Comment est né le mouvement « Mai 68 » ?

Le soulèvement de mai 1968 se produit pendant les trente Glorieuses ! La période de prospérité par excellence qu’à connue la France après la Seconde Guerre mondiale. Comment un tel mouvement a t-il pu naître dans une France dont la croissance économique est de 5% ?

Le général De Gaulle commence à lasser les jeunes qui le jugent trop conservateur. Les jeunes baby-boomers aspirent à plus de liberté. La majorité est encore à 21 ans et L’ ORTF (l’office de radio-télévision française) contrôle l’information, notamment le journal de 20h, ce qui donnera lieu au slogan : « la police vous parle tous les soirs à 20h ». Cette jeunesse se sent étouffée par des codes sociaux dépassés et développe sa propre culture (mode yéyé ou rock’n roll), aspirant à une libération des mœurs. Certes la pilule contraceptive est autorisée en 1967, mais son usage est encore très peu répandu. À cela s’ajoute le problème de la massification scolaire. Les infrastructures peinent à accueillir des élèves de plus en plus nombreux et les conditions d’enseignement se dégradent considérablement.

Le gaullisme est rejeté par une partie croissante de la population et les jeunes s’entichent de figures révolutionnaires telles que Mao, Fidel Castro, Ernesto Guevara ou encore Ho Chi Min, acquis aux idées anticapitalistes. Ces revendications se traduisent par quelques slogans notables : « Jouissez sans entraves », « Il est interdit d’interdire », « Vous finirez tous par crever du confort » ou encore « L’imagination prend le pouvoir ».

Au centre, le bras levé, Daniel Cohn-Bendit, un des leader du mouvement étudiant

Une France pas si prospère…

Dans un contexte économique certes très favorable, la France connaît depuis un an, un ralentissement de sa croissance. Cela se traduit par une augmentation du chômage qui touche principalement les jeunes ainsi que les mineurs et ouvriers des industries de textile du nord de la France, qui sont au début de leur effondrement. Les mineurs avaient d’ailleurs fait une grande grève en 1963. Au début de l’année 1968 on compte 500 000 chômeurs.

Autre facteur qui montre que la France des trente Glorieuses n’est pas une France si prospère que cela : la pauvreté. Des dizaines de bidonvilles existent toujours en région parisienne, dont le plus important est celui de Nanterre, juste sous les yeux des étudiants.

Le bidonville de Nanterre

Quelles conséquences ?

La crise débute dans le milieu étudiant puis les ouvriers rejoignent le mouvement et enfin, les politiques s’en mêlent. De Gaulle dissout l’assemblée nationale. Suite aux élections législatives, le parti gaulliste, l’UDR, obtient la majorité.

Discours du 30 mai 1968 où De Gaulle annonce la dissolution de l’Assemblée nationale

L’opinion lassée par la crise s’est retourné en faveur du général. Néanmoins, la population a voté plus pour en finir avec la crise de mai 68 que pour un maintien du président. De Gaulle sentant cette lassitude décide de joindre au référendum de 1969 sur la réforme du Sénat et la régionalisation, l’enjeu de sa démission en cas de victoire du « non ». Le 27 avril 1969, le « non » l’emporte à 52%. De Gaulle se retire pour de bon de la scène politique. Son successeur, Georges Pompidou, ex-Premier ministre, est reconnu comme celui qui a véritablement dénoué la crise de mai 68.

La démission du général De Gaulle

La CFDT, le syndicat pivot de la retraite

Depuis plusieurs années, la CFDT est un allié de taille du gouvernement dans la refonte du régime des retraites, mais fragilisé par des tensions internes majeures. Retour sur l’implication du syndicat lors des différentes réformes des retraites.

La Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT) est depuis quelques jours au cœur des débats médiatiques. Après quarante-trois jours de grève nationale, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger a salué le retrait provisoire de l’âge pivot de 64 ans du projet de réforme des retraites. Il a déclaré dans le Journal du Dimanche que ce retrait était « une victoire pour tous les salariés ». Cette mesure était la ligne rouge du patron de la CFDT. En effet, après une entrevue vendredi dernier avec l’intersyndicale à Matignon, Édouard Philippe a annoncé dans une lettre aux partenaires sociaux être « disposé à retirer », sous conditions l’âge pivot de 64 ans du projet de loi sur la réforme des retraites. Le Premier ministre souhaite toutefois conserver le principe d’un âge d’équilibre dans le futur système. 

