Brexit : vers un no deal ? 

Suite au sommet de jeudi dernier, quelques dossiers restent encore non réglés : parmi eux, la pêche. Tandis que Boris Johnson fait planer la menace d’un «no deal», la France tente tant bien que mal de protéger ses pêcheurs. La tension monte entre Bruxelles et Londres, se dirige-t-on vers un «no deal» ? 

Les pêcheurs «ne sauraient être les sacrifiés du Brexit» annonçait Emmanuel Macron jeudi dernier. Il faut en effet comprendre que la plupart des pêcheurs français pratiquent leur activité dans les zones maritimes britanniques. On considère qu’environ 30% de la pêche française provient des eaux anglaises. Ce serait donc, en pleine crise sanitaire, un coup dur pour le secteur français, d’autant plus que d’autres bateaux de pêche européens, néerlandais ou belges, se rabatteraient sur les eaux françaises. 

La france est la principale concernée par le secteur de la pêche, mais les autres membres de l’UE semblent néanmoins faire bloc derrière Paris. Nous pouvons donc au moins nous réjouir d’un semblant d’unité chez les européens dans le «dossier Brexit»

Le Royaume-Uni veut sa souveraineté ! 

Et c’est bien ce qui effraye les européens ! Les règles de concurrence, comme le règlement des différends, restent encore flous. Bruxelles craint que le Royaume Uni n’en fasse qu’à sa tête, quitte à mettre en péril les entreprises européennes avec une concurrence déloyale, en soutenant massivement ses entreprises.  L’UE tente également de tout faire pour éviter un dumping social, fiscal ou environnemental. Les négociations sont rudes et Boris Johnson estime pour le moment que les propositions européennes sont «inacceptables» et menace l’Union avec un scénario «à l’Australienne», c’est à dire à un «no deal»

Ce sont également les droits de douanes qui sont discutés, car en cas de «no deal», ce seront les règles de l’OMC qui seront appliquées. C’est à dire des droits de douanes très importants. Le commerce avec le Royaume Uni sera donc plus coûteux, les importations seront plus chères, le consommateur en paiera donc les conséquences. Quant aux exportations, elles seront bien moins compétitives…  

Des négociations intensifiées face à une date butoire qui se rapproche … 

Le prochain rendez-vous semble se dessiner au alentours du 15 novembre. 

Cependant dès lundi les deux négociateurs, Michel Barnier et David Frost discuterons du format des négociations à venir. 

L’Union européenne comme le Royaume Uni ne semblent rien vouloir lâcher, les négociations s’annoncent encore plus tendues, la tension monte de plus en plus car le 31 décembre approche à grand pas. Un «no deal» aurait des conséquences économiques dramatiques, en pleine crise sanitaire et économique ce n’est absolument pas souhaitable. 

La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon déplore ainsi que chaque heure consacrée au Brexit est une heure perdue dans la lutte contre le Covid 19. 

Affaire Darmanin : La valeur politique de la présomption d’innocence

La nomination au ministère de l’Intérieur de Gérald Darmanin, qui fait l’objet d’une enquête judiciaire pour viol, a provoqué des manifestations dans la France entière. Alors que le gouvernement insiste sur le respect de la présomption d’innocence, les associations féministes refusent d’accepter ce qu’elles considèrent comme un retour en arrière pour les droits et la considération des femmes. La présomption d’innocence se retrouve au cœur des discussions, mais est-ce bien de ce principe juridique dont il est utile de discuter ?

Le 6 juillet 2020, Gérald Darmanin est nommé ministre de l’Intérieur. Un mois plus tôt, la cour d’appel de Paris ordonnait la reprise des investigations à propos d’une accusation de viol, harcèlement sexuel et abus de faiblesse le visant. Pour Claire Charlès, présidente du collectif féministe Les Effronté.es, cette nomination a été « une bonne claque ». « On ne s’attendait pas à grand-chose mais pas à ça » explique-t-elle. Suite à la tenue du Grenelle des violences conjugales et à l’affirmation de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles comme une priorité du mandat d’Emmanuel Macron, les féministes avaient l’espoir que les ministères de l’Intérieur et de la Justice, les deux ministères les plus importants dans le parcours des victimes, trouvent à leur tête des personnes sensibilisées et formées à ces questions. « Là, c’est vraiment tout le contraire, continue Claire Charlès, c’est piétiner tout ce qu’il [Macron] a pu faire pour le féminisme jusqu’à présent ».

Des milliers de personnes ont partagé cette opinion en manifestant contre les nominations au gouvernement de Gérald Darmanin et d’Éric Dupond-Moretti pour exiger leur démission. Face aux critiques, l’exécutif rappelle que le nouveau ministre de l’Intérieur doit bénéficier comme tout citoyen de la présomption d’innocence.

UN PRINCIPE JURIDIQUE

La présomption d’innocence est un principe fondamental du droit pénal français. Toute personne qui est suspectée d’avoir commis une infraction doit être considérée comme innocente tant que la cour ou le tribunal compétent pour la juger ne l’a pas déclarée coupable.

La députée LREM Alexandra Louis, à l’initiative de la tribune « La justice ne sera plus rendue si accusation vaut condamnation » publiée dans le Monde, défend le respect de cette présomption d’innocence dans l’affaire Darmanin. « Ce n’est ni à moi, ni à certaines féministes, ni à qui que ce soit de décider si les faits sont avérés ou pas. C’est le rôle des magistrats. » explique-t-elle.

Alexandra Louis compare la présomption d’innocence à une ceinture de sécurité : « c’est le jour où vous avez un accident que vous réalisez qu’elle vous sauve la vie ». Ce principe juridique existe afin de protéger les citoyens d’une justice arbitraire qui les jugerait coupables de manière hâtive sans leur permettre d’exprimer leur défense. Cependant, malgré la sacralité juridique de la présomption d’innocence, nombreux sont ceux qui estiment que cet argument n’est pas suffisant pour justifier la nomination d’un homme au gouvernement alors qu’il est sous le coup d’une enquête judiciaire suite à une plainte pour viol.

