Saint-Étienne : l’ère de la culture dématérialisée

Avec l’interdiction des rassemblements, puis le confinement annoncé le 17 mars, le domaine de la culture a dû se réinventer pour proposer de nouvelles choses, sous de nouvelles formes.

Si vous ne venez pas à la culture, la culture viendra à vous. En ces temps troublés, beaucoup d’artistes, comme les spectateurs, avaient plus que jamais l’envie de retrouver cette «bulle» d’évasion devant un film, une pièce de théâtre ou dans un musée. Ces lieux hors du temps, où le spectateur s’enfuit de la réalité, ont terriblement manqué. Ainsi, plusieurs projets ont vu le jour, pendant et après le confinement, pour pallier à l’impossibilité de se retrouver.

Labellisée « Ville Créative Unesco Design » avec de nombreux festivals, des théâtres, des librairies et des musées, Saint-Étienne est une ville culturelle. Elle valorise la création et le développement de jeunes talents avec l’école d’art dramatique de la Comédie (reconnue à l’échelle nationale) et l’Ecole Supérieure d’Art et de Design. La ville de Saint-Etienne a accordé cette année 12,79 millions d’euros au secteur culturel. Malheureusement, cet investissement sur l’avenir qu’avait fourni la mairie a été brutalement amputé par la crise du COVID-19.

Face à la fermeture forcée de leurs structures, les pôles culturels stéphanois ont dû révolutionner leurs concepts et leurs idées de la culture. Un outil parfait pour cela était Internet. La révolution numérique a, cette fois-ci, permis aux acteurs culturels du territoire de se réinventer et d’échanger avec leur public à distance. Le Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne avait déjà mis cela en place depuis plusieurs mois en offrant certaines œuvres, difficiles à conserver dans un musée, photographiées sur Internet.

Le spectacle vivant réinventé

À chaque domaine sa réinvention. Le théâtre et l’opéra ont décidé de partager leurs créations sur YouTube. L’orchestre symphonique de Saint-Étienne a proposé une version confinée de «Carmen» sur le réseau social. Quant à la Comédie, elle a partagé deux web-séries réalisées par les promotions 2017 et 2018 de leur école. «Construire un moulin» et «Clémence Cavale» sont deux pièces écrites par l’autrice Haïla Hessou, qui devaient être jouées par la promotion 2018 en tournée avec la comédie itinérante dans des villages qui ne possèdent pas de théâtres. Les élèves devaient apprendre à «monter [le] décor et [ils avaient] des journées à organiser avec les écoles pour parler du spectacle avec les enfants» selon Liora Jaccottet, étudiante à la Comédie.

Malgré le confinement, les élèves ont eu envie de réaliser leurs pièces par d’autres moyens : stop-motion, fiction radiophonique, bande dessinée… «C’était de l’expérimentation. C’est assez passionnant de se dire qu’on est capable de faire une autre sorte d’art» confie Lise Hamayon, une autre élève. Les élèves de la promotion 2017 ont, quant à eux, réaliser un projet appelé « Se lire à haute voix » durant lequel ils appelaient des personnes de la France entière pour leur lire une histoire. Djamil Mohamed, étudiant de la comédie, a beaucoup apprécié cette expérience nouvelle qui lui a permis de se sentir «un peu moins seul. Et les gens étaient super contents». Un autre moyen de raconter une histoire qui a du bon mais les élèves ont, selon les propos de Lise Hamayon, «un désir d’un rapport avec le public, de voir ce que c’est de jouer devant un public».

UN MUSÉE AUDIO

Le Musée de la Mine de Saint-Étienne a, lui aussi, décidé de créer un concept inédit pour le confinement. Il s’agit d’une série de podcast classée en plusieurs catégories car, selon Julie Garroux, une de ses auteurs, «l’audio est vecteur de sensations, on peut facilement se faire « emporter » dans une histoire, une lecture … ce qui peut recréer un lien émotionnel que certains visiteurs vivent sur place en période d’ouverture». De l’approche scientifique des mines à la présentation de mineurs venus de l’étranger en passant par le design, rien n’est oublié dans l’histoire du point central du patrimoine stéphanois. Pour choisir ces sujets, les quatre auteurs ont «souvent fait confiance à [leurs] intuitions, [leurs] inspirations tout en gardant en ligne de mire l’envie d’évoquer des thématiques parfois peu développées dans les commentaires des visites guidées» selon Julie, auteure.

