Villiers, c’est au tour de Jean-Marie Bigard de recevoir un appel de la part du président de la République. Connu pour frôler régulièrement la vulgarité, l’humoriste a réussi à retenir l’attention du chef d’État suite à son fameux coup de gueule aux 4 millions de vues sur Instagram.

Au nom de la « convivialité »

Jean-Marie Bigard est un homme à blagues, mais depuis deux semaines, les choses sont loin d’être drôles. Lors de la semaine précédant celle du déconfinement, l’humoriste s’était fortement exprimé au sujet de la pandémie et des mesures mises en place par le gouvernement. Enragé par la tournure des événements, il appelait les bars et les restaurants à rouvrir sous prétexte de « convivialité ». Selon lui, les gens dans un bar savent se tenir.

Que dit le président de la République ?

Ce discours, posté sur les réseaux sociaux plusieurs fois et faisant plus de 20 500 vues sur Instagram n’a pas manqué de faire réagir le président Macron. Le chef de l’État l’a appelé quelque temps après sa dénonciation. Invité de Sud Radio, mercredi 20 mai, Jean-Marie Bigard a affirmé qu’Emmanuel Macron l’avait téléphoné personnellement, pour calmer les tensions. « Il m’a appelé, il m’a dit « oui, oui, vous avez raison, nous allons faire un putain d’échéancier », comme j’avais demandé ». La réaction du président Macron étonne. Jean-Marie Bigard s’était pourtant montré virulent à son encontre.

L’humoriste avait pointé du doigt l’équipe d’Emmanuel Macron, déclarant que ces derniers n’étaient que des « guignols », et que n’importe qui serait susceptible de mieux faire. Suite à cela, le président lui aurait rejoint par le biais de son secrétaire Patrick Sébastien. D’après notre humoriste, le président lui aurait donné raison. « La stratégie va changer », aurait-il assuré. De nombreux internautes ont réagi par la moquerie, d’autres ont apporté leur soutien. Certains journalistes et membres du parti de La République en Marche pensent qu’il s’agit d’une blague de mauvais goût et commencent à s’inquiéter du sort de la politique.

(L’Édito du samedi) Le savant et le politique

Nous avions déjà eu l’occasion d’observer un duel scientifique contre politique dans la course à la mairie de Paris. Cédric Villani, le savant, contre Benjamin Griveaux l’homme politique. Et cette course folle, faite de dissidence, de coups bas, d’hypocrisie et de pressions nous montrent ô combien sciences et politiques vivent un amour impossible.

Lors de cette hostile idylle pour devenir premier édile, qui eut été habile de prévoir la métamorphose digne d’Ovide de notre monde livide que nous devons au COVID ? Par cette crise sans précédent, parmi les discours discordants, le scientifique s’est transformé, par la grâce du président, de dissident à décidant. Il devait se faire conseil, pour nous dire ce que l’on ne sait. Par les pouvoirs qu’on lui confère, il annula les concerts. Mais la cacophonie fut son cancer, quand soufflât sur les conseils un mistral de Marseille. Le vent fut bref tout comme la houle, mais la tempête venait du Sud et portait le nom de Raoult. 

La science, qui devenait politique, revint brusquement à ses topiques. « Faites-le taire ! » Demandaient-ils avec une grande sévérité, « cet Homme-là ne sait que dire et s’éloigne de la vérité ». Mais le peuple journalistique ne croit que les utopiques et ne voit que célébrité. Sur les plateaux se bousculèrent, de faux savants mais populaires et qui, bafouant toute médecine, nous bassinèrent de chloroquine. « Un remède ? Mais quel remède ? Vous faites honte à Archimède ! ». Oui mais le peuple a besoin d’aide. 

Dans le brouhaha infernal des machines de guerre médiatiques, on bâillonne 1000 scientifiques pour écouter ce qu’un médecin dicte.

Tant que le journaliste fait de fous, des hommes honorés. Les savants pouvaient gouverner au faubourg Saint-Honoré. Mais fallait-il au président avouer son innocence et faire don de son poste à des hommes de science ? Laisser une jungle – et non Calais – prendre possession du Palais dans des réunions nocturnes sans que leurs noms ne connurent d’urne ?

La morale de cette Histoire ? Le scientifique par son savoir, peut, sans même le vouloir inverser le pouvoir. 

