Union européenne : vers plus de solidarité ?

La Commission européenne propose un plan de relance de 750 milliards d’euros pour sortir de la crise post-covid19. C’est l’Allemagne, jusqu’alors peu convaincue dans ce genre de politique de relance qui est contre toute attente, à l’origine de cette proposition. Faut-il y voir un regain de solidarité en UE ?

Une UE généreuse et bienveillante

750 milliards d’euros dont 70%, c’est-à-dire 500 milliards d’euros, non remboursable ! C’est cadeau ! L’UE devient plus que généreuse en débloquant des fonds exceptionnels pour venir en aide aux plus fragiles de l’union. Cet argent sera remboursé par des taxes, évitant ainsi d’accabler ses membres avec de nouvelles dettes.

Parmi ces taxes, la commission propose par exemple une taxe carbone aux frontières de l’UE pour pénaliser les importations de produits issus d’usines polluantes. Mais également un impôt sur les grandes entreprises, peut-être même une taxe spécifique pour les sociétés numériques. Une UE qui mêle donc ses objectifs écologiques et économiques à ce plan de relance, qui n’est en aucun cas déconnecté de ses priorités.

C’est donc l’image d’une UE soucieuse de venir en aide à ses membres les plus accablés par la pandémie qui se dessine. Une UE qui se veut interventionniste après des années de politique d’austérité, une UE qui n’a pas peur de dépenser, une UE solidaire en somme.

Tous solidaires vraiment ?

Aider les plus démunis, certes c’est vertueux, mais qui va payer ? Les taxes ne séduisent pas les pays du nord ! Ceux qu’on appelle les « frugaux » ou encore les « radins ». Ceux qui se portent bien et qui en ont assez de cette union où ils payent plus qu’ils ne reçoivent. En somme, les riches de l’UE en ont assez de porter à bout de bras les plus démunis, qui ne se réforment pas assez vite et efficacement selon eux. Ce sont avec ces mêmes pays que Charles Michel, président du conseil européen doit composer.

Ce sont également des pays comme la France et l’Allemagne qui vont recevoir assez peu d’aide de ce plan de relance, et vont néanmoins devoir subvenir aux besoins des autres membres plus en détresse, tout en ayant pas les mêmes ressources que les pays nordiques.

Un carrefour pour l’UE

Alors que les Britanniques quittent l’UE, celle-ci fait face à une crise qui est à la fois destructrice mais également l’occasion de changer son fonctionnement. L’occasion de se reposer la question fondamentale, qu’attendons de l’UE ? Une UE économique, politique, social ? Un projet de paix qui suscite bien des tensions entre ses membres, c’est peut-être le moment de se mettre au clair, notamment sur notre capacité à former une véritable union.

Une union c’est un ensemble d’entités qui décident de se réunir et d’avancer main dans la main en se promettant une entraide mutuelle. Or, union signifie bien une agglomération de diverses entités. Et c’est bien cette diversité qui pose problème. En somme, ce sont toujours les plus riches qui vont aider les plus pauvres. Les plus privilégiés de l’union ne gagnent qu’une bonne conscience. Et cela ne semble pas suffire à ces pays qui critiquent une solidarité qui ne va que dans un sens. Les pays du nord de l’Europe viennent en aide aux pays de l’est et du sud de l’Europe, et l’on voit assez peu aujourd’hui comment la situation pourrait s’inverser.

C’est donc un moment important pour l’UE que ce plan de relance, qui incite à la solidarité dans une période difficile. Le 17 et le 18 juillet ce plan sera discuté par les membres de l’UE, pour savoir si l’on se serra les coudes pour sortir ensemble de la crise, et surtout si les pays du nord, accepteront, au nom de l’union, d’apporter leur précieuse aide.

Crédit photo : Claude Truong-Ngoc

Réouverture des cinémas : quelle organisation ?

Les salles de cinéma françaises ont rouvert leurs portes, ce lundi 22 juin. Quelles sont les conditions requises ? Quelle organisation est choisie ? Quels films à l’affiche pour la réouverture des salles noires ? On vous explique tout. 

Bonne nouvelle pour les fans du 7ème art, les cinémas rouvrent leurs portes. Suivant un protocole travaillé, mis en place par la Fédération nationale des Cinémas Français et le gouvernement, de nombreuses mesures sanitaires sont mises en place ou conseillées.  

Tenter le “0 contact” ! 

L’achat des billets et des confiseries en ligne est fortement conseillé afin de tenter le “0 contact” au maximum entre le personnel et les spectateurs.  

La distanciation physique est obligatoire dans les halls, toilettes et autres lieux publics. Dans la salle de cinéma, le siège d’écart n’est pas toujours nécessaire. Le ministre de la Culture, Franck Riester, s’est exprimé sur Europe 1 : “On peut s’asseoir ensemble quand on est dans le même groupe social”. Autrement dit, gardez un siège d’écart entre vous et des inconnus.  

Certains cinémas ont décidé de prendre 30 minutes entre chaque séance pour aérer la salle. Une désinfection régulière des endroits publics, comme les toilettes, et des endroits à contact, comme les poignées de porte, sera également effectuée.  

Les messages de prévention sanitaire qui font notre quotidien depuis quelques mois maintenant seront aussi rappelés avant chaque projection. Du gel hydroalcoolique sera mis à disposition, et distribué.  

Le port du masque de protection n’est pas obligatoire lors de la projection mais fortement conseillé dans les endroits publics du cinéma. Le personnel est obligé d’en porter.  