UN MESSAGE POLITIQUE

Claire Charlès voit les rappels gouvernementaux au respect de la présomption d’innocence comme une « extrapolation d’un terme juridique étendu au cadre politique ». « Au nom de la présomption d’innocence, on n’aurait pas le droit d’en parler et de dire qu’une personne mise en cause pour viol ne peut pas être nommée au ministère ». Pour la présidente des Effronté.es, le problème n’est pas juridique : Emmanuel Macron et Jean Castex ont légalement le droit de nommer Darmanin au poste de ministre de l’Intérieur. Les associations féministes ne cherchent pas à empêcher Darmanin de bénéficier de la présomption d’innocence, ni à remettre en cause le principe juridique. Mais elles s’opposent à cette nomination car elles désapprouvent le message politique qu’elle véhicule et elles considèrent qu’elle va à l’encontre du principe d’exemplarité du gouvernement. « Castex et Macron prennent le risque assumé de mettre un violeur à la tête du ministère de l’intérieur qui est un ministère important dans le parcours juridique des femmes victimes de violences. C’est un message extrêmement violent, un message d’impunité. »

EXEMPLARITÉ DU GOUVERNEMENT

En France, les chiffres officiels suggèrent que seulement 10% des femmes victimes de viol portent plainte, et que 10% de ces plaintes débouchent sur une condamnation, soit 1% des auteurs condamnés au total. Le parcours des victimes qui portent plainte est communément décrit comme long et semé d’embuches.

Claire Charlès regrette que l’argument de la présomption d’innocence soit ressorti dans ce contexte spécifique des violences sexistes et sexuelles. Elle donne les exemples de Jérôme Cahuzac, François de Rugy et François Bayrou qui avaient quitté le gouvernement alors qu’ils étaient mis en cause dans des affaires judiciaires pour des motifs financiers et d’emplois fictifs. Ils n’avaient pas encore été déclarés coupable par la justice. Ces départs étaient motivés par la volonté d’un bon fonctionnement du gouvernement. La présomption d’innocence ne leur avait pas été opposée car leurs démissions s’expliquaient par le devoir d’exemplarité du gouvernement. Aujourd’hui, les féministes attendent que Gérald Darmanin fasse de même et que le gouvernement soit aussi exemplaire en matière de lutte contre les violences faites aux femmes.

De son côté, Alexandra Louis estime que la présomption d’innocence est « au-dessus de la loi et de la morale ». Elle appelle à « se remettre à des principes juridiques et légaux qui s’appliquent à tous et à toutes ». « Avant de se poser la question de la morale, il y a une autre question à se poser : sur quels faits ? Qui vérifie les faits ? En France, nous sommes dans un État de droit et c’est à la justice de décider, de un, si les faits sont établis, de deux, si cela relève d’une qualification pénale. »

Et le débat sur la nomination de Gérald Darmanin continue.

Crédit Photo : Stéphane Morgane – La Voix du Nord

Ursula Le Menn : « Désormais, vous ne pourrez plus ignorer les femmes »

Ursula Le Menn est la porte-parole de l’organisation « Osez Le Féminisme ! » qui a notamment créé une pétition pour que deux ministres récemment nommés par Jean Castex, Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti, soient démis de leurs fonctions.

Que pensez-vous de la nomination de Gérald Darmanin en tant que ministre de l’Intérieur et d’Éric Dupont-Moretti en tant que ministre de la Justice ?

Ursula Le Menn : « Les nominations des ministres de la Justice et de l’Intérieur démasquent le masculinisme de la classe politique dirigeante et le mépris envers la parole des victimes et les droits des femmes et des filles. La grande cause du quinquennat n’a jamais été plus insultée, méprisée et moquée.

Le premier est accusé de viol, de harcèlement sexuel et d’abus de confiance et cela ne fait « pas obstacle » à sa promotion au point de devenir premier flic de France ! 82% des victimes de viol déclarent être mal reçues lors du dépôt de plainte, 76% des plaintes sont classées. Lors du Grenelle, des défaillances importantes ont été reconnues par le gouvernement, comment espérer désormais que les choses changent avec un tel exemple ? Où est le devoir d’exemplarité promis par le Président Macron au début de son quinquennat ? Sans parler du conflit d’intérêt évident que cela pose vis-à-vis de l’enquête.

Précédemment, François de Rugy avait démissionné pour des affaires de dîners fastueux, la vie et la dignité des femmes vaudraient-elles moins que des homards ? 

Le second est un anti-féministe, donc un anti-femmes, notoire et revendiqué. Bien au-delà de son travail d’avocat, il s’est étalé dans les médias à plusieurs reprises pour s’opposer aux mouvements #MeToo qu’il a qualifié d’« hystérisation du débat ». Les mots qu’il utilise pour dépeindre les femmes sont imprégnés d’une profonde misogynie : « folasses », « starlettes » qui usent de la « promotion canapé », « potiches » et les raisonnements dont il use représentent tous les poncifs de la culture du viol : ainsi les femmes regretteraient de ne plus être sifflées et le proxénétisme serait une affaire de « bon temps entre copains ». Il a prétendu que désormais, les hommes étaient victimes d’une chasse aux sorcières, niant par la même la voix des femmes qui, elles, subissent des violences massives et systémiques de la part de ces derniers.

La combinaison des deux nominations est une véritable gifle qui est adressée à toutes les femmes. Dupont-Moretti a dit que les féministes préparaient un drôle de mode de vie pour les générations futures. Là, le message est clair, le mode de vie que souhaite le gouvernement c’est le monde d’avant, le monde de toujours, celui de la domination masculine et de la culture du viol. 

Concernant la nomination de Gérald Darmanin, que pensez-vous de la défense du gouvernement ?

La présomption d’innocence est une règle de preuve en matière pénale, c’est une présomption simple qui peut être renversée par les éléments de preuve rapportés par l’accusation. La présomption d’innocence qui est une règle judiciaire qui s’applique au régime de la preuve, n’est pas une règle morale de vie en société qui permettrait à tous les accusés de France de clore tout débat sur leur probité. Le Président Macron avait annoncé au début de son quinquennat « une république exemplaire », où est l’exemplarité ? Est-elle à géométrie variable ? Lorsqu’il s’agit d’affaire de fraude, d’évasion fiscale ou de dépenses excessives, on l’applique (Cahuzac, De Rugy etc.) mais lorsqu’il s’agit des femmes violées, on la met sous le tapis ? 