Qu’est-ce que la loi Avia ?

Depuis son vote mercredi dernier à l’Assemblée nationale, la loi Avia suscite de nombreuses critiques. Mais que contient réellement cette loi contre la haine en ligne ? 

Né d’une promesse d’Emmanuel Macron lors du diner du CRIF de 2018, le projet a été confié à la député Laetitia Avia. Le travail d’élaboration de la proposition de loi de Mme Avia est basé sur une loi allemande similaire votée en 2017, Netzwerkdurchsetzungsgesetz. Cette loi allemande est en quelque sorte une combinaison de la Loi française contre les fake news (2018) et la Loi contre les contenus haineux (2020). Cette loi était orchestrée autour d’une grande idée : l’obligation de retrait du contenu illégal sous 24H. 

C’est ce même principe qui a imprégné la Loi Avia. Les sites internet ayant un trafic quotidien supérieur à 1 million d’utilisateurs devront impérativement supprimer les contenus considérés comme « manifestement haineux » sous peine d’une amende. Les sites concernés sont les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, etc…) mais aussi les plateformes de référencement (Google, Yahoo, Qwant) et les plateformes collaboratives (Leboncoin, Youtube, Tripadvisor, etc…). Dans un second temps, ces sites auront pour obligation de fournir l’adresse IP des cybers délinquants à la justice française. 

Le symbole d’une défaillance judiciaire ?

 

La critique fondamentale qui est faite à la loi Avia est la déresponsabilisation de l’État. Les géants du web devront eux-mêmes supprimer de leur plateforme les contenus de leurs utilisateurs. C’est ici, pour certains, le symbole de l’inefficacité de la justice de se saisir d’un dossier rapidement. Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a dénoncé à la tribune du palais du Luxembourg, le remplacement de la justice par des algorithmes et le risque de l’excès de censure par les sites internet. C’est aussi ce qui a poussé des syndicats et associations du monde de la justice à se placer sur le banc des opposants. Ils seront les premiers à voir l’inversement de la chronologie judiciaire. L’accusé ayant produit un contenu manifestement haineux, verra d’abord son contenu supprimé puis il sera jugé. 

Peser sur les GAFAM

C’est aussi une lutte qui marque le quinquennat d’Emmanuel Macron : celle contre le monopole et l’impunité des GAFAM et autres géants d’Internet. « Tout ce qui est publié ou diffusé en France doit répondre aux lois de la République » a indiqué le Premier ministre. C’est donc, après la taxe GAFA, le RGPD, la loi numérique, une nouvelle manière d’encadrer l’action des acteurs importants d’Internet et de les responsabiliser. Ici, plus que dans les précédentes lois, la part de responsabilisation est forte. Trop forte pour l’opposition qui fustige le gouvernement en les accusant de donner les clefs de la censure à des multinationales. Le legs de ces clefs est historique. Il constitue un premier accord entre l’État et des multinationales issues d’Internet. Mais un premier accord qui s’est conclu non sans mal et dans la contrainte, le gouvernement ayant fait inscrire dans la loi le risque d’une amende de 4% du chiffre d’affaires de l’entreprise en cas de non-respect. Un chiffre énorme pour beaucoup de grandes entreprises.

Le risque liberticide

Mais la collaboration se fera au péril de la liberté d’expression. C’est déjà ce que regrette unanimement l’opposition. En contraignant avec une telle menace financière, les géants d’Internet feront tout pour éviter l’amende. Pour ce faire, certains redoutent un excès des suppressions de contenus. Une des craintes est aussi la création d’une liste noire de mots qui seraient alors interdits sur certains réseaux sociaux. Cette liste noire pourrait comprendre des termes se rapportant aux thèmes des races, religions, origines etc… Les sites internet concernés prendront-ils le pari de restreindre la liberté d’expression pour sauvegarder leur chiffre d’affaires ? 

L’initiative franco-allemande pour redresser l’Europe

Face à la crise causée par le covid-19, la France et l’Allemagne ont dévoilé ce lundi après-midi leur initiative pour redresser l’Europe. Leurs propositions reposent sur quatre piliers : la santé, la relance économique, la transition écologique et la souveraineté industrielle.

Le couple franco-allemand donne l’impulsion à l’Union européenne pour dépasser la crise du covid-19. Après avoir effectué un travail commun, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont proposé une initiative aux 25 autres pays membres. Une réponse à court terme pour assurer l’avenir et la viabilité de l’UE.

