Le séparatisme, le nouveau sujet qui divise les français

« On veut s’attaquer aux zones grises de la loi. » La Ministre Marlène Schiappa a détaillé les mesures du projet de loi sur le séparatisme ce samedi 10 octobre. Dans sa déclaration elle fait un lien entre séparatisme et islam radical. Pour elle, les procédés seraient « parfois similaires », notamment « en matière d’emprise morale » et « de pression psychologique ».

Emmanuel Macron s’attaque au « séparatisme islamiste », ce collectif, fort d’une cinquantaine de mosquées ou associations de l’Est parisien ou franciliennes, ainsi que la plateforme Les Musulmans (proche du Collectif contre l’islamophobie en France) réclament « un dialogue constructif ». Pour rappel, le président avait annoncé lors d’une discours une analyse du problème du séparatisme islamiste dans notre pays, et qui propose un certain nombre de solutions pour contrer les menaces que celui-ci fait peser sur notre société. Il nomme le phénomène “séparatisme islamiste” qu’il définit comme un mal social. Le projet de loi n’a pas encore vu le jour que les Français se déchirent déjà. Alors que le président a annoncé plusieurs mesures à venir afin de lutter contre ce qu’il a nommé le « séparatisme islamiste », une majorité de sondés, 69%, se disent opposés à l’enseignement de l’arabe à l’école. Seuls 31% y sont favorables, selon un sondage de l’Ifop publié ce jeudi 8 octobre.

Du coté des associations :

Nous nous sommes donc pencher sur l’opinion des associations concernant cette loi qui fait bien parler d’elle, les avis divergent : 

« Nous nous insurgeons contre linsoutenable que constituent la stigmatisation et le harcèlement que subissent les femmes musulmanes ayant décidées de porter un voile pour vivre leur foi librement.  C’est une pression qui nest plus acceptable et doit cesser immédiatement.  Les musulmans, dans leur écrasante majorité, vivent en paix et en harmonie dans la société française et respectent le cadre laïc et les lois de la République ». Déclare Adbel Said membre d’une association parisienne qui lutte pour les droits des musulmans de France. 

« Cest effectivement un séparatisme, un refus des lois de la république pour y substituer un soi-disant droit religieux. Ce séparatisme résulte dune ghettoïsation dabord urbanistique, puis sociologique, enfin économique, avant de devenir idéologique et identitaire. Les subventions municipales généreuses et non contrôlées à des associations qui livrent une partie de notre jeunesse aux recruteurs islamistes, au monde de la délinquance, voire aux deux »Accuse Jean président d’une association Catholique. 

L’opinion des étudiants :

Un avis souvent oublié ou mis-à-part, les étudiants, nous sommes allés récolter le point de vue de ces derniers : 

« Cette loi n’est pas nécessaire vu le contexte actuel mais oui, elle est utile. Il y a des dérives dans les « territoires oubliés de la République » qui créent un fort sentiment communautaire au sein de ces quartiers je n’irai pas jusqu’à parler de séparatisme mais il y a tout de même du travail conséquent à réaliser pour ramener les valeurs républicaines et une certaine qualité et quantité  de services de l’État. J’ai vu de mes propres yeux ces manquements dans certaines zones lorsque je vivais à Marseille mais je pense qu’appeler cela du séparatisme est trop extrême. » Keenan Mered président de l’association étudiante IDS ( Ileri Debating Society ) 

« La dissolution des associations pour moi cest un peu limite car la population doit avoir cette liberté mais si cela reste juste à dissoudre une association qui ne respecte pas les droits de lHomme cest normal mais je pense que quand il y a un débordement prouvé cest déjà le cas. Et charte de laïcité quand les associations ont des subventions dun côté cest bien car en général cest plutôt des associations catholiques qui y ont accès et donc pas un accès égalitaire mais cela va poser problème au début pour ladaptation de certaines associations exemple le secours catholique. Le président a dit quil prévoyait de mettre en place de nouvelles choses pour lapprentissage des langues dorigine par les enfants de parents émigrés. Je trouve cela dommage de le supprimer même si cest dans lattente dun nouveau système car ça me parait important que les enfants gardent un lien avec leur culture dorigine, cest même une grande richesse. La neutralité des salariés des entreprises délégataires dun service public ça semble normal que dans une telle entreprise il ne doit pas y avoir de prosélytisme mais jai peur que ça dérive vite vers un extrême inverse et il ne faudrait pas que cela déclenche une inégalité de ce côté là. On entend très rarement parler de personne « trop catholiques » qui seraient mauvais pour lentreprise.

Globalement je pense que la loi serait plutôt utile mais pas sur tous ses points, Il faudrait que ce soit bien cadrée pour pas quil y ait de débordement. Je trouve de plus que se consacrer seulement sur lIslam cest un peu réducteur et ça met en avant une « lutte contre lislam » voir un amalgame entre islam et islam extrémiste.» Joséphine Tuloup , Vice-présidente de l’association étudiante Huma ( Association d’aide humanitaire ) 

« Pour moi cette loi, elle a surtout pour but de rassurer une population qui est en perte de repère. Avec le Covid-19 que l’on ne peut pas contrôler, le gouvernement doit quand même montrer à sa population qu’il est toujours là, et qu’il est prêt à mettre en place des lois qui rassurent une grande partie de la population. Je pense que ces lois sont voulues par une grande partie de la population, mais je suis pas sûr qu’il y ait l’impact voulu. » Léo Tessier étudiant en école de relations internationales à Paris

(Portrait) Simon Richard HALIMI : le peintre aux multiples couleurs de la vie

Simon Richard HALIMI né en 1943 en Tunisie, est un artiste peintre aux couleurs de la vie. Peignant des milliers d’œuvres depuis son enfance, il s’installe à Paris à 19 ans. De 1974 à 2003, lui et sa famille partent en Côte d’Ivoire suite à une succession de mission comme par exemple la construction d’une autoroute. Encore aujourd’hui à 77 ans, HALIMI expose ses œuvres à la galerie Sonia Monti à Paris de septembre à octobre.

Pendant son enfance, Simon Richard HALIMI allait à l’école en face de la boutique de coiffure-barbier de son père. N’ayant pas le temps de manger avec son fils, son grand-père typographe passait prendre son petit-fils et l’emmenait dans des tavernes éclairées par la chaleur humaine et celle des bougies. Par la suite, ils rejoignaient la grand-mère qui les attendait avec le linge et une boîte de crayons de couleur afin que son grand-père dessine. Une fois à l’œuvre, son grand-père dessinait sur le linge (principalement la nature comme la forêt) et sa grand-mère finissait par la broder. C’est alors vers 10 ans qu’HALIMI développera l’envie de peindre sans se poser de questions, sensibilisé par la culture de la vie que lui transmettait son arrière-grand-mère, « le goût de peindre m’est venu dans la boîte à crayon de couleur de mon grand-père ».

