George Floyd : le combat continue

Un Afro-américain de 46 ans est mort lundi 25 mai à Minneapolis étouffé par un policier. L’indignation se propage, et des manifestations éclate dans les rues américaines. Pour les sportifs, c’est la mort de trop, les langues se délient, les dénonciations s’enchaînent.

Selon une étude, aux États-Unis 1 homme noir sur 1000 est mort tué par la police, soit 2,5 fois plus de risques qu’un homme blanc. Cette bavure policière ne fait que confirmer les chiffres. Tout est parti d’une vidéo diffusée aux USA montrant un policier écraser avec son genou le cou de George Floyd, incapable de bouger, l’Afro-américain a perdu connaissance avant de mourir quelque temps après. La méthode d’immobilisation utilisé par le policier, Derek Chauvin, est normalement interdite à New York ou encore à Los Angeles.

« S’il vous plaît, je n’arrive à respirer, mon estomac me fait mal, mon cou me fait mal, tout me fait mal ils vont me tuer ».

Poussant son dernier souffle, elles ont été ses dernières paroles, il sera emmené peu après à l’hôpital, trop tard. Cette vidéo a provoqué le licenciement immédiat des policiers impliqués dans cette interpellation, une enquête a été ouverte mais aucune poursuite n’a pour l’instant été prononcée. Un porte-parole affirmait lundi dans la soirée que George Floyd était sous l’influence de l’alcool ou de la drogue, résistant ainsi à l’interpellation qu’il a subie pour un délit mineur, c’est ce qu’expliquent les agents de police. Elle est cependant complètement remise en cause après la diffusion de la vidéo de la caméra de surveillance d’un restaurant juste à côté de la scène.

Ce drame est loin d’être le seul, d’autres individus noirs sont morts aux mains de la police, on peut noter Eric Garner en 2014, asphyxié à New York, Philando Castile en 2016, tué dans le Minnesota lors d’un banal contrôle de police ou encore Breonna Taylor en 2020, une ambulancière abattue dans son appartement après un faux avis de recherche. 

Des réactions en chaîne

Lebron James, Steve Kerr, Kyle Kuzma, Stephen Jackson, la planète NBA n’a pas hésité à réagir après ce terrible drame.

« Ce virus est parmi nous depuis plus de 400 ans. Et il n’y a toujours pas de vaccin » écrit l’actuel joueur des Los Angeles Lakers, Kyle Kuzma.

 

« C’est un meurtre. C’est révoltant. Sérieusement, qu’est-ce qui ne va pas chez nous ??? » tweet l’entraîneur des Golden States Warriors, Steve Kerr .

Quant à Stephen Jackson, George Floyd et lui était très proche, mais ce n’est pas qu’une simple relation amicale, les deux hommes se ressemblaient beaucoup. L’ancien joueur des Spurs et des Warriors n’hésitait pas à l’appelé « mon jumeau ». 

« Mon jumeau s’est empressé de me prévenir qu’il avait déménagé dans le Minnesota pour conduire des camions. Il savait qu’il avait besoin de déménager pour être la meilleure personne possible. Repose en paix mon frère. On va faire porter ta voix ».

D’ailleurs, l’équipier de Kyle Kuzma, Lebron James, a un rôle très important dans ces sujets. Très impliqué quand il s’agit de la communauté noire aux États-Unis, il n’hésite pas à le montrer encore en faisant le parallèle avec l’ancien joueur de football américain, Colin Kaepernick.

Un geste devenu symbolique

Aux États-Unis, des sportifs n’hésitent pas à dénoncer ces violences jugées inacceptables, et même sur le terrain, c’est possible, peut-être vous souvenez-vous de Colin Kaepernick, quarterback en NFL. En 2016, alors que l’hymne national retentit, l’Américain s’incline, il est le premier sportif à poser un genou à terre lors d’un moment si symbolique. La tradition voulant que les joueurs se lèvent et regardent vers le drapeau américain pendant le chant patriotique. Il réalise ce geste pour protester contre les bavures policières provoquant des morts chez les Afro-américains. 

« Je ne peux pas être fier devant le drapeau d’un pays qui opprime les noirs et les gens de couleur. Ce problème dépasse le football américain, il serait égoïste de ma part de détourner les yeux, il y a des gens qui meurent dans les rues et d’autres qui tuent et qui échappent à ses punitions » expliquait-il.

D’autres joueurs de la ligue n’ont pas tardé à suivre le mouvement, posant ainsi un genou au sol à chaque début de match. Malgré le soutien de son entraineur et de ses coéquipiers, il quitte l’équipe des San Francisco 49 ers, cela fait 4 ans maintenant qu’il n’a pas rejoué dans la ligue américaine de football. Cela démontre bien que le sport a un incroyable pouvoir, qu’il soit pour dénoncer ou pour mettre en avant des sujets controversés, entre autres. Leurs influences permettent de faire émerger certaines consciences, pour espérer peut-être, changer les choses, et rendre le monde plus juste.

