Sécurité sociale : un budget en hausse, le handicap prioritaire ?

Alors que la trésorerie de la Sécurité Sociale fait face à de fortes tensions liées à la pandémie du coronavirus, le ministre de la Santé a affirmé que la sécurité sociale serait dotée d’un milliard d’euros supplémentaire pour soutenir la création d’une cinquième branche dès cet automne.

Lors de son allocution durant l’examen d’un projet de loi d’alourdissement du déficit de la sécurité sociale et de la création d’une cinquième branche, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé hier soir devant l’Assemblée nationale vouloir débloquer « au moins un milliard », d’euros supplémentaire pour financer la perte d’autonomie des personnes âgées et des handicapés.

« Dans le cadre du prochain budget de la Sécurité sociale, présenté à l’automne pour l’année 2021, il y aura au moins un milliard d’euros de financement qui sera identifié pour aller abonder la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie et donc payer des dépenses dans le champ de la perte d’autonomie », a précisé le ministre. 

Pour les associations venant en aide aux personnes en situation de handicap, cette annonce est une bonne nouvelle. Mais certaines interrogations persistent. « Dès 2003, nous demandions cette prise en charge. Mais à quelle hauteur ? À quelles conditions ? Y aura t-il des barrières d’âge ou pas ? (…) Ce sont des questions qui doivent être posées, tranchées et débattues en concertation avec les acteurs du secteur », ajoute le Collectif Handicaps. Pour les associations, prendre en charge la perte d’autonomie et de mobilité est essentielle. La France compte aujourd’hui 2,5 millions de personnes âgées en perte d’autonomie, et elles seraient le double en 2050. L’enjeu est également financier. « Cette somme parait insuffisante au regard du rapport Libault, qui prévoit un besoin de financement public en 2024 à hauteur de 6 milliards d’euros et de 9 milliards d’euros pour 2030 », ajoute le Collectif Handicaps. 

Avec la crise du Covid-19, le déficit de la sécurité sociale a atteint 52 milliards d’euros. Les députés ont également approuvé lundi soir l’ajout de 136 milliards d’euros de dettes au « trou de la Sécu », que les Français rembourseront jusqu’en 2033, soit neuf années de plus que prévu. Le retour à l’équilibre prévu l’année dernière pour 2020, n’est donc pas pour tout de suite.

Une nouvelle branche « autonomie » pour la sécurité sociale

Cette annonce s’inscrit dans le principe de la création d’une cinquième branche votée dans la nuit de lundi à mardi par l’Assemblée nationale. Si celle-ci est instaurée, cette nouvelle branche couvrira les risques de la vie liés à la perte de l’autonomie et au handicap. Elle viendra en complément aux quatre existantes : maladie, vieillesse, famille, accidents du travail. Petit couac dénoncé par l’opposition, les 2,3 milliards d’euros de CSG depuis la Caisse d’amortissement de la dette sociale (cades) ne devrait pas être transférée vers la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) qui gère les fonds dédiés à la dépendance et au handicap avant 2024. En réponse à ses critiques, Olivier Véran a répondu que « Personne n’a jamais dit » que les 2,3 milliards prévus à partir de 2024 «étaient pour solde de tout compte ». Le projet de loi doit maintenant être examiné par le Sénat. 

Les modalités et le financement de cette réforme seront remis au Premier ministre à la mi-septembre.

Crédit photo à la une : ©stevepb

Weekend de l’ascension : une possible relance de l’épidémie ?

Le weekend de l’ascension s’annonce très ensoleillé ! Après deux mois de confinement, les températures sont à la hausse et les gens ressortent enfin. Ces avant-goûts d’été ne doivent pas nous faire oublier le désastre de la crise sanitaire actuelle : non ce n’est pas fini !

« Il fait beau dehors, on sait que c’est très compliqué et la tentation est forte après des semaines de confinement », affirme Olivier Véran.

Si la plage à côté de chez vous est ouverte, restez prudent ! Le port du masque est obligatoire et les bains de soleil, à l’exception de quelques plages corses, sont interdits ! Vous pourrez néanmoins vous baigner, de préférence individuellement. Pas de rassemblements de plus de 10 personnes sur la plage bien entendu. La règle d’or est de rester en mouvement, ne pas s’assoir ou s’allonger sur la plage donc. Pour les urbains loin de la côte, si les parcs et jardins sont ouverts, profitez-en mais avec prudence !

Un weekend « test »

Sur la côte, on craint une arrivée massive de touristes, principalement des urbains venus chercher un peu de nature et de fraîcheur. Yannick Moreau, interviewé par BFM TV et maire des Sables-d’Olonne parle d’un weekend « test ». Il insiste fortement sur le respect des précautions sanitaires. « Il faut que nous comprenions que la phase est critique. Le confinement est levé, et maintenant si on reprend nos habitudes d’avant, l’épidémie va revenir. Il faut changer nos habitudes ».

Peut-on faire confiance aux Français pour respecter les mesures ?