Mais « la crise la plus importante de l’histoire de l’Union européenne » n’a fait que renforcer les divisions. L’Europe a été capable du meilleur comme du pire. Certains pays n’ont pas hésité à faire acte d’une grande solidarité en faisant don de matériel médical ou encore en accueillant des malades de pays en difficulté face au covid-19. D’autres ont cependant fait le choix de céder au nationalisme, en fermant drastiquement leurs frontières, malgré les accords de Schengen.

« Une Europe de la santé »

« Face à la pandémie, l’Europe a sans doute été mise en défaut au début de cette crise. D’abord parce que la compétence sanitaire n’est pas une compétence communautaire », a déclaré Emmanuel Macron au cours de la conférence de presse. Une incapacité qui a conduit le président de la République française et la chancelière allemande à proposer la création d’une « Europe de la santé ». Les deux pays plaident en faveur d’un stock commun de produits pharmaceutiques et médicaux tels que des masques et des tests. Un travail main dans la main est également envisagé avec des plans de prévention partagés des épidémies ainsi que des méthodes communes pour recenser les cas.

Un plan de relance de 500 milliards d’euros

Les deux pays proposent la création d’un fonds de relance, financé par la Commission européenne grâce à des emprunts sur les marchés. 500 milliards d’euros sont prévus et seraient distribués aux secteurs et aux régions les plus impactés par la crise sanitaire et économique. « Ce sont les pays qui ont le plus souffert qui vont profiter au maximum de cette aide », a appuyé Angela Merkel. Cet argent devra progressivement être remboursé à long terme, sur plusieurs années. « Ce sera aux États membres de rembourser et non aux bénéficiaires », a précisé le président de la République.

« Le Green Deal ne doit pas être remis en cause mais accéléré »

Lors de la conférence de presse, Emmanuel Macron a rappelé l’importance du Green Deal, qui prévoit la neutralité carbone d’ici 2050. Cet accord « ne doit pas être remis en cause mais accéléré », a-t-il déclaré. La politique écologique ne sera pas mise de côté malgré l’importante crise générée par le virus du covid-19. « La relance de l’Union devra être accompagnée d’engagements en matière de climat, d’environnement, de biodiversité », a ajouté le président de la République.

Une Europe souveraine

Le quatrième pilier évoqué est celui d’une Europe souveraine. L’objectif est ici de créer une « Europe des champions » pour « relocaliser les investissements clés » sur le continent. Afin de ne plus dépendre de pays hors de l’Union européenne, la production de médicaments ou encore de batteries pourrait reprendre.

La conférence complète est à retrouver sur le compte Twitter de l’Élysée.

L’Assemblée nationale sous tension

La création d’un nouveau groupe parlementaire fait des émules au palais Bourbon et son impact sur le monde politique post covid-19 se joue dans les prochains jours.

On a presque cru à un apaisement lorsque le 11 février au soir, les députés de la majorité étaient reçus à l’Élysée. Ce soir-là, on retrouvait le président, de nouveau en campagne, face à des parlementaires blessés et déçus par l’exécutif, par les sermons venus du palais et par un sentiment d’inutilité. Il fallait plus qu’une séance de câlinothérapie pour les 320 invités du président, ils demandaient des promesses. Emmanuel Macron a su resserrer les rangs à gauche, en parlant d’une fin de quinquennat sociale et écologique, d’un « après réforme des retraites » qui ne serait plus comme avant.

Mais, une fois la tension redescendue par le discours du Faubourg-Saint-Honoré, parlementaires, exécutif ainsi que toute la France, sombrèrent dans la crise du coronavirus et de ses imbroglios politiques. Les travers de l’exécutif que dénonçaient l’opposition et des dissidents de la majorité, ont été ressuscités et exacerbés. Si l’actuel quinquennat est marqué par la volonté de faire vite, presque dans une urgence permanente, le gouvernement a dû répondre à une urgence réelle.

Face à des députés déjà « exténués » par l’étude de la réforme des retraites, comment augmenter la cadence et faire voter promptement une loi d’état d’urgence sanitaire ou un plan de déconfinement ? La distanciation sociale n’aidant pas, les élus n’étaient que 75 dans l’hémicycle lors de la prise de parole d’Édouard Philippe. Modification expresse de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, parlementaires en nombre réduit, absence de temps pour étudier les textes, les députés ont été pressés et les tensions sont naturellement revenues.  

