(Municicaqs #18) – Paris, et si Dati gagnait ?

Après Lyon, Toulouse, Montpellier ou Nantes, les municicaqs s’arrêtent à Paris. Capitale de France, la ville est le théâtre d’une bataille entre trois femmes déterminées. La maire sortante Anne Hidalgo vise un second mandat, Rachida Dati veut remettre Les Républicains au premier plan et Agnès Buzyn espère sauver l’image de la majorité présidentielle.

57,7 % des inscrits ne se sont pas déplacés au premier tour des municipales. Une abstention record depuis la première élection du maire de Paris. Malgré tout, les tendances des sondages sont reflétées dans les résultats du premier tour. Anne Hidalgo, Rachida Dati et Agnès Buzyn se sont qualifiées pour le second tour des municipales.

3 projets différents

Voici quelques mesures proposées par les 3 candidates :

Logement

Anne Hidalgo : La maire sortante souhaite créer une société immobilière mixte entre public et privé pour lever jusqu’à 20 milliards d’euros, « sur le marché parisien pour racheter des immeubles, les transformer et les proposer à la location pour les classes moyennes ».

Rachida Dati : La candidate veut « changer la composition du parc social » dans les logements. « Moi, je vais changer la composition du parc social à Paris, et les bailleurs respecteront ce que veut le maire de Paris, une mixité réelle », accusant Anne Hidalgo, sur France Info, d’avoir « ghettoïsé Paris ».

Agnès Buzyn : La candidate LREM regrette que les agents municipaux ne puissent pas loger sur Paris pour des raisons économiques dans des logements sociaux. Elle souhaite donner une priorité aux « agents du service public » ou aux « familles monoparentales ». Pour elle, le risque est de développer « une ghettoïsation des logements sociaux », lié à un « manque de diversité à la fois dans les HLM et dans les écoles alentours ».

Sécurité

Anne Hidalgo : La maire sortante veut développer une présence dans les rues de la future police municipale « paritaire » avec 5 000 agents. Contrairement aux deux autres candidates, les agents n’auront pas d’armes létales. Cette police devrait aussi « lutter contre le harcèlement de rue dont sont encore trop souvent victimes les femmes ».

Rachida Dati : « Je veux être la maire de la sécurité ». La maire réélu dans le 7e arrondissement propose une police municipale de 3400 agents « avec armes létales, gilets pare-balles et flotte de véhicules sérigraphiés, équipés de sirène et de gyrophare ». Elle souhaite aussi multiplier par trois le dispositif de vidéosurveillance.

Agnès Buzyn : La candidate propose une police municipale à 5 000 agents armés. La vidéosurveillance serait développée autour des écoles. Agnès Buzyn veut apporter une aide financière pour les parisiens voulant poser une porte blindée sécurisée afin d’éviter les cambriolages.

Propreté

Anne Hidalgo : Alors que la ville de Paris a engagé 550 millions d’euros par an dans la propreté, Paris est « sale » selon les deux autres candidates. La maire sortante souhaite continuer son « plan anti-rats ». Côté propreté des rues, Anne Hidalgo appelle les Parisiens au civisme en « évitant de jeter son mégot par terre, encore moins un masque ».

Rachida Dati : Elle l’affirme « Paris est sale ». « Si je suis maire de Paris, je délègue la compétence aux maires d’arrondissement, je modernise les équipements de nettoyage et de collecte des ordures (…) Un Paris propre 24h/24 et 7j/7 ».

Agnès Buzyn : « Aujourd’hui, c’est vraiment désastreux dans les rues ». La candidate souhaite débuter un grand plan de lutte contre les rats et un nettoyage des tags. Comme Rachida Dati, elle veut déléguer la compétence aux maires d’arrondissement. Enfin, Agnès Buzyn insiste sur l’idée de l’augmentation des installations de poubelles de tri.

Transports

Anne Hidalgo : La maire sortante souhaite poursuivre la réduction de la place accordée à la voiture en supprimant une place de parking sur deux en surface. La proposition qui plaît le moins aux provinciaux et aux banlieusards est celle de la limitation du périphérique parisien à 50 km/h complétées par des passages piétons. Enfin, Anne Hidalgo prévoit la réduction de la vitesse en ville à 30 km/h.

