Voyager sans bouger de son canapé, c’est possible !

Le 4 juillet débutent les vacances d’été. Problème : vous aimeriez partir à l’étranger mais vous êtes inquiets à cause du coronavirus. Aucun soucis ! Vous pouvez toujours voyager depuis votre canapé, sans dépenser un centime. Car, de nombreux sites vous font visiter, découvrir les plus beaux endroits de la planète comme si vous y étiez.

Pour explorer une galaxie lointaine, très lointaine, inutile d’aller bien loin. 100 000 étoiles, permet de voyager à travers l’espace, à la découverte d’une partie de la Voie lactée. À la fois apaisant et instructif, cette excursion dans l’espace ludique offre la possibilité aux néophytes de découvrir quelques-unes des 119 617 étoiles représentées. 

Si admirer le ciel fait partie de vos hobbies, ce site vous permettra d’admirer les plus beaux ciels nocturnes du continent américain. « Houston we have a problem”. Si vous parlez anglais, vous pourrez revivre avec Apollo in real time, la mission Apollo 13 comme si vous y étiez. Les milliers de photos et vidéos inédites du plus grand sauvetage de la NASA permettent de revivre minute par minute ce vol culte. 

Pour continuer de voyager à travers le temps, pourquoi ne pas replonger au temps des dinosaures en toute sécurité ? Avec Dinosaur Pictures vous pourrez suivre la marche des continents au fil des siècles, sur une mappemonde interactive de la Terre et découvrir de multiples espèces de dinosaures. 

Voyager sans bouger

Le site Geoguessr, basé sur les services Google Maps, vous invite aussi au voyage de manière ludique. Une fois sur le site, vous êtes transporté dans un pays du monde et devez deviner votre destination en cherchant les indices à travers le paysage. Au-delà des rues et des places, la visite de sites historiques est désormais possible, aisément, grâce à un partenariat entre Google et l’UNESCO.

Google StreetView est un incontournable des baroudeurs du web. Il vous permet notamment de contempler le Mont Rushmore, et de visiter les sites archéologiques de Pompéi, d’Angkor au Cambodge, ou encore de Dougga en Tunisie.

Youtube offre, de même, de belles opportunités de voyage. Le vidéaste Axolotl vous emmène avec ses Etranges Escales à San Francisco ou Tokyo. Enfin, en attendant de pouvoir les admirer en face, vous pouvez visiter en direct de nombreux monuments ou musées en ligne via leur site internet, comme c’est le cas pour l’Abbaye de Westminster ou le Musée du Louvre.

Internet offre donc une myriade d’opportunités de voyages, disponibles en un clic.

Crédit photo : Blende12 / Pixabay

Avec l’aide de Léna Sévaux et Ornella Gache.

Qu’est-ce que la loi Avia ?

Depuis son vote mercredi dernier à l’Assemblée nationale, la loi Avia suscite de nombreuses critiques. Mais que contient réellement cette loi contre la haine en ligne ? 

Né d’une promesse d’Emmanuel Macron lors du diner du CRIF de 2018, le projet a été confié à la député Laetitia Avia. Le travail d’élaboration de la proposition de loi de Mme Avia est basé sur une loi allemande similaire votée en 2017, Netzwerkdurchsetzungsgesetz. Cette loi allemande est en quelque sorte une combinaison de la Loi française contre les fake news (2018) et la Loi contre les contenus haineux (2020). Cette loi était orchestrée autour d’une grande idée : l’obligation de retrait du contenu illégal sous 24H. 

C’est ce même principe qui a imprégné la Loi Avia. Les sites internet ayant un trafic quotidien supérieur à 1 million d’utilisateurs devront impérativement supprimer les contenus considérés comme « manifestement haineux » sous peine d’une amende. Les sites concernés sont les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, etc…) mais aussi les plateformes de référencement (Google, Yahoo, Qwant) et les plateformes collaboratives (Leboncoin, Youtube, Tripadvisor, etc…). Dans un second temps, ces sites auront pour obligation de fournir l’adresse IP des cybers délinquants à la justice française. 

Le symbole d’une défaillance judiciaire ?

 

La critique fondamentale qui est faite à la loi Avia est la déresponsabilisation de l’État. Les géants du web devront eux-mêmes supprimer de leur plateforme les contenus de leurs utilisateurs. C’est ici, pour certains, le symbole de l’inefficacité de la justice de se saisir d’un dossier rapidement. Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a dénoncé à la tribune du palais du Luxembourg, le remplacement de la justice par des algorithmes et le risque de l’excès de censure par les sites internet. C’est aussi ce qui a poussé des syndicats et associations du monde de la justice à se placer sur le banc des opposants. Ils seront les premiers à voir l’inversement de la chronologie judiciaire. L’accusé ayant produit un contenu manifestement haineux, verra d’abord son contenu supprimé puis il sera jugé. 

Peser sur les GAFAM

C’est aussi une lutte qui marque le quinquennat d’Emmanuel Macron : celle contre le monopole et l’impunité des GAFAM et autres géants d’Internet. « Tout ce qui est publié ou diffusé en France doit répondre aux lois de la République » a indiqué le Premier ministre. C’est donc, après la taxe GAFA, le RGPD, la loi numérique, une nouvelle manière d’encadrer l’action des acteurs importants d’Internet et de les responsabiliser. Ici, plus que dans les précédentes lois, la part de responsabilisation est forte. Trop forte pour l’opposition qui fustige le gouvernement en les accusant de donner les clefs de la censure à des multinationales. Le legs de ces clefs est historique. Il constitue un premier accord entre l’État et des multinationales issues d’Internet. Mais un premier accord qui s’est conclu non sans mal et dans la contrainte, le gouvernement ayant fait inscrire dans la loi le risque d’une amende de 4% du chiffre d’affaires de l’entreprise en cas de non-respect. Un chiffre énorme pour beaucoup de grandes entreprises.

Le risque liberticide

Mais la collaboration se fera au péril de la liberté d’expression. C’est déjà ce que regrette unanimement l’opposition. En contraignant avec une telle menace financière, les géants d’Internet feront tout pour éviter l’amende. Pour ce faire, certains redoutent un excès des suppressions de contenus. Une des craintes est aussi la création d’une liste noire de mots qui seraient alors interdits sur certains réseaux sociaux. Cette liste noire pourrait comprendre des termes se rapportant aux thèmes des races, religions, origines etc… Les sites internet concernés prendront-ils le pari de restreindre la liberté d’expression pour sauvegarder leur chiffre d’affaires ?