(Portrait) Simon Richard HALIMI : le peintre aux multiples couleurs de la vie

Simon Richard HALIMI né en 1943 en Tunisie, est un artiste peintre aux couleurs de la vie. Peignant des milliers d’œuvres depuis son enfance, il s’installe à Paris à 19 ans. De 1974 à 2003, lui et sa famille partent en Côte d’Ivoire suite à une succession de mission comme par exemple la construction d’une autoroute. Encore aujourd’hui à 77 ans, HALIMI expose ses œuvres à la galerie Sonia Monti à Paris de septembre à octobre.

Pendant son enfance, Simon Richard HALIMI allait à l’école en face de la boutique de coiffure-barbier de son père. N’ayant pas le temps de manger avec son fils, son grand-père typographe passait prendre son petit-fils et l’emmenait dans des tavernes éclairées par la chaleur humaine et celle des bougies. Par la suite, ils rejoignaient la grand-mère qui les attendait avec le linge et une boîte de crayons de couleur afin que son grand-père dessine. Une fois à l’œuvre, son grand-père dessinait sur le linge (principalement la nature comme la forêt) et sa grand-mère finissait par la broder. C’est alors vers 10 ans qu’HALIMI développera l’envie de peindre sans se poser de questions, sensibilisé par la culture de la vie que lui transmettait son arrière-grand-mère, « le goût de peindre m’est venu dans la boîte à crayon de couleur de mon grand-père ».

« Pour que la mémoire nous serve de route, il faut pouvoir regarder derrière dans les rétroviseurs pour mieux avancer »

Poissons au bord’elles, 2014, représente une satire sur les réseaux sociaux

Simon Richard HALIMI grandit dans une famille modeste à une époque où les moyens de communication comme la radio ou la télévision n’étaient pas accessible à tous, de même que beaucoup ne savaient ni lire ni écrire, son arrière-grand-mère se contentait de parler et de raconter des histoires. Souvent raconte HALIMI : « après l’école, nous faisions nos devoirs et après le goûter ou le diner, les ainés s’asseyaient et comptaient des histoires ». Toutes ces histoires faisaient partie de leur culture, une source, un savoir et une transmission d’expériences passées qui permettaient d’acquérir les connaissances de la vie.

 « Je me définis comme un griot »

Le peintre, expressionniste à la base, redéfinit son art à travers son expérience de vie, ses sentiments, ses cris et ses écrits. Ayant vécu 30 ans en Afrique, il tire son mouvement artistique d’une tradition africaine où les « vieux » africains (les griots) comptent la vie et sont considérés comme la mémoire par la bouche. Il appellera son mouvement le « griotisme ». Il se considère comme un passeur, quelqu’un qui raconte des histoires. De même, HALIMI estime que chaque artiste est un griot, car que ce soit de la musique, de la sculpture, de la poésie, chaque artiste raconte à travers différentes formes d’art quelque chose, une expérience passée, présente ou imaginaire, un souvenir, une émotion que ce soit de la haine, de la colère, de l’amour ou de la joie. Avec son art, HALIMI cherche à raconter la vie.

« Je travaille sur la vie »

Les prédateurs, 2008, – 130X130m

L’artiste souhaite passer, partager la vie, il est inspiré par ce qu’il écoute, un murmure, une conversation d’inconnu, une émotion, ce à quoi nous pouvons assister quotidiennement. Tous ses travaux étant amenés à parler de l’histoire contemporaine, il travaille sur des thèmes de la vie et ses différentes facettes. Cependant ses travaux racontent des histoires universelles, c’est-à-dire qu’il traite de la misère, de l’égoïsme, des crises économiques, de la politique, de la liberté, des différentes formes d’amour… mais il ne raconte pas d’histoires propres à un individu. Simon Richard souhaite faire passer avec chacune de ses œuvres, un message, une histoire que tout le monde peut comprendre et vivre. Il représente par exemple une femme en attente d’enfant (une grossesse), symbole de vie et évènement quotidien de la vie, nous sommes tous nés à un moment donné.