Écologie, démocratie, solidarité

L’union nationale, comme face à toute tragédie a donc été de courte durée. Début avril, des rumeurs de sécessions chez les macronistes circulaient dans les couloirs du palais Bourbon. Mardi 19 mai, cela sera officiel ; 11 députés LREM quitteront leur groupe parlementaire pour rejoindre le nouveau-né de l’hémicycle « Écologie, Démocratie, Solidarité ». Autour de Matthieu Orphelin, seuls 22 députés au total pour le moment, mais certains noms connus du grand public. On devrait y retrouver Cédric Villani, candidat à la mairie de Paris mais aussi Delphine Battot, ancienne ministre de François Hollande.

Si les membres du groupe seront officialisés lors d’une visioconférence de presse en fin de matinée mardi, on peut déjà présager une émulation à gauche, chez les verts et au sein de la majorité. Même le PS n’échappe pas à la tentation de quelques députés de rejoindre le 9e groupe parlementaire. La combinaison gagnante de 2022 serait alors l’écologie sociale ? Pas seulement. La volonté du groupe est aussi de faire valoir la voix des députés, des territoires, et ne pas laisser un exécutif trop libre de ses mouvements. L’appel à l’origine de ce nouveau groupe évoque même un salaire minimum dès l’âge de 18 ans. 

Un impact sur l’après Covid-19

Mais la confusion et l’hégémonie autour de ce groupe lui ont, d’ores et déjà, été défavorables. La République en marche, ses whips et ses cadres ont recadré les députés et notamment ceux qui comptaient parmi les 58 signataires de cet appel. Soustraction faite, ils ne seront que 11 LREM ou apparentés à être de la partie, mardi. Et la contre-attaque de la majorité n’a cessé de grandir depuis. Outre les coups de pressions sur les indécis, un pôle écologiste a été créé autour de l’ancienne écologiste Barbara Pompili et Hugues Renson. Une manière de garder les frondeurs pour LREM et de ne pas oublier les promesses présidentielles du 11 février.

Il paraît cependant peu probable qu’un simple pôle interne puisse contrecarrer les projets des députés sécessionnistes. Le départ des 11, aura un impact surtout symbolique et stratégique sur l’action législative. LREM perdra certes, sa majorité absolue, mais le concours des groupes MODEM et AGIR devraient permettre de faire voter les futures lois sans encombre. Cependant, ces mêmes groupes pivots à l’Assemblée seront concurrencés dans leur rôle par ce nouveau groupe. Mais l’aspect symbolique reste fort, LREM qui perdait jusqu’alors 1 député tous les deux mois, en perd dix d’un coup en pleine crise sanitaire. À l’Élysée comme à Matignon, on n’en est pas au branle-bas de combat mais la tête de l’État a tout de même dénoncé le 13 mai dernier, par la voix de la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, « un contretemps et un contresens politique ».

Le remaniement, qui devrait arriver dans les mois à venir, sera crucial pour cette branche dissidente. La présence de membres d’« Écologie Démocratie Solidarité » dans le prochain gouvernement, permettrait au président de récupérer le nouveau groupe et de mieux amorcer le tournant écologique et social de son quinquennat. Les prochaines semaines réservent donc une forte hégémonie et un très intéressant mercato parlementaire qui saura, pour sûr, impacter la suite du quinquennat et l’après covid.

(L’Édito du samedi) : quand l’État se masque de ses responsabilités

La France peine à équiper sa population en masques. Véritable trésor pour faire face à cette pandémie, les masques n’ont jamais été autant demandés par la population. Seul problème, il y a largement plus de demande que d’offre. Comprenez, il y a beaucoup plus de personnes qui demandent des masques que ce que l’État est en capacité de fournir. À qui la faute ? Retour sur 10 ans de gestion de stocks de masques catastrophique.

2010 – 2012 : H1N1 et la peur de l’hécatombe

Xavier Bertrand, ministre de la Santé de novembre 2010 à mai 2012.

