Le séparatisme, le nouveau sujet qui divise les français

« On veut s’attaquer aux zones grises de la loi. » La Ministre Marlène Schiappa a détaillé les mesures du projet de loi sur le séparatisme ce samedi 10 octobre. Dans sa déclaration elle fait un lien entre séparatisme et islam radical. Pour elle, les procédés seraient « parfois similaires », notamment « en matière d’emprise morale » et « de pression psychologique ».

Emmanuel Macron s’attaque au « séparatisme islamiste », ce collectif, fort d’une cinquantaine de mosquées ou associations de l’Est parisien ou franciliennes, ainsi que la plateforme Les Musulmans (proche du Collectif contre l’islamophobie en France) réclament « un dialogue constructif ». Pour rappel, le président avait annoncé lors d’une discours une analyse du problème du séparatisme islamiste dans notre pays, et qui propose un certain nombre de solutions pour contrer les menaces que celui-ci fait peser sur notre société. Il nomme le phénomène “séparatisme islamiste” qu’il définit comme un mal social. Le projet de loi n’a pas encore vu le jour que les Français se déchirent déjà. Alors que le président a annoncé plusieurs mesures à venir afin de lutter contre ce qu’il a nommé le « séparatisme islamiste », une majorité de sondés, 69%, se disent opposés à l’enseignement de l’arabe à l’école. Seuls 31% y sont favorables, selon un sondage de l’Ifop publié ce jeudi 8 octobre.

Du coté des associations :

Nous nous sommes donc pencher sur l’opinion des associations concernant cette loi qui fait bien parler d’elle, les avis divergent : 

« Nous nous insurgeons contre linsoutenable que constituent la stigmatisation et le harcèlement que subissent les femmes musulmanes ayant décidées de porter un voile pour vivre leur foi librement.  C’est une pression qui nest plus acceptable et doit cesser immédiatement.  Les musulmans, dans leur écrasante majorité, vivent en paix et en harmonie dans la société française et respectent le cadre laïc et les lois de la République ». Déclare Adbel Said membre d’une association parisienne qui lutte pour les droits des musulmans de France. 

« Cest effectivement un séparatisme, un refus des lois de la république pour y substituer un soi-disant droit religieux. Ce séparatisme résulte dune ghettoïsation dabord urbanistique, puis sociologique, enfin économique, avant de devenir idéologique et identitaire. Les subventions municipales généreuses et non contrôlées à des associations qui livrent une partie de notre jeunesse aux recruteurs islamistes, au monde de la délinquance, voire aux deux »Accuse Jean président d’une association Catholique. 

L’opinion des étudiants :

Un avis souvent oublié ou mis-à-part, les étudiants, nous sommes allés récolter le point de vue de ces derniers : 

« Cette loi n’est pas nécessaire vu le contexte actuel mais oui, elle est utile. Il y a des dérives dans les « territoires oubliés de la République » qui créent un fort sentiment communautaire au sein de ces quartiers je n’irai pas jusqu’à parler de séparatisme mais il y a tout de même du travail conséquent à réaliser pour ramener les valeurs républicaines et une certaine qualité et quantité  de services de l’État. J’ai vu de mes propres yeux ces manquements dans certaines zones lorsque je vivais à Marseille mais je pense qu’appeler cela du séparatisme est trop extrême. » Keenan Mered président de l’association étudiante IDS ( Ileri Debating Society ) 

« La dissolution des associations pour moi cest un peu limite car la population doit avoir cette liberté mais si cela reste juste à dissoudre une association qui ne respecte pas les droits de lHomme cest normal mais je pense que quand il y a un débordement prouvé cest déjà le cas. Et charte de laïcité quand les associations ont des subventions dun côté cest bien car en général cest plutôt des associations catholiques qui y ont accès et donc pas un accès égalitaire mais cela va poser problème au début pour ladaptation de certaines associations exemple le secours catholique. Le président a dit quil prévoyait de mettre en place de nouvelles choses pour lapprentissage des langues dorigine par les enfants de parents émigrés. Je trouve cela dommage de le supprimer même si cest dans lattente dun nouveau système car ça me parait important que les enfants gardent un lien avec leur culture dorigine, cest même une grande richesse. La neutralité des salariés des entreprises délégataires dun service public ça semble normal que dans une telle entreprise il ne doit pas y avoir de prosélytisme mais jai peur que ça dérive vite vers un extrême inverse et il ne faudrait pas que cela déclenche une inégalité de ce côté là. On entend très rarement parler de personne « trop catholiques » qui seraient mauvais pour lentreprise.

Globalement je pense que la loi serait plutôt utile mais pas sur tous ses points, Il faudrait que ce soit bien cadrée pour pas quil y ait de débordement. Je trouve de plus que se consacrer seulement sur lIslam cest un peu réducteur et ça met en avant une « lutte contre lislam » voir un amalgame entre islam et islam extrémiste.» Joséphine Tuloup , Vice-présidente de l’association étudiante Huma ( Association d’aide humanitaire ) 

« Pour moi cette loi, elle a surtout pour but de rassurer une population qui est en perte de repère. Avec le Covid-19 que l’on ne peut pas contrôler, le gouvernement doit quand même montrer à sa population qu’il est toujours là, et qu’il est prêt à mettre en place des lois qui rassurent une grande partie de la population. Je pense que ces lois sont voulues par une grande partie de la population, mais je suis pas sûr qu’il y ait l’impact voulu. » Léo Tessier étudiant en école de relations internationales à Paris