Présidentielle américaine : Trump, Biden et Sanders continuent leur campagne

Il est très difficile pour les trois candidats favoris, Donald Trump, Joe Biden et Bernie Sanders, de mener leur campagne pour la présidentielle de 2020. Les démocrates, Sanders et Biden, ont annulé leurs grands meetings suite aux conseils des autorités locales. Donald Trump a dû annuler toutes ses réunions publiques auxquelles il devait se joindre.

Les deux candidats démocrates veulent absolument battre Donald Trump. Tous les deux confinés dans leur état respectif, ils rencontrent des difficultés de communication.

Joe Biden, candidat à la présidentielle démocrate américaine

Joe Biden a créé un studio dans son sous-sol afin de continuer de parler aux Américains. Cela lui permettrait d’être « vu par 20 ou 30 millions de personnes », selon son équipe. Il prend essentiellement la parole sur l’épidémie. Confiné dans l’État de New-York, la plus touchée par le Covid-19, il rencontre de nombreuses difficultés à se faire entendre sur les ondes, elles sont saturées. Publiant un spot publicitaire, Joe Biden montre le président des États-Unis qui houspille et très irrité. Il se présente, lors d’une interview où il répond, calmement aux questions posées sur l’épidémie. Le favori de la présidentielle démocrate reste soucieux, puisque les primaires ont été reportées à cause de la crise humanitaire.

Bernie Sanders, actuellement derrière Joe Biden dans la course à l’investiture démocrate, a décidé de se concentrer sur l’épidémie : « il se concentre sur la réponse à apporter de la part des autorités à l’épidémie de coronavirus et à s’assurer que nous prenions soin des travailleurs et des plus vulnérables » a annoncé son chef de campagne Faiz Shakir. Son équipe aurait arrêté tous les spots de campagne sur Facebook et à la télévision, d’après la société spécialisée, Advertising Analytics. Le sénateur du Vermont se met en avant en ventant son expérience dans la gestion de crise. Il insiste, les électeurs « veulent des résultats ». Il vente son programme, d’assurance maladie pour tous, durant la crise du coronavirus. Concrètement, il s’agirait d’ouvrir le régime public à tous les Américains à 55 ans pour la première année, pour arriver à les couvrir dès la naissance. Pour financer ce projet, il propose la mise en place de cotisations patronales, d’instaurer un impôt sur la fortune et sur les multinationales, réduction des dépenses militaires. Une proposition qui tombe à un moment propice pour le système de santé américain. Il reste, avant tout, concentré sur la crise sanitaire que connait les États-Unis.

Bernie Sanders, candidat à la présidentielle démocrate américaine

Donald Trump gère directement la crise avec son gouvernement. Il a été obligé de plonger l’économie de son pays à l’arrêt. Il priorise avant tout l’économie, il a déclaré tardivement les mesures difficiles et impopulaires. L’opposition n’hésite pas à sortir la carte de son « incompétence à agir en temps réel ». Il s’oppose à un confinement de longue durée. Il a pris conscience du danger du virus aussi, tardivement, c’est le pays le plus touché par l’épidémie, plus de 200 000 cas. Donald Trump, accaparé par la crise, n’a pas le temps de se projeter dans sept mois. Cette crise peut être la clé de sa réélection, comme celle de sa défaite à la présidentielle. Il compte sur la bonne santé de l’économie du pays pour être réélu.

Donald Trump, lors d’un meeting

Donald Trump serait devancé par Joe Biden dans un récent sondage Ipsos/Reuters, sur 1100 Américains. 46% des personnes interrogées choisiraient Biden, 40% voteraient pour le président actuel. Le calendrier des primaires n’est pas encore fixé. Il est encore trop tôt pour connaitre le véritable impact de la crise sanitaire sur la vie politique.

Daesh : Al-Baghdadi mort, les USA menacés

Le groupe État islamique confirme la mort de son chef, Abou Bakr Al-Baghdadi. Dans un audio, Daesh menace les États-Unis de représailles.

Il est mort. C’est confirmé. Dans un communiqué, le groupe terroriste a officiellement annoncé ce jeudi 31 octobre, la mort de son chef Abou Bakr al-Baghdadi. Le calife de Daesh a été tué dans une opération américaine, dimanche, dans le nord de la Syrie. L’EI a publié un message audio sur l’application cryptée Telegram : « Ô musulmans, ô moudjahidines, soldats de l’EI […], nous pleurons le commandeur des croyants Abou Bakr al-Baghdadi ».

L’Amérique en danger

Le groupe n’a pas attendu pour annoncer la nomination du successeur d’Al-Baghdadi. Il s’agit de Abou Ibrahim Al-Hachimi Al-Qourachi. L’audio, long de sept minutes, menace directement les États-Unis : « Ne te réjouis pas Amérique […] Il est venu celui qui te fera oublier les horreurs », mentionnant le nouveau chef proclamé.

La troupe de Donald Trump avait organisé une opération commando le week-end dernier. Al-Baghdadi avait alors déclenché sa veste, chargée d’explosifs.

Donald Trump n’a, pour le moment, pas réagi sur Twitter. Plus occupé par sa possible future destitution, que par le sort du peuple américain.