Le meurtre de George Floyd et les manifestations de Minneapolis : visualisez la chronologie des faits

L’officier Derek Chauvin a tué George Floyd lundi 25 mai à Minneapolis, aux États-Unis. Le pays tout entier n’arrivait plus à respirer suite à ce tragique évènement. Désormais, la population crie en signe de protestation.

Lundi, un homme noir non armé a été tué à Minneapolis lorsqu’un officier qui l’avait arrêté s’est agenouillé sur son cou pendant plus de huit minutes après avoir été appelé au sujet d’une contrefaçon présumée. Vendredi, la ville était en flammes et le président Donald Trump a pris pour cible à la fois les manifestants et Twitter – dénonçant les premiers comme des « voyous » et les seconds comme étant des propagandistes.

Comment les États-Unis en sont arrivés là ? Non seulement ils sont en pleine pandémie internationale comme ils sont en année électorale. Même lors du confinement, le meurtre de citoyens noirs non armés persiste. 

En février, Ahmaud Arbery, 25 ans, a été tué par deux hommes blancs alors qu’il faisait son jogging en Géorgie. Une vidéo de sa mort a fait surface en mai pour que les hommes soient arrêtés. En mars, l’ambulancière Breonna Taylor a reçu au moins huit balles lorsque la police a pénétré de force dans son appartement pour un mandat d’arrêt dans le cadre d’une enquête sur les stupéfiants. Depuis, la famille de Taylor a intenté une action en justice contre les officiers de police en question pour mort par négligence, force excessive et négligence grave. Il n’y avait pas de drogue dans l’appartement.

George Floyd, 46 ans, est le dernier afro-américain à avoir été tué par la police – une mort qui a déclenché un véritable incendie à Minneapolis, où il est mort. Nous avons compilé ci-dessous une chronologie de ce que l’on sait de sa mort, ainsi que des manifestations qui ont eu lieu depuis.

Lundi 25 mai 2020

Un utilisateur de Facebook publie une vidéo dans laquelle George Floyd, 46 ans, est assassiné par la police devant le magasin de proximité de Cup Foods à Minneapolis : « Ils l’ont tué juste en face de Cup Foods, au sud de la 38e et de Chicago ! Aucun type de sympathie. »

La vidéo montre un agent de police blanc agenouillé sur le cou d’un homme noir au milieu de l’arrestation. L’homme, M. Floyd, dit à plusieurs reprises au policier qu’il ne peut pas respirer. Au bout de quelques minutes, l’homme cesse de bouger, mais le policier continue de s’appuyer longuement sur son cou. Des spectateurs demandent à l’officier de le relâcher. « Il ne résiste même pas à l’arrestation, mon frère », dit l’un d’entre eux, tandis qu’un autre informe l’officier que Floyd saigne du nez et qu’il semble s’évanouir.

Selon une déclaration du département de police de Minneapolis, des agents ont été appelés à Cup Foods pour enquêter sur une possible contrefaçon. Floyd — qui était soupçonné d’avoir donner un faux billet de 20 dollars — était dans sa voiture lorsque la police est arrivée et lui a ordonné de sortir du véhicule. Selon le porte-parole de la police, John Elder, Floyd a « résisté physiquement aux agents ». Les policiers ont réussi à mettre les menottes au suspect. Floyd a par la suite été emmené à l’hôpital et a fini par mourir.´

Mardi 26 mai 2020

Le FBI et le Minnesota Bureau of Criminal Apprehension commencent à enquêter sur l’incident, et les quatre officiers impliqués ont été licenciés. « C’est la bonne décision », a déclaré le maire de Minneapolis, Jacob Frey, sur Twitter. « Être noir en Amérique ne devrait pas être une condamnation à mort », a-t-il écrit sur Facebook. « Pendant cinq minutes, nous avons regardé un officier blanc enfoncer son genou dans le cou d’un homme noir. Cinq minutes. Quand vous entendez quelqu’un appeler à l’aide, vous êtes censé l’aider. Cet officier a échoué dans le sens le plus élémentaire et le plus humain du terme. Ce qui s’est passé à Chicago et sur la 38e hier soir est horrible. C’était traumatisant. Cela nous rappelle jusqu’où nous devons aller. »

La cousine de Floyd, Tera Brown, a demandé que les quatre policiers licenciés impliqués dans l’affaire soient inculpés de meurtre.

