Municicaqs : les résultats dans le Grand Est

Le second tour des élections municipales 2020 s’est tenu hier dans des conditions particulières, trois mois après le premier tour du 15 mars. Après une campagne à rallonge, voici les résultats du second tour dans les principales villes du Grand Est.

Strasbourg

Les Strasbourgeois avaient le choix entre trois listes ce dimanche : celle de Jeanne Barseghian (EELV), celle de Catherine Trautmann (PS) et celle menée par le tandem Alain Fontanel – Jean-Philippe Vetter (LREM-LR). C’est finalement Jeanne Barseghian qui est élue avec 41,71% (21 592 voix). Derrière elle, la liste d’Alain Fontanel récolte 34,96 % (18 099 voix) et celle de Catherine Trautmann en dernière position avec 23,33% des suffrages (12 080 voix).

Colmar

À Colmar, les jeux étaient presque déjà faits, surtout après le retrait de Gilbert Meyer, le maire sortant, entre les deux tours. C’est donc Eric Straumann qui sera le nouveau maire, avec 63,89 % des suffrages (8061 voix). Son concurrent, Frédéric Hilbert (EELV), a lui recueilli 36,11 % des voix (4 556 voix).

Mulhouse

Quatre listes se sont opposées pour le second tour des municipales à Mulhouse. Celle de Michèle Lutz, maire sortante arrivée en tête au premier tour, celle de Loïc Minery (EELV), celle de Lara Million et enfin celle de Christelle Ritz pour le Rassemblement national. Ce sera Michèle Lutz qui dirigera à nouveau la ville de Mulhouse pour les six prochaines années après avoir recueilli 33,66 % des voix (4189 voix). Derrière elle, Loïc Minery, Lara Million et Christelle Ritz avec respectivement 21,96 % (2733 voix), 20,14 % (2506 voix), et 12,08 % des suffrages (1503 voix).

Metz

À Metz, les habitants avaient le choix entre trois listes conduites respectivement par François Grosdidier (LR), Xavier Bouvet (EELV) et Françoise Grolet (RN). Ce sera finalement François Grosdidier qui sera le nouveau maire de Metz après avoir recueilli 45,13 % des voix (10001 voix). Xavier Bouvet est arrivé en deuxième position avec 44,24 % des suffrages (9804 voix). À la dernière place, Françoise Grolet avec 10,63 % (2355 voix).

Nancy

Pour le second tour, seules deux listes concourraient à la mairie de Nancy. Celle de Laurent Hénart, le maire sortant, et celle de Mathieu Klein, arrivé en tête au premier tour. Mathieu Klein sort vainqueur de ce second scrutin, avec 54,54 % des voix (11435 voix). Derrière lui, Laurent Hénart avec 45,46 % de suffrages en sa faveur (9533 voix).

ÉPINAL

Trois listes se sont opposées pour le second tour des municipales à Epinal. Celle de Patrick Nardin (DVD), celle de Fabrice Pisias (DVG) et celle de Benoît Jourdain (DVD). Ce sera Patrick Nardin qui dirigera la ville d’Épinal pour les six prochaines années après avoir recueilli 48,14 % des voix (3923 voix). Derrière lui, Benoît Jourdain et Fabrice Pisias avec respectivement 39,12 % (3188 voix) et 12,74 % des suffrages (1038 voix).

Bar-le-duc

À Bar-le-Duc, trois listes étaient encore en lice pour le second tour. Celle de Martine Joly (DVD), maire sortante, celle de Benoît Dejaiffe (DVG) et celle de Pierre-Etienne Pichon (DVC). Martine Joly sera maire de Bar-le-Duc pour les six prochaines années, après avoir recueilli 38,45 % (1298 voix) des suffrages. Derrière elle, Benoît Dejaiffe et Pierre-Etienne Pichon avec respectivement 34 % (1148 voix) et 27,55 % (930 voix).

Châlons-en-Champagne

Les Châlonnais avaient le choix entre quatre listes ce dimanche : celle de Benoist Apparu (DVD), maire sortant, celle d’Alan Pierrejean (SE), celle de Dominique Vatel (DVG) et celle de Rudy Namur (DVG). C’est finalement Benoist Apparu qui est réélu avec 53,17 % des voix (3166 voix), cependant, le maire a récolté deux fois moins de voix qu’en 2014. Derrière lui, Rudy Namur, Alan Pierrejean et Dominique Vatel avec respectivement 26,41 % (1573 voix), 10,81 % (644 voix) et 9,61 % (572 voix) des suffrages.

(Municicaqs #17) – Marseille : un débat avorté dans une cité fantôme

Après un premier tour mouvementé, quatre listes restent en lice dans la course aux huit mairies marseillaises. Mais les habitants de la cité phocéenne sont loin d’être au bout de leurs surprises : débat du second tour unilatéral et alliances politiques continuent d’animer une élection qui n’a pas dit son dernier mot.

Depuis le début des municipales, les marseillais ne savent plus où donner de la tête. Après un premier tour ponctué par l’annulation du débat le jour de sa retransmission et l’ouverture d’une enquête pour fraude aux procurations, le second tour est reporté de plusieurs mois pour raisons sanitaires. Une légère avance de la liste d’Union de la gauche dans une ville gouvernée depuis 25 ans par Jean-Claude Gaudin, un maire de droite (Les Républicains), participe à faire de cette élection un moment politique crucial pour la ville , alors que les habitants se sont, paradoxalement, rarement aussi peu exprimés avec une abstention de 67,45% des votants. Un taux-record qui n’est pas sans soulever, lui aussi, de questions démocratiques.

Les résultats du premier tour ont surpris le camp de la droite : la liste de Martine Vassal (LR), successeur pourtant désignée de l’ancien maire, se retrouve au coude à coude avec la liste d’Union de la Gauche, emmenée par Michèle Rubirola, qui comptabilise 23,44% des votes (contre 22,32% pour la liste LR). Non loin derrière, la liste du Rassemblement national est érigée en ennemie municipale désignée ; en témoigne le désistement parmi d’autres de Moussa Maaskri, tête de liste LR dans le 8ème secteur, qui choisit de se retirer au profit des deux listes de gauche qui accèdent au second tour afin de « faire barrage à l’extrême droite », défavorisée au premier tour par une abstention de plus de 72% . Elle rassemble pourtant 19,45% des voix et compte remporter bien plus que la marie du secteur 7 (13ème et 14ème arrondissements), aux mains de sa tête de liste depuis 2014. Dernier du peloton, Bruno Gilles et sa liste « Ensemble pour Marseille » passent avec succès l’épreuve du premier tour dans trois secteurs de la ville (2, 3 et 6).

Pas de débat donc, pour les municipales marseillaises

Mais ce jeudi soir, coup de théâtre sur l’antenne de France 3 PACA : le débat n’aura pas lieu. Même le présentateur de la chaîne locale peine à le croire : un seul candidat, Mr Ravier, est présent sur le plateau. Les raisons de cette situation inédite ?  Une campagne plus qu’offensive menée de tous les côtés, la candidate Vassal ne souhaitant débattre qu’avec son adversaire de l’Union de la gauche (inenvisageable pour les journalistes). Cette dernière n’a pas répondu à la sollicitation. Bruno Gilles (DVD) voulait un débat avec l’ensemble des candidats, mais il n’aura finalement pas lieu. Pas plus que le débat du premier tour qui, rappelons-le, avait lui aussi été annulé, cette fois en raison d’un mouvement de grève de la part des journalistes de France 3 Provence contre la venue de Franz-Olivier Giesbert, directeur éditorial du quotidien La Provence invité à conclure le débat. L’intersyndicale estimait en effet que sa prise de position politique pro-Vassal  « porte atteinte à l’indépendance éditoriale » et « nuit gravement à la neutralité » de la station. Pas de débat donc, pour les municipales marseillaises.

Léo Purguette, rédacteur en chef de La Marseillaise, lamente à ce propos que l’absence de débat au niveau des têtes de liste engendre une absence de débat au niveau des différents secteurs de la ville. La liste du Printemps Marseillais, contactée à travers Christine Juste, tête de liste Europe Ecologie Les Verts dans le 4ème secteur et aujourd’hui soutien la liste majoritaire, évoque un « débat sans intérêt » face à des adversaires aux accusations « mensongères, grossières, caricaturales » et une impuissance face à des « techniques diffamatoires et déloyales ». Le 24 juin au matin, cinq des principales rédactions qui couvrent l’actualité politique marseillaise avaient pourtant publié une tribune, appelant de leurs vœux à un débat et fustigeant l’ensemble des camps ayant selon eux trouvés « une légitimité politique au silence ». Pour les Marseillais donc, pas de débat entre les différents candidats, malgré une véritable discorde sur les enjeux principaux de la gouvernance de la ville. S’ils sont tous bien identifiés, ils ne sont pas tous  hiérarchisés de la même manière.