L’avantage de cette nouvelle méthode de diffusion est que les podcasts peuvent être écoutés dans toute la France. Cette initiative portée par quatre auteurs «animés du fait de partager l’attachement que l’on porte au musée, de le montrer sous un nouveau jour et peut-être même d’attirer de nouvelles personnes jusqu’à la thématique minière» restera disponible sur la toile et est intégrée à la visite du musée depuis sa réouverture via des flashcodes. «Les podcasts viennent justement apporter un complément à la visite libre, puisque les visites guidées sont actuellement suspendues, explique Julie. C’est aussi l’opportunité de renouveler l’offre de médiation dans ce contexte particulier, ainsi cela crée une expérience de visite parfois plus immersive ou surprenante dans le musée.» Alors que le musée a rouvert ses portes le 9 juin, Julie annonce «quelques nouveautés» pour les semaines à venir.

Une fête de la musique pas comme les autres

Pour ne pas annuler l’édition 2020 de la Fête de la Musique stéphanoise, la mairie a décidé de la rendre digitale. Entre concerts enregistrés et lives à regarder à la maison, la fête se réinvente pour proposer des performances inédites. Julien Lavaire, alias Mc Pampille, un artiste stéphanois, va se produire en live sur la scène du Fil. Il trouve «l’initiative des acteurs culturels de la ville de Saint-Étienne louable et [il] leur tire [son] bob». Même si cet habitué de la Fête de la Musique souhaite interagir au maximum avec son public en live en faisant preuve «d’imagination et de second degré», il pense quand même que «l’ambiance sera forcément absente. Nous allons faire la captation d’un concert sans personne». L’association Gaga Jazz, quant à elle, enregistre et diffuse trois prestations de groupes de jazz qu’elle avait prévu d’organiser. Elle est heureuse de pouvoir «honorer [ses] contrats avec des artistes dont c’est le premier retour sur scène», malgré la différence de prestation. Elle précise quand même que cette initiative est «dans la lignée de la digitalisation de la musique qu’on a vu pendant le confinement» et salue l’initiative de la ville de Saint-Etienne ainsi que les dispositifs mis en place. «En général la fête de la musique je la célèbre, je m’éclate, mais cette année ça me faisait moins envie, explique Lisa, une étudiante stéphanoise. Je trouve ça dommage et illogique de la part de la mairie d’annuler la fête alors qu’elle maintient les élections le 28. Mais c’est bien qu’ils l’aient maintenue, ça fait travailler les artistes et ça leur permet de se faire connaître. Ça ne m’a pas intéressée car l’ambiance de la fête de la musique ne serait pas aussi présente.»

Crédit de une : Ville de Saint-Etienne

« FRENCHY » : le nouvel album de Thomas Dutronc

Chanteur et guitariste français, Thomas Dutronc, publie son quatrième album, avec la reprise de quatorze chansons connues. Ce dernier espère conquérir la France et l’international. 

« Cet album est plein de petits miracles », confie Thomas Dutronc à l’AFP. Iggy Pop, Diana Krall, Billy Gibbons ou encore Haley Reinhart revisitent avec Thomas Dutronc des standards français dans son nouvel album « Frenchy »

Son album démarre sur la musique «C’est si bon», un classique composé en 1947 par Henri Betti. Le son de la contrebasse, le soutien de la batterie pop-rock-variété, les voix d’Iggy Pop, Thomas Dutronc et Diana Krall, amènent à une réussite absolue de cet opus. La collaboration de deux artistes tels que Thomas Dutronc et la Canadienne, Diana Krall qui connaît un certain succès auprès du public français, est étonnant et pourtant le résultat est bluffant. Le trio vocal dévoile une version jazz de ce classique, chanté à la fois en français et en anglais. 

Avec Frenchy, Thomas Dutronc signe son quatrième album. Il veut transmettre dans ses musiques une histoire d’amitié et familiale au travers du jazz manouche. Il revisite à sa manière quatorze chansons françaises en s’entourant des plus grands musiciens connus et aimés de la musique internationale. Son souhait : donner une image positive de la France à travers le monde. Son album sortira également aux États-Unis. 

