Remaniement : la nouvelle équipe annoncée par l’Elysée

Le gouvernement de Jean Castex, vient d’être annoncé cet après-midi aux alentours de 19h. Voici la liste des différents ministres désignés pour mener le quinquennat d’Emmanuel Macron jusqu’au bout.

Une « vingtaine de ministres avec de nouveaux talents et des personnalités venues d’horizons différents », voilà ce qu’avait affirmé l’équipe du président de la République dimanche. Les nominations seront progressives avec d’abord l’annonce des principaux ministres aux commandes ce lundi suivi des secrétaires d’état et délégués quelques jours plus tard. Il est à noter que l’ancienne équipe comptait 19 ministres (dont délégués) et environ 16 secrétaires (dont adjoints).

La nouvelle équipe qui occupera les chambres de l’Elysée a été soigneusement préparée par le président et le Premier ministre. Plusieurs options ont été employées, des membres de l’Assemblée auraient déjà reçues des propositions comme la présidente du Parti socialiste.

Mais gardons l’œil plutôt sur la sélection faite par Emmanuel Macron. Tout d’abord les ministres qui restent depuis leur entrée en fonction en 2017 :

  • Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé
  • Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse
  • Roxana Maracineanu, ministre déléguée aux Sports
  • Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance
  • Marlène Schiappa, ancienne secrétaire chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes, nommée ministre déléguée chargée de la citoyenneté
  • Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères et de l’Europe
  • Florence Parly, ministre des Armées
  • Franck Riester, ancien ministre de la Culture est nommé ministre délégué au Commerce extérieur
  • Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement
  • Elisabeth Borne, ancienne chargée des Transports, maintenant ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion
  • Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation 

Du côté des nouveaux, nous retrouvons :

  • Barbara Pompili, ministre de la Transition Écologique
  • Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur
  • Le célébrissime Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice
  • Roselyne Bachelot, ministre de la Culture
  • Annick Girardin, ministre de la Mer
  • Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publique
  • Elisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l’égalité femmes-hommes
  • Geneviève Darrieussecq, ministre de la mémoire et des anciens combattants, auprès de Florence Parly
  • Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation

Les ministres délégués :

  • Ministre délégué aux Relations avec le Parlement : Marc Fesneau
  • Ministre déléguée au Logement : Emmanuelle Wargon
  • Ministre délégué aux Transports : Jean-Baptiste Djebbari
  • Ministre délégué aux Comptes publics : Olivier Dussopt
  • Ministre déléguée à l’Industrie : Agnès Pannier-Runacher
  • Ministre délégué aux PME : Alain Griset
  • Ministre déléguée à l’Insertion : Brigitte Klinkert
  • Ministre déléguée chargée de la Ville : Nadia Hai
  • Ministre déléguée à l’Autonomie : Brigitte Bourguignon 
  • Secrétaire d’Etat, porte-parole du gouvernement : Gabriel Attal

Comme convenu, Chrsitophe Castaner, Sibeth Ndiaye, et Nicole Belloubet sortent. Une nouvelle conférence du président de la République est attendu le 14 juillet à l’occasion de la fête nationale.

L’Assemblée nationale sous tension

La création d’un nouveau groupe parlementaire fait des émules au palais Bourbon et son impact sur le monde politique post covid-19 se joue dans les prochains jours.

On a presque cru à un apaisement lorsque le 11 février au soir, les députés de la majorité étaient reçus à l’Élysée. Ce soir-là, on retrouvait le président, de nouveau en campagne, face à des parlementaires blessés et déçus par l’exécutif, par les sermons venus du palais et par un sentiment d’inutilité. Il fallait plus qu’une séance de câlinothérapie pour les 320 invités du président, ils demandaient des promesses. Emmanuel Macron a su resserrer les rangs à gauche, en parlant d’une fin de quinquennat sociale et écologique, d’un « après réforme des retraites » qui ne serait plus comme avant.

Mais, une fois la tension redescendue par le discours du Faubourg-Saint-Honoré, parlementaires, exécutif ainsi que toute la France, sombrèrent dans la crise du coronavirus et de ses imbroglios politiques. Les travers de l’exécutif que dénonçaient l’opposition et des dissidents de la majorité, ont été ressuscités et exacerbés. Si l’actuel quinquennat est marqué par la volonté de faire vite, presque dans une urgence permanente, le gouvernement a dû répondre à une urgence réelle.