Du logement en passant par l’éducation

Il n’est pas nécessaire d’être résident de la cité phocéenne pour qu’à l’évocation de l’habitat insalubre revienne en mémoire le drame de la rue d’Aubagne : l’effondrement de deux immeubles vétustes du centre-ville en novembre 2018 avait coûté la vie à 8 personnes. Si la réhabilitation est inscrite dans tous les programmes, la question du logement n’y a pas toujours la place de choix. La liste portée par Michèle Rubirola la décrète « grande cause municipale », avec notamment un plan de + 30 000 logements sur 6 ans, mais aussi une meilleure concertation entre les habitants et l’ensemble des acteurs publics et privés. En face, la liste de Martine Vassal veut elle aussi « résorber l’habitat indigne », étendre les permis de louer pour lutter contre les « marchands de sommeil », inciter à la rénovation énergétique et lutter contre la vacance de logements. Le candidat de la liste Ensemble pour Marseille, veut instaurer des « zones prioritaires de réhabilitation » et propose quant à lui de renforcer les sanctions contre les marchands de sommeil. De son côté, Stéphane Ravier propose bien de « rénover et réhabiliter le parc HLM existant » mais, ne prévoit aucun nouveau logement social dans une ville qui compte à peine 23 % de ce type de logements, qui sont concentrés dans certains quartiers, alors que trois quarts des Marseillais y sont pourtant éligibles.

Autour de la même problématique, les écoles cette fois : menus des cantines inadaptés, personnel éducatif débordé et en sous-effectif mais, surtout des locaux qui tombent en ruine, à tel point que Libération titrait en 2016 « les écoles à Marseille sont la honte de la République ». En 2020, quelle perspective pour les jeunes Marseillais ? Là-dessus, tout le monde est d’accord : il faut rénover urgemment, prioriser le bio et les circuits courts pour la nourriture, créer plus de place en crèche, faire de l’apprentissage de la natation la norme pour tous les élèves… Le « plan Charlemagne » de Mme Vassal où les « États généraux des écoles marseillaises » de Mr Gilles ont un but commun : redorer le blason de l’École. Sur le même sujet, le candidat du Rassemblement national suit difficilement (en proposant le financement de la blouse pour les écoles volontaires) un programme plus que conséquent mis en place par le Printemps Marseillais (74 engagements sur 7 thèmes « éducation»).

La sécurité, un thème phare

Mais c’est sur la sécurité que Ravier se rattrape : thème phare de son programme, il ne lésine par sur la rhétorique nationaliste pour exposer ses idées, oubliant le politiquement correct pour aller jusqu’à flirter avec des mesures liberticides et xénophobes : « interdiction des manifestations islamistes », « expulser les familles de délinquants mineurs », il veut « repenser la vidéoprotection pour traquer racaille et trafiquants » tout en augmentant le nombre de commissariats et de policiers. Dans la même veine, la tête de liste des Républicains dit vouloir tripler le nombre de policiers municipaux en six ans et doubler le nombre de caméras de vidéosurveillance. Quant à Bruno Gilles, il prévoit 1000 policiers en plus et une meilleure répartition de la police sur le territoire marseillais.

Sur ce sujet, la liste d’Union de la gauche a choisi de se placer en complète opposition avec ses concurrents de droite : pour faire face au sentiment d’insécurité de certains marseillais, elle affirme que « la sécurité ne se réduit pas au déploiement de la police et aux caméras de vidéosurveillance ». Aux yeux du Printemps Marseillais, c’est plus de prévention qui pourrait mettre fin à des problèmes dont l’origine serait sociétale (inégalités socio-économiques, violences familiales et conjugales, insuffisance de la prise en charge de la toxicomanie, etc). Ils s’engagent à redonner à la police municipale son rôle de proximité (laissant le rôle répressif à la police nationale), proposent un moratoire sur les techniques de vidéosurveillance et des formations plus adaptées aux missions des policiers.

L’ambition d’une cité verte

Dernier mais non des moindres, le thème de l’environnement et de la transition écologique fait une apparition, parfois un peu timide et forcée, dans tous les programmes : il est intrinsèque à celui de la liste majoritaire au premier tour, liste à laquelle se sont d’ailleurs ralliés les têtes de liste et l’ensemble des candidats sous la bannière Europe Ecologie Les Verts (EELV), à l’exception de Chahidati Soilihi (5,38% des voix au premier tour dans le 8ème secteur), qui annonce son ralliement à la sénatrice DVG Samia Ghali pour éviter « des divisions politiques incompréhensibles qui font le jeu du Front National ». Partout, les candidats EELV évoquent un choix de « cohérence », après avoir choisi de se présenter de leur côté dans tous les secteurs de la ville au premier tour. « Je pense que dans l’inconscient de tous les marseillais, il y avait en effet deux listes EELV. C’était presque écrit qu’au second tour on allait se retrouver, puisque notre objectif était le même, à savoir changer la ville, gagner, enlever cette équipe qui depuis 25 ans stérilise Marseille et engager la ville dans une transition écologique, plus démocratique. » déclare Christine Juste, porte-parole EELV pour la région PACA. Mais la liste adverse n’est pas en reste : l’une des ambitions majeures et affichées de Martine Vassal est de faire de Marseille la « Capitale Verte de l’Europe » à l’horizon 2026, notamment grâce à de grandes mesures phares : arrêter la bétonisation, créer des espaces publics végétalisés, prolonger le tramway, développer les pistes cyclables, … .

L’arrêt de la bétonisation est aussi un engagement de Stéphane Ravier, qui veut « préserver les poumons verts » de la ville et créer des fermes urbaines, des jardins et potagers partagés au sein de la cité. Petite dernière, l’opération « Prêt… Plantez ! » de Bruno Gilles vise à planter quelque 50 000 arbres à Marseille. Il promet également une autosuffisance énergétique sans toutefois annoncer de mesures permettant de l’atteindre.

Tout reste encore à jouer

Malgré une campagne mouvementée, les querelles intestines qui agitent têtes de liste, adhérents et sympathisants politiques sont toutefois loin de toucher la majorité des votants. La cité marseillaise fait face à une situation inédite d’unité de la Gauche rassemblée derrière la liste du Printemps Marseillais, face à une droite désunie, divisée et en désaccord souvent plus sur la forme que sur le fond. Alors qu’aucune majorité absolue ne semble vouloir se dessiner, il est toujours impossible de savoir qui du réveil démocratique ou du rejet de la classe politique l’emportera ce dimanche. Dans son dernier sondage pour La marseillaise et Maritima Medias, publié ce vendredi matin, l’institut Ifop donne une courte avance de 5 points à la liste de Michèle Rubirola (35%), talonnée de près par celle de Martine Vassal (30%), laissant 22% des votes à la liste du Rassemblement National et seulement 6% à celle de Bruno Gilles. Dans la bataille pour la mairie de Marseille, tout reste encore à jouer.

Source de l’image mise en avant : Stephane Martin

(Municicaqs #16) Lyon passe au vert ?

Après Toulouse, Montpellier ou Nantes, CAQS s’arrête, le temps d’un article, à Lyon, troisième plus grande ville de France. Gérard Collomb maire depuis 2001, n’a pas su convaincre pour ce premier tour des élections municipales. Alors qui prendra sa place à la mairie ?

Ce premier tour a recensé 61% taux d’abstention. À Lyon, le mouvement EELV se place largement en tête du premier tour. Grégory Doucet remporte 28,46% des voix, avec une avance de 11% sur le précédent candidat, Etienne Blanc, candidat LR avec 17% de voix. Dans la ville, on vote par arrondissement, seul un n’a pas voté EELV. Les verts sont favoris à Lyon.

Les trois têtes de listes

Grégory Doucet, 46 ans, aucun mandat, jamais élu. Liste écologiste en tête au premier tour et le favori de cette élection. Pour le second tour il décide de fusionner avec les deux listes de gauche, la France Insoumise et le Parti Communiste. Il est jugé « extrémiste » par ses adversaires du second tour, car il ne défend que l’écologie.

Yann Cucherat, 40 ans, est depuis 2014 l’adjoint aux sports, au tourisme et aux grands événements de Gérard Collomb qui souhaiteraient bien le voir à sa place. Il se présente sous l’étiquette politique de la République en marche. Eric Blanc, candidat des Républicains, deuxième avec 17% des voix, a décidé de se rallier avec le candidat marcheur, avec 14,92% des voix.