1% des violeurs sont condamnés en France, 1%. Pas 50, pas 25 ni même 10 mais 1%. En brandissant la présomption d’innocence pour faire taire les victimes de viol, le système d’impunité capitalise sur ses propres défaillances pour silencer 99% d’entre elles.

Par ailleurs, que l’entourage de Macron déclare que la plainte avance « dans le bon sens » est révoltant. Le bon sens serait-il celui de l’impunité pour le Président ?

Votre pétition a déjà récolté beaucoup de signatures. Pensez-vous que de nombreuses personnes partagent votre avis, et defendu par des hommes ?

L’annonce des nominations a provoqué une vague d’indignation parmi les femmes. En moyenne, 94 000 femmes adultes sont victimes de viol ou de tentative de viol chaque année en France, sans même mentionner les victimes mineures qui constituent la majorité des victimes : c’est au visage de toutes ces femmes et de toutes les victimes de viol que le gouvernement a craché. Autant de femmes révoltées, qui n’en peuvent plus de subir la silenciation et le mépris. 

Nous espérons évidemment que les hommes se sentent également concernés et qu’ils soient des alliés dans ce combat contre l’impunité systémique, la culture du viol et plus globalement le mépris des femmes et des filles. 

Pensez-vous que cette pétition va pouvoir changer les choses ? Ou déjà apporter du soutien aux victimes ?

Aux victimes : nous vous croyons, nous vous soutenons et ensemble nous nous lèverons contre ce masculinisme d’état éhonté. 

Nous voulons également adresser un message à toute la société : désormais, vous ne pourrez plus ignorer les femmes. »

Crédit de l’image mise en avant : Ursula Le Menn

Municicacqs : Les résultats en Nouvelle-Aquitaine

Les résultats sont tombés dans la plus vaste région de France. Les 4314 communes de la Nouvelle-Aquitaine ont élu leur maire à l’issue d’une campagne municipale marquée des conditions exceptionnelles liées au Covid-19. Tour d’horizon dans les plus grandes villes de la région.

Bordeaux

Dans la ville de Bordeaux (33000) dans le département de la Gironde, les habitants ont élu Pierre Hurmic (Union de la gauche). Il l’emporte avec 46,48 % des voix contre Nicolas Florian (DVC) qui obtient 44,12 % des suffrages exprimés et Philippe Poutou (EXTG) qui cumule 9,39 % des voix pour ce second tour.

Le taux d’abstention est historiquement fort avec 61,67 %. Les votes blancs et nuls représentent quant à eux 1,68 %.

Limoges


En Haute-Vienne à Limoges (87000), 58,97 % des voix sont attribuées à Emile Roger Lombertie de la liste LR. Le maire élu est suivi par Thierry Miguel (Union de la gauche) avec 41,03 % des voix.

65,92 % des habitants de la ville de Limoges ne se sont pas rendus aux urnes. Les votes blancs et nuls représentent 4,45 %.

Poitiers


À Poitiers du côté de la Vienne (86000), Leonore Moncond’huy est élue maire (DVG) avec 42,83 % des voix. La tête de liste du PS Alain Claeys se place derrière la candidate avec 35,60 % des suffrages exprimés. En troisième position se place Anthony Brottier (LREM) qui obtient 21,56 %.

Le taux de participation s’élève à 33,19% % pour Poitiers. Votes blancs et nuls représentent 3,51 %.

PAU

À Pau dans les Pyrénées-Atlantiques (64000), François Bayron (DVC) cumule 55,47 % des voix, faisant de lui un maire réélu une nouvelle fois. Il est suivi de Jérôme Marbot qui totalise 44,53 % des voix.

38,35% de participation a été relevé. Les votes blancs et nuls s’élèvent à 3,92 % des voix.

LA ROCHELLE

La ville de La Rochelle en Charente-Maritime (17000) voit Jean-François Fountaine (DVG) retourner à sa mairie avec 41,97 % des voix. 41,11 % des suffrages sont attribués à Olivier Falorni (DVG) qui talonne en seconde position. Jean-Marc Soubeste récolte 16,92 % des voix, le plaçant troisième dans le classement.

Le taux de participation est de 41,44% tandis que les votes blancs et nuls représentent 1,99 % des voix.

BAYONNE

À Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques (64100), c’est Jean-René Etchegaray qui reprendra la mairie ces six prochaines années. Élu à 53,81 % des voix, il est suivi de Henri Etcheto qui cumule 46,19 % des suffrages exprimés.

Le taux d’abstention pour la ville de Bayonne est de 56,57 %. Les votes blancs et nuls représentent 3,51 % des voix.

Municicaqs : les résultats dans le Grand Est

Le second tour des élections municipales 2020 s’est tenu hier dans des conditions particulières, trois mois après le premier tour du 15 mars. Après une campagne à rallonge, voici les résultats du second tour dans les principales villes du Grand Est.

Strasbourg

Les Strasbourgeois avaient le choix entre trois listes ce dimanche : celle de Jeanne Barseghian (EELV), celle de Catherine Trautmann (PS) et celle menée par le tandem Alain Fontanel – Jean-Philippe Vetter (LREM-LR). C’est finalement Jeanne Barseghian qui est élue avec 41,71% (21 592 voix). Derrière elle, la liste d’Alain Fontanel récolte 34,96 % (18 099 voix) et celle de Catherine Trautmann en dernière position avec 23,33% des suffrages (12 080 voix).

Colmar

À Colmar, les jeux étaient presque déjà faits, surtout après le retrait de Gilbert Meyer, le maire sortant, entre les deux tours. C’est donc Eric Straumann qui sera le nouveau maire, avec 63,89 % des suffrages (8061 voix). Son concurrent, Frédéric Hilbert (EELV), a lui recueilli 36,11 % des voix (4 556 voix).

Mulhouse

Quatre listes se sont opposées pour le second tour des municipales à Mulhouse. Celle de Michèle Lutz, maire sortante arrivée en tête au premier tour, celle de Loïc Minery (EELV), celle de Lara Million et enfin celle de Christelle Ritz pour le Rassemblement national. Ce sera Michèle Lutz qui dirigera à nouveau la ville de Mulhouse pour les six prochaines années après avoir recueilli 33,66 % des voix (4189 voix). Derrière elle, Loïc Minery, Lara Million et Christelle Ritz avec respectivement 21,96 % (2733 voix), 20,14 % (2506 voix), et 12,08 % des suffrages (1503 voix).