« Pour que la mémoire nous serve de route, il faut pouvoir regarder derrière dans les rétroviseurs pour mieux avancer »

Poissons au bord’elles, 2014, représente une satire sur les réseaux sociaux

Simon Richard HALIMI grandit dans une famille modeste à une époque où les moyens de communication comme la radio ou la télévision n’étaient pas accessible à tous, de même que beaucoup ne savaient ni lire ni écrire, son arrière-grand-mère se contentait de parler et de raconter des histoires. Souvent raconte HALIMI : « après l’école, nous faisions nos devoirs et après le goûter ou le diner, les ainés s’asseyaient et comptaient des histoires ». Toutes ces histoires faisaient partie de leur culture, une source, un savoir et une transmission d’expériences passées qui permettaient d’acquérir les connaissances de la vie.

 « Je me définis comme un griot »

Le peintre, expressionniste à la base, redéfinit son art à travers son expérience de vie, ses sentiments, ses cris et ses écrits. Ayant vécu 30 ans en Afrique, il tire son mouvement artistique d’une tradition africaine où les « vieux » africains (les griots) comptent la vie et sont considérés comme la mémoire par la bouche. Il appellera son mouvement le « griotisme ». Il se considère comme un passeur, quelqu’un qui raconte des histoires. De même, HALIMI estime que chaque artiste est un griot, car que ce soit de la musique, de la sculpture, de la poésie, chaque artiste raconte à travers différentes formes d’art quelque chose, une expérience passée, présente ou imaginaire, un souvenir, une émotion que ce soit de la haine, de la colère, de l’amour ou de la joie. Avec son art, HALIMI cherche à raconter la vie.

« Je travaille sur la vie »

Les prédateurs, 2008, – 130X130m

L’artiste souhaite passer, partager la vie, il est inspiré par ce qu’il écoute, un murmure, une conversation d’inconnu, une émotion, ce à quoi nous pouvons assister quotidiennement. Tous ses travaux étant amenés à parler de l’histoire contemporaine, il travaille sur des thèmes de la vie et ses différentes facettes. Cependant ses travaux racontent des histoires universelles, c’est-à-dire qu’il traite de la misère, de l’égoïsme, des crises économiques, de la politique, de la liberté, des différentes formes d’amour… mais il ne raconte pas d’histoires propres à un individu. Simon Richard souhaite faire passer avec chacune de ses œuvres, un message, une histoire que tout le monde peut comprendre et vivre. Il représente par exemple une femme en attente d’enfant (une grossesse), symbole de vie et évènement quotidien de la vie, nous sommes tous nés à un moment donné.

« Le titre est la première clef pour entrer dans un tableau »

Simon Richard HALIMI considère que pour comprendre l’histoire d’une œuvre, il faut pouvoir voir toutes ses dimensions. Commençant par la largeur, la longueur de l’œuvre, sa couleur, sa forme et la première impression, on continue avec l’histoire, l’âme et le contenu du tableau afin de comprendre ou interpréter ce que l’artiste veut nous dire à travers son œuvre. Et puis pour finir, être capable de laisser prendre forme, la vie et le temps dans l’œuvre. HALIMI appelle ces quelques dimensions « la culture du passage » qui permettent d’aller au-delà de l’image, car lorsque l’on arrive à se donner les moyens de capter toutes les dimensions d’un tableau, cela veut dire que l’on est capable de comprendre la vie dans une œuvre et ce qu’elle nous transmet. C’est avec des contenus naïfs et simple, que HALIMI crée son propre vocabulaire tout en capturant des instants de vie. De même, il estime qu’une peinture tout comme un livre ou une chanson doit parler et raconter une histoire tout comme le faisait son arrière-grand-mère.

« Sur mes photos il n’y a pas de droit d’auteur » de Simon Richard HALIMI. 

Affaire Darmanin : La valeur politique de la présomption d’innocence

La nomination au ministère de l’Intérieur de Gérald Darmanin, qui fait l’objet d’une enquête judiciaire pour viol, a provoqué des manifestations dans la France entière. Alors que le gouvernement insiste sur le respect de la présomption d’innocence, les associations féministes refusent d’accepter ce qu’elles considèrent comme un retour en arrière pour les droits et la considération des femmes. La présomption d’innocence se retrouve au cœur des discussions, mais est-ce bien de ce principe juridique dont il est utile de discuter ?

Le 6 juillet 2020, Gérald Darmanin est nommé ministre de l’Intérieur. Un mois plus tôt, la cour d’appel de Paris ordonnait la reprise des investigations à propos d’une accusation de viol, harcèlement sexuel et abus de faiblesse le visant. Pour Claire Charlès, présidente du collectif féministe Les Effronté.es, cette nomination a été « une bonne claque ». « On ne s’attendait pas à grand-chose mais pas à ça » explique-t-elle. Suite à la tenue du Grenelle des violences conjugales et à l’affirmation de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles comme une priorité du mandat d’Emmanuel Macron, les féministes avaient l’espoir que les ministères de l’Intérieur et de la Justice, les deux ministères les plus importants dans le parcours des victimes, trouvent à leur tête des personnes sensibilisées et formées à ces questions. « Là, c’est vraiment tout le contraire, continue Claire Charlès, c’est piétiner tout ce qu’il [Macron] a pu faire pour le féminisme jusqu’à présent ».

Des milliers de personnes ont partagé cette opinion en manifestant contre les nominations au gouvernement de Gérald Darmanin et d’Éric Dupond-Moretti pour exiger leur démission. Face aux critiques, l’exécutif rappelle que le nouveau ministre de l’Intérieur doit bénéficier comme tout citoyen de la présomption d’innocence.

UN PRINCIPE JURIDIQUE

La présomption d’innocence est un principe fondamental du droit pénal français. Toute personne qui est suspectée d’avoir commis une infraction doit être considérée comme innocente tant que la cour ou le tribunal compétent pour la juger ne l’a pas déclarée coupable.

La députée LREM Alexandra Louis, à l’initiative de la tribune « La justice ne sera plus rendue si accusation vaut condamnation » publiée dans le Monde, défend le respect de cette présomption d’innocence dans l’affaire Darmanin. « Ce n’est ni à moi, ni à certaines féministes, ni à qui que ce soit de décider si les faits sont avérés ou pas. C’est le rôle des magistrats. » explique-t-elle.