Yann Cucherat, candidat LREM crédit photo : DufournetY

Georges Képénékian, 70 ans, a été maire de Lyon quand Gérard Collomb était ministre de l’intérieur. À son retour il est devenu premier adjoint. Malgré les alliances de ses adversaires, il a décidé de continuer le second tour seul, mais avec 121 colistiers. Pour le candidat, Yann Cucherat, « Georges est trop centré sur un intérêt personnel pour pouvoir faire équipe pour la cause des Lyonnais. Selon lui la relation interpersonnelle de Georges et Gérard a joué « .

crédit photo : ctuaLitté, George Képénékian, candidat à la mairie de Lyon

Tourisme divisé

Les enjeux pour ses élections sont la relance économique, principalement, et le tourisme. Lyon a reçu 6,5 millions de touristes, 30% de la clientèle est étrangère, principalement américaine. Avec la crise et l’arrêt des activités professionnelles (restauration, culturelle), la perte est d’environ 2 milliards d’euros. Puis il y a la question culturelle et les grands événements. Cette ville à fort potentiel connait une chute du tourisme conséquente.

Pour le candidat EELV, il faut limiter les transports aériens car 75% des touristes viennent à Lyon sont des Français. « Nous devons aller vers un tourisme plus responsable. Investir dans les trains de nuit, développer le tourisme à vélo, d’abord pour le marché intérieur mais qui soit plus responsables.« 

Pour Yann Cucherat, la ville doit continuer et développer le tourisme en attirant la clientèle étrangère, « cela rendra la ville plus agréable« . Il n’est pas d’accord avec l’idée des trains de nuit, comme le propose Grégory Doucet.

« Il y a déjà longtemps, Lyon a choisi un tourisme qualitatif et non de masse. Il ne faut pas bouger trop vite, les petits commerces, la restauration, ont besoin d’être soutenue. Le tourisme c’est aussi des taxes qui viennent enrichir les caisses de la ville. » déclare Georges Képénékian. Il n’est pas pour une augmentation des taxes pour des projets plus grands : « Doucet augmenterait les taxes pour réaliser des projets aussi ambitieux. On ne peut pas passer d’un bord à l’autre aussi radicalement.« 

Lyon est la ville de province la plus chère, 4 979 euros le m2. Le prix du m² a augmenté de 10% en 2019. Le dossier AirbnB est rentré en jeu dans le débat. Il faut d’après G.Doucet : « faire appliquer la réglementation. Pas besoin dinterdire Airbnb mais seulement respecter la réglementation. » Georges Képénékian trouve une forme d’injustice :  » AirbnB enlève la location aux autres. »

Difficulté de se loger ?

La question a été posée très clairement aux candidats : comment faire aujourd’hui pour les gens qui n’ont plus les moyens de vivre à Lyon ? Construire et contrôler le foncier c’est les choix et engagements des trois candidats.

Yann Cucherat propose :

  • construire des logements supplémentaires pour répondre à la demande.
  • maitriser le foncier c’est contrôler le prix de sortie de la location ou de l’achat.
  • Ville pas très haute, on peut imaginer construire un petit peu plus haut.
  • Travailler sur la mixité sociale. Dans un même appartement on peut trouver des logements sociaux, intermédiaires et primo.
  • Propositions de 500 logements par an dans le mandat.

Le candidat écologiste favori, Grégory Doucet suggère :

  • Rééquilibrer entre la construction de bureau et de logements.
  • Limiter la construction de bureaux pour faire de ce quartier un quartier à vivre.
  • Rajouter des espaces de fraicheurs avec les canicules à venir, besoin d’enlever du bitume pour y planter des arbres.
  • Investir dans la qualité de vie.
  • Investir dans la rénovation des bâtiments pour faire baisser la facture de chauffage pour les propriétaires, pour les locataires.

Pour Georges Képénékian : « Il y a une concurrence entre la disponibilité du foncier et la demande des gens qui viennent. Construire pour avoir une part de logements sociaux, une part d’accès priorité et négocier en s’appropriant du foncier pour qu’on en retrouve sa maîtrise ».

Le Parti écologiste a fait l’unanimité dans les arrondissements de la troisième plus grande ville. La plupart des électeurs veulent plus de verdure dans leur ville.

(Municicaqs #13) – Toulouse, match serré dans la capitale du rugby

À Toulouse, la course à l’écharpe tricolore annonce un face à face serré. À droite, le maire sortant Jean-Luc Moudenc investi par LREM et LR refusant de céder les clés du Capitole. À gauche, talonnant le bourgmestre, l’écologiste Antoine Maurice peut créer la surprise.

Après Saint-Denis, Dijon, Nîmes, Le Havre, Saint-Étienne, Rennes, Lille, Bordeaux, Strasbourg, Perpignan et Villeurbanne, CAQS pose ses valises dans la ville rose. À Toulouse, le maire sortant Jean-Luc Moudenc (investi LR/LREM) se place en tête du premier tour avec la liste « Aimer Toulouse » avec 36,18% des suffrages exprimées. « Archipel Citoyen » arrive en seconde position avec 27,57%, sa tête de liste Antoine Maurice est d’ailleurs donnée gagnante par un récent sondage (BVA pour La Tribune et Europe 1). La candidate Nadia Pellefigue (PS, PRG, PCF) qui avait réalisé un score de 18,53 % au premier tour, s’est retirée de la course évoquant l’absence de « convergences suffisantes pour réaliser le rassemblement. ». Fermant la marche du premier tour, l’ancien maire et tête de liste de « Pour la Cohésion » Pierre Cohen (DVG) a été crédité à 5,66% des voix, seuil de voix nécessaire pour une alliance avec une autre liste pour le deuxième tour, chose faite avec la liste de l’écologiste Antoine Maurice.

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« Archipel Citoyen » en passe de créer la rupture ?

Les incertitudes planent tandis que l’écart se resserre pour les deux candidats. 51% des intentions de vote contre 49% donnent Antoine Maurice gagnant pour ce second tour dans un sondage BVA. Commandé par Archipel à l’IFOP, un précédent sondage annonçait déjà 52% des intentions de vote contre 48% appliqués à Jean-Luc Moudenc. L’optimisme qui se présente alors s’ajoute à la volonté de rompre avec la continuité défendue par Jean-Luc Moudenc.

La concrétisation « d’une alternative sociale, et démocratique » s’est poursuivie pendant la campagne et au-delà de la crise sanitaire. L’ancien élu municipale se démarque de ses adversaires dès le dépôt des listes en proposant un projet « politico-démocratique ». Citoyens et citoyennes de Toulouse venus de tout parti confondu (EELV, France Insoumise, Place Publique, Parti Occitan, Parti Pirate, Toulouse Idées neuves, Nouvelle Donne, Ensemble) s’accordent selon le principe d’une démocratie participative sous la dénomination « Archipel Citoyen ». Le premier tour a eu raison des différents détracteurs de l’écologiste ne voyant à ce projet qu’un échec cuisant. « L’imbattable » Jean-Luc Moudenc se place à seulement 7609 voix de son adversaire. C’est sans compter sur les 63,34 % des administrés qui ne se sont pas exprimés lors du premier tour. « Archipel Citoyen » compte désormais sur le « réservoir de voix écologistes » absent au premier tour ainsi que sur les différents partisans du rassemblement de la gauche unissant Pierre Cohen et Antoine Maurice.

Des « politiques à la hauteur de la transition écologique et social »

La campagne se retrouve dans le rassemblement des idées qui touchent l’écologie et le social. Face à la crise écologique et au risque climatique, le sondage BVA indique Antoine Maurice comme étant le plus à même de pouvoir y faire face (40% contre 34% pour Jean-Luc Moudenc). Face à la crise économique, le challenge pour le candidat de l’union de la gauche est d’appliquer la révision de l’équilibre budgétaire tout en conciliant les enjeux économiques que la crise sanitaire a fait naitre. Dans le reste du programme l’encadrement des loyers, la mise en place d’une « caution solidaire universelle », l’accroissement des places d’accueil pour les personnes âgées dépendantes, la suppression du controversé « arrêté anti-bivouac » mis en place par Jean-Luc Moudenc etc… Les aides sociales comme point d’attache de cette campagne sont présentées comme réponse à « l’urgence » et aux inégalités déjà très présentes et accentuées par la crise de la Covid-19.


Éviter le scénario catastrophe pour « Aimer Toulouse »

« Voici le Capitole, j’y arrête mes pas », Jean-Luc Moudenc compte bien suivre les paroles du célèbre chanteur toulousain Claude Nougaro à la lettre, et y rester six ans de plus. Hors de question de « perdre les bases du succès toulousain » pour l’ancien député. Les ambitions de l’actuel maire se résume dans un rassemblement citoyen contre « la monté des populistes » ainsi que dans la redynamisation d’une ville « qui bouge ». La ligne directrice de son projet pour ce scrutin s’inscrit dans la continuité́ du précédent. Investi au début de la campagne par La République en marche et son parti Les Républicains, le maire de Toulouse entendait élargir son électorat potentiel. L’idée étant de se préserver d’un clivage gauche-droite.


Force de passion pour la politique, Jean-Luc Moudenc confie vouloir se mettre au service des toulousains une fois de plus, se positionnant en « candidat de l’expérience », il ambitionne à nouveau de remporter ce mandat municipal. Cependant, le maire de la quatrième ville de France ne tarit pas de ses adversaires et ce, depuis le premier tour, jugeant des programmes « vide de sens ».