Rachida Dati : Elle le précise dans son programme : « Il n’est pas raisonnable de promettre du zéro voiture et du 100% vélo ». Tout comme Anne Hidalgo, la candidate de droite réfléchit à « l’expérimentation d’une voie réservée sur le périphérique pour des navettes express, le covoiturage, les taxis et les véhicules propres » sur le périphérique.

Agnès Buzyn : L’ancienne ministre de la Santé propose un moratoire de six mois sur les travaux gênants et de rénover la voirie. Comme les deux autres candidates, « une voie sera réservée sur le périphérique aux véhicules propres, au co-voiturage et aux transports en commun ».

Un deuxième tour déjà joué ?

Sondage pour le second tour des municipales à Paris © Elabe

Le dernier débat télévisé entre les trois candidates a eu lieu jeudi soir. Côté Hidalgo, certains militants ont été déçus. Éric* nous confie qu’elle « n’a pas eu le même charisme que d’habitude, elle n’a pas réussi ce débat ». Dans le camp Dati, on est optimiste, « elle a complètement réussi ce débat, je pense qu’il y a une chance malgré le ralliement des écologistes » murmure une militante de première heure. Dans les rangs d’Agnès Buzyn, on doute. « Je sais que l’on a perdu, je garde espoir, mais je sens la défaite arriver », confie un militant LREM.

Une élection n’est jamais jouée. Les électeurs décideront dimanche si Anne Hidalgo continue 6 ans de plus, si Rachida Dati créée la surprise ou si Agnès Buzyn sauve les meubles.

Éric* : Prénom changé.

Crédits photo mise en avant : Steffylou / Tsaag Valren / Tsaag Valren  

Benjamin Griveaux : « un député fantôme » ?

Après l’arrêt de la campagne municipale parisienne à cause d’une affaire de vidéos à caractère sexuel, nous nous sommes plongés dans l’activité parlementaire de Benjamin Griveaux en 2020. Enquête sur « un député fantôme » de l’Assemblée nationale.

Il est de retour. Benjamin Griveaux avait renoncé le 14 février à sa candidature à la Mairie de Paris. Depuis la mise en ligne de sa vidéo à caractère sexuel, l’ancien porte-parole du gouvernement a choisi de protéger sa famille au détriment de son mandat. Le député de Paris n’était pas réapparu en séance publique depuis son renoncement à la mairie de la capitale, où il n’était pas favori dans les sondages. 117 jours soit 3 mois et 25 jours plus précisément.

Son retour en a surpris plus d’un. Le mercredi 3 juin, lors de son come-back dans l’hémicycle, Fabien Di Fillipo, député Les Républicains a incité le rapporteur Guillaume Kasbarian à « demander à M. Griveaux s’il n’a rien à nous montrer ». Ce qui a fait rire une grande partie de l’Assemblée. De son côté, Sébastien Chenu, député non-inscrit et porte-parole du Rassemblement national, nous transmet sa surprise, « sa présence était surprenante, je ne m’attendais pas à le voir ».

« C’est un abandon de poste ! »

Quelques jours avant son retour, LREM nous informait qu’il continuait « les activités dans sa circonscription. Il représente plus de 125 000 habitants et apporte son expertise technique ». Même si un député représente la nation, nous avions donc contacté des acteurs de la 5ème circonscription de Paris, territoire que Benjamin Griveaux représente en tant que député. Pour Sylvain Raifaud, adjoint au maire du 10ème arrondissement de Paris, « il a totalement abandonné la circonscription, c’est une évidence, c’est un abandon de poste ! ». De son côté, Hugo Roëls, candidat LFI aux municipales 2020 dans le 10ème arrondissement, estime que Benjamin Griveaux n’a jamais rempli ses engagements : « la vacance ne date pas de l’affaire Griveaux. On avait eu, au moment où Monsieur Griveaux est devenu porte-parole du gouvernement, une sorte de jeu de chaise musicale. Mme Flageles, sa suppléante, était absente. Ce n’est pas l’échec d’un homme, mais l’échec d’une bande. ». Pour le candidat de la France insoumise, « la décence voudrait qu’il démissionne ! La seule option possible est la législative partielle ».