Alexandra Louis compare la présomption d’innocence à une ceinture de sécurité : « c’est le jour où vous avez un accident que vous réalisez qu’elle vous sauve la vie ». Ce principe juridique existe afin de protéger les citoyens d’une justice arbitraire qui les jugerait coupables de manière hâtive sans leur permettre d’exprimer leur défense. Cependant, malgré la sacralité juridique de la présomption d’innocence, nombreux sont ceux qui estiment que cet argument n’est pas suffisant pour justifier la nomination d’un homme au gouvernement alors qu’il est sous le coup d’une enquête judiciaire suite à une plainte pour viol.

UN MESSAGE POLITIQUE

Claire Charlès voit les rappels gouvernementaux au respect de la présomption d’innocence comme une « extrapolation d’un terme juridique étendu au cadre politique ». « Au nom de la présomption d’innocence, on n’aurait pas le droit d’en parler et de dire qu’une personne mise en cause pour viol ne peut pas être nommée au ministère ». Pour la présidente des Effronté.es, le problème n’est pas juridique : Emmanuel Macron et Jean Castex ont légalement le droit de nommer Darmanin au poste de ministre de l’Intérieur. Les associations féministes ne cherchent pas à empêcher Darmanin de bénéficier de la présomption d’innocence, ni à remettre en cause le principe juridique. Mais elles s’opposent à cette nomination car elles désapprouvent le message politique qu’elle véhicule et elles considèrent qu’elle va à l’encontre du principe d’exemplarité du gouvernement. « Castex et Macron prennent le risque assumé de mettre un violeur à la tête du ministère de l’intérieur qui est un ministère important dans le parcours juridique des femmes victimes de violences. C’est un message extrêmement violent, un message d’impunité. »

EXEMPLARITÉ DU GOUVERNEMENT

En France, les chiffres officiels suggèrent que seulement 10% des femmes victimes de viol portent plainte, et que 10% de ces plaintes débouchent sur une condamnation, soit 1% des auteurs condamnés au total. Le parcours des victimes qui portent plainte est communément décrit comme long et semé d’embuches.

Claire Charlès regrette que l’argument de la présomption d’innocence soit ressorti dans ce contexte spécifique des violences sexistes et sexuelles. Elle donne les exemples de Jérôme Cahuzac, François de Rugy et François Bayrou qui avaient quitté le gouvernement alors qu’ils étaient mis en cause dans des affaires judiciaires pour des motifs financiers et d’emplois fictifs. Ils n’avaient pas encore été déclarés coupable par la justice. Ces départs étaient motivés par la volonté d’un bon fonctionnement du gouvernement. La présomption d’innocence ne leur avait pas été opposée car leurs démissions s’expliquaient par le devoir d’exemplarité du gouvernement. Aujourd’hui, les féministes attendent que Gérald Darmanin fasse de même et que le gouvernement soit aussi exemplaire en matière de lutte contre les violences faites aux femmes.

De son côté, Alexandra Louis estime que la présomption d’innocence est « au-dessus de la loi et de la morale ». Elle appelle à « se remettre à des principes juridiques et légaux qui s’appliquent à tous et à toutes ». « Avant de se poser la question de la morale, il y a une autre question à se poser : sur quels faits ? Qui vérifie les faits ? En France, nous sommes dans un État de droit et c’est à la justice de décider, de un, si les faits sont établis, de deux, si cela relève d’une qualification pénale. »

Et le débat sur la nomination de Gérald Darmanin continue.

Crédit Photo : Stéphane Morgane – La Voix du Nord

Union européenne : vers plus de solidarité ?

La Commission européenne propose un plan de relance de 750 milliards d’euros pour sortir de la crise post-covid19. C’est l’Allemagne, jusqu’alors peu convaincue dans ce genre de politique de relance qui est contre toute attente, à l’origine de cette proposition. Faut-il y voir un regain de solidarité en UE ?

Une UE généreuse et bienveillante

750 milliards d’euros dont 70%, c’est-à-dire 500 milliards d’euros, non remboursable ! C’est cadeau ! L’UE devient plus que généreuse en débloquant des fonds exceptionnels pour venir en aide aux plus fragiles de l’union. Cet argent sera remboursé par des taxes, évitant ainsi d’accabler ses membres avec de nouvelles dettes.

Parmi ces taxes, la commission propose par exemple une taxe carbone aux frontières de l’UE pour pénaliser les importations de produits issus d’usines polluantes. Mais également un impôt sur les grandes entreprises, peut-être même une taxe spécifique pour les sociétés numériques. Une UE qui mêle donc ses objectifs écologiques et économiques à ce plan de relance, qui n’est en aucun cas déconnecté de ses priorités.

C’est donc l’image d’une UE soucieuse de venir en aide à ses membres les plus accablés par la pandémie qui se dessine. Une UE qui se veut interventionniste après des années de politique d’austérité, une UE qui n’a pas peur de dépenser, une UE solidaire en somme.

Tous solidaires vraiment ?

Aider les plus démunis, certes c’est vertueux, mais qui va payer ? Les taxes ne séduisent pas les pays du nord ! Ceux qu’on appelle les « frugaux » ou encore les « radins ». Ceux qui se portent bien et qui en ont assez de cette union où ils payent plus qu’ils ne reçoivent. En somme, les riches de l’UE en ont assez de porter à bout de bras les plus démunis, qui ne se réforment pas assez vite et efficacement selon eux. Ce sont avec ces mêmes pays que Charles Michel, président du conseil européen doit composer.

Ce sont également des pays comme la France et l’Allemagne qui vont recevoir assez peu d’aide de ce plan de relance, et vont néanmoins devoir subvenir aux besoins des autres membres plus en détresse, tout en ayant pas les mêmes ressources que les pays nordiques.

Un carrefour pour l’UE

Alors que les Britanniques quittent l’UE, celle-ci fait face à une crise qui est à la fois destructrice mais également l’occasion de changer son fonctionnement. L’occasion de se reposer la question fondamentale, qu’attendons de l’UE ? Une UE économique, politique, social ? Un projet de paix qui suscite bien des tensions entre ses membres, c’est peut-être le moment de se mettre au clair, notamment sur notre capacité à former une véritable union.

Une union c’est un ensemble d’entités qui décident de se réunir et d’avancer main dans la main en se promettant une entraide mutuelle. Or, union signifie bien une agglomération de diverses entités. Et c’est bien cette diversité qui pose problème. En somme, ce sont toujours les plus riches qui vont aider les plus pauvres. Les plus privilégiés de l’union ne gagnent qu’une bonne conscience. Et cela ne semble pas suffire à ces pays qui critiquent une solidarité qui ne va que dans un sens. Les pays du nord de l’Europe viennent en aide aux pays de l’est et du sud de l’Europe, et l’on voit assez peu aujourd’hui comment la situation pourrait s’inverser.