Metz

À Metz, les habitants avaient le choix entre trois listes conduites respectivement par François Grosdidier (LR), Xavier Bouvet (EELV) et Françoise Grolet (RN). Ce sera finalement François Grosdidier qui sera le nouveau maire de Metz après avoir recueilli 45,13 % des voix (10001 voix). Xavier Bouvet est arrivé en deuxième position avec 44,24 % des suffrages (9804 voix). À la dernière place, Françoise Grolet avec 10,63 % (2355 voix).

Nancy

Pour le second tour, seules deux listes concourraient à la mairie de Nancy. Celle de Laurent Hénart, le maire sortant, et celle de Mathieu Klein, arrivé en tête au premier tour. Mathieu Klein sort vainqueur de ce second scrutin, avec 54,54 % des voix (11435 voix). Derrière lui, Laurent Hénart avec 45,46 % de suffrages en sa faveur (9533 voix).

ÉPINAL

Trois listes se sont opposées pour le second tour des municipales à Epinal. Celle de Patrick Nardin (DVD), celle de Fabrice Pisias (DVG) et celle de Benoît Jourdain (DVD). Ce sera Patrick Nardin qui dirigera la ville d’Épinal pour les six prochaines années après avoir recueilli 48,14 % des voix (3923 voix). Derrière lui, Benoît Jourdain et Fabrice Pisias avec respectivement 39,12 % (3188 voix) et 12,74 % des suffrages (1038 voix).

Bar-le-duc

À Bar-le-Duc, trois listes étaient encore en lice pour le second tour. Celle de Martine Joly (DVD), maire sortante, celle de Benoît Dejaiffe (DVG) et celle de Pierre-Etienne Pichon (DVC). Martine Joly sera maire de Bar-le-Duc pour les six prochaines années, après avoir recueilli 38,45 % (1298 voix) des suffrages. Derrière elle, Benoît Dejaiffe et Pierre-Etienne Pichon avec respectivement 34 % (1148 voix) et 27,55 % (930 voix).

Châlons-en-Champagne

Les Châlonnais avaient le choix entre quatre listes ce dimanche : celle de Benoist Apparu (DVD), maire sortant, celle d’Alan Pierrejean (SE), celle de Dominique Vatel (DVG) et celle de Rudy Namur (DVG). C’est finalement Benoist Apparu qui est réélu avec 53,17 % des voix (3166 voix), cependant, le maire a récolté deux fois moins de voix qu’en 2014. Derrière lui, Rudy Namur, Alan Pierrejean et Dominique Vatel avec respectivement 26,41 % (1573 voix), 10,81 % (644 voix) et 9,61 % (572 voix) des suffrages.

Suivez la soirée des municipales minute par minute

Ce dimanche, le taux de participation est historiquement faible. Temps forts, réactions, résultats… Suivez cette soirée électorale en direct.

PARIS: La maire sortant Anne Hidalgo est réélue à la tête de la mairie de Paris avec 49,03% des voix exprimées, face à Rachida Dati (Les Républicains, 32,7%) et Agnès Buzin (13,7%).

TOULOUSE: Jean-Luc Moudenc est élu avec 51,6% des voix (liste divers droite) face à la gauche d’Antoine Maurice (48,4%), non loin derrière.

MARSEILLE: La liste d’Union de la gauche, qu’avait rejoint EELV au second tour, l’emporte à Marseille avec Michèle Rubirola (39,9% des suffrages exprimés), devant Martine Vassal (Les républicains, 29,8%) et Stéphane Ravier (RN, 19,8%).

NICE: Victoire pour Christian Estrosi, tête de liste d’un bloc centre/ droite, avec 59% des suffrages exprimés (LR, LREM et MODEM), face à Philippe Vardon (RN, 21%) et Jean-Marc Governatory (19%).

LYON: Vague verte pour la ville, remportée par la liste EELV de Grégory Doucet (50,8% des suffrages exprimés), face à Yann Cucherat (LREM/ Droite, 31,04%) et Georges Képénékian (LREM dissident, 17,8%).

RENNES: La maire sortante Nathalie Appéré est réélue avec 65,35% face à la liste LREM menée par Carole Gandon (17,49% des votes) et Charles Compagnon (17,16%).

BREST: Victoire de l’Union de la gauche de François Cuillandre (49,69% des voix), devant la liste divers droite de Bernadette Malgorn (36,41%) et celle de Marc Coatanea (LREM, 13,89%).

LILLE: Martine Aubry l’emporte avec 40,20% après une bataille très serrée face à la tête de liste EELV Stéphane Baly (38,61%), tous deux suivis par Violette Spillebout (LREM/ MODEM, 21,19% des voix).

BORDEAUX: Dans le fief historique d’Alain Juppé, victoire surprise pour la tête de liste EELV Pierre Hurmic avec 46,8% des voix, face à la droite de Nicolas Florian (LREM/LR, 44,6%). Philippe Poutou rassemble à l’extrême gauche 8,6% des suffrages exprimés.

MONTPELLIER: Victoire haut la main pour Michaël Delafosse (alliance à gauche PCF/PS/EELV/PRG) qui rassemble 49% des votes, face à Philippe Saurel (Divers gauche, 33%), suivis de loin par Mohed Altrad (18% des voix).

STRASBOURG: Après beaucoup d’incertitudes, nette victoire de Jeanne Barseghian sur une liste PCF/EELV (42% des voix), devant l’union LREM/LR d’Alain Fontanel (34,3%) et la liste PS de Catherine Trautmann (23,7%).