Mathilde, qui travaille au cinéma LUX de Caen, nous a parlé de ce premier jour de réouverture : « La fréquentation n’est pas énorme mais les gens étaient très contents de revenir et ça, c’est important ! On n’a pas eu de difficultés particulières avec les mesures sanitaires non plus. Tout s’est bien passé. »

Car malgré toutes ces mesures, la réouverture des cinémas reste une bonne nouvelle ! Les films à l’affiche sont partagés entre nouveaux venus, et ceux qui sont sortis au mauvais moment et n’ont pas pu être visionnés.  

Voici 5 films à voir au cinéma dès aujourd’hui   

RADIOACTIVE 

Radioactive : Affiche
© Amazon Studios / StudioCanal

Sortie initiale : le 11 mars 2020. 

Un biopic sur la vie de l’incroyable Marie Curie et ses recherches. Signé Marjane Satrapi et avec Rosamund Pike dans le rôle principal, ce film a déjà charmé la presse.  

VIVARIUM  

Vivarium : Affiche
© XYZ Films

Sortie initiale : le 11 mars 2020.

Un jeune couple emménage dans un nouveau quartier, et s’y retrouvent prisonniers. Avec Jesse Eisenberg et Imogen Poots, ce thriller de science-fiction revient au cinéma pour convaincre les spectateurs.  

De Gaulle 

De Gaulle : Affiche
© Vertigo Productions

Sortie initiale : le 4 mars 2020.

Un film historique sur le général De Gaulle qui décide, en mai 1940, de faire entendre sa voix et appeler à la résistance. En pleine période d’anniversaire des 80 ans de l’appel du général De Gaulle, ce biopic de Gabriel Le Bomin, avec Lambert Wilson, est le film français à voir en ce moment.  

L’ombre de Staline  

L'Ombre de Staline : Affiche
© Boy Jones Films/Film Produkcja/Kinorob

Sortie prévue : le 22 juin 2020.

Encore un film historique à l’affiche cette semaine ! Cette histoire vraie raconte le trajet d’un jeune reporter, Gareth Jones, qui vient d’obtenir une interview d’Hitler. Il veut aller plus loin et s’en va pour Moscou, afin d’en obtenir une de Staline. Mais ce n’est pas une tâche facile. L’ombre de Staline est un film polonais, par Agnieszka Holland. 

Be natural : l’histoire cachée d’Alice Guy-Bloché

Be natural, l’histoire cachée d’Alice Guy-Blaché : Affiche
© Be Natural Productions

Sortie prévue : le 22 juin 2020.

Ce documentaire, par Pamela B. Green, vise à faire connaître au monde entier la première femme réalisatrice, puis productrice de cinéma : Alice Guy-Bloché. 

Un avenir incertain pour les jeunes diplômés face au covid-19

Ils sont des milliers cette année à terminer leurs années d’études supérieures en France. Cette dernière année, jugée primordiale pour l’insertion professionnelle, s’est vu mouvementée par l’apparition de l’épidémie du Covid-19.

La dernière année d’études est synonyme de professionnalisation, d’expérience et de stage pour de nombreux étudiants. L’objectif est de permettre au mieux de rentrer en douceur dans la vie active. Généralement, elle se termine par un stage de plusieurs mois, cela permet aux étudiants d’ajouter une crédibilité à leur parcours et parfois d’être engagé dans l’entreprise en question. Les étudiants dans les branches de l’arts/lettres/langues ont toujours eu plus de difficultés à s’insérer sur le marché du travail. Filières réputées bouchées ou saturées, la fin de leurs études compromises par le Covid-19 ?

Trois étudiantes, qui terminent leurs études, ont bien voulu témoigner pour le journal CAQS. Anaïs en dernière année de bachelor à l’école de journalisme de Nice, Florentine en master de communication à Aix-Marseille et Clémentine en dernière année à l’école de journalisme de Tours, nous décrivent leurs espoirs, leurs difficultés rencontrées et leurs points de vue face à leur avenir professionnel, en période épidémique.

Tous les stages sont retardés

Certains étudiants ont fait leurs stages avant le confinement, c’est le cas pour Anaïs, entre le mois de janvier et février : « premier stage réussit à faire juste avant le confinement, pour les cours c’est une autre histoire ». Cette situation est loin d’être courante, la plupart des étudiants finissent l’année grâce à un stage obligatoire. La future journaliste raconte comment ces derniers mois de cours ont été profondément impactés par le coronavirus. Un apprentissage inédit et dans l’urgence a dû se mettre en place, majoritairement par téléphone ou via une vidéoconférence : « revoir le journalisme d’une autre manière ».

Pour l’étudiante en communication, Florentine, qui avait commencé un stage dans une boîte de production début janvier, elle a vécu une rupture brutale lors de son expérience professionnelle :  » mon stage a donc été interrompu, car c’était impossible de le poursuivre en télétravail. Ce stage était prévu jusqu’à début juillet, mais la boîte de production n’envisage pas de faire reprendre les journalistes en présence physique avant le mois de septembre ». Même constat pour Anaïs :  » beaucoup de stages sont annulés, dans tous les cas, tous les stages sont retardés ». Cette dernière a des difficultés à trouver un stage optionnel pour cet été, essuyant beaucoup de refus pour la période estivale.

