(Municicaqs #7) – Lille, la fin du règne Aubry ?

Après Nimes, Le Havre ou Rennes, CAQS continue son tour de France pour les municipales avec Lille, une ville où Martine Aubry pourrait ne pas être réélue pour un 4ème mandat. 

Le soir du 15 mars, l’heure n’était pas à la fête au beffroi. Les élections municipales venaient de se dérouler dans un contexte de pré-confinement et la maire socialiste sortante Martine Aubry n’obtient qu’une très courte avance sur le candidat EELV, Stéphane Baly. L’ambiance était similaire chez les marcheurs. Le QG de campagne était fermé et aucune soirée officielle annoncée. La candidate de LREM Violette Spillebout passe au second tour sans même atteindre les 20%. 

Du côté de la rue d’Artois les verres et les verts trinquent. En 20 ans, aucun candidat n’avait jamais réussi à s’approcher autant du score de Martine Aubry. Seuls 5 points séparent Baly d’Aubry. Et ces 5 points sont d’autant plus retentissants qu’ils vont révolutionner le fonctionnement de l’opposition au conseil municipal. En effet, pour la première fois, écologiste et socialiste ne fusionneront pas au second tour. Stéphane Baly, actuellement conseiller municipal adjoint à l’énergie déclare même « Martine Aubry ira seule au second tour. Elle perdra seule ».

Aubry sur le banc des accusés

Contrairement à la grande tendance nationale, la première thématique de la campagne n’a pas été tout de suite l’écologie. En réalité le bilan complet de Martine Aubry était au banc des accusés. On lui a reproché surtout un manquement sécuritaire et écologique. En effet, sur le plan de l’emploi, la fille de Jacques Delors est difficilement attaquable à la vue des 23.000 nouveaux emplois crées à Lille en 5 ans. Mais d’un point de vue écologique, personne n’en fait jamais assez. Sous la dernière mandature, 22 000 arbres ont été plantés et 12 hectares d’espaces verts gagnés en plus du réaménagement des anciens parcs tels JB Lebas ou le parc de la Citadelle. Cependant, le Champ de Mars reste un grand parking bétonné, très loin du parc vert annoncé.

Toujours plus vert

Évidemment l’écologie a aussi été le cœur de la campagne. Aucune liste n’en a fait abstraction. Dans les QG de chacun, une carte de Lille est affichée mettant en avant la capitale des Flandres du futur. Toujours plus verte, avec des parcs et des fontaines. C’est le concours de celui qui plantera le plus d’arbres tout en fustigeant le bilan de la maire sortante. Mais quand on aborde le projet Saint Sauveur, on touche le point sensible. Cette friche de 23 hectares abandonnée depuis 2003 cristallise les passions. L’actuelle édile souhaite y construire une piscine olympique et des logements sociaux. Un scandale pour les verts qui voient dans cet espace une opportunité de verdure. Dans la friche Saint Sauveur, Martine Aubry a laissé des plumes et des électeurs. 

Triangulaire entre amis

Si le fond de campagne était vert, la forme était beaucoup plus sombre. Car la triangulaire qui s’est dégagée des résultats du 15 mars a propulsé trois anciens collègues dans une arène où tous les coups sont permis. Violette Spillebout était en effet l’ancienne cheffe de cabinet de Martine Aubry. Stéphane Baly est actuellement membre de la majorité municipale faite d’une alliance écologiste-socialiste. Il n’a pas hésité a aller à l’affront face à la présidente du conseil municipal qu’il a accusé d’avoir géré seule la crise du coronavirus sans consulter les conseillers. L’actuelle édile s’est targuée d’offenses contre LREM. Elle justifie son 4ème mandat par une volonté de ne pas « laisser Lille devenir c’est qu’est la France aujourd’hui » faisant référence ici à l’élection d’Emmanuel Macron. La maire s’est aussi montrée forte lorsqu’elle a réprimandé les ministres Agnès Buzyn et Nicole Belloubet, en visite à Lille, de ne pas les avoir prévenu de cette visite. L’opposition idéologique comme personnelle entre Aubry et Spillebout s’est toujours jouée indirectement.