« Le titre est la première clef pour entrer dans un tableau »

Simon Richard HALIMI considère que pour comprendre l’histoire d’une œuvre, il faut pouvoir voir toutes ses dimensions. Commençant par la largeur, la longueur de l’œuvre, sa couleur, sa forme et la première impression, on continue avec l’histoire, l’âme et le contenu du tableau afin de comprendre ou interpréter ce que l’artiste veut nous dire à travers son œuvre. Et puis pour finir, être capable de laisser prendre forme, la vie et le temps dans l’œuvre. HALIMI appelle ces quelques dimensions « la culture du passage » qui permettent d’aller au-delà de l’image, car lorsque l’on arrive à se donner les moyens de capter toutes les dimensions d’un tableau, cela veut dire que l’on est capable de comprendre la vie dans une œuvre et ce qu’elle nous transmet. C’est avec des contenus naïfs et simple, que HALIMI crée son propre vocabulaire tout en capturant des instants de vie. De même, il estime qu’une peinture tout comme un livre ou une chanson doit parler et raconter une histoire tout comme le faisait son arrière-grand-mère.

« Sur mes photos il n’y a pas de droit d’auteur » de Simon Richard HALIMI. 

L’Atelier des Lumières : source d’inspiration

Le public peut s’offrir de nouveau une escapade dans le sud à travers l’exposition « Monet, Renoir… Chagall. Voyages en Méditerranée ». Rouvert depuis le 26 mai, l’Atelier des Lumières est une source d’inspiration malgré les contraintes liées à l’épidémie.

L’Atelier des Lumières a dû fermer ses portes pendant deux mois et la réouverture s’est faite progressivement. Des modalités spéciales ont été mises en place par l’atelier depuis le 11 mai 2020 pour accueillir de nouveau des visiteurs.

La réservation se fait obligatoirement par internet. Il suffit de choisir son jour, sa plage horaire et de payer en avance. Le port du masque est également nécessaire durant tout le long de la visite, sauf pour les enfants de moins de 11 ans. Chaque visiteur se voit prendre la température de manière systématique à l’entrée du site. Le maintien d’une distance d’un mètre avec les autres visiteurs est fortement recommandé. L’Atelier peut désormais accueillir plus de 100 personnes par heure. 

L’atelier des Lumières dédie sa nouvelle exposition à Monet, Renoir et Chagall

Cette année, l’Atelier des Lumières décide de représenter les rives de la Méditerranée. Sous les yeux des spectateurs, défilent plus de 500 toiles, passant de l’impressionnisme au modernisme. 

Cette exposition numérique propose une immersion dans les chefs-d’œuvre de Renoir, Monet, Matisse, Signac, Picasso, Dufy, Chagall et beaucoup d’autres. Elle révèle ce que ces artistes puisent dans leurs voyages en Méditerranée. Depuis les années 1880, beaucoup aiment peindre au bord des rives de cette mer si particulière. Les couleurs sont plus intenses, la lumière et l’air sont différents. Au travers de ces œuvres, l’Atelier des Lumières nous fait voyager dans le temps. Le spectateur est inondé de couleurs éclatantes accompagnées de musique.

Au fil de la visite

Cette année, quatre expositions sont à découvrir dans l’Atelier des Lumières. Tout d’abord il y a l’exposition de Monet, Renoir… Chagall. Cela commence par un hommage au peintre Claude Joseph Vernet, en dévoilant le port de Marseille. Puis vient l’Impressionnisme d’Auguste Renoir et de Claude Monet. Ensuite, on y retrouve les lumières de la Méditerranée, les Fauves avec Henri Matisse, grande figure du Fauvisme et Paul Signac et les œuvres de Pierre Bonnard, Raoul Duffy et Marc Chagall. 

En parallèle de l’exposition, le studio de création Cutback présente Yves Klein, l’infini bleu. Originaire de Nice, l’artiste s’inspire du ciel de la Méditerranée pour en faire son œuvre. 90 œuvres et 60 images d’archives sont projetées au son de Vivaldi. Puis vient l’exposition Journey, une création Nohlab. « Journey » nous invite à voyager au point de départ de la naissance du photon, l’élément primaire de la lumière. 

Et pour terminer, on découvre « Moments », une exposition créée par Melt. Elle est faite à partir de peintures impressionnistes scannées en haute définition. Les images évoluent, grâce à un algorithme, et mettent en mouvement une œuvre numérique unique. L’exposition est prévue jusqu’au 3 janvier 2021, foncez sans hésitation dans l’univers visuel et sonore de l’Atelier des Lumières. 