Ce sont des occasions manquées

Certains étudiants arrivent quand même à trouver des stages dans leurs domaines de prédilection. Durant le confinement il y a eu beaucoup de stages en télétravail. Pour cet été, certains réussissent malgré tout à trouver des stages à leurs convenances, c’est le cas de Clémentine. Elle voit ainsi son été au complet et très chargé, avec un stage à France Info pour finir avec Ouest-France. Malgré un point d’interrogation pour la suite : « concernant l’entrée sur le marché du travail à partir de septembre, c’est un peu le flou ». Elle a pu remarquer aussi, que de nombreux étudiants en master 2, n’avaient pas eu la possibilité de créer une expérience supplémentaire : « pour énormément de personnes qui ont vu leurs stages annulés, ce sont des occasions manquées pour eux, pour se faire des contacts, pour se faire connaître, de prouver qu’on est capable de faire du bon travail. »

Pour les 14 écoles reconnues par la profession de journaliste, les étudiants ont la possibilité de passer des bourses. Ces bourses sont des concours qui permettent aux meilleurs étudiants de pouvoir tenter leurs chances dans de grandes rédactions. Les personnes qui remportent les bourses peuvent signer un contrat en CDD dans l’une des rédactions. Clémentine, qui se trouve dans l’une de ces écoles reconnues, EPJT Tours, passe une bourse :  » je passe la bourse Dumas de RTL, tout se fera en visioconférence et tout se fera à distance. C’est exactement les mêmes modalités que la bourse en temps normal, c’est-à-dire qu’on aura le sujet le matin même, et qu’on devra réaliser dans la journée un papier radio et un reportage d’une minute trente. On passera devant le jury de RTL, mais certaines bourses ont été annulées, c’est le cas d’Europe 1. »

C’est pour moi une source d’inquiétude

De manière générale, l’entrée à la vie active est souvent une période assez anxiogène pour les jeunes diplômés. Depuis l’arrivée de l’épidémie, une inquiétude plus élevée semble palpable pour les étudiants, toutes filières confondues. Même si certaines semblent être encore plus incertaines. Notamment pour ces filières passionnantes de la sphère lettres/arts/langues, qui attirent chaque année, malgré le taux d’employabilité faible. Pour Clémentine : « c’est un peu le grand flou, mais c’est un peu pareil pour tous les secteurs, mais encore plus pour les médias parce que économiquement, ils sont assez lourdement touchés. »

Même remarque pour Anaïs «  c’est un secteur précaire, des milliers de diplômés sortant d’école en journalisme, déjà tous les gens qui attendent depuis des années, plus compliqué maintenant avec le coronavirus, certaines entreprises de presse ont dû supprimer des emplois. Donc le covid-19 ça fait peur. Cela me stresse énormément de ne pas avoir un travail, j’en cherche, je ne peux pas espérer quelque chose d’ici cet été, j’ai un emprunt sur le dos. » Pour Florentine, en dernière année de communication, cette émotion semble partagée :  » l’épidémie de Covid-19 est pour moi source d’inquiétudes, parce qu’elle fragilise encore plus le marché du travail et insertion professionnelle des étudiants diplômés. Concernant mon avenir, je ne suis pas très optimiste et je pense qu’il faudra un certain temps pour que je puisse trouver mon premier CDD ».

21 mai 1871 : Paris brûle, Paris saigne

Le « 28 janvier 1871, Paris affamé capitulait », laissant derrière elle l’Alsace, la Lorraine et le goût amer de la défaite face aux Prussiens. Le gouvernement d’Adolphe Thiers s’exile à Versailles laissant derrière lui un peuple révolté. La « Commune de Paris »  est née avec ses barricades et assume le pouvoir dans la Capitale. Le 21 mai 1871 seulement, l’assaut est lancé, sonnant le glas d’un des épisodes les plus sombres du mouvement révolutionnaire : la semaine sanglante.

« Les secousses politiques qui depuis 60 ans ne cessent d’ébranler la France, lui ont donné profondément à réfléchir sur l’influence que Paris a exercée jusqu’ici sur ses destinées. Elle paraît désormais bien décidée à ne plus courber son front devant les tribuns ambitieux et la petite armée d’émeutiers qui ont placé le centre de leur propagande au sein de la capitale, afin d’exploiter à leur profit l’influence morale et légitime qu’elle exerce sur tout le reste du pays. Cependant, se maintenir en possession de la capitale sera toujours le but le plus important du gouvernement. Si la politique ne le lui demandait pas, l’honneur et l’humanité lui en feraient une loi impérieuse, il ne pourrait pas abandonner sans crime la grande cité à l’affreuse tyrannie de l’émeute. Il faut donc se mettre en mesure par tous les moyens que peut suggérer l’art et la prévoyance, de rester maître de Paris. ».

Le général Bugeaud, « L’homme de la rue Transnonain », écrit ce texte en 1849. Explicite au plus haut point sur la lutte contre le prolétariat, l’État français décide d’en empêcher sa publication. La fin d’une perspective révolutionnaire résonnait dans l’idéal d’Adolphe Thiers, s’agissant de « jeter le drapeau rouge aux oubliettes de l’histoire. L’objectif était de mettre fin à la dangerosité de la classe prolétaire qui se manifestait bien trop impétueusement depuis 1789 » écrivait en 2013 le groupe « prolétaires internationalistes ».

 

« Paris sera soumise à la puissance de l’État »

 

À la fois une réaction à la défaite française de la guerre franco-prussienne de 1870 et au siège de la capitale, la Commune de Paris marque la scission entre une majorité monarchiste à l’Assemblée nationale et le « rouge »  du Paris républicain. La répression résonne dans les paroles conservatrices dès le début du soulèvement. « M. Thiers ne veut rien faire qui contrarie les rouges (…) Saint Thiers a pour ces abominables scélérats des tendresses paternelles » écrivait la Comtesse de Ségur. Pour marquer la fin de cette insurrection, le massacre s’engage, apaisant ainsi les maux des élites conservatrices appelant à écraser la  « vermine rouge ». « Il reste à M. Thiers une tâche importante : celle de purger Paris. Jamais occasion pareille ne se présentera (…) Allons, honnêtes gens, un coup de main pour en finir avec la vermine démocratique et sociale, nous devons traquer comme des bêtes fauves ceux qui se cachent » pouvait-on lire dans un article du Figaro.