C’est donc un moment important pour l’UE que ce plan de relance, qui incite à la solidarité dans une période difficile. Le 17 et le 18 juillet ce plan sera discuté par les membres de l’UE, pour savoir si l’on se serra les coudes pour sortir ensemble de la crise, et surtout si les pays du nord, accepteront, au nom de l’union, d’apporter leur précieuse aide.

Crédit photo : Claude Truong-Ngoc

Episode 1 – Quels sont les clubs ayant profité de l’interruption des championnats ?

Après trois mois d’interruption à cause de la crise du coronavirus, les équipes de Liga, de Premier League et de Serie A ont pu reprendre la direction des terrains, respectivement les 11, 17 et 20 juin. Environ un mois plus tard, peut-on dire que la pause due au covid a changé les dynamiques de ces championnats ? Quels clubs ont profité de ce break et au contraire, quelles équipes ont souffert de cette coupure ? On commence avec la Liga.

Le championnat espagnol se met en pause le 10 mars après un Eibar-Real Sociedad comptant pour un match en retard de la 24ème journée. Le week-end précédent on avait joué la 27ème. Le FC Barcelone en avait profité pour prendre la tête du championnat à la faveur d’une défaite du Real Madrid contre le Betis Séville. Deux points séparent alors les deux cadors du championnat, mais le niveau de jeu des madrilènes est loin d’être éblouissant. De son côté le Barça peut compter sur un Messi fidèle à lui-même pour le sortir de mauvais pas. Loin derrière, le FC Séville, Getafe, la Real Sociedad et l’Atletico Madrid se battent pour les places qualificatives en Ligue des Champions. Les quatre équipes se tiennent en deux points seulement.

En bas de tableau, Leganés et Majorque peuvent encore espérer revenir sur le Celta Vigo qui n’a qu’un point d’avance sur la zone de relégation. C’est plus dur en revanche pour l’Espanyol Barcelone, qui va devoir créer l’exploit s’il veut se maintenir. Quatre mois plus tard et alors qu’il ne reste plus que deux matchs à disputer, qu’est-ce qui a changé ?

La bataille pour le titre

On a quitté le Real Madrid sur une défaite contre le Betis mais surtout sur un nouveau match pauvre en matière de jeu offensif. Cette saison le Real aura eu le plus grand mal à enchaîner les bonnes prestations. Sur leurs cinq derniers matchs, c’est seulement deux victoires pour deux défaites et un nul. Aujourd’hui ? On peut dire sans trop de difficultés que l’interruption du championnat leur a fait un bien fou. C’est simple depuis la reprise c’est huit victoires en huit matchs, 15 buts marqués pour deux seuls encaissés. Le Real est en mode machine. Avec cinq buts, Sergio Ramos est le meilleur buteur du championnat depuis la reprise. Karim Benzema est en pleine forme et enchaîne les grandes prestations. Le jeu des Merengues n’est toujours pas flamboyant mais le résultat est là : quatre points d’avance avec deux matchs encore à jouer. Ça sent bon le titre pour la bande à Zidane.

La tendance n’est pas la même chez le rival barcelonais. Les Catalans avaient pourtant bien repris avec deux victoires contre Majorque et Leganès. Mais lors de la 30ème journée, ils n’ont pas pu faire mieux qu’un 0-0 face au FC Séville et ont laissé le Real Madrid reprendre la tête du championnat à la différence de buts particulière (0-0 puis 0-2 face au Real cette saison). Ce mauvais résultat sera suivi de deux autres matchs nuls contre le Celta Vigo et l’Atletico, laissant quatre points d’avance et un boulevard pour Madrid. En plus des mauvais résultats, c’est l’ambiance du club qui n’est pas au beau fixe. Les polémiques autour de Griezmann, qui manquera la fin de la saison à cause d’une blessure, et les rumeurs de départ de Messi pour l’été prochain n’ont pas arrangé les choses. On assiste sans doute au pire Barça depuis plus de quinze ans, une situation qui agace fortement les fans.

La bataille pour les places européennes

Derrière le duo Barça-Real intouchable, il reste deux places pour accrocher la Ligue des Champions et deux pour aller chercher la Ligue Europa (la septième place permet d’aller aux tours préliminaires de la Ligue Europa). Avant la pause, ces quatre places semblaient promises à Séville, l’Atletico, la Real Sociedad et Getafe, on ne savait juste pas encore dans quel ordre. Mais la reprise permet d’y voir plus clair. Le FC Séville a continué sur la lancée de sa très bonne saison et reste sur quatre victoires lors des cinq derniers matchs. Avec 66 points ils sont à égalité avec l’Atletico, à qui cette pause a fait beaucoup de bien. Avant cette pause, ils n’étaient que sixième, loin derrière le Real et le Barça avec qui il avait pris l’habitude de se battre pour le podium. Depuis ils se sont bien rattrapés avec cinq victoires en sept matchs dont une « manita » contre Osasuna et un jeu globalement bien meilleur. Avec Séville, ils sont désormais assurés de jouer la Ligue des Champions l’an prochain.

Derrière, la grosse déception s’appelle la Real Sociedad, qui réalisait une saison fantastique avec un jeu très plaisant à regarder et un Martin Odegaard qui montrait enfin pourquoi le Real avait cru en lui quand il n’avait que 15 ans. Mais depuis la reprise, Ils ont enchaîné les mauvais résultats en ne prenant que cinq points en sept matchs.Mais leur victoire sur un concurrent direct, Villareal, hier soir leur permet pour l’instant d’être européens avec une septième place, à égalité avec Getafe, sixième. À l’inverse, Villareal et l’Athletic Bilbao, respectivement à sept et huit points des places européennes avant la pause, sont revenus en très grande forme et occupent désormais la cinquième et la huitième place, à trois points de la Real. Quant au dernier prétendant, Getafe, ils sont actuellement sixième avec 54 points (seulement 7 points pris depuis la reprise). Une place en Ligue Europa viendrait récompenser la bonne saison de Getafe.

La bataille pour le maintien

Le 0-0 d’hier soir entre Getafe et Alavès ressemble à un bon résultat pour ces derniers puisqu’ils sont actuellement 17ème avec seulement quatre points d’avance sur Leganès et Majorque (alors qu’ils comptaient encore sept points d’avance avant la pause). Pour Leganès, la pause a été plutôt une bonne chose puisqu’ils ont réussi à prendre neuf points dans l’optique du maintien, mais leur calendrier à venir (déplacement à Bilbao et réception du Real Madrid) les condamne à un miracle. Majorque peut y croire un peu plus avec un calendrier plus clément (réception de Grenade et déplacement à Osasuna), mais une seule victoire d’Alavès sur les deux dernières journées les enverrait en deuxième division. Pour l’Espanyol Barcelone, la messe est dite depuis leur défaite contre … le rival du FC Barcelone. ils évolueront officiellement en deuxième division la saison prochaine.