Thomas Dutronc a fait preuve d’imagination pour créer cet album. Il a enregistré seul l’ensemble des chansons puis les a proposé à des artistes internationaux pour qu’il y participent. Du français à l’anglais, du solo au trio, ils reprennent des chansons connues et chantées comme La Mer (Charles Trenet), Ne me quitte pas (Jacques Brel), Plus je t’embrasse (Blossom Dearie) ou encore Get Lucky de Daft Punk, connue de tous.

Fils spirituel de Django 

Souvent appelé « Fils de la chanteuse Françoise Hardy et du chanteur Jacques Dutronc », Thomas a su trouver sa place parmi les chanteurs français. Passionné de l’univers de Django Rheinardt, il se tourne vers le jazz manouche et la guitare gitane. Dès son plus jeune âge, il compose et arrange des chansons pour Henri Salvador et aussi pour ses parents. Il sort en 2007 son premier album intitulé Comme un manouche sans guitare qui le révèle au grand public. Puis s’ensuivent deux autres albums. Les mélodies et les textes sont importants pour l’artiste. Il s’entoure des meilleurs tels que Rocky Gresset, David Chiron, Eric Legnini ou Deni Benarrosh. 

On retrouvera l’artiste Thomas Dutronc pour un concert live, diffusé sur la toile le 21 juin, à l’occasion de la fête de la musique. En attendant, n’oubliez pas d’écouter son album dès demain, qui pourrait connaître un succès international.

Crédit : Pochette de l’album « Frenchy », de Thomas Dutronc. YANN ORHAN

Le CD en voie d’extinction ?

Depuis quelques années, les plateformes de streaming (Deezer, Spotify, Apple Music…) ont révolutionné le marché de la musique, entraînant le CD au dernier rang, jugé obsolète et révolue pour la plupart des consommateurs.

C’est en 1982 que le disque compact fait son apparition. Véritable révolution technologique, ce dernier détrône les 33 tours. Son inventeur, James Russell, souhaite trouver une solution durable contre l’usure des vinyles et améliorer la sonorité. C’est seulement deux décennies plus tard, que les entreprises Philips et Sony Grand vont mettre sur le marché le CD, dans les années 80.

C’est un marché qui explose entre 1980-1990. Les majors de la musique vivent principalement de la vente de CD à cette époque. Seulement 38 ans plus tard, l’âge d’or du CD est déjà bien lointain. De nouveaux acteurs sont rentrés en jeu, bouleversant totalement l’industrie musicale. Le coup de massue fut l’apparition de Napster en 1999. Un logiciel de téléchargement de musique qui a permis le piratage en « peer to peer » à grande échelle, en toute inégalité. C’est-à-dire que les internautes communiquent entre eux les fichiers par un serveur central.

Un marché en crise

Face à un monde en pleine mutation avec la technologie qui évolue sans cesse, les acteurs du marché musical ont dû apprendre à s’adapter. Les utilisateurs ont imposé leurs règles par la découverte du téléchargement illégal. D’autres formes émergent, face à un marché en crise confrontée au piratage de masse. C’est le streaming qui est la réponse aux nouveaux usages. Le streaming a pour définition, selon l’internaute.fr « technique de diffusion et de lecture en ligne et en continu de données multimédias, qui évite le téléchargement des données et permet la diffusion en direct ». Ce dernier, permet une offre beaucoup plus large, une logique de catalogue qui naît dans la pratique du téléchargement. Face à cette arrivée, les ventes de CD se sont écroulées au fur et à mesure, selon les chiffres de la SNEP, les Français ont acheté 150 millions de CD en 2002, passant à 24 millions en 2018 !

Qui n’a jamais entendu parler de Deezer, Spotify, Apple Music, Amazon, YouTube ? Pour n’évoquer que les plus connus. Selon les données du dernier rapport annuel de l’IFPI (Fédération internationale de l’industrie phonographique), le streaming musical représente « près de 50 % des revenus totaux de l’industrie de la musique à travers le monde». Avec cette omniprésence sur le marché de nos jours, le streaming relance l’économie musicale qui s’est montrée fragilisée par le piratage de masse. Cependant, la publicité rapporte moins pour les plateformes, il y a donc une obligation d’augmenter leurs chiffres d’affaires par des offres payantes par abonnement. Difficile de convertir les consommateurs à retourner vers du payant, face à l’habitude de la gratuité légale. En titre d’exemple, le leader du marché du streaming musical, Spotify, n’a jamais été rentable depuis sa création en 2006.