Ce soir-là, les manifestants se sont rassemblés dans les rues de Minneapolis en scandant « Je ne peux pas respirer. »

Mercredi 27 mai 2020

Le département de police de Minneapolis a révélé les noms des agents licenciés après l’incident : Derek Chauvin, Thomas Lane, Tou Thao, et J. Alexander Kueng (par l’intermédiaire du New York Times). Lors d’une conférence de presse, le maire Frey a demandé aux procureurs de porter des accusations fédérales contre ces hommes. « Je veux qu’une accusation soit portée », a-t-il déclaré. « Je veux que justice soit faite pour George Floyd. »

Jeudi 28 mai 2020

Les procureurs ont continué à enquêter pour savoir s’il fallait ou non inculper Derek Chauvin, l’officier qui a tué Floyd. L’absence d’action des autorités a cependant accéléré les protestations près du troisième commissariat de police de Minneapolis. Les participants ont finalement mis le feu au poste de police, selon le New York Times. Des protestations ont également éclaté à New York, Denver, Phoenix Columbus et Ohio. Des manifestants se sont également réunis à Louisville, dans le Kentucky, pour protester contre la mort de Breonna Taylor, une femme noire qui a été abattue par la police alors qu’elle se trouvait dans sa propre maison en mars.

Vendredi 29 mai 2020

Le président Donald Trump dénonce les manifestants, en tweetant : « Ces MALFRATS déshonorent la mémoire de George Floyd, et je ne laisserai pas cela se produire. Il vient de parler au gouverneur Tim Walz et lui a dit que les militaires sont avec lui jusqu’au bout. Face à toute difficulté et nous reprenons contrôle mais, quand les pillages commencent, les tirs commencent ». Twitter signale le tweet avec la lecture d’un message : « Ce tweet a violé les règles de Twitter concernant la glorification de la violence. Cependant, Twitter a déterminé qu’il pourrait être dans l’intérêt du public que le Tweet reste accessible ». 

C’est la première fois que Twitter signale un des tweets du président comme étant contestable. Cette décision intervient quelques jours après que la plateforme ait ajouté une option de vérification des faits à certains des tweets de M. Trump qui diffusent de fausses informations concernant le vote par correspondance, l’incitant à menacer de fermer Twitter. Par répercussion, M. Trump signe un décret visant à renforcer la capacité du gouvernement à réguler les sites de médias sociaux.

Sans se décourager, le président a passé la matinée à tourner en dérision Twitter et toute cette situation. Il tweete : « La Garde nationale est arrivée sur les lieux. Ils sont à Minneapolis et tout à fait prêts. George Floyd ne sera pas mort en vain. Respectez sa mémoire !!! »

Pendant ce temps, une équipe de reporters de CNN a été arrêtée alors qu’elle couvrait les manifestations de Minneapolis. Le correspondant Omar Jimenez, le producteur Bill Kirkos et le cameraman Leonel Mendez ont été arrêtés par la police d’État du Minnesota alors qu’ils couvraient les fermetures de rues. Les journalistes ont été libérés vendredi matin, peu après leur arrestation. Le gouverneur du Minnesota, M. Walz, aurait présenté ses excuses au président de CNN, Jeff Zucker. Jimenez a repris l’antenne peu après sa libération, notant que les forces de l’ordre n’ont « pas été violentes » avec lui, et que l’un des officiers lui a dit qu’ils « suivaient simplement les ordres ».