Face à des députés déjà « exténués » par l’étude de la réforme des retraites, comment augmenter la cadence et faire voter promptement une loi d’état d’urgence sanitaire ou un plan de déconfinement ? La distanciation sociale n’aidant pas, les élus n’étaient que 75 dans l’hémicycle lors de la prise de parole d’Édouard Philippe. Modification expresse de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, parlementaires en nombre réduit, absence de temps pour étudier les textes, les députés ont été pressés et les tensions sont naturellement revenues.  

Écologie, démocratie, solidarité

L’union nationale, comme face à toute tragédie a donc été de courte durée. Début avril, des rumeurs de sécessions chez les macronistes circulaient dans les couloirs du palais Bourbon. Mardi 19 mai, cela sera officiel ; 11 députés LREM quitteront leur groupe parlementaire pour rejoindre le nouveau-né de l’hémicycle « Écologie, Démocratie, Solidarité ». Autour de Matthieu Orphelin, seuls 22 députés au total pour le moment, mais certains noms connus du grand public. On devrait y retrouver Cédric Villani, candidat à la mairie de Paris mais aussi Delphine Battot, ancienne ministre de François Hollande.

Si les membres du groupe seront officialisés lors d’une visioconférence de presse en fin de matinée mardi, on peut déjà présager une émulation à gauche, chez les verts et au sein de la majorité. Même le PS n’échappe pas à la tentation de quelques députés de rejoindre le 9e groupe parlementaire. La combinaison gagnante de 2022 serait alors l’écologie sociale ? Pas seulement. La volonté du groupe est aussi de faire valoir la voix des députés, des territoires, et ne pas laisser un exécutif trop libre de ses mouvements. L’appel à l’origine de ce nouveau groupe évoque même un salaire minimum dès l’âge de 18 ans. 

Un impact sur l’après Covid-19

Mais la confusion et l’hégémonie autour de ce groupe lui ont, d’ores et déjà, été défavorables. La République en marche, ses whips et ses cadres ont recadré les députés et notamment ceux qui comptaient parmi les 58 signataires de cet appel. Soustraction faite, ils ne seront que 11 LREM ou apparentés à être de la partie, mardi. Et la contre-attaque de la majorité n’a cessé de grandir depuis. Outre les coups de pressions sur les indécis, un pôle écologiste a été créé autour de l’ancienne écologiste Barbara Pompili et Hugues Renson. Une manière de garder les frondeurs pour LREM et de ne pas oublier les promesses présidentielles du 11 février.

Il paraît cependant peu probable qu’un simple pôle interne puisse contrecarrer les projets des députés sécessionnistes. Le départ des 11, aura un impact surtout symbolique et stratégique sur l’action législative. LREM perdra certes, sa majorité absolue, mais le concours des groupes MODEM et AGIR devraient permettre de faire voter les futures lois sans encombre. Cependant, ces mêmes groupes pivots à l’Assemblée seront concurrencés dans leur rôle par ce nouveau groupe. Mais l’aspect symbolique reste fort, LREM qui perdait jusqu’alors 1 député tous les deux mois, en perd dix d’un coup en pleine crise sanitaire. À l’Élysée comme à Matignon, on n’en est pas au branle-bas de combat mais la tête de l’État a tout de même dénoncé le 13 mai dernier, par la voix de la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, « un contretemps et un contresens politique ».

Le remaniement, qui devrait arriver dans les mois à venir, sera crucial pour cette branche dissidente. La présence de membres d’« Écologie Démocratie Solidarité » dans le prochain gouvernement, permettrait au président de récupérer le nouveau groupe et de mieux amorcer le tournant écologique et social de son quinquennat. Les prochaines semaines réservent donc une forte hégémonie et un très intéressant mercato parlementaire qui saura, pour sûr, impacter la suite du quinquennat et l’après covid.

Gilets jaunes : Acte 53, un anniversaire mouvementé

Ce dimanche sera sous le signe du 1er anniversaire du mouvement des Gilets jaunes. Cela fera un an que ce soulèvement populaire aura commencé. Et en cette occasion, les Gilets jaunes ont annoncé une intensification de leurs actions ce week-end. 