Est-ce vraiment la fin ?

Le streaming est dans l’air du temps et le vinyle devient à nouveau tendance, mais le CD quand à lui, n’attire plus grand monde. Certains chiffres ne sont pas encourageants pour l’avenir de ce dernier. En 2018, pour la première fois, selon les chiffres du Syndicat national de l’édition phonographique « le chiffre d’affaires généré par le numérique a dépassé celui des ventes physiques. Il représente désormais 57% des ventes globales. » Autre fait marquant cette même année, l’entreprise américaine électronique Best Buy, décide d’arrêter de vendre les CD dans la totalité de ses magasins. Le streaming a véritablement rattrapé le CD en quelques années, mais est-ce vraiment la fin ?

Les chiffres de 2019 de la SNEP sont tempérés : « Le CD représente encore plus d’un tiers des revenus physiques et numériques ». Le support physique, a été aussi augmenté par le retour du vinyle. Cet objet qui semblait mort définitivement, renaît de ses cendres « les ventes de vinyles ont quintuplé en cinq ans ! Le vinyle représente désormais près d’un cinquième des revenus du marché physique. » Bien que de nos jours, le CD soit désuet pour la plupart des gens, qui sait que dans quelques années, il pourrait ressortir du tiroir et devenir comme le vinyle, un objet de collection et en vogue ?

Stevie Wonder : l’happy birthday d’une légende du funk et de la soul

L’auteur-compositeur et interprète américain souffle sa 70ème bougie ce mercredi 13 mai. Le maître du groove a su nous faire danser et voyager à travers des musiques entrainantes comme « Superstition » ou encore « Part-Time Lover » entre autres. À travers pas moins de 26 albums studio et 100 millions d’exemplaires vendus, le monde de la pop s’est vu révolutionné grâce à une débordante créativité.

Stevland Hardaway Morris, de son vrai nom, est né le 13 mai 1950 à Saginaw dans le Michigan. Aveugle depuis sa jeune enfance, le prodige de la musique est d’une précocité remarquable. À l’âge de 11 ans, il rejoint le label Tamia Motown et enregistre son tout premier album studio « The Jazz Soul of Little Stevie ». Son talent prématuré lui attribuera le nom de « Little Stevie Wonder ».

Soul, funk, jazz, reggae, chansons d’amour, aucun style de musique ne lui résiste et il s’approprie leur code à la perfection, créant ainsi de tubes planétaires.

La rencontre harmonieuse de l’harmonica et de la soul

Une énergie fleurissante permet à travers les stations de radio de faire bouger le monde entier dès 1970. Un artisan des chefs-d’œuvre voit le jour, Superstition et You are the sunshine of my life sont les premières réussites d’une longue série. Il n’hésitera pas à faire passer ses idées politiques avec Don’t You Worry’Bout a Thing ou encore Living for the City entre autres.

La fête ne s’arrête pas là, bien au contraire, elle ne fait que commencer. En 1980, de nouvelles mélodies viennent frapper le monde de la musique, Masterblaster mais surtout le single Happy Birthday. Connu pour être un activiste engagé, il réalise cette musique pour mettre en avant la cause voulant que l’anniversaire de Martin Luther King devienne une fête nationale. Quelques années plus tard, il renforce sa notoriété en formant un unique duo avec Paul McCartney pour chanter Ebony and Ivory.

Des hommages sous le signe de la positivité 

Son sens de la fête ne s’arrête pas seulement à une musique électronique ou d’une soul entrainante, il le rejoint même lors des hommages en musique. Il le prouve en 1990 lorsqu’il célèbre la libération de Nelson Mandela avec le titre Free. Malgré que le single ne connaisse pas le succès escompté à sa sortie en 1987, il montre encore une fois que sa musique n’a pas de limite et qu’elle peut toucher n’importe qui.

Le 7 juillet 2009, lors de l’hommage rendu à Michael Jackson, il interprète les chansons Never Dreamed you’d leave in summer et They won’t go when I go, il y profitera pour déclarer : « le plus important est l’héritage musical qu’il nous a laissé. Nous devons le célébrer et pas le pleurer. Il ne faut pas tomber dans la négativité ».

Parmi toutes ses œuvres et ses actions, il a su, au cours de sa carrière, enrichir son patrimoine musical et se renouveler au fur et à mesure. Maintenant, il peut profiter de son temps pour polir ses 25 Grammy Awards et se remémorer plus d’un demi-siècle de musique positive.