Dans l’après-midi, Chauvin a été mis en détention par les autorités. Le policier a été accusé de meurtre au troisième degré et d’homicide involontaire. M. Frey, le maire, a mis en place un couvre-feu le vendredi à partir de 20 heures, heure locale, qui s’est étendu sur tout le week-end. L’avocat de la famille de George Floyd, Benjamin Crump, a déclaré à CNN qu’ils attendent les résultats définitifs de l’autopsie du bureau du médecin légiste mais qu’ils « lui donneront des funérailles correctes et aussi une autopsie indépendante car ils ne font pas confiance… à la ville de Minneapolis ».

Samedi 30 mai 2020

Les principaux comptes Twitter des hackers Anonymous ont promis de divulguer les « nombreux crimes » des policiers de Minneapolis. Le site web du commissariat a aussi été piraté : Anonymous est là aussi suspecté. À New York, deux voitures de police ont avancé dans une foule de manifestants qui protestait contre les violences policières. Des manifestants ont été projetés au sol mais il n’y a pas eu de blessés, selon les médias américains.

Dimanche 31 mai 2020

Les manifestations suite à la mort de George Floyd se poursuivent dans l’ensemble du territoire américain et l’armée a été déployée dans plusieurs villes. Des affrontements ont eu lieu près de la Maison-Blanche à Washington DC, et Donald Trump a dû se réfugier dans un bunker souterrain. Une page Facebook se revendiquant du collectif de hackers « Anonymous » a posté une vidéo menaçant la police de Minneapolis. Certains internautes leur ont attribué l’attaque des sites internet de la ville et de la police, qui étaient inaccessibles samedi.

Lundi 01 juin 2020

Les tweets de M. Trump concernant les « Antifa » répandent encore plus le chaos. En réponse aux nombreuses protestations, le président Trump a tweeté que les États-Unis désigneront les Antifa comme une organisation terroriste. L’Antifa, qui signifie antifasciste, est un groupe large et décentralisé de personnes ayant des convictions libérales qui ne sont pas conformes à la plate-forme traditionnelle du Parti démocrate. 

Cette décision par l’administration Trump pose plusieurs problèmes. Certains responsables gouvernementaux anciens et actuels ont déclaré qu’il serait inconstitutionnel de qualifier de terrorisme une activité protégée par le premier amendement aux États-Unis. De nombreux experts considèrent que la revendication du président est davantage une prise de position qu’une mesure politique. Des policiers se sont agenouillés en signe de solidarité avec les manifestants dans plusieurs villes américaines.

Mardi 02 juin 2020

Les protestations se poursuivent le septième jour consécutif, à travers les Etats-Unis. Les manifestants affirment que l’accusation de meurtre au troisième degré et d’homicide involontaire concernant M. Chauvin ne va pas assez loin, et demandent que les autres officiers impliqués soient également inculpés. Un certain nombre de labels discographiques et de personnalités de l’industrie de la musique se sont organisés pour un black-out aujourd’hui.

Au moins 40 villes ont imposé des couvre-feux et des membres de la Garde nationale ont été activés dans au moins 23 États et à Washington DC. Dans la capitale, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants pacifiques près de la Maison Blanche, peu avant que le président Trump ne se rende dans une église voisine et ne prenne une photo.

Une autopsie indépendante a révélé que Floyd était mort d’ « asphyxie due à une pression soutenue », tandis que le médecin légiste du comté de Hennepin n’a trouvé « aucune constatation physique » permettant de « confirmer un diagnostic d’asphyxie traumatique ou de strangulation ».

Suivi continu.

George Floyd : le combat continue

Un Afro-américain de 46 ans est mort lundi 25 mai à Minneapolis étouffé par un policier. L’indignation se propage, et des manifestations éclate dans les rues américaines. Pour les sportifs, c’est la mort de trop, les langues se délient, les dénonciations s’enchaînent.