En 2010, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, décide de commander en masse des vaccins et des masques afin de pouvoir lutter contre la grippe H1N1. Cette grosse dépense s’élève à 32 millions d’euros. Mais la France n’a finalement pas connu une forte épidémie de grippe durant l’année 2010. Ces grands stocks de masques et de vaccins semblent alors inutiles. Certains reprochent même à la ministre de jouer le jeu des laboratoires en achetant des vaccins.

C’est alors que les stocks de masques commencent à fondre. En novembre 2010, Xavier Bertrand devient ministre de la Santé. Une note de la Direction générale de la Santé datant de juillet 2011, propose alors « le lissage du renouvellement des stocks », soit accepter la péremption de 25% du montant total des stocks.

Le nombre de masques commence donc à baisser, mais Xavier Bertrand l’affirme : « quand j’ai quitté mes fonctions, il y avait 1,4 milliard de masques en France ». Selon Europe 1, 600 millions de masques FFP2 et 800 millions de masques chirurgicaux étaient disponibles en France.

2013 – 2017 : Des masques qui prennent la poussière

Marisol Touraine, ministre de la Santé sous François Hollande

À l’arrivée de François Hollande en 2012, la politique des masques évolue. Le 16 mai 2013, le secrétariat général de La Défense et de la Sécurité nationale décide que l’État ne va plus s’occuper de la gestion des masques chirurgicaux aux employeurs des professions en contact avec le grand public. Selon le rapport du sénateur Francis Delattre, l’État ne s’occupera seulement que des masques FFP2.

Les années passent, le gouvernement utilise petit à petit le stock des masques sans le renouveler. « Pendant le quinquennat de François Hollande, la France était préparée. (…) Entre 2012 et 2017, les stocks de masques chirurgicaux ont régulièrement augmenté, et nous les avons reconstitués après les attentats : il y avait 730 millions de masques chirurgicaux en 2012, et 754 millions en 2016 et 2017. Et ce, conformément à la doctrine édictée en 2011 par le Haut conseil de santé publique, qui avait mis la priorité sur les masques chirurgicaux » se défend la ministre de la Santé de l’époque, Marisol Touraine.

Une déclaration à l’opposé de ce qu’a déclaré l’actuel ministre de la Santé Olivier Véran à l’Assemblée nationale le 19 mars dernier : « Nous disposons d’un stock d’État d’environ 150 millions de masques chirurgicaux et d’aucun stock de masques FFP2. Il avait été décidé, suite aux crises sanitaires précédentes – je remonte pour cela à 2011 et 2013 – qu’il n’y avait plus lieu de conserver des stocks massifs de masques dans le territoire considérant que les usines de production étaient capables d’être actives très rapidement, notamment en Chine. Seulement la crise sanitaire a commencé par toucher la Chine ».

Si la France ne semble avoir aucun stock de masques FFP2, cela fait suite à un autre changement de politique datant de 2013. Cette année-là, l’État décide que les masques FFP2 seront désormais à la charge de l’employeur. L’État ne fournira plus les personnels qui ont besoin de masques excepté le personnel hospitalier. « En 2013, il y a un avis du SGDN qui dit que chaque collectivité, entreprise ou établissement est responsable de ses stocks, car l’État ne peut pas tout stocker. C’est ce qu’a fait la mairie de Paris, ou le ministère de la Santé pour les urgences. Ce n’est pas un changement de doctrine, c’est une décentralisation », se défend Marisol Touraine.

Selon l’ancien sénateur Francis Delattre, auteur d’un rapport en 2015 intitulé : « l’Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (EPRUS) : comment investir dans la sécurité sanitaire de nos concitoyens ? », face à la production en masse de masques de la Chine, la France a baissé la garde. « Nous avons fait une confiance aveugle à la Chine au détriment de nos entreprises françaises. C’était une erreur ! » regrette-il, « on a tout simplement baissé la garde pour des raisons budgétaires. C’est la stratégie du court terme qui a prévalu ».

2017-2020 : la politique de l’autruche :

Olivier Véran prend la place d’Agnès Buzyn en février 2020.

Agnès Buzyn en début d’année, Olivier Véran en mars et Jérôme Salomon lors de ses premiers points presse quotidiens, ont tous rassuré le grand public en insistant sur le fait que la France avait un grand stock de masques qui nous protégerait si une soi-disant pandémie toucherait la France comme la Chine.

