Assemblée nationale : les femmes de LREM en quête de liberté ?

Un neuvième groupe parlementaire a été proclamé mardi 19 mai à l’Assemblée nationale. Le nouveau groupe solidaire et écologique réunit plus 60 % de femmes. L’occasion de revenir sur la parité nationale.

Qui sont ces « dissident(e)s » ?

Un nouveau groupe politique vient de faire perdre la majorité LREM au palais Bourbon. Nommé « Écologie Démocratie et Solidarité », il est constitué de deux coprésidents et 15 autres députés issus de La République en marche. Déçus du macronisme politique qui « s’éloigne des promesses faites en 2017 », les rescapés du parti d’Emmanuel Macron se rassemblent pour servir un nouveau départ porté sur l’écologie et les valeurs du socialisme collectif.

La dissidence rompt avec les traditions du groupe majoritaire à l’Assemblée nationale. Elle réunit des anciens « marcheurs » de la République ainsi que des députés ayant choisi de se rallier au mouvement de bonne grâce. Le but étant de créer «un groupe indépendant, ne se situant ni dans la majorité ni dans l’opposition», si l’on croit les propos divulgués dans Libération. Une autre caractéristique s’en détache, ce groupe d’écologistes est majoritairement composé de femmes (66%).

Dénonciation du machisme ou préférence politique ?

Signe d’un parti qui perd sa crédibilité aux yeux du peuple, volonté de s’émanciper davantage auprès de ses collaborateurs ou nouvelle stratégie pour l’avenir, qu’est-ce qui peut conduire ces gens dames à changer de cap en un coup d’éclat ? La disparité hommes-femmes serait-elle persistante au point de faire vaciller les fidèles du parti d’Emmanuel Macron vers une redéfinition des valeurs parlementaires ?

La secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa ne saurait valider cette hypothèse. Loin d’avoir exprimé son avis sur la question, son conseiller spécialisé, Mathieu Pontécaille a tout de même donné des indices. « Difficile si ce n’est impossible pour un membre de gouvernement de s’immiscer ou commenter les affaires parlementaires notamment du fait de la séparation des pouvoirs ». En ce qui concerne l’orientation politique instinctive des personnalités féminines, on ne peut que « consulter ce chapitre de son livre : Le 2e sexe de la démocratie », rajoute-t-il.

« Les femmes ne sont pas différentes des hommes en politique. L’égalité entre les hommes et les femmes est le grand projet du quinquennat du président de la République ». Voilà ce qu’affirme la secrétaire dans son oeuvre. Toutefois une majorité de femmes députés dans un groupe aussi réduit ne saura être apte à des interprétations trop rapides. Pour Thibault Mongis, collaborateur parlementaire, « ce n’est pas pertinent de mettre en avant ce chiffre quand on est 17 ». D’autant plus que la parité aura été considérable sous le mandat de M. Macron avec 40% de femmes élues à l’Assemblée nationale.

42 femmes élues à l’Assemblée nationale du Mali lors des législatives du 29 mars, enfin !

C’est une première depuis l’avènement de la démocratie au Mali en mars 1991. Une quarantaine de femmes siégeront dans la sixième législature malienne pour participer au vote des projets et des propositions de loi ainsi que l’interpellation des gouvernants sur la gestion du pays. Les femmes occupent dès lors 40 des 147 sièges, soit 27,21%.

En appliquant la loi n°2015-052 dans le cadre des législatives de 2020, qui stipule que « 30% des postes électifs et nominatifs sont réservés aux femmes », le pays effectue un progrès considérable dans l’accession des femmes à ces postes importants. Le nombre de femmes élues à l’Assemblée nationale passe alors d’un seuil inférieur à 20 lors de la 5ème législature à une quarantaine pour la 6ème législature qui entrera en vigueur le 2 mai prochain.

Un progrès d’autant plus considérable qu’en 1997, la représentation des femmes étant tellement faible au sein de l’hémicycle, on parlait de « féminisation du Parlement » alors que 18 femmes se faisaient élire députées contre 129 hommes.

Vers un changement des mentalités ?

Cet exploit a donné lieu à de nombreux échos dans les milieux féminins. La ministre en charge du département de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Dr. Diakité Aissata Kassa Traoré a été la première à se réjouir de cette nette progression des femmes élues à l’Assemblée nationale. Car au Mali, même si elles représentent plus de la moitié de la population, les femmes sont largement sous-représentées dans les postes à responsabilités. La pauvreté et l’analphabétisme sont des fléaux qui entravent inévitablement leur participation politique.

Ce que les maliennes attendent de cette recrudescence de femmes à l’Assemblée nationale, c’est d’abord et surtout, un impact positif sur les questions liées aux violences basées sur le genre, le mariage des enfants et l’excision.

Cette dernière reste d’ailleurs une pratique profondément ancrée dans la société malienne avec un taux de prévalence de 89%. Or aujourd’hui, la majorité des Maliens est favorable à son maintien (73% des femmes et des filles âgées de 15 à 49 ans ainsi que 70% des hommes et des garçons âgés de 15 à 49 ans) selon excisionparlonsen.org.

Le droit pénal malien ne condamne pas les mutilations génitales féminines, autrement dit, il n’existe pas de base légale au niveau national pour lutter contre le phénomène de l’excision.

Pourtant, les effets secondaires de cette intervention chirurgicale sont nombreux : des douleurs intenses, des saignements voire une hémorragie, des infections, la mort, le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), des problèmes urinaires et menstruels, des conséquences sur la vie sexuelle, des complications obstétricales, des répercussions sur le nouveau-né ou bien encore des conséquences psychologiques.

Qu’attendre alors de cet évènement inédit ?

Oui, le nombre de femmes à l’hémicycle a augmenté, néanmoins rien n’est encore fait. Les électeurs attendront énormément des femmes : sont-elles capables d’exercer leurs fonctions aussi bien que leurs confrères masculins ? Nombreux sont les Maliens qui en doutent. Même si aujourd’hui les autorités maliennes, soutenues par des institutions internationales, développent des stratégies pour promouvoir les droits des femmes sur le plan politique, économique ou juridique, il reste du chemin à parcourir. Excisions, violences physiques, morales et sexuelles, pauvreté, analphabétisation. Espérons que ces élections législatives soient un point d’ancrage en faveur de la lutte pour le droit des femmes au Mali et partout ailleurs.