Selon une étude, aux États-Unis 1 homme noir sur 1000 est mort tué par la police, soit 2,5 fois plus de risques qu’un homme blanc. Cette bavure policière ne fait que confirmer les chiffres. Tout est parti d’une vidéo diffusée aux USA montrant un policier écraser avec son genou le cou de George Floyd, incapable de bouger, l’Afro-américain a perdu connaissance avant de mourir quelque temps après. La méthode d’immobilisation utilisé par le policier, Derek Chauvin, est normalement interdite à New York ou encore à Los Angeles.

« S’il vous plaît, je n’arrive à respirer, mon estomac me fait mal, mon cou me fait mal, tout me fait mal ils vont me tuer ».

Poussant son dernier souffle, elles ont été ses dernières paroles, il sera emmené peu après à l’hôpital, trop tard. Cette vidéo a provoqué le licenciement immédiat des policiers impliqués dans cette interpellation, une enquête a été ouverte mais aucune poursuite n’a pour l’instant été prononcée. Un porte-parole affirmait lundi dans la soirée que George Floyd était sous l’influence de l’alcool ou de la drogue, résistant ainsi à l’interpellation qu’il a subie pour un délit mineur, c’est ce qu’expliquent les agents de police. Elle est cependant complètement remise en cause après la diffusion de la vidéo de la caméra de surveillance d’un restaurant juste à côté de la scène.

Ce drame est loin d’être le seul, d’autres individus noirs sont morts aux mains de la police, on peut noter Eric Garner en 2014, asphyxié à New York, Philando Castile en 2016, tué dans le Minnesota lors d’un banal contrôle de police ou encore Breonna Taylor en 2020, une ambulancière abattue dans son appartement après un faux avis de recherche. 

Des réactions en chaîne

Lebron James, Steve Kerr, Kyle Kuzma, Stephen Jackson, la planète NBA n’a pas hésité à réagir après ce terrible drame.

« Ce virus est parmi nous depuis plus de 400 ans. Et il n’y a toujours pas de vaccin » écrit l’actuel joueur des Los Angeles Lakers, Kyle Kuzma.

 

« C’est un meurtre. C’est révoltant. Sérieusement, qu’est-ce qui ne va pas chez nous ??? » tweet l’entraîneur des Golden States Warriors, Steve Kerr .

Quant à Stephen Jackson, George Floyd et lui était très proche, mais ce n’est pas qu’une simple relation amicale, les deux hommes se ressemblaient beaucoup. L’ancien joueur des Spurs et des Warriors n’hésitait pas à l’appelé « mon jumeau ». 

« Mon jumeau s’est empressé de me prévenir qu’il avait déménagé dans le Minnesota pour conduire des camions. Il savait qu’il avait besoin de déménager pour être la meilleure personne possible. Repose en paix mon frère. On va faire porter ta voix ».

D’ailleurs, l’équipier de Kyle Kuzma, Lebron James, a un rôle très important dans ces sujets. Très impliqué quand il s’agit de la communauté noire aux États-Unis, il n’hésite pas à le montrer encore en faisant le parallèle avec l’ancien joueur de football américain, Colin Kaepernick.

Un geste devenu symbolique

Aux États-Unis, des sportifs n’hésitent pas à dénoncer ces violences jugées inacceptables, et même sur le terrain, c’est possible, peut-être vous souvenez-vous de Colin Kaepernick, quarterback en NFL. En 2016, alors que l’hymne national retentit, l’Américain s’incline, il est le premier sportif à poser un genou à terre lors d’un moment si symbolique. La tradition voulant que les joueurs se lèvent et regardent vers le drapeau américain pendant le chant patriotique. Il réalise ce geste pour protester contre les bavures policières provoquant des morts chez les Afro-américains. 

« Je ne peux pas être fier devant le drapeau d’un pays qui opprime les noirs et les gens de couleur. Ce problème dépasse le football américain, il serait égoïste de ma part de détourner les yeux, il y a des gens qui meurent dans les rues et d’autres qui tuent et qui échappent à ses punitions » expliquait-il.