La Liga, premier épisode de notre série, a montré que l’interruption due au coronavirus aura eu un impact important sur les championnats européens. Notre série continue demain avec la Premier League, où le suspens reste entier pour les places européennes.

crédit photo : Roman Mirtain

Ursula Le Menn : « Désormais, vous ne pourrez plus ignorer les femmes »

Ursula Le Menn est la porte-parole de l’organisation « Osez Le Féminisme ! » qui a notamment créé une pétition pour que deux ministres récemment nommés par Jean Castex, Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti, soient démis de leurs fonctions.

Que pensez-vous de la nomination de Gérald Darmanin en tant que ministre de l’Intérieur et d’Éric Dupont-Moretti en tant que ministre de la Justice ?

Ursula Le Menn : « Les nominations des ministres de la Justice et de l’Intérieur démasquent le masculinisme de la classe politique dirigeante et le mépris envers la parole des victimes et les droits des femmes et des filles. La grande cause du quinquennat n’a jamais été plus insultée, méprisée et moquée.

Le premier est accusé de viol, de harcèlement sexuel et d’abus de confiance et cela ne fait « pas obstacle » à sa promotion au point de devenir premier flic de France ! 82% des victimes de viol déclarent être mal reçues lors du dépôt de plainte, 76% des plaintes sont classées. Lors du Grenelle, des défaillances importantes ont été reconnues par le gouvernement, comment espérer désormais que les choses changent avec un tel exemple ? Où est le devoir d’exemplarité promis par le Président Macron au début de son quinquennat ? Sans parler du conflit d’intérêt évident que cela pose vis-à-vis de l’enquête.

Précédemment, François de Rugy avait démissionné pour des affaires de dîners fastueux, la vie et la dignité des femmes vaudraient-elles moins que des homards ? 

Le second est un anti-féministe, donc un anti-femmes, notoire et revendiqué. Bien au-delà de son travail d’avocat, il s’est étalé dans les médias à plusieurs reprises pour s’opposer aux mouvements #MeToo qu’il a qualifié d’« hystérisation du débat ». Les mots qu’il utilise pour dépeindre les femmes sont imprégnés d’une profonde misogynie : « folasses », « starlettes » qui usent de la « promotion canapé », « potiches » et les raisonnements dont il use représentent tous les poncifs de la culture du viol : ainsi les femmes regretteraient de ne plus être sifflées et le proxénétisme serait une affaire de « bon temps entre copains ». Il a prétendu que désormais, les hommes étaient victimes d’une chasse aux sorcières, niant par la même la voix des femmes qui, elles, subissent des violences massives et systémiques de la part de ces derniers.

La combinaison des deux nominations est une véritable gifle qui est adressée à toutes les femmes. Dupont-Moretti a dit que les féministes préparaient un drôle de mode de vie pour les générations futures. Là, le message est clair, le mode de vie que souhaite le gouvernement c’est le monde d’avant, le monde de toujours, celui de la domination masculine et de la culture du viol. 

Concernant la nomination de Gérald Darmanin, que pensez-vous de la défense du gouvernement ?

La présomption d’innocence est une règle de preuve en matière pénale, c’est une présomption simple qui peut être renversée par les éléments de preuve rapportés par l’accusation. La présomption d’innocence qui est une règle judiciaire qui s’applique au régime de la preuve, n’est pas une règle morale de vie en société qui permettrait à tous les accusés de France de clore tout débat sur leur probité. Le Président Macron avait annoncé au début de son quinquennat « une république exemplaire », où est l’exemplarité ? Est-elle à géométrie variable ? Lorsqu’il s’agit d’affaire de fraude, d’évasion fiscale ou de dépenses excessives, on l’applique (Cahuzac, De Rugy etc.) mais lorsqu’il s’agit des femmes violées, on la met sous le tapis ? 

1% des violeurs sont condamnés en France, 1%. Pas 50, pas 25 ni même 10 mais 1%. En brandissant la présomption d’innocence pour faire taire les victimes de viol, le système d’impunité capitalise sur ses propres défaillances pour silencer 99% d’entre elles.

Par ailleurs, que l’entourage de Macron déclare que la plainte avance « dans le bon sens » est révoltant. Le bon sens serait-il celui de l’impunité pour le Président ?

Votre pétition a déjà récolté beaucoup de signatures. Pensez-vous que de nombreuses personnes partagent votre avis, et defendu par des hommes ?

L’annonce des nominations a provoqué une vague d’indignation parmi les femmes. En moyenne, 94 000 femmes adultes sont victimes de viol ou de tentative de viol chaque année en France, sans même mentionner les victimes mineures qui constituent la majorité des victimes : c’est au visage de toutes ces femmes et de toutes les victimes de viol que le gouvernement a craché. Autant de femmes révoltées, qui n’en peuvent plus de subir la silenciation et le mépris. 

Nous espérons évidemment que les hommes se sentent également concernés et qu’ils soient des alliés dans ce combat contre l’impunité systémique, la culture du viol et plus globalement le mépris des femmes et des filles. 

Pensez-vous que cette pétition va pouvoir changer les choses ? Ou déjà apporter du soutien aux victimes ?

Aux victimes : nous vous croyons, nous vous soutenons et ensemble nous nous lèverons contre ce masculinisme d’état éhonté. 

Nous voulons également adresser un message à toute la société : désormais, vous ne pourrez plus ignorer les femmes. »

Crédit de l’image mise en avant : Ursula Le Menn

Le svastika ou « croix gammée » : histoire d’un symbole devenu tabou

Au début de ce mois de juillet, plusieurs journaux titrent sur un fait divers suffisamment hors du commun pour être souligné. Sur une décision qui remonte à 2017, la Finlande retire progressivement (et dans la plus grande discrétion) son vieux symbole des avions de l’armée de l’air nationale : une croix gammée bleue. À la place, l’effigie officielle depuis 2002, est devenu un aigle.