PERPIGNAN: Louis Aliot (Rassemblement National) l’emporte sur Jean -Marc Pujol avec 55,7% des voix selon les dernières estimations. L. Alliot, au micro de France 2:  » C’est pas terminé mais je pense que la victoire est acquise (…). Le premier message à Perpignan est que le front républicain est tombé et il peut tomber partout ailleurs »

LE HAVRE: Victoire éclatante pour le premier ministre Edouard Philippe (58,83% des suffrages exprimés selon les dernières estimations) face au député communiste Jean Paul Lecoq (41,17%). Edouard Philippe déclare: « Les résultats sont nets et je voudrais remercier très sincèrement les Havrais et les Havraises qui continuent à nous faire confiance et qui nous ont chargés de de poursuivre la transformation engagée, il y a maintenant bien longtemps ». Christian Jacob commente, au micro de France 2:  » Il a trahit sa famille politique et il a conduit une politique économique dans la continuité de celle de François Hollande ».

Besançon: L’écologiste Anne Vignot l’emporte avec 43,9% des voix, face à Ludovic Fagaut (Les Républicains, 41,5%) et Eric Alauzet (LREM, 14,6%).

NANCY: La gauche l’emporte derrière Mathieu Klein (55,2% des voix), face à la droite de Laurent Hénard (44,8%).

BASTIA: Victoire du régionaliste Pierre Savelli avec 49,1% des suffrages, devant Jean-Sébastien De Casalta (union de la gauche, 40%) et Julien Morganti (10,9%).

LIMOGES: 58,97% des suffrages pour Lombertie (Les Républicains) face à Miguel (Union de la gauche, 41,03%)

ALBI: La centriste Stéphanie Guiraud-Chaumeil l’emporte avec 49,95% des voix, face à l’union de la gauche de Nathalie Ferrand-Lefranc (39,89%) et au candidat du Rassemblement National Frédéric Cabrolier (10,17%).

DIGNES-LES-BAINS: La centriste Patricia Granet-Brunello l’emporte (32,49% des suffrages exprimés) avec une très courte avance sur la liste divers droite de Gilles Chalvet (32,43%), alors que Richard Valla remporte 14,97% des voix. 2 élus pour la liste divers gauche de France Gally, et un.e pour la liste Debout la France de Marie-Anne Baudoui.

DIJON: 43,51% des suffrages exprimés pour la liste PS de François Rebsamen, devant Emmanuel Bichot (LR, 34,84%) et la liste d’union LREM/MODEM de Stéphanie Modde (21,63%).

COLMAR: Victoire pour la droite de Straumann (63,89% des suffrages) face à Hilbert (EELV, 36,11%)

AURILLAC: Victoire de la liste de Mr. Mathonier (Union de gauche) avec 59,24% des suffrages exprimés, face à son adversaire divers droite (40,76%).

BIARRITZ: L’union de la droite obtient une majorité des votes (50,22%) derrière leur tête de liste Mr. Arosteguy, devant Brucq (26,30%) et Motsch (DVC, 14,74%).

(ÉDITO) Djihadisme : les enfants innocents

Dix enfants résidant en Syrie ont été expatriés en France hier. Depuis la chute de l’État islamique seulement 28 enfants franco-syriens ont été rapatriés, alors qu’on en recense 250. La France tente de se racheter une conscience politique et humaine en « sauvant » des enfants syriens d’origine française.

Aimeriez-vous qu’on vous définisse constamment aux paroles et aux actes de vos parents en vous rappelant sans cesse « tu es l’enfant de… » ? Pourquoi le faire avec ces enfants syriens ? Je n’emploierai pas l’expression « enfants de djihadiste », ce serait les condamner à de la haine, à du mépris et à de la méfiance. Ils n’ont pas eu cette chance de naître au bon endroit, ni au bon moment. La famille n’est pas choisie, mais subie. Alors pourquoi leur faire porter le chapeau ?

Ces enfants à part entière ne sont pas des terroristes, ni même des bombes à retardement, comme certains se cantonnent à l’exprimer. Caractériser des enfants qui s’endorment sous la menace des bombes, sous le bruit assourdissant provoqué par le fracas de la destruction est immoral et condamnable dans les instances du bon sens. 

Envie de devenir

En France, malgré les tourments quotidiens de chacun, nous avons le choix de nos vies et surtout, le plus important, de notre devenir. Si nous ramenons ces futurs adultes sans arrêt à cette étiquette, on les stigmatise à tel point que leur identité ne leur appartient plus, elle est sous l’emprise de ceux qui les rejettent, les jugent. L’entité humaine ignore l’envie de devenir de ses enfants. Nous ne connaissons ni leurs passions, ni leurs envies, ni leurs peurs, ni leurs rêves. Donnons leur une chance de sortir du carcan de leurs parents endoctrinés par une croyance morbide. 

Accueillir ou non ?

Le 16 janvier 2020, le rapatriement de ces enfants en Syrie est demandé par l’ONU.  Une commission d’enquête indépendante a été créée en 2001 par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU pour alerter que ces enfants sont dans une grande précarité et ne possèdent pas de document d’identité. La commission priorise les enfants orphelins.  «Les États ont des obligations bien définies de protéger les enfants, y compris contre l’apatridie. Ne pas respecter ces principes fondamentaux constituerait une dérogation claire à cette obligation», a déclaré Hanny Megally, membre de la Commission. Ce rapport annonce aussi que «les mères devraient être rapatriées avec leurs enfants pour garantir le respect du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant». 

Le droit fondamental de l’enfant dit : « Les enfants qui ont dû fuir leur pays, à cause de la guerre ou d’une catastrophe naturelle, ont le droit d’être protégés par le droit International, qu’il soient seuls ou accompagnés. Les États doivent subvenir à leurs besoins alimentaires et sanitaires, les protéger et les aider à retrouver leur famille ».

Ces enfants sont pris en charge par les services sociaux afin d’établir un suivi psychologique conséquent, dû aux nombreux traumatismes de guerre. Un endoctrinement est établi chez ces enfants, mais en fonction de l’âge, les conséquences sont diverses. Un enfant de 3 ans n’aura pas la même prise en charge qu’un enfant de 13 ans sur le plan psychologique.

La France, pays des droits de l’homme, est obligée d’accueillir ces enfants. Ils ont vécu la guerre, la souffrance, la peur, la violence. La France fraternelle doit abriter ces enfants traumatisés. Ils n’y sont pour rien dans la bêtise humaine.