D’autres joueurs de la ligue n’ont pas tardé à suivre le mouvement, posant ainsi un genou au sol à chaque début de match. Malgré le soutien de son entraineur et de ses coéquipiers, il quitte l’équipe des San Francisco 49 ers, cela fait 4 ans maintenant qu’il n’a pas rejoué dans la ligue américaine de football. Cela démontre bien que le sport a un incroyable pouvoir, qu’il soit pour dénoncer ou pour mettre en avant des sujets controversés, entre autres. Leurs influences permettent de faire émerger certaines consciences, pour espérer peut-être, changer les choses, et rendre le monde plus juste.

UVP : cette nouvelle application « détestable » lancée par un collectif « anti-flic »

Plus d’un mois après sa sortie, l’application « Urgence violences policières » est n°2 dans le classement App Store des applications les plus téléchargées. Depuis sa sortie, UVP, cette nouvelle application inédite sur smartphone, fait polémique en France…

« Nous ne pouvons plus accepter l’impunité policière. Il nous faut la documenter, nous entraider, agir et nous organiser »

Des flics « fliqués ». Étonnante nouvelle. Depuis le 10 mars dernier, des familles de victimes de « violences policières » ont lancé une application permettant de filmer en direct les interventions des forces de l’ordre et de conserver les images sur un serveur. Appelé « Urgence violences policières », ce logiciel a été créé par l’Observatoire national des pratiques et des violences policières (ONVP).

Une vidéo atteignant les 2,2 K de partages sur Facebook

Lors de la nouvelle version de l’application, dimanche dernier, Gilets jaunes et artistes comme Sabrina Ouazani et Chloé Jouannet ainsi que les chanteurs Imany et Kery James ont fait la promotion de cette application dans une vidéo postée sur Facebook. 

Quand d’autres approuvent l’utilisation de cette application, d’autres la qualifient comme « détestable ». C’est le jugement de Laurent-Franck Lienard, avocat à la Cour d’Appel de Paris, spécialisé et engagé dans la défense des membres de force de l’ordre. 

Dimanche dernier, il s’est exprimé dans un communiqué via Facebook exprimant son désarroi face à cette idée loufoque. 

Le 19 avril dernier, deux enquêtes ont été ouvertes après un accident de moto impliquant la police à Villeneuve-la-Garenne.

Pour Nicolas, policier de Haute-Savoie qui restera anonyme, cette application « pousse plus à la haine qu’autre chose et c’est bien dommage. Il y a énormément de ‘violences policières’ qui s’avèrent être légitimes. Ce qui est dommage c’est de voir les forces de l’ordre comme un ennemi et de voir son métier être décrédibilisé ».

« Les gens ne craignent plus les forces de l’ordre, ils les défient… c’est malheureux »

Le confinement est dû à une crise sanitaire inédite et c’est très compliqué à gérer. « Voir des gens qui ne respectent pas le confinement, ça agace. Nous sommes là pour faire respecter les lois, les gens ne craignent plus les forces de l’ordre, ils les défient ».

Pour faire face à cette application, Nicolas espère seulement ne pas être « obligé d’attendre d’être défiguré pour pouvoir faire usage de la force. Si l’on doit commencer à craindre d’être filmé pour se défendre, ça risque d’être très compliqué pour tout le monde ».

Villeneuve : Nouvelles tensions entre la banlieue et la police

Des émeutes ont éclaté pendant quelques jours dans certaines banlieues françaises. L’incident de Villeneuve-la-Garenne a fait remonter les tensions entre les forces de l’ordre et les jeunes issus de zones sensibles.

Tirs de mortiers, émeutes, patrouilles policières, voici ce qui s’est produit durant quatre jours dans plusieurs banlieues françaises. On compte parmi elles : Meudon, Asnières, Villeneuve, Limoges et Roubaix. Ces actes qui se sont déroulés principalement dans les Hauts-de-Seine font suite à l’incident de Villeneuve-la-Garenne lors du dimanche 19 avril. Un jeune en motocross aurait été percuté par une portière alors qu’il était en excès de vitesse, causant une fracture importante à la jambe. Rapidement secourue et opérée, la victime a donné de ses nouvelles et appelé les casseurs à « rentrer chez eux », dans une vidéo devenue virale.