Symbole nazi ? Que nenni. Le svastika, avant de devenir aux yeux du monde occidental le symbole de la violence génocidaire et de la terreur antisémite, avait une tout autre histoire. L’origine du svastika, communément appelé « croix gammée » en raison de sa forme pouvant représenter quatre gamma (lettre grecque « Γ »), remonte bien avant l’utilisation qui en a été faite par le régime Hitlérien. En effet, on retrouve la fameuse croix à quatre branches dans d’innombrables endroits du monde, tant et si bien qu’elle est parfois désignée comme « symbole universel » : c’est qu’elle est avant tout un symbole religieux fort, voire omniprésent dans certaines religions.

Les premières traces de svastika retrouvées par les archéologues remonteraient à environ -10 000 ans avant J.-C., dans l’actuelle Ukraine. Mais, sans lien avéré les uns avec les autres, plusieurs foyers civilisationnels sur plusieurs continents se mettent à l’utiliser au cours de l’histoire religieuse. Ainsi, elle est retrouvée sur de nombreuses mosaïques romaines, ainsi que sur un des murs du site de Pompéi. Utilisé par les chrétiens, on peut également le trouver sur des plafonds d’églises, comme celle de Rabastens, sur la partie française du chemin de Compostelle. Le « hé oud » breton et le « lauburu » basque sont également des variantes du svastika. Symbole du dieu slave Svarog, il est aussi celui d’Odin pour la mythologie scandinave.

Sur le continent américain, il est utilisé par les Mayas pour décorer leurs temples, mais également par les Kunas du Panama ou encore les tribus du nord du continent (les Navajos et les Hopis). Ces civilisations donnent au symbole une signification différente, mais il est à noter qu’elle est dans tous les cas plutôt positive, ou utilisée comme symbole protecteur et de bon augure.

Dans le monde indo-asiatique, il n’est pas du tout tabou, et on le retrouve encore actuellement sur de nombreux temples. En effet, il représente le dieu Ganesh pour les Hindous (« celui qui élimine les obstacles »), ou encore la croissance ou la destruction selon son sens de rotation. Pour les Bouddhistes, il acquiert une myriade de significations en fonction de la variant religieuse et selon les pays : pour les bouddhistes zen et chinois, il n’est rien de moi que le sceau de l’esprit de Bouddha. Enfin, pour les jaïnistes (notamment en Inde), c’est l’un des 24 symboles auspicieux de la religion : il est donc omniprésent.

Deux caractères chinois représentent également le svastika : il est donc utilisé au quotidien en tant qu’élément de langage, le terme étant parfois utilisé en tant que prénom. Présent encore en Nouvelle-Calédonie ou chez les Maoris de Nouvelle-Zélande, le svastika est un symbole religieux millénaire dont l’ubiquité n’est plus à démontrer.

RECUPERATION DU SYMBOLE PAR LE REGIME NAZI

Durant la Seconde Guerre mondiale, le svastika est utilisé pour symboliser le IIIème Reich. Il est choisi par Hitler pour figurer sur le drapeau de son Parti national-socialiste (qui devient ensuite co-drapeau national de l’Allemagne), et finit par devenir synonyme d’antisémitisme et, par extension, de haine raciale. Partout en Europe, la croix gammée terrorise à juste titre. Elle doit symboliser la « race aryenne » telle que définie selon le Parti nazi, qui lui donne d’ailleurs dans les lois de Nuremberg des critères biologiques d’appartenance (ce qui, évidemment, repose sur une manipulation de la conception anthropologique de « race »).

Auparavant, le svastika est parfois utilisé en Europe pour mettre en avant une identité indo-ethnique, mais certains mouvements nationalistes allemands lui donnent sa connotation raciste en l’utilisant à leurs propres fins. De là, il n’y a qu’un pas à franchir, et c’est Alfred Rosenberg qui le fait : principal théoricien racial du IIIème Reich, il voit dans le svastika le « symbole du combat pour la victoire de l’Aryen », qu’il considère comme un peuple de « maitres, ancêtres des Germains ayant envahi l’Europe du Nord ». Bien qu’ayant désigné les Indo-Iraniens en tant que groupe ethno-linguistique, c’est d’une mauvaise interprétation historique et d’une vulgarisation du terme qu’est faite la conception nazi de « race aryenne », qui n’est en aucun cas une vérité ethnologique.

Dans certains pays européens, son utilisation est aujourd’hui règlementée ou censurée : l’Allemagne en interdit la représentation dans tout cadre qui ne serait pas historique. La France, elle, l’autorise « à des fins artistiques » mais la jurisprudence condamne son utilisation à des fins de diffamation ou de propagande.

Mais que faisait alors ce svastika sur les appareils de l’armée de l’air finlandaise ? Il y a deux raisons à cela. Premièrement, c’est un symbole présent dans la mythologie ougro-finnoise, mais aussi dans la mythologie nordique (c’est parfois le symbole attribué au dieu Thor, et plus précisément son marteau tournoyant dans le ciel figurant le soleil). Il n’y a pas lieu, donc, de crier au scandale : aucune apologie cachée du IIIème Reich derrière cette histoire. Deuxièmement, l’histoire de la présence ce symbole bleu aujourd’hui très controversé veut que ce soit le comte Eric Von Rosen, qui donne en 1918 à la jeune république finlandaise son premier appareil volant, qui l’orne alors de son porte-bonheur personnel.

Remaniement : la nouvelle équipe annoncée par l’Elysée

Le gouvernement de Jean Castex, vient d’être annoncé cet après-midi aux alentours de 19h. Voici la liste des différents ministres désignés pour mener le quinquennat d’Emmanuel Macron jusqu’au bout.

Une « vingtaine de ministres avec de nouveaux talents et des personnalités venues d’horizons différents », voilà ce qu’avait affirmé l’équipe du président de la République dimanche. Les nominations seront progressives avec d’abord l’annonce des principaux ministres aux commandes ce lundi suivi des secrétaires d’état et délégués quelques jours plus tard. Il est à noter que l’ancienne équipe comptait 19 ministres (dont délégués) et environ 16 secrétaires (dont adjoints).

La nouvelle équipe qui occupera les chambres de l’Elysée a été soigneusement préparée par le président et le Premier ministre. Plusieurs options ont été employées, des membres de l’Assemblée auraient déjà reçues des propositions comme la présidente du Parti socialiste.