(Vidéo) Le disque vinyle est de retour !

Le vinyle connaît un véritable retour en force de ses ventes avec 5 fois plus de ventes qu’il y a 5 ans. Représentant 20% du chiffre d’affaires de la musique physique, la vente de vinyles est en hausse constante, pour un secteur qui est en baisse. Pourquoi assiste-t-on à un tel retour triomphant du vinyle près de 20 ans après sa mort annoncée ?

Quel est le point commun entre Gérôme et Pierre ? La passion de la musique ! Et plus précisément du support vinyle. L’un est disquaire à Sainte-Geneviève-des-Bois, l’autre est animateur sur RGB (99.2 FM). Ils participent, tous deux, au retour de la galette en transmettant leur passion dans des marchés et brocantes, ou par le biais d’une émission de radio.

Nous avons aussi rencontré Philippe Moulin. Auteur du livre « Les Authentiques trésors du rock 1965-1979 » (Éditions Carpentier Eds), il exprime son amour pour le vinyle : « vous avez, derrière un vinyle, toute une histoire ».

Lost and Found : le journal intime d’une adolescente

Elle a tout pour elle ! C’est le 8 juin 2018 que la superbe Jorja Smith a sorti son album « Lost and Found ». Cette jeune Britannique de 22 ans est l’une des artistes redonnant un coup d’éclat à l’univers du R’n’B et de la soul. Influencée par des artistes comme Amy Winehouse ou encore Adèle, elle décide de nous raconter des épisodes de sa vie à travers sa musique.

La jeune chanteuse a été poussé à l’avant de la scène par des artistes comme Drake, qui lui avait réservé un interlude sur son album « More Life », ou encore Bruno Mars, pour qui elle faisait la première partie de son 24K Magic World Tour. Chanteuse et compositrice très sensible, Jorja Smith nous montre toutes les facettes de sa vie dans sa musique. La mélancolie avec « Where did I Go », le chagrin d’amour avec « Don’t Watch me Cry », ou encore d’autres sentiments par lesquels nous sommes tous passés durant notre adolescence. Nombreuses sont les thématiques abordées tout le long de l’album, mais la principale reste tout de même l’amour. Jorja Smith nous accompagne donc dans le journal intime qu’elle a entièrement écrit et coécrit, et nous fait découvrir tous ses souvenirs de jeunesse.

Album a l’atmosphère soporifique et planante, quelques titres peuvent se détacher de l’album comme par exemple « Teenage Fantasy » que l’artiste avait écrit alors qu’elle n’avait que 16 ans. Titre faisant ressortir les influences R’n’B des années 2000 de Jorja Smith, il est l’un des seuls à avoir une rythmique plus rapide et plus entrainante. Ayant grandi dans une famille d’amoureux de la musique, la jeune artiste nous fait ressentir cet amour tout le long de son album. Son père l’ayant conditionné au jazz et au gospel, Jorja Smith fait prédominer l’acoustique dans ses instrumentales. Par exemple, dans le titre « Goodbyes », la voix de la jeune femme est uniquement accompagné de guitare ce qui fait ressortir son grain de voix unique.

« Goodbyes » Jorja Smith, 2018

De manière générale, sur cet album, on peut entendre que la voix prime toujours sur l’instrumentale. Sa voix est toujours mise en avant. Cela donne une impression de live et permet à Jorja Smith de procurer de plus grandes émotions, pour notre plus grand plaisir auditif. C’est donc avec ce démarrage classe et envoutant, que la ravissante Britannique, est bien partie pour se faire une place de renom dans l’industrie de la musique.

Références : « Where Did I Go », Jorja Smith, 2018 « Don’t Watch me Cry », Jorja Smith, 2018 « Teenage Fantasy », Jorja Smith, 2018
« Goodbyes », Jorja Smith, 2018 « More Life », Album de Drake, 2017

Cyber-harcèlement : la face cachée du monde de la K-Pop

Une deuxième star de K-Pop a été retrouvée morte à son domicile. Goo Hara, ancienne membre d’un groupe de K-Pop, a été retrouvée sans vie chez elle par la police de Séoul. Quelles sont les raisons de ces suicides dans le monde de la Kpop ?