« Paris sera soumise à la puissance de l’État comme un hameau de cent habitants ! » – Adolphe Thiers

Dimanche 21 mai 1871, entre 14 heures et 15 heures, Paris, sur la rive droite en aval de la Seine, se situe la porte du Point-du-Jour. Jules Ducatel, piqueur des ponts et chaussées et indicateur de l’armée républicaine, alerte les troupes régulières versaillaises. Le point d’accès n’est plus gardé, totalement à l’abandon, l’occasion parfaite pour lancer le siège. L’ordre est donné par Adolphe Thiers référé par le général Douay, lui-même informé par le capitaine de frégate Auguste Trève. La division Vergé est alors guidée par Jules Ducatel, jusque-là sous haute surveillance. Les troupes craignant une ruse des fédérés. Direction le Trocadéro sous commande du colonel Piquemal. L’armée prend à revers les principaux points de révolte, à savoir les barricades, afin d’encercler la Capitale.
L’occupation avance, passant par Passy, Auteuil… Les quelques 100 000 Versaillais de  Mac Mahon sont pour la plupart jeunes et inexpérimentés. Mais les Communards, sous l’aile républicaine de Louis Charles Delescluze, ne font pas le poids face aux quelques soixante-dix mille Versaillais qui infiltre la petite ceinture. Des tribunaux sont construits à la hâte, on les appelle « cours prévôtales ». Ils prennent place au Châtelet, dans les prisons et autres institutions, à l’image de l’École polytechnique.

 

« On traque, on enchaîne, on fusille tous ceux qu’on ramasse au hasard. »

 

Écrite en 1871 à Paris pendant les combats de la Commune de Paris, « La Semaine sanglante » est une chanson révolutionnaire de Jean Baptiste Clément. Riche de référence, la terreur de Robespierre en prend pour son grade. Si elle a bien eu lieu un siècle plus tôt, une répression aussi sanglante et un monarchisme tyrannique de même ampleur couvrent la critique qui se glisse dans les vers de la chanson. Ce dimanche de mai, annonce les prémices d’une « terreur tricolore ». Les maisons sont fouillées, les arrestations s’enchaînent. Les premiers massacres sont perpétrés par la Garde nationale de l’Ordre, policiers et gendarmes. Des personnes fichées sont parquées dans des endroits perquisitionnés pour y être fusillés.

Plusieurs femmes défendant la barricade de la place Blanche
La Prise de Paris, Lithographie, musée Carnavalet, Paris.

Une semaine, c’est ce qu’il aura fallu à l’armée versaillaise pour reprendre Paris. Elle se termine le dimanche, au Père Lachaise au corps à corps. On estime qu’un peu plus de 20.000 personnes ont perdu la vie lors des affrontements, environ 40 000 ont été arrêtés, s’en suivra environ 50.000 jugements. Niveau matériel, plusieurs bâtiments partent en fumée, parmi lesquels le palais des Tuileries, le palais de Justice gothique, l’Hôtel de Ville hérité de la Renaissance, le Palais-Royal et le palais d’Orsay.

Du dimanche 21 mai au dimanche 28, la semaine sanglante fut la réponse de l’État se soldant par l’écrasement de la révolte. Cet événement terni l’image du chef de l’exécutif Adolphe Thiers à tout jamais. Clémenceau écrivait à son sujet : « Thiers, le type même du bourgeois cruel et borné, qui s’enfonce sans broncher dans le sang ».

Image mise en avant : Henri Félix Emmanuel Philippoteaux, Bataille du cimetière du Père-Lachaise (1871), Bordeaux, musée d’Aquitaine.

Municipales : le verdict du second tour divise les politiques

Le second tour des municipales serait prévu en juin pour toutes les communes sans élus. Le conseil scientifique a rendu son verdict ce lundi 18 mai au Premier ministre, avec une avance de 5 jours sur la date initiale du 23 mai. Les réactions politiques sont divisées après le rendu de la décision du conseil scientifique.

Le conseil scientifique a rendu un rapport de 13 pages au Premier ministre concernant la décision de l’organisation du second tour des élections municipales. Il préconise, 15 jours avant la date du scrutin, une mise au point sur la situation épidémiologique. Suite à ce rapport, l’exécutif se prépare à enclencher le processus pour le second tour.

Le conseil scientifique remarque une nette amélioration sur la situation sanitaire depuis le début du confinement. Le rapport émet des réserves en raison du risque sanitaire que représentent les municipales : « si des élections sont organisées, l’organisation de la campagne électorale devra être profondément modifiée ». Il sera difficile, reconnaît le rapport, de transformer les écoles en bureau de vote : « par ailleurs, d’éventuelles difficultés d’organisation du scrutin dans des écoles » se créeraient, pour cause, « des protocoles d’organisation sanitaire exigeants » sont déjà mis en place.

Comment va s’organiser le scrutin ?

Sur l’organisation du scrutin, le conseil scientifique donne des pistes pour le représentant de l’État, comme laisser s’organiser les collectivités locales, pour faire du cas par cas. Afin d’éviter les dépôts de candidatures, plusieurs dispositions sont proposées :

  • Organiser le dépôt de candidatures en sous-préfectures seulement.
  • Imposer aux candidats de prendre rendez-vous avant de se rendre en préfecture ou sous-préfecture.
  • Limiter le nombre de personnes déposant une candidature.
  • Rendre obligatoire le port du masque pour les candidats.
  • Limiter la durée des rendez-vous.

Pour les campagnes électorales, le respect des règles est très stricte : pas de rassemblement. La distanciation physique étant difficile à appliquer, cela compliquerait davantage la tâche des candidats.