Même écho au Parlement. Agnès Thill, ex-député de La République en marche, aujourd’hui « non-inscrite » trouve que la démission « est une bonne idée, on peut se poser la question. Il y a beaucoup de députés LREM qui ne viennent pas (…) Ils ont un député fantôme ». Le député Sébastien Chenu n’est pas si tranchant, « on n’a pas à demander la démission d’un parlementaire, ce n’est pas aux députés de le faire, ce sont les électeurs qui se chargeront de régler tout ça (…) Nous, les députés non inscrits, nous n’avons pas beaucoup de moyens de pression ».

Benjamin Griveaux figure parmi les députés les moins présents dans le classement d’activité parlementaire.

Source : nosdeputes.fr – Graphique sur 1 an : 15 juin 2019 – 15 juin 2020

source : nosdeputes.fr

Afin de suivre ses dernières informations et nouvelles, nous avons fait un tour sur les réseaux sociaux. Le dernier tweet publié par le compte de l’ex-candidat date du 13 février, veille de l’éclatement de l’affaire de la vidéo. Même message sur Facebook.

Côté Instagram, la dernière photo publiée date du 12 février 2020.

Ni le député, ni les équipes n’ont publié depuis mi-février sur le travail effectué.

Dans les couloirs de l’Assemblée, quelques députés pensaient que celui de la 5ème circonscription avait mis fin à son mandat. De nombreux collaborateurs parlementaires nous font comprendre que Benjamin Griveaux était absent après son retirement, mais aussi, « bien avant sa campagne (…) pour les QAG (NDLR : Questions au gouvernement), tous les mardis, il était très peu présent ». Olivier Becht, président du groupe Agir Ensemble, rappelle qu’un député « se doit d’être présent en commission. Les séances du mercredi, en commission, sont obligatoires ».

Une fois élu, un député appartient à l’une des huit commissions permanentes de l’Assemblée nationale. Le but principal est de préparer un débat qui aura lieu en séance publique et qui aboutira au vote d’une loi. Le député Griveaux est affecté à la commission de la Défense nationale et des Forces armées. Sa présence se compte sur les doigts de la main. Depuis le début de son mandat de député, Benjamin Griveaux n’a été qu’environ 5 fois en commission. Si l’on calcule sur les 365 derniers jours, il ne s’est présenté que 4 fois.

Source : nosdeputes.fr – Graphique sur 1 an : 15 juin 2019 – 15 juin 2020

Quand un député ne peut pas se rendre à la séance de commission obligatoire du mercredi, il est soit « excusé » ou non. Si un député n’est pas excusé sur plus de deux absences, 25% de son indemnité de fonction sont retenus pour chaque absence supplémentaire, soit 362 euros.

Depuis janvier 2020, 17 réunions « obligatoires » ont eu lieu pour la commission de la Défense nationale et des Forces armées. Benjamin Griveaux est « excusé » pour sa campagne municipale les 8, 15, 29 janvier, 12 février. (2 séances n’ont pas encore de comptes-rendus). Il est cependant aussi excusé les 19 février et 4 mars, alors que sa campagne est déjà terminée. Toutes les absences aux autres réunions de la commission n’ont pas été excusées. Il a donc eu, par exemple, au mois de mai, une retenue équivalente à 362, voire 724 euros. Le compte-rendu du 20 mai n’est pas publié. Contactée par CAQS, l’Assemblée n’a pas plus d’informations sur la non-publication des comptes-rendus. Elle ajoute ne pas avoir d’informations sur la raison des excuses attribuées à Benjamin Griveaux après son renoncement à la course vers la mairie de Paris. Son indemnité n’a donc pas été amputée, malgré son absence.

Nous avons contacté Benjamin Griveaux pour avoir plus d’informations sur son travail parlementaire effectué ces derniers mois et pour confronter les différents témoignages recueillis. Il assure ne pas vouloir répondre à nos questions : « quand vous aurez grandi et que vous ne serez pas procureur mais vraiment journaliste, je répondrai à vos questions. Je n’ai pas vocation à être mis sur le grill ». Ne souhaitant pas parler des derniers mois, il ajoute « Vous pouvez regarder tout ce que j’ai fait et ce que je vais faire dans les semaines ».