C’est très tôt ce matin qu’ont commencé les premières actions des Gilets dans plusieurs villes de la France. « Plusieurs milliers » étaient attendus sur la capitale. Manifestations, blocages des périphériques… Ces différentes opérations ont pour un but principal. Redonner un second souffle au mouvement, qui a perdu de son intensité ces derniers mois. L’enjeu était aussi de « remobiliser les manifestants », qui, aux plus grands regrets des activistes, n’étaient plus que quelques milliers. Néanmoins, aujourd’hui, plus de 28 000 personnes ont manifesté en France, dont 4700 à Paris, d’après le ministère de l’intérieur.

Des débordements ayant mené à une centaine d’interpellations 

147 interpellations ont été faites à 20h par la préfecture de police de Paris. La police a fait usage de la force dans la matinée lorsque les premiers barrages de manifestants se sont formés en plein milieu du périphérique. La situation est ensuite devenue tendue. Dans les grands pôles de rassemblement comme Place d’Italie ou encore Place de la Bastille, les marches, autorisées au départ, ont dû être arrêtées par les forces de l’ordre. Ces derniers ont fait usage de gaz lacrymogènes aux alentours du Forum des Halles, à Châtelet, au centre de Paris, afin de disperser la foule.

Cet anniversaire a été très agité, et les « festivités » de cet « acte 53 » devraient se poursuivre demain, où le mouvement fêtera sa première année, jour pour jour.

SNCF/RATP : Quand allez vous arrêter de nous prendre pour des cons ?

Billet d’humeurNous l’avons compris, le monde est en transition. Nous passons d’une société industrielle à une société écologique. Toutefois, un problème se pose. Adapter l’humain au changement. Dans ce domaine, les transports en commun ont encore un gros travail à faire.

Jeudi 7 novembre, 8h50. Cela fait quasiment 1 heure que le quai est bondé. Quasiment 1 heure d’attente. 1 heure et aucun RER en direction de Paris. 9°C, il fait froid, j’ai énormément de mal à écrire, j’ai les doigts glacés. Je suis à Garges-Sarcelles, gare accueillant à bras ouverts le magnifique RER D. Vous savez, le RER sans climatisation en été.

Autour de moi, des fonctionnaires, des indépendants, des chômeurs, des artisans, des étudiants, des blancs, des noirs, des jeunes et des moins jeunes… Tous dans la même situation.

9h00, je chante le générique de la grande station RTL. Un RER est passé, il y a quelques minutes. Dès l’ouverture des portes, le chauffeur averti : « Mesdames, Messieurs, le train est complet ». Ça nous arrange pas.

9h01, je suis en retard depuis un quart d’heure.

J’en appelle à Valérie Pécresse, présidente de l’autorité organisatrice des transports de la région Île-de-France. Qui n’a pas caché que le mouvement qui débute le 5 décembre sera « une énorme galère pour les usagers ». J’en appelle aussi à : Alain Krakovitch, directeur de SNCF Transilien. Catherine Guillouard, directrice de la RATP. Grégoire Forgeot D’Arc, directeur du RER D, l’ensemble des directeurs de lignes et tous les syndicats.

Améliorez le dialogue social. Pensez aux voyageurs. Et pour certains, essayez le RER. 1 fois, seulement une fois. Vous pourrez ensuite reprendre Uber et taxis. Remarque démago, mais proche du réel.

Je suis prêt, afin de prouver ma bonne foi, à suivre tous les acteurs cités. Une journée avec chacun et chacune, retranscrit dans un reportage, montrant une totale transparence de votre travail et de vos engagements.

9h06, je suis dans un train.

Serrés, très serrés. J’entends discuter 2 voyageurs. (Voyageur 1) : « le 5 décembre, au secours », (Voyageur 2) « mais ils ont raison de faire grève pour nos retraites ». Chacun jugera.

Fini les discours, débutez les actions ! J’en appelle aux membres du gouvernement. Cessez de vous attaquer aux pauvres campagnards qui n’ont que la voiture pour se déplacer. Trouvez des solutions, c’est votre boulot. Cessez de vous attaquer aux banlieusards, adaptez les lignes, et ne privilégiez pas toujours les parisiens. Aucune envie de les opposer, mais les témoignages que je récolte dans le train, donnent un goût et un sentiment d’oubli et de mépris envers les habitants des banlieues parisiennes, nord et sud.

Le 5 décembre, ce sont les fonctionnaires qui débuteront la grève. Ne faites pas en sorte, que les usagers la finissent. Ce serait contraire à votre politique de lutte contre la fraude.

10h10, je suis arrivé à destination avec 1h30 de retard.