Les règles de sécurité fixées depuis le début de la crise devront être appliquées :

  • File d’attente permettant d’accueillir les personnes à risques.
  • L’ouverture des portes et des fenêtres, afin d’aérer et de ventiler le bureau de vote.
  • Une barrière en plexiglas.
  • Le port du masque.
  • Lavage des mains.
  • Stylo personnel.
  • La distance de sécurité.
  • Étendue des horaires d’ouverture des bureaux de vote.

Pas de grande surprise

Les maires élus au premier tour, le 15 mars, sont rentrés en fonction ce lundi 18 mai. Pour les autres communes, les maires et leurs administrés attendent la décision du Premier ministre. Le locataire de Matignon a reçu le rapport du conseil scientifique sur le sujet ce lundi. Avant même la publication de ce rapport, certains maires comme Anne Hidalgo (maire PS de Paris), Christian Estrosi (maire LR de Nice) ainsi que 34 maires ont demandé l’organisation du « second tour pour les élections municipales dès le mois de juin » dans le Journal du dimanche du 17 mai. Le conseil scientifique ne leur ont pas donné tord quant à la date des prochaines élections. Certains heureux et d’autres sceptiques.

Encore divisés sur la date

Des élus et des maires ne sont pas favorables à la date donnée fin juin par le conseil scientifique. Pour le Rassemblement national, le conseil scientifique n’a pas donné d’avis clair et tranché.

L’association des Maires de France (AMF), présidée par François Baroin, a signifié qu’elle ira dans le sens du conseil scientifique, uniquement si les conditions sanitaires le permettent.

Covid-19 : « donnez-moi un musée et je le remplirai »

Alors que la France entre dans sa phase de déconfinement, plusieurs établissements ont rouvert leur porte. Le ministre de la Culture, Franck Riester, avait annoncé que les « petits musées », qui n’impliquent pas « des déplacements importants en dehors d’un bassin de vie ou du département, pourraient rouvrir à partir du 11 mai ». Il ajoute que les propriétaires publics ou privés ont la responsabilité « de voir s’ils sont en capacité de respecter les préconisations ». Indissociable du respect des recommandations sanitaires, les musées et autres sites culturels font leur rentrée dans un contexte inédit.

 

« Redonner accès à la culture »

 

Se réinventer face à la crise et poser les grands principes de cette réouverture : des objectifs que ces quelques musées comptent bien appliquer. Au 98 rue Saint-Denis à Paris, le musée de l’illusion, en place depuis six mois, ouvre le bal. Initialement en capacité d’accueillir 200 personnes, l’affluence est désormais limitée à 70 visiteurs. Un sens de visite imposé, distanciation sociale, gel hydroalcoolique, réservation obligatoire, etc. Les expositions restent les mêmes mais les règles changent. Les panneaux indicatifs sont nombreux, nous pouvons y lire « pas plus de deux personnes en même temps dans cette pièce ! ».

Seulement trois jours d’ouverture mais les visiteurs sont au rendez-vous. Après deux mois de confinement, « les gens sont ravis de revenir, de renouer avec la culture, c’est un sentiment de liberté pour eux » nous indique Steven Carnel co-fondateur du musée. Un sentiment partagé par le personnel du musée « C’est d’autant plus agréable de pouvoir réguler les visites, il y a moins de monde ».

Du côté d’Épinal (42, quai de Dogneville), dans le département des Vosges, le musée de l’Image a également ouvert ses portes, mardi 12 mai, après deux mois de pause. Si le public est de nouveau autorisé à profiter des expositions, de nouvelles dispositions accompagnent cette réouverture. Sécurité oblige : les casques audio, les livrets de visites ainsi que les bornes d’accueil sont régulièrement désinfectés. Les salles d’expositions accueillent le public en fonction d’une jauge bien définie et du gel hydroalcoolique est mis à la disposition des visiteurs.

La situation apporte également son lot de contraintes, le musée a dû « annuler jusqu’à nouvel ordre : l’accueil des groupes, enfants et adultes, de 10 personnes et les visites commentées et ateliers pédagogiques » assure la directrice du musée, Christelle Rochette, dans un communiqué. Initialement prévue jusqu’au 30 mai, l’exposition « Loup ! Qui es-tu ? » du musée de l’Image, qui avait rencontré un vif succès, accueillera tous les visiteurs jusqu’au 20 septembre.

Il faudra attendre vendredi 15 mai pour découvrir ou redécouvrir les expositions de l’Institut Giacometti avec une « Charte du visiteur » à respecter. Le musée pose ses conditions : une distance physique d’1m50 minimum ou encore, la réservation obligatoire d’un créneau de visite en ligne. Le musée Soulages de Rodez, le domaine Pommery à Reims, le musée Fabre à Montpellier ou encore le musée des Beaux-Arts à Agen se préparent quant à eux à accueillir les visiteurs dans les prochains jours.

 

Incertitudes chez « les grands »

 

D’autres musées s’interrogent toujours sur les critères définissant les « petits musées », préférant repousser leur ouverture. Il faudra attendre début juin pour avoir la chance de contempler les expositions toujours en cours, à l’instar de « Cézanne » qui sera de nouveau accessible au musée parisien Marmottan Monet. Les monuments, sites et autres musées gérés par le Centre des monuments nationaux (CMN) gardent portes closes jusqu’à une éventuelle réouverture fin juin ou mi-juillet. Pour les plus grands (le Louvre, le musée d’Orsay, le Centre Pompidou, le Palais de Tokyo), il faut espérer une réouverture durant la période estivale et sous certaines conditions. Les annonces du Premier ministre Édouard Philippe, le 2 juin, confirmeront ou non, le calendrier prévisionnel.