Aucun enfant ne devrait subir de violences, morales ou physiques. Le monde politicard ne sait ce que ses enfants endurent. Aucun ne tente de les sauver, de leur donner une vie meilleure en les accueillant. Voilà la complicité du monde. Ne pas les secourir, c’est les condamner à suivre le chemin de leurs parents. Les politicards ne font pas de différenciation. Ils rendent coupables les enfants, innocents, des actes haineux de leurs parents.

En 2017, suite à la crise migratoire, le monde entier était face à Aylan, 3 ans, mort échoué sur la plage. Les Hommes criaient « plus jamais ça ». L’innocence noyée par l’absurdité des « grands hommes » avides de pouvoir. Où en est-on de cette conscience humaine aujourd’hui, quand les politiques voudront instaurer un quota de rapatriement ? Certaines vies valent plus que d’autres.

(Municicaqs #14) – Montpellier, la cité des clowns

Après Bordeaux, Lille, Perpignan et bien d’autres, CAQS part dans une des villes les plus ensoleillées de France : Montpellier. Le bon vivre de la 7ème ville de France ne s’est pas illustré à travers les élections. Entre alliances surprenantes et arrogances collectives, la ville saura-t-elle retrouver la voie du bon sens ?

Geroges Frêche aurait-il approuvé la situation politique dans laquelle se trouve Montpellier ? Probablement pas. Avant le premier tour, la campagne électorale était dénuée de sens. 14 candidats, un milliardaire, un youtubeur, un maire hospitalisé, des écologistes qui se font la guerre. De quoi détonner dans la capitale de la médecine. Et les résultats électoraux du premier tour en sont pour preuves. Avec une abstention de plus de 65% (un record, notamment à cause du Covid-19), le maire sortant arrive en tête avec… 19,11% des voix. Deux autres candidats sont qualifiés pour le second tour : la tête de liste du PS Michaël Delafosse (16,66%), et le milliardaire Mohed Altrad avec 13,30% des voix.

Au début de la campagne, le maire sortant Philippe Saurel s’est peu impliqué dans la course à son second mandat. Mais avec la crise sanitaire, le maire s’est régulièrement exprimé. Il a appelé le président à reporter le 1er tour des élections quelques jours avant le 15 mars. Sa légitimité en tant que professionnel de santé l’a poussé à s’exprimer régulièrement sur la crise pendant le confinement. En avril, il appelle à ne pas rouvrir les écoles pour seulement quelques semaines de classe avant les vacances d’été. Ces interventions régulières sur des médias nationaux agacent au Parti socialiste. Le candidat PS Michael Delafosse a reproché au maire de se servir de la crise pour redorer son image.

Alliances et arrangements politiques

Dès la fin du confinement le 11 mai, les discussions entre candidats éliminés et candidats qualifiés pour le second tour ont repris. Très vite, Michael Delafosse a su rallier à lui la candidate EELV Coralie Mantion. Rien de surprenant, les écologistes s’alliant régulièrement au PS. Mais c’est du côté de Mohed Altrad que l’incompréhension se fait sentir. Candidat libéral, chef d’entreprise, autrefois en recherche de l’étiquette LR puis LREM, le milliardaire a trouvé un accord avec Rémi Gaillard (Youtubeur, 4ème au premier tour avec plus de 9% des voix), Clothilde Ollier (infirmière syndiquée CGT et ancienne candidate EELV) et Alenka Doulain, autrefois soutenue par LFI. 

Suite à cette alliance aux allures d’arrangements politiciens, Mohed Altrad a promis plusieurs sièges au conseil municipal à ces nouveaux alliés, mais surtout la place de président de la métropole de Montpellier à Alenka Doulain elle-même. 

Les montpelliérains sceptiques se questionnent : « Comment gérer une ville avec LFI, les écolos et un milliardaire à la tête de la ville ? »

Face à ces arrangements, il reste le maire sortant. Des discussions, oui. Mais aucune alliance. Le maire fait cavalier seul et garde la même liste qu’au premier tour. Son objectif : réussir une nouvelle fois l’exploit de 2014.

Cette année-là, le candidat PS Jean-Pierre Moure est ultra favori pour devenir le maire de Montpellier. Mais c’est le dissident Philippe Saurel, contre toute attente, qui ira braquer la maison PS se voyant déjà installée dans le fauteuil de la mairie de Montpellier.

Sécurité, nouvelle inquiétude des montpelliérains

Montpellier est le théâtre de nombreuses tueries et règlements de compte ces derniers mois. Ces faits divers poussent les candidats à faire des propositions sur les questions sécuritaires.

Philippe Saurel veut augmenter les effectifs de la police municipale (100 policiers supplémentaires) et mettre en place une brigade des transports. Pour les grands événements, il est favorable à un système de vidéo surveillance. Pour les quartiers dits « sensibles » comme la Mosson, le maire sortant souhaite la création d’un poste de police nationale dans ce quartier. 

Michael Delafosse propose de créer une police des transports de 30 agents. Le candidat PS veut aussi un nouveau poste de police municipale et nationale dans le secteur Paillade-Celleneuve-Alco. 

Pour Mohed Altrad, les policiers municipaux doivent être 125 de plus d’ici la fin du mandat. Il veut élargir les horaires d’ouverture des postes de police et mutualistes avec la police nationale. Il veut également plus de police de proximité et mettre des gardiens dans les résidences.

Redonner du pouvoir d’achat aux montpelliérains

Michael Delafosse veut 0% d’augmentation des taux d’impôts des familles et tarifer l’eau avec 3 mètres cubes d’eau gratuits par personne et par an pour les familles les plus en difficultés. 

Le candidat Altrad veut donner 1000€ aux familles les plus touchées par la crise. Il souhaite soutenir les associations qui remplissent des missions d’intérêt général en doublant les subventions.

Philippe Saurel veut mettre en place un chèque-ressource pour l’eau et l’énergie et réduire le prix de la restauration scolaire à 1€ pour les faibles revenus. 

La lutte pour la propreté dans la ville : un combat immortel 

Depuis toujours, Montpellier est souvent qualifiée de sale. Les habitants sont parfois peu civilisés pour respecter la propreté dans l’espace public.

Pour Philippe Saurel, il faut augmenter la fréquence des ramassages des poubelles jaunes et favoriser l’économie circulaire pour des chantiers propres.