Mais gardons l’œil plutôt sur la sélection faite par Emmanuel Macron. Tout d’abord les ministres qui restent depuis leur entrée en fonction en 2017 :

  • Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé
  • Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse
  • Roxana Maracineanu, ministre déléguée aux Sports
  • Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance
  • Marlène Schiappa, ancienne secrétaire chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes, nommée ministre déléguée chargée de la citoyenneté
  • Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères et de l’Europe
  • Florence Parly, ministre des Armées
  • Franck Riester, ancien ministre de la Culture est nommé ministre délégué au Commerce extérieur
  • Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement
  • Elisabeth Borne, ancienne chargée des Transports, maintenant ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion
  • Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation 

Du côté des nouveaux, nous retrouvons :

  • Barbara Pompili, ministre de la Transition Écologique
  • Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur
  • Le célébrissime Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice
  • Roselyne Bachelot, ministre de la Culture
  • Annick Girardin, ministre de la Mer
  • Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publique
  • Elisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l’égalité femmes-hommes
  • Geneviève Darrieussecq, ministre de la mémoire et des anciens combattants, auprès de Florence Parly
  • Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation

Les ministres délégués :

  • Ministre délégué aux Relations avec le Parlement : Marc Fesneau
  • Ministre déléguée au Logement : Emmanuelle Wargon
  • Ministre délégué aux Transports : Jean-Baptiste Djebbari
  • Ministre délégué aux Comptes publics : Olivier Dussopt
  • Ministre déléguée à l’Industrie : Agnès Pannier-Runacher
  • Ministre délégué aux PME : Alain Griset
  • Ministre déléguée à l’Insertion : Brigitte Klinkert
  • Ministre déléguée chargée de la Ville : Nadia Hai
  • Ministre déléguée à l’Autonomie : Brigitte Bourguignon 
  • Secrétaire d’Etat, porte-parole du gouvernement : Gabriel Attal

Comme convenu, Chrsitophe Castaner, Sibeth Ndiaye, et Nicole Belloubet sortent. Une nouvelle conférence du président de la République est attendu le 14 juillet à l’occasion de la fête nationale.

Suivez la soirée des municipales minute par minute

Ce dimanche, le taux de participation est historiquement faible. Temps forts, réactions, résultats… Suivez cette soirée électorale en direct.

PARIS: La maire sortant Anne Hidalgo est réélue à la tête de la mairie de Paris avec 49,03% des voix exprimées, face à Rachida Dati (Les Républicains, 32,7%) et Agnès Buzin (13,7%).

TOULOUSE: Jean-Luc Moudenc est élu avec 51,6% des voix (liste divers droite) face à la gauche d’Antoine Maurice (48,4%), non loin derrière.

MARSEILLE: La liste d’Union de la gauche, qu’avait rejoint EELV au second tour, l’emporte à Marseille avec Michèle Rubirola (39,9% des suffrages exprimés), devant Martine Vassal (Les républicains, 29,8%) et Stéphane Ravier (RN, 19,8%).

NICE: Victoire pour Christian Estrosi, tête de liste d’un bloc centre/ droite, avec 59% des suffrages exprimés (LR, LREM et MODEM), face à Philippe Vardon (RN, 21%) et Jean-Marc Governatory (19%).

LYON: Vague verte pour la ville, remportée par la liste EELV de Grégory Doucet (50,8% des suffrages exprimés), face à Yann Cucherat (LREM/ Droite, 31,04%) et Georges Képénékian (LREM dissident, 17,8%).

RENNES: La maire sortante Nathalie Appéré est réélue avec 65,35% face à la liste LREM menée par Carole Gandon (17,49% des votes) et Charles Compagnon (17,16%).

BREST: Victoire de l’Union de la gauche de François Cuillandre (49,69% des voix), devant la liste divers droite de Bernadette Malgorn (36,41%) et celle de Marc Coatanea (LREM, 13,89%).

LILLE: Martine Aubry l’emporte avec 40,20% après une bataille très serrée face à la tête de liste EELV Stéphane Baly (38,61%), tous deux suivis par Violette Spillebout (LREM/ MODEM, 21,19% des voix).

BORDEAUX: Dans le fief historique d’Alain Juppé, victoire surprise pour la tête de liste EELV Pierre Hurmic avec 46,8% des voix, face à la droite de Nicolas Florian (LREM/LR, 44,6%). Philippe Poutou rassemble à l’extrême gauche 8,6% des suffrages exprimés.

MONTPELLIER: Victoire haut la main pour Michaël Delafosse (alliance à gauche PCF/PS/EELV/PRG) qui rassemble 49% des votes, face à Philippe Saurel (Divers gauche, 33%), suivis de loin par Mohed Altrad (18% des voix).

STRASBOURG: Après beaucoup d’incertitudes, nette victoire de Jeanne Barseghian sur une liste PCF/EELV (42% des voix), devant l’union LREM/LR d’Alain Fontanel (34,3%) et la liste PS de Catherine Trautmann (23,7%).

PERPIGNAN: Louis Aliot (Rassemblement National) l’emporte sur Jean -Marc Pujol avec 55,7% des voix selon les dernières estimations. L. Alliot, au micro de France 2:  » C’est pas terminé mais je pense que la victoire est acquise (…). Le premier message à Perpignan est que le front républicain est tombé et il peut tomber partout ailleurs »

LE HAVRE: Victoire éclatante pour le premier ministre Edouard Philippe (58,83% des suffrages exprimés selon les dernières estimations) face au député communiste Jean Paul Lecoq (41,17%). Edouard Philippe déclare: « Les résultats sont nets et je voudrais remercier très sincèrement les Havrais et les Havraises qui continuent à nous faire confiance et qui nous ont chargés de de poursuivre la transformation engagée, il y a maintenant bien longtemps ». Christian Jacob commente, au micro de France 2:  » Il a trahit sa famille politique et il a conduit une politique économique dans la continuité de celle de François Hollande ».

Besançon: L’écologiste Anne Vignot l’emporte avec 43,9% des voix, face à Ludovic Fagaut (Les Républicains, 41,5%) et Eric Alauzet (LREM, 14,6%).

NANCY: La gauche l’emporte derrière Mathieu Klein (55,2% des voix), face à la droite de Laurent Hénard (44,8%).

BASTIA: Victoire du régionaliste Pierre Savelli avec 49,1% des suffrages, devant Jean-Sébastien De Casalta (union de la gauche, 40%) et Julien Morganti (10,9%).

LIMOGES: 58,97% des suffrages pour Lombertie (Les Républicains) face à Miguel (Union de la gauche, 41,03%)

ALBI: La centriste Stéphanie Guiraud-Chaumeil l’emporte avec 49,95% des voix, face à l’union de la gauche de Nathalie Ferrand-Lefranc (39,89%) et au candidat du Rassemblement National Frédéric Cabrolier (10,17%).

DIGNES-LES-BAINS: La centriste Patricia Granet-Brunello l’emporte (32,49% des suffrages exprimés) avec une très courte avance sur la liste divers droite de Gilles Chalvet (32,43%), alors que Richard Valla remporte 14,97% des voix. 2 élus pour la liste divers gauche de France Gally, et un.e pour la liste Debout la France de Marie-Anne Baudoui.