Ayant contacté la commission de Défense et des Forces armées dans le but d’avoir la raison exacte des excuses des différentes absences, Benjamin Griveaux rétorque, « Françoise Dumas (NDLR : présidente de cette commission) m’a évidemment dit que vous demandiez (pourquoi j’étais absent) le 19 février après ce qui m’est arrivé le 14 ? Vous vous moquez de qui ? ».

Notre journaliste précise qu’il veut parler de l’activité parlementaire de ces derniers mois, et non de sa vie privée, le député Griveaux raccroche sans dire un mot.

Contactés par notre équipe, de nombreux députés LREM assurent ne pas l’avoir vu depuis plusieurs mois. D’autres sont gênés à l’annonce du nom du député de la 5ème circonscription de Paris. En résumé, « silence radio » sur le cas Griveaux.

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Crédit photo mise en avant : Jacques Paquier

21 mai 1871 : Paris brûle, Paris saigne

Le « 28 janvier 1871, Paris affamé capitulait », laissant derrière elle l’Alsace, la Lorraine et le goût amer de la défaite face aux Prussiens. Le gouvernement d’Adolphe Thiers s’exile à Versailles laissant derrière lui un peuple révolté. La « Commune de Paris »  est née avec ses barricades et assume le pouvoir dans la Capitale. Le 21 mai 1871 seulement, l’assaut est lancé, sonnant le glas d’un des épisodes les plus sombres du mouvement révolutionnaire : la semaine sanglante.

« Les secousses politiques qui depuis 60 ans ne cessent d’ébranler la France, lui ont donné profondément à réfléchir sur l’influence que Paris a exercée jusqu’ici sur ses destinées. Elle paraît désormais bien décidée à ne plus courber son front devant les tribuns ambitieux et la petite armée d’émeutiers qui ont placé le centre de leur propagande au sein de la capitale, afin d’exploiter à leur profit l’influence morale et légitime qu’elle exerce sur tout le reste du pays. Cependant, se maintenir en possession de la capitale sera toujours le but le plus important du gouvernement. Si la politique ne le lui demandait pas, l’honneur et l’humanité lui en feraient une loi impérieuse, il ne pourrait pas abandonner sans crime la grande cité à l’affreuse tyrannie de l’émeute. Il faut donc se mettre en mesure par tous les moyens que peut suggérer l’art et la prévoyance, de rester maître de Paris. ».

Le général Bugeaud, « L’homme de la rue Transnonain », écrit ce texte en 1849. Explicite au plus haut point sur la lutte contre le prolétariat, l’État français décide d’en empêcher sa publication. La fin d’une perspective révolutionnaire résonnait dans l’idéal d’Adolphe Thiers, s’agissant de « jeter le drapeau rouge aux oubliettes de l’histoire. L’objectif était de mettre fin à la dangerosité de la classe prolétaire qui se manifestait bien trop impétueusement depuis 1789 » écrivait en 2013 le groupe « prolétaires internationalistes ».

 

« Paris sera soumise à la puissance de l’État »

 

À la fois une réaction à la défaite française de la guerre franco-prussienne de 1870 et au siège de la capitale, la Commune de Paris marque la scission entre une majorité monarchiste à l’Assemblée nationale et le « rouge »  du Paris républicain. La répression résonne dans les paroles conservatrices dès le début du soulèvement. « M. Thiers ne veut rien faire qui contrarie les rouges (…) Saint Thiers a pour ces abominables scélérats des tendresses paternelles » écrivait la Comtesse de Ségur. Pour marquer la fin de cette insurrection, le massacre s’engage, apaisant ainsi les maux des élites conservatrices appelant à écraser la  « vermine rouge ». « Il reste à M. Thiers une tâche importante : celle de purger Paris. Jamais occasion pareille ne se présentera (…) Allons, honnêtes gens, un coup de main pour en finir avec la vermine démocratique et sociale, nous devons traquer comme des bêtes fauves ceux qui se cachent » pouvait-on lire dans un article du Figaro.