Seule contre tous

Après s’être félicitée de cette avancée dans le conflit, la CGDT fait face à de vives critiques de la part des autres syndicats. Depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, le syndicat est au cœur d’une intox. La fille de Brigitte Macron, Tiphaine Auzière serait avocate à la CFDT. Cette fausse information, qui selon la CFDT, aurait été orchestrée par les opposants de la réforme, mais sans toutefois déstabiliser le premier syndicat de France depuis 2017, qui revendique à ce jour 623 802 syndiqués. 

La CFDT est un partenaire historique du gouvernement. Créée en 1919 sous le nom de Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC), le syndicat a depuis mis de côté la religion. Les différents présidents de la CFDT ont soutenu de nombreuses réformes mises en place par l’État. Lors des grèves de décembre 1995, c’est un interlocuteur privilégié du projet de réforme de la Sécurité Sociale engagé par Alain Juppé alors Premier ministre. La CFDT obtiendra dans ce contexte la gestion de la Caisse nationale d’assurance-maladie des travailleurs salariés (CNAM) et de l’Unédic. Cet accord passe mal auprès d’une minorité de syndiqués. La CFDT, s’isole peu à peu des autres syndicats et les opposants internes rejoignent la CGT ou Sud.

2003 et 2010 : l’impasse

Rebelote en 2003, la CFDT continue de négocier aux côtés des autres organisations syndicales la réforme des retraites souhaitée par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Mais l’unité syndicale ne tient pas, et la coalition CFDT- CFE-CGC, est la seule à soutenir le projet. Les autres organisations la considèrent comme une régression sociale. Cette prise de position a des conséquences internes pour la CFDT qui perd près de 10 % de ses adhérents en trois ans. Passant de 889 000, fin 2002 à 807 000 en 2005. Cette baisse des effectifs est due à un non-renouvellement d’adhésions individuelles au profit de nouvelles organisations syndicales. 

Lors de son mandat, Nicolas Sarkozy avait, à l’image d’Emmanuel Macron, tenté de reformer les retraites. La CFDT faisait partie des huit syndicats organisateurs des huit grandes manifestations lors des grèves contre la réforme française des retraites de 2010. L’objectif de cette réforme était de remettre sur pied les finances publiques, alors déficitaires. Cette mobilisation a mis en échec cette nouvelle tentative de réforme. 

Dix ans plus tard, la problématique des retraites reste entière. Après de nombreux compromis sur les différents paramètres intervenant dans le calcul de la retraite, c’est désormais le financement de la réforme qui est au centre des débats. Les syndicats qui le souhaitent ont jusqu’à fin avril faire part au gouvernement de leurs propositions garantissant la pérennité financière de ce nouveau régime. Un concept soufflé le 5 janvier par Laurent Berger.

Gilets jaunes : Acte 53, un anniversaire mouvementé

Ce dimanche sera sous le signe du 1er anniversaire du mouvement des Gilets jaunes. Cela fera un an que ce soulèvement populaire aura commencé. Et en cette occasion, les Gilets jaunes ont annoncé une intensification de leurs actions ce week-end. 

C’est très tôt ce matin qu’ont commencé les premières actions des Gilets dans plusieurs villes de la France. « Plusieurs milliers » étaient attendus sur la capitale. Manifestations, blocages des périphériques… Ces différentes opérations ont pour un but principal. Redonner un second souffle au mouvement, qui a perdu de son intensité ces derniers mois. L’enjeu était aussi de « remobiliser les manifestants », qui, aux plus grands regrets des activistes, n’étaient plus que quelques milliers. Néanmoins, aujourd’hui, plus de 28 000 personnes ont manifesté en France, dont 4700 à Paris, d’après le ministère de l’intérieur.

Des débordements ayant mené à une centaine d’interpellations 

147 interpellations ont été faites à 20h par la préfecture de police de Paris. La police a fait usage de la force dans la matinée lorsque les premiers barrages de manifestants se sont formés en plein milieu du périphérique. La situation est ensuite devenue tendue. Dans les grands pôles de rassemblement comme Place d’Italie ou encore Place de la Bastille, les marches, autorisées au départ, ont dû être arrêtées par les forces de l’ordre. Ces derniers ont fait usage de gaz lacrymogènes aux alentours du Forum des Halles, à Châtelet, au centre de Paris, afin de disperser la foule.

Cet anniversaire a été très agité, et les « festivités » de cet « acte 53 » devraient se poursuivre demain, où le mouvement fêtera sa première année, jour pour jour.