Crédit photos : Elena Rizzo 

La lutte pour l’Amazonie de Claudia Andujar

La fondation Cartier pour l’art contemporain présente depuis le 30 janvier 2020 sa plus vaste exposition consacrée à la grande photographe brésilienne Claudia Andujar qui dédie sa vie, depuis les années 1970, à la photographie et à la défense des Yanomami, un peuple amérindien de l’Amazonie brésilienne. 

L’exposition Claudia Andujar sur la Lutte Yanomami va de nouveau rouvrir ses portes à partir du 16 juin à la fondation Cartier. Cette photographe brésilienne consacre sa vie à la défense des Yanomami, un peuple amérindien de l’Amazonie brésilienne. Pour commencer, c’est un projet sur le peuple Carajà, au centre du Brésil, qui l’a menée à une carrière dans la photographie. Au fil des années, Claudia Andujar s’est beaucoup intéressée au peuple des Yanomami. Ce peuple d’Amazonie avait peu de contact avec le monde extérieur pendant longtemps. Puis, un afflux de mineurs d’or illégaux venus dans leur région, a aggravé leurs problèmes de santé. 20% des Yanomami sont morts d’une intoxication au mercure et d’une épidémie de paludisme. Claudia Andujar a joué un rôle important dans la création d’un parc qui crée une zone protégée de 96 000 km pour les Yanomami. 

Passionnée avant tout, elle photographie le peuple de la forêt amazonienne. Dans les années 70, son art devient une arme. Elle veut lutter contre les menaces qui pèsent contre les habitants de la forêt ; construction de routes, destruction de leur communauté et propagation d’épidémies. Aujourd’hui, l’exposition de Claudia Andujar illustre un engagement fort : la préservation de l’environnement. Cette exposition veut également alerter sur les incendies qui ravagent l’Amazonie. 

Pour Davi Kopenawa, Yanomami, « Claudia portait les vêtements des Indiens, pour se lier d’amitié. Elle n’est pas Yanomami, mais c’est une véritable amie. Elle a pris des photographies des accouchements, des femmes, des enfants. Puis elle m’a appris à lutter, à défendre mon peuple, ma terre, ma langue, les coutumes, les fêtes, les danses, les chants et le chamanisme. Elle a été comme une mère pour moi »

Il est important pour Claudia Andujar de lutter pour le peuple Yanomami à travers ses photographies. Cela permet à tous les autres peuples de la terre de connaitre les Yanomami, de les respecter et de préserver leur terre, eux qui habitent dans la forêt amazonienne depuis si longtemps. Claudia Andujar est « liée aux Indiens, à la terre, à la lutte première. Tout cela me touche profondément. Tout me semble essentiel ».

Crédit : Elena Rizzo

L’exposition présente son œuvre à travers plus de 300 photographies en noir et blanc ou en couleur. Des couleurs explosives qui rappellent le poumon du monde. On y voit des portraits d’enfants et d’adultes, signe d’espoir pour cette population menacée. C’est une exposition engagée et tournée vers l’environnement. Elle présente également une installation audiovisuelle ainsi que des dessins réalisés par des artistes Yanomami et des documents historiques. Cette exposition est d’un côté esthétique et de l’autre politique. Elle montre son art photographique sans jamais oublier de dénoncer l’essentiel, sa défense des droits des Indiens Yanomami et de la forêt Amazonienne. 

Pour Julie, institutrice qui est venue voir les photographies, « cette exposition est extrêmement pédagogique. Il y a, à la fois des photos, un documentaire, de la musique. Cela correspond bien à tous les publics et on y apprend beaucoup de choses. Au niveau politique, Claudia Andujar était à la base photographe mais est devenue militante. C’est un parcours hyper intéressant qui est très fort tout au long de l’exposition ».

Ses œuvres sont conservées dans plusieurs musées comme le Museum of Modern Art de New York et à la George Eastman House de Rochester. La Fondation Cartier lui consacre une exposition sur l’année 2020. La sensibilisation environnementale par l’image, tel est l’objectif de cette exposition qui a débuté le 30 janvier dernier et qui se clôturera le 13 septembre prochain. 

Crédit photo illustration de l’article : Fondation Cartier

Pompéi, une cité à portée de clic

Hier s’ouvrait normalement l’exposition du Grand Palais sur la ville de Pompéi en Italie. Suite au confinement, la salle a décidé de mettre en ligne son exposition ainsi que la matérialisation de Pompéi telle qu’elle était avant. Un bon moyen de s’évader sans bouger de chez soi.