« Je vois fleurir des propositions dont le niveau m’afflige. Elles font preuve d’un grand amateurisme »

Jean-Luc Moudenc

Cette méfiance envers « l’extrême gauche en force » grandit dans les rangs du camp Moudenc. La croissance des inquiétudes « appelle à la mobilisation », un enjeu décisif pour l’emporter de justesse. Face à la crainte d’un relatif échec et d’un abstentionnisme aussi élevé qu’au premier tour (63,34%, NDRL) « tous les soutiens sont les bienvenues ».

« Ma conviction, c’est que nous sommes une majorité de Toulousains à refuser de donner les clés du Capitole à un assemblage anarchique incluant des professionnels du désordre et de la désobéissance aux lois de la République. » – Jean-Luc Moudenc

156 personnalités de la ville rose ont récemment répondu à cet appel. « L’appel des 150 », un document paru vendredi 19 juin et signé par des commerçants, des sportifs, des restaurateurs… Les monuments du rugby français : Guy Novès, Vincent Clerc, Maxime Médard ; l’ancien boxeur Sofiane Oumiha, le footballeur Alain Giresse… ont répondu présent aux côtés de Jean-Luc Moudenc décrit comme « le candidat le plus en mesure de protéger la ville face à la crise économique et au chômage ». Le sondage BVA indique Jean-Luc Moudenc comme étant le plus à même de faire face aux défis de la crise économique (45% contre 28%) pour Antoine Maurice et de protéger la ville face à la crise sanitaire (44% contre 27%).

Auprès des citoyens de la ville rose, il apporte ses réponses à la précarité, aux questions environnementales et sans oublier la jeunesse toulousaine en s’investissant sur de nouveaux projets et en voulant terminer ceux déjà entamés. Parmi elles, retrouvons la politique sur la sécurité déjà amorcée, le projet pharaonique de la troisième ligne de métro, la défense des commerçants indépendants et des artisans qui passe par l’interdiction des manifestations du samedi. Des points phares de cette campagne pour la liste « Aimer Toulouse » qui s’inscrivent dans les priorités envers les toulousains, soit « protéger leurs emplois, protéger l’ordre public, protéger leur santé »

À côté de propositions « extrêmement différentes » que combat le bourgmestre, des convergences existent, à l’image des problématiques environnementales discutées par des politiques bien différentes entre candidats. À seulement quelques jours du second tour, la campagne se durcit pour le maire sans étiquette, investi par la république en marche qui se retrouve en seconde position dans les sondages.

Image mise en avant : Aeimen Benallouche, le Capitole, Toulouse, Novembre 2019

(Municicaqs #12) – Nice, plein soleil pour Christian Estrosi ?

Après Bordeaux, Lille, Strasbourg, Perpignan et Villeurbane, nous partons à Nice. Le maire sortant de Nice devrait, selon toute vraisemblance, être réélu dimanche prochain. Mais avant de parler hâtivement, petit tour sur la triangulaire mise en place sur la Côte d’Azur.

La maire sortant est en tête du premier tour avec 46,7% des voix. Un score qui devrait laisser peu de place au suspens, Christian Estrosi peut être serein. Maire de la cinquième ville de France depuis 2008, malgré une pause entre 2016 et 2017, le maire sortant garde toujours la confiance de sa population. Un slogan bien travaillé « L’essentiel, c’est vous ». Un programme axé sur la sécurité de la ville ainsi que sur les préoccupations écologiques actuelles qui l’a propulsé en tête du premier tour. Voici quelques exemples tirés de son programme officiel :

  • La création d’une brigade dédiée pour les parcs et jardins.
  • La poursuite de la présence permanente d’un policier dans les écoles volontaires.
  • Le renforcement des effectifs dédiés à la lutte contre les incivilités.
  • Le développement des postes mobiles, notamment collinaires.
  • Projet d’Hôtel des Polices mutualisé dans l’ancien hôpital Saint-Roch.
  1. Création d’un label de produits locaux : « Nice terre de chez nous ».
  2. Généralisation des menus végétariens chaque jour.
  3. Aider les agriculteurs dans l’acquisition de foncier et le développement de circuits courts, avec des lieux de production et vente à proximité des habitations.

Avec un projet très ciblé sur sa population, Christian Estrosi a signé le plus gros score des maires sortants dans les 10 plus grandes villes de France. Difficile donc d’imaginer quelqu’un d’autre que lui le 28 juin prochain…

Philippe Vardon, le trouble fête ?

Arrivé second lors du premier tour des municipales, le candidat du Rassemblement national avec la liste « Retrouver Nice », Philippe Vardon apparaît comme le candidat le mieux placé pour succéder à Christian Estrosi. Et même si son retard est conséquent, le candidat RN surfe actuellement sur la situation post confinement. Lors d’une interview accordée à 20 Minutes Nice, ce dernier affirmait que la situation économique en France donnait raison à son programme économique. Une manière de dire que ses ambitions sont différentes que celles du maire sortant. Philippe Vardon n’hésite pas à tacler son adversaire dans la presse : « Quand il fait une chose, il peut en parler pendant dix jours. C’est beaucoup de communication, de théâtre même. Mais, au-delà de cette agitation, cette crise a surtout souligné les problèmes de la ville« . Une manière d’enfoncer le clou face à un candidat direct. Mais ces sorties médiatiques suffiront-elles à compenser le manque de voix et le retard accumulé lors du premier tour ? Rien n’est moins sûr…

Jean-Marc Governatori, pour enfin passer au vert ?

Troisième et dernier candidat encore en lice pour ce second tour, le candidat de la liste « Nice Écologique » paraît un peu en retrait. Avec 11,3% de suffrages récoltés, il y a du positif à retenir et c’est vers « l’après élection » que le candidat se tourne. Lors d’une interview, ce dernier espère obtenir le dossier environnemental mais aussi celui des politiques publiques. Une proposition affirmée qui pourrait avoir du bon pour la ville. À l’heure où l’écologie est plus qu’une priorité, cette délégation pourrait être une bonne chose pour Nice. Avec plusieurs projets pour une ville plus verte comme par exemple :  » Développer l’économie non monétaire avec l’agriculture urbaine justement et les Systèmes d’échanges locaux. Ça passe aussi par le recyclage de 100 % des déchets. » Des idées et une cohabitation pas si farfelues que ça… Une situation qui profiterait à tout le monde en somme…

Crédit photo : Pixabay

(Municicaqs #11) – Villeurbanne : le changement ? C’est maintenant !

Dans 7 jours, Villeurbanne connaîtra le visage de son nouveau maire. Après Lille, Bordeaux, Strasbourg et Perpignan, CAQS continue son tour de France en s’arrêtant, le temps d’un article, dans la vingtième plus grande ville de l’hexagone. Dans cette banlieue lyonnaise, le maire depuis 2001 ne se représentera pas. Son « Dauphin » prendra-t-il sa place ?

Depuis 1947, Villeurbanne, plus grande banlieue de France, est sous l’étiquette socialiste. Cela ne risque pas de changer avec ces nouvelles élections municipales. Jean-Paul Bret, maire de la ville gratte-ciel, depuis 2001, ne se représentera pas pour les municipales. Il laisse donc sa place au candidat socialiste Cédric Van Styvendael. Cet inconnu des villeurbannais est le « dauphin » du maire actuel. Au premier tour des municipales, le taux d’abstention s’élève à 30,80% et le scrutin recense 0,80% de vote blanc. Cédric Van Styvendael est en tête avec 33% des voix au premier tour, il passe devant le parti EELV avec 27,48%. Une alliance entre les verts et les socialistes? C’est signé pour le second tour. 

Une alliance inédite

La gauche et Les Verts s’unissent pour prendre la tête de la banlieue lyonnaise. Face à cette alliance, le candidat de la République en marche Prosper Kabalo a réuni 14,70% des votes. Un deuxième tour sans grande surprise, avec de fortes chances que l’alliance (PS-EELV) menée par Cedric Van Styvendael et Béatrice Vessiller sorte vainqueur.  

Les trois têtes de liste qualifiées

Le candidat socialiste Cédric Van Styvendael, inconnu de tous est arrivé en tête du premier tour à Villeurbanne. Ce novice de la politique a 46 ans et habite la ville depuis 15 ans. Il a su rallier toutes les tendances de la gauche. Pour le second tour, il va s’allier avec Les Verts (EELV). Il a occupé le poste de directeur d’Est Métropole Habitat (EMH). 

Crédit photo : Le candidat socialiste d’union des gauches, Cedric Van Styvendael, le 22 janvier à Villeurbanne (Rhône). ALEX MARTIN / AFP

Béatrice Vessiller, candidate EELV, vice-présidente de la Métropole et conseillère municipale d’opposition. Elle est aussi ingénieure et enseigne à l’ENTPE. Elle a rejoint la liste de Cédric Van Styvendael, Villeurbanne en commun. Elle devient la numéro deux de la liste. Elle peut offrir 12 à 13 places éligibles à ses équipes. 