Et pourtant, dès 2017, Jérôme Salomon alerte… Emmanuel Macron lui-même. Parmi les révélations des Macron Leaks, on y retrouve l’actuel directeur général de la Santé, qui avait averti le futur président que la France n’était pas prête en cas d’épidémie. Et c’est là que cela prend une tournure d’affaire d’État. Lorsque l’épidémie commence à toucher sérieusement la France, il n’y a aucun masque FFP2. Début mars, Olivier Véran martèle que l’État est en capacité de protéger la population avec les masques mais tente de faire croire que les masques « ne servent à rien ». 2 mois plus tard, le ministre dit l’inverse, obligeant les Français à porter des masques dans les lieux très fréquentés (comme les transports en commun). L’exécutif aurait-il menti sur les stocks de masques ?

Il faut attendre la fin du confinement pour entendre des versions beaucoup plus réalistes. Tout commence avec le journal Le Monde qui révèle que l’État continuait de brûler ses stocks de masques à la fin du mois de mars 2020. Édouard Philippe est contraint de rendre des comptes. « un certain nombre de masques commandés, il y a fort longtemps, étaient stockés depuis très longtemps, et avaient vu leur date de péremption dépassée, parfois depuis très longtemps » s’explique-t-il.  « Quand vous les trouvez au printemps ou à l’hiver 2020 et qu’ils sont arrivés à péremption en 2019, vous pouvez vous dire qu’il est peut-être absurde de les détruire – ce qui normalement devrait être le cas – au lieu de les garder, de vérifier quand on peut les utiliser. Et si c’est le cas, de les utiliser. C’est ce que nous avons fait. Nous avons ainsi récupéré 75 millions de masques chirurgicaux utilisables », s’est-il félicité.

Face à une population de plus en plus défiante vis-à-vis de l’État, ce type de polémique renforce la défiance. Ironie du sort, le meilleur moyen pour les Français de trouver un masque, c’est de se le fabriquer.

Quel gouvernement pour demain ?

De plus en plus de proches du président en sont persuadés, le lendemain de la crise sanitaire sera l’heure d’une refonte profonde de l’exécutif. Quels visages pour la Macronie de demain ?

L’aile gauche et l’aile droite de LREM remuent toutes leurs troupes pour tenter d’influencer le président de la République dans sa réflexion. Une réflexion claire, mais les incarnations restent encore floues pour le moment. « Le constat, c’est qu’il a donné quelques pistes : rien ne sera comme avant, il va falloir se réinventer, on va changer l’agenda politique », résume un proche d’Emmanuel Macron.

Virage à gauche ?

Après une crise sociale difficile pour Emmanuel Macron avec les Gilets jaunes, le président de la République doit faire face aux mauvais côtés de la mondialisation pendant la crise sanitaire. Donald Trump volant des masques chinois à la France, les prix des fruits et des légumes qui flambent, la façon dont la mondialisation a évolué est très critiquée. L’objectif est un tournant écologique et social.

Avant de tout changer, Emmanuel Macron doit montrer qu’il a lui-même changé. Pendant la crise, le chef de l’État n’a pas hésité à employer des termes marquants comme le fameux « quoiqu’il en coûte ». Une expression utilisée dans un contexte qui va à l’encontre de la doctrine libérale soutenue par le président. Désormais, c’est le temps de l’État. Et cet étatisme doit aider les plus démunis, les plus vulnérables en temps de crise. Tout l’inverse d’un président des riches.

Le président de la République pourrait donc fixer le cap sur un plan de relance, un « Green Deal » européen voire même, miser sur la flexibilité des entreprises.

Quel calendrier ?

« Il est en train de réfléchir. Il y a moyen de renverser un certain nombre de choses, faire jouer les corps intermédiaires, les syndicats, les associations, faire jouer la première et la deuxième ligne pour faire reconnaître un certain nombre » de citoyens, affirme un cadre de la majorité.

Des dates circulent pour mettre en oeuvre ce nouveau cap. Certains pensent au 14 juillet, d’autres à l’occasion d’un grand discours en juillet ou durant le campus d’été de LREM organisé en septembre prochain. Un campus qui pourrait avoir lieu à Nantes. Et ce n’est pas anodin.

Les personnalités rayées de la liste

Si la course aux ministères connaît de nombreux prétendants, certains ont peu de chances. Édouard Philippe en fait partie. À Matignon depuis 2017, les rapports avec Emmanuel Macron sont bons mais le Premier ministre a fait son temps. Il n’incarne plus cette nouvelle politique que souhaite amener le chef de l’État.