Michael Delafosse parle lui d’une tarification incitative pour réduire les déchets. Il souhaite augmenter les fréquences de la collecte du tri sélectif dans le centre historique et redéployer des agents sur les missions de nettoiement. 

Qui sera le prochain maire de Montpellier ? Réponse le 28 juin à l’issue d’un scrutin serré.

Crédit photo : Fred Romero

(Municicaqs #12) – Nice, plein soleil pour Christian Estrosi ?

Après Bordeaux, Lille, Strasbourg, Perpignan et Villeurbane, nous partons à Nice. Le maire sortant de Nice devrait, selon toute vraisemblance, être réélu dimanche prochain. Mais avant de parler hâtivement, petit tour sur la triangulaire mise en place sur la Côte d’Azur.

La maire sortant est en tête du premier tour avec 46,7% des voix. Un score qui devrait laisser peu de place au suspens, Christian Estrosi peut être serein. Maire de la cinquième ville de France depuis 2008, malgré une pause entre 2016 et 2017, le maire sortant garde toujours la confiance de sa population. Un slogan bien travaillé « L’essentiel, c’est vous ». Un programme axé sur la sécurité de la ville ainsi que sur les préoccupations écologiques actuelles qui l’a propulsé en tête du premier tour. Voici quelques exemples tirés de son programme officiel :

  • La création d’une brigade dédiée pour les parcs et jardins.
  • La poursuite de la présence permanente d’un policier dans les écoles volontaires.
  • Le renforcement des effectifs dédiés à la lutte contre les incivilités.
  • Le développement des postes mobiles, notamment collinaires.
  • Projet d’Hôtel des Polices mutualisé dans l’ancien hôpital Saint-Roch.
  1. Création d’un label de produits locaux : « Nice terre de chez nous ».
  2. Généralisation des menus végétariens chaque jour.
  3. Aider les agriculteurs dans l’acquisition de foncier et le développement de circuits courts, avec des lieux de production et vente à proximité des habitations.

Avec un projet très ciblé sur sa population, Christian Estrosi a signé le plus gros score des maires sortants dans les 10 plus grandes villes de France. Difficile donc d’imaginer quelqu’un d’autre que lui le 28 juin prochain…

Philippe Vardon, le trouble fête ?

Arrivé second lors du premier tour des municipales, le candidat du Rassemblement national avec la liste « Retrouver Nice », Philippe Vardon apparaît comme le candidat le mieux placé pour succéder à Christian Estrosi. Et même si son retard est conséquent, le candidat RN surfe actuellement sur la situation post confinement. Lors d’une interview accordée à 20 Minutes Nice, ce dernier affirmait que la situation économique en France donnait raison à son programme économique. Une manière de dire que ses ambitions sont différentes que celles du maire sortant. Philippe Vardon n’hésite pas à tacler son adversaire dans la presse : « Quand il fait une chose, il peut en parler pendant dix jours. C’est beaucoup de communication, de théâtre même. Mais, au-delà de cette agitation, cette crise a surtout souligné les problèmes de la ville« . Une manière d’enfoncer le clou face à un candidat direct. Mais ces sorties médiatiques suffiront-elles à compenser le manque de voix et le retard accumulé lors du premier tour ? Rien n’est moins sûr…

Jean-Marc Governatori, pour enfin passer au vert ?

Troisième et dernier candidat encore en lice pour ce second tour, le candidat de la liste « Nice Écologique » paraît un peu en retrait. Avec 11,3% de suffrages récoltés, il y a du positif à retenir et c’est vers « l’après élection » que le candidat se tourne. Lors d’une interview, ce dernier espère obtenir le dossier environnemental mais aussi celui des politiques publiques. Une proposition affirmée qui pourrait avoir du bon pour la ville. À l’heure où l’écologie est plus qu’une priorité, cette délégation pourrait être une bonne chose pour Nice. Avec plusieurs projets pour une ville plus verte comme par exemple :  » Développer l’économie non monétaire avec l’agriculture urbaine justement et les Systèmes d’échanges locaux. Ça passe aussi par le recyclage de 100 % des déchets. » Des idées et une cohabitation pas si farfelues que ça… Une situation qui profiterait à tout le monde en somme…

Crédit photo : Pixabay

(Municicaqs #11) – Villeurbanne : le changement ? C’est maintenant !

Dans 7 jours, Villeurbanne connaîtra le visage de son nouveau maire. Après Lille, Bordeaux, Strasbourg et Perpignan, CAQS continue son tour de France en s’arrêtant, le temps d’un article, dans la vingtième plus grande ville de l’hexagone. Dans cette banlieue lyonnaise, le maire depuis 2001 ne se représentera pas. Son « Dauphin » prendra-t-il sa place ?

Depuis 1947, Villeurbanne, plus grande banlieue de France, est sous l’étiquette socialiste. Cela ne risque pas de changer avec ces nouvelles élections municipales. Jean-Paul Bret, maire de la ville gratte-ciel, depuis 2001, ne se représentera pas pour les municipales. Il laisse donc sa place au candidat socialiste Cédric Van Styvendael. Cet inconnu des villeurbannais est le « dauphin » du maire actuel. Au premier tour des municipales, le taux d’abstention s’élève à 30,80% et le scrutin recense 0,80% de vote blanc. Cédric Van Styvendael est en tête avec 33% des voix au premier tour, il passe devant le parti EELV avec 27,48%. Une alliance entre les verts et les socialistes? C’est signé pour le second tour. 

Une alliance inédite

La gauche et Les Verts s’unissent pour prendre la tête de la banlieue lyonnaise. Face à cette alliance, le candidat de la République en marche Prosper Kabalo a réuni 14,70% des votes. Un deuxième tour sans grande surprise, avec de fortes chances que l’alliance (PS-EELV) menée par Cedric Van Styvendael et Béatrice Vessiller sorte vainqueur.  

Les trois têtes de liste qualifiées

Le candidat socialiste Cédric Van Styvendael, inconnu de tous est arrivé en tête du premier tour à Villeurbanne. Ce novice de la politique a 46 ans et habite la ville depuis 15 ans. Il a su rallier toutes les tendances de la gauche. Pour le second tour, il va s’allier avec Les Verts (EELV). Il a occupé le poste de directeur d’Est Métropole Habitat (EMH). 

