Guillaume Musso, un homme de titres

Guillaume Musso, qui a publié son dernier livre « La vie est un roman », est depuis dix ans l’écrivain français le plus vendu dans notre pays. Anciennement professeur d’économie, il s’épanouit désormais dans l’écriture et se passionne de littérature. 

Guillaume Musso est né à Antibes. Il écrit depuis qu’il est étudiant mais son parcours scolaire le dirige vers une licence de sciences économiques à l’université de Nice. Il poursuit ensuite des études et passe le Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement du Second degré (CAPES) de sciences économiques et sociales. Il devient alors professeur de sciences économiques et sociales dans un lycée. 

C’est en mai 2001 que paraît son premier roman nommé Skidamarink. Un thriller, qui tourne autour du vol de la Joconde et de l’enlèvement d’un magnat international de l’informatique. Puis Guillaume Musso a eu un accident de voiture. Cet imprévu lui a valu son deuxième livre Et après… Il imagine, après son accident, l’histoire d’un enfant revenu de la mort. C’est un succès immédiat. Le roman se vend à plus de deux millions d’exemplaires et est traduit dans une vingtaine de langues. De plus, le réalisateur Gilles Bourdos décide d’adapter cette histoire au cinéma. Le film « Et après » sort en salle le 14 janvier 2009. 

Puis viennent chaque année de nouveaux romans du célèbre Guillaume Musso. En 2005 avec Sauve-moi, puis l’année suivante, Seras-tu là ? Parce que je t’aime (2007), Je reviens te chercher (2008), Que serais-je sans toi ? (2009), La Fille de papier (2010), L’Appel de l’ange (2011), 7 ans après (2012), Demain (2013), Central Park (2014), L’Instant présent (2015), La Fille de Brooklyn (2016), Un appartement à Paris (2017), La Jeune fille et la nuit (2018), La Vie Secrète des Écrivains (2019) et son dernier livre sorti en 2020, La vie est un roman.

Cela fait dix ans que Guillaume Musso est l’écrivain le plus vendu en France. Ses livres sont également traduits dans 40 langues et ses ventes dépassent les 32 millions d’exemplaires. Après l’adaptation du livre Et Après au cinéma, une série et un long métrage ont vu le jour : Central Park et l’Appel de l’ange. En 2017, l’écrivain quitte XO éditions pour rejoindre les éditions Calmann-Lévy. 

Guillaume Musso, l’écrivain le plus lu de France se fait discret. En effet, il apparait peu de fois à la télévision ou dans les portraits de la presse. C’est un auteur secret dont la passion est d’écrire. Il travaille dans son ancien appartement, avec vue sur la forêt, près du quartier de l’Opéra. Un petit coin de paradis pour écrire ses romans tant attendus chaque année. 

La vie est un roman, un best-seller à la rescousse des librairies ? 

Guillaume Musso a sorti en librairie son dernier livre, La vie est un roman, le 26 mai. De quoi attirer beaucoup de monde. Les librairies, comme bons nombres d’entreprises, ont dû fermer leurs portes pendant le confinement. Depuis le 11 mai, certaines d’entre-elles ont pu rouvrir. Mais les programmes de parution se sont réduits de 25% à 50% selon les éditeurs afin d’éviter un concentré massif de livre sur les étals. 

Pour faire revenir les clients en librairie, c’est la priorité aux futurs best-sellers. Les lecteurs ont pu se précipiter le 26 mai pour acheter le dernier roman de Guillaume Musso qui était tant attendu. La vie est un roman s’est écoulé à 164.303 exemplaires depuis sa sortie en librairie selon l’éditeur. La maison Calmann-Lévy affirme que Guillaume Musso réalise sa meilleure seconde semaine de toute sa carrière. Ce roman a été, de loin, le plus vendu du confinement. 400 000 exemplaires étaient mis en place dès la première semaine. 

Pour Guillaume Musso durant une interview de BFMTV, « c’est une fierté et j’ai vraiment tenu à ce que le roman sorte là, pour la réouverture des librairies. C’est un commerce qui par essence est fragile et qui nécessite une attention particulière ». Il assume son statut d’auteur attendu pour relancer un marché de l’édition en crise. 

La sortie de son 18ème livres est un franc succès. Mais il n’est pas le seul. Joël Dicker, Bernard Minier, John le Carré et Elena Ferrante viennent également à la rescousse des librairies en sortant leur dernier livre après deux mois de confinement. 

Crédit : Qsdfg75 / Elena Rizzo

La réouverture des librairies en demi-teinte

Après plus de deux mois de fermeture liée au confinement total de la population, les librairies ont rouvert leurs portes hier, pour le plus grand bonheur de leurs lecteurs assidus.

« Cela fait plaisir de revoir nos clients, mais c’est tout de même un peu stressant » raconte Maria Defour, directrice de la librairie Forum à Saint-Étienne. Une phrase qui résume bien la situation. Les librairies, ayant fermé leurs portes suite à l’annonce du confinement, sont heureuses de pouvoir reprendre leur activité. Cela représente un redressement des finances, après un chiffre d’affaires nul pendant deux mois. Mais c’est aussi une joie de voir leurs clients fidèles revenir malgré la peur du virus. « Quand des clients nous disent qu’on est ce qui leur a le plus manqué pendant le confinement, ça fait plaisir », confie Maria.