DIJON: 43,51% des suffrages exprimés pour la liste PS de François Rebsamen, devant Emmanuel Bichot (LR, 34,84%) et la liste d’union LREM/MODEM de Stéphanie Modde (21,63%).

COLMAR: Victoire pour la droite de Straumann (63,89% des suffrages) face à Hilbert (EELV, 36,11%)

AURILLAC: Victoire de la liste de Mr. Mathonier (Union de gauche) avec 59,24% des suffrages exprimés, face à son adversaire divers droite (40,76%).

BIARRITZ: L’union de la droite obtient une majorité des votes (50,22%) derrière leur tête de liste Mr. Arosteguy, devant Brucq (26,30%) et Motsch (DVC, 14,74%).

(Municicaqs #18) – Paris, et si Dati gagnait ?

Après Lyon, Toulouse, Montpellier ou Nantes, les municicaqs s’arrêtent à Paris. Capitale de France, la ville est le théâtre d’une bataille entre trois femmes déterminées. La maire sortante Anne Hidalgo vise un second mandat, Rachida Dati veut remettre Les Républicains au premier plan et Agnès Buzyn espère sauver l’image de la majorité présidentielle.

57,7 % des inscrits ne se sont pas déplacés au premier tour des municipales. Une abstention record depuis la première élection du maire de Paris. Malgré tout, les tendances des sondages sont reflétées dans les résultats du premier tour. Anne Hidalgo, Rachida Dati et Agnès Buzyn se sont qualifiées pour le second tour des municipales.

3 projets différents

Voici quelques mesures proposées par les 3 candidates :

Logement

Anne Hidalgo : La maire sortante souhaite créer une société immobilière mixte entre public et privé pour lever jusqu’à 20 milliards d’euros, « sur le marché parisien pour racheter des immeubles, les transformer et les proposer à la location pour les classes moyennes ».

Rachida Dati : La candidate veut « changer la composition du parc social » dans les logements. « Moi, je vais changer la composition du parc social à Paris, et les bailleurs respecteront ce que veut le maire de Paris, une mixité réelle », accusant Anne Hidalgo, sur France Info, d’avoir « ghettoïsé Paris ».

Agnès Buzyn : La candidate LREM regrette que les agents municipaux ne puissent pas loger sur Paris pour des raisons économiques dans des logements sociaux. Elle souhaite donner une priorité aux « agents du service public » ou aux « familles monoparentales ». Pour elle, le risque est de développer « une ghettoïsation des logements sociaux », lié à un « manque de diversité à la fois dans les HLM et dans les écoles alentours ».

Sécurité

Anne Hidalgo : La maire sortante veut développer une présence dans les rues de la future police municipale « paritaire » avec 5 000 agents. Contrairement aux deux autres candidates, les agents n’auront pas d’armes létales. Cette police devrait aussi « lutter contre le harcèlement de rue dont sont encore trop souvent victimes les femmes ».

Rachida Dati : « Je veux être la maire de la sécurité ». La maire réélu dans le 7e arrondissement propose une police municipale de 3400 agents « avec armes létales, gilets pare-balles et flotte de véhicules sérigraphiés, équipés de sirène et de gyrophare ». Elle souhaite aussi multiplier par trois le dispositif de vidéosurveillance.

Agnès Buzyn : La candidate propose une police municipale à 5 000 agents armés. La vidéosurveillance serait développée autour des écoles. Agnès Buzyn veut apporter une aide financière pour les parisiens voulant poser une porte blindée sécurisée afin d’éviter les cambriolages.

Propreté

Anne Hidalgo : Alors que la ville de Paris a engagé 550 millions d’euros par an dans la propreté, Paris est « sale » selon les deux autres candidates. La maire sortante souhaite continuer son « plan anti-rats ». Côté propreté des rues, Anne Hidalgo appelle les Parisiens au civisme en « évitant de jeter son mégot par terre, encore moins un masque ».

Rachida Dati : Elle l’affirme « Paris est sale ». « Si je suis maire de Paris, je délègue la compétence aux maires d’arrondissement, je modernise les équipements de nettoyage et de collecte des ordures (…) Un Paris propre 24h/24 et 7j/7 ».

Agnès Buzyn : « Aujourd’hui, c’est vraiment désastreux dans les rues ». La candidate souhaite débuter un grand plan de lutte contre les rats et un nettoyage des tags. Comme Rachida Dati, elle veut déléguer la compétence aux maires d’arrondissement. Enfin, Agnès Buzyn insiste sur l’idée de l’augmentation des installations de poubelles de tri.

Transports

Anne Hidalgo : La maire sortante souhaite poursuivre la réduction de la place accordée à la voiture en supprimant une place de parking sur deux en surface. La proposition qui plaît le moins aux provinciaux et aux banlieusards est celle de la limitation du périphérique parisien à 50 km/h complétées par des passages piétons. Enfin, Anne Hidalgo prévoit la réduction de la vitesse en ville à 30 km/h.

Rachida Dati : Elle le précise dans son programme : « Il n’est pas raisonnable de promettre du zéro voiture et du 100% vélo ». Tout comme Anne Hidalgo, la candidate de droite réfléchit à « l’expérimentation d’une voie réservée sur le périphérique pour des navettes express, le covoiturage, les taxis et les véhicules propres » sur le périphérique.

Agnès Buzyn : L’ancienne ministre de la Santé propose un moratoire de six mois sur les travaux gênants et de rénover la voirie. Comme les deux autres candidates, « une voie sera réservée sur le périphérique aux véhicules propres, au co-voiturage et aux transports en commun ».

Un deuxième tour déjà joué ?

Sondage pour le second tour des municipales à Paris © Elabe

Le dernier débat télévisé entre les trois candidates a eu lieu jeudi soir. Côté Hidalgo, certains militants ont été déçus. Éric* nous confie qu’elle « n’a pas eu le même charisme que d’habitude, elle n’a pas réussi ce débat ». Dans le camp Dati, on est optimiste, « elle a complètement réussi ce débat, je pense qu’il y a une chance malgré le ralliement des écologistes » murmure une militante de première heure. Dans les rangs d’Agnès Buzyn, on doute. « Je sais que l’on a perdu, je garde espoir, mais je sens la défaite arriver », confie un militant LREM.

Une élection n’est jamais jouée. Les électeurs décideront dimanche si Anne Hidalgo continue 6 ans de plus, si Rachida Dati créée la surprise ou si Agnès Buzyn sauve les meubles.

Éric* : Prénom changé.

Crédits photo mise en avant : Steffylou / Tsaag Valren / Tsaag Valren