« Paris sera soumise à la puissance de l’État comme un hameau de cent habitants ! » – Adolphe Thiers

Dimanche 21 mai 1871, entre 14 heures et 15 heures, Paris, sur la rive droite en aval de la Seine, se situe la porte du Point-du-Jour. Jules Ducatel, piqueur des ponts et chaussées et indicateur de l’armée républicaine, alerte les troupes régulières versaillaises. Le point d’accès n’est plus gardé, totalement à l’abandon, l’occasion parfaite pour lancer le siège. L’ordre est donné par Adolphe Thiers référé par le général Douay, lui-même informé par le capitaine de frégate Auguste Trève. La division Vergé est alors guidée par Jules Ducatel, jusque-là sous haute surveillance. Les troupes craignant une ruse des fédérés. Direction le Trocadéro sous commande du colonel Piquemal. L’armée prend à revers les principaux points de révolte, à savoir les barricades, afin d’encercler la Capitale.
L’occupation avance, passant par Passy, Auteuil… Les quelques 100 000 Versaillais de  Mac Mahon sont pour la plupart jeunes et inexpérimentés. Mais les Communards, sous l’aile républicaine de Louis Charles Delescluze, ne font pas le poids face aux quelques soixante-dix mille Versaillais qui infiltre la petite ceinture. Des tribunaux sont construits à la hâte, on les appelle « cours prévôtales ». Ils prennent place au Châtelet, dans les prisons et autres institutions, à l’image de l’École polytechnique.

 

« On traque, on enchaîne, on fusille tous ceux qu’on ramasse au hasard. »

 

Écrite en 1871 à Paris pendant les combats de la Commune de Paris, « La Semaine sanglante » est une chanson révolutionnaire de Jean Baptiste Clément. Riche de référence, la terreur de Robespierre en prend pour son grade. Si elle a bien eu lieu un siècle plus tôt, une répression aussi sanglante et un monarchisme tyrannique de même ampleur couvrent la critique qui se glisse dans les vers de la chanson. Ce dimanche de mai, annonce les prémices d’une « terreur tricolore ». Les maisons sont fouillées, les arrestations s’enchaînent. Les premiers massacres sont perpétrés par la Garde nationale de l’Ordre, policiers et gendarmes. Des personnes fichées sont parquées dans des endroits perquisitionnés pour y être fusillés.

Plusieurs femmes défendant la barricade de la place Blanche
La Prise de Paris, Lithographie, musée Carnavalet, Paris.

Une semaine, c’est ce qu’il aura fallu à l’armée versaillaise pour reprendre Paris. Elle se termine le dimanche, au Père Lachaise au corps à corps. On estime qu’un peu plus de 20.000 personnes ont perdu la vie lors des affrontements, environ 40 000 ont été arrêtés, s’en suivra environ 50.000 jugements. Niveau matériel, plusieurs bâtiments partent en fumée, parmi lesquels le palais des Tuileries, le palais de Justice gothique, l’Hôtel de Ville hérité de la Renaissance, le Palais-Royal et le palais d’Orsay.

Du dimanche 21 mai au dimanche 28, la semaine sanglante fut la réponse de l’État se soldant par l’écrasement de la révolte. Cet événement terni l’image du chef de l’exécutif Adolphe Thiers à tout jamais. Clémenceau écrivait à son sujet : « Thiers, le type même du bourgeois cruel et borné, qui s’enfonce sans broncher dans le sang ».

Image mise en avant : Henri Félix Emmanuel Philippoteaux, Bataille du cimetière du Père-Lachaise (1871), Bordeaux, musée d’Aquitaine.

(Vidéo) Le disque vinyle est de retour !

Le vinyle connaît un véritable retour en force de ses ventes avec 5 fois plus de ventes qu’il y a 5 ans. Représentant 20% du chiffre d’affaires de la musique physique, la vente de vinyles est en hausse constante, pour un secteur qui est en baisse. Pourquoi assiste-t-on à un tel retour triomphant du vinyle près de 20 ans après sa mort annoncée ?