Goo Hara, 28 ans et ancienne membre du groupe Kara, a été retrouvée décédée à son domicile lundi matin par la police de Séoul. Goo Hara était une amie proche de la chanteuse Sulli qui s’est pendue le 14 octobre dernier suite à un cyber-harcèlement que subissait aussi Goo Hara. Elle avait notamment posté sur son Instagram un message en hommage à son amie disparue : « J’espère que tu dormiras d’un sommeil tranquille au paradis et que tu n’auras plus de soucis.« 

Un phénomène récurent contre les stars de K-Pop

Ce phénomène de suicide chez les stars de K-Pop n’est pas récent. La première mort dont on a vraiment entendue parler est celui de Kim Jonnghyun, un des chanteurs du groupe SHINee, qui s’est donné la mort le 18 décembre 2017 à l’âge de 27 ans. Pourtant, ce n’est pas surprenant, la Corée détient le plus de nombre de morts par suicide au monde.

Les raisons de ces suicides notamment dans la K-Pop sont dues au cyber-harcèlement. Le monde de la K-Pop est déjà un monde très dur et éprouvant mais vous ajoutez à cela du harcèlement alors vous avez une star qui devient une bombe à retardement comme Goo Hara, Sulli ou Kim Jonnghyun. Ces cybers-harcèlements sont créés par des fans du groupe ou simplement des haters.

D’autres stars sont visées notamment Wonho, membre des Monsta X, qui a quitté le groupe mi-octobre suite au harcèlement de fan. Suga, RM et Jin des BTS sont notamment visés comme Bang Chan, Changbin des StrayKids et d’autres encore.

Le harcèlement est fortement combattu en Corée notamment par les labels, qui luttent pour préserver l’intimité de leurs stars.

La musique est devenue un rempart contre le harcèlement scolaire

Le harcèlement scolaire est devenu une thématique importante aujourd’hui pour la population. Si importante, que des chanteurs se dressent contre et militent pour faire bouger les mentalités.

Patrick Bruel, Soprano, Keen’v ou encore La Fouine, ils s’engagent de plus en plus contre le harcèlement scolaire. Ils utilisent notamment leur outil de prédilection : la musique.

Keen’v a ouvert la danse des chansons militantes contre le harcèlement scolaire avec sa chanson Petite Émilie en 2012. Une chanson émouvante où il décrit l’histoire d’une petite fille qui déménage avec sa mère et son beau-père, et qui intègre une nouvelle école en cours d’année. Une des raisons qui peuvent déclencher un harcèlement scolaire assez virulent. De même, il finit sur une note assez grave avec l’annonce cachée du suicide de son personnage principal, Émilie, qui ne supportait plus les brimades et agressions physiques.

Patrick Bruel enchaîne avec une collaboration avec La Fouine, rappeur. Ils créent tous les deux le titre Maux d’Enfants en 2014. Dans cette musique ils racontent plusieurs histoires de harcèlement complètement différentes. Patrick Bruel incarne un professeur qui s’inquiète pour ses élèves en difficultés. On voit notamment en action le cyber-harcèlement, qui fait autant de dégâts que les coups pour un jeune adolescent comme ceux montrés dans le clip. C’est un appel pour les professeurs de la part des deux artistes pour dire qu’eux aussi ils sont acteurs du harcèlement.

Soprano, le rappeur marseillais, sort la chanson Fragile cette année dans son album Phoenix. Une chanson où il prend un rôle de père qui parle à un de ses enfants. Il prend deux exemples de harcèlements qui, malheureusement, finissent mal. Il finit avec un couplet qui s’adresse directement à son enfant, afin de lui dire qu’il pourra toujours lui faire part de ses problèmes et qu’il l’aiderait toujours pour trouver la solution : « Que tu saches que ton père sera toujours là / Pour arracher les mauvaises herbes sur ta route ». Un appel aux parents pour leur faire prendre conscience de ne pas laisser leurs enfants dans leurs problèmes et d’être un soutien infaillible pour eux.

Des messages, tous forts, pour faire réagir la population. La musique a toujours été un moyen de faire passer des messages forts. Bruel, La Fouine, Keen’v et Soprano utilisent la complexe et la dure réalité du harcèlement, en passant leur propre message différents les uns des autres. Un père, un ami ou encore un professeur qui proteste contre le traitement des adolescents et l’inaction des autorités.