Déconfinement : objectif 700.000 tests virologiques

Olivier Véran a déclaré ce lundi que la France avait pour objectif de tester 700.000 personnes par semaine. Aux premiers jours du déconfinement, le compte n’y est pas.

« Oui, on est prêts à effectuer 700.000 tests par semaine », rassure Olivier Véran. Une déclaration qui laisse planer des doutes sur la réalité de la politique des tests dans le pays. Le 25 avril, le ministre de la santé avait déjà donné cet objectif chiffré pour le déconfinement. Mais à l’époque on ne faisait que 35.000 par jour, soit 245.000 tests par semaine. Sur la même période, l’Allemagne réalisait le double de tests, aujourd’hui, nous devons en faire le triple.

« On est même prêts en théorie à en faire plus que ça. On doit tester toutes les personnes qui doivent être testées. On est prêts à le faire. D’ici quelques jours on aura le nombre précis de tests faits et à partir de là on saura combien de personnes sont positives », a-t-il annoncé. Mais en réalité, le président de la République a lui-même ouvertement assumé que seuls les cas symptomatiques seront testés, ce qui limite le nombre de tests à faire sur des potentiels malades.

Dans le monde hospitalier, le personnel est sceptique. « Nous ne sommes pas assez équipés pour réaliser autant de tests. Cela nécessite du personnel mobilisé et une augmentation des machines qui contrôlent les tests. Mais le personnel est usé et les machines ne sont pas assez nombreuses » nous rétorque une infirmière du CHU de Montpellier.

Tests virologiques ou tests sérologiques ?

Selon le ministre de la Santé, Olivier Véran, la valeur médicale d’un test sérologique n’a pas prouvé son efficacité. Les tests évoqués seront donc des tests virologiques. Le seul problème est que ces tests répondent à la positivité d’un patient à l’instant précis seulement où il effectue le test. Le patient testé peut ainsi être négatif le jour du test et positif le lendemain.

Le conseil scientifique a quant à lui recommandé les tests sérologiques. Selon le Professeur et Chercheur Philippe Sansonetti : « cela pourrait être important à évaluer, au moins au niveau naso-pharyngé, dans Covid-19. Il semble que les sujets porteurs asymptomatiques ne montrent pas de trace de réponse nette d’anticorps, leur sérologie peut être faiblement positive, retardée ou négative. Il se pourrait pourtant que ces sujets aient développé une réponse muqueuse au moins protectrice au niveau de la porte d’entrée du virus, le rhino-pharynx ».

Plusieurs formes de tests sérologiques

Il existe 3 tests sérologiques :

  • Le Test de Diagnostic Rapide (TDR). Le résultat est connu en 10/30 minutes. Il peut utiliser une petite quantité de sang prélevé au bout du doigt, de la salive ou lors d’un écouvillonnage nasal. Pour le Covid-19, ils détectent les anticorps.
  • Enzyme-linked immunosorbent assay (ELISA). Le résultat sort en 1 à 5 heures. Il est révélé dans une seconde étape par une réaction enzymatique ou par fluorescence.
  • Tests de neutralisation. Le résultat est connu dans les 4 à 5 jours après avoir réalisé le test. Cela a été utilisé par l’Institut Pasteur à Crépy-en-Valois. Il est de réalisation plus complexe, car il démontre l’effet neutralisant de l’infection cellulaire par les anticorps spécifiques détectés par les méthodes précédentes.

Pour de nombreux médecins, l’État devra en venir aux tests sérologiques afin de pouvoir mieux maîtriser le Covid19 et sa contagion.

La réouverture des librairies en demi-teinte

Après plus de deux mois de fermeture liée au confinement total de la population, les librairies ont rouvert leurs portes hier, pour le plus grand bonheur de leurs lecteurs assidus.

« Cela fait plaisir de revoir nos clients, mais c’est tout de même un peu stressant » raconte Maria Defour, directrice de la librairie Forum à Saint-Étienne. Une phrase qui résume bien la situation. Les librairies, ayant fermé leurs portes suite à l’annonce du confinement, sont heureuses de pouvoir reprendre leur activité. Cela représente un redressement des finances, après un chiffre d’affaires nul pendant deux mois. Mais c’est aussi une joie de voir leurs clients fidèles revenir malgré la peur du virus. « Quand des clients nous disent qu’on est ce qui leur a le plus manqué pendant le confinement, ça fait plaisir », confie Maria.

La librairie était bondée, ce lundi, « c’était comme un petit samedi ». Les consignes de sécurité liées à la pandémie ont dû limiter le nombre d’entrées. À Forum, une librairie de presque 1000 mètres carrés, il a fallu enlever la surface occupée par les rayonnages. Elle ne peut donc pas accueillir plus de 50 personnes en même temps. Afin de faire respecter cette restriction, la librairie a mis en place des cartes qui sont obligatoires pour entrer. D’autres aménagements ont dû être faits afin de respecter la distanciation sociale des clients, comme une table qui sépare l’entrée de la sortie, habituellement les mêmes, des marquages au sol près des caisses et points d’information et un distributeur de gel pour les clients. Cependant, les masques et gants ne sont pas obligatoires : « On y a réfléchi mais ce n’était pas possible à cause de la pénurie » explique Maria. Ces derniers sont toutefois forts recommandés.

Un panier de cartes pour rentrer dans la librairie Forum – @CAQS

La sécurité est également assurée du côté du personnel. Il a été très difficile de trouver des masques, « deux entreprises nous ont fait faux bond, j’ai donc dû demander à une amie couturière de nous en fournir ». En plus des masques, les employés sont protégés par des écrans de protection sur les caisses et points d’information. Ils ont également à disposition du gel hydroalcoolique. Toutes ses protections ont été trouvées localement par la directrice.