Quel est le point commun entre Gérôme et Pierre ? La passion de la musique ! Et plus précisément du support vinyle. L’un est disquaire à Sainte-Geneviève-des-Bois, l’autre est animateur sur RGB (99.2 FM). Ils participent, tous deux, au retour de la galette en transmettant leur passion dans des marchés et brocantes, ou par le biais d’une émission de radio.

Nous avons aussi rencontré Philippe Moulin. Auteur du livre « Les Authentiques trésors du rock 1965-1979 » (Éditions Carpentier Eds), il exprime son amour pour le vinyle : « vous avez, derrière un vinyle, toute une histoire ».

Real-Madrid / PSG : une première place en jeu

Ligue des Champions. Le Paris Saint-Germain se déplace mardi 26 novembre à Madrid pour affronter les hommes de Zinédine Zidane. Si la qualification en huitième de finale est déjà validée pour les Parisiens, ils peuvent assurer leur première place en cas de victoire au Santiago Bernabeu demain soir.

La cinquième journée de Ligue des Champions sera le théâtre de l’une des plus grosses affiches européennes de ce début de saison. Le Real Madrid reçoit mardi soir le PSG dans un match sans enjeux majeurs, sachant que la qualification est déjà acquise pour les hommes de Thomas Tuchel. Si la pression est moindre pour les Parisiens, il faudra tout de même rester mobilisé pour assurer la première place du groupe A. Paris pointe actuellement à 12 points en tête du classement. Soit cinq points de plus que leur dauphin madrilène. Seule une défaite pourra donc empêcher le club français d’assurer cette place à une journée de la fin des phases de poules.

Si le Paris Saint-Germain est serein quant à sa qualification, l’atmosphère est plus tendue du côté de l’Espagne. Les Merengues doivent s’imposer s’ils veulent valider leur qualification pour les huitièmes de finale de la compétition. En cas de défaite et d’une victoire de Bruges face à Galatasaray, le Real jouera un match décisif à l’occasion de la dernière journée, pour conserver sa seconde place. Entraineur de la Maison Blanche, Zinédine Zidane l’a bien compris. Il a tenu à mettre la pression sur son équipe en conférence de presse : « Il faudra mettre de tout, de la tête, du coeur, de la concentration et, surtout, du foot. Le PSG fait partie des meilleures équipes au monde, cela ne fait aucun doute. Pour moi, c’est le match le plus important de l’année. Si nous sommes bien avec la balle, ça marchera. Je veux voir les miens à fond durant 90 minutes. » Ce match retour sera aussi l’occasion pour le Real Madrid de prendre sa revanche sur les Parisiens qui s’étaient imposés 3-0 au Parc des Princes en septembre.

Des choix importants en attaque pour Paris

Thomas Tuchel aura des choix difficiles à faire pour composer son équipe. Disposant de ses quatre attaquants vedettes pour la première fois de la saison, l’Allemand va devoir choisir trois joueurs pour former l’attaque parisienne. Car face au Real Madrid, le technicien allemand privilégierait un dispositif en 4-3-3 pour consolider son milieu de terrain. Sans compter Edinson Cavani qui ne semble plus quitter le banc de touche, il faudra choisir le joueur qui sortira du onze parmi Mauro Icardi, Angel Di Maria, Kylian Mbappé et Neymar.

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Mauro Icardi est le joueur parisien qui a marqué le plus de buts en Ligue des Champions cette année, avec quatre réalisations. (Twitter : @lnstantFoot)

Les deux Argentins semblent intouchables tant ils se sont montrés exemplaires et efficaces depuis le début de la saison. Se priver d’un Mbappé qui voudra faire la différence face à une équipe qui le convoite, paraît également très risqué. Le cas Neymar, qui revient de blessure, est lui toujours aussi compliqué à gérer. Le Brésilien s’est encore une fois fait remarquer ce week-end en rentrant directement aux vestiaires après son remplacement face à Lille, en Ligue 1. Mais ne pas mettre la superstar au début du match pourrait rendre sa situation encore plus critique à Paris. Thomas Tuchel aura donc fort à faire mardi soir s’il veut conserver une équipe soudée face à l’ogre madrilène.