Hier devait s’ouvrir une exposition montrant un vrai travail de fourmi sur la reconstitution de Pompéi. Le confinement bloquant celle-ci, le Grand Palais, qui devait accueillir l’exposition jusqu’en juin, propose cette immersion aux Français grâce à internet.

Le Grand Palais espère malgré tout, pouvoir ouvrir ses portes physiquement pour l’exposition, même pour quelques semaines.

Pompéi, la ville martyre de l’Italie

Pompéi est une vieille ville italienne. Une partie moderne et habitée, une autre partie détruite depuis près de 3000 ans. Pompéi est connue pour être le plus grand chantier de fouilles au monde. Les archéologues découvrent chaque jour un nouveau quartier ou une nouvelle maison.

La ville a été détruite par l’éruption du Vésuve, le volcan situé à coté de la ville. Les villageois pensaient que c’était une simple montagne jusqu’à son explosion. L’éruption a recouvert pendant plusieurs heures, le ciel, de nuages de cendres, mais aussi la ville de Pompéi. Elle se retrouva couverte de pierres ponces brûlantes, détruisant maisons et rues, piégeant ainsi les personnes n’ayant pas pu s’enfuir de la ville. Beaucoup de personnes à cette époque pensaient avoir provoqué la colère du Dieu Neptune, maître de la mer et de la terre.

Les personnes ont été piégées dans la pierre. Aujourd’hui, on a découvert certains corps montrant les dernières expressions de douleur ou de peur sur les visages, montrant l’horreur de la situation, 3000 ans auparavant.

Les archéologues essayent aujourd’hui de reconstruire la ville pour montrer une vision proche de la cité sous l’Empire romain.

Depuis 3000 ans, le Vésuve est calme et s’est rendormi. Les scientifiques estiment que la probabilité d’une nouvelle éruption explosive n’est pas à exclure. Le Vésuve n’est pas endormi définitivement et peut très bien se réveiller brutalement comme il y a 3000 ans et causer autant de dégâts.

« L’œil et la nuit » : voyage poétique dans un monde nocturne

Bien qu’ayant une place à part entière dans notre quotidien, la nuit reste l’une des choses les plus intrigantes pour l’Homme. Calme, sombre, apaisante ou effrayante pour certain, elle est l’objet d’une exposition à l’Institut des cultures de l’Islam.

L’œil et la nuit sont deux symboles très importants de l’Islam, que ce soit dans la religion ou encore du point de vue scientifique, pour les savants musulmans. Ainsi, du 19 septembre 2019 au 9 février 2020, dix-huit artistes d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Europe sont exposés à l’institut afin d’offrir leurs propres visions de la nuit et de son imaginaire.

Différentes formes d’art ont été rassemblées afin de rendre hommage à la nuit et à la perception de l’Homme face à sa noirceur. Une des pièces est dédiée à l’artiste Stéphanie Saadé, qui nous livre les souvenirs de son enfance en nous offrant l’odeur des nuits méditerranéennes. Son œuvre intitulée « Jasmine » est une flopée de fleurs de jasmin éparpillées sur le sol. L’artiste explique qu’elles représentent des étoiles filantes échouées sur la plage. Un petit couloir mène ensuite jusqu’à l’œuvre du sculpteur Vladimir Skoda. Face à un mur, se trouve une sphère en acier inoxydable, pendue à un fil et éclairé par un spot de lumière. L’œuvre « Badria », signifie la « pleine lune » en arabe. La sphère se balance à l’aide d’un mécanisme qui crée une ombre représentant l’éclipse. Métaphore artistique qui magnifie la représentation de l’éclipse et des nuits artificielles. Amandine, jeune étudiante de 19 ans, est venue à l’institut spécialement pour l’exposition : « J’en avais entendu parler et je ne regrette pas d’être venue. L’exposition nous fait voyager, et c’est un réel plaisir. En plus, elle est gratuite et présente dans les deux bâtiments ! ».

Par leurs sculptures, peintures et photographies, les artistes ont contribué à cette exposition en apportant leur vision personnelle. Souvenirs et interprétations qui présentent une nouvelle facette de la nuit, sombre, mystérieuse mais aussi extrêmement poétique.