Crédit photo : Béatrice Vessiller – LyonMag

Face à cette équipe favorite, le candidat de la République en marche, Prosper Kabalo. « Je suis arrivé à Villeurbanne à 12 ans, je n’en suis plus jamais parti. C’est dire si je connais bien cette ville où j’ai grandi, travaillé, fondé ma famille ». 

Cinquante ans qu’il habite l’agglomération lyonnaise, âgé de 64 ans il est adjoint au maire depuis 2001. Doyen de l’élection municipale, il est aussi conseiller métropolitain depuis 2008 et plus récemment, en 2017, vice-président de la Métropole. Sa liste a réuni le Modem et l’UDI en plus des marcheurs. 

« La sécurité doit être une priorité absolue des pouvoirs publics », estime Prosper Kabalo, au lendemain de la fusillade survenue au Tonkin. Photo d’archives Progrès/Jerome MORIN

Des enjeux sociaux

Avant de fleurir et arborer ses rues, cette vingtième ville de France doit combattre l’inflation du prix du m2 et l’insécurité provoquée par le trafic de stupéfiant. Dans cette grande banlieue, comment les candidats comptent-ils s’y prendre pour lutter contre les inégalités sociales ?

Villeurbanne connaît une augmentation de plus de 13 000 habitants sur ses dix dernières années. Elle est donc la banlieue la plus peuplée, en plus d’être la plus grande, avec presque 150 000 habitants. Le taux de pauvreté accroit et atteint aujourd’hui 19%.

Le logement est un enjeu prioritaire pour le prochain maire. D’après le site immobilier seloger.com, le prix a augmenté de 12,7% en 2019, soit 3 450 euros le m². Un record en métropole. Pour toutes nouvelles constructions, les candidats se divisent, certains sont pour une accélération et d’autres pour un ralentissement d’obtention des permis de construire. Il y a une croissance de 12 499 logements en résidence principale, passant de 64 535 à 77 034, entre 2006 et 2018. 

Encadrement des loyers : « fausse bonne idée » ? 

Villeurbanne compte un quart de logements sociaux dans toute la ville. Point de vue divergent pour les têtes de liste : ralentir la construction ou bien la continuer. 

Pour Béatrice Vessiller, elle prône le ralentissement des sorties de terre, « ce qui doit être construit soit à des prix accessibles ». Elle souhaite aussi laisser des espaces verts pour la qualité de vie des villeurbannais. La hausse des loyers est un combat pour le futur maire, une proposition pour la candidate : « l’encadrement des loyers pour le parc locatif est indispensable pour que ce soit accessible. Cela permettra aux locataires d’avoir des loyers abordables ». Une mesure soutenue par le candidat de gauche, Cédric Van  Styvendael. Pour défendre l’encadrement des loyers, qui rend sceptique ses adversaires, il ajoute au propos de la militante écologique : « cette mesure ne concerne que les loyers qui dépasse 20% du prix sur une zone bien précise. Elle vise juste à limiter les excès, c’est 10 à 15% des logements de Villeurbanne ». L’adversaire Prosper Kabalo considère que l’encadrement des loyers est un échec, « suffit de voir l’exemple parisien».

Sécurité : «  Évidemment, on ira combattre les points de deal »

À Villeurbanne, les autorités recensent une cinquantaine de points de deal, connus de toutes et tous. Un problème majeur qui est un point clé de la campagne des municipales. L’insécurité de la ville inquiète les habitants. La police municipale est armée depuis 2017, la ville compte 52 policiers municipaux et 107 caméras de vidéo protection. 

L’équipe CAQS a regardé le débat des municipales organisé par France 3 région du premier tour, le 27 février. Pour la plupart des listes, les candidats veulent augmenter les effectifs de la police municipale. 

Pour le candidat LREM, Prosper Kabalo, élu pour le second tour face à Cédric Van Styvendael, il propose : 

  • Doubler l’effectif de la police municipale 
  • Installer des caméras de vidéo protection, « je la généraliserai et pas que dans le quartier gratte ciel« 
  • Mettre à disposition des policiers municipaux de proximité dans les quartiers, sur les terrains pour que la police viennent à la population et pas l’inverse 
  • Combattre directement sur le terrain les points de deal 

Pour Béatrice Vessiller, la tête de liste EELV, elle s’est ralliée au Dauphin de Jean-Paul Bret, elle propose quatre actions pour améliorer la sécurité : 

  • Augmenter le budget pour la sécurité d’un million d’euro, soit une hausse de 25% pour renforcer la présence humaine dans l’espace publique. 
  • Renforcer la collaboration avec le préfet et le commissariat pour les compétences qui relève de l’État.
  • Discuter avec les habitants, » car personne ne sait mieux qu’eux ou sont les problèmes ». 
  • Privilégier pour « les petites incivilités je mettrai des médiateurs à pieds, à vélo pour verbaliser« 

Cédric Van Styvendael, favori pour la mairie de Villeurbanne, est plus catégorique et ramène la lutte contre le trafic de drogue à l’échelle nationale : « le problème du trafic de drogue à Villeurbanne ne se réglera pas avec une augmentation des effectifs de la police municipale, mais avec une stratégie nationale donnée par le ministère de l’intérieur. Mais je suis pour une augmentation de 50% des effectifs de la police municipale. »

Et le vert ? 

Toutes les listes se présentant ont un programme pour l’écologie : embellir le cadre de vie et végétaliser la capitale rhonaise. La lutte contre la pollution est devenue un enjeu phare de toutes élections confondues. Droites, gauches… Tous unis pour le même constat et le même objectif : apporter plus de verdure en ville. 

Crédit photo : Karldupart

(Municicaqs #8) – Bordeaux, pas de quadrangulaire au second tour

À la veille du second tour des municipales, les incertitudes planent toujours pour Bordeaux. Alors qu’aucune majorité ne se dessine, l’espoir s’invite aux côtés de Pierre Hurmic. Le candidat des Verts et de la gauche s’est placé à seulement 96 voix du maire sortant Nicolas Florian. Après 75 ans au pouvoir, la donne va-t-elle changer pour la droite bordelaise ? 

Après Saint-Denis, Dijon, Nîmes, Le Havre, Saint-Étienne et Lille, tour d’horizon à Bordeaux pour la dernière ligne droite des municipales. Un écart de 96 voix séparait, le 15 mars au soir, le bourgmestre actuel et la liste « Bordeaux Respire » de Pierre Hurmic (EELV, PS, PC, PRG, PP et ND). Nicolas Florian, tête de liste de « l’Union pour Bordeaux » (LR, Modem, UDI, Agir et LREM) qui succède Alain Juppé, démissionnaire en 2019, ramène la course aux municipales à trois candidats après une alliance avec le candidat LREM Thomas Cazenave, qui avait tout de même été qualifié au second tour avec 12,69 % des voix. Pour résumer les résultats de ce premier tour, Nicolas Florian, en tête avec 35,56 %, est suivi du candidat écologiste et socialiste qui cumule 34,38 % des voix. S’y ajoute Thomas Cazenave (12,69 %, 6.976 voix). Philippe Poutou de la liste « Bordeaux en Luttes » (NPA et FI) rallie 6.470 sympathisants soit 11,77 % des votants.

Un taux d’abstention fortement élevé en raison du Covid-19 : 63 % des électeurs n’ont pas voté. C’est 56.000 votants sur 151.000 électeurs inscrits. La tranche d’âge 18-34 ans, plébiscitée notamment par la liste « Bordeaux Respire » de Pierre Hurmic (EELV, PS, PC, PRG, PP et ND) n’était pas au rendez-vous. Un choix de la part des votants qui ne confortent pas les logiques des alliances et du contexte actuel.

À droite, « éclaircir le paysage politique »

Le 1er juin marque la signature d’un accord de liste commune entre le maire sortant Nicolas Florian et le candidat LREM Thomas Cazenave. Un rapprochement qui n’a rien de surprenant selon Philippe Poutou qui parle d’un « non-évenement ». Les discussions ont déjà été entamées depuis un moment. L’alliance qui naît de la difficulté du premier tour de se retrouver face au candidat socialiste et écologiste marque également une alliance des projets. Cette dernière d’autant plus nécessaire pour le candidat LREM qui indique que « la crise que nous traversons appelle à unir les compétences. », s’agissant ainsi de « dépasser les clivages et répondre à l’urgence de la situation ». Une alliance surprenante qui dépasse l’incompatibilité politique initiale avec le maire sortant : « je veux atteindre le niveau le plus élevé » avait-il annoncé après le premier tour.  La fusion défendue par Cazenave laisse place à un nouvel accord électoral mal vu par certains électeurs mais également par l’opposition accusant « des moeurs politiques d’une autre époque ». Dans son communiqué, le candidat LREM défend la fusion des deux listes en indiquant « qu’aborder le second tour de l’élection municipale sans rien changer est aujourd’hui inconcevable ».