Parmi ces 3 anciens collègues, seule Martine Aubry a tout à perdre dans ce second tour. Le défi du 28 juin pour la fille de Jacques Delors va être de sauver sa majorité face à Stéphane Baly. Mais le rôle de Violette Spillebout dans cette triangulaire est de réussir à récupérer assez de voix venues des listes de droite. Ainsi, en se maintenant assez haute dans le jeu, la candidate fera perdurer les tractations et le suspens autour du futur édile. À Lille, rien n’est joué d’avance.

Crédit photo : Grande place de Lille ( Velvet via Wikipédia )

Grève du 5 décembre : Résumé dans les Hauts-De-France

Plusieurs millions de salariés du public et du privé ont fait grève, ce jeudi, contre la réforme des retraites. Transports, Éducation nationale, hôpitaux, pompiers, policiers, avocats, éboueurs, énergie… La France a tourné au ralenti. Résumé de la journée dans les Hauts-De-France.

HAUTS-DE-FRANCE

Lille

15 000 à 20 000 manifestants dans le cortège selon les syndicats, la police en dénombre 14 000. La manifestation a débuté vers 14 h 45 au départ de la Porte de Paris. Syndicats et Gilets jaunes marchent ensemble. Plus de 2 km de cortège dans le centre-ville. En début de manifestation, des gaz lacrymogènes sont lancés dans le cortège, alors que les pompiers essayent d’aller sur le périphérique.

Un autre cortège part de la gare, rassemblant étudiants, pompiers et Gilets jaunes. La manifestation se déroule sous les fumigènes, départs de feu et gaz lacrymogènes. À 18 h 00, le mouvement se termine, puisque la police a éclaté le cortège de manifestants au rond-point de la Porte des Postes.

Dunkerque

Selon La Voix du Nord, 4 000 personnes, d’âges divers, du secteur public et du privé, ont manifesté.

Parmi eux, Sylvie, enseignante depuis 35 ans, témoigne à La Voix du Nord : « dans deux, trois ans (je prends ma retraite). Je ne risque pas grand-chose. Mais je suis là pour les générations suivantes. On ne sait pas ce qu’ils auront ».

La Voix Du Nord

Amiens

Réunie en intersyndicale ce jeudi matin, l’assemblée générale des cheminots a voté à l’unanimité la reconduction de la grève pour ce vendredi contre la réforme des retraites.

Les manifestants se sont rassemblés à la Maison de la culture en attendant le départ du cortège qui commence à 14h.

Vers 17 heures, la manifestation se termine, dans le calme . Aucun incident à déplorer sur l’ensemble du cortège.

La CGT compte 8000 personnes.

Alice Meunier
Alice Meunier

Saint-Quentin

L’intersyndicale appelait à une manifestation à 15 heures, Le départ du cortège : Place du 8 octobre. La manifestation s’est déroulée dans le calme. L’habituelle bataille des chiffres, les syndicats, FO et CGT, annonçaient 3000 participants à midi, la police environ 2000 personnes. Sur place, les journalistes de la rédaction d’Aisne Nouvelle estiment une participation de 6000 personnes.

Beauvais

4500 Isariens s’étaient rassemblés à Beauvais, selon la CGT. Les forces de l’ordre n’ont pas communiqué de chiffre exact pour la mobilisation à Beauvais. CGT, FSU, SUD sont les principaux syndicats représentés. Une manifestation assez calme.

Une partie de la foule a hué la députée de la 2e circonscription de l’Oise, Agnès Thill, en passant devant sa permanence.

Actu Oise

Pierre Ripart, le secrétaire départemental du SNUipp-FSU Isarien, a confirmé que la grève est reconduite ce vendredi.

Actu Oise