Mercredi soir, les Parisiens ont envahi les Invalides et la police a dû intervenir pour disperser la foule. Pourtant, le gouvernement mise sur la responsabilité des Français. L’infectiologue Benjamin Davido, de l’hôpital Raymond Poincaré de Garches, soutient le même discours lors d’une interview pour BFM TV. Il invite les Français à reprendre leurs activités professionnelles et les loisirs, et compte sur leur sérieux pour appliquer les gestes barrières. « Il faut reprendre une vie avec des précautions et ne pas vivre dans une solitude, ni se marginaliser. Il faut faire attention aux autres, la transmission est verticale, j’ai conseillé à des amis proches de revoir leurs petits-enfants. Il faut que chacun se réapproprie l’espace de vie. La vérité, c’est qu’il faut apprendre à vivre avec, et la fin de cette épidémie sera le vaccin », assure-t-il. 

Le ministre de la Santé affirme néanmoins qu’il n’y a pas pour le moment, de signes d’une « re-croissance » du virus et qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions.

Il est donc obligatoire de respecter les gestes sanitaires pour éviter une nouvelle vague épidémique. Si trop d’incivilités sont relevées, les autorités municipales seront contraintes de fermer les lieux public récemment réouverts. C’est déjà le cas dans cinq communes du Morbihan et une du Finistère. Nous vous invitons donc à profiter du soleil en restant prudent !

Déconfinement : objectif 700.000 tests virologiques

Olivier Véran a déclaré ce lundi que la France avait pour objectif de tester 700.000 personnes par semaine. Aux premiers jours du déconfinement, le compte n’y est pas.

« Oui, on est prêts à effectuer 700.000 tests par semaine », rassure Olivier Véran. Une déclaration qui laisse planer des doutes sur la réalité de la politique des tests dans le pays. Le 25 avril, le ministre de la santé avait déjà donné cet objectif chiffré pour le déconfinement. Mais à l’époque on ne faisait que 35.000 par jour, soit 245.000 tests par semaine. Sur la même période, l’Allemagne réalisait le double de tests, aujourd’hui, nous devons en faire le triple.

« On est même prêts en théorie à en faire plus que ça. On doit tester toutes les personnes qui doivent être testées. On est prêts à le faire. D’ici quelques jours on aura le nombre précis de tests faits et à partir de là on saura combien de personnes sont positives », a-t-il annoncé. Mais en réalité, le président de la République a lui-même ouvertement assumé que seuls les cas symptomatiques seront testés, ce qui limite le nombre de tests à faire sur des potentiels malades.

Dans le monde hospitalier, le personnel est sceptique. « Nous ne sommes pas assez équipés pour réaliser autant de tests. Cela nécessite du personnel mobilisé et une augmentation des machines qui contrôlent les tests. Mais le personnel est usé et les machines ne sont pas assez nombreuses » nous rétorque une infirmière du CHU de Montpellier.

Tests virologiques ou tests sérologiques ?

Selon le ministre de la Santé, Olivier Véran, la valeur médicale d’un test sérologique n’a pas prouvé son efficacité. Les tests évoqués seront donc des tests virologiques. Le seul problème est que ces tests répondent à la positivité d’un patient à l’instant précis seulement où il effectue le test. Le patient testé peut ainsi être négatif le jour du test et positif le lendemain.

Le conseil scientifique a quant à lui recommandé les tests sérologiques. Selon le Professeur et Chercheur Philippe Sansonetti : « cela pourrait être important à évaluer, au moins au niveau naso-pharyngé, dans Covid-19. Il semble que les sujets porteurs asymptomatiques ne montrent pas de trace de réponse nette d’anticorps, leur sérologie peut être faiblement positive, retardée ou négative. Il se pourrait pourtant que ces sujets aient développé une réponse muqueuse au moins protectrice au niveau de la porte d’entrée du virus, le rhino-pharynx ».

Plusieurs formes de tests sérologiques

Il existe 3 tests sérologiques :

  • Le Test de Diagnostic Rapide (TDR). Le résultat est connu en 10/30 minutes. Il peut utiliser une petite quantité de sang prélevé au bout du doigt, de la salive ou lors d’un écouvillonnage nasal. Pour le Covid-19, ils détectent les anticorps.
  • Enzyme-linked immunosorbent assay (ELISA). Le résultat sort en 1 à 5 heures. Il est révélé dans une seconde étape par une réaction enzymatique ou par fluorescence.
  • Tests de neutralisation. Le résultat est connu dans les 4 à 5 jours après avoir réalisé le test. Cela a été utilisé par l’Institut Pasteur à Crépy-en-Valois. Il est de réalisation plus complexe, car il démontre l’effet neutralisant de l’infection cellulaire par les anticorps spécifiques détectés par les méthodes précédentes.

Pour de nombreux médecins, l’État devra en venir aux tests sérologiques afin de pouvoir mieux maîtriser le Covid19 et sa contagion.