Cette liste du rassemblement menée par Nicolas Florian doit intégrer 17 colistiers de Thomas Cazenave issu de la liste « Renouveau Bordeaux » dont 13 membres en position éligible. Créant la surprise en début d’année, Benoit Simian, député LREM du Médoc et colistier de Nicolas Florian cède sa place. Cazenave devrait occuper le poste d’adjoint au maire ainsi que la vice-présidence à Bordeaux Métropole.

Les priorités évoluent mais le fond reste le même

Depuis juin, la campagne bat à nouveau son plein. La crise sanitaire fait évoluer les programmes, les candidats se sont adaptés proposant de nouvelles priorités sociales et économiques.

L’union à gauche (EELV, PS, PC, Générations, Nouvelle Donne etc,…) menée par l’écologiste Pierre Hurmic maintient sa volonté de rupture tout en reconnaissant à Alain Juppé un bilan positif en 24 ans. Avec l’objectif d’un « modèle écologique, solidaire et résilient » s’ajoutent les enjeux économiques et sociaux désormais prioritaires dans un programme qui s’adapte au contexte. Augmenter la part des emplois non délocalisables, concevoir une ville autour des services publics, soutenir les associations… Autant de propositions qui tendent vers un modèle « vertueux » afin de « réinventer Bordeaux ». Au projet s’ajoute la lutte contre l’abstentionnisme, clé de ce second tour. La mobilisation n’était pas au rendez-vous. Pour ce second tour, l’argument du vote utile s’invite dans les débats. La liste « Bordeaux respire » compte sur les électeurs de la liste de Thomas Cazenave « Renouveau Bordeaux » et le scepticisme laissé par la fusion avec Nicolas Florian.

Le candidat n’est pas en reste et le fossé reste tout de même étroit. 96 votes seulement derrière le maire sortant et un optimisme à toute épreuve qui donne de l’espoir à l’écologiste.

« Ça ne fait qu’accroître ma détermination, ma combativité, pour remplacer ce pouvoir conservateur qui est prêt à tout pour conserver précisément le pouvoir à Bordeaux. » – Pierre Hurmic

Aux côtés des présidents socialistes de la région Nouvelle-Aquitaine et de la Gironde, Alain Rousset et Jean-Luc Gleyze apportent un soutien de taille. Hurmic se dit vouloir donner l’image « d’un maire écologiste, apaisant, sobre et de proximité. ».

Outsider du premier tour, Philippe Poutou ferme la marche avec 11,77 % des suffrages exprimés. Le chef de file de la liste « Bordeaux en luttes » maintient ses positions en étant catégoriquement opposé à une alliance avec Pierre Hurmic. Face à « une droite libérale » d’un côté et « une gauche libérale EELV/PS » jugée « inapte » sur le terrain national, Philippe Poutou, fidèle à ses convictions se présente comment seul véritable candidat de l’opposition. Pointant du doigt la fusion LR-LREM, il indique que « « Bordeaux en luttes » sera là pour faire entendre la colère sociale… » dans un tweet, peu après l’annonce de la coalition. Mécontentement qui s’exprime également au lendemain du déconfinement en rappelant que la contestation sociale ne s’est pas éteinte à laquelle s’ajoute l’embrasement lié aux violences policières.

Le programme intègre une démocratie dite « participative », entendant la parole des Gilets jaunes. Il propose la mise en place d’un référendum d’initiative communale ou encore un encadrement des loyers… des propositions tirées de « l’exigence d’un autre monde ». La crise sanitaire forge la détermination du candidat de la gauche qui pointe du doigt la mauvaise gestion de la crise et les inégalités qui en découlent. Dans la dernière ligne droite les objectifs s’affichent clairement : dépasser les chiffres du premier tour et entrer au conseil municipal. « L’heure est à la mobilisation » pour l’anticapitaliste qui espère continuer sur sa lancée après le 28 juin.

Image mise en avant : Livio Ferrero – Hotel de ville, Bordeaux, 2020

(Municicaqs #7) – Lille, la fin du règne Aubry ?

Après Nimes, Le Havre ou Rennes, CAQS continue son tour de France pour les municipales avec Lille, une ville où Martine Aubry pourrait ne pas être réélue pour un 4ème mandat. 

Le soir du 15 mars, l’heure n’était pas à la fête au beffroi. Les élections municipales venaient de se dérouler dans un contexte de pré-confinement et la maire socialiste sortante Martine Aubry n’obtient qu’une très courte avance sur le candidat EELV, Stéphane Baly. L’ambiance était similaire chez les marcheurs. Le QG de campagne était fermé et aucune soirée officielle annoncée. La candidate de LREM Violette Spillebout passe au second tour sans même atteindre les 20%. 

Du côté de la rue d’Artois les verres et les verts trinquent. En 20 ans, aucun candidat n’avait jamais réussi à s’approcher autant du score de Martine Aubry. Seuls 5 points séparent Baly d’Aubry. Et ces 5 points sont d’autant plus retentissants qu’ils vont révolutionner le fonctionnement de l’opposition au conseil municipal. En effet, pour la première fois, écologiste et socialiste ne fusionneront pas au second tour. Stéphane Baly, actuellement conseiller municipal adjoint à l’énergie déclare même « Martine Aubry ira seule au second tour. Elle perdra seule ».

Aubry sur le banc des accusés

Contrairement à la grande tendance nationale, la première thématique de la campagne n’a pas été tout de suite l’écologie. En réalité le bilan complet de Martine Aubry était au banc des accusés. On lui a reproché surtout un manquement sécuritaire et écologique. En effet, sur le plan de l’emploi, la fille de Jacques Delors est difficilement attaquable à la vue des 23.000 nouveaux emplois crées à Lille en 5 ans. Mais d’un point de vue écologique, personne n’en fait jamais assez. Sous la dernière mandature, 22 000 arbres ont été plantés et 12 hectares d’espaces verts gagnés en plus du réaménagement des anciens parcs tels JB Lebas ou le parc de la Citadelle. Cependant, le Champ de Mars reste un grand parking bétonné, très loin du parc vert annoncé.

Toujours plus vert

Évidemment l’écologie a aussi été le cœur de la campagne. Aucune liste n’en a fait abstraction. Dans les QG de chacun, une carte de Lille est affichée mettant en avant la capitale des Flandres du futur. Toujours plus verte, avec des parcs et des fontaines. C’est le concours de celui qui plantera le plus d’arbres tout en fustigeant le bilan de la maire sortante. Mais quand on aborde le projet Saint Sauveur, on touche le point sensible. Cette friche de 23 hectares abandonnée depuis 2003 cristallise les passions. L’actuelle édile souhaite y construire une piscine olympique et des logements sociaux. Un scandale pour les verts qui voient dans cet espace une opportunité de verdure. Dans la friche Saint Sauveur, Martine Aubry a laissé des plumes et des électeurs. 

Triangulaire entre amis

Si le fond de campagne était vert, la forme était beaucoup plus sombre. Car la triangulaire qui s’est dégagée des résultats du 15 mars a propulsé trois anciens collègues dans une arène où tous les coups sont permis. Violette Spillebout était en effet l’ancienne cheffe de cabinet de Martine Aubry. Stéphane Baly est actuellement membre de la majorité municipale faite d’une alliance écologiste-socialiste. Il n’a pas hésité a aller à l’affront face à la présidente du conseil municipal qu’il a accusé d’avoir géré seule la crise du coronavirus sans consulter les conseillers. L’actuelle édile s’est targuée d’offenses contre LREM. Elle justifie son 4ème mandat par une volonté de ne pas « laisser Lille devenir c’est qu’est la France aujourd’hui » faisant référence ici à l’élection d’Emmanuel Macron. La maire s’est aussi montrée forte lorsqu’elle a réprimandé les ministres Agnès Buzyn et Nicole Belloubet, en visite à Lille, de ne pas les avoir prévenu de cette visite. L’opposition idéologique comme personnelle entre Aubry et Spillebout s’est toujours jouée indirectement.

Parmi ces 3 anciens collègues, seule Martine Aubry a tout à perdre dans ce second tour. Le défi du 28 juin pour la fille de Jacques Delors va être de sauver sa majorité face à Stéphane Baly. Mais le rôle de Violette Spillebout dans cette triangulaire est de réussir à récupérer assez de voix venues des listes de droite. Ainsi, en se maintenant assez haute dans le jeu, la candidate fera perdurer les tractations et le suspens autour du futur édile. À Lille, rien n’est joué d’avance.

Crédit photo : Grande place de Lille ( Velvet via Wikipédia )

(Municicaqs #4) – Le Havre, Édouard Philippe en danger ?