Crédit photo : Le candidat socialiste d’union des gauches, Cedric Van Styvendael, le 22 janvier à Villeurbanne (Rhône). ALEX MARTIN / AFP

Béatrice Vessiller, candidate EELV, vice-présidente de la Métropole et conseillère municipale d’opposition. Elle est aussi ingénieure et enseigne à l’ENTPE. Elle a rejoint la liste de Cédric Van Styvendael, Villeurbanne en commun. Elle devient la numéro deux de la liste. Elle peut offrir 12 à 13 places éligibles à ses équipes. 

Crédit photo : Béatrice Vessiller – LyonMag

Face à cette équipe favorite, le candidat de la République en marche, Prosper Kabalo. « Je suis arrivé à Villeurbanne à 12 ans, je n’en suis plus jamais parti. C’est dire si je connais bien cette ville où j’ai grandi, travaillé, fondé ma famille ». 

Cinquante ans qu’il habite l’agglomération lyonnaise, âgé de 64 ans il est adjoint au maire depuis 2001. Doyen de l’élection municipale, il est aussi conseiller métropolitain depuis 2008 et plus récemment, en 2017, vice-président de la Métropole. Sa liste a réuni le Modem et l’UDI en plus des marcheurs. 

« La sécurité doit être une priorité absolue des pouvoirs publics », estime Prosper Kabalo, au lendemain de la fusillade survenue au Tonkin. Photo d’archives Progrès/Jerome MORIN

Des enjeux sociaux

Avant de fleurir et arborer ses rues, cette vingtième ville de France doit combattre l’inflation du prix du m2 et l’insécurité provoquée par le trafic de stupéfiant. Dans cette grande banlieue, comment les candidats comptent-ils s’y prendre pour lutter contre les inégalités sociales ?

Villeurbanne connaît une augmentation de plus de 13 000 habitants sur ses dix dernières années. Elle est donc la banlieue la plus peuplée, en plus d’être la plus grande, avec presque 150 000 habitants. Le taux de pauvreté accroit et atteint aujourd’hui 19%.

Le logement est un enjeu prioritaire pour le prochain maire. D’après le site immobilier seloger.com, le prix a augmenté de 12,7% en 2019, soit 3 450 euros le m². Un record en métropole. Pour toutes nouvelles constructions, les candidats se divisent, certains sont pour une accélération et d’autres pour un ralentissement d’obtention des permis de construire. Il y a une croissance de 12 499 logements en résidence principale, passant de 64 535 à 77 034, entre 2006 et 2018. 

Encadrement des loyers : « fausse bonne idée » ? 

Villeurbanne compte un quart de logements sociaux dans toute la ville. Point de vue divergent pour les têtes de liste : ralentir la construction ou bien la continuer. 

Pour Béatrice Vessiller, elle prône le ralentissement des sorties de terre, « ce qui doit être construit soit à des prix accessibles ». Elle souhaite aussi laisser des espaces verts pour la qualité de vie des villeurbannais. La hausse des loyers est un combat pour le futur maire, une proposition pour la candidate : « l’encadrement des loyers pour le parc locatif est indispensable pour que ce soit accessible. Cela permettra aux locataires d’avoir des loyers abordables ». Une mesure soutenue par le candidat de gauche, Cédric Van  Styvendael. Pour défendre l’encadrement des loyers, qui rend sceptique ses adversaires, il ajoute au propos de la militante écologique : « cette mesure ne concerne que les loyers qui dépasse 20% du prix sur une zone bien précise. Elle vise juste à limiter les excès, c’est 10 à 15% des logements de Villeurbanne ». L’adversaire Prosper Kabalo considère que l’encadrement des loyers est un échec, « suffit de voir l’exemple parisien».

Sécurité : «  Évidemment, on ira combattre les points de deal »

À Villeurbanne, les autorités recensent une cinquantaine de points de deal, connus de toutes et tous. Un problème majeur qui est un point clé de la campagne des municipales. L’insécurité de la ville inquiète les habitants. La police municipale est armée depuis 2017, la ville compte 52 policiers municipaux et 107 caméras de vidéo protection. 

L’équipe CAQS a regardé le débat des municipales organisé par France 3 région du premier tour, le 27 février. Pour la plupart des listes, les candidats veulent augmenter les effectifs de la police municipale. 

Pour le candidat LREM, Prosper Kabalo, élu pour le second tour face à Cédric Van Styvendael, il propose : 

  • Doubler l’effectif de la police municipale 
  • Installer des caméras de vidéo protection, « je la généraliserai et pas que dans le quartier gratte ciel« 
  • Mettre à disposition des policiers municipaux de proximité dans les quartiers, sur les terrains pour que la police viennent à la population et pas l’inverse 
  • Combattre directement sur le terrain les points de deal 

Pour Béatrice Vessiller, la tête de liste EELV, elle s’est ralliée au Dauphin de Jean-Paul Bret, elle propose quatre actions pour améliorer la sécurité : 

  • Augmenter le budget pour la sécurité d’un million d’euro, soit une hausse de 25% pour renforcer la présence humaine dans l’espace publique. 
  • Renforcer la collaboration avec le préfet et le commissariat pour les compétences qui relève de l’État.
  • Discuter avec les habitants, » car personne ne sait mieux qu’eux ou sont les problèmes ». 
  • Privilégier pour « les petites incivilités je mettrai des médiateurs à pieds, à vélo pour verbaliser« 

Cédric Van Styvendael, favori pour la mairie de Villeurbanne, est plus catégorique et ramène la lutte contre le trafic de drogue à l’échelle nationale : « le problème du trafic de drogue à Villeurbanne ne se réglera pas avec une augmentation des effectifs de la police municipale, mais avec une stratégie nationale donnée par le ministère de l’intérieur. Mais je suis pour une augmentation de 50% des effectifs de la police municipale. »

Et le vert ? 

Toutes les listes se présentant ont un programme pour l’écologie : embellir le cadre de vie et végétaliser la capitale rhonaise. La lutte contre la pollution est devenue un enjeu phare de toutes élections confondues. Droites, gauches… Tous unis pour le même constat et le même objectif : apporter plus de verdure en ville. 

Crédit photo : Karldupart