Manuel Valls, Premier ministre sous François Hollande, ne semble pas être dans la liste des mieux placés pour cette nouvelle incarnation. Emmanuel Macron avait été son ministre de l’Économie pendant 2 ans et les rapports entre les deux hommes étaient délicats. Malgré les nombreux tweets de soutien de Manuel Valls pour le chef de l’État, cela ne suffit pas.

Ségolène Royal ne sera probablement pas de la partie. Remerciée pour le poste d’ambassadrice des pôles qu’elle a plus ou moins occupée, elle est devenue une fervente militante anti-Macron. Trop clivante et pas assez rassembleuse, Ségolène Royal ne parle pas à l’aile droite LREM.

Les pistes envisagées par l’Élysée

Emmanuel Macron veut mettre les maires au coeur des décisions. Nathalie Appéré à Rennes, une maire de gauche, ancienne socialiste, désormais Macron-compatible et Johanna Rolland, maire de Nantes, du même profil, pourraient être les visages du gouvernement de demain.

Certains au sein de l’exécutif actuel pourraient être maintenus. C’est le cas de Gérald Darmanin, actuellement ministre du budget qui pourrait passer à l’intérieur. Un visage jeune, issue de la droite modérée et sarkozyste.

Si l’écologie doit être au coeur de cette nouvelle politique, Yannick Jadot serait légitime à intégrer un grand ministère de l’Écologie. Figure d’Europe Écologie Les Verts (EELV), il a incarné la renaissance de son parti à travers les résultats des élections européennes l’année dernière et du 1er tour des élections municipales.

Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France, est une figure crédible et sérieuse pour Matignon. Très populaire à droite, ministre de la Santé pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy et pas clivant pour l’aile gauche de LREM. Il regroupe de nombreux atouts pour devenir le nouveau 1er ministre.

Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, est une autre personnalité forte de l’exécutif actuel. Issu du PS, déjà ministre sous François Hollande, Jean-Yves Le Drian a, de suite, soutenu Emmanuel Macron en 2017. Le ministre a pu rester dans le gouvernement sous Édouard Philippe avec une appellation de son ministère transformée. Image d’un homme d’expérience, qui connaît très bien les relations internationales, il pourrait avoir sa place à Matignon pour succéder à Édouard Philippe.

Bernard Cazeneuve, une autre personnalité populaire de la gauche, pourrait avoir sa place à Matignon. Ministre de l’Intérieur sous Manuel Valls, puis Premier ministre à la fin du quinquennat de François Hollande, le président de la République a échangé régulièrement avec lui durant ces dernières semaines.

L’objectif de l’Élysée est de bien entourer le président de la République afin qu’il soit sous son meilleur jour pour la prochaine présidentielle. Le « et en même temps » est plus que jamais au coeur du pouvoir.

Édouard Philippe à l’épreuve politique du Covid-19

Que restera-t-il de la Macronie après la crise ? Peut-être pas son 1er ministre, Édouard Philippe. L’incarnation de la droite modérée mais rigoureuse est de moins en moins aux goûts du Président de la République, selon certains conseillers de l’Élysée. 

2 mois de crise dans la crise

Alors que le coronavirus ravageait l’Asie et commençait à devenir très inquiétant en Italie, la France doit voter pour le 1er tour des élections municipales le 15 mars. On croyait impossible qu’un pays européen se confine intégralement comme la Chine, le gouvernement italien annonce le 10 mars que le pays va se confiner pour plusieurs semaines. La propagation ne touche pas que l’Italie en Europe. La France va devoir prendre des mesures similaires. 

Et pourtant, le 12 mars, à 3 jours du 1er tour, Emmanuel Macron prend la parole et annonce qu’il aura bien lieu. Même si le président de la République l’annonce, ce n’est pourtant pas son idée première. Emmanuel Macron était contre l’organisation du 1er tour, Édouard Philippe et toute la classe politique était pour. Dans les heures qui ont précédé son allocution, le président consulte le président du Sénat, Gérard Larcher (LR). Son opinion est claire : si le 1er tour est reporté, il ne le suivra pas sur cette décision. 