Le respect des consignes, un travail constant

Il y a quand même un défi, celui de faire adopter à tous, des réflexes et habitudes. Les employés oublient quelques fois de désinfecter le téléphone après chaque appel. Une part minime des clients négligent même totalement les précautions à l’entrée, « il faut faire preuve de pédagogie avec ces gens-là ». Cependant la plupart des clients se sont montrés très compréhensifs dans cette atmosphère un peu spéciale.

Ce premier lundi de déconfinement a été une journée très éprouvante pour les libraires, heureux de revoir leurs clients fidèles mais aussi stressés car « il faut être toujours attentif au respect des consignes ». Maria espère avoir toujours autant de monde dans les prochains jours, malgré le stress que cela implique, afin de tourner la page du confinement.

Carte : ces départements qui risquent de rester confinés le 11 mai

Pour faire cette carte, CAQS a récolté les informations concernant le nombre de lits totaux en réanimation datant de 2018 (chiffres de Santé Publique France et DREES). Nous avons calculé le pourcentage du nombre de patients en réanimation dans chaque département en fonction des capacités d’accueil de chacun. Les départements les plus sous tensions sont en rouge foncé, les moins tendus en vert foncé.

Les départements où il y a plus de patients Covid que de lits recensés en 2018

  • Haute-Marne (52) : 225%
  • Seine-Saint-Denis (93) : 190%
  • Ardèche (07) : 187,5%
  • Vosges (88) : 175%
  • Seine-et-Marne (77) : 168,8%
  • Val d’Oise (95) : 168,3%
  • Meuse (55) : 162,5%
  • Essone (91) : 157,3%
  • Haut-Rhin (68) : 147,1%
  • Val-de-Marne (94) : 144,9%
  • Creuse (23) : 137,5%
  • Aube (10) : 133,3%
  • Hauts-de-Seine (92) :132,9%
  • Moselle (57) : 131,8%
  • Mayenne (53) : 125%
  • Yvelines (78) : 123,8%
  • Bas-Rhin (67) : 121,6%
  • Oise (60) : 119,4%
  • Aisne (02) : 117,6%
  • Territoire-de-Belfort : 116,7%
  • Jura (39) : 112,5%

Entre 80 et 100% : les départements au bord de la rupture

  • Loir-et-Cher (41) : 100%
  • Haute-Saône (70) : 100%
  • Paris (75) : 99,4%
  • Loire-Atlantique (45) : 98%
  • Drôme (26) : 95,8%
  • Doubs (25) : 95,3%
  • Eure-et-Loire (28) : 95%
  • Haute-Savoie (74) : 94,1%
  • Meurthe-et-Moselle : 92,6%
  • Saône-et-Loire (71) : 92,3%
  • Indre (36) : 86%
  • Hautes-Alpes (05) : 87,5%
  • Côte d’Or (21) : 85,7%
  • Eure (27) : 83,3%
  • Loire (42) : 82%
  • Vaucluse (84) : 81,3%

Entre 60% et 80% de lits occupés : les départements sous tension

  • Pas-de-Calais (62) : 76,5%
  • Yonne (89) : 76%
  • Ardennes (08) : 75%
  • Nord (59) : 73,6%
  • Rhône (69) : 73,4%
  • Corrèze (19) : 73,3%
  • Morbihan (56) : 72,7%
  • Ain (01) : 68,2%
  • Orne (61) : 62,5%
  • Somme (80) : 65,2%
  • Vendée (85) : 61,1%

Entre 40% et 60% de lits occupés : Un pied de chaque côté

  • Corse-du-Sud (2A) : 60%
  • Alpes-Maritimes (06) : 59,6%
  • Allier (03) : 58,3%
  • Bouches-du-Rhône (13) : 57,3%
  • Var (83) : 56,7%
  • Savoie (73) : 55,6%
  • Gard (30) : 55,1%
  • Marne (51) : 55%
  • Gers (32) : 50%
  • Nièvre (58) : 50%
  • Aude (11) : 43,75%
  • Sarthe (72) : 42,9%

Entre 20% et 40% : les départements qui maîtrisent l’épidémie

  • Charente-Maritime (17) : 40%
  • Seine-Maritime (76) : 39,8%
  • Indre-et-Loire (37) : 38,4%
  • Tarn (81) : 37,5%
  • Cantal (15) : 37,5%
  • Maine-et-Loire (49) : 36,4%
  • Côtes d’Armor (22) : 35,7%
  • Manche (50) : 35,7%
  • Isère (38) : 35,4%
  • Hautes-Pyrénées (65) : 33,3%
  • Tarn-et-Garonne (82) : 33,3%
  • Alpes-de-Hautes-de-Provence (04) : 33%
  • Loire-Atlantique (44) : 29,9%
  • Landes (40) : 28,6%
  • Calvados (14) : 27,3%
  • Haute-Garonne (31) : 27,3%
  • Lot-et-Garonne (47) : 27,2%
  • Gironde (33) : 25,1%
  • Deux-Sèvres (79) : 25%
  • Pyrénées-Orientales (66) : 25%
  • Lot (46) : 25%
  • Hérault (34) : 25%
  • Haute-Corse (2B) : 25%
  • Cher (18) : 25%
  • Haute-Vienne (87) : 23,1%
  • Île-et-Vilaine (35) : 22,7%
  • Finistère (29) : 20,3%

Moins de 20% : les départements épargnés par le Coronavirus

  • Aveyron (12) : 18,2%
  • Puy-de-Dôme (63) : 17,3%
  • Charente (16) : 16,7%
  • Vienne (86) : 16%
  • Dordogne (24) : 15,8%
  • Pyrénées-Atlantiques (64) : 13,5%
  • Haute-Loire (43) : 12,5%
  • Ariège (09) : 12,5%
  • Lozère (48) : 0%

Quel gouvernement pour demain ?