Christophe Castaner parle « d’incidents sporadiques » 

Les émeutes ont continué, malgré tout, après le discours du blessé secouru. Durant les nuits du mardi 21 avril et mercredi 22 avril, 14 personnes ont été interpellées à Roubaix et Tourcoing. À Champigny-sur-Marne, des tirs de mortiers ont été utilisés tandis que le mur d’un autre à Strasbourg a été brûlé. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a fait valoir que les émeutes et tensions actuelles seraient dues à « l’effet de la dureté du confinement ». Ce sont « des incidents sporadiques ».

Invité de RMC et BFMTV, Christophe Castaner a déclaré jeudi, qu’il y avait « plusieurs causes » possibles aux tensions subies ces quatre derniers jours. Il décrit les casseurs comme « des petits groupes qui pensent que ce serait ludique d’attaquer les forces de police, de brûler des poubelles. Ce n’est pas ludique, c’est dangereux à commencer pour eux-mêmes ». Le ministre a également évoqué la misère comme autre facteur à la violence et estime qu’il faudrait « accompagner ces jeunes », après avoir fait valoir que l’ordre républicain devait être respecté.

« Envoyer l’armée, ce serait courir le risque d’embrasement » 

Christophe Castaner

« La haine attire la haine » 

Depuis le début du confinement, 15,5 millions de contrôles et 915.000 PV ont été effectués en France. En Seine-Saint-Denis, il y aurait eu environ 220 000 contrôles, soit légèrement plus que le double de la moyenne nationale. CAQS a essayé de contacter différents agents de police, qui, secoués par les événements n’ont pas laissé de réponses. En revanche, plusieurs jeunes de banlieue critiquent les faits et s’estiment contrariés. « Les émeutes actuelles ont lieu à cause du grand nombre de bavures policières », dit Sonia, étudiante, habitant en Seine-Saint-Denis, « on peut voir des vidéos circuler partout sur internet, l’homme grièvement blessé à la jambe était la faute de trop ». Pour Sonia, il n’y a absolument aucun rapport entre le confinement et les tensions. C’est un « mensonge des médias ».

Typhaine, habitante à Gennevilliers, met de côté la cause du virus. « C’est avant tout un règlement de comptes », dit -elle. « La haine attire la haine. La haine des policiers a attiré la haine des citoyens et la haine des citoyens celle des policiers. Donc en réalité c’est une chaîne », a-t-elle poursuivi.

Fausse alerte à Amsterdam, aucun avion détourné

Ce mercredi soir, la police néerlandaise s’est mobilisée autour d’un possible détournement d’avion à l’aéroport d’Amsterdam. Fausse alerte, le pilote a déclenché par erreur le signal d’alerte.

La police militaire royale néerlandaise avait ouvert une enquête sur une « situation suspecte » à l’aéroport Schiphol d’Amsterdam. La situation était confuse, des échos de prises d’otages, d’hommes armés de couteaux.

En fin de soirée, les policiers néerlandais avaient déclaré que tous les passagers et les membres de l’équipage étaient sortis de l’avion en toute sécurité.

La compagnie Air Europa a tweeté dans la foulée en mentionnant une erreur de la part de l’équipage : « Sur le vol Amsterdam – Madrid, cet après-midi a été déclenché, par erreur, un avertissement qui lance des protocoles sur les enlèvements à l’aéroport. Rien ne s’est passé, tous les passagers attendent pour voler bientôt. Nous sommes désolés» a indiqué la compagnie aérienne sur Twitter.

La Maréchaussée Royale avait déclaré, enquêter sur une «situation suspecte» à bord d’un avion, qui devait partir pour Madrid (Espagne) à 19 heures.

L’appareil est un Airbus A330 d’Air Europa. Le vol UX1094 décollera pour la capitale espagnole dans quelques minutes.