Après Saint-Denis, Dijon et Nîmes, CAQS continue le tour des grandes villes françaises pour vous faire vivre les municipales ! Aujourd’hui, direction le premier port français de transport de conteneurs : Le Havre. Deux candidats s’affrontent au second tour : Edouard Philippe (LREM) et Jean-Paul Lecoq (gauche).

Obtenant 35, 88 % des voix au premier tour des élections municipales, le candidat de gauche Jean-Paul Lecoq confirme qu’il est bel et bien dans la course ! Face aux 43, 60% du premier ministre, pour certain la bataille est déjà jouée. Or, avec seulement 39,58 % de participation et donc une abstention record dû à l’épidémie du covid 19, le second tour pourrait bien rebattre les cartes …

Revenons ensemble sur les mesures phares de l’élection

Une troisième ligne de tramway ou les transports en commun gratuits ?

Jean-Paul Lecoq défend la gratuité des transports en communs : « ça change vraiment la vie dans une ville » explique t-il au débat avant le premier tour des élections. Il plaide une « gratuité dès le début [ du mandat ], le week-end, et aussi pour les classes, parce qu’on considère que les gamins dans les écoles ne doivent pas avoir la gratuité de transports que deux fois dans l’année, et, que vous soyez à l’école à Mont-Gaillard ou que vous soyez à l’école au centre-ville, vous devez pouvoir accéder à tous ce qu’offre la ville à travers le transport gratuit. »

La gratuité des transports en commun est une mesure séduisante. Elle faciliterait la mobilité pour les ménages les plus fragiles économiquement, donc un désenclavement de certain quartiers. Oui mais comment financer une telle mesure ?

Pour Edouard Philippe, « il y a fort à craindre que ça se traduise par des impôts ». La grande crainte de cette mesure est en effet une augmentation des impôts. Beaucoup n’y crois pas vraiment, comme par exemple Camille, étudiante havraise : « ça serait top des transports gratuits même si je pense que cela n’est pas vraiment possible mais ça pourrait être pas mal au vu des prix exorbitants qui peuvent en ressortir » .

Gaelle Caetano, deuxième sur la liste de Jean-Paul Lecoq, en interview pour nous, répond : « c’est la grande question ! Moi je ne peux pas vous dire on ne payera pas d’impôts complémentaires, je ne peux pas vous dire on ne touche pas aux impôts. Le but c’est que les impôts ne soient pas touchés concrètement, le but c’est que ce soit financé par des aides » […]  » on essaye de faire au mieux pour ne pas que les impôts soient augmentés mais on ne peut pas non plus savoir le financement de l’état ». Elle insiste sur le fait que les citoyens seront consultés, et qu’en cas de refus de payer plus d’impôts pour permettre la gratuité des transports en commun, la volonté des citoyens sera respectée. Est- ce qu’on peut penser que si les impôts augmentaient, le coût reviendrai à moins cher aux familles qui utilisent les transports en commun ? « Tout à fait. » nous répond madame Caetano.

Le premier ministre, en revanche, défend plutôt une tarification différente selon les revenus et les statuts des individus. Jeanne, étudiante havraise redoute ainsi un coup trop élevé des mesures de gratuité et préférerait une tarification différenciée: « Même si c’est souhaitable, il est difficile d’instaurer une gratuité totale, cela coûterait très cher à l’agglomération qui essaie déjà d’amortir le coût du tramway. Malgré tout, je pense qu’il est vraiment nécessaire d’instaurer une gratuité pour ceux qui en ont besoin et ont pour l’instant droit au demi-tarif ou à l’abonnement solidaire comme les ménages avec de faibles revenus, les étudiants… D’autant plus qu’ils vivent souvent dans les quartiers où le coût de la vie est le moins cher, les banlieues, donc ils sont plus reculés par rapport au centre de la ville, logiquement ils ont plus besoin de prendre les transports en communs. »

La rédaction du Monde propose un podcast intéressant pour se faire un avis sur le sujet :

Gratuité ou performance ? « Ce qui m’intéresse c’est de développer et d’améliorer la qualité du réseau » déclare le premier ministre. Selon lui, il est plus intéressant de construire une nouvelle ligne de tramway « parce que ça marche ». Il y a en effet, une hausse de la fréquentation du tramway et donc un désenclavement des quartiers désormais relié à la ville par le tramway. Pour Gaelle Caetano cette mesure doit être discutée avec les habitants. Et justement qu’en pense Camille et Jeanne ?

Le tramway havrais

Pour les deux étudiantes, c’est une dépense qui n’est pas nécessaire : « La troisième ligne de tram est une bonne idée, mais elle va coûter très cher alors que les deux lignes déjà existantes n’ont pas encore été rentabilisées et que cet argent pourrait être investi ailleurs, dans la gratuité des transports en commun par exemple. Le tram créerait une ligne plus directe, plus rapide, mais les bus et le TER relient déjà Montivilliers, l’hôpital Monod, les quartiers Sud et le stade Océane (qui sont les endroits par lesquels passeraient la troisième ligne) au centre de la ville. » déclare Jeanne. « Je pense que l’on peut se passer d’une troisième ligne de tram, on en a déjà deux qui font quand même pas mal d’arrêts » affirme Camille.

La santé

La pandémie du covid 19 met la question de la santé au premier plan. Qu’en penses nos deux candidats ?

Pour Jean-Paul Lecoq, il faut créer un centre de santé municipal avec médecins et professionnels de santé salariés par la ville, avec des antennes décentralisées ou mobiles sur les quartiers. Pourquoi des médecins salariés ? Parce qu’il considère qu’un grand nombre de jeunes médecins diplômés pourraient accepter d’exercer plus facilement s’ils étaient salariés, notamment des femmes qu’ils veulent faire de la médecine, gagner leur vie et avoir une vie à coté. Il faut défendre l’hôpital au près des autorités, selon lui. L’idée est également de palier au manque de médecins, non pas en demandant à des médecins retraités de revenir dans leur cabinet, mais bien en laissant la place à la jeunesse, rappelle Gaelle Caetano.

Edouard Philippe, insiste sur le formation de jeunes médecins au Havre et ce, dès la première année de médecine ! Plus des étudiants en médecine seront formés au Havre, plus il en restera pour exercer dans la ville selon lui. Autre mesure importante que le premier ministre souhaite mettre en place, la maison des aidants. Un lieu où les personnes qui aident un proche pourront trouver de l’aide et des solutions pour atténuer le poids de cette prise en charge.

L’écologie

Nos deux candidats reconnaissent qu’il y a urgence en matière écologique !

Le point noir par excellence de la ville : la décharge de Dollemard. Tandis que Jean-Paul Lecoq souhaite démanteler entièrement le tas de décombres de plus d’un kilomètre de long, Edouard Philippe est plus nuancé, en affirmant que sur cette verrue écologique se sont créés des écosystèmes .. et que la démanteler d’un coup risquerait non seulement de fragiliser la falaise ( non sans risques d’écroulement ), mais également de mettre en danger des espèces ayant trouvées refuge dans celle-ci. Néanmoins, les deux candidats estiment urgent d’agir sur ce point, pour éviter que les déchets soient, comme c’est le cas aujourd’hui, rejetés dans la mer. Pour ce qui est des mobilités douces et de la végétalisation, tous les deux proposent des mesures.

La décharge de Dollemard

Jean-Paul Lecoq et la proximité avec les citoyens :

La gauche entend bien rester à l’écoute des havrais et havraises. Toutes les mesures seront discutés, dans des conseils de quartiers, et via des référendums. Avec 60% de citoyens havrais sur sa liste, c’est une gauche qui prône la proximité avec l’habitant. Et ce n’est pas sans déplaire, car selon les deux étudiantes interrogées, la démocratie participative est encore bien faible au Havre : « Pour l’instant les conseils de quartier se réunissent une fois par an et partagent leurs demandes et remarques aux élus, mais ils n’ont pas de poids démocratique réel. La plupart des havrais ne savent sans doute pas qu’ils existent. Le fait d’instaurer des conseils plus actifs, plus représentatifs, et qui pourraient vraiment être impliqués démocratiquement dans les prises de décisions, permettrait sans doute que celles-ci soient plus en accord avec les attentes des havrais.» nous confie Jeanne.

Une large place semble être réservée à la parole des havrais dans le programme de monsieur Lecoq. Pourtant, une partie de la population ne risque-t-elle pas de ne pas participer à ces débats citoyens, aux prises de décision ? Gaelle Caetano nous répond que l’idée sera d’aller voir les gens, d’aller parler avec eux. Non pas les forcer à participer, mais leur faire connaitre la possibilité de participer à la mise en place de projets au Havre. Un Havre citoyen donc ! Des idées qui semblent d’autant plus séduisantes que la crise du coronavirus à mis en exergue le besoin de solidarité et d’écoute de la population.

Jean-Paul Lecoq à l’assemblée nationale en 2019 rappelle l’importance de la démocratie locale.

Edouard Philippe : un Havre plus attractif et plus dynamique !