De plus en plus de proches du président en sont persuadés, le lendemain de la crise sanitaire sera l’heure d’une refonte profonde de l’exécutif. Quels visages pour la Macronie de demain ?

L’aile gauche et l’aile droite de LREM remuent toutes leurs troupes pour tenter d’influencer le président de la République dans sa réflexion. Une réflexion claire, mais les incarnations restent encore floues pour le moment. « Le constat, c’est qu’il a donné quelques pistes : rien ne sera comme avant, il va falloir se réinventer, on va changer l’agenda politique », résume un proche d’Emmanuel Macron.

Virage à gauche ?

Après une crise sociale difficile pour Emmanuel Macron avec les Gilets jaunes, le président de la République doit faire face aux mauvais côtés de la mondialisation pendant la crise sanitaire. Donald Trump volant des masques chinois à la France, les prix des fruits et des légumes qui flambent, la façon dont la mondialisation a évolué est très critiquée. L’objectif est un tournant écologique et social.

Avant de tout changer, Emmanuel Macron doit montrer qu’il a lui-même changé. Pendant la crise, le chef de l’État n’a pas hésité à employer des termes marquants comme le fameux « quoiqu’il en coûte ». Une expression utilisée dans un contexte qui va à l’encontre de la doctrine libérale soutenue par le président. Désormais, c’est le temps de l’État. Et cet étatisme doit aider les plus démunis, les plus vulnérables en temps de crise. Tout l’inverse d’un président des riches.

Le président de la République pourrait donc fixer le cap sur un plan de relance, un « Green Deal » européen voire même, miser sur la flexibilité des entreprises.

Quel calendrier ?

« Il est en train de réfléchir. Il y a moyen de renverser un certain nombre de choses, faire jouer les corps intermédiaires, les syndicats, les associations, faire jouer la première et la deuxième ligne pour faire reconnaître un certain nombre » de citoyens, affirme un cadre de la majorité.

Des dates circulent pour mettre en oeuvre ce nouveau cap. Certains pensent au 14 juillet, d’autres à l’occasion d’un grand discours en juillet ou durant le campus d’été de LREM organisé en septembre prochain. Un campus qui pourrait avoir lieu à Nantes. Et ce n’est pas anodin.

Les personnalités rayées de la liste

Si la course aux ministères connaît de nombreux prétendants, certains ont peu de chances. Édouard Philippe en fait partie. À Matignon depuis 2017, les rapports avec Emmanuel Macron sont bons mais le Premier ministre a fait son temps. Il n’incarne plus cette nouvelle politique que souhaite amener le chef de l’État.

Manuel Valls, Premier ministre sous François Hollande, ne semble pas être dans la liste des mieux placés pour cette nouvelle incarnation. Emmanuel Macron avait été son ministre de l’Économie pendant 2 ans et les rapports entre les deux hommes étaient délicats. Malgré les nombreux tweets de soutien de Manuel Valls pour le chef de l’État, cela ne suffit pas.

Ségolène Royal ne sera probablement pas de la partie. Remerciée pour le poste d’ambassadrice des pôles qu’elle a plus ou moins occupée, elle est devenue une fervente militante anti-Macron. Trop clivante et pas assez rassembleuse, Ségolène Royal ne parle pas à l’aile droite LREM.

Les pistes envisagées par l’Élysée

Emmanuel Macron veut mettre les maires au coeur des décisions. Nathalie Appéré à Rennes, une maire de gauche, ancienne socialiste, désormais Macron-compatible et Johanna Rolland, maire de Nantes, du même profil, pourraient être les visages du gouvernement de demain.

Certains au sein de l’exécutif actuel pourraient être maintenus. C’est le cas de Gérald Darmanin, actuellement ministre du budget qui pourrait passer à l’intérieur. Un visage jeune, issue de la droite modérée et sarkozyste.

Si l’écologie doit être au coeur de cette nouvelle politique, Yannick Jadot serait légitime à intégrer un grand ministère de l’Écologie. Figure d’Europe Écologie Les Verts (EELV), il a incarné la renaissance de son parti à travers les résultats des élections européennes l’année dernière et du 1er tour des élections municipales.

Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France, est une figure crédible et sérieuse pour Matignon. Très populaire à droite, ministre de la Santé pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy et pas clivant pour l’aile gauche de LREM. Il regroupe de nombreux atouts pour devenir le nouveau 1er ministre.

Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, est une autre personnalité forte de l’exécutif actuel. Issu du PS, déjà ministre sous François Hollande, Jean-Yves Le Drian a, de suite, soutenu Emmanuel Macron en 2017. Le ministre a pu rester dans le gouvernement sous Édouard Philippe avec une appellation de son ministère transformée. Image d’un homme d’expérience, qui connaît très bien les relations internationales, il pourrait avoir sa place à Matignon pour succéder à Édouard Philippe.

Bernard Cazeneuve, une autre personnalité populaire de la gauche, pourrait avoir sa place à Matignon. Ministre de l’Intérieur sous Manuel Valls, puis Premier ministre à la fin du quinquennat de François Hollande, le président de la République a échangé régulièrement avec lui durant ces dernières semaines.

L’objectif de l’Élysée est de bien entourer le président de la République afin qu’il soit sous son meilleur jour pour la prochaine présidentielle. Le « et en même temps » est plus que jamais au coeur du pouvoir.