« Je ne crois pas qu’il en veuille au Premier ministre. Mais la suite ne pourra pas se faire avec lui, selon moi. Il a défendu le maintien du 1er tour, cela a laissé des traces » raconte un proche de la majorité à BFM TV. « Si le président ne l’a pas cité dans sa dernière allocution, c’est un signe qui ne trompe pas », ajoute-il.

Le président des riches et le premier ministre

Si Édouard Philippe fait parler de lui, c’est pour ses qualités que le président de la République n’a pas. « Édouard Philippe est bon, toi tu fais président des riches » s’amuse à dire un proche du chef de l’État.  Les conseillers de Matignon et de l’Élysée ne sont pas les seuls à vanter les mérites d’Édouard Philippe : « le 1er ministre fait un boulot de gestion de crise exceptionnel. Le pays, les hôpitaux, ça tient », confie une ministre. 

L’après crise sera probablement un changement de cap radical d’après les volontés du président.  « Macron ne fait que parler de changement politique, il faut une nouvelle tête, une nouvelle incarnation, et il faut qu’une tête tombe pour ‘punir’ le début difficile de la gestion de crise » admet un collaborateur. 

La fin du quinquennat d’Emmanuel Macron aura-t-elle l’image d’une gouvernance pour l’écologie et le social ? C’est ce qui se dit derrière les murs du pouvoir…

L’État annonce enfin une aide pour les familles les plus démunies

Emmanuel Macron a évoqué une aide pour les foyers les plus démunis et donc vulnérables pendant cette crise sanitaire. Une aide sans précédent qui arrive plusieurs semaines après le début des appels d’associations.

Lundi soir, Emmanuel Macron a annoncé devant 36 millions de téléspectateurs que le gouvernement allait verser « sans délai une aide exceptionnelle aux familles les plus modestes avec des enfants afin de leur permettre de faire face à leurs besoins essentiels ». Pour le directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (FNARS) Florent Guéguen, c’est surtout « un soulagement pour toutes les familles et les personnes qui sont en difficulté pendant cette crise sanitaire ». Sur France Info, il précise que cette aide « doit aller à tous les précaires, d’environ 250 euros par mois ».

Par quelles mesures concrètes se traduira cette annonce ?

Le gouvernement n’a pas encore entièrement détaillé cette aide. Cela devrait être l’équivalent d’une prime, similaire à la prime de Noël ou à celle de l’Allocation de Rentrée Scolaire (ARS). La prime de fin d’année s’élève à 320€ pour un couple, 229€ pour une mère célibataire avec un enfant. L’ARS concerne 3 millions de familles avec des revenus en dessous de 30.900€ par an.

Le cabinet de la secrétaire d’État Christelle Dubos a expliqué qu’une enveloppe de 1 milliard d’euros allait être sur la table pour aider les familles modestes, soit 250€ en moyenne par personne. Mais cette aide, similaire au montant demandé par des associations, n’est pas celle envisagée par le gouvernement. Pour l’exécutif, cela coûterait beaucoup trop cher. Le Premier ministre a rappelé lors des questions au gouvernement, la semaine dernière, que l’objectif « est de faire en sorte que les familles et les individus les plus fragiles puissent en bénéficier à la mi-mai ». Une aide qui arrivera en décalage de son annonce.

L’ampleur de ce soutien aux plus démunis n’est pas en accord avec les objectifs voulus par Florent Guégen, président de la FNARS. « C’est une aide qui doit aller à tous les précaires et qui doit toucher environ 7 millions de personnes, c’est-à-dire 11 % de la population française ». Il insiste sur le calendrier de cette prime qui doit être « versée très vite » pour faire face à « une urgence sociale, pour des familles qui ne peuvent plus payer leur alimentation ou leur loyer ».

Cet appel pour faire face à l’urgence sociale a été relayé par Olivier Faure, premier secrétaire du PS. La veille de l’allocution d’Emmanuel Macron, il avait tweeté son courrier au chef de l’État. Il demandait « une mise en place d’une aide exceptionnelle de 300€ par foyer, avec une majoration de 100€ par enfant ».

En attendant l’aide de l’État, les Restos du cœur, le Secours populaire, la Banque alimentaire, Emmaüs et bien d’autres associations continuent de venir en aide aux plus démunis en ces temps de crise sanitaire. Le gouvernement détaillera le 15 avril, l’ampleur de son aide aux familles les plus modestes.