La librairie était bondée, ce lundi, « c’était comme un petit samedi ». Les consignes de sécurité liées à la pandémie ont dû limiter le nombre d’entrées. À Forum, une librairie de presque 1000 mètres carrés, il a fallu enlever la surface occupée par les rayonnages. Elle ne peut donc pas accueillir plus de 50 personnes en même temps. Afin de faire respecter cette restriction, la librairie a mis en place des cartes qui sont obligatoires pour entrer. D’autres aménagements ont dû être faits afin de respecter la distanciation sociale des clients, comme une table qui sépare l’entrée de la sortie, habituellement les mêmes, des marquages au sol près des caisses et points d’information et un distributeur de gel pour les clients. Cependant, les masques et gants ne sont pas obligatoires : « On y a réfléchi mais ce n’était pas possible à cause de la pénurie » explique Maria. Ces derniers sont toutefois forts recommandés.

Un panier de cartes pour rentrer dans la librairie Forum – @CAQS

La sécurité est également assurée du côté du personnel. Il a été très difficile de trouver des masques, « deux entreprises nous ont fait faux bond, j’ai donc dû demander à une amie couturière de nous en fournir ». En plus des masques, les employés sont protégés par des écrans de protection sur les caisses et points d’information. Ils ont également à disposition du gel hydroalcoolique. Toutes ses protections ont été trouvées localement par la directrice.

Le respect des consignes, un travail constant

Il y a quand même un défi, celui de faire adopter à tous, des réflexes et habitudes. Les employés oublient quelques fois de désinfecter le téléphone après chaque appel. Une part minime des clients négligent même totalement les précautions à l’entrée, « il faut faire preuve de pédagogie avec ces gens-là ». Cependant la plupart des clients se sont montrés très compréhensifs dans cette atmosphère un peu spéciale.

Ce premier lundi de déconfinement a été une journée très éprouvante pour les libraires, heureux de revoir leurs clients fidèles mais aussi stressés car « il faut être toujours attentif au respect des consignes ». Maria espère avoir toujours autant de monde dans les prochains jours, malgré le stress que cela implique, afin de tourner la page du confinement.

L’édition numérique : une alternative à la vente des livres

Face à la chute du marché du livre à cause du coronavirus, les maisons d’édition optent pour de nouvelles stratégies. En proposant de vendre sur les plateformes en ligne comme Amazon ou Fnac, les éditions limitent la baisse du nombre de ventes.

Les ventes sont au plus bas depuis le début du confinement. D’après les données de l’institut GKF pour Livres Hebdo, on note une baisse de 60% du marché du livre par rapport à l’an dernier. Librairies fermées, report des salons de lecture et rupture de stocks, les maisons d’édition sont dans une situation difficile. À l’exception des livres parascolaires et quelques exceptions, tous les autres secteurs ont pratiquement chuté. Alavilia Jalal, responsable aux Éditions Lettres Persanes affirme que « tout est à l’arrêt, il n’y a pas de commandes, même les ventes dans les grandes éditions ». Même pour les commerces en ligne, les commandes n’aboutissent pas. La maison cède habituellement « entre 30% et 50% des bénéfices » aux grandes plateformes comme Amazon et Fnac. Cependant la part du marché du géant américain baisse en raison de son activité partiellement suspendue.

Quelle solution pour rétablir le marché du livre ? D’après une déclaration du ministre de la Culture, Franck Riester, il faut « rouvrir le plus rapidement possible les librairies » le 11 mai. « La première stratégie consiste à mettre plus en avant le livre numérique »  selon Guillaume Vissac, éditeur chez publie.net : « on a vu apparaître des promos pour la plupart des grands groupes qui, jusque-là, pratiquaient un prix de vente trop élevé pour le marché » . Dans son cas, la maison n’a jamais autant vendu de livres numériques en France que depuis le confinement. Pour des éditeurs qui sont déjà beaucoup investis dans ce domaine, les ventes en numérique, qui ont toujours été élevées, « ont augmenté malgré tout » .

La redécouverte du e-book

Privés de leurs librairies, les Français consomment davantage des versions numériques et dématérialisées. La plateforme « Rakuten Kobo » signale une augmentation de 200% des volumes moyens de lecture sur les trois pays européens les plus touchés par la crise (France, Italie, Espagne). Plus d’un million d’e-books ont été vendus en seulement 24 heures, d’après le président des éditions Gallimard.

Les ventes de livres audio ont aussi augmenté. Les téléchargements sont passés de 30% à 50% en deux semaines selon la PDG d’Audiolib, Valérie-Soussan. Des constats encourageants pour des ventes qui constituent, 2% du marché du livre. Parmi ceux qui prennent le temps de se cultiver à la maison, les livres à connotation épidémique font des cartons. On retrouve le fameux « Le Nouveau rapport de la CIA » de Alexandre Adler ou « Épidémies, vrais dangers et fausses alertes » de l’infectiologue Didier Raoult sur le covid-19.