Le Havre, une ville attractive ? « Le nombre d’étudiants est en hausse, mais il me semble qu’il s’agit surtout de havrais, ou de normands pour qui l’université du Havre est la fac la plus proche. Excepté l’ISEL et science po Asie, il n’y a pas de filière d’étude particulièrement attractive ou originale. On vient rarement de loin pour étudier au Havre. L’ambiance et le dynamisme étudiants de la ville ne sont donc pas très développés, il faut reconnaître que la ville n’a pas très bonne réputation, elle n’a pas une image attractive. » rapporte Jeanne. Pour Camille, Le Havre n’est pas une ville étudiante : « Je ne trouve pas spécialement [ que Le Havre soit une ville ] étudiante, enfin je ne pense pas directement à celle-ci quand je pense à une ville étudiante ! »

Pour palier à cela, Edouard Philippe et son équipe propose de faire passer le nombre d’étudiants de 13 000 à 15 000. Pour cela, ils souhaitent accueillir la future Université Régionale des Métiers et de l’Artisanat (URMA), achever la création du campus autour de la gare et des bassins, développer les formations en apprentissage, « qui sont souvent les meilleures façons d’accéder à l’emploi. »

Le premier port de conteneurs français ! Un port qui se situe sur l’Axe Seine et qui entend bien en profiter avec la fusion des établissements portuaire. Le développement de Port 2000. La filière éolienne en pleine expansion, où le premier ministre y prévoit la création d’une centaine d’emplois.

Le port du Havre et ses conteneurs

La crise sanitaire aura fortement marquée les esprits, y faisant apparaître de nouvelles craintes. La crise économique qui s’annonce pourrait pousser à voter plutôt pour le premier ministre. En revanche, les inquiétudes démocratiques et la volonté d’une plus grande proximité avec les autorités pourrait jouer en faveur du candidat du Havre citoyen. La mairie havraise n’est pas assurée pour Edouard Philippe malgré son avance au premier tour. Il s’est passé tant de choses entre le premier et le second tour que les résultats précédents sont susceptibles d’être profondément modifiés.

Pour revoir le débat avant le premier tour des élections municipales :

Crédit photo : ROLY0968 – Flickr.com

(Municicaqs #3) – Nîmes, le maire sortant favori et une alliance inédite

Après Saint Denis et Dijon, CAQS continue son tour de France à l’occasion du second tour des élections municipales. Nîmes, 3ème plus grande ville d’Occitanie après Toulouse et Montpellier, est le théâtre d’alliances inattendues et de projets qui n’ont pas les mêmes priorités. Tour d’horizon dans la ville romaine.

Le 1er tour faussé par l’abstention 

Comme dans beaucoup de villes, le Covid19 a eu un impact fort sur l’abstention dans les urnes. À Nîmes, plus de 67% des administrés ne sont pas allés voter. Mais à l’issue d’un dimanche inédit, le maire sortant Jean-Paul Fournier (LR) est arrivé en tête avec 34,3% des voix. 

En seconde position vient le président de la métropole Yvan Lachaud, soutenu par LREM, le MoDem et l’UDI, avec 15,7% des voix. L’écologiste Daniel Richard soutenu par EELV, le PS, LFI et le PRG suit avec 12,2% du scrutin. Le candidat communiste soutenu par certaines personnalités locales de gauche Vincent Bouget se qualifie pour le second tour avec 15,7% des voix. Un 5ème candidat accède au 2nd tour, le candidat RN Yoann Gillet avec 14,3%.

Une alliance inédite

Seul favori de cette élection le soir du 1er tour, Jean-Paul Fournier peut désormais redouter d’une concurrence plus poussée. L’alliance entre Yvan Lachaud (15,7%) et Daniel Richard (12,2%) a été actée au moment de déposer les listes pour le 2nd tour. Une surprise alors que le président de la métropole Yvan Lachaud a longtemps travaillé main dans la main avec le maire de Nîmes Jean-Paul Fournier. Nîmes va devoir faire face à une quadrangulaire. Les résultats du 1er tour restent cependant faussés par l’abstention : plus de 2 électeurs sur 3 n’ont pas voté le 15 mars. 

Cette alliance entre le candidat écologiste et le président de la métropole nîmoise , soutenu notamment par le parti d’Emmanuel Macron a provoqué de nombreux désaccords. La numéro 2 et ancienne cheffe de file EELV est en désaccord avec le candidat Daniel Richard : « Nous avions signé un accord qui stipulait qu’il n’y avait aucune alliance possible au second tour avec une liste du RN, de la droite ou d’En Marche ».

Face à cette nouvelle liste LREM/EELV, 3 autres candidats sont aussi présents au 2nd tour. Tous n’ont pas les mêmes priorités différentes.

Jean-Paul Fournier, cap sur le centre ville

Le maire sortant axe son programme sur le centre ville. Il souhaite le réaménagement de la Salamandre, de la place Jean-Robert et de la place du château. Il veut piétonnier la rue Guizot et étendre l’OPAH Richelieu (la rénovation de l’habitat avec une aide financière accordée aux propriétaires). 

Pour les commerces du centre ville, Jean-Paul Fournier propose de faciliter la reprise du centre commercial de la Coupole par un entrepreneur. Si aucune reprise n’est faite, la ville rachètera la zone. Véritable coeur de ville, les halles seront vitrées au rez-de-chaussée vers l’extérieur. La restauration se fera à l’intérieur et une charte pour l’aspect esthétique des étals devra être signée par les marchands.

Pour l’éducation, le candidat LR veut ouvrir de nouvelles écoles au mas Lombard, à Pissevin, et reconstruire à Leo-Roussin au Clos d’Orville. Le maire sortant veut aussi un nouvel éco-quartier sur Hoche côté Sernam. Ce serait le deuxième éco-quartier de la ville. Afin de rendre plus sûre la ville, Jean-Paul Fournier veut équiper Nîmes de 600 caméras de vidéo-surveillance. Il veut créer deux nouveaux postes de police à Pissevin et créer un conseil municipal des séniors.

Yvan Lachaud, éducation et écologie

Le candidat LREM, allié désormais avec EELV, donne une place importante à l’éducation. Il souhaite que Nîmes soit la ville de 30.000 étudiants en 2030 (contre 15.000 en 2020). Il veut investir dans les écoles chaque année, surtout les plus défavorisées, à hauteur de 2 à 5 millions d’euros. Pour loger les étudiants, Nîmes se verrait dotée d’un campus universitaire de 40.000m2 autour du site Hoche-Sernam. 

Le candidat laissait une grande place à l’écologie dans son programme, mais elle est encore plus importante maintenant avec Daniel Richard. Plantation de 10.000 arbres, forêt « générationnelle » près de l’aérodrome Nîmes-Courbessac, ombrières installées dans le centre ville. À ces propositions s’ajoute un parc urbanisme de 14 hectares englobant les anciennes pépinières Pichon et le bois de Noyers. 

Enfin, Yvan Lachaud est partisan de ceux qui souhaitent préserver le parc Meynier de Salinelles en centre ville.

Yoann Gillet, sécurité et traditions 

La candidat RN, déjà 2ème aux précédentes élections municipales à Nîmes de 2014, veut sécuriser la ville. Il souhaite doubler les effectifs de la police municipale (passer de 150 à 300). Il veut installer 200 caméras supplémentaires dès la première année et augmenter le nombre d’agents au centre de surveillance.

Pour les quartiers sensibles, il souhaite ouvrir des postes de police et créer une brigade de sécurité dans les transports en commun. 

Pour le centre ville, Yoann Gillet propose d’acheter ou de louer les actuels locaux vacants pour les sous-louer à un tarif préférentiel (-30%) aux nouveaux commerçants les deux premières années. Il est partisan du gel de la création de nouvelles surfaces commerciales dans le Plan local d’urbanisme.

Concernant les événements pour la ville, le candidat veut multiplier les fêtes populaires gratuites avec notamment le retour d’encierros et abrivados afin de retrouver l’esprit de village. La proposition qui aura fait le plus de bruit restera celle d’installer une « crèche provençale » à l’Hotel de ville. 

Vincent Bouget, transports gratuits et tri sélectif

Le seul candidat à Nîmes se présentant comme le représentant de l’Union de la gauche locale fait des propositions clés. Il souhaite créer une assemblée citoyenne indépendante qui veillera à la réalisation du programme et de la mise en place de commissions extra-municipales. 

Pour les transports en commun, l’objectif de Vincent Bouget est de les rendre gratuits pour tous et de baisser immédiatement l’abonnement scolaire annuel (de 160€ à 70€). En plus de doter Nîmes d’une brigade de la propreté, le candidat de gauche est partisan de l’étendue du tri sélectif à tous les quartiers, notamment dans ceux où ces actions de recyclage sont les moins présentes : à Pissevin et Vadegour.  Le second tour élections municipales auront lieu le dimanche 28 juin prochain. 

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